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13 mai 2012

Toiros (III)


Il y a quelques jours, nous nous faisions l'écho de la dernière tourada des Canas Vigouroux à Vila Franca de Xira ; tourada au cours de laquelle un des monstres présentés avait « endommagé » la balance.

Aujourd'hui, à Caldas da Rainha, ce sont les toros étranges de la « terrible » Rita Vaz Monteiro qui vont en découdre avec les forcados. Ça tombe bien, en visite à « São Martinho », notre compañero madrilène David Cordero a photographié quelques-uns de ces spécimens… Sympathy for the devil...

Profitez-en aussi pour faire un tour dans sa galerie de superbes photos consacrée à la ganadería de Fernando Pereira Palha.


>>> Le site de David Cordero.

05 février 2012

Requiem pour les dingues, les rêveurs et autres romantiques


Revoir ton drôle qui revient au pays, c'est un peu ta renaissance, ton nouveau départ pour ta nouvelle vie… C'est sûr, tu ne vois ni ne vis plus les choses de la même manière après ça. Dans ta vie de con, les yeux fermés, tu n'imaginais même pas combien tout ça comptait avant, et puis un jour il est parti sans te promettre de retour, un peu comme tout le monde, et, curieusement, c'est dans cette absence que t'as souhaité sa présence… comme jamais. Alors tu as tout ré-appris, et le simple fait de monter une ligne pour débusquer deux calicobas et un peuch-cat en sa chère compagnie ressemble alors à un moment unique et délicieux dont tu savoures chaque mouvement d'aiguille, quand cela t'aurait copieusement gonflé avant que tu ne comprennes — quand tu avais les yeux fermés…

Même la plus « bush-addicted » des mamans texanes, qui gonflait fièrement les nichons au moment d'envoyer le petit pisser sa haine d'andouille inculte sur les corps ensanglantés des barbus anti-McDo de la face obscure de cette planète, ne saurait être assez conne pour affirmer le contraire aujourd'hui…

Alors quand j'ai vu que l'on claironnait à nouveau le retour des dragons de Boecillo, c'était comme si « Mathilde me revenait ». Je relisais l'histoire couillue de ces frangins des alentours de Valladolid qui partageaient leur temps entre le fracas bétonné d'une vie de bureaux et la poussière d'un campo désuet qui semble avoir toujours été là, avec des échos du nord de l'Espagne qui planaient à l'ombre des pins du Quiñón, sans savoir vraiment depuis quand… Je me souviens que l'énigme nous passionnait, jusqu'à ce que quelques âmes perchées ne libèrent le morceau sur la piste ronde d'une bourgade du nord des Landes, pour que se révèlent enfin les secrets de famille plusieurs fois centenaires des Gamazo brothers du Raso de Portillo. Deux ou trois tours de piste glorieux et pétaradants avant de saluer, un peu tristement, et les années passèrent, sans savoir vraiment si on les reverrait un jour.. tant de temps à espérer pour enfin voir les rêves s'exhaucer sous la forme d'une douzaine de féroces combattants que l'on n'espérait plus, puis les laisser filer, aussi connement… Mais que diable s'est-il passé depuis ce jour où cette maudite quille de jaune alla s'éclater le goulot en piste pour nous annoncer que l'on tirait le rideau sur une histoire qui venait pourtant de naître ?

Tout ça, pour ça…

Alors je vous le demande : « Où donc les terribles guerriers du Raso de Portillo mirent-ils la pagaille depuis ce funeste jour d'août qui les condamna au purgatoire parentissois, au point qu'aucune autre de nos précieuses empresas ne se risquât à en récolter quelques échantillons quand Parentis les mettaient à disposition pour qui voulait enfin s'offrir le pied d'un après-midi authentique et osé ? L'accident malheureux aurait-il été plus retentissant que deux journées ensoleillées pour le ganado des frères Gamazo ?

Allez savoir… N'empêche que je n'ai pas plus de belles histoires à vous raconter sur la suite des aventures des Veragua de l'ami Gallego, qui avaient pourtant enthousiasmé l'Afición sang et or avant que, là aussi, le couperet ne tombe, n'effaçant toutefois aucune belle perspective pour d'autres éventuels téméraires amateurs de voyages au pays des merveilles. À croire que l'Afición des empresas ne se résume qu'à se dédouaner et se mettre aux abris avant de prendre des responsabilités, le menton haut et fier… Devra-t-on alors attendre que la seule et unique Céret ne décide de rouvrir la cage aux oiseaux pour qu'enfin les pupilles de Javier Gallego ne nous dispersent à nouveau leur savoir-faire en matière de coups de testons sauce moyenâgeuse ?

L'intransigeance est bonne thérapie, tant qu'elle ne devient pas glacée et aveugle. Le torchon brûle, et les heures tournent. Peut-être est-il temps de pardonner pour les uns, d'oser pour les autres, ouvrir les yeux pour TOUS. Certains de ces ganaderos romantiques vous diront que, pour eux, l'avenir du rêve de leur vie ne dépassera plus les quelques barbelés au bout du chemin de terre. Ceux-là ont peut-être déjà compris que la dernière part du gâteau est partie dans la gamelle du chien… Pour ceux-là, élever du toro n'est pas une fantaisie que l'on s'offre pour combler un après-midi ensoleillé, c'est l' œuvre d'une vie ; et quand, en plus, il s'agit de Santa Coloma (ou pire encore), alors on parlera plutôt du sacrifice d'une existence… ou d'un suicide, si vous préférez.

Les Ángel Nieves, Adolfo Rodríguez Montesinos et Aurelio Hernando n'auraient-ils donc plus rien à attendre de l'Afición ? En vérité, je crains la réponse… Les petites arènes françaises semblent lointaines, aujourd'hui, frileuses comme jamais, et les mégalopoles taurines d'Espagne, pathétiquement inabordables, ont une vision de l'Afición bien à elles. Bref, une vie jetée en l'air…

Alors, dans un dernier élan d'espoir, je lève mon verre aux fous, aux rêveurs, aux farfelus, aux idéalistes, aux tihuts, aux convaincus, aux illuminés, aux aficionados effrontés qui ont un jour rêvé de faire lidier des toros qui n'existaient pour personne avant que la porte d'un chiquero catalan ne se déverrouille sur le pari le plus aficionado de l'histoire de notre passion, en dépit de toutes les règles de bien-pensance économique ou éthique. Ainsi, on se souviendra peu de ce que donnèrent les toros de Vaz Monteiro, mais leur nom raisonnera toujours comme le cri libéré d'une frange de l'Afición la plus audacieuse, la plus courageuse, la plus enthousiaste, la plus tarée, la plus passionnée, la plus terrienne, la plus aficionada ; celle qui révéla le sens de la passion du taureau de combat à toute une génération ; celle qui nous disait que tout était finalement possible, jusqu'à nous convaincre que tout ça est bien loin de n'être qu'une bête affaire d'oreilles et de planta torera ; celle sans qui Parentis ou Orthez n'y auraient peut-être jamais cru ; celle sans qui nous ne serions peut-être pas là aujourd'hui, mais définitivement celle qui ouvrit la voie.

Merci donc à tous ces Colomb fous furieux et anonymes qui savent trop bien la sueur sur la peau tannée des hommes de ces terres, l'histoire de ces mains lourdes et calleuses, la gauche rudesse et l'humilité de ceux qui ont choisi de donner un sens laborieux et poussiéreux à leur vie, loin du grand monde et des salons feutrés, s'obstinant à croire en cette idée saugrenue que le toro bravo est l'alpha et l'omega de toute cette histoire, et définitivement rien d'autre. L'Afición c'est vous, Céretans, Parentissois et Orthéziens ; c'est vous, chers Thomas et autres glandus qui l'avez cru et suivi ; c'est tous ces tarés qui partagent des hectares de vide d'Estrémadure avec leurs bêtes à cornes en guise de lever et de coucher de soleil ; et c'est aussi vous les prochains doux dingues qui ferez le pari fou de donner sa chance à un de ceux-là, le temps d'une ou deux heures, entre le soleil et le sable d'un ruedo, aussi petit soit-il — la grandeur d'un être ne se reniflant pas à la taille de son berceau. Enhorabuena à ceux qui prendront le chemin…

Image Novillo de Javier Gallego García, finca « Prado Bonal » à Soto del Real (Madrid).

28 avril 2010

Le bout de la route


Il faisait beau. La température était printanière. Les pluies des mois précédents avaient cessé depuis deux jours. Rendez-vous à 10h30. Station-service d’Avis.
Vaz Monteiro. Le toro portugais dans son jus, mariné depuis des centaines d’années. Le toro bio sans apport extérieur, sans pesticide, sans colorant. A dire vrai, ce n’était pas ça que nous venions chercher ici. Pas tout à fait ça, c’est vrai. Depuis quelques années, il se murmurait sans être une rumeur, que la taulière, Rita Vaz Monteiro, avait croisé ses toros de la tierra avec des sementales de Chafick d’encaste Saltillo. C’était ça que nous venions voir, ce croisement détonnant mais pas si invraisemblable au final. Après tout, elle n’était pas la première de l’histoire de la ganadería portugaise à avoir tenté le mélange avec le Saltillo. Déjà, vers 1923-1924, les fils d’Emilio Infante da Câmara (padre) s’étaient essayé à l’expérience en croisant leur bétail « portugais » avec des Saltillo*. Et puis, au regard des caractéristiques physiques des deux encastes, l’idée n’était pas totalement farfelue. Les deux toros sont très fins de type, bas, aux cornes très astifinas et d’un morrillo très peu développé. Alors pourquoi pas ? Fallait voir.
Elle n’était pas là quand nous arrivâmes. Seuls le mayoral et sa femme nous accueillirent dans un portugais parfaitement de la tierra, c’est-à-dire définitivement inintelligible. Les toros étaient parqués aux abords des vieilles bâtisses blanches et bleues gardées par trois chats et par la mémoire décrépite des lieux. São Martinho. Vaz Monteiro.
Elle n’était pas là mais les méandres d’une réputation noire l’accompagnaient dans son retard. Et cette rumeur venait de partout. Elle parcourait les ondes téléphoniques depuis des mois – Tu vas voir, elle est spéciale –, elle suivait le cours du Sorraia – Rita Vaz Monteiro ? Ah, si ! (petit sourire gêné) – Es especial Como un hombre Ha cruzado sus toros (moue de dépit et d’incompréhension) – Ahora parece que salen con 700 kg ! –, elle s’insinuait dans le français parfaitement maîtrisé d’autres ganaderos étonnés de notre visite à São Martinho et encore plus effarés des outrecuidances ganaderas de Rita et de sa tête de caboche – Vous comprenez. Vous croisez au bord d’une mare une grenouille verte. Vous dites alors que la grenouille est verte. N’est-ce pas ? Et bien elle, non ! Elle vous répondra que la grenouille est rouge. Oui ! Rouge !
Il n’y avait plus de toros croisés. Il ne restait que les Vaz Monteiro dans leur jus centenaire. Des toros bonzaïs, sans morrillo ni peso. Des toros dont seules les têtes donnaient l’identité de toro de lidia. Des limites du concept. Le bout de la route du toro brave. Au-delà, c’est le rien.
Hauts comme trois pommes desséchées, ils allaient de droite et de gauche, en troupeau, presque penauds. Tout d’un coup, certains se collaient des pains énormes, décollaient comme des chèvres, faisaient un saut périlleux sur eux-mêmes et se rétablissaient sur leurs pattes comme les trois chats gardiens du temple l’auraient fait. Un truc unique. La limite du concept. Le bout de la route.
C’est de là qu’elle est arrivée. Du bout de la route qui n’était en vérité qu’un chemin de terre et de poussière. A fond les cylindres, du bout de la route, dans un nuage de terre.

Nous lui avons posé des questions. Elle y a répondu avec la rigueur de son allure hésitant entre le généralissime sud-américain et "Cruella d’enfer".
— Ce sont des toros de race portugaise (merci pour le renseignement). J’ai arrêté le croisement (et merde !).
— Pour quelles raisons ?
— Parce que ! (C’est toujours une bonne raison.)
— Accepteriez-vous que je prenne une photo de vous ?
— Non ! (Ben au moins c’est clair.)
Voilà, voilà. On les a vus les Vaz Monteiro. Voilà, voilà.
Elle a caressé son chien nain. Elle s’est tournée vers nous.
— Vous voulez manger ici ?
— Euh, ben, c'est-à-dire que… non, sincèrement c’est très gentil, mais là non vraiment, ça va pas être possible. Dans la poussière du chemin, en quittant São Martinho, je me suis demandé si les carences de croissance de ces toros centenaires n’étaient pas liées à… la peur.

* A. Martín Maqueda, Ganaderías portuguesas, Pandora, Madrid, 1957.

>>> Retrouvez sur le site, rubrique CAMPOS, une galerie consacrée aux Vaz Monteiro.

Photographies Toros de Vaz Monteiro à « São Martinho » © Laurent Larrieu/Camposyruedos.com

02 octobre 2009

Toiros (II)


Au fil des diverses lectures dont nous inonde le web en cette fin de temporada 2009, lectures dont les conclusions suscitent, comme souvent et de plus en plus, l’agacement et l’incompréhension, l’envie nous prend de foutre le camp, d’aller voir ailleurs loin des habitudes, ce que le monde des toros propose encore de rêve, de délires ou d’exotisme. Car ce ne sont pas les propos aberrants d’un Juan Pedro Domecq qui prône l’arrêt des piques en public, les bilans de férias établis par de mauvais scribes dont la seule obsession aujourd’hui est de vous prouver par A+B que la seule voie possible pour l’organisation d’une corrida est de plaire au grand public, grand public qui n’aurait comme goût que ce toro dit de « bravoure moderne » - grand public qui aurait seul l’apanage de la raison et du droit étant donné qu’il est le plus grand nombre - ce ne sont donc pas ces sentences coutumières qui vont donner corps à nos envies ou à nos rêves, fussent-ils délirants… et alors ?

Alors, au fil du clavier, il y a ce toro étrange de Ernesto Fernandes Louro de Castro (encaste Atanasio Fernández) à la gueule tranchée de blanc comme un gentil panda. Pelage original, rare ? Peut-être ou tout simplement aussi le résultat d’une maladie… A voir.

Restons au Portugal, c’est déjà l’exotisme, avec ce forcado au béret droit comme un aristocrate rogue, embrassant ce toro cárdeno oscuro dans une symétrie parfaite d’où se dégagent la puissance et la lutte. Quand il a écrit une « Balle perdue », Joseph Kessel ne connaissait peut-être pas les forcados du Portugal mais, c’est certain, il aurait pensé à eux en écrivant ces bouts de fin de vie de types conduits jusqu’à la fin tragique par leur honneur et leur droiture, ces « desesperados » qui semèrent la panique sur les toits de Barcelone en 1934. Il y aurait pensé ! En 1934 d’ailleurs, l’élevage de ce toro au galop, tête basse, existait déjà… il existe encore aujourd’hui et survit du côté de Avis, dans l’Alentejo. C’est un Vaz Monteiro nouvelle mouture puisqu’il se dit que l’antique race portugaise aurait été croisée avec quelque chose qui ressemblerait peut-être à du Saltillo… A voir.

Non loin de chez Vaz Monteiro, toujours dans l’Alentejo, à deux chênes-lièges de l’Espagne, existe une autre ganadaria de touros (ou toiros ?) qui porte un nom de saint : São Martinho. Ce sont juste des toros de combat, des toros pour touradas. Ce sont juste des toros mais dont le sang mêlé titille le curieux. D’après les informations données par le registre des ganaderías portugaises, il y aurait là dedans du « Cabral Ascenção, Santacoloma, Torrestrella e Outros ». Un peu de tout en somme sauf que le « outros » il s’appelle Fernando Palha, l’autre Palha, qui aurait prêté des sementales aux tenanciers de la baraque. Et au regard des photos, on aurait tendance à y croire. Et puis, pour achever, il y a donc Fernando Palha qui regarde toujours sa « chère bonne Lisbonne », sa Lisbonne qui regarde à nouveau ce grand océan Atlantique au milieu duquel sont plantés ces bouts de terre lusitaniens depuis le XV° siècle, les Açores. Là, existent plusieurs ganaderías de bravos surtout destinées aux toros à la corde dont sont friands les autochtones. Eliseu Gomes est un de ces ganaderos, les origines de ses toros sont vagues et on s’en fout, c’est juste beau un toro avec l’océan derrière pour terrain de combat !

Photographies 1/ Toro de Ernesto Castro in http://aficionados-de-aires.blogspot.com/2009/06/ernestro-castro.html ; 2/ Toro de Vaz Monteiro in http://www.solesombra.com/reportagem-fotográfica/salvaterra-31-maio/ ; 3/ Toro de São Martinho in http://www.toureio.com/otouro/touros%20videigueira/index.html.

05 mai 2009

Toiros


Récemment, le photographe espagnol David Cordero proposait sur son site une galerie d’un élevage portugais avec pour seule et unique information son nom : Irmãos Dias. Dans la foulée, Toro, torero y afición mentionnait l’existence de la galerie avec pour seule et unique information : le site de David Cordero... On tourne en rond ! Et toujours pas la moindre allusion quant à l’origine de ce surprenant bétail ; vous restez sur votre faim.

Se cantonner à un seul rappel historique tel que l’UCTL — ici la Associação Portuguesa de Criadores de Toiros de Lide — en distille dans son annuaire ne serait pas très consciencieux... N’étant pas spécialiste (euphémisme) de généalogie taurine, ni même super passionné par elle je dois vous avouer, je vais vous refiler quelques bribes d’informations récoltées à droite et à gauche — quel écheveau ! — et vous vous débrouillerez avec... Inutile de vous dire que le doute est ici plus que jamais permis, comme le conditionnel. Les obsédés de pureté génétique — au campo, vous y croyez, vous, au « pur machin » ou au « pur bidule » ? —, d’exactitude généalogique et/ou de vérité scientifique passeront leur chemin...

On commence par où ? Peut-être par préciser que l’appellation « encaste português », trouvée sur un certain nombre de sites taurins lusitaniens qui se la repassent, n’a pour elle que de tenir en deux mots. Pour le reste... Remarquez que vous risquez de ne pas être beaucoup plus avancés à la fin de ce papier !

Ceci dit, l’annuaire de l’Associação annonce l’élevage Irmãos Dias Norberto Pedroso1, élevage qui aurait été formé à partir de bêtes de Manuel Duarte Oliveira, Condessa da Junqueira et Emílio Infante da Câmara. Jusque-là, c’est très portugais (sans doute des restes de casta Vazqueña, du Parladé, etc.) et... très vague. Il y a une date aussi : 1910.
Norberto de Vasconcellos Mascarenhas Pedroso (Chamusca 1877 – Chamusca 1968) aurait, selon José Manuel de la Cruz Velasco2, construit son élevage à partir de bétail de Doña Casimira Fernández « Viuda de Soler »3 (1902-1920) — soit du Jijón (Marqués de la Conquista) avec adjonction, dans l’ordre, d’un semental Ibarra, de bêtes Campos Varela (Jijón + Vistahermosa), Lizaso (du navarrais) et, pour finir, d’un semental du Conde de la Corte (1920)4 —, du bétail de la « Viuda de Soler », disais-je, associé à du Pinto Barreiros (1925), soit un mélange de Santa Coloma par Félix Suárez, de Gamero Cívico et de Conde de la Corte.
D’ailleurs, ces deux origines, dans le cas par exemple d’une élimination de la première et de son remplacement par la seconde, ne sont pas incompatibles. Bref, vous prenez ce qu’il vous plaît, vous secouez et vous obtenez... des bêtes exotiques à l’allure unique.

Quoi ?, vous leur trouvez un petit air de famille avec les voisins... albaserradas ? Eh bien, dites-le, il n’y a rien d’aberrant à cela... Car à s’attarder sur la fiche de l’élevage voisin de Vale do Sorraia (propriété de la famille Ribeiro Telles) proposée par l’Associação, on y lit certes comme il se doit des origines fort complexes et « mystérieuses » (dont, entre autres, un rafraîchissement avec des bêtes d’Irmãos Dias, tiens, tiens, annoncées Norberto Pedroso sans citer Pinto Barreiros !) mais enrichies, toujours d’après José Manuel de la Cruz Velasco, d’un apport ultérieur d’« albaserradas y santacolomas ». D’albaserradas ? Notez bien que "Las Tiesas" n’est pas très éloignée du Portugal...
Attendez encore un peu, j’ai oublié de vous conter une chose : José Manuel de la Cruz Velasco écrit dans son article que Vale do Sorraia est « de procedencia Pinto Barreiros y Norberto Pedroso (procedencia de Vda. de Soler y Pinto Barreiros, con posterior adición de albaserradas y santacolomas). » ! Si la parenthèse est correctement refermée, je ne vous dis pas l’angoisse. Et à défaut de pouvoir poser la question à feu Norberto, on tâchera tout de même, à l’occasion, de demander des précisions à De la Cruz Velasco... ou au ganadero.

1 On en trouverait des traces chez Fernando Palha... Selon Pierre Dupuy, cette origine aurait disparu — ça démarre bien ! In Joël Bartolotti & Pierre Dupuy, TOROS, Regards sur la tauromachie, La Renaissance du Livre, 1999, pp. 98-99.
2 José Manuel de la Cruz Velasco, « Empeño ganadero », El Aficionado n°25, Avril 2007, pp. 19-25.
3 Tableau tiré du blog Casta Jijona.
4 Bernard Carrère, Les Élevages de taureaux de combat, Origine et évolution, Éditions Jean Lacoste, 2001.

En plus Élevage Irmãos Dias (Benavente) > Diaporama Aficionados da Moita Élevage Vale do Sorraia (Coruche) > Blog de Manuel Ribeiro Telles Bastos animé par João Costa Pereira.

Images Un irmãos dias un poil basto... Capture d’écran du site de © David Cordero Un fin et précieux toiro de Vale do Sorraia par João Costa Pereira © Tauromania Malgré le goût douteux de l'affiche, je ne résiste pas au plaisir de vous présenter les six vaz monteiros qui seront combattus le 10 mai prochain à Salvaterra de Magos. Vous aurez peut-être un peu de mal à retrouver chez certains les lignes de leurs grands frères cérétans lidiés en 2005 ; il paraîtrait qu'un semental encasté Saltillo...

29 juillet 2007

Vaz Monteiro


L’importance de ce cliché ne réside pas dans sa qualité mais dans son ancienneté. Il a été pris fin du XIX siècle et nous montre un toro de pure race Portugaise, de l’élevage Vaz Monteiro. Depuis la révolution des oeillets cette vacada est restée à l’état sauvage, sans être tientée jusqu’à il y trois ou quatre ans. Rafael González y Rodolfo Núñez, à la demande de Rita Vaz Monteiro ont alors été chargés de tienter la totalité du cheptel. Depuis ce jour il a été décidé de continuer à mener l’élevage avec une branche pure Portugaise et croiser une autre partie avec un semental pur Saltillo en provenance de chez le Mexicain Chafik. Nous sommes sur le point de connaître les premiers résultats de ce croisement.
D’après Bastonito