24 novembre 2013

Le nouveau Campos y Ruedos


A priori certains ont mal lu le post précédent qui annonçait la fausse fin de Campos y Ruedos et continuent de croire que c’est ici que nous publions nos actualités…

Donc, pour les retardataires, les durs de la feuille, les ralentis du bulbe et tous les autres, votre blog préféré se trouve dorénavant réuni, avec le site, à l’adresse suivante :


Quand vous y serez, il vous faudra cliquer sur « Blog » pour lire nos bafouilles, ou sur « Galeries » pour voir nos images, etc.

Bienvenue sur le nouveau Campos y Ruedos !

07 novembre 2013

Fin - Acabado - Fim


Ça devait arriver.

Chacun choisira : destin, fatalité, providence, astrologie contrariée… Pour nous, c’est un grand ras-le-bol, tout bonnement. On n’a pas cherché plus loin. Voir toujours et partout les mêmes choses… à force, ça pèse, ça use, ça fait vieillir plus vite et plus mal, surtout.

Pensez bien qu’on en a discuté — onze on est ! —, on s’est même presque fâché. J’aurais bien pété sa gueule à Bruschet des fois, mais on est loin, ça l’a sauvé. On en a discuté donc et on a convenu que c’était mieux comme ça, qu’on arrivait au bout du chemin. D’autres ont déjà sauté le pas avant, alors pourquoi pas nous ?

Quand tout a été décidé, je pense que chacun de nous a dû sentir comme une boule au milieu du bide. C’est pas évident de prendre des décisions comme celle-là ! Ça faisait sept ans quand même, c’est pas rien, ça compte un chouïa faut pas croire. Moi j’ai repensé à la gonzesse du premier post, celle qui se tapait Superman dans une série Z ou W du début des années 2000. J’ai même pas pensé aux toros. Qu’ils crèvent ! Au charbon les toros ! À la guerre ! Au combat ! Soyez dignes ! N’en revenez pas !

On aurait pu vous l’écrire en plein de langues pour faire ceux qui causent plusieurs langues, pour bien correspondre à notre réputation de « blog culturel » et élitiste, mais, évidemment, y en a qui n’auraient pas compris, c’est forcé — ceux qui ne sont pas élus en somme.

Alors on le fait sobre, on écrit : « C’est fini. » On met un point. Fini et puis on vous laisse une dernière surprise en cliquant ici >>> SURPRISE.

27 octobre 2013

Adiós Lou Reed


Som’times I feel so happy
Som’times I feel so sad
Som’times I feel so happy
But mostly you just make me mad
Linger on your pale blue eyes


En espagnol, palmar ne semble exister dans sa forme verbale qu’en argot pour dire « casser sa pipe ». Si Lou Reed a fréquenté autant de chemins bizarres que le laissent penser ses textes, 71 ans est un âge très respectable pour passer l’arme à gauche.

Poète trash, rock’n’roll, pas franchement sociable : vous connaissez le topo. L’ancien chanteur, guitariste et auteur du Velvet Underground nous laisse quelques indiscutables chefs-d’œuvre qui, pour beaucoup, n’ont rien perdu de cet éclat malsain, cette élégance fétide, ce parfum de malaise. Il y en a un peu pour tous les goûts dans cet œuvre. J’ai un faible pour l’histoire totalement tordue du gars qui se débrouille pour se faire expédier par la poste dans un carton à sa copine qui vit loin de chez lui et qui meurt quand la copine de celle-ci ouvre le paquet avec un couteau (A Gift), et pour tout un tas de grands classiques ; la liste est trop longue pour attaquer ici l’inventaire.

Il incarnait une certaine idée d’un New York crade et romantique, des expériences pas recommandables, d’un rock’n’roll choquant, érudit et élégant. François Bruschet m’en voudrait de ne pas citer Walk on the Wild Side. Ainsi soit-il ! So long Lou…

Candy came from out on the Island
In the back room she was everybody’s darling
But she never lost her head
Even when she was giving head
She says, “Hey, babe
Take a walk on the wild side”


21 octobre 2013

Une photo de passe (!)



Combien de jours, de semaines sans une photo de passe ?

Oui, une passe, souvenez-vous : un gugusse habillé de doré qui fait passer un toro avec un morceau de tissu… Vous voyez le concept ? Pendant que certains d’entre nous promènent leur afición dans des rues, sur des étals de boucheries et, bientôt, sur une chaîne de réfrigération chez Charal, je me suis dit que, ce soir, au cul du scanner, ça ferait peut-être plaisir à quelques lecteurs précieux de voir une photo de passe — un torero, un toro, du sable et quelques mètres carrés d’étoffe. Bien sûr, ce n’est pas Javier Conde en festival ; le dérapage reste sous contrôle. Il s’agit du grand Fernando Robleño, aka. ‘Fernandazo Robleñazo el torerazo’ avec un mauvais toro d’Escolar Gil, cette année, à Céret.

Ce n’est pas grand-chose : un cadrage basique, une media, avec la queue qui s’enroule autour du torero, l’anus bien visible (oui, c’est important) et la belle richesse de gris qu’offre le F100 combiné à la TriX. J’ai hésité à l’obscurcir davantage, pour donner du mystère ou je ne sais quoi, mais, finalement, je la trouve pas mal comme ça. Et puis juillet, Céret, Robleño…

Campos y Ruedos à la page


Après que Marc Suckermachin nous a purement et simplement pulvérisé notre groupe Facebouque, Campos y Ruedos possède désormais sa page sur le réseau social : www.facebook.com/camposyruedos.

Bientôt, lorsque j’aurai compris comment ça fonctionne, c’est-à-dire pas forcément très vite, les posts du blog de Campos y Ruedos devraient s’afficher directement sur la page. 

Ça et d’autres surprises à venir…

La vérité est aussi dans la rue


Massamagrell, 2013. Toros en la calle. Ici aussi la grandeur de la Fiesta, pour ceux qui, gratuitement, par pure afición, « s’y mettent devant ». Spectaculaire et, heureusement, sans conséquences.

La vidéo est d’Andrés Verdeguer Taléns.

20 octobre 2013

Bous al carrer en Massamagrell, 2013


Concours photo


Le Domaine des Romarins, à Domazan, nous annonce qu’il organise son concours photo annuel.

Vous pouvez vous procurer le règlement en contactant Francis Fabre à l’adresse suivante : domromarin@aol.com.

La photographie qui illustre ce post n’a presque rien à voir avec le sujet ; il s’agit d’un hastag (« #fotosincensura ») d’Antonio Liébana, que l’on imagine… photographe.


Petit Nuage


Petit Nuage : voilà qui ferait un joli nom d’indien dans Yakari, la BD gentille de notre enfance. Je n’ai pas tardé à préférer les indiens méchants de la série Mac Coy, dont l’ami Lagorce vient de me parler d’ailleurs. Mac Coy : une série qui fleurait bon les westerns de Peckinpah, les traversées du Río Grande, les poursuites dans les déserts et les canyons, les quêtes et les contrebandes improbables. Avec vingt ans de patine là-dessus et autant d’années de poussière, j’y vois du Maqroll el Gaviero, le personnage d’Álvaro Mutis — cela fait longtemps que je n’ai plus lu Mutis non plus, et il est probable que je tire des parallèles un peu biscornus. 

Je voulais vous lâcher le nom de Mutis depuis sa mort récente (22 septembre 2013), voilà une bonne chose de faite. L’intégrale des tribulations de Maqroll m’attend toujours dans la bibliothèque ; et, quand je la regarde, je crains d’y trouver la folie et le courage de quitter trop de choses, ou plus sûrement la déprime du perpétuel retour aux affaires financières. Je m’égare un peu, mais à peine… Mutis le Colombien a passé une grande partie de sa vie au Mexique, et c’est bien d’un Mexicain dont je tiens à vous parler. 

Nous avions un peu perdu sa trace depuis son alternative arlésienne et quelques courses où il avait paru très puesto. Croisé au hasard de quelques corridas ces dernières années, il ne m’avait pas plu du tout, mais Joselito Adame a remis de l’ordre dans ses critères et son toreo, en juin dernier, à Madrid. 
Il y a deux semaines, pour la course du samedi automnal à Madrid, il affrontait les Lisardo du Puerto de San Lorenzo (plus deux Aldeanueva de La Ventana del Puerto), pour un genre de finale entre trois toreros encore jeunes, pas encore éclos au succès et ayant gagné l’intérêt du coso madrilène au printemps. Juan del Álamo, blessé, n’était pas de la fête. 

À voir Joselito Adame se jouer la peau, les ballerines et tout le reste, il semblait qu’en ce monde injuste Madrid restait une bonne piste pour qui veut se frayer un chemin vers les sommets. « Péguer » une porta gaiola à des toros qui ont la réputation de commencer à passer la tête à la sortie du toril comme on ose un orteil au printemps à la piscine était un signe encourageant. Le reste fut à l’avenant : décidé à faire passer tant que cela ne casserait pas, le petit Adame témoigna, par son engagement, qu’à la différence de son toro pas clair il savait parfaitement ce qu’il faisait sur la plage de Las Ventas ce soir-là. Chargeant la suerte, croisé, « aguantant » jusqu’à une fracture du péroné après une cogida consécutive à une erreur de placement, il donna une série et tua dignement avec une jambe en vrac. On ne le revit plus. 

Peut-être commotionnée par le Cid de la veille, Las Ventas ronronna d’ennui durant le reste de la course, dédaignant les trois toros d’Aguilar (pas si mal à son premier) et méprisant à juste titre Jiménez Fortes. Joséphine adore sa démarche (je parle bien de sa façon de marcher) ; son temple, objectivement, est très enviable, mais le garçon n’a pas le moindre critère ni le commencement d’une idée sur les manières pour plaire dans le coin : jambe contraire systématiquement en retrait quand le toro commençait à s’y mettre, tentative de l’infâme « passe du rétroviseur » (© Jean Le Gall) et tendance à s’éterniser en piste pour ne rien dire. Il est probable qu’il se sentit incompris. 

Dans l’ennui ambiant, quand les arènes sont calmes et qu’invité par mon hôtesse du week-end je paressais en delantera de grada du soleil, je vis passer ce petit nuage. Rien d’exceptionnel : un surnom facile pour un petit indien héroïque et une photo mignonne.

19 octobre 2013

Los niños de fuego


#fotosincensura


Ça va bien au-delà des toros ; et,  trop absorbés par leur haine de l’Espagne, ils ne s’en sont sans doute même pas rendu compte lorsqu’ils ont décidé d’interdire.

La censure de la mairie de Barcelone a logiquement ému les confrères espagnols de Daniel Ochoa de Olza qui, si j’ai tout bien suivi — je ne suis vraiment pas doué avec Twitter —, ont créé le hastag « #fotosincensura » illustré par le montage ci-contre — joli clin d’œil, si j’ose dire.




À lire également le toujours excellent papier de grosse humeur de Vincent Pousson : « Barcelone : quand la fille de joie devient triste ».

18 octobre 2013

16 octobre 2013

Ce sont vraiment des ânes


Barcelone doit accueillir une exposition de photographies présentant les divers photographes primés dans le cadre du prestigieux World Press Photo.

Pour promouvoir la manifestation dans la ville, l’association organisatrice avait prévu de faire figurer une photographie de Juan José Padilla sur des bannières. Il s’agit d’un cliché du photographe Daniel Ochoa de Olza primé par l’organisation.

Fureur de la mairie, qui censure sans appel et demande à ce que la photographie du torero ne soit pas affichée sur les avenues de la capitale catalane.

El País précise que c’est un certain Marc Puig (CiU), directeur de la Communication du gouvernement municipal — le gouvernement municipal (sic) —, qui a demandé aux organisateurs de ne pas choisir cette photographie.


Monsieur Puig ne veut pas d’une photo de torero dans sa ville catalane. Monsieur Puig censure sans que cela ne lui pose à l’évidence le moindre problème, la liberté d’expression ne faisant pas partie de ses préoccupations.


Ceci me rappelle, toutes proportions gardées évidemment, l’obscurantisme des talibans qui dynamitèrent les monumentales statues de bouddhas en Afghanistan. Je reconnais que le parallèle est osé et, même, excessif. Monsieur Puig n’est pas un taliban, mais ce sont vraiment des ânes.

15 octobre 2013

Falta de trapío


Après les Cebada Gago de Pampelune refusés pour « manque de poids » (?) en juillet, ce sont les toros d’Ana Romero qui ont subi l’ire des vétérinaires de la plaza de toros de Saragosse. Nous n’avons pas vu les toros, ni au campo ni dans les corrals de la Calle Pignatelli ; il nous est donc impossible de donner un avis sur la question — avis dont on se moque d’ailleurs. 

De ce fait nous vous conseillons de vous rendre sur le blog El Secreto de la bravura pour découvrir, au campo et dans les corrals, les photographies de ce lot d’Ana Romero — ce ne sont certes que des photographies, et l’on peut souvent faire dire tout et son contraire à une photographie —, officiellement écarté du ruedo aragonais pour « falta de trapío »… Un seul toro a été accepté ; il pesait 629 kg !

14 octobre 2013

13 octobre 2013

Le mode de vie de l’escargot


À la question que personne ne se posait sur le fait que Campos y Ruedos ne décernait jamais son palmarès annuel (ni prix ni autre chose), il nous a semblé nécessaire d’apporter ce semblant de réponse.


Une année, nous avions pensé remettre les prix de fin de saison avec douze mois d’avance. On s’était lancé l’idée au téléphone ; de mon côté, je devais fumer une Marlboro light et boire un café en observant les feuilles roussies de mon chêne prendre leur temps pour vivre l’immanquable voyage final qui attend chaque feuille de chêne en ce bas monde — quoique tout dépende de la hauteur du chêne. L’automne était donc là, comme aujourd’hui, et avec lui tombaient, bien plus rapidement que les feuilles de mon chêne, les prix de fin de saison. « Connerie ! », s’était-on dit en pouffant de rire à la lecture de ces palmarès qui annonçaient, dans le pire des cas, des soirées costumées au cours desquelles il serait question de discours roudoudous et de remises d’objets confectionnés avec le bon goût d’un pied bot arthritique par un sculpteur admiré au seul bar du village pour sa capacité à ne rien foutre de ses journées. 

On s’était dit : « Tiens, nous, on ne connaît pas de sculpteur avec un pied bot, mais on pourrait décerner des prix pour l’an prochain… avant que les courses n’aient lieu ! » Putain, l’idée était géniale et, de toute façon, on avait prévu de ne remettre de prix qu’à la seule arène de Nîmes, pour soutenir sa non-présence — courageuse ! — à l’UVTF depuis quelques années ; UVTF au sujet de laquelle nous ne pensions plus rien — si tant est que nous ayons un jour émis un semblant de réflexion à son sujet. Bref, Nîmes, un doigt c’est tout !

On avait même réfléchi au nom de nos récompenses : les Cyr’ose (trop Hot d’or) ; les Cyr’concis (trop marqué dans un état laïc) ; les Cyr’taki (trop crise)…
[Cette année, on s’est juste dit que le seul prix à remettre devrait revenir au phare de Vieux-Boucau, car il le mérite : non content d’avoir changé radicalement son fusil d’épaule en ce qui concerne les toros, il continue nonobstant d’étaler sur son média les plus viles manières. À l’heure où Toros annonce sa mort (un millier d’abonnés à récupérer), il nous sert la complainte du danger « anti », qui ferait pression auprès des libraires pour interdire la vente de ses opus et en profite pour nous expliquer que s’abonner à son machin en couleur et en mosaïque serait donc un acte aficionado. Prix de la récup’ : le phare de Vieux-Boucau !]

Après dix bonnes minutes à observer un escargot traverser l’angle de ma terrasse, j’en arrivai à la conclusion que pouvoir trimballer sa bicoque à l’envi devait parfois donner des ailes pour foutre le camp, pour un oui, pour un non, ou tout simplement parce que le chien du voisin commençait à nous les briser menu en déféquant quotidiennement dans ce jardin qui se colorait depuis quelques jours des feuilles roussies de mon chêne. Mais j’étais là, sur ma terrasse, et je fumais des Marlboro light au-dessus d’un escargot que je jalousais.

La temporada était achevée et, dans son agonie, elle emportait cette furie d’informations toutes plus inutiles les unes que les autres que délivrent les médias taurins d’avril à septembre. Après, ils font les comptes et tous remettent des prix, des récompenses, des accessits : les sites, les blogs, les forums, les peñas, les clubs taurins, les commissions taurines, tous. J’ai pensé que c’était un moyen pour eux de se donner des repères, de figer le temps en quelque sorte, de tirer un petit trait sur une ligne sans fin et de dire : « C’était là, on y était, on a vu… Quand on sera mort, il restera ce trait sur une ligne qui ne s’arrête pas. » Dérisoire et pathétique.

Ces prix, ces discours roudoudous, ces costumes trois pièces, ces bilans de fin d’année et ces listes noires de ganaderías, que reprennent certains blogs de la manière la plus béate et stupide qu’il soit, devraient être imprimés en fin de saison sur des rouleaux de papier rose qui manquent cruellement dans les chiottes publiques pendant les férias. L’évolution de la corrida inquiète et, logiquement, l’évolution de ceux qui en parlent, de ceux qui écrivent à son sujet, de ceux qui voudraient « débattre » (oh, le grand mot !) suit le même cours fangeux. Les blogs se multiplient, plus mauvais les uns que les autres, défendant pour certains la vertu souillée (soi-disant) de purs aficionados plus cons que les verrues sur leurs pieds : « Je paye, moi, Môssieur » qu’ils avancent sans cesse et comme unique argument. Les sites naissent et beaucoup meurent — et c’est tant mieux —, même si les pires subsistent trop longtemps sans rien écrire vraiment, tristes copistes, enfants Wikipédia(trie).

Et tous ces gens remettent des prix, décernent, classent, hiérarchisent, ordonnent le vide. Certains font même des œuvres caritatives pour des enfants, d’autres pour des vieux ; vas-y que je socialise mon chou avec la cape de Manzanita ou la coleta de Ponce un jour où il avait beaucoup transpiré.

Ici, bêtes et méchants, pas de prix, pas de bilan, pas de social. Les toros meurent, mal souvent, et la caravane passe.

L’escargot est arrivé. J’ai fini mon café. Il a pris son temps — c’est un escargot. Il ne regarde jamais derrière lui, l’escargot ; il trimballe sa cahute sur son dos baveux et il avance. Il trace sa route. Il goûte le temps. J’aime bien les escargots.

El ángel de la guarda


Dans les années quatre-vingt-dix, il y avait un matador, Ángel de la Rosa, élégant, plutôt fin. Dans ses bons jours, Ángel de la Rosa toréait plutôt pas mal de la main gauche, et Joaquín Vidal l’avait noté un jour de mars, sans doute à Valence : « Una faena con la mano izquierda enterita hubo, instrumentada con la izquierda de principio a fin por Ángel de la Rosa para la insistente ejecución del pase natural, que es suerte básica del toreo… […] Fue una faena que deberá figurar en los anales de la tauromaquia, porque los toreros de la época torean todos con la mano derecha, y si por una de aquellas casualidades de la vida al toro le repugna tomar los derechazos, esos toreros derechacistas ya no saben qué hacer y se quedan perplejos. »

C’était en 1994, un peu le coup d’un jour, car Ángel de la Rosa laissera le souvenir d’un torero élégant mais modeste qui, parfois, toréait de la main gauche, comme les anges, mais pas assez souvent pour s’envoler au firmament de la Fiesta. Cette année-là, on se souvenait aussi que soixante ans auparavant, en 1934, un toro en avait terminé avec la vie d’Ignacio Sánchez Mejías. « Eran las cinco de la tarde… » et aucun ange gardien n’avait rien pu faire pour sauver Sánchez Mejías de l’irrémédiable.

Dans les années quatre-vingt-dix, il y avait un autre Ángel, el ángel de la guarda, l’ange gardien. Lui ne s’appelait pas Ángel mais Joselito, comme le grand Joselito. Et le 29 septembre 1994, l’ange gardien a tiré sa révérence après mille sept paseíllos effectués dans les arènes de Madrid. Plus de mille… Ni Joselito, ni Belmonte, ni Guerrita, ni personne avant eux, et encore moins après.

L’ange gardien s’appelait Joselito Calderón, José Cabezas Porras pour l’état civil comme le rappela le lendemain Joaquín Vidal dans El País : « El ángel de la guarda saludó a la Afición y se fue. ¿Y ahora qué hacemos? Porque ir a los toros en Madrid sin que esté el ángel de la guarda, que para el mundo artístico tiene adoptado el nombre de Joselito Calderón — José Cabezas Porras en el Registro Civil —, va a suponer un vacío, una carga de añoranzas ; eso desde el tendido, mientras en el ruedo lo que se va a echar en falta es su benefactora intercesión. Mil paseíllos llevaba Calderón en Las Ventas, según sus propias cuentas, y quizá sean asimismo mil los quites que ha hecho a sus compañeros. Con los palitroques anduvo seguro tiempo atrás, no tanto últimamente, fino casi nunca, pero con el capote y al quite era el número uno, la eficacia personificada, la providencia vestida de grana y plata. Toreros se ha visto en Las Ventas a punto de ser entrampillados por el toro, cuando se les aparecía el ángel de la guarda, este Joselito Calderón tauromaturgo y torero, que se cruzaba raudo, deshacía el embroque echando el capotillo al hocico de la fiera y se la llevaba lejos embebida en sus vuelos. El último par de su vida lo consumó Joselito de sobaquillo y dejó prendidas en lo alto las dos banderillas, que algo es, en los tiempos que corren. Óscar Higares, en cuya cuadrilla militaba, le brindó el toro. Terminada la corrida, su hijo le desprendió la coleta. Todos los toreros le abrazaron en medio de la ovación cerrada del público puesto en pie, y Curro Romero hasta le dio un beso. »

Avec cette photographie prise lors de la dernière Féria d’automne, Juan Pelegrín a réveillé quelques souvenirs… ¡Gracias Manon!

12 octobre 2013

Coulisses


Cher Philippe, 

Il faut que tu m’aides ! Je viens de me fâcher avec Larousse et son petit frère Robert. Je sais que ça arrive souvent, et il n’y a que toi qui puisse nous réconcilier. 

Je t’explique. Je voulais parler des novilladas d’Algemesí et de ce qui se passe derrière le décor, dans l’arrière-cuisine, le backstage. Je sais que tu n’aimes pas trop les termes anglais, même si je trouve que ça claque « backstage », ça fait rock’n roll. Finalement, je m’étais décidé pour « coulisses ». C’est très bien « coulisses ». Ça rappelle le théâtre et ça correspond parfaitement à Algemesí et ses arènes tout de bois et de cordes, montées sur la place du village. Dans cet énorme décor, on y joue des pièces somptueuses de vie et de mort où les gens jouent leur propre rôle. Je t’accorde que ce n’est ni une perle linguistique ni la métaphore du siècle, mais j’allais parler des coulisses d’Algemesí en préambule de ma petite galerie de photographies. Et puis, y’a un truc qui est venu me chatouiller ; un doute s’est installé. Je suis allé chercher le dictionnaire, et j’y ai découvert ceci, qui fout en l’air toute mon invention.

Selon Le Petit Larousse 2003, et entre autres définitions : 
Coulisse (Surtout pl.) Partie d’un théâtre située de chaque côté et en arrière de la scène, derrière les décors et hors de la vue du public. (Au pl.) Fig. Côté secret d’un domaine, ou peu connu du grand public.

Et merde ! Ça ruine mon texte. Tu comprends, comment puis-je appeler coulisses un truc bourré de monde, coloré, vivant, euphorique, hallucinant, irréel, improbable et décalé. C’est censé être hors de la vue, ou peu connu du grand public, alors que c’est son domaine par excellence, sa fête, son territoire, son terrain de jeu et son délire. On y trouve de tout : des gosses hystériques entartant des toros morts ; des vieux en chaise roulante qu’on dépose et qu’on vient chercher après le spectacle ; des gitans torse nu qui regardent gratuitement la corrida au travers des planches ; des Noirs qui vendent des lunettes de soleil et des CD piratés ; des fillettes souriantes habillées en sévillane, ou des mères de famille en tailleur et talons aiguilles.

Avec tout ce monde, ce n’est pas correct d’appeler cela des coulisses. Alors, il faut que tu m’aides, Philippe. Il faut que tu lui trouves un titre à mon petit texte. Parce que là, Larousse et Robert, ils me narguent, et si ça continue, je vais cramer le premier et déchirer le second. Et ça, je crois que tu ne pourras pas le supporter. Aide-moi, Philippe, dis-moi comment je peux appeler tout ce chaos !

Pour te donner des idées, clique ici, et tu pourras découvrir une galerie de photos d’Algemesí.

Un abrazo fuerte,
Flo

Sin tiempo


Michael, c’est toujours un immense plaisir que de le croiser à nouveau…