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28 décembre 2012

Communiqué de presse… pas banal


Communiqué

« Lors de son assemblée générale annuelle, la Peña Campo Charro de Dax a attribué, à une forte majorité de ses membres, son prix pour la temporada dacquoise 2012 au jeune et prometteur picador Alberto Sandoval.
Le 12 août, à la demande bienvenue et historique de la commission taurine de Dax, et avec l’accord des maestros et des picadors de la tarde, un seul picador s’est présenté en piste cet après-midi-là.
Alberto Sandoval exécuta le tercio de piques devant le 5e toro de la corrida de la ganadería D. José Escolar Gil (‘Milagroso’, n° 28, né en octobre 2007).
En appliquant les règles de cette suerte (qualités de cavalier, présentation du cheval, placement de la pique) par trois fois, le toro partant de distances croissantes, Alberto Sandoval a déclenché une émotion générale démontrant que le public est sensible et adhère à un tel moment grâce à la présence de véritables taureaux de combat et à la volonté des acteurs.
Sa remarquable prestation a été honorée par un tour de piste au côté du maestro Javier Castaño. »
Peña Campo Charro


Dessin À Dax, le prix « Campo Charro » 2012 décerné à un picador torero — Jérôme ‘El Batacazo’ Pradet

13 septembre 2012

G10 Juli dans mon étable


Avis au lecteur : cette histoire mêlant El Juli, G10 et gros sous ne nous concernerait pas, et l'on pourrait même s’en contreficher, si, malheureusement, cela ne touchait pas aussi la tauromachie que nous aimons.

Depuis quelques lunes, quand vous demandez le montant du cachet de telle ou telle figura à un décideur ès corridas, celui-ci vous envoie gentiment promener comme s'il s'agissait de ses sous, et au prétexte qu’il n’entre pas dans les bonnes pratiques commerciales, et ce pour des raisons de concurrence, de dévoiler ce mystère. Cette pratique installée a ses limites ; il est bien connu qu’à force de cachotteries on finit par se prendre les pieds dans le tapis.

Supposons que tous les organisateurs sachent exactement ce qu’ils payent quand un prestataire fournissant un plateau complet présente une facture qu’il rédigera avec flexibilité. Aujourd’hui l'on nous dit que le G7 a imposé un rabais de 20 % au G10… Oui, peut-être… C’est invérifiable. Le seul chiffre connu est zéro information — quant à la pseudo-péréquation qui profiterait aux toreros plus modestes : idem, évidemment.

Si les exigences financières sont si extravagantes, et si El Juli impose et dispose des toros à sa guise, pourquoi ne pas en informer le grand public de manière précise et concrète ? La régulation ne serait-elle pas plus immédiate avec un public dès lors plus exigeant ? Quelle serait alors l’attente de gradins réellement informés ? Et de quel droit cette information est-elle confisquée puisqu’il s’agit de notre argent ? Enfin, n’y aurait-t-il pas aussi, et en fait, un gros risque de mécontentement bien plus général à annoncer la réalité de ces cachets dans une période riquiqui ?

Dans le programme de la Féria de l’Atlantique à Bayonne, fer de lance de l’opposition au G10, on trouve, accrochez-vous : « El Juli : la suprématie […] Il règne aujourd’hui sans partage sur la tauromachie, fascinant par sa domination technique, mais surtout par la profondeur de son inspiration. Dans un véritable ensorcellement du toro, qui se retrouve aimanté au leurre, l'on suit, subjugués par les stratégies toujours adaptées à son adversaire et pleines de créativité […] Sa muleta est d’une puissance inouïe, main basse, et d’un temple languide […] » Etc. Souvenez-vous sur France Bleu Gascogne de cette phrase, peu sibylline et plusieurs fois répétée, du très peu journaliste Pierre-Albert Blain, qui aimait provoquer les filles à l’antenne : « Le Juli pratique une tauromachie éjaculatoire… » Et ça, madame, ça n’a pas de prix.

Mais, d’après le même programme, Miguel Ángel Perera peut prétendre à une augmentation : « Personne ne torée comme lui à la muleta. Avec autant de temple, de cadence, on dirait que les passes s’enchaînent, qu’elles sont cousues, ininterrompues : la rondeur du toreo dans son expression la plus absolue. (Je vous avais prévenu, c’est cucul.) Avec un placement sidérant, tout en douceur, sans que le leurre ne soit jamais effleuré, ses naturelles et derechazos sont les plus longs (c’est vrai, c’est trop long) et profonds que l’on puisse voir aujourd’hui. » Etc.

Hélas, ce machin dégoulinant n’est pas signé. Ces figuras-là sont le produit d’un système qui aujourd’hui se retourne contre elles, parce qu’elles vont un peu plus loin que leurs prédécesseurs qui en ont largement profité. Quant aux toros du Juli, on peut lire dans Sud Ouest du 11 septembre : « On se souvient de la corrida des Jandilla du 11 août, pendant la Féria de Dax, où tout le monde avait pu admirer un superbe toro jabonero dans les corrales. Sauf que ce toro couleur savon n'a jamais pu pénétrer dans l'arène. Problème aux yeux avaient indiqué les vétérinaires. Choix du Juli pour les autres. » Là encore, ça ne sent pas la rose et la sérénité. La vérité toute nue, c'est si compliqué !

Donc, pour conclure : peut-on, sans donner de chiffres, à la fois reprocher aux phénomènes d’être trop cher et expliquer au public qu’ils sont des phénomènes à ne manquer sous aucun prétexte ? Pas facile et… pas crédible.
Mario Tisné


Photographie Pleureuses en bas-reliefs à Saint-Bertrand-de-Comminges (Haute-Garonne).

24 août 2012

Aléas d'août


Azpeitia 21, avenue de Landeta, poussez la porte, entrez, asseyez-vous. Public détendu et sans artifice. Beaucoup de musique et souvent des toros, mais peu cette année.

Solidité et bravoure Valdellán à Parentis.

Moreno de Silva Plof !

Bayonne Bon ben va falloir aller soutenir Bayonne… Les jours avec El Juli ou les jours de toros ?

Saint-Sébastien ? Un endroit improbable pour une clientèle ciblée dont on nous avait vanté le concept génial au moment de l’inauguration, et qui aujourd’hui ressemble à un bunker sentant le pipi gardé par un service d’ordre qui découragerait un peloton de la légion étrangère. Bildu ou pas bildu, cet endroit est dépourvu de charme et de passion. La page est tournée depuis la destruction du Chofre.

Dax Cinq ans d'absence et passage rapide pour voir les toros d'Escolar et le public bicoloré. Les tercios de piques ont mis en évidence un manque de fond pour les 1er et 5e. Plus sérieux, les 4e et 6e (qui prend trois piques dont deux cariocas parce qu'il a cinq ans et demi et des cornes) ont été aussi dégonflés par la lidia. Le sérieux 2e a développé un genio inquiétant et le 3e méritait bien davantage la vuelta al ruedo que le 5e. Le vilain 1er, sans race, s'est vite réservé. Le public hésitait, recherchant à la fois succès et consistance. J’ai bien noté que les escaliers 17 et 18 résistaient avec une admirable constance. Qu'ils sachent que, depuis le G10, Pierre-Albert Blain les soutient et qu'El Juli ne pratique plus « tauromachie éjaculatoire » (sic). Dax a mis soixante-dix ans pour placer le picador en face du toril et quatre-vingt-cinq pour faire passer l'écartement des lignes concentriques d'1,80 m à 2,50 m. À noter aussi que la plupart des puyas étaient bien posées ce jour-là. Autrefois convaincue d’avoir un train d’avance, Dax doute désormais, et c’est peut-être bon signe, mais que de temps perdu.

Vic-Fezensac Le Cercle taurin de vieux (CTV) s’inquiète pour les sous mais s’enferme puisqu’il est vieux et que Chopera administre le fonds de pension.

Morante de la Puebla Dans l’échec il reste un savant, un torero libre et créatif. Rare et cher… Depuis 2011, et malgré 2012, le 23 août reste un jour férié sur mon calepin.

Bilbao et Jandilla Tant de bravoure qui se perd dans tant de faiblesse.

Cuéllar Partir, voir ailleurs pour réfléchir… mieux, bien sûr.

Mario Tisné

22 août 2012

Clic


Sudouest.fr. Clic. « Toros ». Clic. 18 août 2012 : « Une réflexion à mener autour des figuras ». Clic. Jacques Pène fait le bilan de sa féria de Dax.

« À l'heure actuelle, il existe deux types de corridas. Les courses toristas, avec du bétail d'Escolar Gil, d'Alcurrucén et de Baltasar Ibán qui était super bien présenté [...] »
Ça commence fort ! Ils nous refont le coup des Ana Romero. Torista Alcurrucén, torista Baltasar Ibán ! Insupportable ce mot « torista » maintenant. Utilisé par les excités de l’aviso à la seconde près pour s’autoproclamer connaisseurs de la doxa taurine tout autant que par les organisateurs en mal de reconnaissance et de séduction à l’égard d’une certaine frange de l’afición, le mot « torista » s’applique maintenant à toutes les sauces et justifie certains carteles tout autant que l’incapacité de ces mêmes organisateurs à faire lidier ces corridas aux figuras. C’est ainsi que pendant deux ans les Ana Romero, parce que d’origine Santa Coloma, furent présentés comme toristas ; c’est ainsi que Marie Sara considère que Margé et Fuente Ymbro c’est torista aussi. Aujourd’hui, le torista est seulement l’élevage que les membres du G10 ne veulent pas toréer (sauf en de rares cas et en de rares lieux), autant écrire donc que tous les élevages qui ne sont pas en photo dans Aplausos sont des élevages toristas.
De plus, mentionner que les corridas de ces trois élevages étaient très bien présentées revient à laisser supposer que les autres corridas, celles destinées aux figuras, ne l’étaient pas. Évidemment, à lire entre les lignes, on comprend que ce sont les figuras qui imposent ces lots et cette présentation et non pas la pauvre organisation qui a les mains liées face aux exigences de ces méchants messieurs. Quand les grandes arènes françaises (par la taille et le nombre de spectacles s’entend) ont voulu être classées en première catégorie, avaient-elles un tant soit peu réfléchi au fait qu’il faudrait suivre sur le plan de la présentation des toros ? Il est quand même hallucinant de constater le niveau moyen de présentation de certains toros dans ces arènes de première catégorie françaises qui gonflent la poitrine et remuent du popotin quand vient le temps de la présentation de leur féria. Avez-vous vu la tronche de ce ‘Calabrés’ de Daniel Ruiz gracié par monsieur Perera dans les arènes de Béziers ? 

« Notre ligne directrice a été de soigner la présentation des toros, et nous avons fait des choix au campo dans ce sens. Nous avons vus et revus les toros, et nous savions ceux qui sortiraient. »
La commission taurine de Dax sait à l’avance quels toros vont sortir dans le ruedo ! Nouvelle extraordinaire qui montre tout le sérieux de cette organisation. Que les autres arènes de première catégorie françaises qui achètent leurs toros sur le catalogue de La Redoute en prennent donc de la graine !

« Comment expliquez-vous le comportement du public dacquois lors de la corrida avec El Juli ?
— C'est difficile à comprendre. J'ai l'impression que les gens sont restés sur la corrida de l'an dernier et se sont dit que Jandilla et Juli ça allait être un peu hard. Et même si la course était bien présentée, avec des toros à 297 kg de viande et dont quatre ont donné du jeu, le public a dit "niet". C'est injuste de contester la qualité d'une corrida seulement parce qu'il y a des vedettes et c'est d'autant plus étonnant que ce phénomène ne s'est pas reproduit le mardi. »
Trente-huit euros un gradin supérieur ombre pour voir monsieur El Juli et ses consœurs faire mumuse avec des Jandilla choisis par eux, voilà peut-être un début de réponse. L’argument financier de celui qui paye n’est pas seul en cause et ne doit pas l’être. Il se fait chier ton public monsieur Pène devant El Juli ou Perera et leurs jandillasses resucés. Il s’emmerde ! Il se cure le nez ! Il mate la bourgeoise décolletée ! Il boit des bières ! Il pense à l’apéro ! Le public est con, faut s’y faire. C’est comme ça, c’est l’effet du groupe, l’instinct grégaire. Pour autant, il débourse quelques économies pour assister à une représentation sans filet, unique, dramatique et belle. Il est prêt à accepter les loupés, les jours sans, mais il ne supporte plus qu’on se foute de lui ou qu’on le moque, à l'instar de ces journalistes taurins accrédités qui ne comprennent pas ses réactions contre le grand El Juli et qui le trouvent injuste. Proposons donc à ces personnes qui sévissent dans la presse quotidienne régionale, dans la presse spécialisée et sur Internet de fermer leur gueule, de ranger leurs stylos, leurs appareils photos, leurs caméras et de se casser. Un jour, l’un d’eux m’a glissé, mais il avait bu, « qu’il fallait virer un certain président d’une commission taurine locale parce qu’il exagérait », et j’ai pensé en le regardant baver ses mots que c’était lui qui ferait mieux de dégager, car c’était un mec comme lui qui, avec ses écrits et son regard d’en bas, faisait beaucoup plus de mal à la corrida.

« Pourquoi ne pas généraliser la rentrée d'un seul picador, comme cela fut le cas uniquement face aux toros d'Escolar Gil ?
— C'est une réflexion que l'on va avoir avec les autres membres de la commission. Nous avions tenu à le faire dimanche pour que le toro, s'il était mis en suerte au centre, ne soit pas distrait par le picador de réserve, placé devant le toril. »
Et pourquoi ce genre d’initiative heureuse ne s’appliquerait-elle qu’à des courses comme celle d’Escolar Gil ? Pourquoi la commission taurine de Dax n’a-t-elle pas voulu faire briller au cheval toutes ses courses ?

J’ai le net sentiment que la réflexion ne doit pas être menée autour des figuras, mais bien autour du toro. Que l’on soit à Dax ou ailleurs…

14 août 2012

Œil pour œil


Bertrand Caritey nous fait parvenir ce beau cliché pris lors de la corrida d'Alcurrucén de Dax lidiée lundi 13 août 2012. Un grand merci et une grande fierté de pouvoir « exposer » ici-même une de ses photographies.

13 août 2012

D'axe pour homme...


À Isa, Coco et José, enfin dépucelés


... sur le sable, et « Eau de Guerlain » dans les gradins, perlimpinpin — ça rime.

J’ai eu peur de l’avoir perdu. Durant deux toros j’ai cru que le public de Dax n’était plus lui. J’avais lu les comptes rendus de la corrida d’hier (des jandillasses de troisième catégorie), et vas-y que tous nos génies de la dialyse taurine s’inscrivaient en faux avec ce public râleur, mécontent et injuste envers certains toreros (Luque et Díaz). Fichtre ! Quand ceux-ci bavent sur le public, c’est que tout n’est pas foutu, m’étais-je lancé à moi-même comme un clin d’œil de connivence — je suis souvent de connivence avec moi-même. J’ai même écouté la tertulia de midi sur la radio locale de service public (ils ont tendance à oublier qu’ils sont un service dédié au public) en coupant mes premières tomates du jardin bien rouges du jardin, quoique non certaines étaient jaunes parce qu’il existe des tomates qui ne sont pas rouges — oui, il en existe des jaunes, des noires aussi. À la tertulia, j’ai pas entendu grand-chose mis à part la respiration de plus en plus saccadée d’un des deux chroniqueurs. En préparant la vinaigrette à la moutarde à l’ancienne, bienveillant, humain, un rien souriant, j’ai trouvé qu’après tout si ça lui faisait plaisir de venir souffreter (je sais, ce n'est pas français) en direct fallait pas le priver le bougre, et puis ça donne un tempo un brin cadencé à l’autre qui déblatère des métaphores « Arlequin » à la vitesse de la lumière. J’ai rien appris de plus sur ce méchant public dacquois à la tertulia et j’ai becqueté mes fruits de toutes les couleurs, car les tomates sont des fruits et non pas des légumes.

Pendant deux toros, j’ai eu peur de l’avoir perdu. Au fond de moi, loin quand même, j’ai ressenti ce goût amer de la déception. L’avait foutu le camp mon cher public de Dax. Absent, on me l’avait changé en bon public de toros attentif aux piques, que Robleño et Castaño prirent soin de mettre en valeur par des mises en suerte à distance, sifflant juste, reconnaissant le toro quand il y avait lieu de le reconnaître. Pourtant, je sentais que ça montait, que ça voulait, que ça allait revenir. Une atmosphère, une fragrance de femme qu’on reconnaît en marchant dans la rue. « Eau de Guerlain » parce que j’aime beaucoup les publicités « Eau de Guerlain ». Alors Castaño a mis son toro à distance, le 5, ‘Milagroso’, et en trois rencontres il était aux anges, mon cher public. Trois rencontres de loin, la dernière al regatón, mains en transe et debout, mon public, redevenu lui, gobant et heureux de gober. Regatón ? Mais il faut choisir ! On pique ou pas, on ne triche pas avec un regatón pour une troisième pique, serait-ce dans le but louable de faire briller un toro brave ; on choisit, on pique ou pas. C’est noir ou blanc, le gris c’est le dosage ! Après ça, il était prêt mon public de Dax. Prêt à se pâmer pour une faena de redondos inversés, pour des passes de peu, de loin, de moins ou plutôt de trop. Et pschitt, l’oreille, et pschitt et pschitt je t’en remets une dose, deux petits coups encore et la vuelta au toro de deux piques et de charge molle. Ça sentait bon l’« Eau de Guerlain ».

C’était pas fini, faut pas croire, comme enivré de son odeur retrouvée, fallait que le petit Aguilar sorte en triomphe et qu’on termine saoulé de ses propres effluves. Deux oreilles pour une faena mi-figue, mi-raisin, excitée mais parfois inspirée comme dans deux séries de naturelles fort bien exécutées. Le nez plein de soi, de sa joie, de son temps retrouvé, mon cher public oubliait l’assassinat aux piques contrôlé et voulu par le petit bonhomme Aguilar, trois piques dans les reins, carioquées à un toro brave et armé à faire peur, un toro qui portait son grand âge (cinq ans et demi) en bandoulière d’une patte arrière gauche laide d’où essayait de s’extraire un œdème ou les scories d’une patte cassée, mal réparée. La tête ne fait pas tout et l’on ne présente pas ça dans une arène de première catégorie. J’aime bien les pubs de Guerlain, mais je n’étais pas saoul.

À la fin, le pschitt de trop, celui qui fait passer la femme de désirable à odorante : sortie a hombros de Monsieur Escolar Gil en compagnie d’Alberto Aguilar. Le parfum, c’est difficile à doser mais mon cher public de Dax exagère toujours, comme une bonne vieille femme fardée de bijoux lourds et jaunes, la peau mitée des traces du soleil et des excès d’« Eau de Guerlain ».

Les toros ne pipent rien aux exhalaisons immodérées des vieilles bourgeoises grimées de trop — les Escolar Gil assez peu et hier encore moins. Et pourtant, pourtant, la vieille peau a aimé les fauves, leur suc martial, leur remugle mâle. Superbe lot de toros, bêtes brutes de combat, ardents mauvais coucheurs qu’un coin de rue la nuit eût choisi pour bretteurs, cape grise de mise, œil noir aussi piquant que la pointe des cornes. Face à eux, il convenait de rester dans l’axe, jambe avancée, main devant, œil contraire. Ô trilogie, en garde, parade et coup d’estoc. Y revenir, se replacer, s’y remettre et avoir peur. À ce jeu du toreo de domination, Fernando Robleño est capitaine de la troupe. À son premier toro, il entame sa faena en voulant lier les passes à droite mais se rend vite compte de son erreur. Leçon de tauromachie : changer de terrain (imperceptible), se croiser, tendre la main bien devant et tirer la passe loin derrière. Le toro tourne, se contorsionne, a mal. Le coin de rue s’éclaire un peu. Ne pas lier. Se replacer, refaire le même geste pour le plier, le chiffonner. De l’après-midi, et sans idolâtrie aucune pour cet homme au sommet, c’est lui, Robleño, qui, à cet instant-là, montra à la vieille peau mitée ce qu’était le toreo d’un taureau de combat.

En quittant la vieille dame, me restaient Robleño et ‘Mislito’, sobrero estampe, fauve d’entre les fauves, agressif et mordant, chien sauvage de rue, tigre et lionne. L’axe de la peur. Puissant, insatiable, bondissant, un toro comme on n’en voit plus et dont l’image rude surgira de nulle part dans l’inconscient de Castaño lorsqu’il entamera ses atroces redondos inversés pour plaire aux vieilles dames.

Il aura peur alors.

12 août 2012

Lu dans « Sud Ouest » (2)


« Dimanche 12 août

Toros de D. José Escolar Gil (sang Marqués de Albaserrada) — 2011 : 4 corridas, 23 toros, 7 oreilles, 2 vueltas.

Fernando Robleño — 2011 : 14 corridas, 25 oreilles, 1 queue.

Javier Castaño — 2011 : 24 corridas, 23 oreilles.

Alberto Aguilar — 2011 : 23 corridas, 12 oreilles. »


Pas beaucoup d'indultos ni de queues coupées au programme… Ça m'inquiète.

11 août 2012

Lu dans « Sud Ouest »


« Samedi 11 août

Toros de Jandilla (sang Juan Pedro Domecq Solís) — 2011 : 19 corridas, 95 toros, 58 oreilles, 1 queue, 2 vueltas, 2 indultos.

Enrique Ponce — 2011 : 51 corridas, 68 oreilles, 1 queue.

El Juli — 2011 : 72 corridas, 198 oreilles, 3 queues, 2 indultos.

Daniel Luque — 2011 : 65 corridas, 91 oreilles, 4 queues, 2 indultos. »


Dax, ou l'art de communiquer pour remplir les arènes et vider les campings…

10 août 2012

Le saviez-vous ?


« Dax aime les toros bien présentés, harmonieux, bien proportionnés, pas trop grands et bien armés. »
Alberto Encinas, veedor

Qu'on se le dise !…

30 juillet 2012

Aficion'Ado — Saison 2


Pour les minots en mal d'émotion qui auraient déjà explosé vingt-cinq fois tous les niveaux de Warcraft dernière génération, la Peña Alegría de Dax, jamais avare en distribution gratuite de sensations fortes, propose à ses pupilles et aux nouveaux aventuriers soucieux d'alimenter le débat taurin dans la cour de récré la version 2012 du projet Aficion'Ado ! En effet, afin d'accompagner les jeunes désireux d'affûter leur regard sur l'art de Cúchares, les socios de la célèbre peña dacquoise proposent de les accompagner chaque matin de novillada non piquée pendant la féria aoûtienne, pour les guider dans l'appréhension du monde taurin et les aider à mieux percevoir, ou d'une manière plus avisée, le déroulement du spectacle en piste, ainsi que les petits détails qui s'y dissimulent et qui font souvent toute la différence. Prenez un temps d'avance et rejoignez Aficion'Ado ! L'idée est simple, aficionada, gratuite, rondement menée, et donc BONNE. What else ?

Et puisque nous, à Campos y Ruedos, les projets taurino-éducatifs c'est tout ce qu'on aime, alors on dit : « Bravo la Peña Alegría ! »

Sachez toutefois que les places sont comptées, mieux vaut donc mettre le match de beach-volley féminin sur pause et plonger dès à présent sur votre iPhone 4G pour contacter Jérôme Lalanne (Grand Gourou, initiateur du projet, et… bureau des plaintes) au 06 80 68 25 49.