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29 novembre 2012

En peu de mots #15


Pays basque taurin

D’hier 
Avant l’arrivée, en 1998, de la soucoupe volante Illumbe — qui n’a jamais vraiment décollé, hein —, Saint-Sébastien accueillait les toros dans ses arènes néomudéjar d’El Chofre (1903 – 1973), d’où, au cours du «premier quart du XXe siècle», le photographe Gaston Bouzanquet rapporta ce précieux reportage

D’août prochain 
La nouvelle du retour des Cuadri à Bilbao m’a mis en joie ; je me vois déjà à l’apartado, vers midi autour de la fosse aux toros, puis à la course où, je l’espère, Vista Alegre aura troqué le sable «marron dégueu façon steak haché trop cuit» contre son gris cendré et retrouvé un président… à la hauteur de l’événement. À suivre.


Photographie Laurent Larrieu/Camposyruedos.com

24 août 2012

Aléas d'août


Azpeitia 21, avenue de Landeta, poussez la porte, entrez, asseyez-vous. Public détendu et sans artifice. Beaucoup de musique et souvent des toros, mais peu cette année.

Solidité et bravoure Valdellán à Parentis.

Moreno de Silva Plof !

Bayonne Bon ben va falloir aller soutenir Bayonne… Les jours avec El Juli ou les jours de toros ?

Saint-Sébastien ? Un endroit improbable pour une clientèle ciblée dont on nous avait vanté le concept génial au moment de l’inauguration, et qui aujourd’hui ressemble à un bunker sentant le pipi gardé par un service d’ordre qui découragerait un peloton de la légion étrangère. Bildu ou pas bildu, cet endroit est dépourvu de charme et de passion. La page est tournée depuis la destruction du Chofre.

Dax Cinq ans d'absence et passage rapide pour voir les toros d'Escolar et le public bicoloré. Les tercios de piques ont mis en évidence un manque de fond pour les 1er et 5e. Plus sérieux, les 4e et 6e (qui prend trois piques dont deux cariocas parce qu'il a cinq ans et demi et des cornes) ont été aussi dégonflés par la lidia. Le sérieux 2e a développé un genio inquiétant et le 3e méritait bien davantage la vuelta al ruedo que le 5e. Le vilain 1er, sans race, s'est vite réservé. Le public hésitait, recherchant à la fois succès et consistance. J’ai bien noté que les escaliers 17 et 18 résistaient avec une admirable constance. Qu'ils sachent que, depuis le G10, Pierre-Albert Blain les soutient et qu'El Juli ne pratique plus « tauromachie éjaculatoire » (sic). Dax a mis soixante-dix ans pour placer le picador en face du toril et quatre-vingt-cinq pour faire passer l'écartement des lignes concentriques d'1,80 m à 2,50 m. À noter aussi que la plupart des puyas étaient bien posées ce jour-là. Autrefois convaincue d’avoir un train d’avance, Dax doute désormais, et c’est peut-être bon signe, mais que de temps perdu.

Vic-Fezensac Le Cercle taurin de vieux (CTV) s’inquiète pour les sous mais s’enferme puisqu’il est vieux et que Chopera administre le fonds de pension.

Morante de la Puebla Dans l’échec il reste un savant, un torero libre et créatif. Rare et cher… Depuis 2011, et malgré 2012, le 23 août reste un jour férié sur mon calepin.

Bilbao et Jandilla Tant de bravoure qui se perd dans tant de faiblesse.

Cuéllar Partir, voir ailleurs pour réfléchir… mieux, bien sûr.

Mario Tisné

30 avril 2008

'Feudal', une énigme résolue


A la commission taurine montoise

Noir, musclé, 'Feudal' est un magnifique toro bravo. Mais chut, pas un bruit ! il ne faut pas le dire trop fort, du moins pas encore...
'Feudal' présente un physique de rêve, compact, aux lignes harmonieuses, tête agressive sans trop de largeur, 490 kgs inscrits dans les canons du toro de lidia, qui suffisent à imposer le respect et à susciter l’admiration. Ce Zalduendo aurait pu sortir à Séville, à Jerez ou même à Dax, mais par un heureux hasard, il échut à Saint-Sébastien pour une corrida concours. Combien de toro de cette ganadería ont participé à des corridas concours ces dernières années ? Bien peu. 'Feudal' a eu de la chance, c’est sûr. Pourtant, cette chance est celle que devrait se voir offrir tout taureau de combat. Moins qu’une chance, se donner les moyens de découvrir un toro devrait être une banalité, sans que l’on vienne sans féliciter puisqu’il s’agit là d’une évidence. Mais vous savez tous aussi bien que moi dans quel monde nous vivons et ces choses-là sont rarissimes ; alors, lorsqu’elles se produisent, autant les souligner.
Ce qui est d’autant plus dommageable dans l’histoire, c’est que cette « chance » n’est pas dûe au hasard. Je m’explique. 'Feudal' aurait pu sortir dans n’importe quel ruedo du monde taurin actuel, personne n’aurait pu percer son énigme. Même s’il était sorti à Illumbe ce même dimanche 27 Mars 2008 face à Morante de la Puebla avec une lidia dite « normale », nous n’aurions pas connu 'Feudal'. Le qualificatif de « normalité » est bien mauvais je vous l’accorde, mais il en est ainsi. La « chance » de Feudal fut de sortir dans une corrida concours, c'est-à-dire dans une corrida comme elle devrait toujours se pratiquer. Car si il y eut en ce jour concours, il n’y eut point d’excès dont l’exercice est parfois taxé. Plus qu’un concours, cette course fut une vraie corrida, un spectacle où le toro a sa place comme acteur. Il lui a été donné la possibilité de s’exprimer et d’élever les débats en donnant une dimension supplémentaire au spectacle. Ce jour, sans que sortent des toros exceptionnels, le public a profité à plein nez et à pleine main d’une « tarde de toros » et c’est bien là l’essentiel. Rien d’exceptionnel vous dis-je. Enfin si, puisque le toro put s’élancer à plus d’un mètre du cheval. Il a eu le droit d’y revenir, sans risquer de se faire enfermer, sans risquer de se faire pomper le dos, déchirer les muscles. Cela n’a l’air de rien dit comme ça, mais ça change tout ! Point d’excès vous dis-je. Rien que trois piques, pas une de plus puisque c’était la règle et le tout sans excès. Aucun des six toros ne pâtit du premier tiers, bien au contraire, ce fut l’inverse. Démontrant aux sceptiques que ce n’est pas la quantité mais la qualité dans la manière qui fait effet. Une monopique pompée et carioquée faisant plus de dégât que trois « bonnes » piques. Comme il est absurde de comptabiliser le nombre total de piques d’un lot de toros pour argumenter sa qualité, le chiffre n’exprimant pas la manière et ne décrivant en rien la bravoure, mais ceci est un autre débat.

Revenons plutôt à 'Feudal'. Sa présence en piste fut très vite gâchée par de mauvaises manières. Manquant de fixité, il jeta à chaque fois les pattes dans le capote de Morante, ne répétant jamais. Placé au centre du ruedo pour une première rencontre, 'Feudal' rentre plein gaz sur le cheval, mais point de poussée, une simple impulsion fugace pour sortir seul. Que se serait-il passé dans d’autres circonstances qu’un concours ? Point besoin d’être devin pour deviner le scénario. Le toro aurait été placé à courte distance et le picador n’aurait jamais laissé échapper sa proie, l’enfermant adroitement pour le châtier à sa mesure. Et vu les qualités exhibées jusqu’alors, le châtiment aurait sûrement été conséquent. Ainsi traité, dégoûté en quelque sorte, les jeux de flanelles auraient frustré à coup sûr notre 'Feudal'. Mais dimanche était jour de fête, jour de droit des aficionados et il en fut tout autrement.
Dès que 'Feudal' sortit de sa première rencontre, il fut replacé au centre de la piste. Sans précipitation, il regarda sa proie. La défiant du regard, il lui laissa le temps de s’échapper. La concentration de 'Feudal' était déjà autre et à l’instant où il s’élança, la métamorphose éclata aux yeux de tous. Ce galop classieux restera pour longtemps dans ma rétine. Quelle classe ! Quelle certitude dans l’ambition, quelle vivacité ardente pour aller au combat. Sans mentir, une fois dans le peto, 'Feudal' mit les reins, tête basse il poussa de toutes ses forces pour faire reculer son adversaire, sans jamais bouger la tête. Charge de brave comme la définissent les canons. Remis en suerte une troisième fois, 'Feudal' récidiva, avec certes moins de poder, mais les intentions étaient là, convainquant définitivement l’assistance de sa bravoure. Par la suite 'Feudal' dévoila une belle noblesse, mobile, répétant bien avec une grande fijeza. Qui alors se souvenait du manque de fixité, du manque de répétition, du jet de pattes dans le capote ? Personne, 'Feudal' était un brave, point. Son mystère était percé, révélé à tous. Personne ne se posait plus de question, la solution était évidente. L’équation résolue. CQFD.

En d’autres circonstances, l’inconnu serait resté un mystère. Trois piques pour construire et dévoiler un toro, il en fut de tout temps ainsi et il en est encore cas. Une pique ne signifie rien. Deux piques laissent planer le doute. Trois donnent la solution. Voilà la morale de cette histoire, et si elle peut servir à quelques-uns, elle valait la peine d’être contée. Messieurs les Montois, 'Feudal' vous regarde, ne le décevez pas, il demande seulement autant de faveur pour ses frères. Pour que la chance ne soit plus un hasard.

02 avril 2007

Perle (II)


Je sais ce que certains vont dire ou écrire, ce genre de perle, on en trouve tous les jours et des plus grosses. Celle-là, malheureusement, peut se lire en conclusion d'une reseña de la corrida concours de Donostia du 18 mars dernier parue dans l'immanquable quotidien régional Sud Ouest. L'auteur du truc, le jeune sobrero corralero de l'incombustible titulaire Zocato, conclut en ces termes : "Posons la question du principe de ces corridas concours. La bravoure des toros est certes mise en valeur mais les châtiments répétés nuisent parfois au brio des faenas". Ben voyons, y'a qu'à les enlever aussi les piques tant qu'il y est ! Remarquez, c'est ce même chroniqueur qui présidait une novillada non piquée à Bayonne au cours de laquelle un becerro de Santafé Martón avait reçu le droit de rester en vie. Ceci expliquant peut-être cela. Il est choquant mais tellement habituel de trouver ce genre d'ineptie dans la presse, celle-là même qui est lue par le plus grand nombre. Ça vous formate un public ce style de stupidité sans analyse. Peut-être, monsieur le corralero, devriez-vous au préalable écrire à celui ou celle qui prend le temps de vous lire (ô les personnes courageuses !) de quelle manière et dans quelles conditions ont été données ces piques... Peut-être mais je suis sans illusion sur ce point. Tant que vous y êtes, pourquoi ne pas proposer une corrida concours avec des piques de tienta ? Non, surtout ne le faites pas, je déconne !
Et puis, pour avoir assisté à cette course et après plusieurs vérifications, il semblerait que l'animal primé, le Fuente Ymbro, avait pour nom 'Solterón' et non, comme le titre de l'article l'indique ("Un 'Cordobés' à quatre pattes") 'Cordobés' qui était le nom du deuxième sobrero marqué du fer de Miguel Zaballos. Un détail...

19 mars 2007

"Muleland drive..." Corrida concours de San Sebastián 2007


Faut-il l’écrire encore ?
Les saisons de toros défilent et les mêmes consternations paradent chaque année, malgré nous, passionnés masos et autoflagellés. Ça commence à Donostia avec cette presque traditionnelle concurso de ganaderías. Ça commence en niveaux de gris, des cimes vertes du Jaizquibel jusqu’au béton « 100 % pur brebis » des laides arènes d’Illumbe. Laides ? Euphémisme ! Au sous-sol du complexe taurino-cinématographo-commercial, deux bars façon « club » de perdition nocturne se disent merde, vulgairement, sans chichi ni exotisme aucun. Au milieu, les retrouvailles des flagellants bourdonnent dans un écho étouffé d’un modernisme sans imagination. Faut vraiment aimer les toros !
Des toros, il y en avait quand même. De tout, rien de complet mais certains présentaient un réel intérêt... et pas toujours ceux que l’on cru de prime abord à la lecture du programme. Fernando Cruz blessé (à Valencia), c’est Antonio Barrera qui le suppléait, en toute logique évidemment tellement ce fin torero, ce grand lidiador a prouvé ses mérites ces dernières années ! Passons.
Padilla ? Passons également car il fit ce qu’il savait faire, un peu de communication (voire beaucoup trop), beaucoup de gesticulations et un violín, évidemment... Il est toujours là, incontournable encore (malheureusement) pour s’envoyer ce que les autres refusent, reconnaissons lui au moins cela.
López Chaves était à Illumbe hier mais son chemin, de moins en moins caillouteux, ne croisa que l’ombre d’un victorino, que dis-je, le mirage lointain d’un Albaserrada, invalide dès la première passe de cape et seulement bon, par la suite, à exhiber deux pointes en étoiles, stupidement peu filantes.
Avec eux, à côté d’eux plutôt, des ersatz de cuadrillas qui devaient avoir trop longtemps traîné leur guenilles le long d’un des deux bars, au sous-sol. La CFA2, la promotion d’honneur balancées en Elite... Ça détonne mais ça n’étonne plus personne malheureusement. Au début, ça ressemble à un bal des débutantes, les capes roses virevoltent en ronde, rivalisent entre elles à tous les coins de burladero, donnent de la couleur au gris ambiant. Le toro, lui, il danse sans connaître les pas, comme une débutante mal préparée. Après, le vulgaire devient loi, un charivari, forcément bordélique, se fait maître de danse. On interrompt la course allègre vers le cheval par un capotazo ignare, on colle des remates cinglants au moment des palos, ça fait capea de village... en corrida concours. Quand vient l’heure de prendre l’épée, aux ordres on imagine, l’amateur se rue sur la débutante pour la faire tourner une dernière fois, avant l’estocade ! Bravo, encore bravo.
C’est le sérieux qui a le plus manqué à cette corrida concours. Le sérieux, le respect (une fois de plus) de certains canons de la lidia, l’envie aussi.
Il n’y eut pas de toro complet, n’en déplaise à un site espagnol baba de Domecq et de faenas interminables. 'Solterón' de Fuente Ymbro fut un toro fort intéressant mais pas forcément un grand brave. De manière générale dans cette course, l’allégresse prévalut sur la bravoure pure, cette bravoure qui fait mettre les reins à un toro de combat malgré la souffrance du châtiment, oui le toro souffre quand même… Qu’il s’agisse du Palha, superbe chorreado en verdugo, du Cebada Gago ou de l’Alcurrucén, tous partirent avec allant et envie depuis le centre du ruedo. Personnellement, leurs poussées me déçurent par le manque de puissance et d’insistance et par une propension à sortir seul de la lutte. Cependant, comme me le faisait remarquer assez justement mon voisin et ami, le mur sur lequel viennent buter et s’éclater les toros ne fait rien pour les mettre en confiance. C’est une autre triste réalité mais Illumbe, comme tant d’autres places, mériterait de se pencher sur le problèmes de ces "rideaux de fer" destructeurs et écoeurants pour les braves. Certains montrent du doigt le principe même de la corrida concours qui viderait les toros à la pique, ne laissant rien de leur caste pour le dernier tiers. C’est un faux procès dicté par la mode actuelle des faenas sans fin. Le problème n’est pas dans le fait de faire trop piquer les toros, le problème réside dans l’exécution même des piques et dans les conditions de leur réalisation. Si les piqueros savaient faire leur travail, s’ils savaient piquer à l’endroit requis et non pas dans les reins, s’ils ne s’amusaient pas à carioquer et à vriller, la pique serait un formidable tercio prompt à emballer tous les publics. Si les empresas avaient un soupçon de réflexion, elles se dépêcheraient de choisir des chevaux plus légers et plus mobiles. Si les cuadrillas faisaient leur boulot avec sérieux, elles ne casseraient pas les toros dès leur entrée en piste. Si les maestros étaient professionnels, ils ne discuteraient pas pendant les piques, ne se recoifferaient pas pendant le tercio de banderilles, attendant, certains avec une impatience avérée, que sonne l’heure de la muleta laissant ainsi leurs subalternes maltraiter l’animal. Le problème est là et pas ailleurs et l’on se fout comme de l’an 40 qu’une faena dure 10 passes ou 200 passes.
Faut-il l’écrire encore ?
A cette corrida aux grises teintes, seul le bleu qui décorait les mules donna quelque couleur. Une arrastre d’opérette anima notre ennui et nos désillusions. Comme un troupeau d’adolescentes pré-pubères à la vue d’Apollon, nos mules, presque pottock pour l’une, franchement cheval pour l’autre, s’ébouriffèrent les naseaux en découvrant les cadavres tout chaud des toros morts pour rien. Comme chez Bartabas, dans une ronde incontrôlée, elles allèrent, emballées, paniquées... grandioses et ridicules. Sur les gradins, ça y allait du sourire, du rire, un moment de bonheur.
- Chez nous, y’a que ça qui fonctionne, les mules !, se hasarda notre voisin montois.
- C’est bien vrai... mais le problème c’est qu’on s’en sert pour les piques
, rétorqua son voisin.
Ça a du bon ces premières corridas de saison en fin de compte, les potes sont là à nouveau... en bas c’est pas terrible mais au-dessus de cette agaçante mêlée, ça rigole plein de caste !

>>> Vous pourrez retrouver sous peu une série de clichés de cette corrida concours dans la rubrique RUEDOS du site.

24 février 2007

Corrida concours de San Sebastián 2007


Pour la deuxième année consécutive, la plaza de toros de San Sebastián (Guipúzcoa) propose à l'Afición une corrida concours de ganaderías. Réussie en 2006 avec un ensemble de toros très intéressant, l'empresa Chopera remet le couvert cette année en changeant quelque peu le panel ganadero. Exit donc Miura, Guardiola Fantoni (vainqueur l'an denier), Cuadri et Conde de la Corte.
Sans préjuger de ce que sera le résultat de l’édition 2007, il semble qu’un recentrage se soit effectué autour de l’encaste Domecq, dans sa ligne directe ou croisée. Ainsi, trois des six exemplaires lidiés seront d’ascendance Domecq : Fuente Ymbro depuis la maison mère Jandilla, Esteban Isidro par Luis Algarra et Cebada Gago par le croisement Domecq/Núñez. Ce constat n’est pas une critique mais une corrida-concours mérite, peut-être, un plus grand éclectisme d’origines. Si la casa Guardiola avait récolté les fruits de sa « victoire » hivernale en se voyant retenir un lot complet pour la Semana Grande 2006 (reconnaissons ce geste aux Chopera), il semble dommage que les élevages de Miura et Conde de la Corte ne soient pas répétés cette année, eut égard au comportement fort intéressant de leurs pupilles l’an dernier, particulièrement lors du tercio de piques. Le toro le plus décevant fut sans aucun doute celui de Cebada Gago, mais le lot d’août 2006 effaça ce souvenir (deux toros au moins). Ceci explique peut-être cela.
Soulignons tout de même que le choix de 2007 se porte sur des élevages « en cannes » ces derniers temps. Palha, malgré son représentant, reste une valeur passionnante de la cabaña brava tout comme Fuente Ymbro qui tient du Jandilla dans une version relativement piquante. Ne soyons donc pas bégueules et attendons pour juger sur pièce. Au regard des photos, ce qui ne veut pas dire grand-chose, remarquons la belle tête du victorino, l’allure très Núñez de l’alcurrucén qui ne semble pas frappé d’exagération et la tronche bien rustre du cebada. Enfin, vu le nom du Palha 'Valenciano', il semble que notre « ami » Folque ait favorisé la ligne Pinto Barreiros.
La corrida sera lidiée par Juan José Padilla, Domingo López Chaves et Fernando Cruz le dimanche 18 mars à 17h30 à Illumbe. La veille, six novillos de Bucaré (Buendía/Santa Coloma) fouleront le sable basque, en espérant que leur origine suscite l’intérêt de l’Afición.

http://www.illumbe.es/es1280960/toros_chopera.htm

27 mars 2006

Corrida-concours de San Sebastián


La corrida-concours de Donostia a vu triompher le toro de Guardiola Fantoni, 'Soplamucho', lidié par El Fundi. L'ensemble de la course fut très intéressant même si l'on peut considérer qu'aucun toro réellement complet n'est sorti ce jour.
Les tercios de piques ont retenu l'intérêt du public même si l'on peut regretter certaines très mauvaises mises en suerte de la part de la cuadrilla de Padilla en particulier.

Sans faire ici de reseña, retenons tout de même trois ou quatre enseignements de cette concours :

1. les toros étaient bien présentés mais malheureusement certains ont présenté des cornes escobillées. Tout les toros étaient dans le type de leur encaste même si on peut considérer que le Cebada Gago paraissait un peu trop terciado (influence Núñez).

2. Les toreros n'ont pas été à la hauteur de l'ensemble du bétail, en particulier Padilla et Barrera qui furent en-dessous de leurs deux adversaires. Certains rétorqueront que le Cebada Gago était manso mais il avait un vrai fond de caste à la muleta qui ne demandait qu'à être conduit et neutralisé.

3. Les toros ont tenu debout dans l'ensemble même si le Miura, 'Elegido' (620 kg), est apparu le plus faible de l'envoi. Par contre, il s'agissait d'un "bon" Miura, encasté et bravito mais à la charge forcément amoindrie.

Le Conde de la Corte, 'Nochenegra', est sorti des chiqueros cojo (antérieur droit) mais la présidence n'a pas répondu à une partie du public qui demandait le changement.

Le Victorino, 'Veletito', bien présenté, cárdeño claro et veleto, semblait avoir un défaut de vision. Il percevait très bien ce qui se passait à deux mètres devant lui mais ne distinguait que très peu les cites à distance. C'est peut-être la raison pour laquelle Padilla et sa cuadrilla ont eu tant de mal à le placer correctement au cheval. Tout cela est bien-sûr à mettre au conditionnel, il ne s'agit que d'une hypothèse.

Le toro de Guardiola Fantoni (Villamarta), 'Soplamucho', bien présenté également, carifosco, a montré le plus de bravoure au cheval en quatre piques poussées, s'élançant de loin. Certains aficionados considéraient à la sortie de la course que le tercio de piques le plus intéressant avait été celui du Conde de la Corte. Certes, 'Nochenegra' s'élança cinq fois de loin et avec promptitude et alegría, mais il ne poussa réellement que sous les première et dernière piques. Il ne montra pas la fijeza du Guardiola qui poussa la monture tête fixe et en mettant les reins à chaque pique. C'est pour cette raison que je n'ai pas très bien compris pourquoi le président demanda une pique al regatón pour le Conde de la Corte qui n'avait pas montré une bravoure complète.

'Hormigón', de Cebada Gago, se montra très vite manso et le prouva lors du tercio de piques. Il afficha pourtant une vraie alegría aux palos dont Padilla ne sut pas profiter lors de la faena. Le toro était tardo mais quand il démarrait il y avait de quoi bien l'embarquer à condition de lui faire baisser la tête, ce que ne fit jamais le cyclone de Jerez, plus intéressé à toréer le public que le toro. Manso con poquita casta donc.

Enfin, le Cuadri, 'Coladero', était un toro rond, lourd, aux traits grossiers comme c'est souvent le cas dans l'élevage de "Comeuñas". Le manque de finesse se confirma en deux piques "regular", dira-t-on, c'est-à-dire sans grande histoire ni intérêt, et lors d'une faena où sa charge pastueña mais franche ne fut jamais mise en valeur par Antonio Barrera - qui était là car son apoderado se nomme Chopera.

4. A noter le comportement décevant et incorrect de Padilla lors des tercios de piques de ses toros. Il s'assied sur l'estribo derrière le cheval et appelle discrètement le toro pour que celui-ci charge, faussant par là-même le spectacle du tercio et ne permettant pas au bicho de focaliser son attention sur un seul point (voir photo ci-dessous).

A mentionner enfin, l'attitude insupportable des peones de Barrera qui crièrent "Bieeeeeeeeen" durant toute la faena (toro de Cuadri) de leur maestro, espérant peut-être amener le public à en faire autant... Echec.

Le prix au meilleur toro est allé au Guardiola Fantoni et le piquero d'El Fundi - son frère - a reçu le prix du meilleur puyazo. Il fut d'ailleurs fortement ovationné par le public après le tercio du Guardiola.

L'arène était remplie d'une grande délégation de Français, peut-être plus nombreux que les Donostiarras ou Espagnols...