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24 avril 2013

Joséphine Douet expose à Paris


Trois cas de figure possibles :

— Vous n’avez pas vu Manzanita à Séville et il vous manque.
— Vous l’avez vu, vous avez aimé et vous êtes nostalgique.
— Vous l’avez vu, vous n’avez pas aimé et ça tombe bien parce qu’il ne s’agit pas d’une expo sur Manzanares à proprement parler, mais du boulot de notre amie Pepina sur la route avec Manzanares et sa cuadrilla del arte, publié en 2009 sous le titre « Peajes ». 

Courez voir l’expo de Joséphine !



17 avril 2013

Slogans et sophisme


Non, ne voyez pas malice à ce nouveau post, ce n’est pas parce que ma chère Joséphine m’a mis un demi-puyazo en commentaire de ma reseña du solo de « Manzanita » que je reviens sur cette histoire. L’Alicantin n’est pas au top en ce moment, c’est une affaire entendue, et il n’est pas interdit de penser que cette « pierna contraria atrasada » érigée en principe de liaison dans les séries pèse aujourd’hui davantage sur le poder de son toreo que sur les toros qui demandent à être dominés.

Le mundillo au sens large (pas seulement les professionnels) marche par modes, et il n’est pas rare que certains bons mots soient repris comme paroles d’évangile et érigés en slogans. Il faut se méfier des phrases toutes faites comme des trop jolies formules. Récemment, j’ai beaucoup entendu que certains élevages étaient passés de mode, car ils ne correspondaient plus au toreo actuel… Ah ! Peut-être, mais cette affirmation ne me semble pas moins contestable que le dogme auquel je fus biberonné : « Cada toro tiene su lidia. »

Revenons aux bases : le toreo, c’est avant tout la lidia et, ensuite, les jolies choses. Les temps sont peut-être révolus désormais, mais il fut une époque où l’on se confrontait à l’animal sauvage pour montrer ses couilles au village, au quartier, à la cour… L’intention paraît grégaire, un poil rétrograde, mais l’anachronisme est consubstantiel à la fiesta brava. Je reprends : le toreo commence par la lidia ; la lidia, c’est la domination du toro, et ceci est même l’essentiel de la chose taurine. Il fut un temps où les classiques et les modernes s’étripaient sur la technique de Joselito et le sentiment de Juan Belmonte. José Bergamín lui-même passa le reste de sa vie littéraire taurine à justifier et minimiser le fait d’avoir démonté le sentimentalisme qu’il voyait dans l’interprétation sensible du toreo par Belmonte, dans L’Art de Birlibirloque (1930),  par rapport au génie de la raison et de la technique qu’était Gallito. Le recueil de Bergamín, paru chez Les Fondeurs de Briques, est éloquent à ce sujet — le bonhomme semblait assez obsédé par ce qu’il écrivait, au point d’y revenir tout le temps et de se citer continuellement. Et laissez-moi un commentaire, si je me trompe.

J’entends dire que chaque arène a son public et que chaque public a ses propres goûts et préférences — Dédé parle d’idiosyncrasie, parce que ça fait savant. C’est en partie vrai. C’est également faux. Si je me souviens bien, Pepín Liria n’a jamais été un grand artiste ; il était un bouseux de Murcia, pas un señorito andalou. Il a pourtant été reconnu et acclamé à Séville face à des corridas difficiles, et même si le Guadalquivir n’est pas le Tech — ni l’inverse, d’ailleurs —, ne sous-estimons pas la clairvoyance de son afición pour reconnaître et apprécier un combat âpre.

« Cada toro tiene su lidia » donc, mais chaque toro n’a pas la faena de quatre-vingts passes avec laquelle on nous enquiquine trop souvent ; chaque toro n’a pas vocation à aller chercher cette jambe contraire qu’on lui cache ; chaque toro n’a pas envie de faire des tours et des pirouettes : les Albaserrada sont peut-être malades dans les virages en voiture, après tout. Grâce à l’excellent blog Contraquerencia, qui évoque l’inquiétude de Manzanares de voir bouger les oreilles du Victorino, je suis tombé sur cette interview du diestro, dans Aplausos, dans laquelle il déclare : « Los toros estaban remirados por nota, por hechuras… Todo se había mirado mucho para que fuera una tarde bonita, y luego fue dura. » En fait, de jolie, la corrida fut dure… La belle affaire.

Zocato, dans son papier de Sud Ouest, a donc raison sur les deux premiers de ces trois points concernant le choix du Victorino : « Marketing d’hiver, communication à outrance, défi inutile. »
Voilà donc le geste de Manzanares expliqué à tous : tout fut fait et choisi pour que ce soit une tarde bonita, et le Victorino était bel et bien un coup marketing sur lequel il fut beaucoup communiqué. Mais la magie, dans la corrida, tient dans le fait que même chez Victorino, aujourd’hui, sort parfois une sale bestiole pas tout à fait d’accord pour être expédiée joliment dans l’autre monde ; la Maestranza vit alors « Manzanita » perdre les papiers, incapable de donner à son adversaire la lidia appropriée. L’esbrouffe fit tomber les masques, et le geste n’était qu’un effet de manche !

Le « seul contre six » de Manzanares fut un échec, retentissant au troisième toro en particulier. Manzanares est un torero qui n’a désormais plus besoin de Vogue ou de Séville, de son père ou de Madrid pour toréer ses soixante corridas par an — nul doute qu’il sait qu’il doit à Séville une revanche, et qu’il fera en sorte de le prouver dès son prochain contrat. Il y a pourtant peu à parier que cette revanche passera de sitôt par un toro de Victorino. C’est dommage. Personne ne le lui demande… Lisez Zocato : « Demandons-nous alors pourquoi l’artiste d’Alicante avait besoin d’inscrire cet élevage à son menu. […] défi inutile. » Voici la réponse, mon cher Vincent : quand on s’enferme avec six toros, on vient généralement démontrer la palette de son art, et cet art (on parle d’artiste) c’est de combattre et tuer des toros, pas de répéter si possible six fois la même faena pour moissonner un nombre record d’oreilles dans une Maestranza acquise d’avance. Ce qu’avance Zocato, dans la trinité « marketing d’hiver, communication à outrance, défi inutile », n’est rien d’autre qu’un sophisme ; un raisonnement complaisant et malhonnête.

Il serait torero de la part de Manzanares de ne pas écouter les flatteurs, qui ne doivent pas manquer de lui dire depuis samedi que ce genre de toros ne mérite pas mieux que le matadero, et de reprendre un jour là où il n’y a fondamentalement pas de honte à avoir échoué.

« Et sans dire un seul mot te remettre devant un Albaserrada. Tu seras torero, mon fils », aurait dit Rudyard Kipling, en 1910, à Rafael El Gallo — qui ne voyait pas l’intérêt de comprendre l’anglais…

14 avril 2013

L’échec et la rémission, Manzanita et Séville seuls contre six


À Jean, maître d’élégance et de cérémonie


La Maestranza est une planète, une société ; sa piste est un monde et la corrida fut une vie. Nul doute que « Manzanita » vit passer hier une éternité en un éclair à mesure que le temps se dilapidait, que passaient les toros, le train de la chance, les opportunités de triomphe, le crédit des dernières années. José Mari fils est un héritier qui a bâti seul son cartel sévillan, et c’est en enfant chéri qu’il pénétra dans le ruedo saturé de soleil et accompagné d’une rumeur où s’exprimaient l’attente, la promesse d’une tarde cumbre et le soulagement d’avoir pu gagner son tendido à temps malgré la cohue.

Le paseíllo s’interrompit pour une minute de silence en hommage à doña Dolores Aguirre Ybarra. In petto, je pensais alors au scandaleux solo de Manzanares père aux Vendanges nîmoises de 1995, alors même que les novillos de la Bilbaína mettaient le sable cérétan de la Saint-Ferréol à feu et à sang. Sur les gradins sévillans, les Maestrantes étaient apparus, avaient rangé leur épouse dans la grada attenante et sorti la duchesse d’Albe au palco des invités. En face, l’arène parlait beaucoup français, suffoquait au soleil de justice enfin de mise et, çà et là, l’escalafón des deux dernières décennies attendait l’événement.

Le doute apparut au premier (Núñez del Cuvillo poids plume et sans transmission), légèrement, puis se fit jour quand le lourd Domingo Hernández sortit en piste, réclama les papiers et une leçon pour son impertinence. Les amis disaient que « Manzanita » n’était pas en forme, et nous en eûmes alors la confirmation. Le toro méritait d’être essoré ; il fut châtié en entame de faena, par le bas comme il convient, mais le sitio resta inédit, les tandas fades et les aciers laborieux. L’arène fit saluer « Manzanita » à la fin des deux premiers toros, par patiente politesse.

Sortit le Victorino, très typé… Buendía, commode de trapío et d’armure — moins dans les intentions. Curieux de tout et désordonné en tout, la lidia désastreuse acheva de révéler ses défauts. Nous n’avions pas à faire à une alimaña dans le style ancien de la maison, mais l’Albaserrada imposa un sentido et un danger qui ne ressemblent plus guère à ce que la maison produit. Après quatre rencontres catastrophiques au cheval, la piste était sienne et l’habituelle cuadrilla de « Manzanita » sua sang et eau pour lui coller trois paires de banderilles, dont deux supérieures de torería, d’exposition et d’aguante de la part de Juan José Trujillo. Le subalterne fit exploser la plaza et jouer la musique, pensant ainsi redonner un peu de lustre et d’espoir à son matador. Il n’en fut rien.
« Manzanita » débuta à gauche, se fit accrocher et avertir, mais jamais ne trouva la solution au problème posé, jusqu’à perdre les papiers et patience à la mort. Le demi-geste très relatif d’inclure un Victorino dans le lot, au regard de l’évolution de la ganadería, s’avéra un Everest, une interro surprise pour laquelle il rendit copie blanche. En fait de sommet, au mitan, la course avait précipité le prince de Séville dans un cul-de-basse-fosse, un abîme de doutes et de dépression. La vie passait, les trains avec. Le public, douché.

Sortit alors un porc colorado invalide d’El Pilar dont il fallut abréger l’existence publique pour inutilité manifeste, puis un Toro de Cortés, qui fut rendu au toril pour faiblesse et remplacé par un Juan Pedro auquel fut tiré enfin une série de la droite célébrée par un poing brandi. Mais l’affaire tourna court et l’orchestre rangea les instruments après trois séries. Le sixième allait sortir et « Manzanita » se perdait en rituels superstitieux à la barrière quand le public décida de le tirer de là ; une ovation debout le résolut à s’agenouiller a porta gayola. Le rituel recommença de longues secondes, la main droite sur l’épaule gauche, les signes de croix, le grigri dans le chaleco…

Le Juan Pedro fut accueilli par trois largas de rodillas et une série électrique au capote qui fit bouillir les gradins. Le petit prince était de retour et allait nous dessiner un toro. De peu de trapío, mais d’une fijeza et d’une classe dans l’embestida à faire pâlir d’envie tout l’escalafón, le Domecq fut le moteur de la fête, l’indulgence faite chair, l’agneau sur l’autel de l’absolution du fils prodigue. Celui-ci servit alors un quite par tafalleras « rématé » par une cordobina de cartel, puis Trujillo dut saluer pour sa brega millimétrée, avec Curro Javier et Luis Blázquez aux palos.
La faena commença au centre et, enfin, José Mari récita le couplet qu’attendait la Maestranza, dans son style personnel, déchargeant la suerte pour lier sans fin, ornant son élégance naturelle de quelques adornos magnifiques : un desprecio souverain, une passe des fleurs, pour célébrer le printemps revenu, et une trincherilla sèche et magique. La tentative à gauche ne culmina pas en de tels sommets, mais la Maestranza ne bouda pas son plaisir. Épuisé de tant de bonté, le Juan Pedro baissa et fut expédié ad patres d’un recibiendo maison.

Deux oreilles tombèrent l’une après l’autre ; l’arène au comble de l’extase tant attendue demanda une vuelta al ruedo que la présidence refusa. Le public réclama un toro de regalo qui ne vint pas. Le train était passé et l’émotion devait rester au climax afin de voiler l’amertume de l’échec global du rendez-vous. Les abrazos dans le callejón exhalaient un parfum de soulagement — le petit s’était rattrapé aux branches. En cette saison, à Séville, celles-ci sont couvertes de fleurs d’oranger. Il n’y a de moments pareils que dans une corrida.

20 décembre 2011

Capture d'écran


« On ne peut pas systématiquement récompenser la connerie et espérer que cela demeure sans conséquences. » Carlos Granés

14 novembre 2011

L'Oreille d'or selon Manon


C'est Juan Pelegrín qui a publié ça aujourd'hui sur son blog. Je l'ai sans doute traduit de façon médiocre mais assez fidèlement pour vous faire dresser l'oreille, je pense.

« Manzanares s'est vu attribuer l'Oreille d'or de Radio Nacional de España.

Samedi, je suis tombé par hasard sur un morceau de son interview sur Tendido Cero. Je n'ai pas réussi à m'intéresser à ce qu'il a pu dire. Rien.

Logiquement, lui non plus ne sera pas intéressé par ce que je peux dire.

À un moment, dans cette interview, il a assuré que le G10 se battait "pour l'intégrité". Je vous jure que j'ai fait un bond dans le sofa en pensant qu'à la fin il allait dire "du toro". Non. Il a dit "du torero". Mais, évidemment, en entendant "intégrité" je me suis réveillé…

J'assume le fait d'être un aficionado épouvantable (si je le suis à un grade quelconque) mais suivre la voie que nous montrent le promu et beaucoup d'autres vedettes me semble annoncer le suicide de la Fiesta. Pour l'heure cela a déjà provoqué la mort de quelques encastes.  

Je préfère, pour la survie de tout ça, voir gagner le 20N, un parti antitaurin, plutôt que de distribuer dans les écoles les temporadas complètes du G10. 
J'insiste, je suis un aficionado épouvantable.

Non, je pense qu'il n'y a pas de retour en arrière possible. »

01 mai 2011

El cuerpo malo


Des SMS, des messages, des mails, des coups de téléphone ; jamais comme hier soir. Ils m’appellent, de là-bas, pour me dire, pour témoigner, pour le partager, comme on partage une tristesse, ou pire, une douleur.
J’ai lu ce matin que, peut-être, ce jour-là serait celui où tout a basculé. Je pense qu’il y a longtemps que tout a basculé, doucement. Là, c’est juste que ça s’accélère.
Ce matin, j’en ai reçu un dernier, celui d’un ami andalou :
« François,
Tengo el cuerpo malo por lo que ha pasado esta tarde en la Maestranza... Un toro que escarbó, que no peleó nada en el caballo, que se fue a refugiar en la querencia de los chiqueros, que tuvieron que banderillear en querencia, que terminó con el culo pegado en las tablas de los chiqueros... ¡Se haya indultado!
Díos mío, esta claro: el toro que triunfa es el manso sin casta, porque permite el triunfo del matador. »

Soit : "François,
J’ai la nausée de ce qui s’est passé cette après-midi à la Maestranza... Un toro qui a gratté, qui n’a absolument pas combattu au cheval, qui s’est réfugié dans la querencia du toril, qu’ils ont dû banderiller en querencia, qui a terminé le cul collé aux planches du toril... Et ils l’ont gracié !
Mon dieu, c’est clair : le toro qui triomphe est le manso sans caste, car il permet le triomphe du matador."

En trois lignes tout est dit. Circulez, y a rien à voir. D'ailleurs ce matin, dans l'ABC, on pouvait lire : "Si hay alguien que ponga en duda que lo vivido ayer en la Maestranza es discutible, mejor que se dedique a otra cosa."

Soit : "Si quelqu'un considère ce qui s'est passé hier à la Maestranza comme quelque chose de discutable, il vaut mieux qu'il aille s'occuper d'autre chose."

PS Un lien pertinent : "Un indulto con mucho cuento". Pour celles et ceux qui ne seraient pas encore au courant, hier, à Séville, José Maria Manzanares a gracié un toro manso de Núñez del Cuvillo.

31 août 2010

Zalduendo, Bilbao, zéro...


N'est pas Durand qui veut et écrire sur rien n'est pas à la portée du premier Tendido69 venu. Je pourrais passer le temps en parlant du Guggenheim, d'Anish Kapoor, de son canon à peinture rouge, ses excréments en béton ou ses miroirs déformants où les filles de Pepina passeraient des heures à s'élaborer des migraines. Ou bien dire qu'au-delà de Zabalburu et de la voie ferrée, la Calle de Las Cortes de l'autre côté était jalonnée de putes immigrées mais ponctuée par mon hôtel. Je dois avouer qu'aux heures indues de mes retours, je l'empruntais, mon ébriété à l'abri d'un taxi.
Je repasserai pour la frime.
La corrida de Zalduendo a commencé dans le rose confort imaginaire et ouaté d'une poitrine gonflée d'injures, et la vigueur d'un doigt dressé. Elle a fini la tête lourde de lassitude. Entre les deux, rien que trois gouttes pour faire basque et un peu de volonté d'emballer le sprint final de la part de Manzanita. Nouveau rendez-vous manqué avec ces figures que je vois rarement.

>>> Quelques clichés vous attendent sur le site, rubrique RUEDOS.

Photographie © Frédéric 'Tendido69' Bartholin

17 décembre 2009

Faena bien ordonnée commence par un théorème


Il en a fallu du temps. Plusieurs siècles. Des décennies à gloser sur des supercheries, à déblatérer sur des prétextes. Des prétextes ? Oui, la corrida... Un prétexte, un exemple, pas même une parabole ! Le combat du toro, dans son acceptation "moderne" a dû nous tomber, sans que l'on s'en rende compte, d'un mathématicien arabe, pressé par quelque croisé en reconquista et sommé de déguerpir plus vite que ça. Il faudra faire la même chose pour expliquer le flamenco, un de ces jours, quand on aura du temps, un compas et une règle. La tauromachie n'est pas plus un art qu'une philosophie, un sport de combat, une danse, une parade nuptiale ou un rite, la tauromachie est une démonstration géométrique pour peu que l'on sache se placer au bon poste d'observation et saisir le moment d'un clic. Le reste n'est qu'affaire de littérateur, de rhéteur : il faut bien des scribes et quelque antique expert en marketing pour tendre des ponts vers nos médiocres capacités d'entendement empirique.
Il y a les praticiens : des guerriers contorsionnistes qui tentent tant bien que mal de se mouvoir dans ce petit monde. Parmi eux, José Mari junior, 'Manzanita'. Statue classique et déclinaison exemplaire d'un nombre d'or sur un bloc de marbre par un pygmalion ibère, sculpteur initié peut-être vaguement homo. N'écartons aucune hypothèse. Manzanita est donc un praticien, parfait ou pas loin, un genre de magicien discret, un peu pantin comme tous, une grande toile blanche joliment gaufrée, un peu froissée, l'écran au fond de la caverne de Platon sur lequel la plèbe projette ses images, ses existences rêvées, ses théories fumeuses. La plèbe ? C'est nous. Enfin, c'était nous, enfin... Une immense agora autour de ce petit monde. Des gens avec des airs entendus, admiratifs, blasés ou autres... Une collection de masques, affamés de miettes que le vent de Grèce voudra bien porter jusqu'à leurs côtes italiennes d'où ils scrutent. La tauromachie est une géométrie, je vous l'ai dit. Suivez !! A partir de Charybde, de Scylla, du Vésuve et du Stromboli commence donc la foule, un air de commedia dell'arte, une touche de néo-réalisme. Des photos le prouvent. L'Italie un peu grotesque est le futur de la Grèce géométrique : une translation aussi réussie que possible, une condition de son existence, un marché selon les capitalistes.
Planquée quelque part entre ces deux mondes, Joséphine Douet, géomètre camouflée en photographe fonde ses théorèmes et développe des démonstrations à grands coups de 50 mm. Sur ses photos, des demi-droites, issues d'un œil de torero, qui viennent se fracasser invariablement à la frontière du volume délimitant ce petit monde. Des lignes de fuite désespérées, résignées ou inspirées, en forme de regards obliques et victimes de ce théorème implacable : toute demie-droite issue d'un point à l'intérieur d'un cercle se heurte au périmètre de celui-ci. Voilà pour la vision euclidienne : deux dimensions et surface plane. Par récurrence, l'auteure ajoute une dimension : le cercle devient sphère, mais toute tentative de fuite demeure vaine. Quatrième dimension : même verdict implacable, le temps dans lequel s'inscrit le torero est courbe et roule de répétition en répétition. Pas d'échappatoire. Toujours pas. Aux parois du petit monde rebondissent et tambourinent les regards des toreros, les demies-droites s'entrechoquent dans un vacarme assourdissant qui ne semble souffrir aucune plainte, aucun aveu. Tout est là et tout y reste, à sa place : les images saintes sur la table, les angoisses, les souvenirs, la torería... Rien ne filtre. Pris au piège, les éléments s'ordonnent, le hasard n'a pas sa place dans un théorème — voyez la main au revers du capote qui donne une Véronique de salon avant la course. Tout y est dit. Quelque part un toro se meut au sein de cet espace clos, fatalement il y a des chances qu'il croise une de ces lignes. Pour l'instant tout va bien.
La sphère est transparente et avale de façon vertigineuse les routes du monde plébéien qui la contient.

>>> Une galerie des photographies de Joséphine Douet est disponible sur le site, rubrique PHOTOGRAPHIES, et son livre est désormais distribué par la FNAC...

02 septembre 2009

Peajes (II)


Séville, avril 2009. Le séjour tire à sa fin tandis que de fines gouttes de pluie viennent brouiller les vitres du seul café ouvert où nous avons trouvé refuge. Sous la lumière crue des néons qui éclairent le matin gris, assis sur le bord des sièges recouverts de molesquine, les clients s’affairent autour de leur petit-déjeuner, indifférents à la nostalgie qui déjà nous étreint.
Pepina sort de son sac une vingtaine de feuilles plastifiées de format A4, rassemblées dans un classeur d’écolière. Au même moment, détournant le regard vers la rue, j’aperçois Matthieu derrière la glace, le visage défait des réveils sans sommeil, planté debout devant le taxi qui l’accompagne à l’aéroport ; il agite doucement et tristement sa main en signe d’adieu ; je n’aurai pas droit au récit de sa nuit d’ivresse.

Un silence attentif vient s’installer au milieu de nous, facilité par la fatigue et la torpeur des fins de vacances. Je connais déjà quelques-uns des travaux de Pepina. Que ce soit dans les pages glacées des magazines ou sur les grandes affiches placardées dans les rues, on n’échappe pas à ses images glamour empreintes de cette beauté plastifiée qui fait vendre et rêver. Pour qui sait se montrer attentif, on discerne pourtant nettement, dans ses travaux plus personnels, une âme qui affleure, une sensibilité à fleur de peau, cette profondeur et cette rêverie émanant d’un monde intérieur riche et délicat que la photographe ne parvient pas totalement à cacher derrière une exubérance protectrice. Pour franchir le rempart, il faut accepter de plonger dans cet esprit où l’homme se tapit, refusant toute compromission avec les apparences trompeuses et l’esthétique facile.

Joséphine Douet est photographe mais aussi aficionada, comme François le signalait à l’occasion de l’annonce de l’exposition d’Alicante. Une aficionada qui, comme chacun d’entre nous, a sa propre histoire avec les toros et vient chercher dans la lumière et la chaleur des ruedos une part supplémentaire d’humanité ; de l’essence d’humain, en quelque sorte. Nos gros plans de toros, nos photographies mettant la bête sauvage au centre de tout, ne l’intéressent pas. Elle ne s’en cache pas.
Les photographies de Joséphine Douet touchent à l’intime et se présentent nues, dépouillées d’artifices, sans le fard qui se dépose généreusement sur le visage des modèles qu’elle a l’habitude de photographier. Ce parti pris audacieux est indubitablement risqué : la valeur artistique et humaine des photographies de Joséphine Douet demeurera peut-être ignorée du grand public, des consommateurs d’image à outrance vivant au sein d’une société qui en est saturée. La plupart de ses clichés sont sans concession à la facilité. L’impact a lieu après quelques secondes d’observation attentive ; on est d’abord séduit par une composition harmonieuse, l’œil vaguement attiré par tel ou tel détail, avant de ressentir toute la puissance du cliché.

La pluie continue de tomber, plus abondamment, et forme des rigoles qui serpentent dans les rues pavées du baratillo. Je referme doucement le classeur d’écolière. Pepina regarde ailleurs. Frédéric reste silencieux, plongé dans la contemplation de ses pieds ; il connaît déjà les photos et n’a pas besoin de croiser mon regard pour connaître mon sentiment.

Pepina s’éclipse et reprend la route de Madrid. Sans sa petite pomme. Quelques jours, semaines, mois de travail acharné plus tard, le livre sera là. Le 5 novembre 2009. Il sera bientôt sur la table basse du salon, projetant dans tout le séjour le regard de José María tourné vers lui-même. Je ne les ai pas revues ; rassemblées dans leur bel écrin, les photographies de Joséphine Douet continueront sans doute de m’apparaître sous leurs feuilles plastifiées, un matin d’avril blême, à Séville.

01 septembre 2009

Joséphine Douet, en la carretera con José Mari Manzanares


Nous avons déjà présenté ici la photographe Joséphine Douet, son expo d’Alicante, son travail photographique, sur les routes, avec "notre cher Manzanita".

Nous venons de recevoir le dossier de presse de l’éditeur du livre. Ça y est. Peajes est dans les tuyaux, sur les rails, bientôt chez vos libraires. La préface sera signée par Agustín Díaz Yanes et le prologue par Jacques Durand. Bonne nouvelle, l’objet sera bilingue, français/espagnol.

Je vous livre tel quel le texte qui nous a été adressé par les éditions Bellaterra. Nous en reparlerons, évidemment...

Edicions Bellaterra - Calle Navas de Tolosa, 289bis - 08026 Barcelona - 
http://www.ed-bellaterra.com/

JOSÉPHINE DOUET
PEAJES, en la carretera con José Mari Manzanares

Por primera vez, una fotógrafa se ha embarcado con un matador y su cuadrilla, para retratarlos en su vida, sin adornos. Como un miembro más del equipo. Y contra las supersticiones.
El matador es José María Manzanares, la fotógrafa Joséphine Douet. De esta estrecha colaboración entre dos grandes artistas ha nacido una historia maravillosa, inédita y llena de arte.

Un viaje al centro de un mundo intenso, misterioso, y bello.
“… Joséphine nos ha enseñado al José María Manzanares torero y viajero. Como John Ford, Hawks o Bud Boetticher, ha fundido a su protagonista con el paisaje, con las herramientas de su trabajo, con su soledad y con la soledad de los suyos (la cuadrilla).
La poesía de sus excelentes foto está en las pequeñas cosas: en el hotel de carretera desangelado, en el mozo de espadas limpiando el vestido de torear con una ducha de mano, en la caja de montera esperando, majestuosa y solitaria en el bordillo de una calle cualquiera de una ciudad cualquiera, en la comunidad de toreros cenando apresuradamente en un restaurante anónimo…
Joséphine ha fotografiado la trastienda, la ruta, la caravana de hombres que día a día, noche a noche va tejiendo su destino. Sin aspavientos, con naturalidad. Con la naturalidad y el realismo de los grandes.
Caras preocupadas, caras serias, caras cansadas. Los rostros de la fiesta.
Herramientas artesanas: muletas, esportones, fundas, cajas de montera. Las herramientas de la fiesta. Hoteles, carreteras, coches, restaurantes, patios de cuadrillas. Los lugares de la fiesta. Y muchos de estos rostros, muchas de estas herramientas, muchos de estos lugares, los ha fotografiado Joséphine en blanco y negro. Gran acierto. “El blanco y negro es una traducción de la realidad y una huida de la realidad” (F. Trueba). Como el toreo…. Es muy emocionante viajar con Manzanares y Joséphine por esta colleción de estampas sutíles, de imagenes bellísimas que reflejan tan bien la geografía secreta de ese viaje al verano de sangre, sudor, lágrimas y gloria que año tras año espera a los toreros”.
Agustín Díaz Yanes

17 août 2009

Basque week-end


Bal sans eux
La temporada avance et j'ai beau chercher, je ne me souviens pas d'une tarde à même de me laisser un souvenir digne de figurer sur la première page de Burladero ou Mundochoto : des toreros a hombros accompagnant un mayoral, ivres de triomphe. Depuis début 2009, je vois parfois des toreros, parfois des toros, mais toujours dans un bal où l'on se frôle sans jamais se rencontrer.
Mu par la foi qui déplace les aficionados, me voici en terre basque un 15 août face à un dilemme : Roquefort, Dax, San Sebastián, Bayonne ?* Tout le monde semble s'être donné rendez-vous samedi autour de Morante à Bayonne. Je sais que la belle ne viendra pas, mais j'y file tout de même, car on n'a pas toujours la force d'avoir l'esprit de contradiction. Antonio Bañuelos a déployé 6 toros comme ça face à Aparicio, Manzanita et Miguel Tendero remplaçant "l'irremplaçable" Morante. A posteriori, il est facile de dire que personne ici ne jouait sa place face à quelque concurrent que ce soit : le "liant" Morante entre Aparicio et Manzanita a fondu sous la canicule remplacé par une brique réfractaire. Précautionneusement installés à l'ombre sous la protection du clergé en soutanes noires, très cinéma italien d'antan, nous avons assisté à ces courses au kilomètre dont je ne lis plus les comptes rendus. Sosería, démotivation... Ennui, malgré l'entrain clérical du rang au-dessus. Sous le soleil de Satan ce jour, le journal du torero de campagne n'avait rien de l'ouverture de la mer rouge un jour de retours de vacances et les murailles de Bayonne et de Jéricho ne frémirent que d'ennui. Que venaient faire ces 3 personnes en ce lieu ? Bonne question. Profiter de la magnifique musique ? Tendero, inédit pour moi, me laissa une très vilaine impression de vulgarité pueblerina : toreo pa' fuera, pico, seul un temple droitier à sauver. Insupportable. Festival de bajonazos ovationnés, rideau ! Puni là où j'ai péché.

Dimanche pluvieux autour de Bayonne, cap sur Bilbao ensoleillée par l'autoroute Gran Turismo qui serpente, monte et descend de la frontière à la capitale de Biscaye. D'attendu le Fundi encore malheureux la veille, passera au statut d'absent regretté. Florent comptait 6 accidents divers cette année pour celui de Fuenlabrada.
Le soleil inonde le casco viejo, puis se voile à l'heure de rejoindre Vista Alegre à travers le canyon urbain de l'autre rive du Nervión. La plaza de toros constitue toujours une véritable rédemption pour ce lieu.
Antonio Barrera substitue le Fundi comme un autre remplaçait Morante la veille. Sur le mâchefer, le costume du Sévillan, rouge "reliure cuir de Toros" offrait un contraste extraordinaire, une véritable splendeur. C'est déja ça. La Quinta avait envoyé un lot cuajado, présenté, dont la caste tenta de faire oublier la faiblesse : la corrida tint debout mais les toros eurent tendance à baisser physiquement. Barrera lassa plus de dix minutes à chaque faena. Sergio Aguilar se présentait. Il fit face à un second toro peut-être affublé d'un défaut de vision, plutôt presbyte que myope mais qu'il toréa de près. Peu croisé au 5ème, coletero, calcetero, faible mais brave, il persista dans sa tauromachie étouffante et courageuse alors que le toro attendait qu'on lui offre la distance pour donner plus. Si Tendero avait des allures de pute créole dans un bordel de la Nouvelle-Orléans, Aguilar évoque plutôt une Infante d'Espagne du XIVè allant prendre le voile dans un sombre couvent Castillan. Iván Fandiño sauva la course au 3ème qui ne supportait guère que 3 ou 4 passes par série. Sans fioritures, classique et sincère, il coupa une oreille grâce à deux séries droitières de classe avant et après avoir changé l'épée. Le 6ème n'offrait rien d'autre qu'un triste final. Certainement le pire du lot.

Même les trains de nuit n'attendent pas. Au moment de sortir, les vieux étaient accoudés à la rambarde filant le long de la rue qui monte au dessus des arènes. Les photographes sérieux se régalent à Bilbao.

>>> Vous pouvez d'ailleurs retrouver sur le site, rubrique RUEDOS, les galeries des corridas bayonnaises d'Ana Romero (8 août) et d'Antonio Bañuelos (15 août).

* Je sais que tous ces lieux ne sont pas stricto sensu au Pays basque.

11 juin 2009

Joséphine Douet, photographe


Imaginez, une gonzesse, un appareil photo autour du cou, embarquer pour plusieurs semaines dans le coche de cuadrilla d’un matador de toros. Pas n’importe quel matador, José María Manzanares, "notre cher Manzanita".
Je vous vois bien là, en train d’imaginer. Un gros plan sur ses fesses par ci, un flou artistique sur son maniement de muleta par là, et quinze mille photos de toutes les vueltas ensoleillées qu’il a pu donner entre l’été 2008 et le printemps 2009. Vous imaginez, un truc joli ET d’actualité, un peu comme un journal de campagne. Un cauchemar oui. Eh bien non, vous n’imaginez rien du tout.
Pensiez-vous sérieusement que le site qui vous a présenté Michael Crouser, qui vous a un jour parlé de Manon ou de Jaydie Putterman irait se perdre dans les méandres kitsh des niaiseries d’un trop commun, dans lequel, j’en suis certain, les premières phrases de ce post vous ont immédiatement plongé ? Vous conviendrez qu’un malentendu peut parfois très vite arriver. Alors, reprenons, sérieusement cette fois.
Joséphine Douet est française, photographe de mode. Elle vit à Madrid et travaille, entre autre, pour Vanity Fair, Telva, ELLE, Rolling Stone, l’Officiel, et d'autres.
Joséphine, c’est vrai, a pris la route avec Manzanares, et a été le témoin très privilégié de ses pérégrinations, pendant de longues semaines. Elle a intégré ce monde, comme probablement personne ne l’a fait avant elle. Et le résultat photographique qui témoigne aujourd’hui de ces heures et de ce temps passés est assez fascinant.
Pour commencer, Joséphine a laissé de côté l’aspect glamour et glacé des photos de mode. Ne vous attendez pas à trouver dans ses photographies les codes des clichés publiés dans les magazines féminins.
Je vous avais confié, qu’à mes yeux, le travail de Michael Crouser était un sommet, une référence dans ce qui a été réalisé photographiquement sur la tauromachie. Le travail de Joséphine Douet constituera une autre référence, le genre de travail dont on se dit, dès le premier contact, avant même d’approfondir et d’y réfléchir : « Ah… là, y'a un truc. »

La vision de Joséphine, d’une certaine manière, c’est de l’anti Crouser. Mais n’allez pas chercher dans cette affirmation une idée faussement reçue ou un quelconque critère qualitatif, même pas une tentative d’ordonner les choses. C’est juste que ça n’a rien à voir et que les deux démarches sont dans le fond radicalement opposées.
Les prises de vue de Crouser sont très majoritairement réalisées en pleine lumière, en piste essentiellement, puis extrêmement travaillées au labo.
Le travail de Joséphine Douet, à l’inverse, quasiment en marge, touche à l’intime et se présente presque nu, dépouillé de trop de manipulations au post traitement. Une sorte de minimalisme photographique, un less is more pour aller à l’essentiel et au fond des choses. La simplicité pour émouvoir et témoigner, sans artifice.
Et c’est peut être de ce point de vue que la photographe prend un risque, celui de ne de pas s’ouvrir immédiatement au plus grand public, car nombre de ses clichés, pourtant très contemporains - ce lavabo a indéniablement des airs d'un tableau de Mark Rothko - sont sans concession à l'air du temps ou à une esthétique facile. Il ne s’agit pas de photographies taurines, il s’agit de bien plus que cela. C’est bien simple, la focale fétiche de Joséphine Douet est le 50 mm. Et ceux qui touchent, ou ont un peu touché à la photographie le savent bien, avec un 50 on ne triche pas. Il n’y pas d’artifice possible avec un 50, et pas d’autre porte de sortie que la réussite ou la poubelle, la porte de l’infirmerie ou celle du triomphe. Un 50 et tout est dit, ou presque. Ce travail, dont nous avons eu la chance, dès cet hiver, de pouvoir nous régaler d’environ quatre vingts clichés commence sa vie publique aujourd’hui même, à Alicante, avec l'exposition d’une trentaine de tirages.

La suite, se sera pour l’automne à Madrid, une autre exposition et la publication d’un livre dont nous vous entretiendrons évidemment. Pour l’instant deux liens utiles : Joséphine DOUET, Photography & José María Manzanares.

Et pour ceux qui auraient la chance de passer par Alicante :
Peajes, vida de torero /// Centro de Bellas Artes /// Plaza Quijano, 4 /// Alicante /// Del 11 al 30 de junio del 2009.

15 mai 2009

Azules y Corinto


Il avait écrit « Campo de la verdad » en hommage à José Tomás. Vicente Amigo remet ça avec « Azules y Corinto » en hommage à notre cher Manzanita.

23 août 2008

La corrida sans / Bilbao 2008


Rien d’extraordinaire sous les fines gouttes de pluie bilbaínas. Un lot de toros de Torrealta (le second était un remplaçant de Javier Pérez Tabernero donc Atanasio) insipide, sans trapío, sans force en général, avec des problèmes moteurs pour certains, sans réelle bravoure… Un lot sans. Et des matadors au diapason de ces sans…

Une corrida sans, sans rien à écrire finalement. Alors, point.

>>> Retrouvez sur le site dans la rubrique RUEDOS la galerie de cette corrida.

Photographie Manzanares entrando a matar © Camposyruedos

22 mai 2008

A Granada


A Granada, une histoire de lot refusé par les vétos et deux toreros, Juli et mon cher Manzanita, qui tombent du cartel. On s’en moque. Son cosas de toros comme on dit. En temps normal, nous ne l’aurions normalement pas évoqué ici. Sauf qu’il m’est impossible de ne pas relever et attirer votre attention sur cette déclaration pertinente de Roberto Domínguez, el señor descabellador, mentor du Juli : « Se han presentado nueve toros, varios de ellos con más de 600 kg ». Des toros de plus de 600 kg ! Rendez-vous compte messieurs dames, vous avez été privés de toros de plus de 600 kg... Incorrigibles taurinos...

15 avril 2008

N'en jetez plus !


N’en jetez plus ! Oui, oui, nous savons... Les galeries ne fonctionnent pas. Nous y travaillons. En attendant, cliché de Yannick ; notre cher Manzanita et un Ventorrillo à Séville.

07 avril 2008

Appel au peuple

Enfin, n’exagérons rien non plus. Mais notre ami Tendido69 est à la recherche d’une âme charitable qui pourrait l’amener de Nîmes à Barcelone le dimanche 20 avril prochain.
Je le connais bien, et me porte garant de sa moralité et son éducation. Il n’éructe pas en voiture, ne rote pas, ne ronfle pas, ne gémit pas et ne sent pas des pieds. Il peut même se montrer extrêmement bien élevé.
Par contre, je me chargerai de lui au retour car après une journée en Espagne et une corrida historique – ne doutons de rien – la simple idée de remonter à Lyon va le transformer en gamin infernal et insupportable. Je m'acquitterai donc de cette délicate tâche. Par contre, pour l’aller, vous pouvez y aller sans crainte. Il partira donc le dimanche matin. Oui, car à Camposyruedos nous sommes très snobs. Nous n’irons que le dimanche. Si encore ils avaient eu le bon goût de programmer mon cher Manzanita le samedi... Mais même pas... Pour la Merced peut-être ? Espérons.

Pour Tendido69 contactez-nous à contact@camposyruedos.com et je vous filerai sa sortie de territoire...

06 avril 2008

Noir & Blanc

Aujourd’hui, un message quasi perso pour certains collaborateurs de CyR. Une conversion en noir en utilisant uniquement le module "camera raw" de CS3... Le mélangeur de couches est d’une puissance assez phénoménale en fait. La richesse des gris commence à être digne d’intérêt il me semble. Non, ce n’est pas du chinois. Pour les autres c’est Manzanares, Arles, mars 2008.

07 octobre 2007

Une fois (ou deux) n'est pas coutume

Comme vous l'aurez sans doute noté, c'est au protagoniste principal de la Fiesta, à savoir le toro, que nous donnons ici toute la place qu'il mérite, et il n'est pas vraiment dans le style de la maison de s'extasier sur les passes données au kilomètre par les soi-disant figures de l'escalafón.

Ceci étant rappelé, et je pense pouvoir parler également au nom de mes chers collègues de Campos y Ruedos, nous savons aussi apprécier à sa juste valeur le talent de toreros qui incarnent à nos yeux l'orthodoxie, la pureté et la vérité du toreo. D'où la place réservée à des diestros comme César Rincón ou El Cid.

Or même si José María Manzanares hijo est encore loin d'avoir fait toutes ses preuves avec tous les toros, force est de reconnaître qu'il fait partie de ces jeunes espoirs susceptibles de nous apporter l'émotion du toreo vrai, par l'exécution d'une tauromachie ultraclassique et élégante, non dépourvue d'un grand sens de la lidia.

Alors ne boudons pas notre plaisir, sans néanmoins renier nos convictions et nos exigences. A ce titre, il est à noter que, malheureusement, c'est essentiellement dans les grandes arènes (Madrid, Séville, Bilbao) que l'on pourra véritablement apprécier les talents du jeune homme face à un toro digne, seul à même de procurer les émotions de la corrida véritable.

Après Solysombra et Manon, je sors donc du bois (ou de l'armoire, comme on dit apparamment en Espagne), et vous poste ci-dessus quelques photos évidemment loin du niveau du grand photographe madrilène. Vous pouvez les voir en pleine résolution en cliquant (on se répète...).