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09 mai 2013

Le non-spectacle


Il a arrêté de pleuvoir au moment où s’ébranlait le paseíllo. Pile. Le ciel est taurin. Sometimes. Les Coquilla de Sánchez-Fabrés étaient les ultimes. Après, il n’y en aura plus, et il se dit que le cousin de Sánchez-Arjona (présent hier) a lui aussi arrêté d’élever les siens. L’idée de cette corrida était fort sympathique, parce qu’organisée avec une immense afición par des jeunes, comme on dit. Il ne s’agissait pas de sauver l’élevage, mais simplement de donner à voir les six derniers exemplaires d’un sous-encaste qui avait connu ses heures de gloire dans les années 1960-1970. Ils avaient choisi Sánchez-Fabrés parce que l’amitié avant tout, et, finalement, c’est défendable ce genre d’argument. Alors, évidemment, la corrida n’était pas préparée et choisie comme si elle avait dû sortir dans une féria. Il y avait ce qu’il y avait ; il restait ce qu’il restait.

Parmi ces restes, trois exemplaires étaient clairement arrondis de cornes, mogones en vérité, même si, après avoir cogné fort dans les burladeros, il convient de souligner qu’il n’y eut pas d’escobilles ni de pinceaux apparents. Loin de nous l’idée de défendre à tout prix une organisation courageuse, mais le hurlement « afeitado » à la première seconde de la première sortie de l’après-midi relevait de la plus grande débilité, pas moins. Non pas parce qu’afeitado il n’y avait pas — seules des analyses pourraient le dire, et pourquoi ne pas avoir de suspicions, c’est le droit de chacun —, mais parce qu’avant de hurler comme un ours qui s’est coincé la couille dans un buisson, il convient d’observer le toro attentivement, de le voir courir, de prendre la mesure de son tamaño, de son trapío s’il en a, de le regarder cogner dans les tablas et de constater ou non si les cornes ont bougé. Après, on peut faire ce que l’on veut ; on peut gueuler, rire, chanter, se moquer, dormir ou rentrer chez soi — on peut aussi ne pas venir.
Et puis, derrière tout ça, derrière cette histoire de cornes arrondies, il y a l’idée, devenue prégnante dans le milieu, que tous les toros doivent sortir astifinos. Dernièrement, un certain M. Compan, vétérinaire de son état, réfléchissait (mal) au pourquoi de l’ennui du public dans une corrida. Son analyse était menée avec précision et exhaustivité, et il conclut que, pour qu’un public ne s’ennuie pas à la sortie du toro, il convenait de présenter des toros astifinos — évoquant aussi l’idée d’une corrida concours de Domecq car, selon M. Bonijol, le nouveau gourou du mundillo français, qui veut créer un cheval de spectacle !!! ce sont les Domecq qui s’emploient le plus au cheval…

M. Compan est vétérinaire, et il est inquiétant de constater que ses propositions nient la possibilité de sortir des toros non-astifinos dans une arène. Pas mogones, mais simplement non-astifinos. Qu’en fait-on de ces toros ? Peut-être que, avant de penser le pourquoi de l’ennui, tous ces gens bien intentionnés devraient se mettre à penser le pourquoi des toros, et alors peut-être que certaines choses changeraient : on accepterait peut-être de se dire qu’un toro n’est pas un produit formaté ; qu’il existe des accidents de campo, des catégories d’arènes à respecter, des morphologies spécifiques ; qu’un toro ça pousse dans de l’herbe et non dans des cercados désherbés ; qu’une corne peut être longue, courte, large, fine, pointue, grossière, arrondie ou usée.

Le public s’ennuie parce qu’on veut lui vendre un spectacle ! La corrida n’est pas un spectacle, elle le devient, malheureusement, mais ne devrait jamais l’être !

Hier, à Saint-Sever, le public ne s’est pas ennuyé parce que les toros étaient intéressants. Aucun ne fut un grand toro, même si le second avait de belles qualités sous-exploitées par le toreo profilé et extérieur d’un Bolívar décidément très répétitif dans cette tauromachie de passage. Il y eut de l’engagement au cheval, souvent de mauvaises manières — beaucoup furent cabeceando, sortant seuls aussi —, parfois mal mis en suerte… certes, mais les toros voulaient combattre. Il y eut des toros fades (le 1), d’autres de belles charges (le 4), et il y eut ce sixième, « encasté », compliqué à réduire car il avait la fâcheuse tendance de sortir des passes la tête (chercheuse) très haute.
Et il y eut Thomas Dufau qui, après un début de faena à côté de la plaque, s’engagea enfin sur deux franches séries de la gauche au cours desquelles il prit la mesure de son opposant, tirant la main loin derrière et vers le bas pour contraindre le bicho. ¡Lidiar! Las, et c’est bien la preuve de cette mode de la corrida spectacle formatée, la cuadrilla dudit Dufau lui suggéra d’achever son bel ouvrage par une série de redondos inversés et de pechos façon mouvement perpétuel. Las, car on ne fait pas ça à un toro de ce type, qui se retourne, serre dans les passes, sort tête haute et veut vous accrocher. Et Dufau comprit son erreur après une voltereta d’anthologie.

On ne s’ennuya pas, hier à Saint-Sever, et les toros n’étaient pas tous astifinos.


>>> Retrouvez, sous la rubrique « Ruedos » du site, une galerie consacrée à cette ultime corrida des Coquilla de Juan Sánchez-Fabrés.

Viva Coquilla


18 avril 2013

Le cartel des Sánchez-Fabrés de Saint-Sever


Comme annoncé il y a quelques jours, les Sánchez-Fabrés (Coquilla/Buendía) vont finalement être combattus à Saint-Sever grâce à la mobilisation des aficionados autour du Collectif Pedrollen.
Le cartel de cette corrida, qui aura lieu le 8 mai 2013, est désormais connu : Luis Bolívar, Thomas Dufau et José Calvo.

Photographie Laurent Morincome (Merci à lui.)

09 avril 2013

Coquilla en Saint-Sever


Communiqué du Collectif Pedrollen

Aujourd’hui 7 avril, les Coquilla de Juan Sánchez-Fabrés s’éloignent de l’abattoir et se rapprochent des arènes de Saint-Sever. 

L’Afición a été sensible à notre appel ; nous avons réunis les deux tiers de la somme que nous nous étions fixés comme seuil pour permettre à l’unique corrida de quatre ans d’encaste Coquilla d’être combattue dans l’arène. 

Nous tenons à remercier les nombreux soutiens et les marques d’encouragement reçus depuis le début de cette aventure. 

Les tous prochains jours seront décisifs, et une décision sera prise dans la semaine qui vient. 

Vous pouvez encore nous adresser vos dons :
— Par chèque libellé à l’ordre du Collectif Pedrollen (8 impasse Gayon, 64100 Bayonne).
— Par virement en nous demandant un RIB sur notre e-mail : collectifpedrollen[@]gmail.com (remplacer « [@] » par « @ », mesure antispam).


P.-S. : Avec vos dons, merci de nous communiquer vos e-mails. Pour nous joindre par téléphone, contacter Luc Larregain (06 40 22 40 66) ou Antoine Capdeville (06 33 15 02 82).

03 mars 2013

Une corrida de Coquilla… la dernière


Les derniers Coquilla…
Un collectif vient d’être créé, le Collectif Pedrollen, dont l’objectif affiché est de faire combattre dans le Sud-Ouest ce qui pourrait être la dernière corrida d’origine Coquilla.
Nous vous offrons ici le texte de présentation du blog du collectif.


« C’est fin décembre que le bruit a commencé à courir ; Juan Sánchez-Fabrés, lassé de tant de désillusions au moment de “lidier” ses toros, voulait envoyer à l’abattoir la seule corrida d’encaste Coquilla qui restait dans tout le campo espagnol.

Il faut dire que, depuis pas mal d’années, la quête de Juan s’apparente de plus en plus à celle de don Quichotte, tant les embûches et les problèmes qu’il rencontre semblent insolubles. Ce fut d’abord une désaffection des grandes arènes, plus intéressées par le poids et les cornes que par la caste et la bravoure. Puis ce fut celle des figuras, qui ne goûtaient guère le piquant des Coquilla de Juan. Pour couronner le tout, Bruxelles et ses contraintes sanitaires drastiques finirent d’enterrer les derniers espoirs d’une lignée qui fit le bonheur des figuras d’après-guerre et de très nombreux aficionados.

Malgré tout cela, Juan continua la lutte, mais la crise et la réduction considérable du nombre de spectacles qu’elle entraîna l’oblige à faire un constat déchirant : il n’y a plus de place pour ses toros ! C’est donc impuissant qu’il devra se résoudre à les envoyer à l’abattoir si une solution n’est pas trouvée avant fin juin. Voilà pourquoi un groupe de quelques aficionados, en concertation avec le ganadero, a décidé de créer le Collectif Pedrollen afin que, comme Juan se plaît à dire, ses toros puissent mourir en musique dans l’arène plutôt que d’une balle entre les yeux dans un sinistre abattoir. Une date est donc envisagée, celle du 8-Mai puisque le jour est férié et qu’il n'y a pas d’autres spectacles dans le Sud-Ouest.

Que les choses soient claires : arriver à faire “lidier” ce qui sera peut-être la dernière corrida de toros d’origine Coquilla constitue une entreprise titanesque, mais ne rien faire relèverait d’un manque d’afición flagrant. Vitrine de notre projet, un blog vous informera des avancées de celui-ci. Inutile de préciser que toutes les suggestions et les aides extérieures seront les bienvenues ; pour cela, une boîte mail a été ouverte : collectifpedrollen(at)gmail.com [remplacer “(at)” par “@”].

En espérant que le projet aboutira et que les pupilles de Juan pourront fouler le sable d’une arène et faire parler leur caste. »


Image Photographie tirée du blog du collectif.

12 août 2011

3 + 3 = ½ + ½


Évoquée il y a sept mois, officielle depuis peu, la novillada « 3 Coquilla de Sánchez-Arjona + 3 Hros. de D. Alfonso Sánchez-Fabrés » promise par l'empresa Taurodelta aura bien lieu... le 21 août prochain à Las Ventas — comme je n'aime pas rabâcher, et que je n'ai rien de plus à dire que ce que j'avais écrit le 13 mars dernier, je vous renvoie volontiers à « ¿Coquilla en Madrid? ».

Image Vache Coquilla de Mariano Cifuentes © François Bruschet

15 mars 2011

Coquillalive


Un clin d'œil pour Philippe, pour les autres aussi. Deux Coquilla de Sánchez-Fabrés qui jouent le matin au réveil.

13 mars 2011

¿Coquilla en Madrid?


Au cœur de l'hiver, je lisais sur un blog :
— que quelque chose était en train de changer à Las Ventas ;
Il faudrait être à Madrid pour pouvoir en juger. Ceci dit, l'empresa Taurodelta, dirigée par José Antonio Martínez Uranga et son fils, a souhaité ouvrir la temporada (sa dernière ?), ce 13 mars 2011, par une novillada de La Dehesilla... Pour Taurodelta, hip ! hip ! hourra !
— que l'empresa de Madrid, au fait de l'actualité, aurait été sensible au sort peu enviable réservé à certains encastes, et notamment à la ligne Coquilla de Santa Coloma ;
C'est si beau et touchant que l'on en aurait presque la larme à l'œil — il n'est pas inutile de rappeler que la Comunidad de Madrid publiera dans l'année son nouvel appel d'offres pour l'adjudication de Las Ventas en 2012...
A ma connaissance, le dernier Coquilla lidié à Madrid fut un novillo de Coquilla de Sánchez-Arjona sorti comme sobrero le... 17 avril 2005 !
— qu'elle serait donc prête à programmer des novilladas de Coquilla de Sánchez-Arjona et de Sánchez-Fabrés, mais « le trapío limité » (sic) des Coquilla, vu la rigueur des vétérinaires, ...
S'il existe une raison pour expliquer la non présence des Coquilla dans le ruedo madrilène, celle-ci n'est sans doute pas à chercher du côté de leur « trapío limité »1. Un Coquilla, c'est musclé et « caillé », en un mot : sérieux. Question kilos, tâchons de garder à l'esprit : 1) que la question du poids des toros n'est qu'une tarte à la crème dont se repaît le mundillo en attribuant à une frange ultraréduite de l'Afición, pour mieux la discréditer, l'opinion qu'un toro digne de Madrid doit peser plus d'un certain poids quel que soit son encaste ; 2) que le poids minimum d'un toro dans une arène de 1re catégorie, fixé réglementairement à 460 kg, ne constitue en aucune manière un obstacle, et, 3) qu'il n'est pas rare que deux toros d'un même élevage, de même encaste, ayant le même âge et appartenant au même lot (de Madrid) affichent des poids avec un écart de près de cent kilos — ces deux toros pouvant être tous les deux con trapío, ou sans, le plus léger avec et l'autre sans, et inversement.
Concernant l'encornure, admirer à Las Ventas un Coquilla, a fortiori novillo, encorné tels que le sont ceux « en type » présents sur la photo ouvrant ce post ne saurait donner matière à polémique. Réclamer davantage de variété d'encastes au campo et dans les ruedos tout en exigeant d'un Coquilla qu'il soit « taillé » comme un Atanasio et armé comme un La Corte n'a aucun sens. En choisissant les exemplaires les mieux présentés dans un élevage donné, sans perdre de vue le type de toro voulu par l'éleveur (plus encore que le type de l'encaste), tous les élevages, absolument tous, devraient avoir l'opportunité de combattre à Madrid.

... permettrait seulement de proposer une course composée de trois exemplaires de chacun desdits élevages, et
De même qu'une corrida concours — songer que l'empresa madrilène n'est pas fichue d'en prévoir une sur les 70 dates composant sa temporada ! —, certaines courses nécessitent un soin tout particulier dans leur préparation, voire une certaine... mansuétude ? Cela va sans dire mais un élevage Coquilla ne ressemble en rien à une usine à toros où le qualificatif « extensif » ne concerne plus guère que le nombre de têtes de la camada... Que penser d'une formule bâtarde « 3 et 3 » en lieu et place d'une course complète, sinon qu'elle agace l'aficionado attaché à la notion de « lot » (3 novillos ne constituant qu'un demi-lot) ; qu'elle ne rime pas à grand-chose sur un plan strictement taurin (Sánchez-Fabrés ayant rafraîchi ses Coquilla avec du Buendía dans l'intention, si je ne m'abuse, de les faire accepter un jour par les grandes arènes...), et qu'elle marginalise un peu plus un encaste qui n'en a nul besoin — viendrait-il seulement à l'idée de Taurodelta de programmer « 3 Domecq et 3 Núñez/Domecq »2 ?
— que Taurodelta, soucieuse de ne pas torpiller son initiative et de devancer les critiques de l'Afición — si j'ai bien compris —, aurait dépêché sur place les vétérinaires venteños afin d'approuver les novillos préparés par les éleveurs.
Les vétérinaires se seraient déplacés dans les élevages histoire d'éviter tout voyage inutile aux animaux — embarquer un lot pour Las Ventas, qui le renvoie chez lui sans autre forme de procès —, ainsi que tout refus intempestif de leur part lors des reconocimientos. Ne soyons pas de mauvaise foi et admettons que l'inspection préalable des vétérinaires participe de ce soin particulier que j'évoquais dans le paragraphe précédent. A moins qu'elle ait tout simplement été exigée, comme l'affirme l'auteur du post, par l'éleveur Juan Sánchez-Fabrés...
Ce déplacement exceptionnel aurait également eu pour objectif de désamorcer une éventuellle critique de la part des soi-disant fervents du novillo-toro ou du toro-éléphant qui, le jour des Coquilla, devraient selon toute vraisemblance représenter peu ou prou une demi-louche du cinquième d'arène majoritairement occupé par des touristes japonais. Pas de quoi, franchement, vraiment pas de quoi empêcher José Antonio Martínez Uranga et son fils de dormir paisiblement sur leurs deux oreilles.

1 Pour ma part, un toro est con trapío ou sin trapío, point. Quand un toro en est démuni, je ne le précise pas ; j'écris autre chose.
2 A titre d'exemple, en 2007, ces deux encastes — sur la vingtaine que compte la cabaña brava — réunissaient 50 % des bêtes combattues à Las Ventas.

Images Superbes novillos de Coquilla de Sánchez-Arjona (mars 2008) © Laurent Larrieu Superbe semental de © Mariano Cifuentes Superbes vache et becerro de La Interrogación © Laurent Larrieu

25 juin 2010

Survivre et mourir... au Campo Charro


Deux photographies, presque sans paroles.
La première, c'est la façade de la ferme de la ganadería de Justo Nieto (Vega-Villar ligne Encinas). Pour un peu, on se croirait presque chez Miura mais ici il n'y a plus que deux chevaux qui regardent errer les aficionados et écoutent piailler les poules et aboyer le chien. ¡Acabado!

La seconde, c'est un futur novillo de Juan Sánchez-Fabrés (Coquilla/Buendía) qui survit malgré l'Europe, malgré la tuberculose, malgré le milieu qui ne veut pas de ses bêtes, malgré l'époque, malgré le froid en hiver.

10 décembre 2009

Juan Sánchez Fabrés, quelques feuilles vertes...


GRACIAS por vuestra sensibilidad, apoyo y solidaridad, porque con ello habéis conseguido que me tiemble el pulso y se me enturbien los ojos con la lagrima contenida a la hora de firmar la solicitud de VACÍO SANITARIO para las vacas de COQUILLA.

Vosotros y sólo vosotros vais a ser la causa por la que la única rama original que hoy existe de las 4 en que se dividió la ganadería de Coquilla no desaparezca también.

Afortunadamente habeis entendido que el toro de lidia antes que grande y cornalón lo que tiene que ser es bravo.
Dado vuestro manifiesto interés me creo en la obligación de explicar las razones que me han llevado a tomar soluciones tan radicales:

Desde el año 1973 en que me hice cargo de la ganadería, hemos conseguido sobrevivir a la moda del toro grande con un toro pequeño, a la manía del toro cornalón con un toro cornicorto, a la imposición del toro tranquilo con el toro fiero, y a reconocimientos veterinarios que miden el toro con un único patrón, olvidando las peculiaridades de cada encaste; pero el que me obliguen a sacrificar una vaca con 16 años y 32 veces saneada, madre de 2 sementales y un toro de vuelta al ruedo, eso ha sido la gota que ha hecho derramar el vaso.

A partir de ahora os habéis convertido en ganaderos sin quererlo y en el futuro cada vez que salga al ruedo un toro de Coquilla, aunque sea en una novillada sin caballos, algo de él os pertenece, pues al final, sois vosotros los que habéis conseguido que siga existiendo, y por eso la familia Sánchez Fabrés os estará eternamente agradecidos.

Vamos a seguir, aún sabiendo que es inútil luchar contra el sistema, porque al encaste de Coquilla al igual que al olmo de MACHADO hendido y partido por el rayo algunas hojas verdes de esperanza le han salido.

Juan Sánchez Fabrés

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

MERCI pour votre sensibilité, votre soutien et votre solidarité, parce que tout cela a permis à mon pouls de frémir et à mes yeux de se brouiller de cette larme réprimée au moment de signer la demande d’ERADICATION SANITAIRE pour mes vaches d’origine COQUILLA.

Vous et vous seuls êtes la cause qui conduira à ce que la rame originale des quatre branches de la division de la ganadería de Coquilla ne disparaisse pas.

Vous avez fort heureusement compris que le taureau de combat, avant d’être grand et très armé, doit être brave.

Etant donné vos manifestations d’intérêt, je suis dans l’obligation de vous donner les raisons qui m’ont poussé à vouloir prendre des solutions si radicales :

Depuis 1973, date à laquelle je me suis retrouvé en charge de l’élevage, nous avons réussi à survivre à la mode du taureau grande avec un taureau plus petit, à la manie du taureau cornalón avec un taureau aux cornes plus courtes, à l’imposition du taureau docile avec le taureau combatif, et aux examens vétérinaires qui définissent le taureau avec un seul patron en oubliant les particularismes de chaque encaste. Mais celui qui m’a obligé à sacrifier une vache de 16 ans, 32 fois déclarée saine, mère de deux sementales et d’un taureau de vuelta al ruedo fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase.

A partir de maintenant, vous vous êtes reconvertis en ganaderos sans le vouloir et, dans le futur, chaque fois que sortira un taureau de Coquilla, même dans une novillada sans picadors, un peu de lui vous appartiendra, parce qu’au final, c’est vous qui aurez réussi à ce qu’il existe et pour cela, la famille Sánchez-Fabrés vous sera éternellement reconnaissante.

Nous allons continuer, même en sachant qu’il est inutile de lutter contre le système, parce que sur le tronc des coquillas, à l’instar de l'orme de MACHADO fendu et disloqué par l’éclair, poussent quelques feuilles de verte espérance.

Juan Sánchez Fabrés

30 novembre 2009

Sánchez Fabrés a punto de desaparecer...


La ganadería de Sánchez Fabrés está a punto de desaparecer y, con ella, el encaste coquilla, que se encuentra en vía de extinción.
La diversidad de la cabaña brava es cada día más pobre, y así la tauromaquia pierde fuerza y belleza.
Nosotros los aficionados no tenemos muchas posibilidades de reacionar frente a esta triste noticia, pero lo mínimo que podemos hacer es decir a Sánchez Fabrés que apoyamos, por lo menos moralmente, su tarea. Aunque es muy difícil, vale la pena intentarlo. Por eso invitamos a aficionados, críticos taurinos, empresarios, ganaderos, mozos de espada o quienquiera que sea a que mandéis un mensaje de apoyo antes del miércoles a nuestro email contact@camposyruedos.com. Se los remitiremos al ganadero.
Pedimos a los webmasters de páginas taurinas, grandes o pequeñas, que difundan este mensaje de la forma más amplia posible.

Gracias a todos.

* * *

La ganadería de Sánchez Fabrés est sur le point de disparaître, et avec elle, c’est l’encaste Coquilla qui se retrouve en voie d’extinction. La diversité de la cabaña brava s’amenuise tous les jours un peu plus, la tauromachie y perdant sa force et sa beauté.
Les aficionados que nous sommes ont peu de moyens de réaction face à cette triste nouvelle mais le minimum que nous puissions faire est de montrer à Juan Sánchez Fabrés que nous le soutenons, ne serait-ce que moralement. Le combat, si dur fut-il, vaut peut-être la chandelle d’être poursuivi…
Pour cela, que vous soyez aficionado, chroniqueur taurin, empresario, torero, ganadero, mozo de espada ou autre, écrivez avant mercredi soir (02 décembre 2009) un message de soutien à Juan Sánchez Fabrés à l’adresse suivante : contact@camposyruedos.com. Nous ferons suivre au ganadero.
À l'attention de tous les webmasters de sites ou blogs taurins, grands ou petits, veuillez avoir l’amabilité de diffuser ce message le plus largement possible.

Merci à tous.

28 novembre 2009

Meurent les civilisations (II)


La saignée des grands noms du campo Charro continue. Après Atanasio, au tour de Sánchez-Fabrés de se retrouver au pied de la potence. Ça devient écœurant d'écrire là-dessus, sur la mort des civilisations, sur la nostalgie de ce que l'on a aimé, sur ces encastes qui disparaissent.

Martín Ruiz Gárate 'Bastonito' l'a très bien fait sur son blog Taurofilia.

Rien que le titre en dit beaucoup, El toro pasteurizado, et le reste de son analyse vaut évidemment la peine d'être lu... et relu.

Photographie
Deux vaches Coquilla de Sánchez-Fabrés en pleine pelea © Camposyruedos

16 juillet 2009

Céret de Toros 2009... Sánchez-Fabrés


Vous avez accès depuis la rubrique RUEDOS du site à la galerie consacrée à la novillada de Sánchez-Fábres de Céret.

Je vous laisse ici le commentaire du blog torosdeverdad sur cette novillada. Pas le temps de traduire…

Vous pouvez aussi aller lire le blog de Bastonito.

El domingo por la mañana, se lidió una novillada de Sánchez-Fabrés, encaste coquilla. Novillos excesivamente grandes y fuera de tipo. Desarrolló menos casta y motor de lo esperado. Destacaron el encastado sexto y el cuarto, noble y bueno para el torero. El primero se paró; el segundo resultó flojo y manejable; y el tercero, complicado.
Remendó la novillada, un astado de Pilar Población, de preciosas hechuras, que resultó ser lo mejor de la mañana. Encastado, noble, repitió siempre las embestidas humillando y hasta el final. Un novillo de lujo, que fue desaprovechado.
Salvo a este último, a toda la novillada se la pegó fuerte en el caballo.
De los novilleros poco que decir. Ninguno destacó y estuvieron bastante mediocres.

14 juillet 2009

Céret de Toros 2009...


Vous avez en ligne depuis la rubrique RUEDOS du site une galerie consacrée à la surprise inespérée de ce Céret de Toros 2009 : la corrida de Manuel Assunção Coimbra.
Une corrida portugaise passionnante du début à la fin. Il y a longtemps, très longtemps, que nous n’avions pu nous régaler à ce point de toros réellement braves. Des Portugais avec une seule idée en tête : charger et recharger tout ce qui ressemble à un cheval de picador. Une constante cet après-midi du 11 juillet 2009.
Et cette bravoure s’est confirmée lors des tiers suivants, de façon certes très irrégulière, avec des qualités, des défauts, mais toujours une personnalité affirmée, et de la mobilité, de la puissance. Personne sans doute avant cette course n’aurait parié le moindre centime sur pareille réussite.
Il y a eu évidemment l’incident du cinquième, changé prématurément par le palco qui nous a sans doute privés d’un toro intéressant, un de plus.
Dans ces conditions, logiquement, quelques critiques parfois acerbes sont venues cruellement lui rappeler son manque de clairvoyance.
C’est le jeu et c’est normal. C’est normal, oui. Mais tout de même, je m’étonne d’en trouver certains très virulents sur ce coup-là, alors qu’à l’inverse, en d’autres lieux, lorsqu’un président maintient en piste un invalide, ils ont pour habitude de passer pudiquement l'éponge. Curieux tout de même. Côté torería, là encore qui aurait parié sur la capacité de Carlos Escolar à faire face ? Certains prédisaient même le pire. Et pourtant, il était bien là, le vieux Frascuelo, le vieux maestro cousu de coups de cornes, et habité d’une incomparable torería, d’une incombustible foi en son sacerdoce. Le physique n’a évidemment pas suivi, mais la tête, la conception des choses, la torería quoi, la grandeur de Frascuelo. Cela reste évidemment dans le détail, la fragilité et la rareté. Mais c’est bien connu, ce qui est rare est cher ! Les photographies parlent d’elles-mêmes. Morenito de Aranda, sans totalement convaincre, a donné envie d’être revu. Quant à Fernando Cruz, il semble chaque fois de plus en plus à la peine.
La suite de la féria fut hélas bien plus ennuyeuse. Enorme déception des coquillas (?) de Sánchez Fabrés, malgré un exemplaire intéressant. Hauts comme des chevaux, lourds, et sans la mobilité, la puissance et le piquant de ceux qui nous avaient enchantés il y a trois ou quatre ans à Saint-Martin-de-Crau. Sans doute énormément plus de sang Martínez Elizondo que de Coquilla dans ces grandes carcasses. Quant aux cuadris de l’après-midi, ils ont été à l’évidence trop piqués, mais ils ont surtout exprimé un manque de caste et confirmé le mauvais moment traversé par cet élevage pourtant prestigieux. Une peine lorsqu’on sait avec quelle afición la famille Cuadri envisage les choses. Enfin, parmi les points noirs de cette féria, impossible de ne pas relever l’état des armures des trois courses.

05 juillet 2009

Sánchez-Fabrés


Las Veguillas (Salamanque), octobre 2008.

Nous sommes presque arrivés au terme de notre voyage campero, la mémoire pleine d'images inédites et le bonheur diffus, en même temps que traversés par ce vague-à-l'âme qui nous saisit chaque fois que nous venons de découvrir, ou redécouvrir, ces élevages dont on a fini par savoir qu'ils demeureront confinés dans les territoires du rêve, de l'imagination et du fantasme. Alors, pour renouer en douceur avec une réalité pas trop brutale, nous décidons de clore nos pérégrinations en empruntant des chemins que des organisateurs originaux ont empruntés aussi. C'est ainsi que nos pas nous guident vers la finca "Pedro-Llen", où Juan Sánchez-Fabrés élève ses coquillas.

Le vent souffle en rafale et semble rendre folles les bêtes enfermées dans leur enclos, que de nombreuses manoeuvres ne parviendront pas à réduire à l'immobilité nécessaire pour les croquer. Ils sont encore jeunes, ces novillos qui viendront vendre leur peau noire sur le sable cérétan. Mais déjà la caste et la fureur de leurs origines est bien palpable. Il faut souhaiter de tout coeur que le choix de cet élevage par l'Association des Aficionados Cérétans (ADAC) sera apprécié par le grand public à sa juste valeur, c'est-à-dire comme l'un des événements les plus intéressants de la saison.

Nous nous interrogions récemment sur ce qui fait, sur ce qui selon nous doit faire la spécificité de cette arène. L'ADAC apporte par ce choix une réponse d'une clarté aveuglante, et c'est une bonne nouvelle. Bien sûr, ceux qui viennent en Vallespir chercher uniquement de gros toros et de longues cornes en seront sans doute pour leurs frais. Puisse la caste des sánchez-fabrés leur démontrer qu'il y a autre chose à y trouver ; autre chose d'à la fois original et authentique.

La fiche consacrée à l'élevage sur Terre de toros, ici & la galerie sur Campos y Ruedos, .

24 décembre 2008

Céret de toros 2009


Les élevages qui fouleront le ruedo cérétan en 2009 sont connus.

Deux corridas : Assunção Coimbra et Hijos de Celestino Cuadri Vides & une novillada de Sánchez-Fabrés.

La photo ci-contre, prise par Laurent Larrieu, nous montre un novillo d'origine Coquilla qui pourrait bien se retrouver à Céret en juillet prochain...

04 septembre 2007

The Magic Rieumes Circus

Ainsi donc s'est refermé le 3ème volet de la trilogie "COQUILLA de Sánchez-Fabrés". Il y eut Saint-Martin-de-Crau, Mont-de-Marsan, et puis donc, Rieumes, dimanche dernier. 6 bestiaux affichés en vrais Santa Coloma, tendance ibarreña. Tout va bien... Ayant raté les 2 premiers convois, dont j'entendis le plus grand bien (voir notamment l'excellent reportage qui leur est consacré sur http://www.terredetoros.com/), je me devais de participer à cette 3ème version santacolomeña qui, rien que pour l'encaste et l'Histoire, vaut forcément le détour. Hélas, 1 000 fois hélas, que ce fut long, et hormis un tonton (le second) qui offrit quelques vifs espoirs, le reste, qu'on dirait "bon" car sans malice, ne fut qu'un lot gentillet pas "super-chaud-bouillant" pour en découdre avec le "matelas qui pique", jetant généralement l'éponge après le premier service. De la caste, oui, de la race, mais si la noblesse obligeait parfois a s'arrimer au palo et à tout ce qui dépasse, on ne notait finalement que peu de rebellion venant des cornus, laissant un peu s'évaporer de ce fameux "Coquilla Dream"... Dommage. Pour l'anecdote, on eut également le bonheur de constater que 3 d'entre eux avaient été grossierement rasés de pas très près. Vilain, très vilain... Il faut changer la lame.
Les hommes ? Alberto Lamelas proposait une muleta puissante à son second (brindé au maestro Meca) mais un "dardo" dans les molaires gâcha l'effet attendu (1 oreille toutefois... finalement, tout est possible). Son premier, trop aféité de l'avis des amateurs et monopiqué, ne retint pas mon attention. ZAP !
Joselito Adame, les "Nike" dans les starting-blocs pour le grand jour arlésien, se paya LE toro du jour. Et il fallut qu'il s'accroche, le chicano, tant ce toro chargea puissance 10, casque à pointe en avant, mâchoire serrée. 2 ou 3 grandes séries de la droite, basses, templées et dominatrices, mais une faena, quoique bien menée, allant a menos. On craignait l'absence d'une puya pour ce toro mort de faim monopiqué, et si sa race "enveutuenvoilà" lui permit d'embarquer le torero pour quelques tours , réclamant volupté à droite et dominio par le "très très très" bas à gauche, le petit José n'eut qu'à gérer le temps de la crise pour revenir à des attaques plus raisonnées. Une lame. Bonne. 2 oreilles et une vuelta suprême pour le Coquilla ; foule en délire, les gradins tremblent, le ciel se fendit en 2, tonnerre, l'eau se changea en vin, le grand cirque... J'ai eu peur.
A son second, c'était joli avec les banderilles et tout et tout... Oreille. Au suivant.
Notre Santo à nous fut très... Santo : "vaillantasse" partout, s'éclatant aux banderilles, et pis pour la suite, on verra au prochain coup.
Je vous le donne en 1 000, tout le monde sortit a hombros : toreros et... ganaderos, la gueule enfarinée et la banane triomphale, sensibles à l'excellente prestation de leurs produits faiblots et aféités (si si, c'est possible... même pas peur). Pardi, puisque tout le monde est content, alors c'est que tout va bien... au Magic Rieumes Circus !!!

18 juin 2007

Des preuves accablantes !


Des vieux cons passéistes et rétrogrades. C’est ce que je me dis lorsque je me remets en question sur ma vision de la tauromachie, ou lorsque j’écoute mes amis aficionados. J’ai écrit aficionados, pas simples spectateurs de féria. La différence entre les deux est largement perceptible et n’est pas aficionado qui veut.
Cette image doit forcement ressortir dans la tête des néophytes qui nous écoutent parler de toros. La question est : comment aujourd’hui leur montrer ce que doit être un toro de combat ?
Qui serait capable aujourd’hui de lire et comprendre Tío Pepe lorsqu’il écrivait sur la lidia, la pique et la bravoure ? Il nous a quittés voici quinze ans et ses derniers écrits ont un décalage d’un siècle avec ce que l’on voit aujourd’hui.
Sans idéaliser les années 80-90 qui nous ont offert leurs lots de déceptions et de scandales, les empresas avaient à cœur d’essayer de présenter des toros de catégorie.
Pour ceux qui, comme moi, ont connu des toros pleins de force, capables de supporter des châtiments immenses à la pique, sans fléchir, tout en gardant suffisamment de force jusqu'à la mort, ceux-là doivent regretter ces temps pas si lointains. Ces toros suscitaient l’admiration, de leur débarquement aux corrales jusqu’au jour de leur sortie en piste. L’impatience et l’attente de voir sortir ces toros étaient fréquentes chez les aficionados.
Comment ne pas penser à ces toros lorsque sorti des corrales d’Arles à Pâques, il était impossible de faire la différence entre les toros du vendredi et les novillos du lendemain matin ?
Que font les membres de la CTEM ? Les callejones et autres invitations les empêchent-ils de s’exprimer ? Que leurs voisins Nîmois, Biterrois, Dacquois et autres ne sourient pas, ils sont sur la même mauvaise direction.

Le premier tiers
Son évolution dans les années 90 a tracé le chemin de sa perte.
La loi Corcuera de 92 : elle a diminué de 2 à 3 piques le châtiment en arène de 1ère catégorie et n’a fait qu’officialiser une pratique courante dans les autres arènes.
Le peto en kevlar : si léger mais sans prise rendait plus difficiles les assauts sur la forteresse montée.
Le dressage des chevaux : il les a aidés à mieux se défendre lorsqu’ils sont sur la tête des toros.
André Viard, qui n’est pas en manque d’idées pour faire parler de lui, a depuis quelques semaines lancé l’idée sur son site de remplacer les piques de toros par celle de novillos et d’utiliser plus fréquemment la pique de tienta.
La revalorisation du 1er tiers est nécessaire mais pourquoi vouloir niveler par le bas ?
Les immondices de bovins que l’on nous propose en corrida et novillada ne méritent, en général, pas le nom de toro bravo. Les résultats d’analyse post-mortem de tous les animaux de la dernière féria d’Arles (Pilar non compris car brûlés) donnent des blessures de pique très superficielles voire nulles. Seul un toro d’Antonio Palla a reçu un châtiment, donc des blessures dignes d’une vraie pique.
Leur faiblesse ou manque de force n’est donc pas dû aux picadors ni aux blessures.
André Viard va certainement me rétorquer que ces mêmes analyses effectuées à Madrid et Bilbao donnent des résultats catastrophiquement opposés.
Ce qu’il oublie de dire, c’est que se sont dans les arènes de première catégorie où l’on pique le plus mal. C’est aussi dans ces plazas que l’on trouve les plus grands, les plus beaux et plus cornus toros d’Espagne. Relation de cause à effet….
Comment comprendre les picadors qui cautionnent et se complaisent dans cette corrida light du quotidien de la temporada ? Voient-ils que leur fin est proche et qu’ils sont certainement les derniers, encore un peu utiles, centaures au castoreño ?
Après tout, combien de toros aujourd’hui, pourraient être toréés sans être piqués ?
Ce ne sont en tout cas pas les blessures constatées en post-mortem ou l’intensité du premier tiers vu des gradins qui me contrediront.

Les toros
Les picadors ne sont pas toujours très bons, certes, mais nos responsables et grands penseurs taurins devraient s’en prendre un peu plus aux éleveurs. Bien-sûr, mettre à l’index les ganaderos sans parler des pressions des apoderados, toreros, empresas serait réducteur et injuste en ce qui concerne l’afeitado.
Pour le physique et le moral du toro, les ganaderos peuvent encore rester maîtres dans leur fincas.
L’évolution depuis 15 ans du physique du toro de combat ne fait à ce jour plus de doute. Une fois encore, les carcasses des toros en disent long sur le sujet.
Le poids en canal, ou poids en carcasse en bon français, a toujours servi de référence pour contrôler les poids vifs de chaque toro.
Ce poids en canal pour le toro de lidia était, il y a peu, de 50% du poids vif.
Chez les bovins domestiques (viande), ce rapport est de 65 %. La sélection poussant à l’optimisation du volume de viande, les animaux domestiques augmentent le pourcentage du poids en canal.
L’équilibre du toro a été inversé. Le poids s’est déporté sur l’arrière train. Le toro a perdu de sa superbe, de son port de tête altier afin de mieux pouvoir la baisser, afin d’humilier comme « ils disent ». Seulement, la force, le toro l’a toujours eue sur les épaules, pas sur les cuisses. La conséquence directe de cette métamorphose est le manque de force du toro et son incapacité à s’exprimer au cheval. La transformation est telle que lorsque sort un vrai toro (yonnet de la concours d’Arles 2004 ou les 3 Sánchez-Fabrés de Saint-Martin 2007), les spectateurs s’étonnent du gabarit de tels animaux.
Le toro de combat d’aujourd’hui se rapproche à grand pas du ratio des bovins domestiques (58 à 62 %). Tout ce qui faisait la beauté du toro de lidia a été réduit : le cou, les cornes, la tête, les pattes, le poitrail...
Si l’on rajoute à cela le peu de combativité et de force à prendre les piques... il n’y pas loin du raccourci à maltraitance à animaux domestiques.
L’ANDA se bat pour la défense du taureau de combat depuis toujours mais aujourd’hui défendre ça, ne comptez pas sur elle.
Au contraire des grands penseurs de la mouvance actuelle, qui voient la fin de la corrida se pointer avec les gros sabots des antis, nous pensons que le danger vient de chez nous.
Les taurinos sont plus habiles, mercantiles et forcement peu intègres pour défendre notre patrimoine.

La disparition de la corrida, telle qu’elle existe, est annoncée pour demain. Son déclin a déjà commencé sournoisement. Les vérités contrôlables et quantifiables citées ci-dessus, ne sont que des preuves accablantes.
Laurent Giner
Président de l'ANDA

Photographies des novillos de Sánchez-Fabrés (Coquilla) lidiés à Saint-Martin-de-Crau en 2007.

>>> Voir aussi la galerie Hros. de Alfonso Sánchez-Fabrés sur le site.

02 juin 2007

Comment massacrer un toro dans le ruedo (I)


Nous connaissons tous les recettes permettant de préparer un toro aux triomphes insipides auxquels nous avons pris l'habitude d'assister : gommage des aspérités indésirables de la caste, coiffage des cornes, voire méthodes plus inavouables encore si le sujet se montre particulièrement récalcitrant.

Abordons à présent quelques moyens simples de réduire à néant les efforts déployés par l'éleveur pendant quatre ou cinq ans pour produire un taureau de combat, mais cette fois dans le ruedo, dans le cas (de plus en plus rare en pratique) où celui-ci, en dépit de l'application des recettes précédemment évoquées, ressemblerait encore trop, lors de sa sortie, à un véritable taureau de combat.

Prenons par exemple un taureau encasté de Sánchez-Fabrés, d'encaste Santa Coloma (rama Coquilla) qui, comme les novillos lidiés récemment à Saint-Martin-de-Crau en ont apporté la preuve, ont parfois le mauvais goût de se montrer tel.

Dès sa sortie du chiquero, sans perdre une minute qui pourrait lui permettre de se remettre du stress accumulé pendant son transport et son séjour dans les corrales, chargez vos peones d'attirer son attention en le citant à l'abri du burladero.

Le bicho, selon toute vraisemblance, répondra à ces sollicitations sans se faire prier. Il suffira alors de le faire taper contre les planches pendant de très longues minutes, afin qu'il y épuise ses forces.

Si la méthode est mise en œuvre avec succès, on obtient alors un toro très largement affaibli, voire, avec un peu de réussite, handicapé, et dans tous les cas ayant laissé une partie importante de son moral sur le burladero. Les individus aux cornes dites pudiquement "fragiles" peuvent aussi abandonner, lors de l'exercice, une partie supplémentaire de leur substance. Cet aspect n'est pas déterminant s'agissant de Coquilla, mais pour des opposants issus d'autres origines, cela peut s'avérer intéressant.

Et le tour est joué ! En un tournemain, vous obtenez un toro moribond, sans vous mettre le public à dos, et si plus rien ne peut en être tiré, ce ne sera pas de votre faute.

Le toro, dans la presse du lendemain, sera qualifié de violent à sa sortie, puis allant a menos, se révélant ensuite impropre à la lidia moderne.

A suivre...