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05 août 2013
03 juillet 2013
La route du toro
La saison s’accélère et le tournant de juillet est déjà là. Les San Fermín pointent le bout de leur nez, ce 6 juillet à midi pétante ; suivront Céret, Saint-Vincent-de-Tyrosse, Orthez, Azpeitia, Hagetmau, Parentis-en-Born, Bayonne, Vic-Fezensac, Tafalla et bien d’autres encore. La communication de chacune de ces arènes va bon train, — ce qui est plutôt une bonne chose, en particulier pour les « petites » arènes qui défendent avec force leur place —, et il devient complexe de rendre compte de tout à moins de se transformer en site de petites annonces, ce que d’autres font bien mieux que nous à longueur d’année.
Ainsi, nous ne pouvons que conseiller aux aficionados qui nous lisent de jeter un coup d’œil aux vidéos des toros de Dolores Aguirre retenus pour Saint-Vincent-de-Tyrosse (un lot de cinqueños apparemment) ; de se rendre sur le blog de la commission taurine d’Orthez, où les espèrent les lots de Miguel Zaballos et de Raso de Portillo ; de lire avec attention le bilan de l’enquête d’opinion menée par l’ADA Parentis (au passage, vous aurez droit aux vidéos des lots de novillos de la féria 2013) ; de taper sur leur clavier l’adresse de la commission taurine d’Hagetmau, où les novillos de Miura et de Cebada Gago sont en photos, et, enfin, de faire un tour du côté du site du Club taurin vicois pour y découvrir les hommes qui combattront les novillos de Valdellán le 9 août au soir.
Pour achever cette route du toro, revenons à l’étape d’ouverture, qui se tiendra à Céret. Le site de l’Adac n’est plus à présenter et fourmille d’informations visuelles sur les lots de la féria 2013. Tout semble y être présenté selon les attentes et les goûts du lieu, mais le lot de Cuadri est réellement impressionnant, comme vous pourrez vous en rendre compte dans la galerie présentée sur notre site.
Bonne balade taurine.
>>> Retrouvez, sous la rubrique « Campos » du site, une galerie consacrée aux toros de Cuadri prévus pour Céret de toros 2013.
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07 juin 2013
Saint-Vincent-de-Tyrosse et Hagetmau cet été
Comme nous l’écrivions il y a quelques semaines, l’été taurin s’annonce vraiment intéressant dans le Sud-Ouest de la France, et particulièrement dans les Landes. Ces derniers jours, les plazas de Saint-Vincent-de-Tyrosse et d’Hagetmau ont dévoilé leurs carteles. La première propose une corrida de Dolores Aguirre Ybarra quand la seconde, traditionnellement pourrait-on écrire, annonce les Miura et les Cebada Gago.
Saint-Vincent-de-Tyrosse | Dimanche 21 juillet 2013 | Corrida de Dolores Aguirre Ybarra
Manuel Escribano – Alberto Aguilar – Thomas Dufau
Hagetmau | Dimanche 4 août 2013 | Novillada de Miura
Imanol Sánchez – Cayetano Ortiz – César Valencia
Hagetmau | Lundi 5 août 2013 | Novillada de Cebada Gago
Manuel Dias Gomes – Rafael Cerro – Fernando Rey
Photographie Un toro de Dolores Aguirre Ybarra qui, en juillet, fera peut-être le voyage à Saint-Vincent-de-Tyrosse © Laurent Larrieu/Camposyruedos.com
07 août 2012
Mal día de los « Moreno Buendía »
25 avril 2012
Petits mais costauds
![]() |
| Novillos de Fernando Pereira Palha pour Orthez 2012 © Laurent Larrieu/Camposyruedos.com |
À recevoir les annonces de
carteles de la temporada 2012 dans le Sud-Ouest, force est de constater que
certaines petites arènes — l’utilisation du mot « petites » n’a rien
de péjoratif ici — offre une programmation fort intéressante pour les aficionados qui pourront assister à des
courses marquées par la diversité des encastes et la variété ganadera. La force des ces arènes qui
maintiennent la tauromachie dans les placitas contre vents et marées réside dans
leur faiblesse : l’argent. En effet, que ce soit pour les corridas ou pour
les novilladas, elles ne peuvent s’offrir le gratin de l’escalafón. Trop cher
la plupart du temps quand il ne s’agit pas d’un refus catégorique d’affronter
certains toros ou novillos. À ce sujet, il suffit de lire les péripéties
rencontrées par l’ADA Parentis avec certains novilleros (Víctor Barrio et
autres) pour prendre la mesure de la chose. Dans un même ordre d’idée, des maestros
comme Diego Urdiales ont clairement — mais en comité restreint — refusé de
combattre les Dolores Aguirre d’Orthez en 2011.
Leur force réside aussi dans un
volontarisme taurin car auraient-elles l’argent pour contracter figuras et
futurs « génies » de la tauromachie, rien ne dit qu’elles le feraient
à chaque fois.
Ainsi, la double conjonction
d’une politique taurine en marge concernant les élevages présentés et l’étroitesse
des marges de manœuvre financières pour composer le plateau a pour conséquence
la nécessité d’élaborer des carteles qui sortent souvent de l’ordinaire.
D’aucuns chaque année pointent du doigt la fragilité de certains de ces carteles du
point de vue des maestros. J’ai lu une fois que l'affiche des Dolores Aguirre
d’Orthez 2010 était faible par rapport à celle des Aguirre de Pampelune de la
même année. Critiquer une affiche est une démarche normale et même louable
(quand la critique est argumentée), mais mettre en comparaison Pampelune et la
cité de Fébus relève de la pure connerie voire d’une débilité mentale avérée
pour certains. Pour filer la comparaison, c’est aussi abscons que de demander
une présentation madrilène (et l’on pourrait en redire longuement sur les critères
de trapío ou de « non trapío » de Madrid) pour une course lidiée à La Brède.
Au-delà de ces aberrations, ces
petites arènes subissent aussi la dure loi du quitte ou double. Une féria peut être « sauvée » par une corrida — et
Mont-de-Marsan pourrait en témoigner, elle qui à la fin des années 1990 et au
début des années 2000 aurait dû ériger une statue à Victorino Martín dont les
bons toros firent oublier la nullité du reste du cycle —, mais dans ces petites
arènes tout se joue sur une voire deux courses et il en va de même pour le
ganadero dont l’élevage est observé sur cette unique course comme s’il était
possible d’émettre un avis sur le niveau moyen d’une ganadería, petite le plus
souvent, d’encaste minoritaire aussi, au seul reflet d’une course ! La
critique (pas tous les critiques évidemment mais une bonne majorité quand même) ne s’en prive
pas pourtant mais ça fait bien longtemps que je n’achète plus certains journaux
et que mes favoris Internet ont été nettoyés.
Bref, la saison 2012 s’annonce
intéressante dans le Sud-Ouest car la variété est à l’ordre du jour et dans
cette variété peut se lire en filigrane l’édification d’une certaine idée de la
tauromachie : Héritiers de Christophe Yonnet et Pagès-Mailhan à
Aire-sur-l’Adour, Baltasar Ibán à La Brède, Fernando Palha et Veiga Teixeira à Orthez, Coquilla de Sánchez-Arjona à Riscle,
Moreno de Silva et Alcurrucén à Hagetmau, Raso de Portillo et Valdellán à
Parentis… Ça paraît peu mais c’est déjà beaucoup, finalement.
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05 août 2009
Thunderstruck
C’était le dernier. 'Amador'. Un cebada gago pétri de défauts, un mauvais lascar méchant et sournois. Un sale gosse qui te fout la pagaille en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et qui te laisse bouche bée de toute façon. En l’observant mourir, c’est Sid Vicious qui hurlait et tirait les dernières balles déjantées des Sex Pistols dans une plaza pourtant coutumière d’outrances en tout genre.A Hagetmau, lundi, Sid Vicious était bien mort. 'Camisón', n° 20 de Partido de Resina, a surgi vers 18h30, la gueule défiant le soleil. Je parierai que cela ne s’est jamais passé, j’en suis même sûr au fond de moi mais quand il nous a toisé, la tronche bien en haut, le morrillo gonflé comme une saloperie de cobra royal, j’ai entendu dans le rythme de sa défiance l’introduction de "Thunderstruck" (de AC/DC). Tout cela est faux c’est évident, Bon Scott est mort lui aussi mais l’entrée de 'Camisón' battait le tempo comme un cœur en colère au bord de l’explosion, dans une rage brute de basse surdynamitée. Un moment animal dans lequel une inquiétude outragée à peine palpable vagabondait des yeux de 'Camisón' vers nous.
"I looked round and I knew there was no turning back". Tout cela n’est pas réel, c’est évident. La tauromachie n’est pas rock’n roll pour deux pesetas et pourtant, parfois, de plus en plus souvent, on se prend à rêver qu’elle le devienne plus. On se prend à rêver de bruit, de pétages de plomb et de hurlements aux marges du tribal. Mais les espérances ont la vie courte et 'Camisón' a balancé ses sabots sur le sable (peut-être trop dur) des arènes d’Hagetmau dès avant les piques. Il ne fut que quelques notes bestiales, des secondes d’un son oublié. Le Rock est mort trop vite et dans le défilé de bestioles faibles, malades et sans caste, ne s’écoutait finalement plus que la complainte déraillée d’une chanteuse contemporaine proche du même état sanitaire que ces novillos de Partido de Resina. "Back to black" et fini le Rock.
Je ne sais pas si cela est bien réel mais dès le début de la novillada, un picador, certainement écoeuré par l’ultra faiblesse (ils s’écroulaient en touchant le caparaçon – sauf le 6 puissant mais non brave) des opposants a offert son castoreño à une brune décoiffée qui cuisait en fond de callejón. Si même les picadors rendent leur tablier…
Retrouvez une galerie de cette novillada dans la rubrique RUEDOS sur le site.
Photographie 'Camisón', novillo de Partido de Resina lidié à Hagetmau © Camposyruedos
Photographie 'Camisón', novillo de Partido de Resina lidié à Hagetmau © Camposyruedos
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08 août 2008
"Un enfant, ce monstre que les adultes fabriquent avec leurs regrets"
M. Xavier Klein nous a adressé ce courrier dans lequel il propose sa vision de "l'affaire Michelito". Ça tombe bien, c'est un dossier qu'aucun des collaborateurs de Camposyruedos n'avait eu le désir, l'envie ou l'intérêt d'évoquer. Bonne lecture à tous.
L'été est propice aux grandes manifestations festivalières : Castillon-la-Bataille, le Puy-du-Fou et autres guignolades touristico-historiques. Les Landes ne pouvaient être en reste et Hagetmau, à son corps défendant, s'est trouvé transformé en village gaulois façon Astérix.Un vrai régal : personne ne manquait à l'appel, d'Abraracourcix, le chef à Agecanonix, l'ancien, en passant par Tullius Detritus, le semeur de zizanie, ou Cétautomatix, le forgeron irascible.
Ballet de journalistes, caméras nationales et internationales, gesticulations médiatiques en tous genres. Certains étaient à la fête, leur jour de gloire était enfin arrivé, on fourbissait les étendards, on brandissait les bannières, on sortait les badges du fourreau (vous savez celui avec l'aurochs rose et la devise passion, identité, choucroute...).
L'argument de la farce s'identifiait à Michelito, un petit bonhomme de 10 ans (le fils d'Astérix ?), récemment importé du Mexique. Que de désirs frustrés, de revanches à prendre porte lourdement ce petit bonhomme, jusqu'à son prénom, le même que son père ! Bizarre ! Bizarre !
Nos amis anti-corridas qui, depuis quelque temps, ajoutent à leurs tendances zoophiles (au sens étymologique) un penchant déclaré pour la pédophilie (idem), s'émeuvent de plus en plus de la confrontation de notre belle jeunesse avec la barbarie taurine. Par tous les moyens, il faut émouvoir les « mémères à leurs chiens-chiens » et sensibiliser cette France profonde et apeurée si sensible aux chants nauséabonds de certaines sirènes.
Etait-il opportun, pertinent, en un mot intelligent, de les suivre sur ce terrain particulier et d'opposer à leurs discours des prises de positions ou des propos tout aussi simplistes et réducteurs ?
Me trouvant d'aventure sur le parcours de la cohorte journalistique, je fus interpellé, d'aucuns se souvenant de mon lourd passé d'activiste pataphysique taurin et s'avisant de mon présent de président d'une commission taurine. Nulle possibilité de retrait vers un burladero, d'un recorte salvateur, il fallait aguanter. Et puis, il y avait là quelque délices à se différencier d'une manière de pensée unique et manipulée. En outre, il faut parfois avoir le goût de l'épiphénomène et tirer leçon de tout, l'insignifiant cachant souvent le fondamental.
Préférant en général la pensée au slogan et la réflexion à l'invective (quoique !), je me mis en devoir de répondre à une aimable et brune journaliste, entre les irruptions répétées d'un alguazil prématurément aviné, et d'un borracho de peña tardivement réveillé. J'ai donc parlé en tant que ce je suis, soit, dans le désordre : un être humain, un professionnel de l'éducation, un responsable politique en charge d'affaires taurines, un aficionado de vieille date.
10 ans, c'est l'âge du jeu pas de l'enjeu. Qu'un môme, dans le cercle familial ou associatif donne ludiquement quelques passes au cours d'une capea est une chose, qu'on le donne en spectacle en est une autre.
10 ans, c'est aussi l'âge où un enfant est encore dans « le désir de ses parents » et où il n'a pas accédé à l'autonomie et au libre arbitre. La personnalité des parents en question, tous deux protagonistes actifs du mundillo n'est, à cet effet, guère rassurante. Il est passé le temps où le boulanger engendrait nécessairement des boulangers, le vigneron des vignerons, le mineur de fond des futurs silicosés. Freud et Françoise Dolto sont heureusement passés par là. Comme disait Jean Cocteau : « Un enfant prodige est un enfant dont les parents ont beaucoup d'imagination. »
Pour un Mozart ou un Juli qui éclosent (et à quel prix), combien de petits génies brisés ! De José Jiménez Fernández, dit 'Joselito', « l'enfant à la voix d'or », qu'on pouvait croiser dans les bars interlopes de Madrid, dans les années 1980, avant qu'il ne passe définitivement du vocal à l'instrumental en se faisant coffrer au violon en 1990 pour trafic d'armes et de drogue en Angola, comme un autre prodige Arthur Rimbaud, en passant par Nadia Comaneci, Judy Garland. Tous propulsés dans une virtuosité et une réussite technique que leur mental et leur immaturité affective et sociale n'ont pu assumer, et qui en ont été psychologiquement destructurés.
D'un point de vue purement taurin, la question s'avère d'une actualité frappante. Si l'on fait partie des rares idéalistes qui conçoivent avant tout la corrida comme un combat, le sens de l'affaire Michelito prend une toute autre perspective : celle du sens de la corrida tout court.
En effet, le prix à payer pour ce combat, c'est le risque. Risque de blessure, risque de mort, risque d'invalidité pris par des adultes responsables en toute conscience.
Alors, de deux choses l'une : ou bien on soumet cet enfant à ce risque, ce qui est moralement inacceptable et ne saurait être raisonnablement envisagé ; ou bien on le confronte à des partenaires et non à des adversaires, ce qui relève de la parodie et de la farce et qui prive l'acte taurin de toute sa substance et de tout son sens.
C'est d'ailleurs l'alternative qu'on nous propose généralement dans les plazas de France et de Navarre. Dans cette optique, « l'affaire Michelito » prend valeur de symbole et il n'est pas indifférent de discerner à qui le « crime profite » en constatant la vibrionnante activité hagetmautienne des ténors du mundillo qui se sont employés à copieusement manipuler les édiles et à faire monter la mayonnaise avec des pudeurs de vierges effarouchées.
On les aimerait aussi combatifs et outragés sur des thématiques qui mettent réellement en péril l'avenir de la corrida et donnent de vrais arguments aux anti-corridas tels que l'intégrité et la faiblesse des toros, la décadence acceptée sinon organisée du premier tercio, la mort des « encastes guerriers », l'inaccessibilité des arènes aux classes populaires.
Un dernier aspect de cette tragi-comédie consacre son caractère pitoyable : celui de l'instrumentalisation réciproque. Certes, le premier sang, le casus belli, est à porter au compte des anti-corridas, mais cela reste dans la logique des choses et ils sont dans leur rôle, celui de la médiatisation simplificatrice et outrancière.
Ce qui apparaît moins glorieux, c'est non seulement de rentrer complaisamment dans cette fange, mais en plus d'y inviter les copains en les menaçant de les ostraciser et de ne plus les créditer du label d'« aficionado patenté et respectable » que certains se croient autorisés à décerner.
L'atteinte à l'enfance présumée pure et innocente constitue sous nos latitudes « l'abomination de la désolation », ce dont les anti-corridas, qui ne sont pas nés de la dernière pluie, usent et abusent à l'envie. Après un premier round perdu à propos de l'entrée des mineurs aux arènes, ils s'attaquent à la participation de ceux-ci. Convaincu de la nature de pervers polymorphes de ces petits monstres qui finissent toujours par nous ressembler et fervent disciple de W.C. Fields, je ne saurais partager ce présupposé angélique. Pour autant, ne facilitons pas la tâche au crétinisme ambiant et ne tendons pas les verges pour nous faire battre !
Entendre Michel Lagravère s'offusquer dans un pathos lamentable du traumatisme subi par ses charmants rejetons, c'est déjà ridicule, l'entendre justifier les becerradas par l'ouverture à un public défavorisé, c'est stupide, injurieux et justifie l'accusation d'une commercialisation sous-jacente.
L'un des charmes, et non le moindre, de la tauromachie réside dans la diversité. Variété des formes, des approches, des points de vue. La corrida conserve par essence, contre vents et marées, ce goût délicieux de subversion, cette âme rétive et scandaleuse si nécessaire par ces temps de pensée politiquement et philosophiquement correcte. Aussi est-il déplorable de constater la tentative actuelle de normalisation et de confiscation d'une parole qui doit rester diverse. De même, il est contestable que des "Assurancetourix" autoproclamés s'instituent porte-paroles derrière on ne sait quel « machin » (comme disait De Gaulle). D'un observatoire on observe, on ne parle pas !
Quelle légitimité pour parler au nom de l'Afición ? Après les badges, nous imposera t-on les uniformes et le pas cadencé des troupes qui montent au front pour défendre on ne sait quels intérêts ? Nous proposera-t-on une carte, l'adhésion au parti ?
Aux dernières nouvelles, la becerrada fut un grand succès, son maintien, une grande victoire. Le mundillo n'est pas l'Afición, loin s'en faut. Certains se contentent de peu et se bercent d'illusion. Il est des guerres qu'on gagne sur le terrain et qu'on perd dans les esprits. Les « observateurs » seraient bien inspirés de ne pas l'oublier.
Xavier Klein
* Titre extrait de l'ouvrage Les Mots de Jean-Paul Sartre.
Photographie Añojos d'El Palmeral Camposyruedos
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05 août 2008
"Déceptions"... Coquilla à Hagetmau
Depuis l’année dernière, l’Afición française a la chance de pouvoir retrouver le sang Coquilla dans ses arènes. Les Coquilla sont issus de la version Ibarra du Santa Coloma et l’encaste donne, comme à son habitude, des bêtes de formats réduits, aux têtes commodes mais au caractère très affirmé ; les Coquilla étant reconnus pour leur grande caste et leur non moins importante noblesse. Mais lorsque cette noblesse est absente, les petits Coquilla deviennent les toros que vous n’oseriez souhaiter à votre pire ennemi. Curieux, l’aficionado s’était réjoui l’an passé de leur retour, d’autant plus que leurs combats, loin d’être idéaux pour cause d’une importante mansedumbre, offrirent au Plumaçon une matinée d’émotion par leur caste. On les attendait donc impatiemment à Hagetmau avec toutefois plus d’espérance quant à leurs qualités de fond.L’organisation semblait bien faite, dessin du fer au centre du ruedo et distribution du sorteo (on fermera les yeux sur l’erreur du fer) valorisant la matière première : le toro. L’adéquation semblait bonne ou du moins cohérente. Lorsque sortit le premier Coquilla de Sánchez-Arjona, 'Fontanero', imposant novillo très musclé et correctement armé pour la devise, il dégagea jusqu’au plus haut des tendidos une impression de sérieux par sa présence en piste et nous étions heureux d’être là. On se sentait heureux de pouvoir admirer des Coquilla, l’après-midi s’annonçait bien et… patatras !
Première pique et première déception d’une longue série. Le novillo s’emploie correctement mais sur une corne et la tête à mi-hauteur. La ration par contre est extrèmement sévère et surtout placée très en arrière du morrillo. Le novillo sort amoindri de la rencontre alors qu’il paraissait fort de patte. Changement de tiers et final du spectacle avec un novillo racé mais noblote qui raccourcit sa charge, pliant les genoux à plusieurs reprises. Les piètres qualités du novillero dans la lidia, proposant une faena sans âme, décentrée et tirant peu la main, n’arrangeront rien à l’affaire. Qu’en penser ? Mystère. Qui de la pique, de la lidia ou du novillo étaient fautifs ? Sûrement les trois. Mais cette interrogation n’est jamais agréable, et lorsqu’elle se produit, il est certain qu’il manque l’essentiel du spectacle par la faute des hommes en piste mais aussi d’une présidence complice et d’une organisation manquant de conviction.
La suite de la novillada fut la répétition de ce scénario détestable. Les qualités des novillos furent diverses et l’incertitude toujours présente, laissant au spectateur la désagréable impression de n’avoir pu jauger les novillos, et lorsque cet étalonnage est l’ambition première, la déception est totale.
Pour le reste, il faut relever une qualité de fond supérieure à la sortie montoise. La mansedumbre étant beaucoup moins présente et la caste toujours là. La bravoure semblait réelle, à l’image du sixième poussant corps et âme le peto, mais en six monopiques pour six novillos, comment porter un jugement sur la bravoure d’un lot ? Mais, et c’est un gros mais, les forces et le moteur furent en forte baisse laissant les qualités des novillos dans l’anonymat. Il est à noter, surtout par les temps qui courent, que les cornes restèrent intactes malgré de forts remates. Pour finir, que dire des novilleros ? Bien peu de chose pour éviter d’être très désagréable. Dépassé mais aussi sans imagination ni recours. Le summum fut atteint par Román Pérez, abusant du pico et laissant un gouffre entre lui et le novillo. Pegapase, le garçon aime les passes mais nous, nous n’aimons pas les siennes. A éviter, pour sûr. Son arrogance lors de sa sortie montera sur la tête est à des années lumière de la sortie d’un torero, comme put nous le montrer Morante de la Puebla en 2007 à la Maestranza lors d’un fracaso. Sans toreros et sans toros, pauvre de nous.
Thomas Thuriès
>>> Retrouvez dans la rubrique RUEDOS du site la galerie de cette novillada de Coquilla de Sánchez-Arjona.
Photographie Un novillo de Coquilla de Sánchez-Arjona à Hagetmau © Camposyruedos
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