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08 janvier 2013

Souvenir, « Alma herida »


Vous connaissez le concept de slow food ? Voici celui de slow photo. La slow photo, c’est prendre une photo avec un appareil argentique pour faire le malin et feindre la démarche, attendre de faire quelque chose d’autre de sa vie pour finir la péloche, envoyer les films à Aurélien, récupérer les films, les scanner, les ranger dans des dossiers et se dire « merde, les photos de Céret ! » le 15 septembre… L’avantage, et c’est bien le seul, est que cela permet d’approvisionner des stocks d’inédits dans lesquels puiser quand les frimas ont chassé les toros et que l’on n’a plus que des rumeurs de mundillo pour passer la journée. En hiver, à moins d’être solidement armé côté moral, il arrive que la vie se décline autour d’une page de blog continuellement rafraîchie sans constater le moindre changement. Et là, c’est triste. Mais grâce au stock de slow photo constitué avec patience, voilà, lecteur, que nul n’est plus besoin de passer au porno gratuit à haut débit pour que s’écoule la soirée. Campos y Ruedos y Punk y Motörhead est là pour te tenir cette main qui déjà s’agite… Bref, il est temps, quand on n’a rien à dire, de piocher dans les bons souvenirs comme tout vulgaire médium en panne d’inspiration !

À Madrid, en mai 2012, au-delà des cites de trente mètres de Fandiño lors de la course d’Adolfo, de l’âpreté de celle d’Escolar et du sérieux de celle de Cuadri, nous eûmes le loisir d’admirer l’expo « Alma herida » de notre amie Joséphine dans le couloir des arènes. Pour dire la vérité, le concept ne m’a pas sauté aux yeux, et il a fallu que Paco le développe un peu pour moi dans ce magnifique post d’août dernier. Mais, parmi les photos, la force de celle de Ferrera (qu’on ne me soupçonnera pas d’adorer pourtant) m’a donné à elle seule l’envie d’aller revoir ce gars. Une force invraisemblable se dégage de la photo elle-même, comparable à la formidable humanité du regard ! Il n’y a bien sûr pas qu’elle (Joselito, Alberto Aguilar, Perera…), mais, ce soir, c’est celle-là. 

Et allez surtout relire le post de François !

15 octobre 2012

Palha by Joséphine


Joséphine, inutile de vous la présenter, ça fait un bail qu'elle est ici chez elle…

>>> Retrouvez sur notre site, rubrique « Ruedos », sa galerie de la corrida madrilène de Palha.

14 octobre 2012

Palha par Mirocolo


Morgan Mirocolo est un habitué de Campos y Ruedos. Il est aussi photographe… professionnel. Il a assisté à la corrida de Palha de la féria d'automne madrilène et a eu la gentillesse de nous en adresser quelques images.


>>> Retrouvez une galerie de cette corrida sur le site, rubrique « Ruedos ».

10 octobre 2012

El de Joséphine


Encore un portrait de Fernando Robleño… signé Joséphine Douet celui-là.


06 octobre 2012

26 août 2012

Encastes minoritaires


Le 16 août, Las Ventas a annoncé le cycle de novilladas de septembre. Intitulé « Encastes minoritaires », il fait suite, sauf erreur, au cycle « Huit Nations » qui a sévi jusqu'à l'an passé. On ne peut que se réjouir de voir des élevages aux sangs originaux fouler la piste des arènes de la Calle Alcalá, même si malheureusement le fait d'organiser cela en septembre, loin des cycles de mai-juin, laisse à penser que nous assistons à un genre de féria-zoo où s'exposent les quelques raretés encore subsistantes de la cabaña brava :

Dimanche 2 septembre
Novillos de D. Tomás Prieto de la Cal (Vázquez/Veragua) pour Pascual Javier, Miguel de Pablo et Miguel Cuartero

Dimanche 9 septembre
Novillos de D. Mauricio Soler Escobar (Santa Coloma/Graciliano - Santa Coloma/Buendía) pour Daniel Martín, Sergio Blanco et Andrés Jiménez ‘Gallo Chico’ (présentation)

Dimanche 16 septembre
Novillos de Ganadería de Concha y Sierra (Vázquez) pour Iván Abasolo, Ángel Puerta et Jesús Chover (présentation)

Dimanche 23 septembre
3 novillos de Hros. de D. Alfonso Sánchez-Fabrés (Santa Coloma/Coquilla - Santa Coloma/Buendía) et 3 de Hoyo de la Gitana (Santa Coloma/Graciliano - Santa Coloma/Buendía) pour Jesús Fernández, Mario Alcalde et Jesús Duque

Dimanche 30 septembre
Novillada concours. Novillos de Partido de Resina (Pablo Romero), Barcial (Vega-Villar), Hros. de D. Alonso Moreno de la Cova (Urcola - Vega-Villar), Cubero-Buendía (Villamarta - Núñez), Coquilla de Sánchez-Arjona (Santa Coloma/Coquilla) et Aurelio Hernando (Vázquez/Veragua) pour Miguel Hernández ‘Miguelín’, Raúl Rivera et Alberto Escobar


>>> Pour l'automne madrilène (du 4 au 7 octobre), on entend parler de Dolores Aguirre et de Palha.

Photographie À Orthez cet été, Iván Abasolo et un novillo représentant lui aussi un encaste minoritaire (et menacé !) : Fernando Palha.

01 août 2012

« Alma herida »


Le premier que j’ai vu époustouflé par la performance, c’est Batacazo. Et question émotion graphique, Bata, on ne l’impressionne pas avec du vent. C’était juste après une corrida, à Madrid, en juin, juste après être passé une fois encore devant les immenses diptyques que Madame Douet exposait par là. Bata était époustouflé, et moi aussi.

Il faut dire que ce travail-là, on l’imaginait plus logiquement dans une galerie d’art, aux Rencontres d’Arles ou même dans un musée — c’est au moment précis où je me faisais cette réflexion que Jérôme a déboulé, et m’a confié son émotion.

Mais le fait est que ce travail ne se trouvait ni dans un musée ni dans une galerie d’art, mais à Madrid, à Las Ventas, aux arènes. Pas grave. Pour le coup, tout le monde en a profité, ceux qui ont l’habitude des musées et des expos, et puis les autres, surtout les autres peut-être.

Onze toreros, onze toreros photographiés nus, sans habit de lumière, sans aucun autre décor qu'une lumière naturelle. Onze toreros nus avec leurs cicatrices. Ce jour-là, je suis arrivé très en avance. J’ai profité de l’exposition, puis je me suis collé au mur, et j’ai regardé le défilé des passants — les spectateurs de Joséphine.

La première fois où j’ai eu un choc visuel vraiment différent avec des photographies de corrida, ce fut avec le travail de Michael Crouser, exposé en format géant à même le sol du métro de Madrid. La seconde fois, ce fut cette fois-ci, avec cette série de diptyques de Joséphine Douet. Avec cette nuance que Joséphine, dans son écriture photographique, est allée bien plus loin que ne le fit Crouser, qui est finalement resté dans un témoignage assez brut, relativement didactique, quoique remarquable et très personnel.

Joséphine est même allée bien au-delà de ce qu’elle nous avait montré dans Peajes, son road-book avec celui qui fut notre cher Manzanita. Avec « Alma herida », Joséphine a totalement dépouillé la présentation de la fête des toros de tout ce côté traditionnaliste si ostentatoire. Elle a épuré les choses à un point tel qu'elle s’est aventurée dans des territoires où, à ma connaissance, personne n’était jamais allé en ce qui concerne la Fiesta.

Ce sont des toreros. Ils auraient pu être boxeurs, sportifs de l’extrême, ou autre chose. Mais ce sont des toreros, nus, avec leurs cicatrices et leurs regards, captés comme rarement. Témoignage direct, sans fard.  J’avoue (aïe ! Joséphine) ne pas avoir lu les phrases imprimées, les citations, car, après un premier passage, et de mon point de vue, les photographies se suffisent à elles-mêmes. Les photographies et le titre de la série : « Alma herida ». Épure totale.

Le format imposant — 2 mètres sur 1,50 m — et le dépouillement de l’œuvre pourraient renvoyer à une photographie contemporaine très en vogue actuellement (enfin, pas chez tout le monde), mais non. Il y a là une émotion, une part d'humain, que l’on ne retrouve pas dans cette nouvelle photographie trop souvent gratuite. En fait, seul le format pourrait y faire référence. Pour le reste, le supplément d’âme est bien là pour nous relier à l’homme, ainsi qu'à la réalité d’une profession tellement hors du temps.

Joséphine, franchement, bravo !


>>> La série « Alma herida » est visible par ici, et puis aussi par là.

29 juin 2012

The « Simon International Tour »




On aurait pu leur envoyer BHL, on leur a donné Simon... Et en plus ils se plaignent.

15 juin 2012

Iván Fandiño est un chic type



Le cheveu noir azabache parfaitement ramené en arrière et le profil abrupt et franc qu'ont les gens de Biscaye, sur une peau sombre venant incontestablement d'un temps où l'Espagne était un peu africaine, la gueule d'Iván Fandiño évoque à elle seule le drame, et la gloire. Ne serait-ce qu'en foulant le sol de Ventas en souriant, torse en avant, et l'œil de Pizarro, Iván Fandiño évoque ces vieilles gueules qui écrivaient la tauromachie héroïque, souriante, arrogante et machiste. On lui prêterait le panache romantique de Mazzantini ou la sauvage témérité du Cocherito de Bilbao…
C'est en entreprenant ce second Adolfo que l'on comprit qu'il pouvait se passer quelque chose à Ventas, même un jour sans toro. Jalabert nous ouvrait des perspectives festives bleu-blanc-rouge qu'on n'espérait pas, en quelques quites soignés et opportuns sur un bicho ô combien lourdingue, quand, dans le murmure vibrant de Madrid qu'il faut avoir entendu une fois dans sa vie, s'approchait en conquérant ce mioche à la gueule de pelotari basané. Pim ! pam ! déhanché, j'ouvre les bras et j'envoie au large, mouvement sec du poignet, je ramène tout à la hanche et je m'éloigne. Jean-Baptiste lui-même comprenait que la cuite à l'ombre des Cibeles s'évaporait, mais on s'en foutait parce que revenait à nous cette vieille notion parfaitement désuette du « parler » du milieu, qui valait pourtant bien tous les triomphes du monde : la competencia ! On jubilait un instant, le petit temps que les mecs se tirent la bourre, le menton en avant planté dans le jabot, et décident de défoncer le  « bestiau » à coups de charges dorées et de déboussolages fuchsias, avant que le brun vizcaíno d'Orduña ne lâche l'affaire et que le blond provençal d'Arles ne laisse sa baudruche se dégonfler totalement au soleil de Castille. Pchhht…
Et puis, déboula 'Mulillero', que le plus célèbre tendido du monde accueillait avec du tissu vert et des noms de volailles. 515 plombes de pas grand-chose, boitillant mais avec la politesse de répondre aux deux invitations de Pepe Aguado, ce qui n'était déjà pas mal. Ceci dit, il boitait… alors ça gueulait. Et comme ça gueulait et que personne ne voulait voir 'Mulillero', Iván Fandiño décida de nous inventer un toro. Comme ça, sans raison, juste parce qu'il était matador et qu'il l'avait décidé ainsi. Réveil brutal, sieste interrompue, brouhaha madrilène : mais nom de Dieu, que compte-t il-faire à ce « bestiau » ?
Fandiño court au centre de Ventas et se plante là. Et quand Madrid ne comprend pas, Madrid gronde. 'Mulillero', aux tablas, regarde, gueule en l'air, tête de nœud farouchement conne, le mufle baveux et fumant.

                                                                Entre eux, trente mètres.

Tonnerre madrilène. Ça s'agite, ça s'interroge, ça veut comprendre. Je rentre le cul, jambe gauche avancée, main à la taille, talons sous terre, et pansa de la muleta bien visible, évidente, là. La bouche en cul de poule et le regard du guerrier qui t'en promet, Fandiño appelle et « toque ». La foule doute. Impossible, 'Mulillero' ne viendra pas… il n'a rien dans les couilles… si loin… il ne peut pas venir…c'est impossible. Re-« toque ». La patte gauche frémit… Rien. Puis la droite, sans doute une mouche… soubresaut, croupe courbée, pattes arrières enfoncées dans le sable… Impensable. Devinez quoi ? La lourde machine Albasserrada se met en branle et s'élance. Stupeur. Madrid n'avait pas vu… C'était pourtant tout à fait impossible… Je le jure, à partir de là, la corne droite d'or et de platine de 'Mulillero' planait sur Ventas chaque fois qu'elle s'enveloppait dans le leurre de Fandiño, seul et unique à avoir vu quand le reste du monde fermait les yeux et s'excusait de l'avoir fait. Par la seule volonté d'un homme, ce toro passait par le périf', remontait la Castellana jusqu'à Alcalá, visitait trois fois les chambres royales du Palacio et s'enquillait un tinto de verano à La Latina avant de reprendre una tripa à Atocha, et finir sa course dans les plis de la muleta du torero qui s'amusait et emmerdait superbement le monde de son bonheur magistral. Définitivement, Fandiño tenait 'Mulillero' par les burnes et quand Rosco et ses frères, revenant à eux après l'avoir trop longtemps ovationné, lui rappelaient qu'ici on ne quitte pas les lieux sans un passage à gauche, il leur offrait un large sourire « émail diamant » qui voulait dire « branleurs ! », et rassasiait finalement le peuple de ce qu'il lui réclamait connement pour le prix d'un billet en temps de crise : la série de la gauche qui fit tressaillir tous les rêves. Patatras, merde, et dix fois merde : l'alchimie avait donc fini d'opérer, par ce trop plein de pragmatisme du plus célèbre tendido du monde qui ne saura donc jamais s'évader onctueusement le temps d'un songe cotonneux. Tant pis et, au fond, tant mieux. La quille de champagne s'était vidée de son jus, et les quelques tentatives al recibir qui suivirent avalaient définitivement nos espoirs. 'Mulillero' avait tout donné du peu qu'il possédait, en fait. Adieu souffle, adieu pattes et adieu rate. Vous n'existiez déjà pas, et l'on vous a inventés. Les pouvoirs de Fandiño avaient suffisamment fait merveille sur cette carne boitillante transformée en brave combattant juste par sa seule volonté d'en faire ce que bon lui semblait, et cela était déjà tellement ! Minuit sonné, il redevint citrouille et Iván Fandiño, roi de Biscaye, demeurait seul prince en Madrid, sans peur ni reproche, ni autre contrainte que d'irradier le monde de son bonheur d'être là, torero et libre.

06 juin 2012

25 000 imbéciles


Vous ne trouverez pas de bafouille acide concernant la vie de « Comeuñas » sur ce site. Mauvaise foi ? Peut-être, mais on s'en fout, parce que tout nous inspire l'afición rêche et solide dans cette bourgade de Huelva : les gens, la terre, les toros et la maniere dont tout cela s'agite naturellement pour, nous le croyons fermement, le plus grand bonheur de l'aficionado. 
N'allez pas croire pour autant que nous avons été dupes toutes ces longues années où Fernando et ses bestiaux partageaient un ciel bas et lourd comme un édito de Zemmour sur des horizons brumeux et inquiétants comme un édito de Zemmour. C'est la vie des toros, le bache, comme on dit. Et chez Cuadri, il dura.
Mais, malgré cela, on persistait à arroser le pienso à coups d'afición, et l'on en versait aussi quelques gouttes dans chaque abreuvoir, car Fernando croyait, et José Escobar aussi. Voilà pourquoi l'Afición doit se réjouir de voir le toro de Cuadri flamber comme il le fait ces jours-ci.
Un tonton lourd, puissant, fort et ras du front comme une bavaroise, exigeant comme un nouveau riche, spectaculaire comme un 14-Juillet, un ténor du patac, un orphèvre du coup de tronche, un genre d'Inspecteur Harry qui, pour un coup de pétoire envoyé vous en rendra cent. Les imagineriez-vous plutôt façon Comtesse de Sévigné, vous ? À partir de là, il va de soi que les toreros chics ne pensent pas aux toros de Trigueros dans leurs rêves de gloire...

Ainsi donc, vendredi, jour de poisson, le wagon pesait et ça rayait le plafond, car, de tout temps à jamais, un Cuadri fin et poli c'est comme un oranger sur le sol irlandais...
Pour autant, c'est vrai qu'il n'y eut ni de 'Aviador' ni de frangin du genre de celui qui descendit à la station Ventas. C'est ma manière à moi d'abonder dans le sens de ceux qui auraient vu la course comme on assiste à un Paris-Roubaix depuis Chiberta, mais ça s'arrête là car il fallait être sacrément endormi pour ne pas avoir craint, le cul serré sur les tendidos de Madrid, cette fijeza qui jaillissait du moindre regard de conquistadors de ces bestiaux fous dingues. De la rage plein l'entre deux cornes, prête à tempêter au moindre vol de poussière. Un toque et badaboum ! 300 000 megatonnes de fureur qui déboulent plein fer sur votre cloison nasale. Des courses tête au ras du sable, oui, plein ! Des retours de tigre du Bengale, autant que tu en voulais ! Du pet et des pums, comme dans la Somme ! Voyez le pauvre Castaño qui regardait passer la mouche...
Assurément, on en connut de plus braves, de plus nobles, de plus souriants, de plus éduqués, ou simplement de meilleurs... Pardi ! Mais de plus fiers d'être toros, de plus orgueilleux d'être guerriers racés, soldats insatiables et rugueux, des plus soucieux de laisser brûler dans les yeux et la chair de l'adversaire le diabolique blason de leur clan, je ne crois pas.
Sans aucun doute, ce furent bien les toros de Don Fernando et Don José que l'on vît semer le trouble Plaza de Toros de Las Ventas del Espíritu Santo, vendredi, jour de poisson. Voilà pourquoi 25 000 imbéciles ignorants sortirent de là avec l'envie de faire péter les montagnes à coups de tromblon, pendant que les autres regrettaient que l'on ne puisse pas tourner joliment en rond avec tous les toros.


>>> Retrouvez une galerie de la course de Cuadri sous la rubrique « Ruedos » du site.

03 juin 2012

En peu de mots #11


© Juan 'Manon' Pelegrín
Le colosse

« J'ai perdu contre le colosse
Pas assez de masse, pas assez d'os
Tout contre lui j'ai plié
Et je t'ai perdu en sus
Acculé que j'étais sous la marmule1
Sous son poids, sous sa masse
Sous le sirocco de son râle
[…]
J'ai perdu contre le colosse
Pas d'armes, pas d'armée
Pas de quoi étouffer sa démence
Pas de gouttes ni de danses
Suppliant que j'étais sur les rotules
Sur la fin, dans l'impasse
Sous le sirocco de son râle
[…] »

1 Le costaud.

Paroles de Bertrand Belin.

>>> Chanson « Le Colosse » in Bertrand Belin, Hypernuit, Cinq 7/Wagram Music, 2011.

18 mai 2012

En peu de mots #09


© César Palacios
Vainqueur par K.-O.

Ce mardi de San Isidro, je pose mon barda et salue l'ami qui avance la jambe devant la planche à repasser. À l'écran, Las Ventas sous le soleil et Curro Díaz qui secoue la tête pour chasser de ses oreilles les derniers échos de la bronca que vient d'essuyer Julio Aparicio. Un sartenazo plus tard, l'ami lâche le fer et m'enjoint de poser le derrière sur le canapé-lit — à Parmentier, le Franprix ferme à pas d'heure. 
Costaud castaño d'El Ventorrillo, 'Cervato' fait suer Eduardo Gallo à la cape et briller le Vénézuélien José Ney Zambrano le temps de deux piques ; lesquelles en appelaient au moins une troisième qui jamais ne vint : le voilà le vrai « scandale », M. Lorca ! Car, rendez-vous compte, 'Cervato', taureau de combat de son état, veut combattre. Il donne des coups lors de la faena. Bref, il se bat, mais les gens n'aiment plus ça.

06 mai 2012

Las Rutas del Toro en Madrid


Nos compañeros du site et blog Por las Rutas del Toro, avec lesquels nous partageons le goût de la photographie et du campo bravo, sont au cœur de l'actualité. Ils exposeront certaines de leurs œuvres durant la prochaine San Isidro de Madrid du 14 au 27 mai 2012 aux arènes de Las Ventas.

De plus, ils viennent de présenter le nouveau design de leur site et de leur blog que vous pouvez retrouver aux adresses suivantes :
¡Enhorabuena Arse y Azpi!

04 avril 2012

« Alma herida »


Du 10 mai au 10 juin 2012, Madrid, Plaza de toros de Las Ventas. C'est notre copine Joséphine qui expose… Affaire à suivre, of course.


29 mars 2012

À vendre…


Pour cause d’indisponibilité, deux abonnements « San Isidro 2012 - Tendido 7 - Fila 16 » (du jeudi 10 au jeudi 31 mai inclus).

Les personnes intéressées peuvent nous contacter à l’adresse suivante ; nous ferons suivre.

>>> Du coup, nous profitons de l’occasion pour vous rediriger vers les carteles de la Feria de San Isidro 2012.

14 mars 2012

Taurodelta m'a « tuer »…


Mariano Cifuentes n’y va pas par quatre chemins.
C’est Taurodelta (Choperita, Matilla & Simon Casas donc) qui vient de mettre à mort une bonne moitié de ce qu’il reste de l’encaste Coquilla. Mariano l'explique sur son blog
En résumé, jusqu’à il y a peu, celui-ci vendait chaque année 42 jeunes toros pour les classes pratiques de l’École taurine de Madrid. Cela lui permettait de maintenir l'élevage. Pas de s’enrichir, non, mais de maintenir. 
Cette année, rien. Taurodelta a changé. Cette année, avec la nouvelle Taurodelta, personne n’a daigné répondre, décrocher ou rappeler Mariano Cifuentes. 
Pour l’avoir visité il n'y a pas encore un an, nous pouvons témoigner que Mariano ne faisait pas ceci pour l’argent mais par afición. Par pure afición, mais il faut bien équilibrer les comptes et sans ventes pas d’équilibre. 
Alors ces 25 añojos oubliés lui auront été fatals.
C’est tout. C'est aussi simple que cela. Terminé. Fini.
Merci Taurodelta, merci Choperita, merci Matilla, merci Casas. 
Au moins nous avons des noms ! Mais qui en doutait ? 
Il y a de quoi grincer des dents, sévèrement. 

Mariano Cifuentes, lui, remercie, nous remercie, remercie la blogosphère et l’Afición impuissante qui furent son seul soutien ces derniers jours : « Messieurs les organisateurs du monde taurin en général, "Los coquillas de Cifuentes" ont, durant quatre jours, fait vaciller la blogosphère taurine mais aucun d’entre vous, même par courtoisie, n’a daigné appeler pour m’offrir une aide quelconque. Pas davantage ceux du G10 non plus, trop occupés avec leurs problèmes de droits de télé, mais qui auraient indubitablement pu s’associer aux désirs des aficionados. Seuls vous, aficionados, m’avez appuyé, de toutes vos forces et même parfois en me proposant des solutions économiques (pour ceux qui en ont les moyens) afin que "Los coquillas de Cifuentes" ne disparaissent pas. Mais je vous le dis du fond du cœur, je l’ai longuement médité et, bien que très ému ces jours-ci par tous vos messages, commentaires, courriers et appels, j’en reviens toujours au même point : si je les élève mais que je ne les vends pas, je coule. J’en arrive à la conclusion que si nous avons survécu ces huit dernières années nous le devons à Don Felipe Díaz Murillo qui nous a appuyés avec les moyens dont il disposait pour que nous puissions vendre nos camadas de mâles et qu’il nous évite l’irrémédiable. Mais je vous apporte une bonne nouvelle, pas celle que vous attendez évidemment : depuis hier lundi, je suis en contact avec le Centro Etnográfico y Bibliográfico Virtual del Toro de Lidia pour récupérer la semence des reproducteurs et des embryons de vaches, et, ainsi, "Los coquillas de Cifuentes" seront conservés et, qui sait !, dans quelques années peut-être le Santa Colama reviendra à la mode. »

29 novembre 2011

« Bouh, quelle bande d'enfoirés… »


Randy Marsh craque © http://www.southparkstudios.com/ 

Bon ben je crois qu'on peut commencer à pleurer


Je vous traduis rapidement un post de notre ami Manon.

« Et pourquoi faisons-nous tout ça ? Pour l'Afición, pour l'Afición, pour l'Afición » déclare sans rire Simon Casas.
NDLR 1 Eh bien je ne le crois pas l'ombre d'une seconde. On dirait bien qu'il répète « l'Afición » comme pour se convaincre. Une sorte de méthode Coué pour nous convaincre nous. Ça ne marche pas, désolé. Mais on continue d'en rire.

Ensuite, il a dit qu'il faudra tenir compte de l'aficionado. De l'aficionado, oui, mais pas des idiots… Il a également évoqué la prise d'otage des arènes par quelques-uns et d'autres choses dans le genre…
NDLR 2 Ça commence vraiment très très mal.

Manon s'interroge alors sur les critères qui différencient l'aficionado du tonto, de l'idiot. Par exemple, si je veux voir sortir des courses de Saltillo à Madrid : suis-je idiot ou aficionado ? Et si je veux voir lors de la San Isidro des Cuadri combattus par El Juli, Manzanares et Fandiño : suis-je idiot ou aficionado ? Etc., etc.
NDLR 3 Je ne sais pas, vous, mais j'ai l'impression que nous avons fini de rire. Ça n'aura pas duré longtemps. C'est quand même dingue, il n'est pas encore désigné directeur qu'il commence par insulter les aficionados. C'est dingue.

NDLR suite et fin La photo de Manon est évidemment tirée du Blog (de fotos) de Manon.

Dépêchons-nous d'en rire, avant d'avoir à en pleurer


Sur Mundomachin ce jour : « Simón Casas, en su turno, ha reconocido que "humanamente entre José Antonio y yo nunca hubo conflictos personales sino conflictos de negocios. Hemos trabajado mucho juntos. Me siento compenetrado con él por su capacidad de hacer frente a las problemáticas. Hemos unido fuerzas, experiencias y profesionalidad frente a una situación difícil, una crisis sectorial". » (De son côté Simon Casas a reconnu que « humainement, entre José Antonio et moi, il n’y a jamais eu de conflits personnels sinon des conflits d’affaires. Nous avons beaucoup travaillé ensemble. Je me sens compénétré par lui par sa capacité à faire face aux problématiques. Nous avons unis nos forces et expériences, notre professionnalisme, face à une situation difficile, une crise sectorielle ».)

Rappel pas inutile : José Antonio Martínez Uranga déclarait le 1er avril 2009 : « Yo con S. Casas no me hablo, y creo que no me voy a hablar nunca en la vida. » (Moi, je ne parle pas avec Simon Casas, et je pense que je ne lui parlerai jamais de toute ma vie.)

NDLR La photo est une capture d'écran de Mundomachin. On les sent bien tous très compénétrés. 
Et dire que c'est « ça » qui prétend sauver le monde…