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22 octobre 2013
21 octobre 2013
Une photo de passe (!)

Combien de jours, de semaines sans une photo de passe ?
Oui, une passe, souvenez-vous : un gugusse habillé de doré qui fait passer un toro avec un morceau de tissu… Vous voyez le concept ? Pendant que certains d’entre nous promènent leur afición dans des rues, sur des étals de boucheries et, bientôt, sur une chaîne de réfrigération chez Charal, je me suis dit que, ce soir, au cul du scanner, ça ferait peut-être plaisir à quelques lecteurs précieux de voir une photo de passe — un torero, un toro, du sable et quelques mètres carrés d’étoffe. Bien sûr, ce n’est pas Javier Conde en festival ; le dérapage reste sous contrôle. Il s’agit du grand Fernando Robleño, aka. ‘Fernandazo Robleñazo el torerazo’ avec un mauvais toro d’Escolar Gil, cette année, à Céret.
Ce n’est pas grand-chose : un cadrage basique, une media, avec la queue qui s’enroule autour du torero, l’anus bien visible (oui, c’est important) et la belle richesse de gris qu’offre le F100 combiné à la TriX. J’ai hésité à l’obscurcir davantage, pour donner du mystère ou je ne sais quoi, mais, finalement, je la trouve pas mal comme ça. Et puis juillet, Céret, Robleño…
20 octobre 2013
19 octobre 2013
12 octobre 2013
Sin tiempo
03 octobre 2013
Le jour est rouge
Le jour est rouge. Il lutte pour venir à lui-même. À gauche. À droite, à l’ouest, les nuages indécis, violacés tâtonnent dans l’affleurement pervers de collines que je pourrais décrire les yeux fermés. Le vent du sud en fera son affaire. Venise.
Tiens, ça me vient à l’esprit, Venise, entre ma gauche rouge et ma droite indécise, sur le fil d’un asphalte qui n’a rien d’une errance pour moi. J’imagine que d’autres pourraient y trouver leur compte ; il n’y aurait rien de surprenant à cela.
Venise reste. Elle se pose là, sur l’asphalte répétitif de ce trajet quotidien. Ce jour rouge d’octobre, ça sera Venise.
Demain ? Venise, maintenant.
Campo Santo Stefano. Je me dis que Venise est une destination idéale pour les amoureux de campo. J’en suis. Venise grouille de campos ; ils remontent comme des bulles. C’est un peu d’air. Des bulles d’air pour que respire l’eau. Certains disent que ça pue, l’été, Venise. Bulles de gaz ? Je n’y crois pas. Le campo c’est l’air, c’est la vie.
Campo Santo Stefano. On y a tué des taureaux jusqu’en 1802. Après, on s’y est juste baladé, et on a oublié les taureaux et l’estrade, qui s’était lâchement cassée la gueule la dernière fois. J’ai pris une photo du Campo Santo Stefano, mais c’est difficile à photographier un campo de Venise. On y met tout ou l’on n’y met rien, dans le cadre. La photographie n’est qu’un choix. J’ai du mal à faire des choix le nez dans le cul des mouettes comme un marcheur sur l’eau.
Il n’y a plus de taureaux à Venise. Depuis 1802. On ne soupire plus sur le pont non plus. Depuis quand ? J’en sais rien. On visite les prisons, on s’appuie sur un lion, on regarde ce couple de Japonais immortaliser leur incertaine union au centre même de la place Saint-Marc, que seuls les matins à peine éclos savent rendre aux songes les plus beaux.
Le jour est jaune. Le vent du sud n’a pas trahi mes prévisions. Au loin de la ligne pointillée, je quitte Venise. Je l’oublie là, sous le crachin, au ras de l’eau, pas vraiment droite, un peu taurine, et belle et belle.
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Venise
21 septembre 2013
Barrancos
Ma découverte de Barrancos a débuté il y a bien longtemps avec les mots de Pierre Dupuy dans la revue Toros, puis ceux de Jacques Durand dans Libération.
Barrancos est un village improbable du bout du monde du Portugal, là où les Lusitaniens passent les toros au fil de l’épée.
Barrancos… Un village perdu dans un territoire isolé de tout, tellement isolé qu’il ferait paraître immense ce grand pays pourtant si petit. Un village cerné par le Porço Preto et les oliviers, luxe suprême. Barrancos, dont les deux « r » se roulent à la portugaise, entre la jota espagnole, sèche, et les « r » roulés. Deux « r » qui restent coincés sur le haut de la langue, contre le palais.
Grégoire Fabvre, qui vit chez nous, au pied du pic Saint-Loup, a eu un jour l’idée lumineuse d’aller se perdre à Barrancos, caméra à l’épaule, accompagné d’un preneur de son. De ses voyages il a fait un film, étonnant, émouvant, profond, superbe. Alors Barrancos est devenu autre chose qu’un nom ou un symbole, autre chose que le village de la résistance. Barrancos est devenu une envie de voyage et de territoire vierge, de retour aux sources.
Passara, le film de Grégoire, est distribué par les éditions Atelier Baie. Le contact fut donc facile, les échanges immédiats, et l’envie de partir tourna rapidement à l’obsession. J’avais l’impression de discuter avec un type qui venait de marcher sur Mars, et depuis que j’en suis revenu, j’ai le sentiment d’être allé moi aussi sur cette autre planète. Sensation délicieuse, entêtante et déjà empreinte de nostalgie. Saudade. Ça n’a rien à voir, mais le lendemain, pour mon retour sur terre, Ugo Ceria, un poète italien qui vit à Madrid, m’expliquait qu’il n’existe pas de Pessoa espagnol. Finalement, si, ça a peut-être à voir.
Ma préoccupation principale étant les images, j’ai beaucoup interrogé Grégoire pour savoir comment envisager ces courses de deux toros et comment pouvoir photographier au plus près de l’action.
« Salut François,
Pour pouvoir accéder à la piste, il y a quatre possibilités, que j’ai expérimentées, aussi galères les unes que les autres :
— La première, très rock’n’roll : avec les jeunes, perché sur les rondins, sous les places assises. À la sortie du toro, on ne voit rien. Il fait cinquante degrés, c’est la panique, impossible de faire des images. En revanche, on est au cœur de l’action, c’est très sympa. Dès que le toro est canalisé, après les banderilles, on peut alors sauter en piste sans problème et même s’asseoir sur le sable pour regarder la faena. C’est une bonne expérience à vivre qui permet de faire de superbes images dans le dernier “tiers”.
— La seconde : derrière les rondins amovibles, entre la sociedade “du haut” et l’église. C’est par là que passe l’arrastre. On est “quiché” debout tout au long de la course et, à moins d’être arrivé très tôt (au moment où ils fixent les rondins pour fermer l’arène) on ne voit rien à part des nuques. Le seul intérêt est de pouvoir accéder à la piste en même temps que l’arrastre.
— La troisième : être dans l’une au l’autre sociedade. Là encore, il ne faut pas espérer voir grand-chose de la course, mais on peut accéder facilement à la dépouille du toro.
— La quatrième : le top ! L’emplacement depuis lequel j’ai filmé les courses présentes dans Passara, derrière le burladero de la banque. C’est l’endroit idéal, mais, pour m’y faire accepter, il m’aura fallu deux ans, quatre voyages à Barrancos, boire un verre avec chaque habitant du village, prouver mon afición, apprendre à parler le dialecte barranquenho, aller à la messe… Je plaisante, mais c’est un peu ça… Tu peux tenter le coup. Pour cela, il faut que tu rencontres Hernani, ou son collègue dont j’ai oublié le nom. Ils travaillent à la banque. C’est en quelque sorte leur place réservée. Hernani est sympa ; il passe ses journées à s’éclipser de son guichet pour aller boire et jouer aux cartes. Il peut être lourdingue, mais je pense qu’il m’aime bien. En lui montrant tes bouquins et en lui parlant de Passara, ça peut le faire. Il supporte le Sporting. De notre côté, sauf retournement de situation, nous ne descendrons pas cette année. On reste en contact.
À bientôt.
Grégoire. »
Grégoire. »
19 septembre 2013
Le saviez-vous ?
Le Landais est gueulard. Bon, ça, vous le saviez. Dans les arènes, autour d’un stade, au bistrot, mais sur les champs de course, le saviez-vous ?
Eh bien autour des champs de course, aussi. Il n’y a guère que perché sur sa palombière qu’il soit à peu près calme.
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Yannick Olivier
10 septembre 2013
07 septembre 2013
Je préfère les antipasti
Déjà que je refusais d’être un anti tout court, un tout petit anti, un minuscule et monoanti, faudrait que je devienne anti-anti ! Pourtant, les tentations étaient nombreuses d’être un anti tout court : j’aurais pu devenir anticonsommateur de lasagnes au bourrin rom, ou antitouriste japonais qui n’en finit jamais de sourire à l’Occidental velu, qui l’accueillerait volontiers à coups de pied au cul son sourire à la con. Un chien aurait pissé dans mon jardin qu’il ne m’aurait pas fallu longtemps, si je m’écoutais, pour créer ma page Facebook anticlébard du voisin et de sa salope de femme qui lui lèche le groin (au chien), mais ça fait un bail que je me méfie de ce que je me raconte ; je serais même devenu antitaurins ! Ouaaais, c’est vrai ! Pas antichose taurine, faut pas pousser, j’ai la passion façon limace ; elle s’accroche, elle bave, elle laisse des traces depuis trop longtemps, et je crèverai avec, ça c’est sûr, y a pas d’autre solution. Antitaurins avec un « s », le « s » de la servitude offerte à la nullité, le « s » de suiveurs, de tous ces inutiles qui copient, commentent, gaspillent des lettres et des mots trop rares aujourd’hui à vouloir nous causer tous les jours de leurs corridas faisandées, ici sur le Net et ailleurs dans les bouquins, les revues, la radio. Oui, j’aurais dû devenir antitaurins, mais il ne tient finalement qu’à moi de ne pas les fréquenter, et la loi fait qu’ils ont le droit d’exister — comme Dieu, l’État de droit exagère tout de même !
J’aurais pu devenir tout ça et j’avais mes raisons, et j’avais raison ! mais je suis resté moi, pas anti pour deux sous ; c’est fatigant d’être anti, c’est con, surtout ! Alors imaginez qu’en n’étant déjà pas anti je sois devenu d’un coup, d’un seul, comme ça, sans préparation, sans entraînement et sans dopage, anti-anti ! Un coup à me coller un infarct à la première manif, et crever d’un infarct pour arriver à être un con au carré, très peu pour moi, au final.
Si Rion-des-Landes a connu cette année un éclairage médiatique plus large que le derrière de la fantasque Maïté, la faute n’en revient pas entièrement aux anticorrida, qui ont profité de la situation que les forces de l’ordre ont laissé s’installer en permettant à quelques mangeurs de courgettes à l’eau — tout en sachant qui ils étaient et d’où ils venaient — de pénétrer dans l’enceinte de ce « cordon sanitaire » de 500 mètres autour des arènes mis en place par nombre de municipalités de villes taurines. Le reste — les agissements des anticorrida — relève de la justice, et point. Que les forces de l’ordre n’aient pas fait correctement leur travail à Rion-des-Landes est plus inquiétant pour la pérennité du calme de l’aficionado que les gesticulations très visuelles de personnes dont la capacité intellectuelle le dispute quotidiennement à leur talent littéraire et orthographique.
La corrida n’est pas du monde qui se construit. Elle ne tient à rien face à l’évolution sociétale actuelle, sclérosée par les grandes théories écologistes. La corrida devrait fermer sa gueule et rester discrète pour vivre mieux et plus longtemps, au lieu de croire se défendre sur des concepts moisis de traditions et d’ériger le triomphalisme comme une norme susceptible de faire d’elle un spectacle acceptable par tous duquel le public sortirait toujours satisfait. La corrida n’est en rien consensuelle et n’a rien à faire au patrimoine immatériel de l’humanité. Mais la connerie n’a pas de camp, et les antitaurins sont obligés de la partager avec nombre d’aficionados qui sont prêts en un clic à s’inscrire sur une page Facebook des anti-antitaurins, nouvellement créée par on ne sait qui pour « montrer au grand jour les pratiques des anticorrida ». Et montrer au grand jour les pratiques du monde taurin, non ? C’est comme l’ONCT, surtout ne pas regarder les affaires internes, ne s’occuper que du crépi ; laissons les fondations au mundillo espagnol, le bâtiment va bien, là-bas !
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19 août 2013
02 août 2013
23 juillet 2013
RIP, Juan Carlos de los Ríos ‘El Formidable’
Madrid un soir d’été, très chaud, comme aujourd’hui, des amis communs, une soirée après la corrida du 15 août.
Je ne me rappelle plus de l’élevage, mais je me souviens qu’il y avait Pepín Jiménez et, dans les cuadrillas, Juan Carlos de los Ríos, le fils Formidable. La veille, nous l’avions déjà vu, à Cenicientos.
Madrid et sa chaleur d’été, un hôtel taurin. Pepín, svelte dans sa tenue de ville, avait été médiocre à ses deux toros. Il descendit saluer son monde, courtoisement, mais sans s’attarder.
Formi, lui, prenait tout son temps. Deux heures du matin.
— Tu vois, il est deux heures du matin, je bois du jus de fruit pendant que les autres… et nous parlons de toros. Je ne te connais pas, et nous parlons de toros. Et on en parlera jusqu’à avoir trop sommeil pour continuer. Parce que c’est comme ça l’afición…
C’était à Madrid un soir d’été, le fils du Formidable nous parlait de toros, et nous, on l’écoutait. Nous étions quatre, et il a passé la moitié de la nuit à nous raconter sa vie, juste comme ça, par afición. Hasard des rencontres. Des rencontres qui se font peut-être parce qu’on ne les cherche pas, justement.
Aujourd’hui, mardi 23 juillet 2013, Juan Carlos de los Ríos s’est éteint, là-bas, à Cádiz.
Descanse en paz.
16 juillet 2013
Après eux, personne, et après personne, sans doute personne
Aujourd’hui, pour savoir ce qui s’est passé, ou plutôt combien il s’est coupé d’oreilles, tout le monde, moi le premier, va sur Mundomachin pour avoir l’info.
La critique taurine, telle que nous l’avons connue, a disparu, totalement, avec Joaquín Vidal et Alfonso Navalón. Les deux derniers.
Le père Zabala les avait précédés quelque temps avant dans un tragique accident d’avion.
Il y a bien la Lirio, sans domicile fixe, qui se morfond dans son coin de blog, mais c’est tellement de mauvaise foi que cela en est pathétique, et depuis longtemps.
Aujourd’hui rien, rien de critique, rien en opposition. On avale tout, on lustre et on fait briller.
Pas besoin non plus de remonter au déluge. Qui s’indigne encore qu’un toro, normalement piqué, simplement normal, soit gracié ?
Quand j’évoque la normalité d’un toro, c’est aux piques que je fais allusion. Car un toro simplement normal devrait en recevoir trois. Alors pour être gracié…
La normalité, finalement, c’est la médiocrité, une sorte de douce décadence, à peine visible mais bien réelle.
Ah si… il y a une chose qui, parfois, peut être source de violente polémique. C’est lorsqu’un président de course refuse de distribuer les oreilles aux vedettes. Ça peut sembler étonnant, mais c’est le seul cas. En même temps, ça donne une idée du niveau actuel de la « critique ».
La « tauromafia », ainsi que la nommait Navalón, est aux commandes, et on n’imagine pas un retour en arrière.
Heureusement, il y a Internet, quelques blogs ou sites, noyés dans un fatras hétérogène. Ce sont désormais les seuls endroits où l’on peut lire à rebrousse-poil de l’opinion formatée et largement diffusée.
À ce stade de ces quatre lignes d’humeur, j’ouvre une parenthèse. Il n’est pas une semaine sans que l’on s’entende dire qu’à Campos y Ruedos nous ne polémiquons plus, nous non plus… avec Viard s’entend. Ben c’est normal, il a piqué nos idées ! Nous pourrions même sérieusement lui proposer d'écrire ici.
La question que se posent beaucoup est de savoir si ce retournement de veste est conjoncturel ? sincère ? opportuniste ? Très franchement, comme dirait l’autre, ça m’en bouge une sans faire remuer l’autre. Mais, évidemment, je le lis, parfois, le sourire aux lèvres.
Putain ! et si Dédé était le dernier critique taurin ? Trop tard diront certains. Sans doute. Peut-être le dernier train ? Résistant de la dernière heure ? Allez savoir. Il faut au moins lui reconnaître d’avoir fait disjoncter El Juli.
J’en reviens à mes moutons, ou plutôt à mes Domecq. Ouais, j’aime pas Domecq… et alors ? Enfin, ce qu’ils ont fait des Domecq, pas ce qu’ils furent ou le sang qu’ils portent, ni l’histoire qu’ils peuvent représenter. Mais là on entre dans les subtilités. Et je n’ai pas sous la main la photo de la pique de Jerez à côté de la bouteille de fino… Et Navalón, dans sa tombe, un jour d’octobre d’il y a longtemps, ça a de la gueule, je trouve, pour parler de la mort de la critique taurine.
Pour finir, un peu d’air frais, respiré sur le Net à propos des figuras actuelles et de ce qu’elles ont fait à Pamplona. C’est de saison : « Eux… les figuras qui imposent cette misère et l’éleveur qui l’élève pour la vendre à prix d’or sont les coupables de l’état de cette fête moribonde. Ils sont les coupables, oui, mais la Casa de Misericordia est responsable du spectacle lamentable auquel l’on assiste à Pamplona. Pamplona n’a pas besoin de cela. Et vous savez pourquoi ? Parce qu’à Pamplona on aime le toro, le matin et l’après-midi. Parce que les abonnements sont vendus quel que soit le programme. Parce que le prestige de cette arène est très supérieur aux caprices de ce genre d’individus. »
Ces quelques lignes, signées Eneko Andueza, sont tirées du site El Chofre, et font suite à la corrida de Victoriano del Río tuée par El Juli, Morante de la Puebla et je ne sais plus qui. Le site Toro, torero y afición, qui a attiré notre attention là-dessus, précise que l’éleveur a déclaré : « Nuestra corrida es muy torera. »
Voilà, la boucle est bouclée.
Photographie Gilles Gal
Photographie Gilles Gal
12 juillet 2013
10 juillet 2013
06 juillet 2013
04 juillet 2013
03 juillet 2013
25 mai 2013
Platos combinados
C’est kafkaïen, limite kafkaïen. On le savait, dans le monde taurin les rumeurs courent souvent plus vite que les toros. C’est comme ça.
Et ce n’est pas si évident que ça. Il y a la rumeur, mais il y a aussi l’éthique, et le business… et tout ça mélangé, je vous raconte pas.
Dans Mundobarbadillo, notre Simon national s’en est allé mélanger tout ça, l’éthique, le business et la rumeur…
Même lui il s’y perd. Pour vous dire…
Donc… Le sujet est l’hypothétique retour de José Tomás. Enfin, pas vraiment son retour, son… si… son retour.
« Il existait une possibilité théorique pour que José Tomás torée à la féria de juillet [à Valence pour les ignares], ce qui aurait été sa réapparition. »
Ah… Donc il a bien disparu.
Une possibilité théorique… tellurique, allez savoir… Mais le torero a lui-même considéré que n’étant pas rétabli à cent pour cent il ne veut pas prendre le risque.
Et Casas de lui donner raison.
En même temps on l’imagine pas vraiment le contredire. On aurait pu en rester là, mais ça aurait manqué de sel.
Alors on évoque le ciel, le business et les rendez-vous manqués.
« Lo que ahora digo es que existía una posibilidad de un mano a mano entre Morante y José Tomás que ya no existe. Yo nunca anuncié nada al respecto del mano a mano entre Morante y José Tomás y por tanto nadie debería saberlo. Pero como un empresario tiene que hablar con otros toreros para negociar pues se ha corrido la voz. »
Soit : « Ce que je dis maintenant c’est qu’il existait la possibilité d’un mano a mano entre Morante et José Tomás, qui n’existe plus à l’heure qu’il est. Je n’ai jamais rien annoncé quant à un mano a mano entre Morante et José Tomás, donc personne ne pouvait le savoir. Mais comme je suis imprésario, je dois discuter avec d’autres toreros pour négocier, et ça s’est dit. »
Soit : « Ce que je dis maintenant c’est qu’il existait la possibilité d’un mano a mano entre Morante et José Tomás, qui n’existe plus à l’heure qu’il est. Je n’ai jamais rien annoncé quant à un mano a mano entre Morante et José Tomás, donc personne ne pouvait le savoir. Mais comme je suis imprésario, je dois discuter avec d’autres toreros pour négocier, et ça s’est dit. »
Ça n’a donc jamais existé, mais ça aurait pu exister. Personne ne pouvait savoir, mais visiblement certains savaient déjà un peu. Certains l’on dit, et comme il y a des choses qui ont été négociées, ben ça c’est dit, mais ça ne s’est jamais fait, donc ça n’a jamais existé.
Mais il faut quand même bien l’annoncer, le rendez-vous manqué, sans vraiment l’annoncer, pour bien montrer qu’on est le boss.
C’est pire que la politique, finalement.
Mon Dieu que c’est compliqué. Y’en a comme ça, des rumeurs. Vous en voulez ? Que Tomás pourrait à nouveau tuer six toros à Nîmes en septembre ; qu’il pourrait y avoir un mano a mano Tomás - Joselito, que ceci et que cela. Elle courent les rumeurs, et pas qu’à Nîmes, ou à Madrid.
Y’en a une de rumeur qui dit que Miguel Zaballos pourrait se garder ses novillos orthéziens sur les bras, alors qu’on imagine les affiches déjà imprimées. Foutaise, on se dit.
Elles courent, les rumeurs, souvent plus vite que les toros.
Photographie Séville, 2013 — Laurent Larrieu
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