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10 août 2013

Faire face


Lors de l’herradero, après avoir marqué au fer le veau, les hommes réalisent dans la foulée, à l’aide d’un couteau, la marque des oreilles (señal). Jusqu’alors, jusqu’à ses huit mois environ, jusqu’à ce jour d’automne, jusqu’à l’épreuve du fer et ce baptème du sang, le becerro n’avait jamais connu moment aussi douloureux.

Au campo, dans le cas où une bête viendrait à s’échapper, « les éleveurs, mayorales et vachers, connaissant la señal des élevages voisins du leur1 », sont capables de dire, même quand « le poil d’hiver cache tout ou partie de la marque du fer », à quelle ganadería appartient tel ou tel animal. En effet, « pour voir la marque du fer, le toro doit se mettre de profil et du bon côté, ce qui est loin d’être évident ; en revanche, la señal se voit toujours2, car le toro a pour habitude de faire face3. »

Bien que la señal ne soit pas indispensable, elle a son importance, notamment parce qu’« une oreille entière ne fait pas bon effet ».

1 Luis Fernández Salcedo (1901-1986) in La Vida privada del toro (Egartorre, 3e éd., 1996). Les citations suivantes, entre guillemets, en sont tirées.
2 À l’époque de Salcedo, les crotales n’existaient pas… Ces boucles d’identification, accrochées aux oreilles du veau très peu de temps après sa naissance, sont normalement retirées pendant l’herradero, et conservées, avant de pratiquer la señal.
3 Suele dar la cara dans le texte.


Images ‘Paladín’, de Raso de Portillo, dans les corrals des arènes de Bayonne. Señal : zarcillo, oreille droite, et media luna. — Laurent Larrieu • Scan d’une planche du Cossío.

03 août 2013

Au ras


 ‘Paladín’ de Raso de Portillo, Orthez — JotaC

Un Raso rasait les planches à la poursuite de quelques rastaquouères endimanchés… Normal, c’était dimanche !

Six novillos de combat


Ce 28 juillet, à Orthez, sous un soleil de plomb plus propice à l’assoupissement qu’à la concentration, à chaque fois que j’ai ouvert la bouche ou frappé des mains, j’ai aussitôt eu la désagréable sensation de l’avoir fait à tort et à travers — il a bon dos le soleil…
Sans compter que j’ai éprouvé les pires difficultés à traduire clairement ce que je voyais, — et je n’ai pas tout vu, ni tout compris ! —, en voici une synthèse.

— - — - —

En matinée, l’absence de combattants n’a pas permis aux noirs novillos de Miguel Zaballos (élevés sans fundas), sérieux et durs de pattes, de s’exprimer complètement. Tous sont morts tête haute et gueule fermée, quasi « entiers », à peine essoufflés. La plupart ont lutté avant de s’effondrer. Je ne me suis pas ennuyé.

Auteur d’un tiers de banderilles entretenu, succédant à quatre tampons contre le caparaçon, le vilain premier aurait pu tuer Jesús Fernández au son des cuivres et des tambours. Il a été achevé par derrière. Piste arrosée.
Le deuxième, devise clouée dans le dos et pas franchement typé Saltillo, a été reçu par Iván Abasolo avec des véroniques néfastes. Non piqué en trois rencontres, il s’appelait ‘Islero’.
Le beau troisième, après avoir mis K.-O. Alberto Pozo, a été abandonné non loin d’un attroupement d’une petite dizaine de personnes, seulement surveillé par un péon décati auquel je ne confierais rien, pas même mon goûter — « Très danger, très danger. » (sic). Piste sèche.
Accueilli avec des véroniques impropres, le costaud ‘Rumboso’ a subi une première pique lamentable au cours d’un tiers mené en dépit du bon sens du haut d’un cheval char d’assaut. Piste très sèche.
Dans un océan de passes de cape, ‘Señorito’, un señor novillo qui, las, portait la queue courte, a agressé le picador à quatre reprises, puis s’est désintéressé du travail médiocre du novillero. Piste arrosée.
Avec son frère sorti en quatrième position, ‘Hurón’ s’est révélé, en trois occasions, le moins couard et violent du lot, et a eu droit à une première pique qui, en plus d’être abusivement longue, fut déloyale.
Pour finir, je regrette sincèrement que des novillos si bien présentés, à l’exception du premier, n’aient pas été gardés une année ou deux de plus au campo pour être combattus toros.

— - — - —

L’après-midi, les Raso de Portillo (élevés eux aussi sans fundas), plutôt bas, formaient un lot musclé et bien balancé. Tous ont conservé leurs oreilles, alors même que la señal (à droite) donnait l’impression qu’elles pouvaient tomber à tout moment. L’ennui n’est resté qu’une menace.

Le premier de Fernando Robleño partait de loin avec ardeur. Point.
Le numéro cinquante-six m’a ébloui de ses puissants galops annonciateurs de chutes, qui jamais ne vinrent, puis la présidence a opportunément soulagé une cuadrilla aux abois en changeant le tiers après trois banderilles posées, mais n’a rien pu pour un Morenito de Aranda ballotté de toute part.
Avec ses faux airs de Domingo Valderrama, Oliva Soto est un type atypique qui ne s’embarrasse pas de si peu de chose, à savoir affronter un Raso de Portillo de quatre ans et demi. Il compte sur ses jambes pour ne pas froisser la cape, sur ses péons pour s’occuper de la bête et sur sa brièveté à la muleta (hip hip hip ! hourra !) pour ne pas tacher son bel habit.
Le faible quatrième a eu la chance de passer entre les mains du Madrilène, qui s’est montré expert dans l’art de ne pas le laisser choir. Toujours aussi inspirée, la musique a cru bon d’accompagner cette faena d’infirmier.
Le superbe cinquième, ‘Manzanillo’, très Santa Coloma, a été sacrifié sur l’autel de la bêtise. Le comportement du matador est d’autant plus blâmable que ce dernier avait fort bien dirigé le tiers de piques précédant. Le toro a poussé ; le picador a « carioqué » ; un banderillero a salué ; Morenito a abdiqué, et le public l’a conspué.
Au dernier, j’ai lâché stylo et papier afin de mieux apprécier la prestation de l’enfant de Camas, grosso modo similaire à la première. C’est décidé, en août, je fonde une peña…


NOTA 1. — À une ou deux astillas près, je n’ai rien trouvé à redire aux vingt-quatre cornes de cette journée taurine orthézienne.
NOTA 2. — Parce qu’un toro ça se pique, la présidence n’a ordonné, sauf erreur, que trois changements de tiers suite à la (sempiternelle) seconde pique. Piques qui, malheureusement, furent toutes placées en arrière, c’est-à-dire hors morrillo.
NOTA 3. — Autant les estocades matinales m’ont dans l’ensemble paru correctes, autant celles des matadors ont franchement laissé à désirer (certaines affreuses).

Image Un Saltillo — JotaC/Campos y Ruedos

01 août 2013

Olé, torero !


Orthez | Dimanche 28 juillet 2013 | 20 h 30 


‘Manzanillo’ a rendu l’âme, Morenito de Aranda sa dignité de matador de toros et le soleil ses armes face à l’orage qui s’arcboute sur un Béarn encore vert en cette chaude fin de juillet. Les toros de Raso de Portillo divisent les opinions : absents au cheval, ils chargent avec intérêt lors des deux autres tercios. La caste est là, parfois fade, parfois mollassonne et faiblasse (le 4e), mais elle est là, dans les démarrages énervés, dans l’attention de tous les instants, dans les plongées profondes au creux de muletas mal disposées. Robleño sait « lidier » et s’adapter aux toros. Il invente son second en lui présentant une muleta douce, tirée en ligne droite, à mi-hauteur, pour ne pas faire s’effondrer le superbe animal par un excès de croisement. Intelligence de la lidia. On le siffle, les mulets de service hurlent « Pico ! » ; on plaint les Parentissois qui, bientôt, vont les accueillir…

On en est là. Reste le sixième. 

Les areneros s’affairent, la musique joue pendant l’arrastre, malheureusement, on se regarde, on fait la moue, ne reste qu’Oliva Soto… On fait la moue. 

Panneau ! 
Numéro, nom, date de naissance. Cette année, même les novillos y ont eu droit le matin. Planté dans le sable, le panneau ne demande plus qu’à tourner. Les deux jambes bien tendues, légèrement écartées comme l’exigent les canons, le dos un brin cambré, la moue de desafío et muy torera, un jeune homme portant badge de la commission taurine devient torero pour dix secondes, peut-être vingt. Le panneau est « templé », il toupine sur lui-même comme poussé par un léger vent de soir d’été, agréable et rafraîchissant. Deux tours et puis s’en vont, deux tours, vingt secondes d’arte torero. Olé, torero ! 

Après… après ne reste plus qu’à sortir des arènes. 

Demain, on lira les reseñas des autres, on recausera peut-être de l’attitude indigne de deux membres de cette même commission haranguant méchamment depuis le callejón le président de la novillada, — président choisi par eux —, pour qu’il octroie une oreille à Pozo, on recausera de la déception des Raso au cheval, on ne s’entendra pas sur leur caste, on discutera et l’on oubliera parce que d’autres toros attendent.


>>> Retrouvez, sous la rubrique « Ruedos » du site, une galerie consacrée à la novillada de Miguel Zaballos d’Orthez.

29 juillet 2013

L’ombre de lui-même


‘Manzanillo’, marqué du numéro 40, portant le fer de l’élevage Raso de Portillo, sortit en cinquième position.
Les toreros n’en voulaient pas. Les aficionados, oui ; on leur a toujours dit : « No hay quinto malo. »

Morenito de Aranda ne voulut pas le voir et, donc, on ne le vit pas…

23 juillet 2013

Photographie sans paroles (CVI)


Nous joignons à cette photographie de deux toros de Raso de Portillo dans les corrals de Bayonne un communiqué de la commission taurine d’Orthez concernant le rare et triste accident de la route qui a contraint la Guardia Civil à tuer tous les novillos de Miguel Zaballos :


« Cette nuit, alors que le camion qui transportait toros et novillos depuis Valladolid vers Orthez se trouvait aux abords de Vitoria, la remorque, dans laquelle avaient été placés les novillos de Miguel Zaballos, s’est détachée soudainement et, sans explication, s’est renversée sur la route détrempée par les orages de la nuit. Le conducteur et le mayoral de l’élevage Zaballos sont sortis indemnes de cet accident, et c’est là, bien évidemment, le plus important. En arrivant à Bayonne, ce matin, le mayoral déclarait qu’il “était né une seconde fois”. Arrivée sur les lieux, la Guardia Civil n’a pu que constater le sinistre et, par mesure de précaution bien compréhensible, les agents de la force publique ont été contraints de tuer tous les novillos (8) présents dans la remorque. Après les investigations d’usage, le camion a pu repartir vers Bayonne où ont été débarqués les toros de Raso de Portillo, qui n’ont pas donné l’impression d’avoir accusé les conséquences de cet accident.

La commision taurine d’Orthez a aussitôt joint l’éleveur, qui a proposé de fournir huit autres novillos dont la majorité faisait partie d’un lot réservé par les arènes de Madrid. Au regard des relations de confiance et d’amitié qui unissent la commission à Miguel Zaballos, et dans l’optique de faire sortir quand même des novillos de cet encaste, la commission taurine a tout de suite accepté la proposition du ganadero, et ce même si le “nouveau” lot de novillos n’a pas été choisi par elle. En effet, la commission avait élu les novillos qui paraissaient les plus typés Saltillo, préférant privilégier le type plutôt que le tamaño. Les novillos qui arriveront demain à Bayonne seront donc certainement plus “forts” que ceux initialement prévus, mais l’éleveur a mentionné qu’ils appartenaient eux aussi à de très bonnes familles de son élevage.

Nous espérons que les aficionados et le grand public sauront comprendre cet aléa de dernière minute, et qu’ils viendront nombreux voir combattre les frères des accidentés pour soutenir un éleveur amoureux de ses toros et de cet encaste unique qu’est Saltillo.

Pour finir, nos pensées vont évidemment au chauffeur du camion et au mayoral de Zaballos, qui reviennent d’une nuit noire, et pour qui, ce matin, le lever du soleil avait une saveur unique. »

La commission taurine d’Orthez

26 mai 2013

Les novillos de Parentis 2013


L’ADA Parentis informe les aficionados que les vidéos des novillos de la féria 2013 sont désormais en ligne sur son site. De quoi mettre l’eau à la bouche. Nous rappelons que les élevages choisis pour cette édition sont : Raso de Portillo, Sánchez-Rico de Terrones et Madrazo.

Photographie Chez Raso de Portillo, mai 2013 © Laurent Larrieu

27 avril 2013

Parentis 2013, les carteles


Samedi 10 août 2013 - 18 heures
6 novillos de RASO DE PORTILLO pour Jesús Fernández, Imanol Sánchez et Luis Gerpe

Dimanche 11 août 2013 - 11 heures
4 novillos de PALOMA SÁNCHEZ-RICO DE TERRONES pour Ángel Bravo

Dimanche 11 août 2013 - 18 heures
6 novillos de FRANCISCO MADRAZO pour Mario Alcalde, Luis Miguel Castrillón et César Valencia


23 mars 2013

Orthez 2013, corrida


La journée taurine d’Orthez, qui, comme vous le savez, aura lieu le dimanche 28 juillet 2013, verra sortir du toril les toros de Raso de Portillo (Santa Coloma par Dionisio Rodríguez) et les novillos de Miguel Zaballos (Saltillo).

D’après La République des Pyrénées, ce sont les matadors Fernando Robleño, Morenito de Aranda et Oliva Soto qui feront le paseíllo dans les arènes du Pesqué à l’occasion de la corrida. Toujours selon le journal local, le cartel de la novillada (laquelle sera cette année complète, avec six novillos) sera connu la semaine prochaine et devrait compter Iván Abasalo.


Photographie Toro de Raso de Portillo — Toros Orthez

20 janvier 2013

Parent’is good



Bonne nouvelle venue de la haute Lande : Raso de Portillo, Sánchez-Rico de Terrones et Paco Madrazo. Pas moins. 
À une époque où les corridas et novilladas dites « dures » se résument le plus souvent à Victorino, Miura et Escolar Gil, l’annonce des ganaderías qui seront combattues à Parentis en août 2013 donne du baume au cœur. 
Raso évidemment serait-on tenté d’écrire. Évidemment et heureusement. Madrazo aussi bien sûr. Mais ici, à Campos y Ruedos, l’excitation vient de découvrir au cartel l’élevage de Paloma Sánchez-Rico de Terrones (encaste Clairac), dont nous vous avions parlé il y a de cela quelques années. Souhaitons que ces novillos sortent tels que les conçoit la dueña de « Terrones », et alors la fête sera grande.


Le communiqué de l’ADA de Parentis

« L’Association des aficionados de Parentis-en-Born (ADA) et la commission taurine viennent de dévoiler les ganaderías retenues pour la prochaine féria de la Sen Bertomiu qui se déroulera les 10 et 11 août 2013. 

— Le retour des Raso de Portillo le samedi 10 août
Le samedi 10 août à 18 heures, l’ADA a programmé le retour de l’élevage légendaire de Raso de Portillo. Cette devise, familière de Parentis, n’avait pu faire “lidier” son encierro en 2012 en raison des intempéries. 

“Journée Campo Charro” le dimanche 11 août

— Les Sánchez-Rico de Terrones le dimanche matin
Le rendez-vous matinal du dimanche 11 août verra la présentation des novillos de la ganadería de Paloma Sánchez-Rico de Terrones, d’origine Lamamié de Clairac. Cet élevage mythique issu du Campo Charro fera sa présentation en France.

— Les Santa Coloma de Paco Madrazo à l’affiche de l’après-midi
Venant également du Campo Charro (Ledesma), la ganadería de Paco Madrazo de la Vadima, d’origine Santa Coloma, reviendra à Parentis après l’excellent lot “lidié” en 2011 le dimanche matin. »


>>> Les photos des novillos sont visibles sur Adaparentis.com.

Photographie Un novillo de Sánchez-Rico de Terrones en 2008 — Laurent Larrieu/Campos y Ruedos

26 novembre 2012

Ganaderías Orthez 2013


La commission taurine d'Orthez vient de communiquer officiellement les élevages retenus pour la journée taurine du 28 juillet 2013. C'est avec une joie non dissimulée que nous nous en faisons ici l'écho enthousiaste.

« La commission taurine d’Orthez a le plaisir de vous annoncer le nom des deux ganaderías retenues pour la journée taurine d’Orthez qui aura lieu le dimanche 28 juillet 2013 aux arènes du Pesqué :
— Corrida de Raso de Portillo (Santa Coloma par Dionisio Rodríguez) et
— Novillada de Hros. de D. Miguel Zaballos Casado (Saltillo).
La novillada sera cette année complète avec 6 novillos. »

Voilà un rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte tant l'intérêt sera soutenu tout au long de la journée. Nous aurons ainsi l'occasion de revoir les noirs Saltillo de Miguel Zaballos, qui nous avaient gratifiés d'une course passionnante à Céret il y a quelques années (et que l'on aperçut aussi à Carcassonne, en Crau et lors d'une concours arlésienne), et de découvrir, à l'âge adulte, les pensionnaires de Raso de Portillo, qui avaient donné lieu à deux novilladas dantesques à Parentis-en-Born.

30 juillet 2012

Parentis 2012


La féria de Parentis-en-Born approche et les novillos ont été débarqués. Cette année au menu : Valdellán, Raso de Portillo et Flor de Jara. Le Santa Coloma est tendance !

Allez-y ! on aime Parentis.

¡Suerte Parentis!


>>> Le site de l'Association des aficionados de Parentis pour visionner les vidéos des embarquements et les photos des débarquements des novillos.

05 février 2012

Requiem pour les dingues, les rêveurs et autres romantiques


Revoir ton drôle qui revient au pays, c'est un peu ta renaissance, ton nouveau départ pour ta nouvelle vie… C'est sûr, tu ne vois ni ne vis plus les choses de la même manière après ça. Dans ta vie de con, les yeux fermés, tu n'imaginais même pas combien tout ça comptait avant, et puis un jour il est parti sans te promettre de retour, un peu comme tout le monde, et, curieusement, c'est dans cette absence que t'as souhaité sa présence… comme jamais. Alors tu as tout ré-appris, et le simple fait de monter une ligne pour débusquer deux calicobas et un peuch-cat en sa chère compagnie ressemble alors à un moment unique et délicieux dont tu savoures chaque mouvement d'aiguille, quand cela t'aurait copieusement gonflé avant que tu ne comprennes — quand tu avais les yeux fermés…

Même la plus « bush-addicted » des mamans texanes, qui gonflait fièrement les nichons au moment d'envoyer le petit pisser sa haine d'andouille inculte sur les corps ensanglantés des barbus anti-McDo de la face obscure de cette planète, ne saurait être assez conne pour affirmer le contraire aujourd'hui…

Alors quand j'ai vu que l'on claironnait à nouveau le retour des dragons de Boecillo, c'était comme si « Mathilde me revenait ». Je relisais l'histoire couillue de ces frangins des alentours de Valladolid qui partageaient leur temps entre le fracas bétonné d'une vie de bureaux et la poussière d'un campo désuet qui semble avoir toujours été là, avec des échos du nord de l'Espagne qui planaient à l'ombre des pins du Quiñón, sans savoir vraiment depuis quand… Je me souviens que l'énigme nous passionnait, jusqu'à ce que quelques âmes perchées ne libèrent le morceau sur la piste ronde d'une bourgade du nord des Landes, pour que se révèlent enfin les secrets de famille plusieurs fois centenaires des Gamazo brothers du Raso de Portillo. Deux ou trois tours de piste glorieux et pétaradants avant de saluer, un peu tristement, et les années passèrent, sans savoir vraiment si on les reverrait un jour.. tant de temps à espérer pour enfin voir les rêves s'exhaucer sous la forme d'une douzaine de féroces combattants que l'on n'espérait plus, puis les laisser filer, aussi connement… Mais que diable s'est-il passé depuis ce jour où cette maudite quille de jaune alla s'éclater le goulot en piste pour nous annoncer que l'on tirait le rideau sur une histoire qui venait pourtant de naître ?

Tout ça, pour ça…

Alors je vous le demande : « Où donc les terribles guerriers du Raso de Portillo mirent-ils la pagaille depuis ce funeste jour d'août qui les condamna au purgatoire parentissois, au point qu'aucune autre de nos précieuses empresas ne se risquât à en récolter quelques échantillons quand Parentis les mettaient à disposition pour qui voulait enfin s'offrir le pied d'un après-midi authentique et osé ? L'accident malheureux aurait-il été plus retentissant que deux journées ensoleillées pour le ganado des frères Gamazo ?

Allez savoir… N'empêche que je n'ai pas plus de belles histoires à vous raconter sur la suite des aventures des Veragua de l'ami Gallego, qui avaient pourtant enthousiasmé l'Afición sang et or avant que, là aussi, le couperet ne tombe, n'effaçant toutefois aucune belle perspective pour d'autres éventuels téméraires amateurs de voyages au pays des merveilles. À croire que l'Afición des empresas ne se résume qu'à se dédouaner et se mettre aux abris avant de prendre des responsabilités, le menton haut et fier… Devra-t-on alors attendre que la seule et unique Céret ne décide de rouvrir la cage aux oiseaux pour qu'enfin les pupilles de Javier Gallego ne nous dispersent à nouveau leur savoir-faire en matière de coups de testons sauce moyenâgeuse ?

L'intransigeance est bonne thérapie, tant qu'elle ne devient pas glacée et aveugle. Le torchon brûle, et les heures tournent. Peut-être est-il temps de pardonner pour les uns, d'oser pour les autres, ouvrir les yeux pour TOUS. Certains de ces ganaderos romantiques vous diront que, pour eux, l'avenir du rêve de leur vie ne dépassera plus les quelques barbelés au bout du chemin de terre. Ceux-là ont peut-être déjà compris que la dernière part du gâteau est partie dans la gamelle du chien… Pour ceux-là, élever du toro n'est pas une fantaisie que l'on s'offre pour combler un après-midi ensoleillé, c'est l' œuvre d'une vie ; et quand, en plus, il s'agit de Santa Coloma (ou pire encore), alors on parlera plutôt du sacrifice d'une existence… ou d'un suicide, si vous préférez.

Les Ángel Nieves, Adolfo Rodríguez Montesinos et Aurelio Hernando n'auraient-ils donc plus rien à attendre de l'Afición ? En vérité, je crains la réponse… Les petites arènes françaises semblent lointaines, aujourd'hui, frileuses comme jamais, et les mégalopoles taurines d'Espagne, pathétiquement inabordables, ont une vision de l'Afición bien à elles. Bref, une vie jetée en l'air…

Alors, dans un dernier élan d'espoir, je lève mon verre aux fous, aux rêveurs, aux farfelus, aux idéalistes, aux tihuts, aux convaincus, aux illuminés, aux aficionados effrontés qui ont un jour rêvé de faire lidier des toros qui n'existaient pour personne avant que la porte d'un chiquero catalan ne se déverrouille sur le pari le plus aficionado de l'histoire de notre passion, en dépit de toutes les règles de bien-pensance économique ou éthique. Ainsi, on se souviendra peu de ce que donnèrent les toros de Vaz Monteiro, mais leur nom raisonnera toujours comme le cri libéré d'une frange de l'Afición la plus audacieuse, la plus courageuse, la plus enthousiaste, la plus tarée, la plus passionnée, la plus terrienne, la plus aficionada ; celle qui révéla le sens de la passion du taureau de combat à toute une génération ; celle qui nous disait que tout était finalement possible, jusqu'à nous convaincre que tout ça est bien loin de n'être qu'une bête affaire d'oreilles et de planta torera ; celle sans qui Parentis ou Orthez n'y auraient peut-être jamais cru ; celle sans qui nous ne serions peut-être pas là aujourd'hui, mais définitivement celle qui ouvrit la voie.

Merci donc à tous ces Colomb fous furieux et anonymes qui savent trop bien la sueur sur la peau tannée des hommes de ces terres, l'histoire de ces mains lourdes et calleuses, la gauche rudesse et l'humilité de ceux qui ont choisi de donner un sens laborieux et poussiéreux à leur vie, loin du grand monde et des salons feutrés, s'obstinant à croire en cette idée saugrenue que le toro bravo est l'alpha et l'omega de toute cette histoire, et définitivement rien d'autre. L'Afición c'est vous, Céretans, Parentissois et Orthéziens ; c'est vous, chers Thomas et autres glandus qui l'avez cru et suivi ; c'est tous ces tarés qui partagent des hectares de vide d'Estrémadure avec leurs bêtes à cornes en guise de lever et de coucher de soleil ; et c'est aussi vous les prochains doux dingues qui ferez le pari fou de donner sa chance à un de ceux-là, le temps d'une ou deux heures, entre le soleil et le sable d'un ruedo, aussi petit soit-il — la grandeur d'un être ne se reniflant pas à la taille de son berceau. Enhorabuena à ceux qui prendront le chemin…

Image Novillo de Javier Gallego García, finca « Prado Bonal » à Soto del Real (Madrid).

29 décembre 2011

Les ganaderías de Parentis 2012


Après Céret, Orthez et Vic, c'est au tour de Parentis-en-Born (40) d'annoncer les élevages qui seront combattus en 2012, et autant écrire d'ores et déjà que les membres de l'ADA Parentis ont préparé une belle féria ganadera avec, en particulier, le retour des trop rares Raso de Portillo sur les terres de leurs triomphes. Enhorabuena l'ADA et vive la Sen Bertomiu 2012 !

Un toro du Raso de Portillo photographié en 2009 © Laurent Larrieu / Camposyruedos.com

Communiqué de l'ADA Parentis

« L’Association des aficionados de Parentis et
la commission taurine viennent de rendre public les ganaderías de la prochaine féria de la Sen Bertomiu qui se déroulera les 4 et 5 août 2012.
Retour des Raso de Portillo
En 2012, l’ADA de Parentis-en-Born poursuivra l’organisation d’une troisième novillada piquée avec 4 novillos le dimanche 5 août en matinée. La ganadería de Raso de Portillo reviendra à Parentis après ses succès de 2007 et 2008. Contrairement à 2009, les novillos choisis seront exclusivement issus d’un croisement entre les vaches d’origine Raso de Portillo et des sementales d’origine Dionisio Rodríguez (Santa Coloma).
Reconduite de Valdellán
Après le succès de 2011, la devise de Valdellán d’origine Graciliano (Santa Coloma) sera reconduite le samedi 4 août après-midi. Pour mémoire, rappelons que l’Association des critiques taurins du Sud-Ouest avait décerné son prix à la meilleure novillada au lot combattu en 2011 dans les arènes Roland-Portalier.
Débuts parentissois pour Flor de Jara
Carlos Aragón Cancela, ganadero de Flor de Jara, fera ses débuts à Parentis le dimanche 5 août après-midi. Cette ganadería s’inscrit dans la plus pure tradition torista de l’ADA qui maintient sa confiance dans l’encaste Santa Coloma (présent dans les trois lots de l’édition 2012). »

14 août 2009

Parentis 2009, cuvée « Cul de bouteille »


L’ADA fêtait cette année ses 20 ans et pensait s’offrir un grand cru. Tous les ingrédients étaient rassemblés : un concours avec des fers de grand millésime et une novillada du Raso de Portillo venant après deux cuvées exceptionnelles (2007 & 2008). Tout semblait donc réuni pour que l’alchimie prenne à nouveau et fasse de l’appellation Parentis une des meilleures de nos caves aficionadas.
Oui mais voilà, un grand cru ne s’obtient pas sur rendez-vous et, malgré tout le savoir-faire de l’ADA, de la cuvée 2009 ne restera en bouche qu’un goût acidulé tirant vers l’aigre. Tout ne fut pas mauvais, loin de là, mais les saveurs manquèrent de coffre et se firent manger par les pointes âcres qui surgissaient de-ci de-là. Ce vin avait-il tourné ? Peut-être. Mais qu’il s’agisse d’un vin ou d’une féria, les causes sont multiples et jamais simples. Et une bouteille ne saurait remettre en cause la réputation d’un château gagnée à la force des années.

Première vendange, le concours
C’est une histoire de bouteille. Vous savez l’histoire de la bouteille à moitié pleine ou à moitié vide. Personnellement, j’ai vu le concours du côté vide mais de nombreux amis l’ont vu, eux, du côté plein. Cela dit, une fois croisées les analyses, nous étions tous d’accord. Examinons la bouteille : (Plein/Vide)

Partido de Resina
De très belle présentation et parfaitement dans le type, ‘Cometero’ manque de fixité lors de sa sortie. 4 piques en s’élançant à bonne distance, avec un magnifique galop rempli d’alegría. Il entre très fort dans le cheval, maintient la tête fixe dans le peto mais s’arrête vite de pousser. Lors du tiers de banderilles, il dévoile sa belle mobilité tout en exposant une charge désordonnée, saccadée. Bouche ouverte dès le début de la faena, il fait étalage d’une belle noblesse. Malgré sa mobilité, son manque de classe persiste et s’ajoute au manque de sauvagerie. Combat quelque peu fade. Au bilan, un novillo de bon fond à qui il manquait quelque chose : puissance ou sauvagerie, peut-être un peu des deux. Malgré tout, ce partido fut largement au-dessus de ceux vus dernièrement et laisse entrevoir l’espoir.

Prieto de la Cal
Bien présenté, ‘Carasucio’ en impose par sa présence. La sauvagerie semble hanté son corps et son âme ; sa tête tremblant à la vue d’un potentiel adversaire. Présenté très près du cheval, il ne s’emploie pas ou peu (puya trasera et carioquée). Placé plus loin pour la seconde, il reçoit une petite pique sans pousser. Sur les deux piques suivantes, il poussera un peu plus mais par à-coups en finissant par donner de la tête sur la dernière. Le très mauvais picador n’aida pas ce premier tiers mais l’animal semblait manquer de puissance dans l’exercice et ne s’employa jamais complètement. Je dois m’arrêter ici puisque cuadrilla et novillero laissèrent ce prieto inédit. Dommage car sa caste semblait vouloir parler.

Moreno de Silva
Bien présenté, ‘Vivillo’ est un joli cárdeno. Nerveux, il est d’abord abanto, ce manque de fixité s’avérant très surprenant pour son encaste (Santa Coloma/Saltillo). Sur la première pique, il commence à donner de la tête avant de pousser fixement. Cette pique fut la plus poussée de l’après-midi et la seule prise avec puissance. Sur la seconde, le moreno alla a menos, le poder s’étant envolé. Enfin, une troisième rencontre non piquée et furtive. Après avoir accusé le premier tiers et commis quelques génuflexions, ‘Vivillo’ se reprend pour finir fort le second tiers. Doté d’une bonne charge sur les deux cornes, museau sur le sable, il étale sa belle noblesse et démontre ses qualités pour le dernier tiers.

Guardiola Fantoni
Très bien présenté, ‘Bello’ est un toraco d’une prestance à rendre jaloux bon nombre de ses confrères plus âgés. Nerveux, le bestiau expose malheureusement une vilaine charge en donnant de la tête. Il part seul au cheval pour une brève première rencontre de laquelle il sort également seul. Sur la deuxième, il se fixe et pousse correctement, la tête a mi-hauteur. D’un beau galop, il part pour la troisième et récidive sa performance précédente avant d’aller nettement a menos sur les deux rencontres suivantes. Une cinquième pique lui étant même proposée alors qu’il sort seul de la quatrième (?). Arrêté par la suite, il ne se livre pas, se cantonnant à des demi-charges avec quelques coups de tête au passage.

Moreno de la Cova
Très bien présenté. Nerveux, abanto, ‘Alartón’ fait une vuelta de campana avant l’entrée en piste du cheval. Il prend tout d’abord une petite pique en donnant de la tête tout en poussant correctement. Idem sur la seconde (sortant seul). A menos sur la troisième (idem). Quatrième pique du même acabit, sans surprise. Par la suite, le novillo reste arrêté sans se livrer.

Coquilla de Sánchez-Arjona
Bien présenté, ‘Decorado’ laisse entrevoir de grandes qualités par sa charge mais également quelques soupçons de faiblesse. La première pique est bien poussée, tête fixe dans le peto. Le novillo accuse le coup et saigne abondamment, ce qui ne l’empêche pas d’entrer très fort dans le peto à la deuxième rencontre mais l’empêche sûrement de s’employer comme il l’aurait désiré. Petite troisième pique qui finit de confirmer son manque de puissance dans l’exercice. La suite est la confirmation des prémices : un grand fond mais sans force pour l’illustrer.

Le prix du meilleur novillo fut accordé à ‘Vivillo’ de Moreno de Silva. Sans être exceptionnel, il était en effet le novillo de meilleur fond. Mais le fait d’aller a menos au premier tiers me fait pencher du côté vide de la bouteille quant à l’attribution du prix. D’autant plus que le règlement de la novillada concours stipulait que « Le gagnant du concours devra avoir été piqué 3 fois. » Le novillo, s’il est bien rentré trois fois au cheval, ne fut piqué que deux fois. Il ne pouvait donc gagner le concours. J’insiste sur ce fait car l’on voit la bravoure de plus en plus définie comme le simple fait d’aller au cheval. Or ceci n’est qu’une partie de la bravoure. Aller au cheval et s’employer sous le fer c’est tout de même autre chose. Quelque chose de bien plus valeureux...

Deuxième vendange, Raso de Portillo
Fort nombreux étaient ceux qui allèrent aux arènes la bouteille pleine d’images. Des images illustrant les tiers de pique de l’an passé. Grand et impérissable souvenir qui a, c’est certain, compté dans notre déception du jour. Nous nous attendions à une novillada de premier tiers et avons eu une novillada de dernier tiers. Peu importe. Ou d’autant mieux, diront certains, un tiers restant un tiers. Certes, mais il y eu bien d’autres faits qui entachèrent le tableau. Sans entrer dans les détails, puisque ceux-ci vous seront exposés très prochainement, il y eut une nette déficience de présentation, notamment au niveau des cornes, ainsi qu’une faible volonté des hommes en piste. Enfin presque, puisque Santiago Naranjo avait de la volonté à revendre... Mais pour quoi faire ? Toréer le public et porter des bajonazos ! Mejor ni hablar. Il paraît qu’il faut remercier le président de ne pas lui avoir concédé d’oreilles. Il aurait manqué plus que ça ! C’est fou ces temps-ci comme le normal a tendance à passer pour de l’exceptionnel... Bref, revenons au bétail à proprement parler.

Pour rompre la plaza, nous eûmes droit à un joli castaño mais à l’allure étrange, semblant cacher de sérieux problèmes locomoteurs. Une pique et puis s’en va l’homme au castoreño. Le pire, c’est qu’il était bon ce novillo ! Mais sans force et avec un handicap, les qualités ne servent pas à grand-chose.
Le second, bien dans le type, fit une sortie furieuse. Le temps de se frotter les mains et patatras ! Pas de bravoure au cheval, seulement des coups de têtes et très vite on s’arrête. Mais ensuite on remonte, la fijeza étant exemplaire, la charge bonne. Malheureusement, la puissance fait défaut et le résultat reste fade. Pas de quoi se resservir un verre.
Le trois nous plongea un peu plus dans le brouillard et ce dès sa sortie. Non qu’il fit étalage de mauvaises manières mais ses cornes étaient très abîmées. Nous ne sommes pas habitués à cela ici et j’avais beau regardé dans des culs de bouteilles, rien n’y faisait : ces cornes étaient laides. Rien au cheval puis de belles qualités de dernier tiers : noblesse, fijeza, charge piquante, répétition.
Ce coup-ci, c’était sûr, pour la dernière partie de la course nous allions retrouver nos rasos de 2007 et de 2008. Allez ! un petit verre pour s’encourager et sortie du quatrième. 4 piques. Ah ! vous voyez ! Non je ne vois rien de bon. De la puissance, certes, mais point de bravoure. Il tarde à s’élancer, gratte, donne des coups de tête dans le peto. Une brute mais pas un brave. Pour le reste, point d’interrogation. L’ami Guzmán ne voulut pas le voir. Pourtant, comme ses frères, sa charge paraissait claire, la tête fixe dans l’étoffe. Nous n’avons sûrement pas dû savoir bien voir.
Carlos Guzmán eut une troisième chance, histoire de se rattraper, son compagnon étant vilainement secoué par le cinquième (El Quiñon) lors de sa réception au capote. Lidia très désordonnée, tous se préoccupant de l’homme étourdi mais personne du bestiau. Résultat : 4 piques a menos. Comme son prédécesseur, de la brutalité, du poder mais pas de bravoure. Même cause, même effet, Carlos, sans esquisser une passe, entre a matar. Et il fallut qu’un spectateur bien mal intentionné lui fasse le quite de la bouteille pour qu’il échappe à une bronca qui s’annonçait monumentale.
Pas de miracle pour la dernière récolte. 3 piques sans s’employer. Toujours une grande fijeza mais de la réserve, beaucoup de réserve, sa mobilité faisant quelque peu illusion.

Vous comprendrez qu’il n’y avait pas de quoi vider sa bouteille. Et pourtant, au cinquième novillo, un spectateur exaspéré par le travail (ou l’absence) de Carlos Guzmán lança en piste une bouteille vide. Malo, malo, muy malo. D’autant plus que la cuvée Parentis 2009 n’était pas un grand cru. Vider une telle bouteille, quelle faute de goût !

13 août 2009

Parentis (III)... Galerie Raso de Portillo


… accessible depuis la rubrique RUEDOS du site.

12 août 2009

Parentis (I)... Comme un malaise


En début d’après-midi, j’ai pris la route sous la pluie. Sans grande envie. Arrivé à Parentis sous un ciel gris mais sec j’ai traîné mes baskets dans une ville quasi déserte. Aux abords tristounets des arènes Portalier, une connaissance j’ai salué. Puis deux, trois... Révolu le temps d’une certaine solitude.

La course se passe...

À la sortie, c’est la soupe à la grimace, l'occasion pour chacun de mettre le doigt là où ça gratte... Voici donc un aperçu de ce qui est sorti de ma bouche ; de ce qui m’est parvenu aux oreilles entre 20h30 et 21 heures ; de ce qui m’est venu à l’esprit, en voiture, sur le chemin du retour.

De mémoire...

« La mise à mort de la mise à mort... Que va-t-il nous rester ?... Z’avaient pas le cuajo de leurs grands frères... Un festival de bajonazos... Pour la majorité du public, pourvu que ça rentre et qu’ils tombent vite... Ce soir, pas sûr qu'organisateurs et ganadero soient particulièrement satisfaits... Pour ceux que ça intéresse, z’ont tous gardé leur gueule fermée... Guzmán le garçon boucher et De Castro l’homme invisible... Bientôt dans votre village, « The Naranjo Show »... Aucun n’a toréé, tous furent débordés... Mais par quoi au juste ?... Parentis n’est pas loin de la plage... On « drogue » bien les chevaux... Une et une seule pique, et ce quel que soit l'état du toro, tauromachiquement parlant cela ne rime définitivement à rien... Jeter une bouteille : un vilain geste... Dénoncer (sic) celui qui l’a jetée : un plus vilain encore... Z'étaient mous et manquaient de présence... Purée ! quand tu compares avec les deux années précédentes... Le 1°, zancudo, emprunté du train arrière et castaño, avait une drôle de dégaine... Ces rasos n’avaient pas été préparés pour le combat... Tous les banderilleros ont été raccompagnés aux planches... après nous avoir offert un feu d'artifice de capotazos... On a galéré pour lire les numéros... « Et le prix à la meilleure estocade ?!? »... Y’en avait au moins 5 sur 6 d’aféités1... Et dire que les oreilles ne demandaient qu’à se promener — pauvre Marcel... Algo vareados mais homogènes de lignes, exception faite du quatrième « enveloppé »... Les picadors n’avaient pas assez de place pour manœuvrer2... On a vu des piques plus mal placées... Encore une plaza « qui tombe »3... Tu as vu avec quelle autorité il a cloué ses banderilles... Quand le poder fait défaut, à dire vrai plus grand-chose ne va... Ah ! ce quatrième... Guzmán fut pi-to-yable — « bouhhh !!! »... Les cornus n’ont pas perdu une miette de ce qui se passait dans le rond... C’était mauvais3... Ça doit faire mal au front un étrier... Après le tampon de Félix, une fin ubuesque... On a vu des novillos de troisième tiers... Heureusement qu’il y en a encore quelques-uns pour gueuler sinon la tarde aurait pu être triomphaliste... Quel milieu de m... !... L’afeitado, pour les toreros, c’est psychologique... La première oreille incombe au public... Je suis parti tel un voleur... J'ai mal à la gorge... Qu’est-ce que je vais bien pouvoir dire à ma femme ?... »

Ce dimanche 9 août au soir, on avait tous une vérité à clamer... Ce dimanche 9 août au soir, il y avait comme un malaise...

1 Délicat quand même de l’affirmer avec certitude depuis son tendido... Dans le cas qui nous concerne (camada avec de très nombreux cornicortos, gachos et astigordos, voire plus — cf. la galerie 2009 à la rubrique "Campos" du site), comme dans d’autres, une analyse serait (évidemment) la bienvenue... Ceci dit, si certains novillos étaient escobillados à leur sortie, aucun ne m'a semblé présenter des cornes « en pinceau » en cours de lidia. Ce qui là non plus ne prouve rien, je vous l’accorde bien volontiers.
2 À quoi cela sert de fustiger un picador qui franchit la ligne quand le novillo est à vingt mètres ? Vous donnez votre langue au chat ? À encourager le novillero à le placer à trois mètres du castoreño ! « Ante la raya » mon c... !
3 Il fallait que la déception soit grande...

À l’attention d’éventuels impatients... Campos y Ruedos n’est pas un « organe de presse » tout à fait comme les autres. Nous ne sommes pas journalistes, nous. Personnellement, je passe une grosse partie de mes vacances à m’écorcher les mains en brossant des poutres (!) et à bouffer de la poussière en ponçant des murs... Si quelqu’un était venu me filer un coup de main, je peux vous assurer que cette prose aurait vu le jour plus tôt.

Image En attendant les photos de la cuvée 2009 — Yannick ! c’est pour aujourd’hui ou pour demain la galerie ? —, un magnifique raso de celle de 2008 © Camposyruedos

05 août 2009

Raso 2009


Comme l'écrivait Yannick l'autre jour, nous y sommes revenus. Sous les pins, sous le soleil qui éclairait le souvenir de la novillada de Parentis de 2008, dans la joie de retrouver un élevage dans lequel les novillos passent leur temps à se cogner dessus, l'air de rien, l'air de bêtes de combat.

Ils sortent à Parentis-en-Born ce dimanche 9 août 2009 à 18h00.

Pour tout renseignement, joindre le 05 58 78 45 34.

Retrouvez la galerie dans la rubrique CAMPOS sur le site.

Photographie Un novillo de Raso de Portillo pour 2009 © Camposyruedos

26 mars 2009

Carteles de Parentis-en-Born


L'ADA de Parentis fêtera cette année son 20ème anniversaire et annonce pour l'occasion une bien belle féria de la Sen Bertomiu.


Le samedi 8 août 2009 aura lieu une novillada concours au cours de laquelle fouleront le ruedo Roland-Portalier des novillos de : PARTIDO DE RESINA (Gallardo) - PRIETO DE LA CAL (Veragua) - BARCIAL (Vega-Villar) - MORENO DE SILVA (Saltillo) - ALONSO MORENO (Urcola) - COQUILLA DE SÁNCHEZ-ARJONA (Santa Coloma Coquilla).

Le lendemain, dimanche 9 août 2009, les RASO DE PORTILLO viendront pour la troisième fois consécutive enchanter (on le souhaite en tout cas) le public aficionado de la plaza landaise.

Pour plus d'informations, rendez-vous sur le site de l'ADA Parentis et suerte pour cette désormais grand-messe du novillo.

Photographie Baston au Raso de Portillo © Camposyruedos

16 janvier 2009

Back to Parentis


C'est avec un peu de retard, mais avec un grand plaisir, que nous vous annonçons que l'édition 2009 de la féria de Parentis-en-Born se déroulera les samedi 8 et dimanche 9 août, et sera composée des deux affiches suivantes :
- Samedi 8 août 2009 : novillada-concours de ganaderías (sous réserve que les organisateurs trouvent au campo des exemplaires remplissant les critères de présentation qu'ils se sont fixés), et
- Dimanche 9 août 2009 : retour de l'élevage Raso de Portillo, dont les novillos avaient fait trembler la terre l'année dernière, pour notre plus grand plaisir.

Pour fêter fastueusement son vingtième anniversaire, l'ADA Parentis avait envisagé la programmation d'une troisième course. Pour diverses raisons, elle y a finalement renoncé, et ce bien sûr à notre grande déception (d'autant plus que le nom de l'élevage entendu ici et là était de nature à nous enthousiasmer au plus au point).

Pour le plaisir de se remémorer ce grand moment de tauromachie, vous pouvez revisionner la galerie que nous lui avions consacré sur Campos y Ruedos.