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02 octobre 2013

Monsieur Henri Emmanuelli


L’écueil qui guette toute personne rendant public son opinion sur un sujet précis et récurrent comme peuvent l’être les toros est cet « aquoibonisme » à fort pouvoir absorbant où s’enlisent les coups de gueule qui semblent répétitifs à la longue, les convictions maintes fois assénées et les sujets trop ressassés… Sans parler de ce snobisme pointilleux interdisant tout enthousiasme spontané. Bref, quand on écrit sur un blog en ayant le souci du lecteur, vient le temps où surgit l’inquiétude de lasser, de décevoir ou de manquer de recul. Ceci étant dit, il serait infiniment dommage de passer à côté des gestes (rares) de courage méritant un coup de chapeau, à cause de ces mauvaises raisons…

Je suis Lyonnais, et donc je me contre-tamponne le coquillart du paysage politique du Sud-Ouest, des intrigues de sous-préfectures, des intérêts de chacun et de la vie publique en général ; je suis un mauvais citoyen, mais un grand amateur de couilles, de burnes, de valseuses ou de roupettes. Celles de monsieur Henri Emmanuelli, que l’on imagine volontiers velues et impressionnantes, à l’image de son légendaire monosourcil, m’ont véritablement enchanté ce matin, lorsque, en lisant sa lettre ouverte au Crac, il m’a semblé les voir affichées, robustes et fières, au beau milieu des chiffres et graphiques financiers que Bloomberg n’a pas la pudeur de croire parfois lassants.

Le courage n’a de sens qu’à la lumière de l’intelligence. C’est une conclusion que l’on devrait pouvoir tirer en sortant des arènes. En voici une autre illustration.

Merci et bravo, monsieur. Nous sommes nombreux qui aurions voulu signer ce texte.


# # # # # # #

Monsieur le délégué, 

J’ai pris connaissance de votre courrier en date du 12 septembre dernier, dans lequel vous exprimez le souhait de connaître ma position sur l’abolition de la corrida dont vous avez fait votre cheval de bataille. Je vous remercie au passage de solliciter, pour la première fois, le député des Landes mais aussi le président d’un des départements les plus taurins de France.

Vous n’êtes pas sans savoir qu’au plan juridique la question de l’abolition de la corrida a été tranchée par une décision du Conseil constitutionnel en date du 21 septembre 2012. Rejetant un recours que vous aviez intenté avec d’autres associations, la haute juridiction a notamment considéré que le critère de « tradition locale ininterrompue » inscrit dans le code pénal est « précis, objectif et rationnel ». Organiser des corridas dans certaines régions françaises, dont la nôtre, est donc parfaitement conforme à la constitution. Que vous regrettiez cette décision est une chose, mais, comme vous l’écrivez dans votre lettre, la règle de droit doit s’appliquer à tous et de la même manière. Dans ces conditions, je trouve pour le moins désolant, et même inquiétant d’un point de vue démocratique, que vous affirmiez sans vergogne : « Désormais, la corrida est génératrice de troubles à l’ordre public. » Ce qui est générateur de troubles à l’ordre public du point de vue du droit, c’est bien que votre association organise des manifestations sans déclaration et donc sans autorisation préalable de la ville où elles se déroulent et de la préfecture dont elles dépendent. Plus grave encore, c’est que vous ne teniez aucun compte d’un arrêté municipal réglementant une manifestation à Dax ; bref, que vous ignoriez l’état de droit et les principes républicains, dont vous vous réclamez par ailleurs dans votre courrier. Ce point est d’autant plus sensible que votre mouvement a reçu, dans un passé récent, le soutien de personnalités pour le moins contestables. Je pense précisément à Laurent Louis, ce député belge ouvertement xénophobe, ou bien encore à cette militante animaliste qui assistait à votre dernière assemblée générale et qui, il n’y a pas si longtemps, à Paris, s’affichait aux côtés de groupuscules extrémistes ayant tristement défrayé la chronique des faits divers.

Pour justifier votre « combat », vous faites référence à « une montée en puissance du nombre de personnes hostiles à la corrida », aux « nombreux électeurs préoccupés par le sort des animaux », à « la volonté populaire ». Je reconnais que, en matière de lobbying et d’actions sur le terrain, votre association fait preuve d’une organisation quasi-militaire et que vos manifestations sont très méthodiques, jusque dans le contournement de la loi ; mais on ne peut se prévaloir de quelques milliers de supporteurs sur les réseaux sociaux et d’une poignée de militants actifs sur le terrain pour conclure à la désapprobation d’une majorité de Français. S’agissant des électeurs, je puis vous assurer, pour les fréquenter tous les jours, qu’ils sont avant tout préoccupés par leur situation en temps de crise économique et sociale.

Cela dit, je n’éluderai pas les questions éthiques, et même, j’ose le mot, de morale, liées au spectacle taurin.

Je comprends la sensibilité des personnes qui ne veulent pas imaginer, et encore moins voir, un animal blessé et mourant dans une arène, mais, en retour, acceptez la sensibilité d’aficionados, qui ne voient pas la même chose qu’eux.

Aucun aficionado que je connais ne va aux arènes pour voir souffrir un animal. Il va aux arènes pour admirer. Admirer un taureau qui combat, admirer un homme qui a le courage d’affronter cet animal jusqu’à risquer sa vie.

ll y a toujours plusieurs façons de voir un spectacle.

Je pourrais vous raconter le spectacle de ces grands-pères qui, le dimanche dans mon canton de Chalosse, s’adonnent paisiblement au plaisir de la pêche à la ligne, sous le regard admiratif de leurs petits-enfants. Je pourrais aussi vous raconter quelque chose d’abominable : l’hameçon qui meurtrit la bouche du poisson et l’animal qui achève sa lente agonie en se débattant dans un seau jusqu’à l’asphyxie.

J’ai déjà eu l’occasion de le dire publiquement : je suis frappé de la montée en puissance d’une nouvelle forme d’ordre moral, qui consiste justement à vouloir imposer son point de vue et sa sensibilité à autrui par tous les moyens, y compris la violence comme à Rion-des-Landes.

Sans compter, puisque nous parlons d’éthique, que les mots ont un sens et une histoire parfois douloureuse. À parler de « torture », de « barbarie », ou bien encore de « sévices » à propos de la tauromachie, à mettre sur le même plan la mort d’un animal et la mort d’un être humain, on en vient facilement à trouver aussi naturel de tuer un homme qu’un animal. Cette négation du propre de l’homme et du processus d’hominisation nous ramènent aux pires tragédies de notre histoire.

Au final, je ne suis pas sûr que la cause animale ait beaucoup à y gagner, mais je suis certain que l’humanisme a beaucoup à y perdre.

Je vous prie de croire, monsieur le délégué, à l’assurance de ma considération distinguée.

Henri Emmanuelli

07 septembre 2013

Je préfère les antipasti


Anti-anti ! Ça devient grave.

Déjà que je refusais d’être un anti tout court, un tout petit anti, un minuscule et monoanti, faudrait que je devienne anti-anti ! Pourtant, les tentations étaient nombreuses d’être un anti tout court : j’aurais pu devenir anticonsommateur de lasagnes au bourrin rom, ou antitouriste japonais qui n’en finit jamais de sourire à l’Occidental velu, qui l’accueillerait volontiers à coups de pied au cul son sourire à la con. Un chien aurait pissé dans mon jardin qu’il ne m’aurait pas fallu longtemps, si je m’écoutais, pour créer ma page Facebook anticlébard du voisin et de sa salope de femme qui lui lèche le groin (au chien), mais ça fait un bail que je me méfie de ce que je me raconte ; je serais même devenu antitaurins ! Ouaaais, c’est vrai ! Pas antichose taurine, faut pas pousser, j’ai la passion façon limace ; elle s’accroche, elle bave, elle laisse des traces depuis trop longtemps, et je crèverai avec, ça c’est sûr, y a pas d’autre solution. Antitaurins avec un « s », le « s » de la servitude offerte à la nullité, le « s » de suiveurs, de tous ces inutiles qui copient, commentent, gaspillent des lettres et des mots trop rares aujourd’hui à vouloir nous causer tous les jours de leurs corridas faisandées, ici sur le Net et ailleurs dans les bouquins, les revues, la radio. Oui, j’aurais dû devenir antitaurins, mais il ne tient finalement qu’à moi de ne pas les fréquenter, et la loi fait qu’ils ont le droit d’exister — comme Dieu, l’État de droit exagère tout de même !

J’aurais pu devenir tout ça et j’avais mes raisons, et j’avais raison ! mais je suis resté moi, pas anti pour deux sous ; c’est fatigant d’être anti, c’est con, surtout ! Alors imaginez qu’en n’étant déjà pas anti je sois devenu d’un coup, d’un seul, comme ça, sans préparation, sans entraînement et sans dopage, anti-anti ! Un coup à me coller un infarct à la première manif, et crever d’un infarct pour arriver à être un con au carré, très peu pour moi, au final.

Si Rion-des-Landes a connu cette année un éclairage médiatique plus large que le derrière de la fantasque Maïté, la faute n’en revient pas entièrement aux anticorrida, qui ont profité de la situation que les forces de l’ordre ont laissé s’installer en permettant à quelques mangeurs de courgettes à l’eau — tout en sachant qui ils étaient et d’où ils venaient — de pénétrer dans l’enceinte de ce « cordon sanitaire » de 500 mètres autour des arènes mis en place par nombre de municipalités de villes taurines. Le reste — les agissements des anticorrida — relève de la justice, et point. Que les forces de l’ordre n’aient pas fait correctement leur travail à Rion-des-Landes est plus inquiétant pour la pérennité du calme de l’aficionado que les gesticulations très visuelles de personnes dont la capacité intellectuelle le dispute quotidiennement à leur talent littéraire et orthographique.

La corrida n’est pas du monde qui se construit. Elle ne tient à rien face à l’évolution sociétale actuelle, sclérosée par les grandes théories écologistes. La corrida devrait fermer sa gueule et rester discrète pour vivre mieux et plus longtemps, au lieu de croire se défendre sur des concepts moisis de traditions et d’ériger le triomphalisme comme une norme susceptible de faire d’elle un spectacle acceptable par tous duquel le public sortirait toujours satisfait. La corrida n’est en rien consensuelle et n’a rien à faire au patrimoine immatériel de l’humanité. Mais la connerie n’a pas de camp, et les antitaurins sont obligés de la partager avec nombre d’aficionados qui sont prêts en un clic à s’inscrire sur une page Facebook des anti-antitaurins, nouvellement créée par on ne sait qui pour « montrer au grand jour les pratiques des anticorrida ». Et montrer au grand jour les pratiques du monde taurin, non ? C’est comme l’ONCT, surtout ne pas regarder les affaires internes, ne s’occuper que du crépi ; laissons les fondations au mundillo espagnol, le bâtiment va bien, là-bas !

03 septembre 2013

Ben voyons !


Oh, certes, le cliché n’est pas de bonne définition, et je suis même incapable de vous dire d’où il sort (que son auteur me pardonne), mais il suffit tout de même pour comprendre qu’il fut une époque où la sainte éthique ne l’étouffait pas, notre Brigitte. Peut-être que son ambition de l’époque aveuglait sa très pure vision sur les horreurs de ce monde sanguinaire et cruel, et qu’au fond l’arrivisme et la quête du succès la protégeaient outrageusement des éclaboussures de la dignité.

Après tout, que ne ferait-on pas pour un quart d’heure de gloire, au moins ! En fait, c’est désormais prouvé, l’amour-propre ne fait visiblement pas partie de son monde. Malgré cela, on pourra se consoler en imaginant qu’en ces temps innocents une once de compassion pour ses semblables bipèdes humains coulait peut-être encore dans les veines du monstre blond le plus sexy de l’histoire du cinéma. 

Enfin, moi ce que j’en dis, c’est que les antis, c’était mieux avant…

10 août 2013

Grand jeu concours de l’été « Oui mais lequel ? » (suite)


Because on va pas se faire gâcher l’été par monsieur Gallardo.

Because même Barth au sixième il a rien pu faire, même si ça a dû faire rire Muñoz…

Because Larrieu est de trèèès mauvaise humeur d’avoir dû s’avaler six m… enfin, six… enfin, rien quoi…

Because il va bien y avoir un événement historique cet été « à quelque part ».

Because… because monsieur Gallardo, franchement, vous z’avez pas honte ?!

Because on est bien décidé à faire gagner un livre…

C’est reparti… Les règles demeurent évidemment inchangées : ne sont (toujours) pas autorisés à jouer pour des raisons qui se comprendront aisément : Dieu, Marie, Ricardo Gallardo (manquerait plus que ça), Simon Casas ET Robert Margé, les toros de Fuente Ymbro (oui, oui…), la buraliste qui ressemble à un castor, Lance (a lot) Armstrong, Mireille Mathieu, Brigitte Bardot, Patrick Beuglot, Frigide Barjot, Rihanna, Diego Maradona, Émile & Images et la duchesse d’Albe, ainsi que le président, ses assesseurs, le maire et son conseil municipal… et la bodega anticorrida de Béziers… Eh oui, cette année, à Béziers, y’a une bodega anti… Une bodega anticorrida pendant la féria ! Faut être sacrément con quand même. C’est un peu comme si un type pénétrait dans une boîte gay en criant : « Mort aux pédés ! » et s’étonnait ensuite de s’être fait péter la gueule… On pourrait penser que c’est cojonudo ; c’est surtout de la provocation gratuite, ou pas, c’est selon… Minable, c’est certain.

Allez, on joue !…

25 juillet 2013

Patti Smith taurina


On vous l’a déjà dit, Campos y Ruedos a un côté punk. Et la corrida, finalement, c’est peut-être plus rock qu’on ne le pense.

Le 17 juillet, Patti Smith était en concert dans les arènes de Nîmes. Quelques jours avant, les « zantis » attendaient de l’idole des jeunes une déclaration antitaurine qui n’est jamais venue ; et ils n’auront pas vu venir la déclaration de la rockeuse (lire ci-contre). Étonnant, non ?

La photo et la note proviennent de la Page taurine de Jacques Durand, distribuée par Atelier Baie comme chacun sait…

12 mars 2013

Bas les masques, Jacques Durand !


Vous saviez depuis quelques mois déjà que certains voyaient en nous l’incarnation du punk dans le Landerneau taurin français, mais sachez que loin de s’attendrir et de s’enfermer dans le confort de la contestation et de l’épingle à nourrice, l’équipe de Campos y Ruedos garde le cap éditorial d’une main ferme, toujours habitée par une morale et une rigueur inflexibles. 

D’aucuns disent que du côté de notre blog, ça se couille-mollise de la burne gauche, voire même que ça se tripote le nombril en se regardant la nouille, ou peut-être l’inverse… Alors, chers contempteurs, chers déçus, cher Purédur, mains sur les oreilles, les lignes qui suivent vont dynamiter sévère ! 

Voici bien longtemps que, chaque année, vous vous offrez à juste titre un recueil de Jacques Durand, publié de préférence chez Atelier Baie, réconciliant ainsi votre farouche instinct taurin avec votre goût approximatif de la littérature. À l’occasion, vous vous êtes même indignés de voir ce talentueux chroniqueur éjecté manu militari de Libé sans voir dans cette décision autre chose que le sacrifice d’un partisan d’une cause noble et violente sur l’autel de la bien-pensance ambiante. Braves naïfs que vous êtes… Allez, je ne vous hais point, tout juste éprouvé-je un sentiment de compassion envers cette candeur qui vous caractérise au sujet de Jacques Durand. Oui, Jacques Durand, le conteur, le chroniqueur, l’homme qui murmurait à vos oreilles ces alternatives mexicaines des temps héroïques d’Eisenstein, de Tina Modotti ou de Budd Boetticher.

Mais ce journaliste, capable de vous tirer des larmes parfumées de mescal au fil d’un article sur le répertoire de capote aztèque, s’avère en fait être à la tauromachie ce que Ramón Mercader fut à l’alpinisme mexicano-trotskiste : un agent-double, un scélérat infiltré, un chronotachygraphe dans une Lamborghini, que dis-je ? un authentique Claude Puel dans le vestiaire ! 

Monsieur Durand, je m’adresse à vous. Sachez que si le mundillo, par la complicité de je ne sais quel fossoyeur, a accepté d’enterrer ce dossier, la Bibliothèque nationale de France, elle, n’a rien oublié, et la preuve irréfutable de votre double jeu se cache dans ses arcanes aussi sûrement que l’unique exemplaire de la Poétique d’Aristote est assaisonnée d’arsenic. Vous, préfet du Saint-Office taurin, tenant les rênes du dogme, les clés de l’histoire et la poudre du canon tauromachique, n’êtes qu’un imposteur pernicieux dont je révèle ici la vraie nature. Votre profession de foi authentique, Monsieur, vous la publiâtes dans votre jeunesse, en 1853, du côté de Bordeaux, et Campos y Ruedos, ce jour, la reproduit in extenso. 

Que les masques tombent !


On clique sur l'image. 



04 janvier 2013

À gerber !


« Si ceux qui ont le pouvoir ont la lâcheté et l’impudence de tuer les deux éléphantes Baby et Népal, malgré les nombreuses propositions envoyées par ma Fondation, reconnue d’utilité publique, pour les sauver et restées lettre morte, j’ai pris la décision de demander la nationalité russe afin de fuir ce pays qui n’est plus qu’un cimetière d’animaux », beuglait à l’instant la blonde idole en ruine du siècle dernier, madame Brigitte Bardot. La grand-mère amie à-tous-prix-des-animaux-et-pas-des-hommes a donc judicieusement choisi la terre d’asile de Russie, pays aux mille vertus démocratiques bien connues des journalistes et des divers opposants au régime totalitaire du nouvel ami des gloires françaises aux fesses molles. On n’aura d’ailleurs aucune peine à imaginer que ces mêmes victimes de l’horrible système stalinopoutiniste ont aujourd’hui plus que jamais des rêves d’éléphants tuberculeux, car on sait bien que Brigitte Bardot, désormais possible future citoyenne ruskof, n’est malheureusement pas connue pour s’être un jour émue du sort de son prochain… Au contraire, bien au contraire !

Ainsi, cette année 2013 semble démarrer sous le signe de la dignité et de la grandeur d’âme ; et d’ailleurs, vous, du petit peuple, qui êtes peut-être noirs, musulmans, pédés, pauvres, chômeurs et victimes des lamentables coïts vomitifs des grands de cette merveilleuse planète, je ne saurais trop vous recommander de vous changer en éléphant tuberculeux sans plus tarder. Vous n’en tirerez que plus d’estime et de considération de la part de toutes ces belles personnes que l’on prend pour le fleuron des arts et de la culture du grand monde !

Quant à moi, je dis bon voyage à Brigitte Bardot et, au fond, pas plus tard que tout de suite, il me semble qu’avec son souhaitable départ ma francitude reprendrait des couleurs !


Dessin Jérôme ‘El Batacazo’ Pradet

30 septembre 2012

Un an déjà


En ce moment s'achèvent à Barcelone les fêtes de la Mercè. Les premières sans toros.
De l'autre côté de l'avenue, face aux arènes, il y a des gens qui doivent fermement s'em… nuyer !

20 septembre 2012

Tiens, tiens !


Me voici réconcilié avec la presse ! Depuis des semaines, les éditoriaux, les tribunes, les articles concernant la fameuse QPC (Question prioritaire de constitutionnalité) charrient plus de poncifs que de limon le Nil avant l'avènement du lac Nasser. Le tourbillon JT de Nîmes avait même, semble-t-il, fait  péter les dernières vannes d'infos vaguement vérifiées et fait verser d'urgence dans l'hommage auquel nul ne semble avoir vraiment assisté (Francis Marmande dans le Monde de lundi a pris un sacré coup de vieux)… Et cela partait assez mal cet après-midi en découvrant dans le Monde daté de demain (21 septembre) la légende photographique décrivant « Le torero espagnol José María Manzanares à la féria de Pentecôte de Nîmes, le 15 septembre ». Pentecôte en septembre, fin du monde en décembre !
Un peu plus bas, Marmande voulait bien nous faire part, pêle-mêle, de son enfance, de ses goûts et du brassage en « socialité » des arènes que l'on ne retrouve plus ailleurs. Mouais…
Je finis par attaquer l'article d'actualité de Catherine Vincent, agité par une motivation toute « juanpédrée », quand me sautent aux yeux ces quelques lignes : 

« Une QPC ne pouvant être déposée qu'à l'occasion d'un contentieux juridique, celle qu'examine actuellement le Conseil n'aurait ainsi pas abouti si les deux associations qui l'ont portée n'avaient auparavant déposé, en juillet 2011, une plainte au tribunal administratif de Paris. Celle-ci portait sur la décision, rendue publique en avril 2011 par le ministère de la Culture, d'inscrire la corrida au patrimoine culturel immatériel français. Pour Jean-Pierre Guarrigues, vice-président de CRAC Europe, il paraît “impensable de classer au patrimoine national un acte réprimé par deux ans de prison et 30 000 euros d'amende sur 90 % du territoire”. D'où le litige, qui a ouvert aux abolitionnistes de la corrida la porte du Conseil constitutionnel ? »

Et ce détail, il me semble que tout le milieu taurin s'était bien gardé de nous en faire part !

Tout ça parce que l'ONCT était jaloux de la tarte tatin…


Photographie Un vieil artisan d'un monde meilleur ne lésinant pas sur les moyens.

05 septembre 2012

Jamais sans ma vertu


2012, année de crise dont on ne voit pas la fin. La société est grise, le moral dans les baskets, l'hiver pointe sa tronche blafarde et les clodos le regardent arriver avec des grelots dans le gosier. Neuf ou dix mois à serrer les pognes, les chicots et tout ce qu'il sera possible de serrer pour ne pas se laisser embarquer par la faucheuse dans son sommeil. Un jour passé, c'est du bénef. Et puis y'a la petite famille, toujours souriante, qui s'entasse dans son dix-sept mètres carrés avec papa, maman, le grand, le moyen, le petit et le prochain, pour l'instant à peine visible à l'échographie. Pour eux aussi l'hiver rapplique. De toutes façons, même l'été, c'est un peu l'hiver, sauf qu'on peut dormir à poil.

Y'a aussi la petite maman, seule avec ses deux gosses, qui galère quotidiennement, mais qui taffe quand même, mais qui galère et qui, en fait, ne s'en sort plus. Pour elle aussi le cortège d'emmerdes et le blues qui va bien, et puis fuck les bourrelets disgracieux et la peau d'orange sur les cuisses !

Voilà, ça, c'est la petite réalité du petit quotidien des ces petites gens de notre grande France en 2012 auxquelles il serait bien malvenu de demander si la corrida perturbe les rêves dorés de leurs gosses. La France de 2012, elle veut du boulot, elle veut bouffer, soigner ses caries, remplir le réservoir de la bagnole et se tremper le cul à Palavas sept jours par an en août. Ni plus ni moins. Les toros, la corrida, les « toréadors » et leurs chaussettes roses, elle s'en fout, elle passe à côté sans regarder parce qu'elle a d'autres soucis, la France de 2012.

Malgré ça, j'apprends que l'honorable association Emmaüs Gironde fait sa diva et s'offre le luxe de jouer la carte de l'éthique sur le dos de ses « clients » en refusant d'un revers de prince l'offre du père Victorino, qui faisait cadeau à la vénérable association du bénéfice de la vente de la barbaque de six de ses bestiaux, qu'il a engraissés lui-même pendant quatre ou cinq années à ses frais, afin de venir en aide aux plus démunis de nos concitoyens bien français. À cela, je ne peux, vous ne pouvez, nous ne pouvons rester indifférents. C'est un scandale de notre société, un affront au dévouement généreux et gratuit de chaque citoyen de ce pays, une insulte faite à ceux qui font l'effort sans retour face à la détresse qui nous entoure et nous menace. Imaginez un téléthon annulé pour cause d'afición dans le don d'un fauteuil roulant… Mais voilà, Pascal Lafargue, représentant Emmaüs Gironde, lui, a jugé que sa « clientèle » valait mieux qu'un vulgaire bifteck « made in Galapagar » gracieusement offert par des gens qui ont une tendance à la délicatesse avec les âmes chastes de notre merveilleux monde. Je dis que cela est intolérable et indigne aux heures que l'on vit.

Qu'à cela ne tienne, monsieur Lafargue, puisque vous choisissez de sombrer dans la plus insondable médiocrité pour abonder dans le sens des trois mille tarés nauséabonds qui hurlent au loup du fond de leurs salons chauffés, je vous prie de bien vouloir, à ce titre, refuser toute offre pouvant provenir de la traque d'un sanglier ou d'un chevreuil en Sologne, de l'élevage en masse de volailles, de l'abattage d'arbres exotiques en forêt amazonienne, du travail d'enfants au Bangladesh ou d'ouvriers-esclaves d'Asie ou d'Afrique du Nord, en n'oubliant pas de demander leur approbation aux gens dans le besoin que vous côtoyez quotidiennement. Je vous demanderais également de regarder attentivement chaque boîte de thon, de cassoulet ou de pâté que vous stockerez dans vos entrepôts, et de vous assurer que le contenu y est bien arrivé de son plein gré. Sans quoi vous n'êtes pas plus crédible et honorable qu'un pet de vendeur de lunettes bordelais. Tant que j'y suis, assurez-vous également que tous ceux qui vous tendront la main n'ont pas le moindre penchant aficionado, cela pourrait nuire à votre bonne conscience et entacher la qualité du bénévolat de votre service, que je pensais plus courageux et assurément plus en paix avec ses valeurs humanitaires pour ne pas avoir à les offrir vulgairement en pâture à la médiatisation de peur que la populasse ait un jour douté que votre mission était l'homme et la société avant toute chose.

Ce qui est sûr, c'est qu'en ayant préféré vous dépoiler médiatiquement face à la pression de trois mille tarés, vous m'avez convaincu que là encore, et c'est terriblement frustrant, la détresse que vous combattez passera fatalement toujours après les petits intérêts personnels. On a bien compris où étaient les vôtres et ceux des têtes pensantes d'Emmaüs Gironde, et l'on saura s'en souvenir. Espérons par ailleurs que vous transmettrez l'info à votre « clientèle », et qu'elle manifestera sa joie et son soulagement en chantant Renaud à tue-tête et en brandissant des portraits riants de Claire Starozinski — deux grands humanistes actifs que l'on ne présente plus. Grâce à vous et à votre geste héroïque, le monde entier sait désormais, s'il en avait un jour douté, que l'action caritative bleu-blanc-rouge est unique en son genre, car même dans le besoin le plus urgent, ici, en France, en 2012, on fait la fine bouche, on s'assure que les couverts sont en argent, le couteau à poisson bien à droite, côté tranchant vers l'assiette, que le steak n'a pas trop souffert, que les patates sont bios, que le clacos est sans matière grasse, que les chaussettes sont assorties à la cravate et que la sénile Brigitte peut crever douillettement sur ses deux oreilles emperlousées dans son bunker tropézien plein de haine avant de distribuer la came aux plus démunis, pendant qu'ailleurs, partout ailleurs, on s'active à leur servir à bouffer comme on peut, coûte que coûte.

Sachez en tous cas que vous me faites gerber avec votre vertu en plastique à la con. Je prie d'ailleurs fortement pour que vous n'ayez jamais à accepter l'offre de parents homosexuels, de Noirs, de Roms, de sans-papiers, de faux travailleurs, de putes et autres intermittents du spectacle et assistés en tous genres… Ceux qui crèvent la dalle dans notre vertueuse France ne vous le pardonneraient pas.

12 juillet 2012

En peu de mots #13


Michonienne réflexion

À Sol y Moscas,

« Et j'ai envie de dire à ceux qui veulent pacifier la Bible, ce que Confucius répondait à une belle âme qui se plaignait de voir immoler les agneaux. Ce représentant de la SPA de l'époque s'indignait : “Mais pourquoi sacrifier encore un être vivant ?” Et Confucius lui avait fait cette réponse souriante : “Vous aimez les moutons, et moi, la cérémonie.” » Pierre Michon


Photographie de Ramón Masats (Caldes de Montbui, Barcelone 1931) issue de la série « Sanfermines » (1957-1960), actuellement exposée à Haro (La Rioja). Quarante-six ans après sa première édition (Espasa Calpe, 1963), « Sanfermines » a fait l'objet d'une seconde publication enrichie de cinquante clichés inédits choisis par Masats lui-même (La Fábrica, 2009).

11 juillet 2012

Jeu de l'été « Les 2 hyprocrisies »


Ce court passage contient deux hypocrisies enchaînées… Sauras-tu les découvrir ?

« Alain Afflelou, que nous avons joint au téléphone en fin de journée, a expliqué cependant qu'il ne retirait pas les 500 000 euros promis à la Ville de Bayonne : "On m’avait promis qu’il n’y aurait pas de corridas aux fêtes de Bayonne, or il y en a une le 28 juillet. Les associations anti-corridas ont annoncé vouloir boycotter mes magasins en France et en Belgique, j’ai donc décidé de retirer ma marque des Fêtes. Pas question d’être associé aux corridas, les fêtes le sont, je me retire. Les 500 000 euros que j’ai versé seront donc attribués à d’autres manifestations culturelles dans l’année, en dehors des fêtes." »

>>> L'article de Sud Ouest dans son intégralité, par ici.

28 janvier 2012

Notre premier « anti »


Ce blog a vu le jour en 2005. Ça commence à faire un bail. Jusqu’à aujourd’hui pas le moindre « anti » n’avait pointé chez nous le bout de son nez — ou alors j’ai oublié. Il faut dire que nous ne faisons pas fonds de commerce de la chose. Eh bien c’est fait. 
Notre premier « anti ». 
Ça se fête non ? Un « zanti » vient de pointer son nez en laissant un commentaire, anonyme évidemment, sur un post où nous évoquions le terrible coup de corne reçu d'un Palha par Israel Lancho à Madrid. C’était en mai 2009, il y a un bail également. Pas rapide l’« anti » anonyme. Il n’empêche que, plus de deux ans après, Campos y Ruedos a reçu le commentaire de son premier « anti ».
Pour le coup, je vous le livre dans toute sa bêtise crasse, littéralement rapporté : « Bien fait pour lui ! hi hi hi hi au moin il sais ce que ca fait ! » 
Si ça peut lui donner une petite érection à notre premier « zanti », ce sera toujours ça de gagné. T’as été publié sur Campos y Ruedos mon coco ! Alors, heureux ? Je dis ça mais si ça se trouve il s’agit d’une dinde…
Bon, les « antis », pas la peine de trop vous exciter non plus, c’est la première et dernière fois que nous publierons ce genre de débilité.
Hé ! oh ! les mecs ! Nous avons un niveau à tenir, nous, ici !

31 octobre 2011

Ils ne font rien



Nous l'avions écrit pour annoncer la manifestation. Ça fait un peu bouffon de se citer mais tant pis : « Il faudra bien un jour se résoudre à demander sérieusement des comptes aux autorités compétentes (mairie et préfecture) qui laissent se dérouler, sans rien faire et sous nos yeux, pareilles provocations, en pleine féria, au risque qu'un jour cela dégénère… Il est aujourd'hui souhaitable et urgent que des gens nourris par nos impôts et nos votes fassent en sorte de nous protéger du hooliganisme animalier en prenant les mesures qui s'imposent. »

Nous avions écrit ceci pour annoncer la manifestation silencieuse et nocturne qui se déroula le 21 octobre dernier au pied de la statue de Nimeño II.

Parmi les photos qui ont circulé on a pu vu voir quelques écharpes tricolores. Jusqu'ici tout va bien. Enfin pas si bien. Car on se doutait bien qu'il ne se passerait rien. Pas plus tard que ce matin l'inénarrable de Vieux-Boucau met enfin le doigt là où ça fait mal. Et à ma connaissance, c'est la première fois qu'un média autorisé met le doigt là où ça fait vraiment mal : la passivité des élus, c'est-à-dire le maire de Rodilhan et Jean-Paul Fournier, président de l'agglo et accessoirement maire de Nîchmes.

André Viard (pour une fois que je peux lui emboîter le pas, je ne vais pas me priver !) se lance dans un parallèle avec ce qui se passe actuellement à Paris où des intégristes catholiques tentent d'empêcher une représentation théâtrale dans laquelle la représentation du Christ les contrarie (sic) : « [...] à Paris, on poursuit les agresseurs, à Rodilhan on porte plainte contre les provoqués. Et la différence entre le Théâtre de la Ville et les arènes de Rodilhan, c'est que le maire (PS) de Paris, Bertrand Delanoë, a exprimé sa "consternation" et son "inquiétude" face à ces tentatives de perturbation et prévenu que la Ville de Paris et le Théâtre de la Ville déposent "systématiquement" plainte contre toute personne qui tente d'empêcher les représentations de la pièce, alors qu'à Rodilhan règne toujours un silence assourdissant... »

Et « le phare de Vieux-Boucau » de conclure son édito du jour de la sorte : « Seuls les organisateurs du spectacle taurin et le maire de Rodilhan sont fondés à porter plainte sur la base des arguments développés par le Préfet. Il ne serait pas inutile que les aficionados leur fassent savoir qu'ils attendent d'eux cette démarche indispensable si l'on ne veut pas que d'autres commandos récidivent et que la situation dégénère.
L'adresse de la mairie de Rodilhan, celle du président de Nîmes Métropole. »

Autrement dit, ils ne font rien, à part aller manifester en catimini, et dans la pénombre, en toute discrétion malgré leurs écharpes.
Agir en justice, prendre des mesures réelles et concrètes, ce serait beaucoup mieux. C'est même urgemment nécessaire.
Il est vrai que les  « zantis » sont aussi des électeurs. Il ne faudrait pas que le syndrome du Midi Libre touche également nos élus. Notons pour finir, et dans un souci d'équité, que l'on entend pas beaucoup plus l'opposition sur la question...

18 octobre 2011

Rassemblement à Nîmes


Nous avons reçu ce qui suit appelant à manifester dignement auprès de la statut de Nimeño II, ce vendredi à Nîmes.

Appel au rassemblement de l'Afición, à Nîmes, vendredi 21 octobre à 19h30, devant la statue de Nimeño II.
Après la profanation de la statue de Nimeño II le 18 septembre dernier par des groupuscules antitaurins, les événements du 8 octobre à Rodihan renforcent la volonté de tous les aficionados, de toutes les entités taurines françaises, et plus généralement tous ceux qui sont attachés à leurs libertés démocratiques, à leurs cultures locales et à leurs traditions, de se réunir en masse devant la statue de Nimeño II.
Ce rassemblement sans cortège ni discours sera silencieux, digne et recueilli dans un hommage unanime au grand torero nîmois. Tous ceux qui le désirent pourront déposer une fleur, œillet rouge de préférence, au pied de la statue avant la dispersion du rassemblement.
Les cosignataires du présent appel demandent instamment à tous les participants de manifester dans le calme et le respect de l’ordre, et de ne céder en aucun cas à d’éventuelles provocations d’où qu’elles viennent.

C'est bien, ça ne mange pas de pain, et entre aficionados et sans les "zantis", qui ne devraient pas être là, les risques de débordements sont vraiment infimes. On peut même dire qu'il n'y en a pas.
Ceci étant, il faudra bien un jour se résoudre à demander sérieusement des comptes aux autorités compétentes (mairie et préfecture) qui laissent se dérouler, sans rien faire et sous nos yeux, pareilles provocations, en pleine féria, au risque qu'un jour cela dégénère.
Je crois savoir que les autorités footballistiques font en sorte de neutraliser les hooligans. Il est aujourd'hui souhaitable et urgent que des gens nourris par nos impôts et nos votes fassent en sorte de nous protéger du hooliganisme animalier en prenant les mesures qui s'imposent.

07 juillet 2011

Aguante


Depuis qu'on a viré la barre avec les liens et les dernières publications de nos blogs "amis", je furète moins sur le Net, d'autant plus que le firewall de la banque qui m'emploie bloque les images de Blogger. Et j'aime bien les images.
Peut-être avez-vous vu ces images piochées chez Klein, elles-mêmes provenant d'un site antitaurin, je viens de les découvrir et vous invite à les consulter sur le blog La Brega. C'est ça les blogs, on fait des boucles ! Xavier Klein, libéré de ses contraintes scolaires pour quelques semaines, a eu le loisir de disserter brillamment sur les tenants et les aboutissants de cette scène croquignolesque (vous apprécierez le plan en plongée qui rend tout cela un peu ridicule). On imagine même Brassens en faire quelques couplets, notamment lors de l'intervention hallucinée et débonnaire de la maréchaussée locale. 
Il m'est arrivé par le passé d'aller suer dans quelques parcs parisiens en tentant de dessiner un muletazo acceptable, une véronique potable ou de "passer" une zapopina sans me faire gifler par le capote. Je n'étais certes pas planté au milieu de la Concorde à 18 h, mais dans des endroits paisibles des Tuileries ou du Palais-Royal sans être spécialement planqué. Personne n'est jamais venu me brouiller l'écoute au moment de sentir vibrer le duende dans mes poignets et ma ceinture. La tauromachie en France, c'est beaucoup d'indifférence et c'est très bien ainsi. Je me rappelle qu'un jour au parc de la Tête d'Or de Lyon, un gars a même passé 10 minutes à me photographier (imaginez la galerie qu'on aurait pu faire !!)
Alors conclusion ? Rien de rare : les zantis n'ont pas de vie, manifestement, pour venir faire du foin par un beau dimanche de juillet. Il y a des choses plus graves et des causes plus justes (le départ de Puel de l'Olympique Lyonnais par exemple). Il n'est pas interdit de penser qu'on va avoir droit à quelques zantis à Céret ce week-end (espérons que la mairie maintiendra la manifestation à quelques encablures des arènes par un arrêté municipal, tout comme l'an dernier).

Ah oui, j'allais oublier... "Aguante" pourquoi ? L'aguante de Vincent de Culturaficion pardi ! Vincent, persistant à toréer de salon en méprisant l'insulte et le quolibet. Ça vaut le Cordobès toréant les coussins navarrais des tendidos sol de Pamplona !! (cf. vidéo chez Klein).

Illustrations 1/ La naturelle de cartel de mon ami Benjamin lors d'une séance de toreo de salon organisée dans une salle privée cet hiver (et sous la houlette d'Hervé Galtier)  2/ Même si je vous l'ai déjà servie ici même, je ne me lasse pas de la classe de "la zanti aux gros seins" prise (sur le fait) lors de l'Aste Nagusia de Bilbao 2010 (envoyez-la nous encore, mais gardez les deux moches !).

28 mars 2011

Ce 25 juin 1995


Ce 25 juin 1995, comme chaque année à pareille époque, la petite ville de Coria se dévergonde sous un soleil de plomb. Echouée là, non loin du Portugal à une soixantaine de kilomètres au nord de Cáceres, à flanc de colline au bord du Río Alagón, la cité extremeña célèbre avec ferveur les fêtes de la San Juan pour peut-être rappeler une fois l'an au monde qu'elle existe. Pierre angulaire de cette catharsis populaire : le toro, vers lequel convergent tous les regards — et les dards expédiés à l'aide de sarbacanes* —, que l'on vienne se faire peur au bout des cornes sous les yeux d'une foule bigarée et surchauffée, ou manifester son dégoût et sa colère.

Née en 1955, fondatrice avec son mari du Combat contre la cruauté animale en Europe (FAACE), l'Ecossaise Vicki Moore est descendue dans un hôtel de Coria, grimée et sous une fausse identité. Depuis 1987 et un toro de fuego à Canet de Berenguer (Valence), elle arpente sans relâche, en long en large et en travers, cette Espagne attachée à des traditions riches en sacrifices d'animaux (ânes, toros, chèvres, etc.) afin de pouvoir témoigner de l'incroyable barbarie dont sont capables les habitants de ce bout d'Europe — à Villanueva de la Vera (Cáceres), elle sauvera un âne, et à Manganeses de la Polvorosa (Zamora), deux chèvres.
Curieusement accoutrée — trop couverte par cette suffocante après-midi d'été —, Vicki Moore filme en caméra presque cachée. Sans doute en quête de fraîcheur, elle s'est postée dans une ruelle quasi déserte du vieux Coria à une encablure de l'église Santiago. Les cris et les « Hé ! toro ! » se faisant entendre de plus en plus distinctement, la menace 'Argentino', toro cárdeno de grand respect des frères Pérez Escudero, se rapproche sûrement. Long, ensellé et le « cul serré », l'« Adolfo » du Campo Charro est entier. Le museau en nage, le morrillo congestionné et les muscles bandés, il n'a, jusqu'alors, guère été écarté, encore moins toréé — à peine banderillé.

Parce qu'elles n'offrent que de maigres refuges — grilles de fenêtres et balcons —, les ruelles du centre ancien sont peu courues des Corianos. À dire vrai, elles ressemblent fort à des coupe-gorges, et 'Argentino' — une brute très armée — à un redoutable malfaiteur. Son dos a beau craquer à chaque volte-face et ses sabots claquer aux oreilles des rares présents qui osent le provoquer, 'Argentino' semble progresser en silence avec la froide détermination du prédateur. Il débouche maintenant au coin de la rue. Il aurait pu prendre à gauche ; il oblique à droite. Là où précisément se trouve, immobile, comme pétrifiée, l'activiste animalière.
Un bras qui se tend, un corps qui se hisse, un autre qui détale ou se cache : 'Argentino', stressé et aveuglé, ne perçoit plus que des déplacements furtifs ayant pour conséquence de toujours élever le niveau du danger. Dans un contexte déjà terriblement défavorable — grosse chaleur, « sol y sombra » incessant, toro à la traque, passage étroit, « sorties de secours » dérisoires —, le comportement insensé de Vicki Moore n'arrange rien à l'affaire. Tout habitée qu'elle est à ne rien manquer d'une scène dont elle paraît s'être absentée, elle n'entend ni n'obéit aux mises en garde répétées et angoissées de la rue — occupée, elle, à se protéger de la bête.

13h51. 'Argentino' aurait-il senti une odeur ? aperçu un tissu de couleur ? décelé un mouvement de peur ? Qu'importe, la foudre va impitoyablement frapper là où elle ne pouvait que tomber. Mû par une férocité tout droit venue du fond des âges, le Saltillo bouscule, accroche de sa corne et expédie une première fois dans les airs une femme de quarante ans, avant d'encorner à dix reprises une vulgaire poupée de chiffons — puis l'abandonner. Disloquée, agressée de manière effroyable sans que personne n'ait pu éviter ou écourter son cauchemar, Vicki Moore vit. Toutes sirènes hurlantes, l'ambulance ne transporte qu'un paquet de chair, d'os et de sang.
Au soir du 25 juin 1995, si le cœur de la militante du FAACE battait, il le devait à l'effet conjugué de la chance et du professionnalisme des médecins. Au terme d'une opération de survie de plus de sept heures, Vicki Moore sera transférée, en hélicoptère, de Coria à l'hôpital régional San Pedro de Alcántara de Cáceres pour y être maintenue dans un coma artificiel pendant quatre semaines. De retour chez elle, en Angleterre, l'icône et martyre restera clouée six mois en fauteuil roulant, et subira de nombreuses autres opérations jusqu'à son décès, survenu le 6 février 2000, soit quatre ans et demi après la rencontre avec 'Argentino'.

* Pratique délaissée depuis 2009.

*  *  *  *  *  *  *

'Argentino' portait le fer et la devise bleu pavot et blanche de la ganadería Hermanos Pérez Escudero. Propriété de Jesús 'Chuchi el Coriano' Pérez Escudero, l'élevage avait acquis à Coria une réputation sulfureuse — qui là-bas ne se souvient de ce toro qui, après avoir explosé l'entrée, avait ravagé l'immeuble du rez-de-chaussée jusqu'au dernier ? — et un surnom : « El toro del miedo ».
Deux cents têtes de bétail déplacées des environs de Ciudad Rodrigo à Funes (près de Peralta en Navarre), car vendues aux frères Domínguez : ce sont bien des vaches marquées du « PE » cerclé de la ganadería Hermanos Pérez Escudero qui seront tientées, à Orthez, le samedi 2 avril prochain.

>>> Parce qu'il n'est pas souhaitable que ces 12 interminables secondes (une partie seulement de la cogida) puissent être vues trop facilement, et parce qu'il est grandement préférable qu'elles le soient avec ce qu'il faut de recul et de précaution, le lien http://www.youtube.com/watch?v=bmZFVfGtsds doit être copié et collé.

Image Carte postale © Cy Twombly (Lexington, Virginie 1928) / Summer Madness, 1990 / Huile, gouache, stylo et crayon sur papier, 150 x 126 cm.

26 novembre 2010

Les antis n'auraient pas fait mieux


Nous ne sommes pas dupes, ni même paranos. En pointant du doigt depuis plus de cinq ans les turpitudes de ceux qui vivent du toro, nous savons combien nous prêtons le flanc à une critique qui vient à intervalles réguliers chatouiller nos sensibles tympans : « Vous dites aimer la Fiesta alors que vous lui faites grand tort. » (ou quelque chose d'approchant).

À se lamenter sur l'état déliquescent de la cabaña brava (caste aux oubliettes, force en berne, fiereza aux abonnés absents, mono-encaste quasi triomphant, etc.)1 et sur celui guère plus reluisant du tercio de varas — l'un n'allant pas sans l'autre —, à fustiger l'afeitado, à tacler une presse servile mangeant dans la main d'empresas mesquines, à railler les ganaderos affairistes, à maudire les fundas, à moquer les présidences aux ordres, à remettre à sa place la gent torera ou à prendre de haut le public « guimauve », nous serions une source d'arguments intarissable pour les antitaurins : nous serions néfastes à vouloir être (trop) exigeants — par un simple tour de passe-passe aussi rhétorique que manichéen, nous pouvons bien évidemment inverser le propos et prêter la lourde charge de faire le lit des anticorridas à ceux-là mêmes qui nous le reprochent...

Las de ces dialogues de sourds, contentons-nous donc de pointer du doigt les faits, comme l'impression de cette horrible et pour tout dire incroyable affiche2 de la fiesta campera3 d'une bourgade landaise qui, ce week-end, ironie de l'histoire, clôturera la temporada 2010... en beauté... Oui, les antis n'auraient pas fait mieux ! Pauvre bête...

1 Lire (Yannick) et relire (Solysombra) « Le toro va tuer la corrida » — « El toro bravo, piedra de escándalo » par Antonio Lorca.
2 Détail plutôt croustillant, notez la présence en bonne place du logo Terres Taurines.
3 Avez-vous pensé à réserver vos places pour la croupionnade ?

Image Faena campera © François Bruschet

13 octobre 2010

Bienvenue au club


Un certain Daniel Hernanz que je ne connais pas et que je ne lirai sans doute plus, vient de publier sur un portail taurin un article titré : "El ayatolá Esplá".

Et Dani de s'en prendre aux dernières déclarations du maestro concernant l'état du toreo et son passage à la Culture. J'avoue l'avoir parcouru bien trop rapidement pour en penser grand-chose. Bienvenue au club Maestro Esplá.

Presque en même temps, le même portail, et les autres aussi, titrent sur la rencontre qui a eu lieu ce jour entre quelques toreros et le ministre de l'Intérieur. Il semblerait donc que la tauromachie va passer du ministère de l'Intérieur à celui de la Culture. Lorsqu'on sait l'intérêt du Premier ministre Zapatero pour la chose taurine, on se dit qu'il voudrait les précipiter dans le néant qu'il ne s'y prendrait pas autrement. Quoi qu'il en soit, dans un futur proche "ce seront donc les contrebandiers qui rédigeront le règlement des douanes". Super ! Allez, encore un petit effort, nous y sommes presque.

09 octobre 2010

Mario Vargas Llosa


Vous le savez tous, Mario Vargas Llosa est le dernier Prix Nobel de littérature.
Du coup, forcément, certaines choses vont prendre une certaine ampleur.
Et puis un Prix Nobel aficionado, ça a quand même une autre gueule que Mylène Demongeot ou Paulette Dubost. Ne parlons même pas de BB. Bon allez, je vais laisser ça à nos courageux pourfendeurs d’antis. Du grain à moudre inespéré pour eux.
Une autre ampleur disais-je.

¿Por qué, en el reciente debate suscitado por este asunto, quienes defendemos las corridas hemos estado tan reticentes y tan parcos y prácticamente dejado el campo libre a los valedores de la abolición? Por una razón muy simple: porque nadie que no sea un obtuso o un fanático puede negar que la fiesta de los toros, un espectáculo que alcanza a veces momentos de una indescriptible belleza e intensidad y que tiene tras él una robusta tradición que se refleja en todas las manifestaciones de la cultura hispánica, está impregnado de violencia y de crueldad.

Le Nobel m’excusera pour cette traduction maladroite :
« Pourquoi, dans le récent débat sur l’interdiction, nous qui sommes les défenseurs des corridas avons été aussi réticents et aussi laconiques, laissant le champ libre aux partisans de l’abolition ?
La raison en est simple : parce que toute personne qui n'est pas obtue ou fanatique ne peut nier que la corrida, un spectacle qui atteint parfois des moments d'une indescriptible beauté et intensité, porte en elle une forte tradition qui se reflète dans toutes les manifestations de la culture hispanique, et qui est imprégnée de violence et de cruauté. »

Ça va mieux en le disant, non ? Heureusement qu’il est nobelisé le type...