Photographie ‘Bigotero’ gisant, mort, après le coup d’État © Fabrice Torrito/Les Carnets du mayoral
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12 juin 2013
Tu quoque…
Libellés :
Bigotero,
Campo Andalousie,
Fabrice Torrito,
Laurent Larrieu,
Marqués de Albaserrada
11 mars 2013
Fabrice Torrito à Nîmes
Fabrice Torrito, mayoral de l’élevage du Marquis d’Albaserrada, sera à Nîmes le samedi 16 mars.
Programme
En matinée, de 9 h à 11 h.
Café-toro à l’Hôtel Imperator Concorde (Quai de la Fontaine, 15 rue Gaston-Boissier, à Nîmes).
Entrée libre.
Entrée libre.
En soirée, à partir de 19 h 30.
Conférence au comité de quartier Russan, terres de Rouvière (1311, chemin de Russan, à Nîmes).
L’association Los Bodeguitos accueille l’association Torrito Afición pour une rencontre avec Fabrice Torrito : retour sur l’année écoulée, sélection et présentation de l’élevage en France, etc.
Entrée libre. Boissons, tapas et surprise culinaire de la mère Arlette, des halles.
L’association Los Bodeguitos accueille l’association Torrito Afición pour une rencontre avec Fabrice Torrito : retour sur l’année écoulée, sélection et présentation de l’élevage en France, etc.
Entrée libre. Boissons, tapas et surprise culinaire de la mère Arlette, des halles.
>>> Réservations et informations : 06 25 42 18 25.
Libellés :
Communiqués,
Fabrice Torrito,
François 'Solysombra' Bruschet,
Nîmes 2013
04 novembre 2012
Zanzibar et autres lieux (II)
Une journée à « Mirandilla », ça commence à La Cantina, qui n’est plus un café taurin aujourd’hui, mais où l'on peut toujours demander à la serveuse de faire signe lorsqu’elle verra Fabrice Torrito arriver. Il arrive. Elle fait signe. Il m’embarque pour aller découvrir les Marqués de Albaserrada… et les Tulio.
À partir de cette minute, Fabrice prend son temps — il est vrai qu’il faut au moins ça pour vivre en Andalousie. Il ne méprise aucune ignorance, écoute, explique, répond, ré-écoute, ré-explique, re-répond. Fabrice s’est fait une religion de défier l’ostracisme du campo ; il évoque un peu le passé difficile, mais parle surtout du futur, en utilisant souvent l’humble conditionnel.
Les raisons du culte qu'il professe à l'endroit des toros sont là devant moi : des vaches vraiment très belles ; des Tulio moins impressionnants que dans les illustrations du Tío Pepe, mais Tulio quand même ; des erales qu’on aimerait voir sortir en novillada prochainement et des novillos aux cornes étonnamment tricolores qu’il serait chouette de voir en corrida en 2013.
Évidemment, je ne saurais vous raconter (que ce soit en mots ou en images) tout ce qui m’a été généreusement offert pendant ces quelques heures par Fabrice et ses compagnons de route, Javi et Jean-Christian, qui font un bout de chemin avec lui — et dont les parcours individuels pourraient inspirer plus d’un scénariste en quête de sujet palpitant.
Il s’agit de minuscules choses qui pourront prêter à rire pour certains, mais qui, avec la magie du campo (parce qu’il y en a une, je vous le jure), trouvent leur place dans la colonne des « grands moments de l'existence ».
Jean-Christian, par exemple, a tout compris. Il a compris que j’avais 42 ans à la ville mais moins de sept à la campagne. Moi, je me moque de mon idiotie, mais pas lui. Il me propose même de ramener un cheval au patio. Celui qui a pris la cornada. Lui se charge de l’entier. Je traîne le pas pour que la petite balade dure plus longtemps. Jean-Christian s’ajuste à mon rythme et me laisser profiter.
Javier, quant à lui, sourit. Presque tout le temps. Des fois, c’est juste un rictus, parce qu’il a le soleil dans les yeux. Mais le plus souvent il sourit pour de vrai. Il y a juste un moment où il a cessé de sourire pour franchement éclater de rire, c’est quand je lui ai demandé s’il n’avait pas un peu peur à l’idée de « tienter » les deux Tulio. En fait, il ne m’a pas vraiment répondu. Mais il a fait oui de la tête.
Fabrice a une spécialité. Il repère les vaches invisibles qui viennent de mettre bas dans les buissons et s’arrange pour poser les crotales aux nouveaux-nés de la manière la plus douce possible. C’est l’époque des naissances au campo, alors on est parti sur les traces des nouvelles mères. On (enfin, je dis « on » mais c’est pas vraiment moi, hein, c’est surtout Fabrice qui l’a vue) en a trouvé une avec son petit veau né dans la nuit. On voyait encore des résidus de placenta qui pendouillaient. Et là, Fabrice me propose de descendre du 4x4 pour poser une boucle à ce petit toro marron, couleur miel. Sa mère n’était pas loin mais je n’ai pas eu peur. C’était mon toro ! Heu, enfin, jusqu’à ce que Fabrice pense à vérifier… et m’annonce que mon toro était une vache. Mais c’est pas grave. C’est ma vache. Et elle sera sûrement très brave. C’est la 183. C’est écrit dans le carnet du mayoral : « 9/10 – 183 – H – Mulata* – 9396 ». Ma brave est endormie au soleil. Je remonte dans la voiture. Pendant ce temps, Fabrice la porte et va la mettre à l’ombre. À cet instant, je me dis que tous les « zantis » du monde peuvent bien aller manger des cailloux.
Une journée à « Mirandilla », ça se termine à La Rociana. Et ça, c’est inénarrable. Je suis sortie le ventre plein et le gosier largement hydraté, un bouquet de thym à la main et des anecdotes (pas toutes comprises) plein la tête. En guise de paiement, j’ai dû dire que José Tomás était le plus grand torero de tous les temps et chanter Non, je ne regrette rien plusieurs fois — car les présents trouvaient que mon interprétation ne ressemblait pas assez à la chanson de Doña Piaf.
* Negra mulata : ce sera sa couleur quand elle sera grande. C’est comme ça que j’ai appris que les « erreurs » de robe sur les sorteos ne sont pas (ou du moins pas systématiquement) le fruit du manque de professionnalisme ou d’une déficience visuelle des organisateurs ; c’est juste qu’ils reportent la couleur indiquée sur les fiches officielles établies par les vétérinaires alors que la bête n’a que quelques mois.
… à « Comeuñas »J’avais rendez-vous un certain jeudi 9 octobre (un jour qui, dans le calendrier de l’an de grâce 2012, n’existe pas), à Huelva (150 000 habitants) ou à Trigueros (7 500 habitants), avec Luis Cuadri que je ne connaissais pas (seul indice : il est grand). Rencontre improbable donc… D’autant que les gens, là-bas, ne pouvaient m’être que d’une aide très modeste dans la mesure où ils parlent une langue très énigmatique. Mais c’est mal me connaître que de croire que ces menus détails auraient pu m’arrêter. Je suis finalement arrivée à « Comeuñas » où Luis avait trouvé plus sage de m’attendre, et m’a accueillie passablement sidéré en me voyant débouler à pied.
Les trois heures qui suivirent furent particulièrement néfastes pour le reste de mes vacances. À partir du moment où je suis sortie de la finca je n’ai plus eu qu’une idée : y retourner. Un peu comme quand j’ai vu ma première course ; en sortant de Las Ventas, je n’avais pas pu profiter de Madrid faute de réceptivité. Une seule pensée m’obsédait : revoir une corrida. Là, je suis un peu passée à côté de Séville parce que le campo me bouffait les terminaisons nerveuses, et ce chatouillis ne m’a pas laissée en paix.
Luis m’a ramenée à Huelva. Sur le chemin du retour, on a parlé de José Tomás. Il est très gentil, Luis. Et c’est le seul Espagnol à ne pas avoir rigolé quand je lui ai dit que j’avais préféré aller voir la concours à Arles plutôt que J. T. à Nîmes. Plus tard, tout à fait sincèrement, mais aussi un peu en manière de remerciement, je lui ai dit que l’an prochain je suivrai les Cuadri et essaierai d’aller voir combattre les lots qu’il m’avait montrés. Mais ça, je crois qu’il s’en foutait un peu. Ce qu’ils aiment là-bas, à « Comeuñas », c’est élever les toros dont ils sont amoureux et les voir sortir comme ils les ont rêvés. Le reste… c’est plus trop leur affaire. Alors j’ai simplement dit : « Merci. »
Zanzibar
21 août 2012
Vingt et une piques… en Andalousie
Arènes blanches ultrabright, soleil de plomb, ciel au-delà du bleu et des toros sur le sable. Andalousie !
Oui, Andalousie… Oui mais vingt et une piques, oui mais une corrida concours de ganaderías… en Andalousie, eh oui !
¡Enhorabuena!
C'est notre ami Fabrice Torrito qui le raconte sur son blog. Courez-y !
Libellés :
Affiches,
Corrida concours,
Fabrice Torrito,
Laurent Larrieu,
Valverde del Camino
30 janvier 2012
Torrito Afición
En ce début d’année 2012, le bureau de l’association Torrito Afición est heureux de vous présenter ses meilleurs vœux et de vous convier à un week-end taurin les 3 et 4 février prochains en présence de notre cher mayoral, Fabrice Torrito. Depuis janvier 2010, où nous nous sommes regroupés et avons décidé de soutenir Fabrice dans sa démarche, la motivation est toujours aussi grande et sincère. Alors, chers adhérents ou non de l’association, amis ou aficionados, venez nous rejoindre à l’occasion de ces soirées.► Vendredi 3 février 2012 à Nîmes - Bodega des Amis de Pablo Romero (12 rue Émile-Jamais)
À partir de 19 heures, soirée de l’association : historique, bilan, renouvellement des cartes d’adhésion, présentation de la souscription autour de l’achat de deux sementales de chez Isaías y Tulio Vázquez, projets et rêves autour de la thématique de l'avenir de la tauromachie au campo…
À partir de 19 heures, soirée de l’association : historique, bilan, renouvellement des cartes d’adhésion, présentation de la souscription autour de l’achat de deux sementales de chez Isaías y Tulio Vázquez, projets et rêves autour de la thématique de l'avenir de la tauromachie au campo…
Vin et petites tapas seront proposés - Renseignements au 06 10 07 83 41
► Samedi 4 février 2012 à Beaucaire - Le Coquemard (4 bis rue Camille-Desmoulins)
À partir de 19 heures, diner-débat sur le thème des mayorales avec Fabrice Torrito (Marqués de Albaserrada), Olivier Riboulet et Olivier Faure (Bayle chez Yonnet) autour des anecdotes, techniques de faenas de campo (ferrade, bouclage des veaux, tienta…)
À partir de 19 heures, diner-débat sur le thème des mayorales avec Fabrice Torrito (Marqués de Albaserrada), Olivier Riboulet et Olivier Faure (Bayle chez Yonnet) autour des anecdotes, techniques de faenas de campo (ferrade, bouclage des veaux, tienta…)
Menu à 20 € (vin compris) concocté par notre Arlette des Halles de Nîmes - Réservations avant le 25 janvier 2012 : 06 25 42 18 25 ou <puce.al30@hotmail.fr>
► Dimanche 5 février 2012 à Beaucaire - Brasserie Les 2 G (3 boulevard Foch)
L’antre beaucairoise nous propose un apéritif tapas et convivialité avec bilan du week-end en prime !
À l’occasion de ces deux soirées, exposition des œuvres de Pedro Naranjo, photos de Campos y Ruedos et une sympathique tombola mettant en jeu : 1 séjour à « Mirandilla » (hébergement 2 nuits à la finca « Mirandilla », 2 déjeuners à La Cerca de Los Toreros à Gerena (Séville), visite complète de la ganadería avec le mayoral et une demi-journée de « participation » aux tâches du campo avec les vachers) ; 1 œuvre réalisée en direct par l’artiste peintre sévillan Pedro Naranjo ; 1 dessin d’Eddy Pons et 1 bucrane de l’élevage du Marqués de Albaserrada.
Au plaisir de se retrouver et de partager notre afición autour de Fabrice.
Au plaisir de se retrouver et de partager notre afición autour de Fabrice.
22 décembre 2011
Autorovia (XIV)
En coupant le contact dans la terre fumeuse de « Mirandilla », j’ai pensé que Fabrice n’était pas encore là et c’était le cas. Une femme du personnel nous a expliqué qu’il était au village (Gerena) faire réparer un tracteur. Je me suis dit : « tiens, c’est ça aussi son boulot de mayoral » et j’ai allumé une clope. Loulou court à pleins poumons. Fumer une clope pour endurer l’attente. Ça ne m’évite pas les cent pas, les réflexions à deux balles, les plans sur la comète et l’œil sur la lune que je vois là en plein jour. Sans Fabrice, tout paraît vide ici, comme si le temps avait anticipé une œuvre néfaste annoncée depuis longtemps. Je regarde Loulou qui gambade avec ses sœurs et je me dis qu’il ne reviendra peut-être jamais à « Mirandilla », parce qu’ici plus qu’ailleurs l’incertitude le dispute à l’oubli. Il y aurait de quoi s’interroger sans détour sur sa propre afición. La fumée, de moi, s’échappe en une étreinte grise sur le tronc d’un eucalyptus et je la regarde se perdre à hauteur des premiers feuillages. Finalement, Loulou et ses sœurs auront fait le tour des vieilles baraques qui ne font plus rêver (et encore) que quelques olibrius : Miura, Prieto, Cuadri et Albaserrada. Au moins, les auront-ils vus. Les souvenirs de jeunesses ne s’éteignent jamais complètement. Le tracteur vert a tout de suite épaté Loulou. Loulou aime les tracteurs, tous les tracteurs. Fabrice va s’excuser du retard, j’en suis certain en écrasant mon mégot, mais il ne devrait pas, il bosse. Fabrice nous accueille à la manière de Fabrice. En lui serrant la main, je sais que je suis venu aussi pour cela, pour ce bonjour à nul autre pareil, imperceptible, suave, léger comme le vent du soir agite à peine la cime d’un champ de blé, un bonjour délicat sous les frissons d’eucalyptus. Fabrice Torrito parle bas et doux. Il a dans ses mots le sud mais un sud sans forfanterie, apaisé et fragile. Un sud délectable d’où la délicatesse affleure sans le vouloir parce qu’elle est là, réelle et mélodique. Je l’observe contempler son pré de fleurs d’origine Pedrajas. Les vieilles vaches Pedrajas de chez le Marquis d’Albaserrada. Fabrice ne les élève pas (en vérité, si), il les admire, il les dévore de ses yeux protecteurs, même celle qui est morte parce que la vie s’arrête aussi pour les vaches braves. Elle s’éloigne mourir comme pour donner la vie ; elle laisse une place qu’elles sont de moins en moins nombreuses à prendre. Fabrice raconte aux enfants ce qu’elle fut et, du flot sucré de ses mots, les enfants comprennent que la mort fait partie de la vie et que même s’il ne reste qu’une peau dure et sèche sous leurs yeux, une peau qui fait résonner le vide au-dedans d’elle, cette peau mérite d’être là où elle a vécu, au milieu des herbes qui la cachent et sous la lune qui l’éclaire. Fabrice m’explique que le travail de récupération de l’élevage sera long et que les incertitudes et les turpitudes seront, elles, infinies. « À part Tulio, tu veux aller chez qui pour rafraîchir ? » Yerbabuena ? Guardiola (ce qu’il en reste) ? Je ne sais quoi répondre. Je repense à mon dernier passage chez Tulio l’an dernier. Tulio et José. Tulio, autre vieille baraque que j’ai contemplée de mon chemin. L’an dernier, j’avais une boule dans la gorge, même les belles choses du campo n’avaient pu me l’ôter. Fabrice a raison après tout. Il faut qu’il tienne ne serait-ce que parce qu’il est là. Ne serait-ce que parce qu’avec toute sa délicatesse d’un sud fragile et apaisé, il les emmerde tous à élever du Pedrajas. Ne serait-ce que parce qu’un Tulio, un Pedrajas, un Albaserrada, c’est beau et ça fait peur. Mets du Tulio ! Nous irons voir leur peau faire résonner le vide de ce monde taurin qui tweete mais ne tue plus.
À la fin, Fabrice s’est tu et nous allions partir. Dans la grange, dans la pénombre, Éléonore a photographié sa sœur. Au premier plan, il y a une tête de toro mort. Derrière elle, Fabrice marchait le long du gigantesque mur blanc et son ombre s’étirait avec douceur, comme ses mots, vers le bout d’un tunnel qu’il creusera de ses ongles s’il le faut. Mets du Tulio Fabrice.
>>> Retrouvez une galerie consacrée à la ganadería du Marqués de Albaserrada sur le site www.camposyruedos.com, rubrique CAMPOS.
29 juillet 2010
Et puis j'ai pensé à Fabrice
Horrible.RTL, RMC, Europe 1 et toutes les autres. Je les ai toutes faites, j'ai zappé de l'une à l'autre, pendant deux jours, vers 8h30, puis à 13h...
La parole aux auditeurs. Atroce, pas une pour rattraper l'autre, d'un côté ou de l'autre.
Le débat du moment, la corrida, interdiction, évolution, barbarie, connerie... surtout connerie. Mais évolution aussi : "Monsieur Casas, si vous m'écoutez, supprimez donc les piques. Jouez avec les toros mais sans les piques. Moi, la corrida sans les piques ça me va."
Le type ne le savait pas, mais ils ont déjà commencé en fait. Cela ne se voit pas vraiment, mais ils ont déjà commencé.
Corrida, interdiction, évolution, barbarie, ignorance surtout.
Le débat du moment, la corrida, interdiction, évolution, barbarie, connerie... surtout connerie. Mais évolution aussi : "Monsieur Casas, si vous m'écoutez, supprimez donc les piques. Jouez avec les toros mais sans les piques. Moi, la corrida sans les piques ça me va."
Le type ne le savait pas, mais ils ont déjà commencé en fait. Cela ne se voit pas vraiment, mais ils ont déjà commencé.
Corrida, interdiction, évolution, barbarie, ignorance surtout.
Le problème, souvent, c'est lorsque le "toréador" s'y reprend à trois fois à la fin. Ça ils ne supportent pas. Ils ne sont pas contre complètement. Mais que le "toréador" s'y reprenne à trois fois pour en finir, ça n'est pas supportable.
Et puis, je ne sais plus sur quelle station, ils ont ouvert l'antenne à un vieux monsieur à la voix nasillarde que l'âge a rendue hésitante :
- Eh bien moi madame, je suis opposé à l'interdiction. Ce n'est pas que j'aime la corrida, notez bien. Jusqu'à il y a peu j'étais même contre. Mais il y a quelque temps, j'ai fait un voyage en Andalousie. Et là, on nous a emmenés visiter un élevage. Il y avait un monsieur dans cet élevage qui expliquait, un monsieur très compétent. Il nous a tout expliqué, de la vie du toro, de sa naissance jusqu'à l'arène. Le monsieur très compétent nous a vraiment bien expliqué. Alors l'interdiction moi, eh bien je suis contre.
Et puis, je ne sais plus sur quelle station, ils ont ouvert l'antenne à un vieux monsieur à la voix nasillarde que l'âge a rendue hésitante :
- Eh bien moi madame, je suis opposé à l'interdiction. Ce n'est pas que j'aime la corrida, notez bien. Jusqu'à il y a peu j'étais même contre. Mais il y a quelque temps, j'ai fait un voyage en Andalousie. Et là, on nous a emmenés visiter un élevage. Il y avait un monsieur dans cet élevage qui expliquait, un monsieur très compétent. Il nous a tout expliqué, de la vie du toro, de sa naissance jusqu'à l'arène. Le monsieur très compétent nous a vraiment bien expliqué. Alors l'interdiction moi, eh bien je suis contre.
Hier, dans cet univers de médiocrité radiophonique ininterrompue, un vieux monsieur a décroché son téléphone pour raconter le campo. Alors j'ai pensé à Fabrice, à "Mirandilla", au printemps, aux toros, à ce que nous aimons... Enfin, vous savez.
Libellés :
Antis,
Catalogne,
Fabrice Torrito,
François 'Solysombra' Bruschet
27 mai 2010
Silence
Andalousie, Gerena, Mirandilla. Une fin d’après-midi du mois de mai, au cœur du campo, juste après l’averse. Le moteur est arrêté, les portières ouvertes. Le silence, la sérénité d’un instant comme une parenthèse, loin de tout. Fabrice sait qu’il va venir le vieux semental, malgré notre présence. Peut-être pas si vieux d'ailleurs. Mais c'est mieux de l'imaginer vieillissant. Ça accentue le sentiment d'éternité. Il arrive, tranquillement, hésitant, nous observe de loin quelques minutes et s’approche enfin. Il n’y a rien à dire, ni à faire, juste une photo pour le souvenir, puis se taire, regarder et profiter. Surtout ne rien dire. Profiter.30 janvier 2010
Fabrice Torrito à Madrid...
Fabrice Torrito, que vous connaissez bien maintenant, sera reçu à Madrid, en février, par l'association EL TORO DE MADRID à la fameuse Casa Patas, Calle de los Cañizares, 10.Jueves día 11 de febrero.
Tertulia sobre el oficio de mayoral de reses bravas con los mayorales Octavio Leiro (ganadería Flor de Jara, antes Bucaré) y Fabrice Torrito (ganadería Marqués de Albaserrada).
Se proyectará un vídeo sobre el trabajo de los mayorales en el campo.
Nous vous engageons également à aller visiter le blog de Fabrice créé il y a peu : Les carnets du mayoral...
Se proyectará un vídeo sobre el trabajo de los mayorales en el campo.
Nous vous engageons également à aller visiter le blog de Fabrice créé il y a peu : Les carnets du mayoral...
10 janvier 2010
Un Torrito en Mirandilla...
“No hay mal que por bien no venga” dice el refrán…Y el mal, lo muy mal, sucedió en octubre pasado. Algunos amigos nimeños viajaron a Sevilla, donde tienen una casa en Sanlúcar la Mayor, que no es un sitio cualquiera. Está a dos pasos de la hacienda Benazuza, finca histórica de la familia Pablo Romero transformada hoy en un hotel de lujo en el que se puede disfrutar de la delirante comida de Ferran Adrià.
No muy lejos de ahí, en la finca del Marqués de Albaserrada, vive y trabaja otro francés, Fabrice Torrito. Ese día de octubre él tenía la cara desencajada y su mujer, Isabel, presentaba lágrimas en los ojos, y es que aquella noche el almacén que albergaba su cosecha de forraje acababa de convertirse en humo.
No ocurrió el incendio por obra del Espíritu Santo, sino que fue provocado con nocturnidad por unos desalmados anónimos de los que solo se puede deducir que su afición se sitúa al nivel de las alcantarillas, pues en otro caso no se entiende que se ponga en peligro el futuro de una vacada nada más que por jorobar y asustar a un franchute.
Ciertamente, el hecho de que un francés pueda ser asociado de manera tan íntima al destino de la ganadería del Marqués de Albaserrada no gusta a todo el mundo, sobre todo en los ambientes rurales menos desarrollados.
Ese día de octubre Fabrice estaba en el fondo del precipicio, ahogado en un abismo de dudas y desesperación.
Los aficionados nimeños, testigos cuasi directos de la tragedia, ya de vuelta en Francia, no han perdido un minito en reunir a algunos de los amigos de Fabrice para pensar en la manera de ayudarle.
No les voy a comentar todas las cosas que ya se han hecho, que son muchas, pero sí quiero hablar de ese día de enero de 2010, cuando la asociación "Los Amigos de Pablo Romero" recibió a Fabrice Torrito para dar una conferencia en la que habló de su vida, de su afición a los toros, de su trabajo en la ganadería del Marqués de Albaserrada, y de la felicidad de vivir en el campo a pesare de los últimos reveses.
También se aprovechó para anunciar la creación de la asociación "Torrito Afición" y su blog Les carnets du mayoral, desde el que Fabrice nos informará de su vida en el campo y de su trabajo.
09 janvier 2010
Torrito Afición
Les choses ont commencé où elles auraient bien pu s’arrêter lorsqu’on y songe.Peut-être un signe finalement, comme un nouveau départ, ou plus certainement le renforcement de quelque chose, l’affirmation de vingt années d’une existence qui ne pouvaient ainsi partir en fumée.
C’était en octobre dernier. Des amis nîmois descendent à Séville où ils possèdent une maison. A Sanlúcar la Mayor plus précisément, et pas n’importe où. A deux pas de l'hacienda Benazuza, finca historique de la famille Pablo Romero aujourd’hui transformée en hôtel de luxe, en Bulli hôtel, où l’on peut déguster la délirante et décoiffante cuisine de Ferran Adrià.
Ils y vont régulièrement les Nîmois à Sanlúcar la Mayor, pour bichonner leur maison. Il faut dire que même si elle est quasiment entièrement rénovée il manquera toujours un coup de pinceau à donner ou quelques trous à boucher. Prétextes à la vérité.
On ne leur en voudra pas. On les envierait même.
Non loin de là, à Gerena, vit et travaille un autre Français, Fabrice Torrito. Vous savez.
Ce jour d’octobre Fabrice a la tête des très mauvais jours et Isabel les yeux brillants. La grange qui abritait l’intégralité de leur récolte de fourrage venait de partir en fumée, et pas par l’opération du Saint-Esprit.
Non, l’action évidente et répugnante de quelques salopards anonymes et nocturnes. Algunos cabrones desalmados...
Faut-il donc que leur afición soit au niveau des égouts pour mettre ainsi en péril la pérennité d’un élevage, la survie d’une vacada, juste pour emmerder et faire peur à un franchute...
Car le fait qu’un Français puisse ainsi être associé au plus près à la destinée de l’élevage du Marqués de Albaserrada ne plaît pas à tout le monde dans les recoins les plus attardés du campo.
Ce jour-là, Fabrice était au fond du gouffre, noyé dans un abîme de doutes et de désespoir.
De retour en France, les aficionados nîmois, témoins quasi directs de la tragédie, ont immédiatement réuni quelques-uns des amis que compte ici Fabrice. Et le navire s’est mis tout aussi immédiatement en branle, poussé entre autres par l’immense grande gueule d’Arlette Chavanieu... Rien que ça déjà... Même Chacha a fait le déplacement. Et si les Chavanieu s’en mêlent, c’est un signe.
Je ne vais pas m’étendre sur les détails de l’organisation et sur ce qui a déjà été fait. Ce serait trop long. Mais cette première étape s’est vue concrétisée vendredi soir, à Nîmes, chez Les Amis de Pablo Romero. Fabrice était l’invité de la première réunion hivernale de l’association, pour y raconter sa vie, son afición, sa connaissance et sa pratique du campo. Un bonheur à déguster malgré les déboires récents.
Ce fut aussi et au final l’occasion d’annoncer la création d’un nouveau club taurin que l’on souhaite aussi atypique et riche que Fabrice : Torrito Afición.
Un site internet verra prochainement le jour et Fabrice nous fera partager assez régulièrement la vie du campo, sa vie au campo, au travers d’un blog : Les carnets du mayoral. De bien belles choses en perspective...
04 janvier 2010
Fabrice Torrito
Fabrice Torrito, à Camposyruedos, vous le connaissez. Il fut notre complice du « Toros y Vinos à Mirandilla ». Philippe nous en a parlé récemment et Yannick nous avait présenté cet agrotourisme intelligent tel qu’il se pratique chez le Marqués de Albaserrada.Fabrice est nîmois d'origine. Il y a une vingtaine d’années, il a décidé de laisser de côté la voie professionnelle que lui avaient ouvert ses diplômes et il est parti s’installer, en Andalousie, au cœur du campo pour y vivre sa passion. Vingt ans plus tard il est devenu mayoral, aujourd’hui chez le Marqués de Albaserrada.
Le parcours est pour le moins atypique et passionnant, mais loin d’être une évidence. Beaucoup en on rêvé, personne ne l’a fait. Fabrice, oui...
Et ce vendredi 8 janvier 2010, Fabrice sera à Nîmes l’invité du club taurin Les Amis de Pablo Romero pour le premier rincón annuel de l’association.
Vendredi 8 janvier, 20 heures, 12 rue Émile Jamais à Nîmes.
L'entrée est évidemment libre. ¡Imprescindible!
19 décembre 2009
Paroles de conteur
Sommeil d'innocent, par Fabrice Torrito
L'homme à cheval est parti ce matin pour rechercher les veaux nés cette semaine. Il doit les identifier. Il note d'abord sur son carnet la date de naissance, si c'est un mâle ou une femelle, la couleur de sa robe, l'endroit où il l'a trouvé et quelle vache est sa mère. Il doit ensuite l'attraper pour lui poser sur l'oreille une boucle numérotée.
Aujourd'hui, il cherche le rejeton de la vache Artificia. Il sait qu'il est né puisque sa mère est revenue vers le troupeau de vaches, et il a observé que son ventre s'était vidé. Mais il n'a toujours pas trouvé la cachette. Connaissant l'intelligence de cette vache, il se doute que l'endroit doit être très compliqué à localiser. L'année dernière, elle avait dissimulé son bébé en creusant sous les racines d'un olivier centenaire.
Après deux heures de recherche, le cavalier sent qu'il est près du but. Il a repéré des empreintes de petites pattes sur la berge de la rivière. Le veau est venu boire ici il y a peu de temps. Les empreintes repartent vers la forêt. Le cheval stoppe net et tend les oreilles. Il a entendu un bruit. Le vacher écoute à son tour. Effectivement, sur sa droite, à une dizaine de mètres, un léger mouvement fait trembler les feuillages d'un buisson. Il y a quelque chose caché. Le vacher se rapproche. Plus rien ne bouge. Plus aucun bruit. Par expérience, il sait que le veau est bien là, tapi.
Le cavalier, avec sa lance, tape un petit coup dans le buisson. Rien ne réagit. L'homme insiste et frappe à nouveau, mais plus fort. Surgit alors le veau qui, sans y penser deux fois, se précipite vers le cheval. Le vacher ne peut s'empêcher de sourire. Il reste admiratif devant cet acte de courage. Comment ce si petit animal peut-il attaquer un cheval et son cavalier ? Ce volumineux ennemi a la taille d'un véritable géant pour lui. L'homme le sait depuis longtemps, un taureau en colère est l'animal le plus fougueux de la terre. Rien ne l'arrête. Rien ne l'effraie. Même pas peur ! Le veau butte contre les pattes du cheval. Il donne des coups de tête, utilisant déjà ses cornes naissantes.Le vacher fait attention de ne pas piétiner le veau. Avec précaution, il s'éloigne en évitant que son cheval ne l'écrase. Il s'arrête un peu plus loin. Le veau l'observe, les muscles de son petit corps tendus, tremblant de rage, prêt à s'élancer à nouveau. Un véritable face à face s'instaure. Dans la tête du veau, la situation est claire, il a réussi à repousser l'ennemi. Son orgueil est sauf, il n'a pas reculé, et il peut partir en vainqueur. Dédaigneusement, il tourne alors le dos au vacher et s'éloigne en trottinant. Le vacher le suit, à une distance prudente. Il attendra un terrain plus propice pour l'attraper.
Le veau, qui se rend compte que l'ennemi ne lâche pas prise facilement, utilise une autre tactique : la fuite. Il s'élance au galop. Le cheval accélère à son tour. La poursuite est lancée. Le cavalier est heureux. Poursuivre un veau à cheval est toujours un moment agréable. Le veau sait par instinct que rejoindre la forêt est son salut. Effectivement, il y pénètre et le cavalier doit mettre pied à terre, la végétation devenant trop dense pour continuer à cheval.
L'homme court maintenant à pied derrière le veau. Il doit franchir des obstacles difficiles : un maquis dense de fougères, de bruyères, de lentisques, de buissons piquants, de ronces cuisantes et même des ruisseaux d'eau glacée. Le veau est étonnant de force et de résistance. Au soleil, le vacher calcule que cela fait plus d'une heure que la poursuite dure.
Soudain, il n'aperçoit plus le veau devant lui. Etonné, il avance avec précaution. Il découvre alors l'animal qui ne bouge plus, couché sous un chêne. Le vacher se demande s'il est en train de lui jouer un tour. Il se méfie. Il sait qu'il a affaire à un veau très malin. Quelle surprise ! Le veau ronfle. Il est tout simplement en train de dormir. Epuisé, comme un bébé qui a trop joué, il est tombé net et s'est assoupi.
Le vacher sourit à nouveau et pense que ce repos est plus que mérité. Il ne va pas le déranger, mais seulement apprécier en silence, respectueux de ce sommeil d'innocent.●
2 Nom de la librairie cérétane.
3 Fabrice Torrito (dessins de Maria Torrito), Luminoso se mit à parler..., Lapuita/Sedicom, 2007.
Rappelons que l'auteur a son rond de serviette à Camposyruedos ; qu'il nous soit permis, ici, de le saluer chaleureusement.
Images Sous les chênes du Marqués de Albaserrada... ● Cette tête, une vraie réussite © María Torrito (une des filles de Fabrice) ● ... à « Mirandilla » © Camposyruedos
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Philippe Marchi
20 septembre 2009
Toros y vinos... à Mirandilla (V et fin)
Septembre est évidemment la période des vendanges et l’occasion pour nous de conclure avec Fabrice Torrito la série Toros y Vinos à Mirandilla. Avec Fabrice mais également avec la maison Krug qui est descendu en Andalousie pour y déguster rien de moins que le Clos du Mesnil 1995. Nous laissons la parole à Fabrice qui va nous parler d’une légende champenoise.Sur la photographie ci-contre, Fabrice est en compagnie de l’œnologue de la maison Krug.
• c’est un champagne « pur sang », sans assemblage. Même parcelle de vigne, même cépage, même millésime, ce qui est très rare dans l’élaboration d’un champagne. Peut-être comparable à la consanguinité normalement pratiquée dans une ganadería, en mesurant tout de même ses effets pour éviter une dégénérescence de la race ;
• c’est un produit hors-norme. On a l’habitude de dire en parlant des produits de Krug que ce n’est pas du champagne. Des personnes n’aimant pas le champagne, peuvent apprécier du Krug. C’est un produit à contre courant commercial, comparable à un éleveur de bravos qui fait du toro encasté, puissant et avec beaucoup de tête. Ces bêtes ne sont pas facilement vendables, mais un public d’aficionados connaisseurs les recherchent ;
• la part du marché de Krug, est une goutte de champagne dans la production totale ;
• c’est un produit très typé, reconnaissable entre tous, très facile pour une dégustation à l’aveugle ;
• les méthodes de production, d’élaboration et d’élevage sont traditionnelles (élevage en fûts de chêne). C’est le taureau « de toute la vie », né de la monte d’une vache par un étalon, en pleine nature. Pas de techniques modernes ;
• Krug possède des réserves de « vins clairs », qui est la substance régulatrice qui permet d’uniformiser le goût des produits de la maison. Cela peut se comparer à un étalon qui « transmet » bien, ou une lignée (reata) bien définie qui assurent la continuité des caractéristiques morphologiques et de comportement des toros d’un élevage
• le palais de la maison est assuré par Olivier Krug, cinquième génération d’éleveur, qui continue d’assurer le « goût » et la griffe Krug. Dans un élevage de taureaux, la décision de sélection ne peut appartenir qu’à une seule et unique personne, le ganadero, qui appliquera ses convictions. On pourrait discuter longtemps sans jamais se mettre d’accord sur le comportement d’une génisse en tentadero…
Conclusion :• il semble que c’est bien le consommateur qui régule le marché du vin, alors que le marché de la corrida est totalement aux mains des figuras et de leurs managers. Le public aficionado, dans le choix des élevages n’a que très peu de poids, exception faite de programmations rares et originales comme à Céret ;
• un vin élevé de manière traditionnelle, avec une philosophie de qualité, de caractère bien trempé et de rareté, parvient à se monnayer très cher, ce qui n’est le cas semble-t-il que chez Miura et surtout Victorino (quoique la rareté du produit chez ce dernier est aujourd’hui relative, avec 25 corridas lidiées par temporada) ;
• un éleveur de vin ou de toro doit-il s’adapter aux lois du marché de consommation ou garder sa ligne directrice de sélection ? Doit-on faire du taureau ou du vin pour vendre ou pour se faire plaisir ? Les deux aspects sont-ils compatibles ?
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François 'Solysombra' Bruschet,
Toros y Vinos
07 novembre 2008
Toros y Vinos... à "Mirandilla" (IV)
Il faut avoir de la suite dans les idées lorsque l’on est lecteur assidu de Camposyruedos. Nous ne l’avions évidemment pas oublié. Mais l’été est à la réflexion peu propice à la dégustation. C’est donc avec les premiers froids que nous retrouvons Fabrice Torrito pour la suite de ce passionnant Torosyvinos. Dans cette partie, Fabrice se propose de comparer un cycle d’élevage de vin et de taureau.• La mère du taureau, la vache, est le cep de vigne. Une vigne commence à produire à 3 ou 4 ans, comme une vache. La complantation (les ceps de vignes morts remplacés par de jeunes plants) est pratiquée avec les génisses sélectionnées qui remplacent les vieilles vaches.
• Peut-on acheter des ceps comme on achète des mères ?
Commentaire de Solysombra Je pense pouvoir dire que oui. Il s’agit de ce que les vignerons appellent la sélection massale, des boutures quoi ! Plutôt que d’acheter des plans chez les pépiniéristes, certains vignerons « prélèvent » chez d’autres confrères généralement prestigieux. Par exemple, et sauf si ma mémoire me trahit, les mourvèdres et les roussannes du Domaine de la Grange des Pères proviennent de plans du Château de Beaucastel…
• Il est fondamental de maintenir la vache en forme. C’est l’outil de production. L’éleveur qui ne soigne pas ses mères n’arrivera à rien. Conditions sanitaires : vaccination, déparasitage, taille (astes = afeitado…).
• La vache qui a réussi l’épreuve de la tienta est fécondée par un taureau géniteur, en reproduction naturelle. C’est le phénomène de la pollinisation (auto-fertiles et pollinisation croisée). Mais il existe aussi de la recherche en laboratoire dans le vin et le taureau. Importance de l’origine du cépage et des géniteurs. L’assemblage du vin, c’est le choix fondamental de l’éleveur : cet étalon va couvrir ces vaches-là.
• Après dix lunes de gestation chez la vache (comparable au temps qui s’écoule entre la naissance de la fleur et du fruit ?), c’est le vêlage.
• Cette vache va donner naissance à un veau ou une vêle. Comme la naissance du fruit, sachant qu’il existe des fleurs mâles et femelles.
• La mère protège et « éduque » son veau, comme le cep avec les grappes de raisin. Le veau reste environ neuf mois sous sa mère (combien de temps pour le raisin ?).
Commentaire de Solysombra Ces questions seront étudiées prochainement en compagnie de vignerons et nous vous communiquerons évidemment le fruit de nos recherches.
• De même que tous les raisins ne sont pas ramassés, il existe aussi une sélection chez les taureaux (test des femelles et des géniteurs). Seuls les produits aux physiques exceptionnels sont gardés.
• Processus d’identification (sur les fûts) et au feu sur les taureaux. Suivi du pedigree, des familles. Traçabilité. Gestion sur livres. Informatique.
• L’assemblage des différents produits ressemble à la formation des lots de taureaux pour la vente. Thème de l’homogénéité.
• Commercialisation du produit. Intervention du phénomène de courtage. Rarement de vente en direct.
• Transport. Chez le taureau, il appartient à l’acheteur. Et dans le vin ? Surveillance du transport et du stockage des produits. Le mayoral voyage dans le camion et élève son taureau jusqu’au dernier moment, en dormant près de lui dans les corrals des arènes. Thème des assurances.
• Identification extérieure. Dans l’arène : le fer, les couleurs de la famille et la marque aux oreilles. Pour le vin : forme et couleur de la bouteille, étiquette, bouchon…
• Identification du produit. Caractères morphotypes (l’apparence, la robe, les senteurs) et de comportement (le goût).
• Analyse du comportement du taureau et du vin par les consommateurs. Evolution de ce comportement au fur et à mesure du combat du taureau et du temps passé de l’ouverture de la bouteille et du vin dans le verre.
• Critiques des professionnels. Influence sur le goût du consommateur et sur le marché ? (Robert Parker).
A suivre...
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Toros y Vinos
19 mai 2008
Vic, Fabrice et la pique de tienta
Fabrice, vous le connaissez maintenant sur CyR. "Toros y vinos en "Mirandilla"" bien évidemment, dont nous allons prochainement reprendre le cours.Lorsque débuta le débat après l’utilisation de la pique de tienta de macho lors de la corrida concours de Vic, c’est le nom de Fabrice qui m’est immédiatement venu à l’esprit. Fabrice, car il vit au plus près du toro et au plus près des néophytes qui vont à "Mirandilla" découvrir cet univers si particulier. Qui donc mieux que Fabrice ? Personne sans doute. Vous allez voir, c’est clair, net et concis. Et ça suffit. Même si, évidemment, ça ne clôture pas le débat.
« Je suis totalement contre l'utilisation d'une puya de tienta en corrida (ou novillada) formelle. Chaque chose à sa place. Une puya de tienta doit servir à tester en tienta et pas ailleurs. Toute modification qui lime les aspérités de l'authenticité de la corrida n'est pas à imaginer. Et puis quel paradoxe : d'un côté on donne une première pique sans mesurer le châtiment et de l'autre on change la pique pour une de tienta ! Je me rends compte, lorsque j'explique le tercio de piques aux visiteurs néophytes de "Mirandilla", qu'en argumentant les règles, l'éthique, la pureté, la vérité de cette phase, les gens adhèrent sans problème, alors que c'était évidemment une phase qu'ils n'acceptaient pas auparavant. Par contre, lorsque j'assiste a une corrida avec ces mêmes personnes, il m'est impossible de justifier ce tercio tant il est donné sans aucun respect, ni des règles ni du toro. La seule solution est de revenir aux fondements : distance, première pique seulement pour que le toro comprenne, quite rapide, éloigner le fauve, le placer plus loin.
Existe-t-il un moment plus émouvant que le galop d'un brave vers le troisième ou quatrième châtiment ? Le tercio de piques est en réel danger de mort. On s'en rend compte en tentadero chez les ganaderos : seule la muleta et la durée du bicho comptent. L'exemple frappant est chez Victorino qui a totalement abandonné l'importance du combat de ses pupilles au cheval au profit de la toréailité à la muleta. Il faut réagir, sinon les éleveurs ne verront plus aucun intérêt à sélectionner la pelea au picador. Appuyons les corridas concours sérieuses et, poussant le raisonnement, pourquoi ne pas organiser de temps en temps des corridas où le tiers des piques serait le plus important, et ce au détriment de la muleta qui ne servirait qu'à dominer le toro afin de le cadrer pour le tuer... Un abrazo. »
Fabrice Torrito
12 avril 2008
Toros y Vinos… à "Mirandilla" (III)
Nous continuons avec Fabrice Torrito notre plongée dans la troisième dimension de deux univers pas vraiment parallèles. Ce sont maintenant les similitudes perverses qui sont l’objet de sa réflexion. A ce stade, je ne peux que vous renvoyer sur le Mondovino de Jonathan Nossiter et son ouvrage récemment publié : Le goût et le pouvoir et rebondir par anticipation sur ce que va vous exposer Fabrice. Les vins à la mode, modernes et faciles, présentent un aspect sucré, pas forcément décelable de prime abord pour un palais non éduqué. Tous les vins contiennent un peu de sucre même si à la dégustation celui-ci n’est pas perceptible. Je ne parle pas ici des liquoreux mais bien des vins secs. Or, pour flatter les palais de ces nouveaux consommateurs les winemaker à la mode élaborent des vins moins acides, moins tendus, plus sucrés que les vins traditionnels. C’est rapidement agréable, mais souvent vite écoeurant et généralement totalement dépourvu de personnalité. Découvrir les réflexions de Fabrice a fait remonter à ma mémoire ce passage de l’ouvrage Vérité et mensonges des corridas concours de l’incontournable Luis Fernández Salcedo : « Il ne faut pas perdre de vue que la bravoure est le café-café et la suavité, l’indispensable sucre. Le café seul est amer ; mais avec cinq morceaux de sucre il devient écoeurant. Le fondamental c’est le café. C’est pour cela que l’on a coutume de dire « dans ce bar ils servent un bon café » et non « dans cette cafétéria ils donnent beaucoup de sucre. »Sans compter le nombre d’amateurs de café qui le dégustent sans le moindre petit morceau de sucre. Sans doute des ayatollahs de l’arabica !
• Les fraudes, les triches, avec une perte de l’éthique, de la déontologie. Le négoce quantitatif et la recherche du spectaculaire vont à l’encontre de la patience que doit avoir un éleveur.
• Le phénomène du produit standard dans le vin et le taureau. L’objectif est d’obtenir une plus grande part du marche, en élevant un vin « bien fait », mais en perdant de la typicité, de la spécificité, du caractère. En tauromachie, on se tourne vers le sang commercial par excellence : Domecq (famille française d’origine qui élevait d’ailleurs du... vin). Il existe un grand vin « Château Domecq » au Mexique.
• Aseptisation de la corrida pour la rendre moins sauvage, plus facilement accessible à un public non connaisseur. Le succès des vins rosés ou l’apparition des vins d’été ou encore le Seven-up rajouté à la manzanilla dans les férias espagnoles ! Pourtant, le vrai connaisseur cherche le vin et le taureau avec un caractère bien marqué.
• Ces vins d’été sont jeunes, issus d’un monocépage, fruités (raisin gorgé de soleil). Le packaging est tape-à-l’œil, aux couleurs vives et à la typographie moderne. On joue sur la clarté et la simplicité. C’est le phénomène du nivellement pas le bas en tauromachie, de la perte de culture taurine du public. On cherche le produit facile à identifier. C’est le taureau que tout le monde comprend, c’est le taureau qui sert... le spectacle !
• Le marketing influence de plus en plus. Le design du contenant et son étiquette. Certains éleveurs achètent des pages de publicité dans les revues spécialisées pour vanter les mérites de leurs taureaux.
• Les critiques plus ou moins intègres dans les deux milieux, les médias indépendants ou proches des décideurs taurins, les récompenses (médailles en concours internationaux ou palmarès en tauromachie).
• Le phénomène Parker. On se dirige vers le goût d’une personne. On oublie les différences de ressenti (dans l’arène et devant le vin). Lectures différentes, appréciations opposées, subjectivité, irrationnel. Il n’y a pas qu’une vérité en corrida ou en vin. Il ne s’agit pas d’une science exacte, mathématiquement quantifiable.
Toros y Vinos… à "Mirandilla" (II)
Fabrice Torrito a eu l’occasion de recevoir à "Mirandilla" plusieurs professionnels du vin. Ce fut l’occasion d’échanger avec eux bien évidemment et même d’établir le parallèle entre ces deux activités : « Elever un vin, élever un toro, même noblesse, même passion ».Introduction :
- l’AOC « Toro » dans la région de Zamora ;
- le « taureau de la route » Veterano d’Osborne (famille d’éleveur de chevaux et de taureaux) ;
- le « Sangre de toro » élevé dans les caves « Torres » en Catalogne, dans le terroir du « Pénédes » ;
- la possible origine de la boisson sangría (de sangre, sang), qui était le véritable sang du bœuf que l’on faisait boire dans les campagnes aux enfants qui souffraient d’anémie ;
- la cuvée spéciale 'Laborioso' créée en hommage au novillo du Marquis d’Albaserrada gracié à la Maestranza de Séville en 1965.
Similitudes :
- on parle d’élevage dans les 2 cas ;
- importance du terroir, amour de la terre ;
- le résultat ne se découvre qu’à long terme, en fin de cycle : dans l’arène ou dans le verre, surprise permanente ;
- le mélange d’alchimie et de science dans le processus d’élevage ;
- le taureau atteint sa maturité à 5 ans. Le dicton taurin ne ment pas « El toro de 5 años y el torero de 25 » ! Un grand vin peut évidemment vieillir beaucoup plus que cela, mais c’est à 5 ans qu’en Espagne le vin est considéré comme un Réserve. C’est à cet âge, que le solde définitif des anthocyanes s’évanouit. Un vin de 3 ans est considéré comme jeune. C’est l’utrero, encore désigné dans les carteles espagnols comme de « desecho y tienta ». C’est un produit de déchet ;
- de nombreuses années de travail et de sacrifices pour une utilisation éphémère et unique ;
- le produit évolue. Dans le verre, dans l’arène, il fluctue, il évolue dans son comportement, il s’améliore ou au contraire se dégrade. Importance du lidiador pour s’adapter au caractère du toro. L’influence du buveur est fondamentale pour savoir apprécier et critiquer le breuvage à sa juste valeur ;
- la sélection est fondamentale dans les deux cas. Choisir les meilleurs étalons, les meilleures génitrices et savoir les assembler. Choisir les cépages idoines, là encore, savoir les assembler, mais aussi sélectionner le moût, le liège pour le bouchon... ;
- il existe des millésimes meilleurs que d’autres. Influence de la climatologie ;
- le produit final est le reflet du caractère de l’éleveur. A sensibilités différentes, critères différents. Ne dit-on pas que les taureaux finissent pas ressembler au caractère de son éleveur. Cela doit être la même chose pour le vin ;
- les espèces, dits encastes (Vistahermosa, Veragua, Parladé, Santa Coloma...) sont les différents cépages existants (Chardonnay, Sauvignon, Grenache...) ;
- en dégustation à l’aveugle, un connaisseur détermine cépages, terroir, millésime... En observant un taureau dans l’arène, ou au campo, sans voir ni fer, ni devise, l’aficionado supérieur détermine ganadería, encaste et guarismo (l’âge) ;
- il existe un vocabulaire commun : robe, charpente, tempérament, force, puissance, noblesse, finesse... ;
- importance des terroirs. L’exportation de produits (vignes ou taureaux) demande un temps d’adaptation. C’est le cas des taureaux exportés d’Espagne vers la Camargue ou des cépages vers la Californie ou l’Amérique latine ;
- la vigne doit souffrir, stresser, s’épanouir dans un terrain difficile pour donner un bon vin. Le taureau trop bien nourri et trop bichonné ne perd-il pas de sa sauvagerie ? ;
- une fois dans la bouteille le travail de l’éleveur est quasiment terminé, comme dans le camion pour le taureau. Mais il existe encore des impondérables : transport, stockage, goût du consommateur (public d’arène et dégustateur) ;
- la chaîne commerciale inclus un courtier/distributeur dans les deux cas. Difficile de vendre directement.
Photographie Gilles Gal (Pablo Romero)
11 avril 2008
Toros y Vinos… à "Mirandilla" (I)
Assez curieusement, le premier post « Toros y vinos » a suscité quelques réactions et des échanges d’e-mails. Cela n’a rien de curieux d'ailleurs, puisque les deux sujets présentent des similitudes, non pas troublantes, mais évidentes.Vous connaissez déjà Fabrice Torrito, ce Nîmois qui vit en Andalousie. Nous le croyions presque perdu, paumé au milieu de ses bêtes, comme coupé du monde. Pas malheureux non, bien sûr que non, mais sans doute un peu ailleurs. Et c’est au moment où nous nous y attendons le moins qu’il nous fait signe, depuis sa finca, enfin, celle du marquis, et se rappelle à notre bon souvenir. Fabrice est loin d’être isolé dans cette Andalousie qu’il a fait sienne. Et quand vous allez savoir ce qu’il picole en plein campo, tout en se régalant de la vision de quelques bravos, j’en connais quelques-uns qui vont me demander de leur organiser le voyage.
Il y a déjà quelque temps que Fabrice réfléchit aux liens qui sont communs à ces deux mondes. Et ses activités chez le marquis lui ont permis de concrétiser et conforter ce sentiment qu’il partage avec nous. Je ne vous en dirai pas plus, pour l’instant, sur le côté concret de la chose - d’abord vous proposer les réflexions passionnantes et évidemment pertinentes de Fabrice. La suite au prochain épisode, cela va de soi... En attendant, je vous laisse avec un campo non pas andalou mais portugais, classé au patrimoine mondial de l’humanité. Ce n’est pas un campo à toros, mais à grands portos, dans la haute vallée du Douro, pas très loin de Pinhão pour ceux qui connaissent.
Libellés :
Fabrice Torrito,
François 'Solysombra' Bruschet,
Toros y Vinos
17 juin 2007
"Mirandilla" ou l'agrotourisme intelligent - Marqués de Albaserrada 2007
Pousser le portail de "Mirandilla", à Gerena (province de Séville), c'est pénétrer dans une ganadería vieille de plus de quatre-vingt-dix ans. L'histoire de l'élevage du Marqués de Albaserrada, ou plutôt des deux élevages qui ont été successivement annoncés sous ce nom, est trop connue des aficionados pour qu'il soit besoin de s'y attarder. On sait notamment que le sang originel, constitutif d'un encaste à part entière, se retrouve aujourd'hui principalement dans les ganaderías de Don José Escolar Gil, d'Adolfo Martín Andrés et du plus connu de tous, Victorino Martín Andrés.La ganadería actuelle de José Luis de Samaniego, créée en 1947 par le père de l'actuel propriétaire à partir de bêtes d'origine Juan Pedro Domecq (à dominante Veragua) acquises auprès de Rafael Romero de la Quintana qu'il croise avec du bétail de Isaías y Tulio Vázquez, ne contient plus rien du sang de l'encaste créée dans la première partie de son histoire. Le sang éponyme de l'élevage sera promis à un brillant avenir entre les mains du fameux sorcier de Galapagar.
L'élevage du Marqués de Albaserrada connaîtra son heure de gloire le 12 octobre 1965, lorsque le novillo 'Laborioso'1 sera gracié dans les arènes de Séville, ce qui reste à ce jour le seul cas d'indulto accordé à la Maestranza (sans doute pas pour longtemps...). Au cours de ses dix années d'activité de semental, il sera à l'origine de trois cent soixante-dix naissances. On peut sans doute le considérer comme le reproducteur le plus important de l'élevage, dont l'ombre et le souvenir sont encore palpables dans la finca plus de vingt ans après sa mort, tant sont nombreux les témoignages qui lui sont consacrés.
Au-delà de l'intérêt historique et de celui de découvrir un élevage dont les origines (Domecq-Pedrajas, dans des proportions que l'on renonce à quantifier) présentent un intérêt certain pour l'aficionado, visiter "Mirandilla" est un véritable bonheur pour les yeux : les bêtes sont superbes, le campo magnifique et le cortijo un modèle d'élégance et de pureté à l'andalouse.
Visiter cette finca, c'est aussi aller à la rencontre d'un Français qui, en avril 1992, décida de quitter la cité du crocodile et du palmier pour s'installer en Andalousie dans le but, comme il l'écrit lui-même, "de se rapprocher du taureau". C'est là qu'il tue son premier novillo, crée un élevage de taureaux de combat - sur lequel nous espérons avoir un jour l'occasion de revenir en détail - et écrit son premier ouvrage consacré au toro2. Mais surtout, c'est dans cette Andalousie qu'il découvre "Mirandilla" et les toros du Marquis. Très rapidement, un projet d'agrotourisme taurin voit le jour, pour faire découvrir aux aficionados (des plus novices aux plus expérimentés) les charmes de cet élevage prestigieux, et de l'élevage de toros bravos en général.
Réussir à se faire une place - lui le francés - dans ce campo certes accueillant mais peu œcuménique en dit beaucoup sur la légitimité qu'il a pu acquérir grâce à ses connaissances et, surtout, à son grand sens pédagogique. Sans jamais sombrer dans une vulgarisation exagérée, ni renier ses convictions "toristas", Fabrice Torrito a réussi le pari risqué qui consistait à participer à ue structure d'agrotourisme centré sur l'élevage de taureaux de combat. L'entendre parler de toros à de parfaits débutants (qui repartiront comblés et sous le charme, ravis d'avoir eu l'occasion de se voir dispenser un petit cours dans une matière habituellement réservée à la langue espagnole - avec prononciation andalouse...) procure une joie rare et le sentiment que tout n'est peut-être pas perdu.
La joie de visiter le campo sans contrainte, et la liberté qu'elle procure, font souvent voir d'un œil méfiant la création de structures de ce type. Les écueils sont d'ores et déjà nombreux en la matière, qui nous font appréhender le concept avec une certaine dose d'amertume ; nous aurons sans doute l'occasion d'y revenir. Mais il faut saluer ici une approche à la fois authentique et originale, dont la concrétisation ne souffre aucun reproche. Cela s'explique avant tout par la personnalité de Fabrice Torrito et la volonté qui l'anime. Ce qui rend la reproduction du modèle difficilement réalisable.
1 Pour l'anecdote, 'Laborioso' est aussi le nom du toro du retour de José Tomás dans les ruedos ce 17 juin 2007.
2 Toro : Cinq années de mystère, cinq mille ans de culte, mars 2004 (retirage septembre 2006). A noter que le livre a obtenu la Plume d'Aigle de l'ANDA en 2004. Le nouvel ouvrage de Fabrice Torrito (plus spécialement déstiné aux enfants) vient d'être publié. Je tâcherai de vous en dire davantage quand j'aurai réussi à me le procurer dans mes contrées lointaines et très peu taurines...
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