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01 septembre 2013

Le prix Con tout court


Exception française, la rentrée littéraire est un phénomène qui donne l’occasion à une foultitude de journaux, revues, fanzines et autres de nous conseiller quoi lire dans les mois d’automne qui se profilent. Chaque année ou presque on nous vend du Nothomb, du Angot et autre littérature industrielle sans aucun intérêt, si ce n’est celui — et ce n’est tout de même pas le moindre — de focaliser un temps l’attention des Français sur les livres, parmi lesquels, peut-être, ils dénicheront une pépite… rare, faut-il en convenir. 

Aujourd’hui, appliquons cet exercice à l’envers en ce qui concerne la « critique » taurine, qui n’a plus rien de critique et encore moins de littéraire. À l’envers, c’est-à-dire qu’au lieu de conseiller nous allons déconseiller la lecture de certains compte rendus de la très gentillette corrida de Cebada Gago « lidiée » samedi 31 août dans les arènes bleu ciel et blanc de la basco-gasconne Bayonne.

À éviter absolument, donc :
— La chronique pitoyable de Maurice Berho (Mundotoro.com), qui ne comprend pas un public qui conspue David Mora et qui prend fait et cause pour le ganado de Cebada Gago. Berho fréquente de trop près les toreros et tout ce qui tourne autour pour être un minimum critique, audible et crédible. Au final, il est à l’unisson du niveau du site Internet pour lequel il « travaille ».
— La reseña espagnolesque de ce cher Patrick Beuglot (Toros2000.com), qui faisait la moue en callejón parce que, chez lui, le public ne comprend jamais rien alors que lui « sabe »
— Le compte rendu de Pierre Vidal (Corridasi.com)… Oups, lui n’était pas là, toujours à Mimizan. Donc, l’éphéméride de Pierre Vidal a été pompée sur Opinionytoros.com, qui n’avait a priori personne pour « reseñer » la course et qui a dû recopier l’entête de la reseña de Jean-Louis Haurat pour Aplausos.es. Là, on y apprend que Mora ne s’est pas entendu avec le cinquième. Point. Euphémisme, merci Jean-Louis, l’information est intéressante.
— Sur Burladero.com, Roger Martin témoigne d’un talent certain pour le résumé et pour ne froisser personne, en particulier David Mora, qui a juste agacé le public en ne voulant pas trop voir le cinquième. Ah bon ?
— Ce matin, dans Sud Ouest, Zocato est le seul à critiquer un tant soit peu l’attitude minable de Mora à son cinquième, tout en omettant d’écrire un seul mot sur le tercio de piques responsable de la colère du public.

Vous avez donc la possibilité de ne pas lire tous ces textes sur cette gentillette et très desigual corrida de Cebada Gago, à la sortie de laquelle nous étions deux ou trois « brameurs » avec le sourire aux lèvres d’avoir assisté à une belle bronca à l’encontre de ce grand tricheur qu’est David Mora, qui, non content d’avoir sciemment laissé assassiner le cinquième sous une pique trasera et interminable, a pris la mouche et a refusé de voir le toro au troisième tiers. La bronca du public a débuté aux piques pour ne s’achever qu’au moment où les areneros nettoyaient la piste. Pour passer définitivement pour un morveux, le gominé David Mora ne trouva rien de mieux que de faire des gestes déplacés à l’endroit de la colère du public pour la provoquer encore plus. Souhaitons maintenant ne plus revoir ce torero profilé, abuseur de pico et de tricheries en tout genre, dans les ruedos l’année prochaine.

Vous pouvez éteindre votre ordinateur.


Dernière minute. — Évitez aussi la chronique de Jean-Michel Dussol dans Torobravo.fr… Non, vraiment, n’y allez pas !
Dernière minute bis. — Selon certaines sources (à confirmer évidemment), le troisième toro de Cebada Gago, annoncé 462 kg, ne passait pas, paraît-il, la barre des 400 kg… Nous savons tous que trapío et poids sont deux choses différentes, mais tout de même !
Dernière minute ter. — Fuera la cuadra éléphantesque et immobile de monsieur Heyral qui nous gâche tous les tiers de piques partout où elle passe !


>>> Retrouvez, sous la rubrique « Ruedos » du site, une petite galerie consacrée à la corrida de Cebada Gago combattue à Bayonne.

17 avril 2013

Slogans et sophisme


Non, ne voyez pas malice à ce nouveau post, ce n’est pas parce que ma chère Joséphine m’a mis un demi-puyazo en commentaire de ma reseña du solo de « Manzanita » que je reviens sur cette histoire. L’Alicantin n’est pas au top en ce moment, c’est une affaire entendue, et il n’est pas interdit de penser que cette « pierna contraria atrasada » érigée en principe de liaison dans les séries pèse aujourd’hui davantage sur le poder de son toreo que sur les toros qui demandent à être dominés.

Le mundillo au sens large (pas seulement les professionnels) marche par modes, et il n’est pas rare que certains bons mots soient repris comme paroles d’évangile et érigés en slogans. Il faut se méfier des phrases toutes faites comme des trop jolies formules. Récemment, j’ai beaucoup entendu que certains élevages étaient passés de mode, car ils ne correspondaient plus au toreo actuel… Ah ! Peut-être, mais cette affirmation ne me semble pas moins contestable que le dogme auquel je fus biberonné : « Cada toro tiene su lidia. »

Revenons aux bases : le toreo, c’est avant tout la lidia et, ensuite, les jolies choses. Les temps sont peut-être révolus désormais, mais il fut une époque où l’on se confrontait à l’animal sauvage pour montrer ses couilles au village, au quartier, à la cour… L’intention paraît grégaire, un poil rétrograde, mais l’anachronisme est consubstantiel à la fiesta brava. Je reprends : le toreo commence par la lidia ; la lidia, c’est la domination du toro, et ceci est même l’essentiel de la chose taurine. Il fut un temps où les classiques et les modernes s’étripaient sur la technique de Joselito et le sentiment de Juan Belmonte. José Bergamín lui-même passa le reste de sa vie littéraire taurine à justifier et minimiser le fait d’avoir démonté le sentimentalisme qu’il voyait dans l’interprétation sensible du toreo par Belmonte, dans L’Art de Birlibirloque (1930),  par rapport au génie de la raison et de la technique qu’était Gallito. Le recueil de Bergamín, paru chez Les Fondeurs de Briques, est éloquent à ce sujet — le bonhomme semblait assez obsédé par ce qu’il écrivait, au point d’y revenir tout le temps et de se citer continuellement. Et laissez-moi un commentaire, si je me trompe.

J’entends dire que chaque arène a son public et que chaque public a ses propres goûts et préférences — Dédé parle d’idiosyncrasie, parce que ça fait savant. C’est en partie vrai. C’est également faux. Si je me souviens bien, Pepín Liria n’a jamais été un grand artiste ; il était un bouseux de Murcia, pas un señorito andalou. Il a pourtant été reconnu et acclamé à Séville face à des corridas difficiles, et même si le Guadalquivir n’est pas le Tech — ni l’inverse, d’ailleurs —, ne sous-estimons pas la clairvoyance de son afición pour reconnaître et apprécier un combat âpre.

« Cada toro tiene su lidia » donc, mais chaque toro n’a pas la faena de quatre-vingts passes avec laquelle on nous enquiquine trop souvent ; chaque toro n’a pas vocation à aller chercher cette jambe contraire qu’on lui cache ; chaque toro n’a pas envie de faire des tours et des pirouettes : les Albaserrada sont peut-être malades dans les virages en voiture, après tout. Grâce à l’excellent blog Contraquerencia, qui évoque l’inquiétude de Manzanares de voir bouger les oreilles du Victorino, je suis tombé sur cette interview du diestro, dans Aplausos, dans laquelle il déclare : « Los toros estaban remirados por nota, por hechuras… Todo se había mirado mucho para que fuera una tarde bonita, y luego fue dura. » En fait, de jolie, la corrida fut dure… La belle affaire.

Zocato, dans son papier de Sud Ouest, a donc raison sur les deux premiers de ces trois points concernant le choix du Victorino : « Marketing d’hiver, communication à outrance, défi inutile. »
Voilà donc le geste de Manzanares expliqué à tous : tout fut fait et choisi pour que ce soit une tarde bonita, et le Victorino était bel et bien un coup marketing sur lequel il fut beaucoup communiqué. Mais la magie, dans la corrida, tient dans le fait que même chez Victorino, aujourd’hui, sort parfois une sale bestiole pas tout à fait d’accord pour être expédiée joliment dans l’autre monde ; la Maestranza vit alors « Manzanita » perdre les papiers, incapable de donner à son adversaire la lidia appropriée. L’esbrouffe fit tomber les masques, et le geste n’était qu’un effet de manche !

Le « seul contre six » de Manzanares fut un échec, retentissant au troisième toro en particulier. Manzanares est un torero qui n’a désormais plus besoin de Vogue ou de Séville, de son père ou de Madrid pour toréer ses soixante corridas par an — nul doute qu’il sait qu’il doit à Séville une revanche, et qu’il fera en sorte de le prouver dès son prochain contrat. Il y a pourtant peu à parier que cette revanche passera de sitôt par un toro de Victorino. C’est dommage. Personne ne le lui demande… Lisez Zocato : « Demandons-nous alors pourquoi l’artiste d’Alicante avait besoin d’inscrire cet élevage à son menu. […] défi inutile. » Voici la réponse, mon cher Vincent : quand on s’enferme avec six toros, on vient généralement démontrer la palette de son art, et cet art (on parle d’artiste) c’est de combattre et tuer des toros, pas de répéter si possible six fois la même faena pour moissonner un nombre record d’oreilles dans une Maestranza acquise d’avance. Ce qu’avance Zocato, dans la trinité « marketing d’hiver, communication à outrance, défi inutile », n’est rien d’autre qu’un sophisme ; un raisonnement complaisant et malhonnête.

Il serait torero de la part de Manzanares de ne pas écouter les flatteurs, qui ne doivent pas manquer de lui dire depuis samedi que ce genre de toros ne mérite pas mieux que le matadero, et de reprendre un jour là où il n’y a fondamentalement pas de honte à avoir échoué.

« Et sans dire un seul mot te remettre devant un Albaserrada. Tu seras torero, mon fils », aurait dit Rudyard Kipling, en 1910, à Rafael El Gallo — qui ne voyait pas l’intérêt de comprendre l’anglais…

26 avril 2011

Sale(s) temps


Lorsque je prends la direction de la Dordogne voisine et que je franchis le portail de la maison des beaux-parents, je sais par avance que j'y trouverai le journal Sud Ouest. Dimanche dernier, avant les tartines et le chocolat chaud, j'ai visé le salon et sa table basse ; il était là, quelque peu défait.

J'ai commencé par lire le récit de l'envoyé spécial à la «frontière» franco-italienne où des Tunisiens, «jouets» de deux gouvernements à peu près aussi grotesques et lamentables l'un que l'autre, rêvent de se reconstruire une vie dans un pays dont ils ne connaissent pas seulement la langue...

À la page «Toros», un article attire mon attention ; un court papier sur l'inscription par la France de la tauromachie à son patrimoine culturel immatériel dont je ne retiens que la fin : «Douce France, cher pays de mon enfance...» Alors, Zocato, plutôt Charles Trénet ou Rachid Taha ?

Vendredi 22 avril à Arles, le jour même de cette nouvelle (irréelle ?), El Juli faisait joujou avec un Garcigrande présenté deux fois au cheval... puis gracié !!! C'est bien ce que je disais : grotesque et lamentable.

Image Chez Jacinto Ortega © Laurent Larrieu

27 juillet 2010

Orthez 2010 - Exterminator


L’an passé, ou il y a deux ans, Môssieur Zocato s’était laissé aller à écrire que les toros de Palha n’avaient plus leur place dans nos ruedos contemporains.
Lorsque j’écris "Palha" il faut entendre "Folque de Mendoça" parce que l’autre, Fernando, pour les gens comme Môssieur Zocato, c’est déjà comme s’il n’existait pas. Il n'a d'ailleurs jamais existé.

Ce week-end, à Orthez, Môssieur Zocato a remis le couvert.
Victime désignée à la vindicte populaire : les Saltillo d’Enrique Moreno de la Cova. Les lecteurs de Camposyruedos savent de quoi il en retourne avec ces Saltillo-là. Ils sont allés les voir comme on va voir certaines courses à Céret, avec l'espoir d'une renaissance et la crainte que le rêve ne soit prématuré, ou illusoire.
Ça marche, ou pas, mais on essaie, on innove, on tente et toujours avec l'espoir de lendemains meilleurs. D’ailleurs, il fallait voir à Orthez le nombre d’aficionados venus de partout, de toute la France, d’Espagne aussi : l’Afición quoi.
Seulement voilà, Orthez n’est pas Céret. Orthez n’est rien en fait. Orthez a juste commencé à avoir des idées l’an dernier, et a juste commencé à tenter de les mettre en œuvre, avec plus ou moins de réussite, ce qui est logique.

Une partie du mundillo n’apprécie pas, et ce que l’on ne se permet plus avec Céret, on se le permet évidemment avec Orthez.

Monsieur Zocato remet donc le couvert. Et pour se payer Orthez il désigne à la vindicte populaire la tentative romantique d’Enrique Moreno de la Cova de redonner vie à ses Saltillo : « novillos-mastodontes... plus armés que le débarquement normand... des mammouths... l’ultime "Jurassic Park"... salaire de la peur... » jusqu’à décrocher le pompon avec le très définitif : « Chair à canon, chair à taureau inutile, dérangeante, mal à l’aise, une brin malsaine ? Chacun jugera. »

Evidemment, après la diatribe qui précède, poser la question c’est y répondre.
Que Monsieur Zocato exècre les toros avec de grandes cornes, les toros retors, « les choisisseurs » orthéziens, qu’il ait trouvé les toros grands, petits, laids, beaux, qu’il se permette de s'en aller dire ses aigreurs d’estomacs au président à la fin de la course, tout le monde s’en fout, qu’il l’écrive également. Nos plumes et nos esprits sont libres.

En revanche, qu’il prône publiquement la disparition d’un encaste qui n’entre pas dans les canons classiques et contemporains du toro monopiqué, et présente forcément les inconvénients d’un chef d’œuvre en péril en cours de restauration, à Camposyruedos cela a du mal à passer.
Cette après-midi, l’ami Angulo me fit cette remarque que je reprends bien volontiers à mon compte : « Comment peut-on écrire que dans une arène les "bestioles" présentées ne doivent pas être dangereuses pour les jeunes éphèbes pubères qui sont censés les combattre ? C'est quoi un toro sans danger ? Une entrecôte au roquefort ? Une palourde nyctalope ? Un hérisson chauve ? Une bitte d'amarrage ? Un piranha végétarien ? »

Dans un coin d’Andalousie, Enrique Moreno de la Cova, à force d’afición, a entrepris de redonner vie à un encaste en voie de disparition, un encaste qui participe à la diversité du campo bravo. Il y parviendra peut-être, ou pas. On ne sait pas. Mais il donne de son temps et de son argent pour une tentative, peut-être vaine, mais magnifique, que l'Afición ne peut considérer qu'avec respect et intérêt.
Au même moment, en Catalogne, des politicards s’apprêtent, peut-être, à amputer la Fiesta d’une partie de son histoire.
Prôner, au même moment depuis nos rangs, la disparition d’un encaste, condamner une démarche ainsi romantique est profondément choquant. D’autant plus choquant que ce n’est pas la première fois...
Vous me direz que Môssieur Zocato n'a rien fait d'autre qu'emboîter le pas d'un certain Paco Chaves, novillero, qui déclara après avoir échoué face au bétail de Moreno de Silva à Madrid : "De tels élevages ne devraient même pas exister." Pour de tels propos certaines arènes ont jugé bon de le déprogrammer...

>>> Retrouvez en rubrique RUEDOS du site www.camposyruedos.com une galerie dédiée à ces Saltillo à exterminer.

23 mars 2008

Encore !!!


Les critiques taurins de France ou français (on s'en fout) ont négocié leur soutien ou leur appartenance à l'Observatoire des Cultures Taurines, fondé ce samedi 22 mars à Arles, à condition que cet Observatoire défende la "liberté totale d’accès pour les mineurs" et "qu' aucune discussion ou négociation ne soit entreprise avec la SPA et les antis". C'est balaise ce qu'ils demandent et ça va être compliqué à respecter. Ils ont tous la mémoire courte ou alors ils éprouvent tous un plaisir secret à ce que le nouveau président de l'Afición française "unanime" (mis à part l'ANDA, les petits chéris quand même !!!) se foute de leur gueule à longueur de temps. M. Viard, c'est de lui qu'il s'agit (ça y est, il est enfin arrivé à se trouver un poste de président... Faut remuer les petits logos roses mes chéris pour le féliciter... Bravo André, t'es trop fort Dédé !!!), a depuis des mois été assez clair sur sa notion de l'entrée des mineurs de moins de 16 ans, 15 ans, 14 ans (on s'en fout ça reste des "morveux"...), il suffit de relire son édito intitulé "L'exemple basque" pour s'en faire une idée. Il suffit aussi de relire celui qu'il a pondu hier soir, quelques heures après son triomphe de l'unanimité (laissez-moi rire), sur son site Terres taurines où à aucun moment il n'évoque le sujet franchement, où à aucun moment il ne relate le discours sans ambiguité de Michel Vauzelle (je fais confiance à Solysombra pour le sérieux qu'il a donné de la relation de cette réunion) à ce sujet. Quant à accepter de participer à cette pantalonnade [dont on ne connaît (nous, aficionados sans représentation, isolés, loin des clubs taurins du Gers par exemple...) ni le financement, ni encore les statuts précis] à condition que l'Observatoire refuse de s'asseoir à la même table que la SPA, je m'étrangle de rire. Le 20 janvier 2008, dans son édito de Terres taurines, Dédé The Boss (prononcer Didi, ça fait mieux) écrivait ceci : "L’assemblée constitutive de l’Observatoire sera chargée d’en approuver les statuts, d’élire son bureau et de définir les actions prioritaires qu’il lui appartiendra de mener :
- diligenter des études scientifiques à partir de statistiques officielles sur la dangerosité des spectacles taurins pour les enfants ;
- veiller à ce qu’aucune information mensongère ou diffamatoire ne prospère dans les médias sans qu’une réponse y soit apportée, au besoin devant les tribunaux ;
- diffuser ses travaux auprès des élus locaux, régionaux, nationaux, européens et des medias ;
- dialoguer avec les associations de protection des animaux non radicales afin de les rassurer au regard des mensonges colportés par les abolitionnistes."

J'en conclus que la SPA est une association de protection des animaux très radicale !
L'Observatoire des Cultures Taurines n'a pas un jour de réelle existence que déjà d'énormes brèches menacent l'édifice. Le président élu défend depuis des mois des idées que nombre d'entités taurines n'approuvent pas. Que se passera-t-il si le Grenelle animalier, qui a lieu en ce moment avec pour seule représentation des protectards, se fend d'un projet de loi tendant à limiter l'accès des mineurs aux arènes ? Ce sera l'union une fois de plus derrière un président qui n'écoute que lui depuis des lustres ? On posera son séant d'"entité taurine sans concession" à la même table que les protectards parce que le président a le projet de le faire depuis pas mal de temps ? Tout cela n'est qu'une vaste fumisterie confirmée par la lecture de l'article de Zocato paru dans le Sud Ouest du dimanche 23 mars 2008 et dans lequel il est possible de lire : "Préparé depuis sept ans à l'initiative d'André Viard, journaliste et directeur de la revue Terres taurines, cet Observatoire s'est fixé comme objectif de défendre la liberté d'accès aux arènes sans limitation d'âge". Relisez l'édito de "Dédé The first" (prononcez Didi, ça fait mieux) et relisez toute sa prose depuis à peu près un an et je crains que M. Zocato, pourtant nouvellement élu vice-président des critiques taurins de France (et créateur de l'incontournable entité taurine des chasseurs-aficionados) n'ait rien capté à l'entreprise. Ça peut arriver...

11 mars 2008

Le grand soir...

Rappel à tous nos lecteurs et fans.
Il n’est pas besoin de continuer à nous envoyer vos adresses mails pour adhérer à "l’amicale des mangeurs de pipas aficionados en milieu sub-taurin". Nous sommes au regret de vous annoncer que tous les collaborateurs du site sont désormais patchés contre ce mal infâme qu’est le grignotage de pipas sur les gradins d’une plaza.
De même, et nous nous adressons ici particulièrement à nos lecteurs et fans d’Arabie Saoudite, cessez s’il vous plaît vos messages insidieux nous reprochant toujours de ne pas avoir fondé "l’amicale des Bédouins aficionados" mais vous connaissez mieux que nous la susceptibilité pleine de morgue de nos amis les camélidés pour savoir que les collaborateurs de Camposyruedos ne prendront pas ce genre de risque. Et ce malgré tout, en voulant vivre notre afición "sans complexe", évidemment...
A tous les obsédés sexuels, nous sommes certes de tout cœur avec vous mais... oui, il y a un mais. MAIS, "l’amicale des aficionados voyeurs de dos nus" ne verra finalement pas le jour. Nous avons conscience que Camposyruedos était à la pointe du progrès en ce domaine mais nous savons aussi que toutes les bonnes choses ont une fin. Trop de plaintes et de larmoiements nous contraignent à une plus grande vigilance et à un meilleur respect de nos amies les femmes. Le monde change que voulez-vous...
Amis philatélistes, nous sommes au regret de vous annoncer à vous aussi que "l’amicale des philatélistes aficionados" n’aura pas la joie de se faire lécher l’espalda dans les années à venir. Pourquoi ? Parce qu’il ne faut quand même pas exagérer les gars...
Jeunes aficionados imbibés de jeux vidéos et de mangas sanguinaires, ne pleurez pas, ne criez pas... nous savons votre désespoir. "L’amicale des aficionados joueurs de playstation" ne vivra pas. Notre conscience parentale, même embryonnaire, a pris le dessus sur notre volonté de fédérer ces forces vives que représentent ces jeunes avachis devant leur tv-screen, le regard aussi vif qu’un yahourt aux fruits rouges 0%. Nous ne pouvions soutenir un projet allant à contresens du bien-être de nos enfants qui, eux, ont un regard super vif !
A tous les recalés de l'amicale, à tous les exclus de la fédération d'amis, à tous les délaissés des blagues de potaches, voici venue la grande nouvelle, la lueur d'espoir... Adhérez tous à "l'amicale des chasseurs-aficionados" ! Elle, elle vivra et s'il n'en reste qu'une, après tout... Il vous suffit de vous munir d'un bon fusil de chasse (de préférence avec deux embouchures), de bottes en caoutchouc et d'une veste caca d'oie et vous pourrez écrire à Monsieur Vincent Bourg alias 'Zocato', la gachette infernale du journal Sud Ouest, de Tercios, de Canal Plus... pour devenir membre de "l'amicale des chasseurs-aficionados" dont la récente création a été fort bien relayée sur certains sites taurins français. Faut dire que là, il y a information ! Capitale même.
Faut dire aussi qu'avec l'adhésion à cette amicale, vous aurez le droit, le 22 mars en Arles, de vous faire décorer avec des pin's roses - ça pètera bien sur vos habits caca d'oie ! Oui, vous aurez la chance de pouvoir participer au lancement de l'Observatoire des Cultures Taurines et dieu sait que les chasseurs sont observateurs. Vous aurez l'insigne privilège d'entendre des discours à deux balles (c'était pour ça les "deux embouchures", mais j'avoue c'était moyen...) vous expliquant que vous êtes normaux et que les méchants ce sont eux. Vous aurez même l'honneur de toucher les banderoles revendicatrices de notre amour de la tauromachie. Vous aurez tous ces avantages car cette nouvelle amicale vient d'adhérer à ce futur Observatoire et, franchement, des chasseurs en caca d'oie avec des pin's roses, l'idée est trop géniale... Ne changez rien messieurs, vous êtes parfaits !

Photographie Vol de palombes dans les Landes © Camposyruedos

20 octobre 2006

Et les toros sont morts... Afición

Six toros, trop lourds (de 512 à 608 kg ; moyenne 546), de Gerardo Ortega, plus trois réserves : deux de Fermín Bohórquez (2e et 4e bis ; 527 et 552 kg) et un du Ventorrillo (6e bis ; 590 kg). Ce dernier fut le seul à se tenir sur pattes, le restant ne fut qu'un calamiteux défilé de bêtes sans forces. Au niveau des cornes, présomption de séances de manucure... Il est 19h50. Cela fait une heure et vingt minutes que l'on s'embête à mourir. Trois toros, eux, sont déjà morts. Trois invalides, plus faibles qu'une feuille de papier restée dix jours sous la pluie. Remarquez que, à bien y regarder, on s'est amusé. Pas en piste, où seules les deux puertas gayolas de Rivera ont animé les travées, mais sur les gradins, où notre copine, Teresa de Triana, est revenue aux arènes admirer les toreritos « guapísimos », bellissimes. Surtout ce Francisco, dont la chute de reins la rend chaque fois plus nerveuse. Teresa n'a pas maigri. Elle commente à la ronde les repas du week-end : « Poularde au safran, riz marinière, épinards à la crème - beaucoup de crème - et quatre pâtisseries, des « cheveux d'anges », 100 % miel... 20h02. Deuxième mouchoir vert après la sortie tétanisée du quatrième toro, d'une insoutenable débilité. Son substitut se traîne autant que les tortues géantes des Galapagos après la ponte. Place au cinquième. Le désespoir continue. 21h02. Le président retire le sixième Ortega, paralysé devant la cavalerie. Le neuvième et dernier cornu, du Ventorrillo, a le bon goût de mettre un sabot devant l'autre. Teresa trouve le costume bleu-nuit et noir d'Abellán un peu trop triste : « Sait-il, celui-là, que la Semaine Sainte est finie ? », plaisante-t-elle. Miguel dessine de jolies faenas au centre, sous les spots. Naturelles de face les pieds joints, molinetes d'El Gallo, changements de mains, la muleta basse et templée. De la belle inspiration. L'oreille s'approche. Elle s'envole après quatre descabellos. Il est 21h28, Teresa a faim : « Ce soir, ni gâteaux ni manzanilla. Mon docteur a fini par trouver du sang dans mon cholestérol ! », s'esclaffe la Trianera. Une centaine de places libres. 28,4 degrés. A vos maillots.
Dimanche 27 avril 2003 – Séville.
Vincent Bourg 'Zocato', Sud Ouest, avril 2003.


La corrida iba de desastre, con unos Albaserradas complicados y unos toreros que ni los entendian ni se atrevian con ellos, cuando a la altura del quinto de la tarde se oyó una voz insolita en una plaza de toros: «¡aquél esta meando!». En efecto, un mozo, que se debía haber bebido el Ebro, lo estaba desaguando en el callejón, encarado a las tablas. Era la gran micción, quiza el resumen más grosero pero a la vez el mas exacto del festejo.
Al mozo le tiraron ni se sabe la cantidad de objetos solidos, liquiquidos y hay quien aseguro que también gaseosos. Furibundos impactos de pan y fruta y dos pozales de vino que le cayeron por la cabeza como torrentes y le pusieron hecho una sopa, los aguanto impertérrito. Luego se fue hacia la parte de sombra, y de cara al público de barrera, volvió a desaguar. Si pretendía echar fuera todo el liquido que había metido dentro, lo más prudente habría sido llamar a los bomberos. Un airado espectador, seguramente inducido por su turbada esposa, que no podía soportar semejantes horrores, le pegó un almohadillazo en el grifo. Tampoco lo acuso. Al fin, media docena de expeditivos mozos saltaron al callejón y en volandas lo echaron a la calle.

Joaquín Vidal, Crónicas taurinas, Aguilar, 2003.


Le deuxième Juan Pedro donne l'illusion de gambader. Combattre est un verbe qu'il fallait hier remiser. Bref, il accourt, le joyeux drille. Au dixième muletazo apparaît le mot fin. Plus une goutte d'essence. En guise de jerrican, Dávila Miura ira chercher l'épée... Que dire alors de son suivant, un bourricot de compétition qui refuse toutes les carottes, rit, rue et mord quand on lui tire sur la bride. Dans les gradins, devant ce défilé de mulets, on choisit de faire connaissance. Ne manquent que le thé et les petits gâteaux. Notre voisine, une castafiore bondée d'humour, de bijoux de pacotille et d'opulence, avoue avoir enterré trois maris et quinze amants : « Ils ne supportaient pas l'huile d'olive et mes pois chiches au basilic ! » Teresa de Triana s'esclaffe. Ses bons mots font du bien, même si dans le cercle, là-bas, El Juli, qui ne fait plus le plein, tente de justifier son rang en besognant dur face à deux charolais de pelage et de moral. Teresa le trouve mignon à croquer mais, très vite, elle dévie son regard vers les bestiaux : « Tu prends une grande casserole, deux gousses d'ail, un citron, six tomates et beaucoup d'huile d'olive. N'oublie pas l'huile d'olive... » 9/10e de Maestranza, 26,1 degrés. Même les hannetons ronflaient.
Vendredi 25 avril 2003 – Séville.
Vincent Bourg 'Zocato', Sud Ouest, avril 2003.