Affichage des articles dont le libellé est Catalogne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Catalogne. Afficher tous les articles

19 octobre 2013

#fotosincensura


Ça va bien au-delà des toros ; et,  trop absorbés par leur haine de l’Espagne, ils ne s’en sont sans doute même pas rendu compte lorsqu’ils ont décidé d’interdire.

La censure de la mairie de Barcelone a logiquement ému les confrères espagnols de Daniel Ochoa de Olza qui, si j’ai tout bien suivi — je ne suis vraiment pas doué avec Twitter —, ont créé le hastag « #fotosincensura » illustré par le montage ci-contre — joli clin d’œil, si j’ose dire.




À lire également le toujours excellent papier de grosse humeur de Vincent Pousson : « Barcelone : quand la fille de joie devient triste ».

16 octobre 2013

Ce sont vraiment des ânes


Barcelone doit accueillir une exposition de photographies présentant les divers photographes primés dans le cadre du prestigieux World Press Photo.

Pour promouvoir la manifestation dans la ville, l’association organisatrice avait prévu de faire figurer une photographie de Juan José Padilla sur des bannières. Il s’agit d’un cliché du photographe Daniel Ochoa de Olza primé par l’organisation.

Fureur de la mairie, qui censure sans appel et demande à ce que la photographie du torero ne soit pas affichée sur les avenues de la capitale catalane.

El País précise que c’est un certain Marc Puig (CiU), directeur de la Communication du gouvernement municipal — le gouvernement municipal (sic) —, qui a demandé aux organisateurs de ne pas choisir cette photographie.


Monsieur Puig ne veut pas d’une photo de torero dans sa ville catalane. Monsieur Puig censure sans que cela ne lui pose à l’évidence le moindre problème, la liberté d’expression ne faisant pas partie de ses préoccupations.


Ceci me rappelle, toutes proportions gardées évidemment, l’obscurantisme des talibans qui dynamitèrent les monumentales statues de bouddhas en Afghanistan. Je reconnais que le parallèle est osé et, même, excessif. Monsieur Puig n’est pas un taliban, mais ce sont vraiment des ânes.

10 août 2013

L’ombre d’un doute


Cette fin de semaine est riche en « événements » taurins, indubitablement. Sud-Ouest, Sud-Est, Sud-Sud, partout, il y en a partout. C’est à se demander si, dans ce théâtre d’ombres et de lumières, un clou ne chasse pas l’autre et si trop d’événements ne finit par tuer l’« événement ». 

Si vous êtes de passage dans les Pyrénées catalanes, dimanche 11 août, vous pouvez vous rapprocher de Millas, riante bourgade du Conflent. Et pour fêter dignement la trentième féria, on nous annonce… un « Grand événement » : une novillada concours d’encastes.

Aujourd’hui, samedi 10 août, ne manquez pas, à partir de 15 heures, la Féria du livre. Jean-Michel Mariou en est l’invité d’honneur et recevra le prix 2013 pour Ce besoin d’Espagne paru aux éditions Verdier.

Visca Catalunya Taurina !… Avec un chouïa de présentation en plus, l’« événement » serait peut-être plus… événementiel. 


Note de dernière minute Les novillos de Miura, Victorino Martín, Valdefresno et Urcola sont bien arrivés. Celui de Jalabert est en route, mais le Carriquiri sera remplacé par un novillo français…

L’ombre des novillos de Valdefresno, Urcola et Victorino plane sur les corrals de Millas — JotaC

30 septembre 2012

Un an déjà


En ce moment s'achèvent à Barcelone les fêtes de la Mercè. Les premières sans toros.
De l'autre côté de l'avenue, face aux arènes, il y a des gens qui doivent fermement s'em… nuyer !

17 août 2012

Collioure 2012 ou quand le « Trophée de l'anchois »… choit !


Sortie de ‘Capitan’ — Collioure, 16 août 2011 — Montage photo JotaC

Hier, 16 août, le cœur serré, droit dans ses vigatanes tressées, une pensée émue étreignait soudain l'aficionat d'aqui : « Mais qui est le triomphateur de la féria de Collioure 2012 ? »
Le soir venu, comme à l'accoutumée, les festivités s’achèvent en apothéose par le superbe spectacle pyrotechnique, qui embrase entièrement la voute céleste de la Méditerranée catalane.
— Oh ! la belle bleue !
Des milliers de bouquets virevoltent dans les airs, des myriades de paillettes fluorescentes, des ribambelles de feux follets multicolores retombent en gerbes frémissantes dans l'eau tiède de la somptueuse baie, bercée par un doux ressac à l'accent merveilleusement rocailleux et subtilement anisé. 
— Oh ! qu'elle est jolie la carte postale !

Habituellement, avant que n'éclate cette pétillante soirée, se déroulait la traditionnelle novillada des fêtes — jusqu'à l'année dernière du moins. En 2011, le dernier novillo s'appelait ‘Capitan’. Il est entré en piste dans les arènes « fixatives » de Collioure pour y être combattu et mis à mort par Emilio Huertas.
— Oh ! que c'est vilain du sang sur la carte postale !
‘Capitan’, un novillo particulièrement bien présenté, astifino et « encasté », a posé de nombreuses difficultés au jeune matador. Un novillo fier et hautain, dur au mal, comme ses frères. Un tío de l'élevage des Héritiers de Christophe Yonnet… C'était le dernier. Le der des ders !

Une fois la fameuse novillada défaite, tout s'accélère. Une fois l'encombrante placita métallique déboulonnée, tout s'aménage, tout change. Le quartier change. Le monde change.

Trois cent soixante-cinq jours plus tard, quelques vagues à l'âme se sont brisés sur les jetées du port et beaucoup d'asphalte s'est répandu sur le sable de la piste. Trois cent soixante-cinq jours plus tard, tout change. Emilio Huertas, lui-même, change… d'apoderado. Trois cent soixante-cinq jours plus tard, pour ne rien oublier de la grandeur de son passé taurin, en lieu et plaza de toros d'une novillada la féria de Collioure 2012 s'est offert une course de rue toujours aussi colorée, mais hémoglobinement édulcorée et politiquement corrigée… Pathétique !
— Oh ! que c'est joli… un enterrement de première classe !
Trois cent soixante-cinq jours plus tard, tous ceux qui ont trouvé une place près de la gare, à l'emplacement des anciennes arènes, sont les triomphateurs de la féria de Collioure 2012. Certes, ils n'ont pas remporté l'obsolète « Trophée de l'anchois » déchu. Tout s'aménage, tout change. Mais résolument transportés dans l'univers symbolique du XXIe siècle, ils ont reçu la consécration… Le prix du parcmètre. Olé !

 Les arènes portatives et fixes de la gare — Collioure, 7 mars 2012 — JotaC

Pour mémoire, cette photo a été prise le 7 mars 2012. Le soir même, le conseil municipal entérinait la démolition des arènes. Deux mois plus tard, il n'en restait plus rien. « Visca la Catalunya taurina ! » qu'ils disaient.

Il n'y a plus que Millas et Céret…

21 juillet 2012

La guerre


Donnez-m'en 6, donnez m'en 100 ou 1 000, je les briserai d'un coup de ma lame, et vous chanterez pendant des siècles ce jour de bataille où tous furent de fiers et rudes combattants. Que les âmes des vaincus soient glorifiées à jamais et que mon nom évoque à chacun le souvenir de ce jour de sueur, de terreur et de sang. C'était la guerre, et je l'ai gagnée. 








21 mars 2012

Entrons dans l'arène


Bibliothèque taurine (échantillon).

Vendredi 23 mars 2012, à partir de 18 heures, nous entrons en piste.

Répondant à l'invitation conjointe de la librairie Torcatis et de l'Arène blanche, nous effectuerons un paseo en forme de tertulia dans une ville qui, autrefois, fut taurine au premier chef : Perpignan.

Dans cette Catalogne qui perd sa mémoire tauromachique au gré des destructions de plazas — la dernière en date étant celle de Collioure —, il sera agréable de feuilleter ensemble quelques pages des deux premiers tomes de Campos y Ruedos dans sa version papier en attendant la parution du prochain volume prévue pour la fin du printemps.
Nous vous convions à venir échanger en notre compagnie ; nous parlerons de toros. De toros d'ici et d'ailleurs D'ailleurs, nous en parlons déjà par images interposées. En effet, 80 ans séparent les deux clichés posés sur l'étagère qui illustre ce post. Quatre-vingts ans de tauromachie catalane entre la demi-véronique de Fernando Robleño, donnée à un Escolar Gil l'année dernière à Céret, sous le regard dubitatif et photographique d'un Palha combattu le 7 juin 1931 dans les arènes de Perpignan.

Aficionats d'aquí, sou convidats. Va per vostè !

>>> Librairie Torcatis & L'Arène blanche, 2e étage de la librairie sise au 10, rue de Mailly à Perpignan.

07 octobre 2011

La Catalogne, ce paradis


Le Levante n'est pas la Catalogne, soit.
De chez moi à La Pobla de Farnals, il y a exactement 721 kilomètres, que j'ai avalés tranquillement, par étapes, en m'arrêtant d'abord du côté de Gérone pour y boire du bourgogne, puis dans le Priorat pour y boire plus logiquement du priorat.
Ça peut paraître incroyable, mais la carte des vins de Bourgogne la plus fabuleuse, la plus variée, la plus fournie, la plus délirante et à prix très sages, ce n'est pas en France que vous la trouverez mais dans un restaurant de bord de mer, sur une plage catalane.
Ils sont fous ces Catalans.
En 2011, la Catalogne a mis un terme à sa tradition taurine. Ça fera date, ça fera tache, peut-être pas tache d'huile, mais tache tout de même. La Fiesta en pleine crise, en pleine déliquescence, interdite, définitivement interdite en Catalogne.
En 2011, la Catalogne a connu une autre fermeture tout aussi symbolique. Du fond de sa crique, Ferran Adrià a fermé ce qui restera comme le restaurant le plus important, le plus inventif et le plus révolutionnaire du siècle dernier et du début du présent.
On aime ou pas, on peut même détester, mais le chef catalan, de L'Hospitalet de Llobregat, aura marqué de manière indélébile le monde de la gastronomie.
C'est en pleine gloire qu'Adrià a décidé de mettre la clef sous la porte la même année que la fermeture de la Monumental, mais dans un contexte totalement opposé.
La Catalogne est donc un paradis gastronomique, incontournable.
En continuant après Barcelone vous arrivez à Tarragona, le pays de la chartreuse et des grands rouges du Priorat. Là, on bifurque en direction de l'intérieur des terres.
Autre adresse hallucinante et improbable, à Falset, juste avant Gratallops, en plein vignoble : El Celler de l'Àspic.
Le chef Toni est un ami d’Alain Graillot, la star de Crozes-Hermitage qui vient conseiller ici un domaine local : le Clos Figueras. Ça donne une idée du niveau.
Chez Toni aussi les prix des vins sont tellement sages que l'on ose en abuser. Dans l’assiette rien d'inventif ou de délirant, mais une cuisine du marché très nette, savoureuse, en parfaite adéquation avec les grands vins d'ici, servis au verre très copieusement. Ça devrait enchanter François Simon un endroit pareil, généreux, accueillant, au final jouissif de simplicité.
Et il faut bien se rendre à l’évidence, ce type d’adresse n'a pas d'équivalent en France.
La Catalogne est donc un paradis, gastronomique à défaut d’être un paradis taurin, un paradis sur la route du Levante et des bous al carrer.

El Celler de l'Àspic :: Toni Bru | Clos Figueras | Domaine Graillot | El Bulli :: Ferran Adrià

27 septembre 2011

Bye-bye, bitch, bye-bye...


Bon vent ma brune, adieu, plume de geai... On s'est bien amusé, mais il est temps. Ramasse tes frusques et laisse la place... Le soleil se lève et j'ai des choses à faire. Avant que tu files, on va se griller une clope ou deux et on va regarder la nuit qui s'en va. Assieds-toi, là... T'entends ce silence ? C'est un nouveau jour qui arrive... et nous, on est là, devant un cadavre chaud et on refait le match.

Tu sais, t'auras beau chialer les larmes de ton corps, de toutes façons, ça fait longtemps que t'avais plus rien à dire... et puis moi, moi, je te voyais même plus. T'es devenue une ombre, et t'as plus l'âge de tapiner dans les parties mondaines. Tes éclats de rire ont fini de raisonner et le satin de tes bas s'est un peu élimé... Au fond, t'as l'air d'une vieille pute qui remonterait ses bretelles, comme si t'avais eu de la vertu... mais t'as fait ton temps, guapetona, et y a plus de rêve dans tes yeux. Tes robes longues et tes perlouzes patinées ont fini par lasser le client. Tu ramasses plus que des pauvres types aux regards d'enfants, et les minots que t'as déniaisés autrefois sont des notables qu'on appelle Monsieur... À cette heure-ci ils ont rejoint maman et leurs drôles dorment sur des coussins de soie ... Ils changent de trottoir pour pas te voir et pensent à des horizons toujours plus lumineux, pendant que toi, t'es restée daronne, un pathétique oiseau de nuit, une Ava Gardner qu'aurait vécu trop longtemps comme ces légendes en noir & blanc qui ne vivent plus que dans les fables d'ivrognes. Allez, va... tu vas me manquer, brûlant animal, mais c'est fini. On s'est tout dit. De toi, je garderai le souvenir sépia de tes cheveux noirs, sulfureuse gitane, et ton romantique regard de feu, monumentale salope... File et ne te retourne pas.

Prends tes Swarovski et ferme la porte derrière toi... Bye-bye, bitch, bye-bye...

À rebours


Barcelone, dimanche soir, soleil accommodant de septembre, Barcelone, lendemain d'orgie, Barcelone dépose les armes. Le public lui-même a pris un coup. Que font-ils là ces gens ? Voir Tomás ou assister à la dernière ? Voir Tomás fermer les arènes peut-être. On ferme. José Tomás a abandonné les siens, le 5e est mort, du centre de la piste le messie a alors salué et applaudi son public qui se donne rendez-vous à Barcelone depuis des années pour le voir ici clore sa saison. C'était parfaitement incongru ce torero qui applaudissait une Catalogne taurine absente, déjà enterrée, incongru comme ce week-end. On ferme la Monumental sous les vivats incohérents et désaccordés :  ¡Viva Tomás, Barcelona, España, la madre de Morante, la afición, la anarquía, etcétera! Une partie du public a alors quitté les arènes pour chopper l'AVE de Madrid peut-être ; les "Tomasistes" orgasmiques et bruyants, les pénibles : ils n'étaient finalement pas si nombreux.

Dernières clarines, dernière sortie, dernière pique, Serafín a rangé sa cape fantaisie et fait de son mieux. On ferme, bientôt. Alors, même si le cœur n'y est pas, si cette dernière fait pâle figure, on ferme les yeux, comme hier, comme depuis longtemps. Sur l'écran de l'appareil photo, le crépuscule de la Monumental sort jaune, on monte les ISO, grande ouverture, c'est toujours aussi jaunâtre. Jaune et bougé : 125e de seconde, on ferme, il n'y a plus rien à photographier de toutes façons. L'élégante Madrilène aux yeux humides derrière moi peut-être. Mais pourquoi chougne-t-elle au juste ? Pour Barcelone, pour cette Fiesta profanée que les taurins vendent encore au prix du sacré, pour l'ambiance, pour la photo peut-être ? On ne juge pas les larmes d'autrui. On ne juge plus rien, on ferme... sur ce toro pénible, ce lot indigne, et Serafín qui s'efforce de faire quelque chose. Photographier un effort ? Obtenir cette impression relèverait de l'exploit. Alors puisqu'on ferme, je ferme aussi... le diaphragme, je baisse les ISO, je fais tomber la vitesse au dixième de seconde, j'élargis le champ pour attraper les tendidos qui comptent eux aussi. À rebours : dernier quite, dernières banderilles, dernier brindis... dernier arrimón de Serafín, qui y arrive presque, qui est plus que digne pour l'occasion avec ce toro qui ne permet rien. Une série, peut-être. On ferme, dans le clapotis de l'eau de boudin, le triste, l'amertume de la poudre mouillée. C'est rageant certainement, c'est surtout logique et parfaitement assorti à l'évènement.
Alors tant pis, je ferme, je ralentis et fais des photos jaunâtres, des plans larges de ce public qui ne fait plus que compter, qui scrute la piste sans y voir plus rien et ne retiendra de ce triste final que l'anecdote du décompte qui s'achève : dernier toro, dernier tiers, dernier torero... catalan. La scène est "bougée" sur mon écran, déjà floue pour tout le monde et ça n'a plus aucune importance. Que l'histoire retient-elle des fermetures ? Des anecdotes autosuffisantes un peu factices je suppose.

Dernière estocade, je cadre large, j'essaie de garder l'assiette. Le public est figé, net, bouffant la scène avec un dépit consterné, le regard grave d'écœurement et le cœur un peu merdeux. Le callejón complètement plombé, abasourdi. Là-bas, j'accroche un flash qui semble nous crier "Miroir !" Serafín tue bien. La photo a le maigre mérite d'avoir prolongé ce dernier instant. 
Tout ce qui suit restera lourd et mécanique, sans entrain. 

On a fermé.

02 août 2011

Morenos en Millas


      
Affiche de la Feria de Millas 2011 © Aline Filipp
La Catalogne s'apprête à vivre une quinzaine intensément marquée par la présence des bêtes à cornes, et pas seulement celles qui grésillent sur les braises pendant les cargolades. Certains pourtant s'évertuent à ne pas la voir comme une terre taurine... 
Après Céret de Toros en juillet et avant la novillada des Héritiers de Christophe Yonnet, qui conclura le cycle le 16 août à Collioure, auront lieu la Feria de Millas et une corrida de Palha à la Monumental de Barcelona le dimanche 14 août.
Les festivités millassoises débutent jeudi 4 août et se terminent dimanche 7 avec la novillada de Joaquín Moreno de Silva qu'affronteront Pedro Carrero, José Arévalo et Javier Jiménez. 
Depuis 2007, la caste, la présence et la mobilité de cet élevage comblent les attentes de l'exigeant public de Las Ventas... Comment ne pas en rêver ? 
Après Carcassonne, Parentis et Céret, les Saltillos traversent une quatrième fois les Pyrénées en trois temporadas pour le plus grand plaisir des aficionados. Visca Catalunya taurina !

À Millas, vous pourrez nous rencontrer dans le cadre de la "Feria du livre" où sera présenté le tome II de Campos y Ruedos... à feuilleter ou à s'offrir pour la (presque) modique somme de 30 €, dédicace comprise.

~ ~ ~ ~ ~ ~
  
Salon du livre taurin ~ Millas  6 août  2011
Comptant sur la participation exceptionnelle de nombreux éditeurs de livres tauromachiques, le salon du livre taurin de Millas est devenu une référence incontournable pour tous ceux qui s'intéressent à la corrida.
Cette année, les organisateurs se sont assurés la présence des principaux acteurs de ce domaine spécifique.
Seront présents ou représentés les éditions Atelier Baie, Actes Sud, Le Diable Vauvert, Cairn, Timmée, Harmattan, Singulier et Verdier.
De nombreux auteurs feront aussi le déplacement. Ainsi les éditions Atelier Baie viendront accompagnées de José Angulo pour Campos y Ruedos 02, Daniel Saint-Lary et Chinito pour Chinito de Francia, Robert Piles pour Profession torero, Jacques Durand et Bruno Doan, l'éditeur.
Jacques Durand, lauréat du prix Feria 2011 qui lui sera remis dans l'après-midi, interviendra avec Claude Viallat le matin à 11 heures, dans les salons de la mairie, sur le thème : "La corrida et sa représentation dans l'art populaire".
C'est donc une importante journée culturelle qui est programmée le samedi 6 août 2011.
Pour obtenir d'autres informations : Feria de Millas.

19 avril 2011

BCN... Z


Le boucher. L’ultime et l’omega de la corrida. Ça doit finir là. La lettre Z achève l’alphabet et le boucher est immuable. C’est lui qui a le dernier mo(r)t.
Il eut été impossible d’entrer dans tous les bars. Les bars, c’est bien. En Espagne surtout. C’est le pouls d’un village, c’est le sang qui coule et qui fait vivre. Même dans les grandes villes modernes aux devantures internationales, façonnées, vues partout ailleurs. Même à Barcelone, les bars battent le rythme de la vie. Même sans entrer dans tous les bars, je prends le pari que bien peu au-dedans sentaient le toro. BCN ne sent pas le toro. Sur la Passeig de Gràcia, à Urquinaona, les odeurs n’en sont pas là où les néons des boutiques agissent comme du chlore. Carrer de Sant Pau, on a d’autres chattes à fouetter et l’on ravale sa dignité dans les encadrements salis de portes lissées par l’attente des talons aiguilles. Aux abords de la Monumental, Carrer de Lepant ou Carrer de la Marina, les mouettes chient, le regard vide, le cri troublé ; ça sent la mer... avec du chlore pour faire propre.
Las Arenas est restée ronde. Mario l’a vu ! Au centre du ruedo se croisent les sacs Desigual, les poches Macdo et les pompes Footlocker. C’est propre, c’est clean, c’est chlore. Lady Gaga s’habille en viande.

J’ai pas cherché ailleurs. J’ai pas été plus loin. BCN ne sent pas le toro. Je le savais avant d’arriver. Ils crient liberté à toutes les sauces, ils hurlent au déni démocratique. Mais Mario a raison et "les élus ont fait des choix, dans l’intérêt de la ville, des administrés et des commerçants... Ils ont été élus pour cela, non ?" BCN sent le chlore et se fout des toros. C’est son choix, en quelque sorte un droit. De toute façon, pour qui a quelque notion de géographie, Barcelone est fâchée avec l’Espagne, elle lui tourne le dos. Regardez une carte !

J’ai pas cherché ailleurs et j’ai trouvé au centre. La Boqueria. Des fruits partout, des touristes rosis par le soleil d’avril, des mendiants juste ce qu’il faut pour pas trop les gêner et au centre le boucher. L’ultime et l’omega de la corrida. L’immuable boucher comme la lettre Z, la fin, le bout du chemin, le noir du tunnel.
"Este año todavía tenemos toro." Au-dessus de l’épitaphe, Luis de Pauloba... de dos, on imagine une croix.

Photographies Reflets de Las Arenas sur les immeubles modernes et Luis de Pauloba chez le boucher au marché de La Boqueria © Laurent Larrieu / camposyruedos.com.

18 avril 2011

Barcelonatcheko


Ils ont commencé par s’ennuyer et venir de moins en moins...
Ils ont perdu un peu d’afición, trouvé d’autres préoccupations — la mer, le sport, le ciné, les voyages, la bouffe, la culture, les arrivages d’exotiques étrangères... Que sais-je ?
Les distractions ne manquent pas à Barcelone.
Les élus ont fait des choix, dans l’intérêt de la ville, des administrés et des commerçants... Ils ont été élus pour cela, non ?
Les affaires et la politique ont horreur du vide, hors ces arènes-là étaient si peu pleines et les autres plutôt vides...
Sur cette photo, l’air un peu... bête, je suis au milieu d’un ruedo (pour une fois...). Le ruedo de la vielle plaza de Las Arenas. C’est un choc à chaque fois de réaliser qu’un monde en chasse un autre, le mien en l’occurrence.
Il y a douze ans, lors de ma dernière visite, il restait un peu d’espoir... La vieille plaza n’était qu’envahie d’herbes.
Ils ont conservé la structure et son style néo-mudéjar en briques,  et ont rempli le vide par un centre culturo-gastronomico-commercial comme nous les aimons tant et inauguré fin mars. Tout chaud donc, et avec de l’allure, et des ascenseurs partout. Le sommet propose une promenade en terrasse à 360° qui permet d’admirer la ville jusqu’au bleu de la mer.
Le chauffeur de taxi en est fier, et il adhère emballé à l’idée que je lui tends sournoisement d’en faire un second à la Monumental et un troisième à la Sagrada Familia. Car, par exemple, ce week-end trois bateaux-villes ont accosté à Barcelone, soit douze mille personnes qui débarquent. C’est autrement meilleur pour les affaires que la « torture » (sic, le taxi) de six toros à Las Arenas.
Barcelone n’étant plus l’Espagne, il est content mon évolué pilote automobile.
Il va un jour se réveiller et comprendre que Barcelone... c’est plus trop la Catalogne non plus et que le catalan-courant n’est plus la langue la plus pratiquée si l’on en croit la croissance exponentielle des Starbucks-Coffee.
Puis j’ai pensé à Lachepaillet, futur centre branché Basco-Surf-Océan du B.A.B. avec ses restos designs, ses boutiques de luxe et ses boîtes people. Dans cinq ans... dix ans... ?
Question d’ennui, d’afición et de politique.
Mario Tisné

30 juillet 2010

Photographie avec paroles : Olot avui, Barcelona demà ?

Olot, mars 2009

Larmes de crocodile


Il faut bien le dire, ma revue de presse n'est pas allée bien loin - désolé par le niveau de ce que j'ai pu lire et entendre dans notre langue sur la décision du P
arlament, je n'ai guère poussé avant les recherches. Le journalisme espagnol a certainement bien des défauts, mais il a la qualité d'appeler souvent un chat un chat (un mafieux un mafieux aussi) et d'utiliser des termes que les taliban que nous sommes, avons parfois des scrupules à publier. A propos de taliban, avez-vous lu l'histoire de Bâmiyân jeudi matin chez le cèpe argenté ? Vous y apprendrez, et les principaux intéressés également sans doute, que le mouvement des taliban (qui émergea en 1994 au beau milieu d'une guerre civile afghane) a en fait bouté les Soviétiques sur l'autre rive de l'Amou-Daria en 1989... Mais que sont 5 ans (même à rebours) dans l'histoire, n'est-ce pas ?
Mais place à Antonio Lorca d'El País dont l'article, "Lágrimas de cocodrilo", valait bien une modeste traduction (gracias a Bego por la ayuda en "los puntos vocabularios"...) :

Larmes de crocodile
L’interdiction est désormais une triste réalité. La politique a été le bourreau de la fiesta de los toros, rejetée pour son identité espagnole. Mais le terrain était laissé en friches depuis la mort de Pedro Balañá Espinós, l’un des plus grands imprésarios taurins de l’histoire. Après la mort de Don Pedro, personne ne suivit ses pas et alors que l’Afición languissait, la politique s’est mise à occuper le terrain, lentement mais sûrement et a miné toutes les sphères de l’édifice taurin de Catalogne jusqu’à atteindre son but final.
La politique est entrée en trombe par la porte des cuadrillas et la liberté est sortie tête basse, meurtrie et blessée par celle de l’équarrissage. Elle a fait peu de cas des gestes qui ont eu lieu à El Torín, Las Arenas ou à la Monumental, ces trois arènes qui avaient en leur temps fait de Barcelone le centre du monde taurin, comme dans d’autres arènes de toutes la Catalogne. La politique a essayé de donner le coup de grâce au sentiment, à l’art, à l’émotion et à la grandeur de la tauromachie. Et le pire dans tout ça est que ceci fut fait sans nécessité aucune. Il est vrai que les aficionados catalans sont peu nombreux mais pourquoi interdire à une minorité le droit de profiter d’un spectacle dont la faiblesse du pouls indiquait déjà l’agonie ? Pour protéger les animaux ? Les députés abolitionnistes savent que ceci n’est pas la vérité. Le toro, dans ce cas, n’a jamais été rien d’autre qu’une excuse.
La décision prise par le Parlement catalan est donc bien gravissime mais pas moins grave que celle qui incombe au monde du toro qui, pour la première fois peut-être de son histoire, se retrouve complètement démuni face à sa honteuse misère.
Le problème le plus grave est que de nombreux bons aficionados désertent chaque année les arènes, las de supporter stoïques un spectacle cher, dépassé, ennuyeux et manipulé. C’est un fait que le toro a été dénaturalisé, qu’il n’est plus cet animal puissant et hautain des temps anciens, mais au contraire un malade invalide qui fait de la peine. La fraude s’est frayée un chemin en toute impunité. On ne parle plus d’afeitado mais il existe le soupçon généralisé qu’aujourd’hui peu de toros sortent avec des cornes intactes. Il est tabou de parler de substances qui modifient le comportement des animaux : de drogues en fin de compte. Il n’y a plus de respect pour le protagoniste principal de la Fiesta. Et les toreros ne sont plus des héros mais des infirmiers se prenant pour des danseuses qui se jouent la vie, indéniablement, mais sans donner d’émotion. Les ganaderos, qui sont au service de ces dites figures, ne sont plus maîtres dans leur finca et se sont dépouillés de leur propre chef de la dignité que leur confère leur condition de chercheurs en génétique autodidactes. Tous : toreros, ganaderos, organisateurs, apoderados, etc., ont fait de la Fiesta une farce, une tromperie...
Quelqu’un a-t-il entendu les figuras actuelles, les ganaderos prétentieux, les empresas d’arènes de première ou les apoderados célèbres parler de modernisation du spectacle ou de régénération du toro bravo ?
Les taurins constituent un milieu curieux. Ils ressemblent à des gens ancrés dans une autre époque, sans aucun sens de la modernité, ni solidarité, astucieux, méfiants et cupides. Même les jeunes qui débutent se trouvent contaminés par ce virus et ressemblent vite à des retraités. Ce qui préoccupe le taurin, au sens général du terme, est en fait l’argent qu’il pourra gagner rapidement mais pas le présent ni le futur de la tauromachie.
C’est un peu tout ça qui pourrait expliquer que le mundillo taurin ait laissé filé le match en Catalogne. Face à une lente évolution des us sociaux et la pression continue des nationalistes, les taurins se sont retirés dans leurs quartiers d’hiver et laissée pour perdue une communauté qui avait été emblématique pour la Fiesta. La nouvelle situation exigeait des exposés imaginatifs et de nouvelles méthodes, mais c’était trop demander à un collectif aussi sclérosé. Au contraire, les taurins ont fui et laissé le champ libre aux abolitionnistes. Il serait injuste d’oublier une autre cause qui n’est pas moins importante : les corridas de toros n’ont jamais réussi à s’implanter solidement en Catalogne, pas plus que la tauromachie ne fut un élément structurel. Les arènes se remplirent au temps de Pedro Balañá avec la même intensité qu’elles se vidèrent à sa mort.
De toutes façons, aujourd’hui éclatent les complaintes et grincent les dents, montent les lamentations, les accusations diverses et jusqu’à l’insulte aux ennemis de la Fiesta, mais on attend toujours et on attendra en vain un sérieux examen de conscience du rôle joué par les taurins dans la débâcle catalane.
Depuis longtemps déjà la Catalogne a cessé d’intéresser les taurins, y compris le patron actuel de la Monumental – petit-fils du fameux Don Pedro – qui a déjà essayé de la faire fermer en 2007 et qui garde aujourd’hui un silence plus que suspect, peut-être à l’affût d’une juteuse indemnisation qui pourrait lui tomber du ciel.
Combien de ceux qui se lamentent aujourd’hui ont vraiment soutenu les aficionados catalans, qui se sont acharnés dans leur tentative solitaire, aussi osée que naïve de faire front aux politiques ?
Tous les taurins savent que la Catalogne n’est qu’un début. Avant que ne se produise le veto nationaliste, les aficionados avaient abandonné les gradins des arènes. L’image offerte dimanche dernier par la Monumental avec à peine plus d’un quart d’arène n’était que le reflet fidèle du faible écho des corridas dans la société catalane. Il y aura certainement de nouveaux sursauts mais le plus difficile et le plus dangereux continuera à être sans aucun doute l’abandon constant d’un spectacle qui a perdu son intérêt d’autrefois.
Ceci est le véritable problème, et pas une vaine complainte. Est-il possible que le taurinisme actuel arrête de se regarder le nombril et affronte le présent et le futur de la Fiesta avec toute la rigueur nécessaire ? La présence du toro bravo continuera-t-elle à tenir de l’utopie ? Quelqu’un pourra-t-il endiguer l’hémorragie dont souffre la Fiesta ?
Pendant ce temps, il ne nous reste plus qu’à pleurnicher comme un enfant ce que l'on n’a pas su défendre comme des hommes. Il ne reste plus qu’à répandre des larmes de crocodile, des larmes qui semblent feintes.
Antonio Lorca - El País, 29 juillet 2010.

29 juillet 2010

Tout ça...


Je pense aux noirs, aux gris, aux jaunes, aux pédés, aux petits, aux gras du bide, aux mous du cul, aux petits seins, aux petites bites, je pense aux mal foutus, aux mal baisés, aux pas finis, aux mal nés, aux autres, aux pas comme tout le monde, je pense à la Différence, je pense aux salopes, aux "343", je pense à Jaurès, je pense à Ferré, je pense à Ferrat, je pense à nos bleds décorés d'obélisques de mort, je pense à la Bastille, je pense à Dany de 68, je pense à Derry de 72, je pense à Pékin de 89, je pense à l'Afghan, je pense au Tibétain, je pense au Birman, je pense à l'Iranien, je pense à Gaza, je pense à Allende, je pense à Moulin, je pense à Voltaire, je pense à Guernica, je pense à Puig Antich, je pense à Onfray, je pense à Tolstoï, je pense à Saint Augustin, je pense à Thomas d'Aquin, je pense à Ned Kelly, je pense à Baltazar Garzón, je pense à Karla, je pense à Mario, je pense à René, je pense à l'ANDA, je pense aux fous, je pense aux rêveurs, je pense à la Liberté, je pense aux libertaires, aux humanistes, je pense que je les aime, je pense que je suis tout ça et que je suis fier d'être tout ça, du coup je pense que j'ai de la chance d'aimer la corrida.

Et puis j'ai pensé à Fabrice


Horrible.
RTL, RMC, Europe 1 et toutes les autres. Je les ai toutes faites, j'ai zappé de l'une à l'autre, pendant deux jours, vers 8h30, puis à 13h...
La parole aux auditeurs. Atroce, pas une pour rattraper l'autre, d'un côté ou de l'autre.
Le débat du moment, la corrida, interdiction, évolution, barbarie, connerie... surtout connerie. Mais évolution aussi : "Monsieur Casas, si vous m'écoutez, supprimez donc les piques. Jouez avec les toros mais sans les piques. Moi, la corrida sans les piques ça me va."
Le type ne le savait pas, mais ils ont déjà commencé en fait. Cela ne se voit pas vraiment, mais ils ont déjà commencé.
Corrida, interdiction, évolution, barbarie, ignorance surtout.
Le problème, souvent, c'est lorsque le "toréador" s'y reprend à trois fois à la fin. Ça ils ne supportent pas. Ils ne sont pas contre complètement. Mais que le "toréador" s'y reprenne à trois fois pour en finir, ça n'est pas supportable.
Et puis, je ne sais plus sur quelle station, ils ont ouvert l'antenne à un vieux monsieur à la voix nasillarde que l'âge a rendue hésitante :
- Eh bien moi madame, je suis opposé à l'interdiction. Ce n'est pas que j'aime la corrida, notez bien. Jusqu'à il y a peu j'étais même contre. Mais il y a quelque temps, j'ai fait un voyage en Andalousie. Et là, on nous a emmenés visiter un élevage. Il y avait un monsieur dans cet élevage qui expliquait, un monsieur très compétent. Il nous a tout expliqué, de la vie du toro, de sa naissance jusqu'à l'arène. Le monsieur très compétent nous a vraiment bien expliqué. Alors l'interdiction moi, eh bien je suis contre.
Hier, dans cet univers de médiocrité radiophonique ininterrompue, un vieux monsieur a décroché son téléphone pour raconter le campo. Alors j'ai pensé à Fabrice, à "Mirandilla", au printemps, aux toros, à ce que nous aimons... Enfin, vous savez.

La prohibition par Antonio Lorca


La prohibition en Catalogne vue par Antonio Lorca, critique taurin du quotidien El País...
Je vous donne également le lien...

La prohibición, tristemente, se hizo realidad. El brazo ejecutor ha sido la política, que rechaza la fiesta de los toros por su identidad con España, pero el terreno estaba abonado y en celo desde que en 1965 falleció Pedro Balañá Espinós, uno de los más grandes empresarios taurinos de la historia. Muerto don Pedro, nadie siguió su estela, y, mientras languidecía la afición, ocupaba su terreno la política, que ha minado, sin prisa pero sin pausa, todos los cimientos taurinos de Cataluña hasta alcanzar su objetivo final.
La política ha entrado en tromba por la puerta de cuadrillas, y la libertad ha salido cabizbaja, magullada y herida por la del desolladero. Flaco favor ha hecho a las gestas acaecidas en el Torín, en Las Arenas y en la Monumental, tres plazas que convirtieron a Barcelona en el centro del mundo taurino, y en tantos otros cosos repartidos por toda Cataluña. La política ha pretendido apuntillar el sentimiento, el arte, la emoción y la grandeza de la tauromaquia. Y lo peor de todo es que lo ha hecho sin necesidad. Es verdad que los aficionados catalanes son escasos; pero ¿por qué prohibir un derecho de una minoría a disfrutar de un espectáculo que, además, carecía por sí mismo de pulso vital para continuar? ¿Para proteger a los animales? Los diputados abolicionistas saben que no es verdad. El toro, en este caso, no ha sido más que una excusa.
Gravísima, pues, la decisión adoptada por el Parlamento catalán; pero no menos grave que la que corresponde al mundo del toro que, quizá por vez primera en la historia del toreo, queda completamente desnudo frente a sus lacerantes miserias.
Porque el problema más grave es que muchos aficionados de bien desertan cada año de las plazas, cansados de soportar con estoicismo un espectáculo caro, caduco, aburrido y manipulado. Es un hecho que se ha desnaturalizado al toro, y ya no es ese animal poderoso y altivo de otros tiempos, sino un enfermo inválido que produce lástima y pena. El fraude se ha abierto paso con arbitraria impunidad. Ya no se habla del afeitado, pero existe la sospecha generalizada de que pocos toros salen con los pitones intactos; hablar de sustancias que modifican el comportamiento de los animales -drogas, al fin y al cabo- está maldito. Se ha perdido el respeto por el protagonista de la fiesta. Y los toreros ya no son héroes, sino enfermeros con aspiración de bailarines. Se juegan la vida, claro que sí, pero no emocionan. Los ganaderos están al servicio de las llamadas figuras, no mandan en sus fincas y se han despojado libremente de la distinguida dignidad que les confiere su condición de genetistas autodidactas. Entre todos ellos, toreros, ganaderos, empresarios, apoderados, etcétera, han convertido la fiesta en una farsa; en un engaño...
¿Alguien ha escuchado a las figuras actuales, a los ganaderos de postín, a los empresarios de plazas de primera o a los apoderados famosos hablar de modernización del espectáculo o de la regeneración del toro bravo?
Es un colectivo curioso este de los taurinos. Parece gente anclada en otra época, sin sentido alguno de la modernidad; insolidaria, astuta, desconfiada e interesada. Incluso los chavales que empiezan se contagian del virus y pronto parecen jubilados. Al taurino, como personaje genérico, lo que le preocupa, de verdad, es él y el dinero que pueda ganar con rapidez, y no el presente y el futuro de la tauromaquia.
Algo de todo esto explicaría que el taurinismo se haya dejado ganar la partida en Cataluña. Ante un paulatino cambio de usos sociales y la presión continuada de los nacionalistas, los taurinos se retiraron a sus cuarteles de invierno y dieron por perdida una comunidad que había sido santo y seña de la fiesta de los toros. La nueva situación exigía planteamientos imaginativos y nuevos métodos, y eso es pedir demasiado a un colectivo tan inmovilista. Por el contrario, los taurinos huyeron y dejaron el campo libre a los abolicionistas.
Sería injusto olvidar otro extremo no menos importante: las corridas de toros nunca echaron raíces en Cataluña, ni la tauromaquia se convirtió en un elemento vertebrador. Con la misma intensidad que se llenaron las plazas en los tiempos gloriosos de Pedro Balañá, comenzaron a quedarse vacías cuando este falleció.
De cualquier manera, ahora toca el llanto y el crujir de dientes; el lamento, las acusaciones varias y hasta el insulto a los enemigos de la fiesta. Pero está por ver, y seguro que no se verá, un serio examen de conciencia del papel jugado por los taurinos en la debacle catalana.
Es más, hace tiempo, muchos años ya, que Cataluña dejó de interesar a los taurinos; incluso al actual dueño de la plaza Monumental, -nieto del famoso don Pedro- que ya intentó cerrarla en 2007, y que ahora guarda un más que sospechoso silencio, quizá a la espera de una sabrosa indemnización que le podría llegar caída del cielo.
¿Cuántos de todos estos, que tanto se lamentan hoy, han apoyado de verdad a los aficionados catalanes, que se han dejado la piel en el intento solitario, tan osado como ingenuo, de hacer frente a los políticos?
Todos ellos, los taurinos, saben que Cataluña es solo el principio. Antes de que llegaran los vetos nacionalistas, los aficionados habían abandonado las plazas. La imagen que ofrecía el pasado domingo la plaza Monumental, con poco más de un cuarto de plaza, era fiel reflejo del escaso eco de las corridas de toros en la sociedad catalana. Con toda seguridad, habrá nuevos sobresaltos, pero el más duro y el más peligroso seguirá siendo, sin duda, el abandono constante de un espectáculo que ha perdido todo el interés de antaño.
Éste es el verdadero problema y no el lamento vano. ¿Será posible que el taurinismo andante deje de mirarse el ombligo y afronte el presente y el futuro de la fiesta con la crudeza necesaria? ¿Seguirá siendo una utopía la presencia del toro bravo? ¿Alguien pondrá coto a la sangría que sufre la fiesta?
Mientras tanto, solo queda lloriquear como un niño lo que no se supo defender como un hombre. Ahora, solo queda derramar lágrimas de cocodrilo... Lágrimas que parecen fingidas.
Antonio Lorca - El País, 29 juillet 2010.