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26 janvier 2011
20 juin 2010
Et pourtant ils sont beaux (II)
Dans le jargon taurin, l'expression « aller chez le coiffeur » concerne habituellement l'animal suspecté d'avoir été aféité, ou arréglé ce qui revient grosso modo au même. Chez Partido de Resina, outre le fait que la pose des fundas soit monnaie courante, l'expression citée ci-dessus ne revêt aucun caractère métaphorique : les novillos de Partido de Resina vont chez le coiffeur se refaire une beauté capillaire, comme vous et moi. Enfin, surtout comme vous parce que moi, le coiffeur, bref... Le jeune Partido de Resina n'est pas à proprement parler ce qu'on pourrait appeler un jeune « dans le coup ». Sont-ce ses lointaines origines chrétiennes qui le poussent, génération après génération, à opter pour cette frange* si chère aux moines ? Possible... À défaut d'être « heureuse » et du goût des aînés Gallardo, d'où son extrême rareté au sein de la cabaña brava, cette coupe porte un nom : meleno.* Droite ou avec un petit effet de vague (cf. photo).
Image Fréquente chez le colorado, le salinero, le melocotón ou le jabonero, la dépigmentation (partielle ici) du museau n'est peut-être pas sans rapport avec la tache blanche de la tête, et/ou vice-versa. Novillo cárdeno oscuro chorreado bragado corrido careto gargantillo rebarbo et meleno © Laurent Larrieu/Camposyruedos.com
Libellés :
Pablo Romero/Partido de Resina,
Pelages,
Philippe Marchi
18 juin 2010
Et pourtant ils sont beaux
On finit par y croire. "C’est le plus beau taureau de combat qui soit". Nombreux sont ceux qui l’ont écrit, encore plus nombreux sont ceux qui l’ont lu un jour. Le toro de Pablo Romero serait, était ou est peut-être encore le plus beau toro de la création ganadera. Tête courte, bas, large de poitrail, enmorrillado et volumineux, harmonieux et tout le saint pataquès. Des reflets parfois presque dorés transpirent du cárdeno. Ce cárdeno du croisement Saltillo au sujet duquel tous les aficionados se sont interrogés sans vraiment avoir de doutes. Oui, il y a eu croisement. Oui, les actuels propriétaires ont rafraîchi ou croisé ou mélangé ou mixé le Pablo Romero centenaire avec du Santa Coloma ou un machin voisin. Tambouille interne inévitable pour qui veut remettre sur pattes un royaume en décadence. Eh oui, le Pablo Romero est toujours beau... dans une arène.Au campo, à "Partido de Resina", le toro de Pablo Romero est cárdeno avec ces reflets parfois presque dorés qui transpirent, bas, chato et a deux espèces de moignons géants et blanchâtres des deux côtés de la tête. Il est comme plâtré le Pablo Romero. Car ici, à "Partido de Resina", on use et on abuse de la funda. Même les novillos en portent. Et comme ça les gonfle cette résine, ils la font sauter en grattant le sol — il n’y a pas d’arbres à "Partido de Resina". Et comme ils la font sauter, à quatre ans, on leur en remet quelques couches avec la délicatesse, la finesse et le doigté que l’on serait en droit d’attendre d’une horde d’adolescents un soir de fin de bac. A quatre ans, le Pablo Romero il est comme plâtré, convalescent d’une maladie qu’il a au fond de lui et qui le pousse à aller régulièrement fracasser la gueule de ses frères ou cousins. Il est malade d’être un taureau de combat alors on le soigne à grands coups de résine pour lui passer l’envie d’être malade et de latter les autres.
Il n’y a pas d’arbres à "Partido de Resina". Il n’y a pas d’herbe non plus, à tout le moins pour les cuatreños et les cinqueños. Il n’y a plus que de lointaines énormes taches blanchâtres qui reflètent la lumière surexposée de la fin du jour dans un hospice de faux malades. Et pourtant, ils sont beaux...
>>> Retrouvez une galerie consacrée aux Partido de Resina (sans fundas !) sur www.camposyruedos.com, rubrique CAMPOS.
Photographie Un novillo de Partido de Resina avec une seule funda © Laurent Larrieu/Camposyruedos.com
30 mai 2010
30 avril 2010
Toros con edad
J'avais envie de vous raconter un truc à peine croyable, un truc arrivé le week-end dernier, pas forcément près de chez vous mais pas non plus à l'autre bout du globe. Je vous donne un indice ; ça s'est passé à Madrid — non, ce n'était pas du foot et Benzema n'a rien à voir dans cette histoire-là. Parce que je suis bon prince, je vous en donne un autre. Ça s'est passé à Las Ventas — non, la Coupe Davis c'était en 2008... ... ... Alors le week-end dernier, et si je fais durer le plaisir c'est bien parce que la chose est rarissime, le week-end dernier, disais-je, les matadors José Calvo, Fernando Cruz et Álvaro Ortega ont certes combattu des toros, mais des toros qui portaient tous le guarismo 5 ; des toros qui étaient donc tous adultes. Eh oui, les Partido de Resina étaient adultes1, c'est-à-dire qu'ils avaient tous 5 ans révolus lorsqu'ils sortirent en piste : 2 étaient nés en mars 2005 (4 herbes) et, tenez-vous bien, 4 étaient nés en novembre 2004 ! Ces quatre-là comptaient par conséquent 5 herbes2... ... ... Ça fait tout drôle, hein ? Rassurez-vous quand même, ce n'est pas près de se reproduire. Pensez-vous, une corrida de toros...1 Je ne voudrais pas tirer de conclusions hâtives, d'autant plus que je n'ai pas assisté à la course, mais de toutes les reseñas que j'ai pu lire, aucune ne fait mention de l'« éternelle » faiblesse des pablorromeros...
2 Et non 6, le sevrage intervenant normalement 8 à 10 mois après la naissance... À ce sujet, si vous avez un peu de temps et beaucoup de courage, j'avais commis « 5 años 5 » fin janvier 2009.
Image Casta Gallardo © François Bruschet
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Madrid 2010,
Pablo Romero/Partido de Resina,
Philippe Marchi
05 août 2009
Thunderstruck
C’était le dernier. 'Amador'. Un cebada gago pétri de défauts, un mauvais lascar méchant et sournois. Un sale gosse qui te fout la pagaille en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et qui te laisse bouche bée de toute façon. En l’observant mourir, c’est Sid Vicious qui hurlait et tirait les dernières balles déjantées des Sex Pistols dans une plaza pourtant coutumière d’outrances en tout genre.A Hagetmau, lundi, Sid Vicious était bien mort. 'Camisón', n° 20 de Partido de Resina, a surgi vers 18h30, la gueule défiant le soleil. Je parierai que cela ne s’est jamais passé, j’en suis même sûr au fond de moi mais quand il nous a toisé, la tronche bien en haut, le morrillo gonflé comme une saloperie de cobra royal, j’ai entendu dans le rythme de sa défiance l’introduction de "Thunderstruck" (de AC/DC). Tout cela est faux c’est évident, Bon Scott est mort lui aussi mais l’entrée de 'Camisón' battait le tempo comme un cœur en colère au bord de l’explosion, dans une rage brute de basse surdynamitée. Un moment animal dans lequel une inquiétude outragée à peine palpable vagabondait des yeux de 'Camisón' vers nous.
"I looked round and I knew there was no turning back". Tout cela n’est pas réel, c’est évident. La tauromachie n’est pas rock’n roll pour deux pesetas et pourtant, parfois, de plus en plus souvent, on se prend à rêver qu’elle le devienne plus. On se prend à rêver de bruit, de pétages de plomb et de hurlements aux marges du tribal. Mais les espérances ont la vie courte et 'Camisón' a balancé ses sabots sur le sable (peut-être trop dur) des arènes d’Hagetmau dès avant les piques. Il ne fut que quelques notes bestiales, des secondes d’un son oublié. Le Rock est mort trop vite et dans le défilé de bestioles faibles, malades et sans caste, ne s’écoutait finalement plus que la complainte déraillée d’une chanteuse contemporaine proche du même état sanitaire que ces novillos de Partido de Resina. "Back to black" et fini le Rock.
Je ne sais pas si cela est bien réel mais dès le début de la novillada, un picador, certainement écoeuré par l’ultra faiblesse (ils s’écroulaient en touchant le caparaçon – sauf le 6 puissant mais non brave) des opposants a offert son castoreño à une brune décoiffée qui cuisait en fond de callejón. Si même les picadors rendent leur tablier…
Retrouvez une galerie de cette novillada dans la rubrique RUEDOS sur le site.
Photographie 'Camisón', novillo de Partido de Resina lidié à Hagetmau © Camposyruedos
Photographie 'Camisón', novillo de Partido de Resina lidié à Hagetmau © Camposyruedos
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21 mai 2009
Pocas palabras
Nîmes, jeudi 21 mai 2009. Sur le coup des 21 heures, Jaime de Pablo Romero et son épouse Menchu regagnent la cour où les attendent les membres du club qui porte leur nom. Jaime vient de visiter le musée, inauguré dans l’intimité avant une présentation plus officielle et sans doute plus bousculée. Jaime prend le micro et d’une voix éraillée, rauque mais sure, profonde comme le poitrail de ses toros qu’il a tant aimé mais qu’il n’a pu sauver prononce ces quelques mots : « Pocas palabras, je ne vais pas m’étendre, simplement vous dire que Menchu et moi-même, après avoir visité ce musée, sommes confirmés dans la décision qui a été la nôtre de vous confier ce qu’il reste du patrimoine de l’élevage. Merci ».Le dernier propriétaire de la devise mythique est visiblement ému. Il en oublie de donner la parole à Manolo Muñoz, son fidèle mayoral. Il a fait lui aussi le déplacement pour l’occasion et a quelque chose à dire : « Voilà, je voulais moi aussi apporter ma contribution à ce musée. Alors je vous confie ceci. Je vous ai apporté un fer, le fer historique de l’élevage, le fer avec lequel ma famille a marqué les toros de Pablo Romero depuis plus de cinquante ans. Celui-là, ils ne l’auront pas. »
Pocas palabras, pas besoin d’en dire plus, juste imaginer l’émotion.
26 avril 2009
La vache pète peu
C’est dans Le Monde 2, donc très sérieux, et c’est dans le numéro 271 du 25 avril 2009.La vache, et avec elle le toro on suppose, pète peu mais rote beaucoup, produisant ainsi de très vilains gaz à effet de serre.
Les vilains gaz ne sortent donc pas du cul de nos bovins préférés (5 %) mais de leur bouche (95 %).
Je ne saurais dire s’il faut s’en féliciter ou s’en inquiéter, d’un point de vue taurin je veux dire, évidemment.
Et Le Monde 2 de nous apprendre qu’au niveau du cheptel mondial –bravos compris ? – ce sont 900 milliards de tonnes à l’année soit 18 % des émissions de gaz à effet de serre.
Eh bien franchement, ça fout la trouille !
J’en connais quelques-uns qui vont y réfléchir à deux fois avant de s’organiser leurs prochaines expéditions camperas.
Et ne rigolez pas. Le problème est sérieux. D’ailleurs, le gouvernement australien vient de lancer sur cette angoissante question un programme de recherche de 15 millions d’euros. Une paille. Et le même gouvernement australien préconise dans un récent rapport sur le réchauffement de la planète un retour à la consommation de kangourou, animal « propre », contrairement à la vache. Mais c’est bien sûr... En attendant, je vais allumer ma plancha pour y faire griller ma côte de bœuf dominicale. Et tant pis pour la planète.
Dernière minute Pas besoin de vous déplacer à Saint-Martin-de-Crau cet après-midi. La concours a été annulée pour cause de pluie.
>>> Une galerie consacrée à la novillada de Partido de Resina d’hier est accessible depuis la rubrique RUEDOS du site.
25 avril 2009
Un mur gris de lamentations
Saint-Martin-de-Crau, 25 avril 2009.Cela n’a rien donné. J’étais très intéressé de voir ce que ces Partido de Resina, antes Pablo Romero, pouvaient bien donner à trois ans. Eh bien, hélas, pas grand-chose de plus que leurs aînés. C’est à désespérer et à se demander si l’illustre fer retrouvera un jour le chemin de sa gloire d’antan.
La novillada, de présentation très desigual, sérieuse, est sortie sans kilos superflus. Les deux premiers se sont montrés irrémédiablement invalides. La suite fut plus acceptable malgré de nombreuses génuflexions, mais sans pour autant se montrer satisfaisante, sosa, n’apportant guère d’émotion. Le cinquième est allé quatre fois au cheval, et de loin, après trois ou quatre sollicitations. Au fur et à mesure des rencontres il est sorti de plus en plus seul et sans fournir la moindre poussée. Pablo Romero, un mur gris de lamentations, hélas...
>>> Une galerie consacrée à la novillada de Partido de Resina d’hier est accessible depuis la rubrique RUEDOS du site.
20 février 2009
19 mai 2008
Poème
Nous étions partis à Vic sous ses injures... "Quand on est Nîmois ou qu'on est si bien accueilli dans cette belle préfecture gardoise pour la féria, on ne va pas chercher plus cornu dans le Gers !" qu'il disait... Il a même réussi à me faire un rien culpabiliser ce con avec ses cheveux frisés, son haut lignage protestant et son air de ravi de la crèche : ça n'a pas duré longtemps, le déjeuner à la ferme (de l'autre bled sur le GPS), la visite des corrales vicois m'avait tout de suite conforté dans mon choix, et on n'avait pas encore rencontré la famille Larrieu !
De retour plus tard dans cet ailleurs sans toros, j'ai voulu prolonger la magie de Pentecôte en demandant des comptes rendus aux copains de Vic et de Nîmes et à "Stive" en particulier : le parpaillot nîmois bien né et bien frisé... Si avec ça il choppe pas le prix Hemingway l'an prochain, c'est vraiment qu'ils n'ont aucun goût ! Voilà la magie de ses mots :
Pour situer le contexte, bodega des Amis de Pablo Romero : la soirée qui a précédé ledit poème a été une pure "stivade", à savoir une petite blondinette plutôt mignonne à qui j'ai fait danser 3 rocks au milieu d'une foule alcoolisée et en délire... Je me dis : "Au 3ème rock langoureux, j'emballe..." Et j'emballe, 1/2 seconde, un petit coup de langue et puis plus rien... La belle me plante au beau milieu d'un bordel sans nom en me jetant à la tête un vilain : "Mais tu sais, c'est un jeu..." Et puis plus rien, je ne l'ai jamais revue. La soirée se finit à 05h00 du mat' avec Nico Vaudran dans mon salon, je crois que j'ai même pas vomi ce soir-là... J'aurais dû...
Voici donc le poème qui s'appelle Un petit coup de langue
Un petit coup de langue et ça fait pchit.
Disparue dans la foule, entraînée par le monde,
Celle de ma vie s'enfuit parmi les femmes de la ville.
Un petit coup de langue échangé par ici
Et tout fout le camp par là.
Triste est ma vie, sans elle,
Blonde parmi les brunes sévillanes,
Blonde parmi les putes occitanes.
S'il n'y en a qu'une, elle est passée sans s'arrêter,
Comme un train sans escale.
Un petit coup de langue et ça fait pchit,
Comme si l'amour n'était beau qu'dans la fuite.
Nîmes, le 10 mai 2008 à 05h00.
12 avril 2008
Toros y Vinos… à "Mirandilla" (III)
Nous continuons avec Fabrice Torrito notre plongée dans la troisième dimension de deux univers pas vraiment parallèles. Ce sont maintenant les similitudes perverses qui sont l’objet de sa réflexion. A ce stade, je ne peux que vous renvoyer sur le Mondovino de Jonathan Nossiter et son ouvrage récemment publié : Le goût et le pouvoir et rebondir par anticipation sur ce que va vous exposer Fabrice. Les vins à la mode, modernes et faciles, présentent un aspect sucré, pas forcément décelable de prime abord pour un palais non éduqué. Tous les vins contiennent un peu de sucre même si à la dégustation celui-ci n’est pas perceptible. Je ne parle pas ici des liquoreux mais bien des vins secs. Or, pour flatter les palais de ces nouveaux consommateurs les winemaker à la mode élaborent des vins moins acides, moins tendus, plus sucrés que les vins traditionnels. C’est rapidement agréable, mais souvent vite écoeurant et généralement totalement dépourvu de personnalité. Découvrir les réflexions de Fabrice a fait remonter à ma mémoire ce passage de l’ouvrage Vérité et mensonges des corridas concours de l’incontournable Luis Fernández Salcedo : « Il ne faut pas perdre de vue que la bravoure est le café-café et la suavité, l’indispensable sucre. Le café seul est amer ; mais avec cinq morceaux de sucre il devient écoeurant. Le fondamental c’est le café. C’est pour cela que l’on a coutume de dire « dans ce bar ils servent un bon café » et non « dans cette cafétéria ils donnent beaucoup de sucre. »Sans compter le nombre d’amateurs de café qui le dégustent sans le moindre petit morceau de sucre. Sans doute des ayatollahs de l’arabica !
• Les fraudes, les triches, avec une perte de l’éthique, de la déontologie. Le négoce quantitatif et la recherche du spectaculaire vont à l’encontre de la patience que doit avoir un éleveur.
• Le phénomène du produit standard dans le vin et le taureau. L’objectif est d’obtenir une plus grande part du marche, en élevant un vin « bien fait », mais en perdant de la typicité, de la spécificité, du caractère. En tauromachie, on se tourne vers le sang commercial par excellence : Domecq (famille française d’origine qui élevait d’ailleurs du... vin). Il existe un grand vin « Château Domecq » au Mexique.
• Aseptisation de la corrida pour la rendre moins sauvage, plus facilement accessible à un public non connaisseur. Le succès des vins rosés ou l’apparition des vins d’été ou encore le Seven-up rajouté à la manzanilla dans les férias espagnoles ! Pourtant, le vrai connaisseur cherche le vin et le taureau avec un caractère bien marqué.
• Ces vins d’été sont jeunes, issus d’un monocépage, fruités (raisin gorgé de soleil). Le packaging est tape-à-l’œil, aux couleurs vives et à la typographie moderne. On joue sur la clarté et la simplicité. C’est le phénomène du nivellement pas le bas en tauromachie, de la perte de culture taurine du public. On cherche le produit facile à identifier. C’est le taureau que tout le monde comprend, c’est le taureau qui sert... le spectacle !
• Le marketing influence de plus en plus. Le design du contenant et son étiquette. Certains éleveurs achètent des pages de publicité dans les revues spécialisées pour vanter les mérites de leurs taureaux.
• Les critiques plus ou moins intègres dans les deux milieux, les médias indépendants ou proches des décideurs taurins, les récompenses (médailles en concours internationaux ou palmarès en tauromachie).
• Le phénomène Parker. On se dirige vers le goût d’une personne. On oublie les différences de ressenti (dans l’arène et devant le vin). Lectures différentes, appréciations opposées, subjectivité, irrationnel. Il n’y a pas qu’une vérité en corrida ou en vin. Il ne s’agit pas d’une science exacte, mathématiquement quantifiable.
Toros y Vinos… à "Mirandilla" (II)
Fabrice Torrito a eu l’occasion de recevoir à "Mirandilla" plusieurs professionnels du vin. Ce fut l’occasion d’échanger avec eux bien évidemment et même d’établir le parallèle entre ces deux activités : « Elever un vin, élever un toro, même noblesse, même passion ».Introduction :
- l’AOC « Toro » dans la région de Zamora ;
- le « taureau de la route » Veterano d’Osborne (famille d’éleveur de chevaux et de taureaux) ;
- le « Sangre de toro » élevé dans les caves « Torres » en Catalogne, dans le terroir du « Pénédes » ;
- la possible origine de la boisson sangría (de sangre, sang), qui était le véritable sang du bœuf que l’on faisait boire dans les campagnes aux enfants qui souffraient d’anémie ;
- la cuvée spéciale 'Laborioso' créée en hommage au novillo du Marquis d’Albaserrada gracié à la Maestranza de Séville en 1965.
Similitudes :
- on parle d’élevage dans les 2 cas ;
- importance du terroir, amour de la terre ;
- le résultat ne se découvre qu’à long terme, en fin de cycle : dans l’arène ou dans le verre, surprise permanente ;
- le mélange d’alchimie et de science dans le processus d’élevage ;
- le taureau atteint sa maturité à 5 ans. Le dicton taurin ne ment pas « El toro de 5 años y el torero de 25 » ! Un grand vin peut évidemment vieillir beaucoup plus que cela, mais c’est à 5 ans qu’en Espagne le vin est considéré comme un Réserve. C’est à cet âge, que le solde définitif des anthocyanes s’évanouit. Un vin de 3 ans est considéré comme jeune. C’est l’utrero, encore désigné dans les carteles espagnols comme de « desecho y tienta ». C’est un produit de déchet ;
- de nombreuses années de travail et de sacrifices pour une utilisation éphémère et unique ;
- le produit évolue. Dans le verre, dans l’arène, il fluctue, il évolue dans son comportement, il s’améliore ou au contraire se dégrade. Importance du lidiador pour s’adapter au caractère du toro. L’influence du buveur est fondamentale pour savoir apprécier et critiquer le breuvage à sa juste valeur ;
- la sélection est fondamentale dans les deux cas. Choisir les meilleurs étalons, les meilleures génitrices et savoir les assembler. Choisir les cépages idoines, là encore, savoir les assembler, mais aussi sélectionner le moût, le liège pour le bouchon... ;
- il existe des millésimes meilleurs que d’autres. Influence de la climatologie ;
- le produit final est le reflet du caractère de l’éleveur. A sensibilités différentes, critères différents. Ne dit-on pas que les taureaux finissent pas ressembler au caractère de son éleveur. Cela doit être la même chose pour le vin ;
- les espèces, dits encastes (Vistahermosa, Veragua, Parladé, Santa Coloma...) sont les différents cépages existants (Chardonnay, Sauvignon, Grenache...) ;
- en dégustation à l’aveugle, un connaisseur détermine cépages, terroir, millésime... En observant un taureau dans l’arène, ou au campo, sans voir ni fer, ni devise, l’aficionado supérieur détermine ganadería, encaste et guarismo (l’âge) ;
- il existe un vocabulaire commun : robe, charpente, tempérament, force, puissance, noblesse, finesse... ;
- importance des terroirs. L’exportation de produits (vignes ou taureaux) demande un temps d’adaptation. C’est le cas des taureaux exportés d’Espagne vers la Camargue ou des cépages vers la Californie ou l’Amérique latine ;
- la vigne doit souffrir, stresser, s’épanouir dans un terrain difficile pour donner un bon vin. Le taureau trop bien nourri et trop bichonné ne perd-il pas de sa sauvagerie ? ;
- une fois dans la bouteille le travail de l’éleveur est quasiment terminé, comme dans le camion pour le taureau. Mais il existe encore des impondérables : transport, stockage, goût du consommateur (public d’arène et dégustateur) ;
- la chaîne commerciale inclus un courtier/distributeur dans les deux cas. Difficile de vendre directement.
Photographie Gilles Gal (Pablo Romero)
31 mars 2008
Céret, Beaucaire, Istres…

Les carteles du prochain Céret de Toros sont connus depuis quelques jours :
Samedi 12 juillet
Toros de Prieto de la Cal pour Rafaelillo, Julien Lescarret et Fernando Cruz.
Dimanche 13 juilletToros de Hernández Pla pour Fernando Robleño, Luis Vilches et David Mora.
Lundi 14 juilletToros de José Escolar Gil pour un mano a mano Luis Francisco Esplá, El Fundi.
Une ville qui cette année devrait bouger, et dans le bon sens, c’est Beaucaire. La nouvelle municipalité a confié la gestion des arènes à l’ancien matador Stéphane Fernández Meca qui annonce d'ores et déjà un programme plutôt alléchant : deux novilladas de Pablo Moyoral et de Monteviejo et une corrida de Victorino Martín. Tout cela se déroulera les 26 & 27 juillet prochains.
A surveiller également la plaza d’Istres qui va nous proposer une corrida de José Escolar Gil.
Pour illustrer ce post, une photographie de l’actuel chargé de gestion des arènes de Beaucaire, alors qu’il était en activité, à Nîmes et devant un Pablo Romero. Je crois me souvenir que c'était en matinée, avec Richard Milian. Nous avions ensuite pris la route pour Céret et une ennuyeuse novillada d'Ortigao Costa. Pendant ce temps, José María Manzanares, le père, faisait ses adieux aux arènes de Nîmes, un pétard. C’était en 1996.
20 décembre 2007
Erratum
Un collaborateur zélé, compteur impénitent de nos saisons taurines, relève une erreur par omission dans le texte intitulé "Pooouuusssez! poouuuusseez!". Mea culpa !En effet, l'élevage de Partido de Resina a bien fait lidier des toros en 2007 à Antequera en Andalousie. C'était le 22 août et le cartel était composé de Curro Díaz, de Martín Antequera et de Manuel Escribano.
Dans l'anonymat de plus en plus lourd qui habille ce troupeau patrimoine, il est précieux de ne pas jeter aux oubliettes les rares sorties des ex-pablorromeros.
Photographie François Bruschet
19 décembre 2007
Pooouuuuuussez ! Pooouuuuuussez !
"Pousse toujours , tu m'intéresses..." doivent se dire les piqueros modernes bien peinards sur la muraille matelassée qui leur sert de cheval. Et les toros poussent et s'époumonent silencieusement sous un bas-ventre équin qui leur plie les dorsales. La pique actuelle, si dévoyée, si critiquée, si vilipendée et tout cela à juste titre, n'est plus qu'un assassinat dans certains cas, une mascarade grotesque d'autres nombreuses fois. La suerte de varas n'existe pas écrivait il y a peu Philippe et l'on ne peut qu'aller dans son sens en lisant le court texte mais hautement éducatif du vétérinaire taurin Renaud Maillard sur le site Terre de toros. Au-delà de l'explication scientifique du professionnel, l'auteur enfonce encore une fois le clou d'une évidence, à très forte raison, selon laquelle tout le petit monde intéressé par le combat des toros gagnerait énormément à respecter la logique de la lidia et, donc, à faire piquer correctement les toros en leur évitant cette vaine et lamentable lutte de la monopique interminable au cours de laquelle la majorité des cornus s'épuise au sens littéral du mot. "En piste, il faudrait que le toro reçoive des piques bien placées et surtout appliquées pendant une courte durée. Tout le monde y serait gagnant : le ganadero (qui jugerait mieux de la bravoure de ses pupilles sur trois piques), le public, qui verrait le toro venir de loin sur plusieurs piques avec émotion, le maestro et ses compagnons de cartels qui pourraient offrir plusieurs quites vibrants". Dans sa démonstration, le vétérinaire laisse clairement supposer que ce n'est pas en changeant la taille actuelle de la puya que le tercio de piques retrouvera son attrait certain. Sans bouleverser le débat autour du changement nécessaire du tercio de piques, M. Maillard permet au moins de le recentrer sur l'essentiel et d'en écarter les scories avancées par d'autres, tenants d'une réduction de la taille de la puya (voire utilisation de piques de tienta en spectacle officiel) qui serait gage de futures profondes transformations du moment des piques. C'est en poussant trop longuement que le toro souffre le plus, qu'il se tue contre un obstacle insurmontable et surtout voué à l'immobilisme. Que les toros aillent mal actuellement est une évidence maintes fois confirmée, mais il faut bien avouer que ce tercio de piques contemporain ne fait que l'enfoncer un peu plus dans sa décrépitude.Mais la saison 2008 est déjà lancée avec sa horde de pronostics, de souhaits et de courses revées. Les premières combinaisons voient le jour, les camadas sont peu à peu distribuées et les choses changent... si peu.
Dans cet amas d'informations sans aucun intérêt, certaines nouvelles n'arrangent pas la morosité ambiante. A titre d'exemple, l'élevage de Partido de Resina, auquel tiennent les aficionados malgré l'hideuse utilisation des capotes à pitón, ne donnera aucune corrida de toros en 2008, comme ce fut le cas en 2007. Les suites de la brucelose semblent être la cause de cette absence des ruedos (pour les cuatreños car il y aura cependant des novilladas). Ces toros de Pablo Romero connaissent une éclipse maintenant trop longue mais qui devient presque le symbole d'un monde qui disparaît. Disons simplement que les partidoderesinas n'ont pas (encore ?) su faire oublier la beauté et la combativité des vieux pabloromeros. En 1961, la corrida de Pablo Romero de Séville fut une des belles course de la Feria. Trois toros se mirent en valeur lors de cette course, 'Roscón', n°25 qui s'envoya 4 puyazos en grand brave, 'Barquero', n° 53, qui eut également l'appétit pour quatre et enfin 'Procurador', n° 18, adepte de ce chiffre pair lui aussi. Le revistero de la revue El Ruedo (n° 883 de mai 1961) mentionne que le cinquième, 'Yeguerizo', n° 37, eut les honneurs de la vuelta al ruedo car il fut "ideal para los toreros"... Le nombre de lignes accordées à 'Roscón' par rapport à celles offertes à 'Yeguerizo' laisse comprendre que le premier était un toro exceptionnel, car son caractère s'était révélé lors du tercio le plus essentiel pour juger si oui ou non un toro mérite l'apodo "de lidia". La seconde photographie saisit l'instant ou 'Roscón' envoie sur orbite caballo et piquero... Dur métier, dur métier... parfois... des fois...
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Laurent Larrieu,
Pablo Romero/Partido de Resina,
Tercio de varas
04 octobre 2007
Le risque zéro...
Le monde ganadero s'enduit peu à peu d'une étrange colle blanche, sorte de fantasme du risque zéro. Risque zéro d'une corne abîmée, risque zéro d'afeitado (là on rit à gorge déployée)... Blablabla...En parcourant le site des Penyes en festes communiqué par Philippe dans le post précédent, vous découvrirez les images au campo des toros de Partido de Resina qui ont couru l'encierro cet été à La Vall d'Uxó. Six ou sept estampes proprement profanées pour des objectifs encore bien flous et sur lesquels aucune étude vétérinaire ne s'est encore réellement et sérieusement penchée. Le peu que l'on en sache est que cette "capote" de pitón recouvre lentement la géographie des ganaderías bravas, et pas seulement celles de la casa Domecq, initiatrice en la matière. En effet, en avril, il nous a été permis de voir deux ou trois exemplaires d'Adolfo Martín ainsi "protégés" (voir photographie). Autant vous dire que le mayoral a eu vite fait d'éluder les questions et le pourquoi du comment sur le sujet. Il semblerait que le produit utilisé (en tout cas chez Fuente Ymbro qui fut l'un des premiers à mettre en pratique cette protection) se nomme l'époxy et soit couramment employé à la fabrication des planches de surf...
Nous essayerons de revenir de manière plus approfondie sur le sujet même si, d'ores et déjà, nous ne pouvons que ressentir tristesse et désarroi face au spectacle désolant de ces images de toros "capotés". Le "parti de la résine" s'inscrit malheureusement dans les attitudes actuelles de la Fiesta qui tendent à nier cette mystérieuse incertitude qu'est le toro de combat.La photographie 1 du Partido de Resina est issue du programme officiel des Penyes en festes et est l'oeuvre de J. J. Diago.
Libellés :
Cornes/Fundas,
Laurent Larrieu,
Pablo Romero/Partido de Resina
03 octobre 2007
Vall de Uxó
Vall de Uxó (La Vall d’Uixó en valencien) est une petite ville de 30.000 âmes environ, située dans la Comunidad Valenciana à 25 km au sud de Castellón de la Plana, 55 au nord de la capitale Valence et une petite dizaine de la Méditerranée. Afin de célébrer en fanfare le 25ème anniversaire de Les Penyes en Festes, une des principales festivités de Vall de Uxó au cœur de l’été, le comité organisateur avait décidé de lui programmer les deux premiers encierros de son histoire. Celui qui nous intéresse, l’encierro* inaugural du 29 juillet 2007, vit courir un lot de toros de Partido de Resina à la présentation digne de Pampelune. Pour l’occasion, on dessina un nouveau parcours et une organisation appropriée fut mise en place. La haute tradition taurine du coin, les bonnes manières des cornus et l’afición des participants firent le reste ; aucun incident grave ne fut à déplorer. Arrivés au terme de leur cavalcade, Plaza del Mercado, les pabloromeros donnèrent en bonus une vuelta al ruedo (voir photo), et rentrèrent bien sagement aux corrals. Dans la foulée et chacun leur tour, deux exemplaires à la devise blanquiazul, permirent aux aficionados locaux de parfaire leur technique de la brega, du raset ou de l’écart. Le soir même à 23 heures, ce sont leurs frères qui se chargèrent d’animer la Nuit Taurine.Doit-on regretter que de si beaux animaux servent dans des festejos populares ? Personnellement, j’aurais aimé être Place du Marché...
* Un autre reportage photo & une vidéo (à sélectionner dans le menu) sur le très beau site ToroAlcarria.com.
Image Couverture du numéro de septembre 2007 © La Talanquera
30 septembre 2007
02 juillet 2007
Partido de Resina (II)
Aux irréductibles rêveurs qui, comme moi, continueraient de s'intéresser à l'évolution de ce mythique mais si mal en point élevage, je conseille vivement la lecture du blog de Manon, qui dresse en quelques mots le compte rendu de la dernière sortie de la célèbre devise dans le ruedo venteño.
Lorsqu'il écrit "de los seis, cinco buscaron con descaro la salida y ninguno tuvo el menor poder y apenas alguna agresividad, algo que indicara un atisbo de casta. Tal vez el sexto pudiera haber sido, pero Antonio Soriano, joven promesa del toreo de 34 años, lo lidió pegadito a las tablas y nos quedamos sin verlo", tout est dit. A la fois sur l'état des anciens pablorromeros et sur le paradoxe qui veut que les élevages dits "durs" soient combattus par les plus humbles (état de fait qui résume le cruel et éternel dilemme de l'aficionado torista, condamné bien souvent à assister à des courses dans le cadre desquelles les toros qu'il affectionne demeurent inédits).
Quant au novillo présenté sur la photographie ci-dessus, on peut s'interroger avec l'auteur de celle-ci sur ses origines. Vieux débat...
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