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08 janvier 2013

Souvenir, « Alma herida »


Vous connaissez le concept de slow food ? Voici celui de slow photo. La slow photo, c’est prendre une photo avec un appareil argentique pour faire le malin et feindre la démarche, attendre de faire quelque chose d’autre de sa vie pour finir la péloche, envoyer les films à Aurélien, récupérer les films, les scanner, les ranger dans des dossiers et se dire « merde, les photos de Céret ! » le 15 septembre… L’avantage, et c’est bien le seul, est que cela permet d’approvisionner des stocks d’inédits dans lesquels puiser quand les frimas ont chassé les toros et que l’on n’a plus que des rumeurs de mundillo pour passer la journée. En hiver, à moins d’être solidement armé côté moral, il arrive que la vie se décline autour d’une page de blog continuellement rafraîchie sans constater le moindre changement. Et là, c’est triste. Mais grâce au stock de slow photo constitué avec patience, voilà, lecteur, que nul n’est plus besoin de passer au porno gratuit à haut débit pour que s’écoule la soirée. Campos y Ruedos y Punk y Motörhead est là pour te tenir cette main qui déjà s’agite… Bref, il est temps, quand on n’a rien à dire, de piocher dans les bons souvenirs comme tout vulgaire médium en panne d’inspiration !

À Madrid, en mai 2012, au-delà des cites de trente mètres de Fandiño lors de la course d’Adolfo, de l’âpreté de celle d’Escolar et du sérieux de celle de Cuadri, nous eûmes le loisir d’admirer l’expo « Alma herida » de notre amie Joséphine dans le couloir des arènes. Pour dire la vérité, le concept ne m’a pas sauté aux yeux, et il a fallu que Paco le développe un peu pour moi dans ce magnifique post d’août dernier. Mais, parmi les photos, la force de celle de Ferrera (qu’on ne me soupçonnera pas d’adorer pourtant) m’a donné à elle seule l’envie d’aller revoir ce gars. Une force invraisemblable se dégage de la photo elle-même, comparable à la formidable humanité du regard ! Il n’y a bien sûr pas qu’elle (Joselito, Alberto Aguilar, Perera…), mais, ce soir, c’est celle-là. 

Et allez surtout relire le post de François !

23 août 2011

Autorovia (V)


J’ai voulu profiter d’un coucher de soleil en Andalousie. Le genre d’envie que l’on peut lire dans les revues publicitaires d’agences de voyages où le bleu devient indécent et vulgaire, où il ne manque que la petite famille bien habillée de blanc autour d’un bol de chocolat au lait pour compléter le tableau idéal de vacances de rêve au bord d’une mer de bout du monde. Les photos ne montrent jamais les autres, les touristes comme vous mais que vous exécrez. Elles ne montrent pas plus les immeubles sordides de banlieue, succession de barres d’où la vie s’extrait ou pénètre, à chacun de choisir,  de paraboles géantes, les poubelles qui débordent au soleil et que fouillent des femmes dépenaillées à l’aide d’une pique grossière, à la vue de tous mais elles s’en moquent. J’avais envie d’un coucher de soleil en Andalousie et je l’ai vu tirer sa révérence sur un parking en feu de Dos Hermanas, calé au pied d’un toboggan que dévalait Loulou. Le ciel est devenu laiteux, un vent léger a glissé sur les toits des voitures encore très nombreuses et j’ai regardé ces gens, des femmes pour la plupart, rejoindre leurs pénates en se félicitant ou des achats effectués dans les outlet de leurs rêves ou de la chaleur qui était devenue supportable à mesure que le soleil n’était plus qu’un mince filet rose à l’horizon de l’autovía qui filait vers Séville. J’ai eu envie de m’en griller une mais était-ce le lieu ? Une aire de jeux pour enfants ? J’ai décidé que oui parce que je n’avais pas envie de décider que non. En allumant la cigarette, une Chesterfield parce que le distributeur de tabac du bar La Sonanta de Triana n’avait pas de Marlboro light auxquelles j’ai coutume d’être fidèle sans raison clairement définie pour autant, j’ai pris conscience que les touristes me foutaient les glandes, comme ça, sans accusé de réception ni préavis. Le touriste a une capacité inégalée pour se faire repérer partout où il passe. En Andalousie par exemple, le touriste se débrouille le plus souvent pour avoir les yeux bleus et la tignasse blonde ce qui est, et j’étais d’accord avec moi-même sur ce point, une note de singularisation à la limite de la provocation dans ce sud où il est de bon ton de ne pas marcher en Havaianas. En regardant Loulou aller et venir sur son toboggan, je me suis interrogé sur cette propension que nous avons tous à détester les autres qui nous entourent. C’est vrai, en soi rien ne me pousse à mépriser de tout mon mégot jauni que j’écraserai dans dix secondes ces gentils Européens venus chercher ici soleil et dépaysement. Je devrais m’en remuer la tong droite et me dire que depuis quelques années d’ailleurs ces gens-là sont mes concitoyens, c’est écrit dans les livres d’Education civique. Je dois avoir un rapport douloureux à la citoyenneté. Ça doit être ça car le touriste m’exaspère avec son appareil Nikon en bandoulière, matraquant de clic et de clac le bougainvillier mauve de Santa Cruz, shootant un cheval déprimé devant la cathédrale de Séville, s’étouffant de bonheur à la vue des étals de fruits et légumes du marché San Jorge de Triana. N’ont-ils donc jamais vu de près une tomate ? Une prune ? Un ananas ? Le touriste est donc insupportable parce qu’il est là où je suis. Le touriste est un ogre d’espace vital, il serait même capable de me taxer une clope. Loulou remonte sur son toboggan pour la dix millième fois et me laisse pantois devant cette persévérance qu’ont les enfants à répéter à l’infini leurs moments de bonheur simple. Je me demande si les enfants de touristes se comportent de même mais j’en doute, je le sais. J’ai remarqué que les autochtones n’étaient pas toujours très sympathiques avec les touristes. Je ne parle pas d’une agressivité franche et sans fard, non, mais plutôt d’une sorte de morgue naturelle — serait-ce inhérent à Séville ? — destinée à démontrer que l’on est autochtone et d’ici. Le regard est fier, la démarche assurée, il n’y a pas de sac à dos encombrant pour ralentir le pas ou arrondir le dos, les odieux enfants bruns et gueulards sont chez la abuela et n’entament donc en rien la suffisance de papa qui cite le passant entatané à chaque coin de rue. Bref, l’autochtone est aussi détestable que le touriste à la fin.
Sur le chemin de la fin de journée, femme et filles récupérées et commentant avec force aigus la chaleur maintenant agréable et les extraordinaires trésors de la production textile internationale que recelait ce centre commercial, je me laissais aller à cette idée qu’il y avait deux catégories d’êtres humains : les touristes et les autres. Autant dire que j’ai rapidement pris conscience que la seconde catégorie était la plus nombreuse en ce bas monde, et dans des proportions scandaleusement inégales, et je ne sais pas si cela m’a rassuré étant donné que s’ils n’étaient pas des touristes, ils devenaient par voie de conséquence des autochtones hautains, parfois gominés, parfois voleurs, parfois crevant la dalle, parfois faussement souriants, souvent trop nombreux.

J’ai doublé un camping-car Fiat Ducato d’une longueur de 6,99 m et d’un poids de 3,5 tonnes modèle 2011 immatriculé en Suisse et qui s’évertuait  à rouler en-dessous de la vitesse autorisée. Je n’ai pas pu retenir mon courroux et l’ai copieusement harassé de mots peu amènes mais que je considérais comme fort à propos. Ma femme a tourné la tête vers moi et j’ai lu dans ses yeux qu’elle ne partageait pas mon point de vue sur la Confédération helvétique moderne. Son regard s'est mué en un radieux mélange de réprobation choquée et du bonheur d’une fin d’après-midi particulièrement réussie. Elle venait de faire l’acquisition de fripes soldées, indispensable à sa garde-robe et flottaient donc dans ses yeux les restes de ce moment extatique. Je n’ai eu qu’une fraction de seconde pour me faire cette réflexion que le bonheur des femmes ne tenait qu’à un fil, de coton ou de soie.
— T’es chiant de hurler comme ça. Je te signale que tu es aussi un touriste ici !
Sur le coup, ça m’a cloué, je dois l’avouer. Mais j’ai réagi plus vite qu’un retour de Saltillo encasté.
— Non ma loutre d’amour, je ne suis pas un touriste comme eux. Eux viennent pour consommer, pour bouffer du pittoresque, des castagnettes et des couilles de toro en sauce même si ça les écœure. Moi, je fume des clopes pour être solidaire des Indignés, je n’essaye pas de sourire à tous les indigènes, je n’essaye pas non plus de leur causer deux mots d’espingouin, je reste dans l’appart' avec la climatisation et je regarde juste le ciel bleu qu’on n'a pas chez nous ! Et toc, me dis-je.
— Et tu te trimballes pas peut-être avec un Nikon en bandoulière, deux même parfois ? Et tu ne portes pas des tongs peut-être ? Et les prunes que tu as achetées ce matin en rentrant de chez Miura, elles n’étaient pas "quand même beaucoup plus savoureuses que chez nous" ?
Je déteste ça. Je me suis tu jusqu’à Triana. Le tourisme m’a écoeuré toute la soirée. A la télé, ils ont diffusé en boucle des reportages dans lesquels des touristes bavaient tout le bien qu’ils pensaient de leur vacances et de leurs hôtes. Ils ont même interviewé des Suisses. Des Suisses !
Je n’ai saisi le sens profond de la remarque de ma loutre d’amour que quelques jours plus tard à Madrid. Ce soir-là, à Séville, croquant mes Lays sans entrain, ce qui est rare chez moi, je ne savais pas encore. J’avais prévu d’aller assister à la novillada d’Alcurrucén à Las Ventas le dimanche suivant. Novillada d’août à Madrid, peu de monde, places pas chères et cacahuètes grillées.

Ils étaient tous là ! C’était fait exprès. A la taquilla : des moines, des Japonais par convoi, des Anglaises rosies, des Birmans avec un peu de chance. Sur les gradins : cris et hurlements à l’entame du paseo, applaudissements à tout rompre à la sortie du premier novillo, les Japonais étaient particulièrement en verve, sortie anticipée pour deux Danoises à la mort du second. A un moment, un indigène du tendido 7 a claqué des mains pour demander le cambio d'un utrero et tous, tous, ont repris en chœur, même les moines, j’ai regardé. On aurait pu faire indulter toute la course avec un minimum de volonté. Ils étaient tous là. Le tourisme et les JMJ me revenaient en pleine gueule. J’ai décidé de ne pas voir au début. Je me suis concentré sur la course et sur Loulou qui contemplait les "nules" et les picadors. Il était à Las Ventas, c’était sa première course. J’étais ému mais je ne l’ai pas montré. Il avait trouvé le bout du chemin des toros quelques jours auparavant, demain matin en réalité, chez Prieto de la Cal. J’ai regardé Loulou admirer les novillos et les "nules", les touristes et les locaux n’existaient plus.
En quittant les arènes, la nuit allait être lourde une fois de plus, ils sont revenus à moi dans les escaliers. J’ai senti que ma femme n’avait pas tort au fond, je portais des tongs comme eux et un Nikon se balançait sur ma panse adepte des chips Lays. Un jour un pote dans ma jeunesse m’avait dit que nous étions tous le "con" d'un autre. Je dois bien être le touriste de quelqu’un.
Demain matin, Loulou aura achevé la très très longue route des toros. En fait, elle ne fait que commencer pour lui. Les Prieto de la Cal l'attendent.

>>> Retrouvez une galerie consacrée à la novillada d'Alcurrucén lidiée à Madrid le dimanche 14 août 2011 sur le site www.camposyruedos.com, rubrique RUEDOS.

07 mars 2011

Il revient bientôt


En février, il n'était pas là où on l'attend — Vistalegre, vous connaissez, vous ? Bientôt, il sera de nouveau fidèle au poste, discret, à déambuler, observer, viser, déclencher, puis grimacer — fichue lumière ! Bientôt, il sera de nouveau bloqué dans son burladero, toujours aussi mal placé, pour immortaliser une suerte de vara que l'écrasante majorité des bêtes choisies pour Las Ventas par l'empresa Taurodelta snobe superbement.
Vous permettez maintenant que je vous donne à lire le petit texte que j'avais consacré à Juan Pelegrín dans Campos y Ruedos 01 ? Oui ? Pour vous remercier, le voici agrémenté de quelques liens.

Juan Pelegrín et Manon, princes de Madrid
Un dimanche d’octobre en milieu d'après-midi, cet homme d’âge mûr étrangement mélancolique et à la mise irréprochable qui attend accoudé à un mur l’heure de la dernière course de la temporada, c’est Manon qui l’a vu. Un dimanche de juillet dans le callejón venteño, cette cheville égarée — tatouée d’un lézard rebelle et ourlée d'un morceau de tissu strictement impeccable — que prolonge non sans étrangeté un pied chaussé d’un classique mocassin en cuir, c’est Juan Pelegrín qui l’a repérée. Un dimanche de mai à l’heure du journal télévisé du soir, Morenito de Aranda de face et le menton dans le jabot qui dessine tout en puissance et grâce torera une naturelle à un Santa Coloma retors, c’est Manon qui l’a figé. Un dimanche d’août dans l’indifférence générale, Iván García, de dos, les mains accrochées à la barrière et la montera vissée sur une tête qui semble crouler sous la grandeur des lieux et la haute responsabilité de devoir s’y jouer la vie, c’est Juan Pelegrín qui l’a cueilli. Lors de la San Isidro, à quelques minutes du paseíllo, ce charmant minois d’aficionada barré d’une monture futuriste — au travers de laquelle on distingue nettement Las Ventas pleine à craquer — scrutant le sable que Morante ne va pas tarder à fouler, c’est Manon qui vous l’offre et aucun autre de ses confrères n’aurait eu cette délicate attention.
Un jour — peut-être à Madrid —, quelqu’un a dit : « N'est pas photographe celui qui prend des photos — aujourd'hui, tout le monde en prend —, mais celui pour qui faire des photographies et voir le monde ou une partie de celui-ci au travers d'un appareil photo est un trait constitutif de sa personnalité. » Hé bien ! l'auteur de ces propos ne peut pas être un mauvais gars, et c’est fort volontiers que je prendrais quelques verres et tapas avec. De Cruzcampo en hierba et de fino en Mahou, le sol jonché de papiers gras, je finirai par prendre mon courage à deux mains et par lui demander de m’autoriser à le suivre partout dans cet œil du cyclone de la tauromachie mondiale qu’est Las Ventas. Saoul, il accepterait, mais, pas devenu fou pour autant, il se saisirait du rebond en l’accompagnant d’une extravagante condition : que je me fasse le plus petit possible en... Et voilà que je deviendrai mouche sous le soleil de Madrid ; que je serai reine dans le ciel madrilène. A moi l’intimité des toros partagée dans les corrals, à moi le patio de caballos et les secrets des cuadrillas, à moi le crottin exquis butiné dans les écuries, à moi les huiles du callejón que j’embêterai frénétiquement avec délice, à moi le fabuleux terrain de jeu des tendidos. A moi, rien qu’à moi.

Juan Pelegrín Corbacho, alias 'Manon', vit et travaille à Madrid. Initiateur du site Internet des arènes de Las Ventas, il en assure, entre autres, l’intégralité de la couverture photographique. Photographe-voyageur et aficionado, il voue une passion inconditionnelle au club de basket Estudiantes.

Juan 'Manon' Pelegrín sur Internet
Site de Las Ventas : http://www.las-ventas.com/.
Site personnel : http://www.juanpelegrin.es/.

>>> Juan Pelegrín (photographies) et Luis Francisco Esplá (textes), Un día en Las Ventas, Bellaterra, 2010.

Images © Juan Pelegrín
Le mayoral de Juan Luis Fraile, le 12 octobre 2010 à Las Ventas — pas de figuras à l'affiche, tendidos clairsemés Pancho Jasen, l'ailier argentin de l'Estudiantes : un sacré lidiador.

11 janvier 2011

Ce labyrinthe est un théâtre


À boire, à voir et à manger ! Par terre. On y mangerait. Dans ces mangeoires et ces abreuvoirs. On passerait des étés entiers collés à la fraîcheur des murs. C'est un théâtre, à l'espagnole, avec de grands fils comme pour les marionnettes, propre et beau comme un laboratoire ou un appartement témoin. Et les toros y boivent et mangent tout leur soûl et font des voltes-faces parfois. Le couloir est large et les égards dus à leur rang. On se plaît à deviner qu'ici, un beau negro zaíno au port de tête royal, esquisse un demi-tour au claquement de la porte qu'actionne cette poignée. On imagine tressaillir yeux et oreilles, la queue et le porte-manteau. Ordre et beauté sans nul doute, luxe indéniable, calme précaire. Volupté recalée. Un mensonge merveilleux pour qui se lasse d'arpenter le campo depuis sa tendre enfance : des couloirs et des refuges, des ors charpentiers, des velours de chaux et des lambris en forme de carreaux. Un théâtre avec tenailles et poulies, chiqueros et oubliettes. Un théâtre, d'ombres et de résonances, à la Piranèse. Une prison imaginaire profondément tangible, un paradoxal labyrinthe en ligne droite où tout vous pousse vers la sortie. Et des recoins, inaccessibles aux poignards avisés où se cachent des employés en costume, architectes et tacticiens, manipulateurs avisés. Orfèvres de robustes fluides à cornes et poils. Tressaillants. Aiguilleurs de paires d'aiguilles. Des complots de serruriers s'ourdissent en sourdine et grincements. Des chefs de gare de triage rugissent : "Départ immédiat pour le soleil de fin d'après-midi !" Là-bas : froid et électrique. Au-dessus de la porte. Soleil à l'Occident, couchant. Dernier leurre, éblouissant, encore cru, presque déjà saignant. Occident morbide. Ce labyrinthe est un théâtre, ce théâtre une farce et cette farce une métaphore de bas-étage. Le Negro Zaíno qui, dans le couloir se tourne vers son Orient, ne pourra qu'y contempler des souvenirs.

>>> Les Prisons imaginaires, ou Carceri, de Piranèse sont à redécouvrir par là.

Photographie © Joséphine Douet pour Campos y Ruedos

21 décembre 2010

Ventas, final de trayecto


Au départ il n’y avait rien, la campagne, la vague banlieue paysanne d’une capitale rurale.
Ensuite ils ont construit une arène monumentale pour un torero colossal qui n’y a jamais mis les pieds.
Ça a commencé comme ça.
Après il y a eu le métro, la ville, la modernité. Pendant des lustres, la ligne 2. Línea dos.
Depuis Sol, Sevilla ou Opera, jusqu’à Ventas, final de trayecto.
Pendant tout ce temps sont passés notamment Chopera, contesté, Lozano, que l’on croyait détester. Et puis la ligne 2 ne fut plus un terminal avec une vague correspondance pour la ligne 5 que nous n’avons jamais prise. La ligne 2 est allée plus loin, presque au même moment où ont débarqué les Choperita. Et nous avons compris que ça pouvait aller vraiment plus loin, et surtout bien plus bas. La fin du trajet n’était qu’une illusion. Le pire est toujours à craindre, peut-être à venir. Le pire pour demain ce pourrait être un "artiste-producteur", même si l’on a du mal à croire que l’on pourrait regretter les Choperita. Je regrette le final de trayecto.

14 avril 2010

Un día en Las Ventas


Manon, l'ami Manon, Juan Pelegrín Corbacho dans la vraie vie, sans le claironner, sans vraiment l'annoncer, vient bien d'annoncer la sortie de son premier livre.
Il est ainsi Juan, l'air de rien, l'air de ne pas vraiment y toucher. Tu parles...
Un día en Las Ventas.
Souvenirs. Déjà des souvenirs. Notre Camposyruedos juste né, pas encore digéré, nous voici invités à contempler les premiers clichés de la naissance de cette journée venteña.
Pour l'avoir également vécu, elles sont évidemment très émouvantes ces photos de l'imprimerie. Les premières épreuves, le calage des couleurs, le bruit des rotatives, les cahiers qui s'impriment, presque à la vitesse de la lumière.
Il est émouvant de voir ainsi naître un livre, surtout lorsqu'il s'agit de son bébé...
Lorsqu'on y songe, des choses presque irréelles, un peu folles ou improbables, mais bien concrètes au bout du compte.
Sur le livre de Juan nous vous en dirons plus, lorsque nous en saurons plus.
Pour l'heure et pour ceux qui ne pipent pas un mot d'espagnol : ce sera un livre de photos, mais avec un peu de texte, signé par rien de plus, rien de moins que Luis Francisco Esplá.
L'éditeur : Bellaterra, le même que celui d'une certaine Joséphine Douet...
Sortie prévue : début mai. Ça tombe bien nous serons dans le coin !

27 novembre 2009

Sans titre



sous les étoiles

un rond

de sable



quelques hommes

l’air frais

de l’automne



deux raies de chaux

une paire

de cornes



derrière __— le 7 —

sentir l’haleine

de mort



la devise

ne pas perdre de vue

la tête



oublier la peur

pas la bête

la peur



Image © François Bruschet