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20 avril 2013

Campos y molosses


À Philippe,


On trouve de tout au campo. Des erales fadas qui zigzaguent au-dessus de crânes sans mémoire, des grenouilles rouges, des vieilles en déco devant une télé et des enclos sans herbe. 

Y’a de tout.

Mais, souvent, y’a des clébards. Y’a des chats, aussi, et quand y’a des chats, y’a pas de clébards. Quand y’a des clébards, y’a plus de chats. Quand on arrive sur le chemin, on regarde si les chats sont là. On ne regarde pas les toros. On regarde les chats, ou leur absence. On zieute voir s’ils ont déguerpi ou s’ils s’abandonnent sur une pierre en fièvre, au coin, un peu dans l’ombre. Ça indique si les clébards sont là. S’ils sont attachés. Au campo, la plupart des clébards ressemblent à des molosses ; grands, rayés, l’œil jaune et la dent affûtée, ils hurlent, hurlent et hurlent, deviennent rouge et noir, et tu restes dans la voiture. T’attends la nuit.

Souvent, c’est le mâtin. Pas le lever du jour ! Le chien, le mâtin ! Avec un accent et une gueule à fabriquer de la bave au litre et des affolements de vierge à qui l’on susurre le prénom Rocco.

C’est le genre, le mâtin. Le mâtin, tu ne descends pas de la voiture, tu patientes, tu ne le regardes pas, le mâtin. Le mâtin, il grogne quand tu prends l’apéro. T’as piqué son fauteuil. Tu ne voulais pas, mais son maître a insisté ; toi, tu ne voulais vraiment pas. La nuit a beau tomber, le mâtin c’est pas ton truc.

Bizarrement, chez Miura, les cabots sont minuscules. Ils aboient, mais pas trop. Le soleil de « Zahariche » leur fait fermer la gueule. Assez vite. Ils te suivent partout, après ; gentils, confiants mais sales. Ils reniflent n’importe quoi : des oreilles séchées, des vers blancs dans des bouts de cornes coupées, du sang sur le mur. Y’a de tout au campo.

Chez d’autres, ils font chier les toros. C’est à voir, y’a pas à dire. Vas-y que je te gnacotte le jarret, viens voir ici mon gros tas si tu me chopes, t’vas voir ta gueule à la récré, grande fiotte. Des trucs comme ça ils font ces clébards. On pourrait se dire, en allant loin, mais on s’en moque d’aller trop loin, qu’ils sont un peu toreros. À côté de Madrid, y’en a un il s’appelle Curro. Ils ont dû faire exprès, y’a pas d’autre explication. Chez Tulio, c’était Bruto ; ça posait le canin tout de suite.

Des fois, y’a des poules aussi. C’est normal, c’est un peu des fermes au campo. Mais les poules c’est trop con, ça vaut même pas le coup d’en parler. Les coqs c’est pire — on gâche du vin pour eux !

Des fois, aussi, y’a des toros au campo. Des fois, y’en a plus, mais les chiens aboient toujours et font calter les chats. Y’a de tout au campo.

19 mars 2013

Liquidado


La pluie des jours précédents a offert au campo l’occasion de souffler un peu, mais c’est tout. La métaphore liquide aurait plutôt tendance à lui promettre de sombres heures tant le mot « liquidado » fait son chemin, implacable de brutalité en ces prémices de printemps, comme eût pu le faire une épidémie.

Longtemps la complainte campera se bornait à dire l’incompréhension des exigences sanitaires nationales ou européennes (saneamientos à répétition, crotales, vaccinations…), à révéler l’absurdité de décisions en totale incohérence avec les exigences d’élevage d’un taureau de combat.

Aujourd’hui que les bottes sont bien enfoncées dans la fange boueuse, le temps n’est plus aux pleurs. On sacrifie, on élimine, on « matadère ». On ne fait même plus les comptes ; ils sont mauvais.

Les machos sont vendus à deux ans maximum, quand on arrive à les vendre à quelque ayuntamiento qui s’aventure encore à organiser des spectacles taurins dits mineurs — en Espagne, les subventions municipales accordées aux toros fondent comme neige au soleil. Les lots de toros, según nos han dicho, peuvent se négocier autour de six mille euros ! quand dix-huit mille seraient nécessaires pour rentrer dans les frais d’élevage — sans gagner quoi que ce soit, cela va de soi. Dans cet underground ganadero, celui des petites ganaderías, personne n’en veut aux grosses usines d’Andalousie ou de Castille. On ne joue pas dans la même catégorie. Pour autant, on leur prédit bien du plaisir pour les années à venir, à eux et aux empresas d’arènes d’importance. À force de réduire le nombre de vaches, il faudra du talent pour vendre des lots homogènes et complets dans les plazas qui l’exigent. Les aficionados pourront gueuler et sortir banderoles et liste noire, pour eux aussi l’heure ne sera plus aux pleurs et au chagrin. À cette date, les petits élevages seront morts parce que pour eux tout est pire : le sacrifice de vaches signifie l’annonce d’une mort à court terme, et la réduction obligatoire des tientas et de l’impérieuse sélection — réduire les camadas de machos — sous-entend ne plus « lidier », et donc disparaître, baisser les prix… C’est déjà fait, mais tous savent bien que la solution n’est pas là. Certains même, bien implantés dans les affaires d’apoderamiento et d’organisation de corridas, en viendraient à penser qu’il ne serait pas vain de réduire les honoraires de membres des cuadrillas qui, selon eux, gagnent trop : des picadors payés cinq cents euros la journée dans un pueblo, au regard de ce qu’ils font face aux toros, mériteraient qu’on ferme le robinet. Pan sur la castoreño !

Chez Flores Albarrán, les vaches sont couvertes par des mansos ; chez Eugenio Frías, on conserve les vaches — superbes ! —, mais voir des mâles est devenu mission impossible ; chez Javier Gallego, la camada de Veragua sort dans les rues du Levante et l’affaire cérétane de l’afeitado de ‘Colibrí’ — totalement nié par le ganadero dépité — n’a pas arrangé la situation, obligeant à la pose de fundas — que le ganadero déteste sincèrement — sur les toros de saca. Dans la zone de Villamanrique (Ciudad Real), il n’est plus besoin de téléphoner aux petites ganaderías : « Liquidado. » Les vieux fers périclitent, et avec eux certains vieux sangs qui, de toute façon, n’intéressaient pas les organisateurs, parce que ces élevages n’avaient pas de « garantie », de « référence » ou le trapío exigé çà et là — certains élevages d’origine Santa Coloma de la zone de Tolède seraient trop petits, paraît-il, pour une arène du Sud-Ouest ; vieille antienne bien connue et qui, au final, fait doucement sourire quand on constate le niveau général des ganaderías qui, elles, ont montré pattes blanches et lourdes couilles.

Le panorama ainsi dressé fait froid dans le dos, mais il est réel. La crise qui touche l’Espagne est en train de mettre une énorme gifle à la corrida et à sa matière première, le toro. Les annonces de l’hiver sur une inversion des tendances dans l’organisation des corridas, qui iraient vers plus de torista, dissimulent une réalité bien plus complexe : la tendance vers le torista — que ce mot est stupide, à la fin — ne va se réaliser qu’autour d’une dizaine de ganaderías — en comptant large —, faisant encore plus oublier l’existence de dizaines d’autres, moins renommées, moins connues, moins grandes et à qui il ne reste que quelques années, voire quelques mois, à vivre. Cela a toujours existé, mais les choses s’accélèrent aujourd’hui parce que le monde taurin est resté figé dans un immobilisme crasse et dans un manque de curiosité abyssal.

Les vieux sangs, les encastes minoritaires, n’ont pas à être sauvés parce qu’ils sont vieux ou minoritaires mais parce qu’ils sont LA diversité, qu’elle soit physique ou comportementale. Aujourd’hui, malheureusement, l’immense majorité de notre Aficíon s’en tamponne et accepte le standard — pourquoi pas, après tout — des plus toristas, ceux-là cons comme des délégués cégétistes un jour de manif sous la pluie, aux plus sensibles et érectiles quand José Tomás marche dans la rue en se grattant le nez.

¡Vaya mierda!

19 janvier 2010

Trois ganaderos contre les "fundas"

"Las fundas surgen como solución a un problema, que no era otro que el que los toros se ponían astigordos porque había una escasez de superficie y un exceso de concentrado en la dieta. Hubo una ganadería en concreto que tenía ese problema, que todos sabemos cúal es, y así lo soluciona. Está claro que las ganaderías que ponen fundas pueden alimentar a los animales de una forma más artificial, por decirlo de alguna manera, y los toros pueden pesar más, tener más tamaño. Allá cada cual."

Victorino Martín García

"Es una manera diferente de criar al toro bravo, el ganadero lo tiene en la cabeza, una manera de ver la Fiesta, el toro bravo... El toro es un animal salvaje, no de granja. Es como si crías un tigre y le pones un aparato en la boca para que no se cargue a los otros tigres en el zoológico, es la misma cuestión. Me parece realmente raro que hagan estas cosas..."

"Es una manipulación al toro, a nosotros nos gusta que se críe como nace. Cualquier manipulación no nos gusta. Partimos de la base de que no nos gusta tocar al toro, aunque cuando no hay más remedio porque hay que vacunar, por una cornada o por cuestión sanitaria, hay que tocarlo. Pero lo demás no nos gusta. Es malo para la imagen del toro."

Tomás Prieto de la Cal

"El toro tiene que usar sus cuernos como arma, como defensa o ataque, a partir del momento en el que le pones unas fundas, pierden su objeto."

João Folque de Mendoça


Via le blog Espai Tauri. Pour la traduction en français, s'adresser au patron.

Photographie Toro de José Escolar Gil © Camposyruedos

16 juin 2009

Tentadero chez Hermanos Rubio Martínez

A la lecture du titre du présent post, vous avez certainement pensé très fort : "Mais bon sang, qu'est-ce qu'ils sont allés fabriquer là-bas ?!" Et si j'ajoute que celui qui officiait trastos en main, sous la direction du torero honoraire devenu éleveur, n'était autre qu'Antonio Ferrera, votre étonnement n'en sera sans doute que plus grand.

La ganadería "Hermanos Rubio Martínez", dirigée par Antonio Rubio "Macandro", fut formée au tout début des années 1990 avec des bêtes Tornay Maldonado ; en 1993, les frères acquièrent auprès de Joaquín Barral un lot de vaches portant les fers de Manuel González et González Sánchez-Dalp, ajoutant des reproducteurs d'origine Martín Berrocal. Bref, rien de très excitant, et pour tout avouer nous n'avons même pas fait le tour des enclos, un regard circulaire sans quitter le bord de la route ayant suffi à satisfaire une curiosité mesurée.

Non, nous ne sommes pas soudainement tombés amoureux de l'encaste Domecq, à l'encontre de laquelle nous n'avons toutefois aucun a priori négatif, il n'est sans doute pas inutile de le souligner de temps à autre. C'est seulement que ce jour-là il y a avait tentadero, et que ma foi un tentadero c'est rarement ennuyeux. Et c'était d'autant moins ennuyeux que ce jour-là, notre cher Tendido69 himself, en chair et en os (surtout en chair, au bout de quelques jours de goinfrerie sévillane), mèche au vent et lèvres en avant, devait quitter le charme douillet et protecteur du burladero pour se lancer à l'assaut de l'une des vaches soumises au test. Oui, Tendido69 !

Pour le photographe, la difficulté majeure de ce genre d'exercice, c'est de parvenir à étouffer ses éclats de rire afin de réussir à déclencher en gardant le sujet dans le cadre mouvant du viseur. C'est pas facile, croyez-en mon expérience ; essayez de prendre une photographie avec les épaules prises de soubresauts, et vous le constaterez par vous-mêmes.

Et c'est là que ô surprise ! ô stupéfaction !, notre cher chroniqueur se met à nous tirer des passes sur les deux cornes, courant la main, pecho gonflé et en mettant la jambe. Si, si ! L'assistance, y compris l'éleveur lui-même, en fut interloquée, la surprise le disputant au ravissement ; ce dernier alla même jusqu'à proposer à notre práctico de s'essayer face au novillo prévu par la suite (refus poli, pour des raisons qu'il conviendra de découvrir).

D'aucuns pourront chipoter en prétendant que le jeans et la mèche, ça fait pas trop torero. Certes, certes... Mais avouez qu'entre ladite tenue, que nous qualifierons pudiquement de civile, et l'affreux traje de luces de Ferrera, dont même un maletilla des sixties n'aurait pas voulu, ça se discute.

Bref, venons en au fait ; c'est donc officiel : il y a désormais dans les rangs de Camposyruedos un torero. Un vrai de vrai. Un qui risque sa vie au fil des cornes, qui en découd avec les bêtes et tout et tout. Ça pourrait nous faire une belle jambe. Sauf que c'est très important, figurez-vous, pour un site taurin, de compter parmi ses collaborateurs fidèles un torero. En effet, comme on nous le répète à satiété, c'est même la condition indispensable pour jouir de la légitimité nécessaire pour parler de toros.

Eh bien maintenant, c'est fait. Voilà. Nous pourrons donc ouvrir notre gueule quand bon nous semblera. Sous réserve bien sûr de s'en être préalablement entretenu avec notre caution technique, notre éminence ès bébêtes à cornes.

Vous trouverez la galerie consacrée aux faits d'armes de Tendido69, et accessoirement à ceux d'Antonio Ferrera, dans la rubrique CAMPOS du site.

Encore bravo, Fred. Va por ti.

02 avril 2009

Au campo


Installés dans le véhicule prévu ce jour pour la visite des toros dans leur habitat naturel, le campo, vous n’allez pas tarder à pénétrer dans le territoire des toros de saca. Au loin, vous apercevez indistinctement des taches claires et/ou des taches sombres et même, parfois, des taches claires et sombres. Avec dextérité le ganadero, le mayoral ou le vacher descend ouvrir le portail — ce peut être aussi l’un d’entre vous mais c’est plus long ! Comme par enchantement les taches d’il y a deux minutes portent désormais des pattes et des cornes ; certaines bougent puis s’éloignent fuyant l’intrusion du bruyant véhicule ; d’autres restent imperturbables voire s’approchent — scénario peu fréquent. Que le véhicule soit bruyant importe guère ; les bêtes le connaissent comme personne et d’aucunes se sont déjà chargées de rappeler à leur propriétaire d’en changer — voir les stigmates laissés par elles sur les portières ou sur les ailes. En revanche, il serait souhaitable que ledit véhicule ne fusse ni trop bas (genre 207, brouette...) ni trop haut (style remorque de tracteur, nacelle de montgolfière...) pour espérer pouvoir apprécier à peu près « justement » la stature des toros, entre autres... Et là, il faut bien reconnaître que le 4x4, honni dans nos villes mais chéri dans les champs, constitue un presque parfait compromis quand il n’accuse point trop le poids des ans — le charme désuet d’un vieux Land Rover a quelque chose d’irremplaçable. Si tel est le cas, alors vous vous retrouvez vite confrontés à une série de petits désagréments — vitres latérales généralement fort sales qui ni ne coulissent ni ne se baissent, portes arrières impossibles à bloquer quand vous réussissez enfin à les ouvrir, plafond exagérément bas (ouille ! ma tête), et cetera — avec lesquels vous finissez malgré tout par composer puisque... vous avez quelques instants auparavant refusé poliment le cheval que le mayoral se proposait de vous seller !!!

Bref, trêve de palabres et voici la suite des Notas sobre el tamaño del toro de José María Cruz Ruiz1 (toutes les parenthèses sont miennes & merci à ‘JotaC’ pour son aide) : « Il est très difficile de préparer une course homogène dont les exemplaires se ressemblent, le toro au campo ne pouvant être mesuré mais apprécié selon un certain nombre de critères, points de vue et attitudes.
LE POIL Les toros noirs paraissent plus petits, leur silhouette faisant obstacle à la lumière du soleil. En revanche, ceux aux pelages clairs paraissent plus grands qu’ils ne sont, en raison du fait que leur couleur « épouse » la lumière du soleil.
LA CORPULENCE Les toros corpulents semblent plus grands que les autres car, inconsciemment, les personnes qui les regardent confondent la corpulence avec la taille.
LA TÊTE Ce facteur, le plus trompeur, est celui auquel on prête le plus d’intérêt et celui auquel on attache le plus d’importance. Quand un toro inspire le respect, il donne l’impression d’être plus fait, plus accompli (cuajado dans le texte), d’être plus toro et, en définitive, d’être plus grand. Le respect qu’inspire un toro émane de trois facteurs : la forme de la tête, son expression et l’encornure.
Ceux qui en imposent le plus sont ceux qui ont une tête courte et large, de forme triangulaire et busquée, avec le museau renvoyé vers l’intérieur (toro au profil convexe, bombé), tandis que ceux qui ont une tête longue et étroite inspirent moins le respect. L’expression est rendue par le regard qui peut être agressif, doux, paisible. Quand le regard est sérieux, le toro paraît plus âgé.
L’encornure a une importance exceptionnelle et il n’y a pas meilleure parure pour le toro qu’une bonne tête. Même si le toro est très joli, il suffit que l’encornure soit laide pour abîmer l’ensemble et l’enlaidir complètement. Les toros très ouverts de cornes, ainsi que les gachos (cornes orientées vers le bas) et les bizcos (cornes dissymétriques) en imposent moins. Les cornes ressortent davantage chez les toros fins ou très fins, et plus ils sont fins plus les cornes en imposent. En revanche, l’effet contraire est obtenu chez les toros corpulents comme, bien entendu, chez les cornicortos.
L’ALLURE GÉNÉRALE (las hechuras dans le texte) Elle est rattachée à la corpulence et à la taille, tout autant qu’à la conformation musculaire et à la présence de graisse. On appréciera davantage des toros aleonados, au train avant fortement développé et au tronc incliné du haut (cou) vers le bas (croûpe), bien qu’ils puissent être almendrados ou « culipollos » (en forme d’amande ou de « cul-de-poule »).
LA LONGUEUR DES EXTRÉMITÉS C’est une caractéristique très intéressante pour définir la taille d’un toro. En effet, il convient de bien observer ce dernier afin de déterminer s’il est petit parce qu’il l’est effectivement ou parce qu’il semble être plus petit au garrot. Voyez les murubes2 et les santacolomas dont le type et la finesse correspondent à ceux des toros de taille moyenne tirant vers le petit (terciados dans le texte) ou qui sont franchement petits ; ce qui en soi n’a rien d’étonnant puisque c’est le signe d’une épuration3 de l’espèce.
LE TEMPÉRAMENT Il peut aussi influer — généralement en confondant — dans l’appréciation de la taille. Différent est le toro qui s’excite, s’étire, lève la tête ou se cache de celui qui reste tranquille, va lentement, est impassible voire timide ; le premier paraîtra toujours plus toro que le second.
Tout ce qui vient d’être énoncé se réfère au toro au campo et il faut préciser que l’éleveur a aussi ses trucs afin que ses toros paraissent plus volumineux, comme celui de les placer à un endroit en hauteur, dégagé, sans herbes hautes, sans aucun objet qui puisse servir de point de référence. Les éleveurs préfèrent également, entre autres choses, montrer les toros quand il viennent de manger, de boire ou quand le soleil les illumine en plein. »
José María Cruz Ruiz est vétérinaire, socio de La Cabaña Brava et membre fondateur de l’ANVET (Asociación Nacional de Veterinarios de Espectáculos Taurinos).

1 José María Cruz Ruiz, « Notas sobre el tamaño del toro », El Aficionado n° 26, La Cabaña Brava, Octobre 2007, pp. 13-14. Retrouvez Dans les corrals des extraits de la 1ère partie de son texte. Si j’ai, il est vrai, légèrement égratigné La Cabaña Brava dans un de mes posts précédents, c’est peu dire que j’apprécie son travail effectué via ses site & fanzine.
2 Citer Murube en exemple à ce moment précis de l'exposé a de quoi surprendre...
3 « Action de dépurer, rendre plus pur. » Le Petit Robert. Précision fort bien venue lorsque l’on constate, in situ, la relative « petitesse » des sementales. À moins que, l’âge aidant, ils aient tendance à se tasser !...

Images Automne 2008, un Pérez Escudero dans son campo près de Ciudad Rodrigo © Camposyruedos ● Au campo, 6 patas blancas de Barcial immortalisés pour l’éternité par Pedro Luis Martín © 6 TOROS 6. Un régal pour les yeux, un plaisir intellectuel rare, l’argument définitif pour dire sa passion, une sorte de Graal pour aficionado, quoi. Un lot quasi « mythique » sorti à Céret en 2000 (Fernández Meca, Porras & Gómez Escorial).

08 janvier 2009

Et pour la permanente ?


Ça paraît mieux (moins pire) que les fundas mais y font comment pour la permanente ?

Photographie extraite du blog de Josemi.

04 janvier 2009

Campo


Quelle merveilleuse saison que l'hiver pour se plonger dans les délices du campo. Partir, le cache-nez remonté et l'appareil photo en bandoulière, à la recherche d'élevages inconnus, perdus au milieu des paysages éternels de la vieille Castille.

Cela a toujours été ainsi pour moi ; le printemps réservé aux grandes étendues proches de la Marisma, ces terres à taureaux de l'Andalousie riante, et les arides montagnes castillanes en hiver, lorsque le climat rude s'accorde si bien à ses horizons désolés.

En attendant de partager quelques-uns de ces moments avec vous, une photographie en noir et blanc, ce que je fais assez peu s'agissant du campo. Mais mon humeur et la saison s'y prêtent. Celle ou celui qui découvrira où ce cliché a été pris gagne un tirage (en cliquant sur la photo, on peut la voir en plus grand).

13 novembre 2008

Carte postale : "Eh ! Toro !"


La Alberca, lundi 10 Novembre 2008.

Salut les amis. Je vous joins cet instantané depuis le fin fond de la Peña de Francia (Salamanque). Ici, l’Espagne est restée traditionnelle, rues de pierre et maisons de bric et de broc. Malgré l’aspect touristique du bled, hors saison il garde toute sa rusticité. Les charges se montent à la brouette sur des kilomètres pentus. La roue est donc arrivée jusqu’ici ! Mais pas le moteur semble-t-il. A proximité vivent quelques toros, ceux des élevages de Adelaida Rodríguez ou des divers fers de Matilla mais le pueblo n’a rien de taurin. Ici, le truc c’est plutôt le cochon. Une statue de pierre lui est même dédiée. Et quoi de plus naturel que de voir gambader sur la place du village un pata negra. Autour, quelques gamins courent, tendent un drap ou un mouchoir et s’écrient : « Eh ! Toro ! Toro ! Eh ! ».
Point de discours, seulement quelques lettres qui claquent naturellement. Le toro fait partie de l’Espagne. Il est l’Espagne. Qui en douterait ?

Je tenais à vous offrir ce petit rayon de soleil. Abrazos amigos.

Thomas

24 octobre 2008

CampoBravo


Deux nouveaux blogs donc et un nouveau site internet à peine entraperçu dans les liens des arènes de Las Ventas.

Son thème est le toro, plus particulièrement au campo. Autant vous dire que ça a l'air intéressant et illustré de nombreuses photographies.

Bonne visite.

C'est par là : http://www.campobravo.es/.

10 octobre 2008

Le becerro "mamón "

Voici un terme peu connu et que l'on rencontre assez peu fréquemment dans les dictionnaires taurins : le becerro "mamón".

Le mot désigne l'añojo (c'est-à-dire dans sa première année de vie) qui tète encore sa mère pour se nourir. L'animal cesse d'être désigné ainsi une fois effectué le "destete".

Ce dernier terme désigne lui-même l'opération par laquelle les añojos sont séparés de leur mère (à l'âge de huit à dix mois) afin qu'ils cessent de têter et commencent à se nourir seuls. Cette manoeuvre, l'un des temps forts des faenas de campo, est évidemment très difficile et longue à effectuer.

Le vocable "mamón" ne date pourtant pas d'hier, puisque "Tegui" l'utilisait déjà en 1898 dans la revue Sol y Sombra :

"... había revueltos toros o chotos mamones..."

L'hiver pointe le bout de son nez. Au revoir, ruedos, et bonjour campos !

26 septembre 2008

Et si nous parlions toro ?


Le très sérieux et actif Centro de Investigación del Toro de Lidia – CITL (Centre d’Investigation du Taureau de Combat) a récemment rendu public le lancement, prochainement, d’un projet intitulé « Caracterización genética y morfológica de encastes de la raza de lidia en situación de riesgo en Castilla y León » (identification génétique et morphologique d’encastes de la race de combat en situation de risque en Castilla y León), qui sera mené par une équipe dirigée par Marta Hernández Pérez.
De façon générale, l’objectif poursuivi est d’identifier les encastes en risque d’extinction dans la communauté de Castilla y León, dans le but d’établir un programme de préservation de ces origines que l’on peut malheureusement qualifier d’espèces en voie de disparition, alors qu’elles constituent la base de la diversité du taureau de combat. En effet, il est bon de se rappeler qu’il existe parfois, génétiquement parlant, plus de différences entre deux élevages qu’entre une ganadería de braves et un troupeau de… moruchos.

A ce titre, les scientifiques impliqués auront pour mission :
- d’abord, d’identifier les individus qui se rapprochent le plus des prototypes respectifs de la caste Jijona et Morucha-Castellana (nous leur souhaitons bien du courage !), et des encastes Gamero Cívico, Vega-Villar, Santa Coloma et Saltillo (il y a là davantage de facilités), au sein des élevages qui conservent des animaux issus de ces origines encore aujourd’hui ;
- ensuite, de caractériser et de diffuser la valeur culturelle et historique de ces encastes, et
- enfin, de créer et de gérer une base de données.
L’étude sera menée pendant la période de janvier 2009 à décembre 2011.

Nous serions tenté d’ajouter, au-delà de la valeur culturelle et historique de ces encastes, leur valeur tauromachique, en ce sens que de nombreux élevages inconnus dans les produits desquels coule encore un peu de ces sangs prestigieux sont de nature à apporter l’originalité, la diversité et l’émotion qui font si souvent défaut dans nos arènes. Mais cela, ce n’est pas au CITL qu’il appartient de le cultiver ; c’est aux organisateurs de le faire, et aux aficionados de s’en réjouir.
Le CITL, quant à lui, réalise des études, des essais et des travaux d’investigation relatifs à divers sujets regardant l’élevage de taureaux de combat (alimentation, reproduction, aspects sanitaires, génétique, etc.). Il organise également des journées de formation, souvent en partenariat avec les universités de Madrid, León, Salamanca et Cáceres.
Pour ceux que cela intéresse et qui ne connaîtraient pas encore, il existe un fabuleux instrument très utile à notre passion, mis à notre disposition par le CITL : le “Centro Etnográfico y Bibliográfico Virtual del Toro de Lidia” (Centre Ethnographique et Bibliographique virtuel du Taureau de Combat). Vous y trouverez une mine d’informations passionnantes à cette adresse : http://www.cetnotorolidia.es/.

A notre bien modeste niveau, nous nous efforçons de faire découvrir quelques-unes de ces ganaderías, dans l’espoir un peu fol de les voir un jour fouler le sable de nos arènes. Si les débats sur la supposée opposition torista-torerista vous laisse froid comme les plaines de Castille au mois de février, vous pouvez toujours vous replonger dans Terre de toros et dans la section « Campos » de notre site. En attendant les prochaines nouveautés...

Hors sujet Aimer et apprécier avant tout le toro n'empêche pas d'aimer (ou pas) la tauromachie de José Tomás, et encore moins de nous faire l'écho d'opinions et de sensibilités différentes. Les semaines à venir donneront à ceux de nos lecteurs qui nous reprochent nos dérives d'échanger sur des sujets plus proches de ce qui, dans leur esprit, fait la spécificité de Campos y Ruedos. Espérons que cela sera davantage le cas que dans le passé...

03 septembre 2008

Portfolio


Un portfolio. Ça fait chic d'annoncer un portfolio. Ça fait classe, surtout lorsqu'on a rien à dire. Et ça évite de devoir se répandre inutilement. Aujourd'hui, Camposyruedos vous propose donc un portfolio sur le marquage des veaux dans l'élevage des héritiers de Christophe Yonnet. Un de plus me direz-vous. Oui, un de plus, mais je l'aime vraiment bien celui-là. Alors je vous le soumets.
Je n'ai pas grand-chose à vous en dire d'ailleurs de cette série de photographies, si ce n'est qu'il est assez inhabituel de marquer les veaux à la fin de l'été. Hubert était là, également, un peu surpris lui aussi par la période choisie. Charlotte m'explique qu'ils sont déjà très forts, et qu'ils ont décidé de les marquer maintenant pour éviter des complications ensuite.
Et c'est vrai que c'est d'une puissance rare un veau. Il faut les voir, lorsqu'ils se jettent de toutes leurs forces dans le cajón, en faisant trembler les armatures de métal, déplaçant presque la cage. Ils tentent désespérément de s'enfuir par cette ouverture bien trop petite mais finissent inévitablement par se retrouver coincés dans les bras du gardian. Ce ne sont que des veaux, mais sauvages et déjà si puissants. Le portfolio se trouve évidemment dans la rubrique CAMPOS du site.

16 avril 2008

"Chinillas"


Il n'y a aucun doute, la photographie couleur a qualitativement énormément gagné avec l’apparition du numérique. J'en ai discuté récemment avec Milo, un des professeurs de l'Ecole nationale supérieure de photographie. Une rencontre arlésienne, un matin de féria, au tambourin, juste avant que tout commence, un café et une noisette. J’aime ces instants matinaux qui n’appartiennent pas à tout le monde. Les choses semblent plus simples, plus sereines. Nous sommes restés une bonne heure à discuter photographie et corrida.
Pour le noir et blanc nous sommes tous d’accord, c’est un peu la misère. Mais Milo, forcément très à la pointe, est confiant et prédit, pour très bientôt, des progrès extrêmement spectaculaires. Il n’y a évidemment aucune raison de ne pas le croire, même si j’ai du mal à imaginer qu’un fichier numérique puisse nous offrir la profondeur, l’épaisseur et la richesse d’un négatif noir et blanc…
Depuis le numérique, qui a bouleversé les habitudes et même la vie des photographes, les choses ne sont plus comme avant. Ce que nous avons gagné d’un côté, nous l’avons perdu de l’autre. J’ai bien tenté de convertir en noir des fichiers de campo mais rien à faire. Ça ne le fait pas. C’est plat, artificiel. Il y a un coté agressif, brûlé. Peut-être ma maîtrise de Toshop est insuffisante, mais cela n’explique pas tout. Quel photographe se risque aujourd’hui à envisager le campo en noir ? Plus aucun sans doute. C’est dommage car le noir et blanc au campo autorise des images graphiques que la couleur ignore.
Ce novillo portait le fer de l’élevage de La Laguna, propriété de la famille Mayoral. Nous nous trouvions à Talavera de la Reina, dans la finca "Chinillas". La veille, à Madrid, Pepín Liria s’était envoyé, dans les tablas du 5, et sous nos yeux, un sobrero manso et monstrueusement armé de Diego Garrido. Pendant que je faisais ce cliché, les employés de la finca s’occupaient d’enfermer deux vaches pour un tentadero. Quelques minutes plus tard, nous allions découvrir et voir toréer un gamin de douze ans, encore totalement inconnu : El Juli.

"ay en madrid murio Granero
en sevilla Varelito
y en talavera de la reina
mato un toro a Joselito
el menor de la Gabriela"

... Merci ludo :-)

15 avril 2008

La surprise...


Evidemment nous rencontrons de petits soucis techniques avec le site depuis quelques jours, évidemment nous sommes en train de régler tout cela, évidemment vous pourrez retrouver sous peu un paquetazo de galeries de ruedos (Sevilla por supuesto) et de campo (Andalousie et Campo Charro). D'ailleurs, pour vous faire patienter et rêver, sachez que les "globe-t(o)rotters" de Campos y Ruedos ont déniché l'ultime élevage veragüeño du Campo Charro. La photographie présente un exemplaire "plein" de cette ganadería. Nous attendons vos propositions pour découvrir le nom de cet élevage. Le gagnant aura droit à la bise de notre éminent fondateur... Ecrivez-nous nombreux !

13 mars 2008

Pour nos amis les aficionados-chasseurs

Photographie Lièvre chez un éleveur castillan dont la ganadería a beaucoup fait parler d'elle dans le Sud-Ouest en 2007, et dont nous présenterons une galerie très prochainement © Campos y Ruedos

22 février 2008

6 Dolly 6


Le quotidien espagnol El País nous informe que dans quelques semaines débutera au Texas le processus de clonage du taureau 'Alcalde', reproducteur de l’élevage de Victoriano del Río, âgé de seize ans et ayant donné naissance à de nombreux produits très appréciés des figures de la tauromachie contemporaine. C’est d’ailleurs l’un des rejetons du vénérable semental qui a permis à Julián López Escobar 'El Juli' d’ouvrir pour la première fois de sa carrière la si convoitée Grande porte de Las Ventas, à Madrid.
La société Viagen, pionnière et leader dans le secteur, a déclaré être en discussions avec deux autres éleveurs de taureaux de combat, ainsi qu’avec deux élevages portugais de chevaux de rejón.
D’après Ricardo del Río, fils de Victoriano del Río, « 'Alcalde' est un cas unique, un exemplaire qui n’a pas de prix et que personne ne pourrait acheter pour tout l’or du monde ». Né en 1992, accusant 600 kilos sur la balance, il subit l’épreuve de la tienta dans la finca "El Palomar" à l’âge de deux ans. Et Ricardo del Río d’ajouter : « Etant donné qu’il avait de la caste, nous avons décidé de l’essayer comme semental, et il fut incroyable. »
Selon José Córdoba, dirigeant de Viagen pour l’Amérique latine et l’Espagne, il s’agit de préserver et de multiplier le nombre d’animaux exceptionnels, porteurs de gènes hors normes. Le but est d’utiliser les animaux ainsi clonés comme reproducteurs.
Si tout se passe comme les instigateurs du projet le souhaitent, dans un peu plus d’un an, un taureau portant le même patrimoine génétique que le père pourra voir le jour.
L’objectif du ganadero est de se voir ainsi en possession de deux ou trois clones, de les soumettre à la tienta, et de conserver le meilleur d’entre eux pour le destiner au rôle de semental ; le schéma ne peut pas en effet être reproduit à l’infini, pour des raisons évidentes de consanguinité. Mais il se pourrait aussi que d’autres clones soient conservés pour être combattus et mis à mort dans l’arène. 6 Clones 6. Ça laisse tout de même un peu dubitatif.
Quoi que l’on puisse penser de cette dérive ou, c’est selon, de ce progrès, le projet est en marche. Et il se pourrait qu’il arrive à son terme plus tôt qu’on ne le croit, la société Viagen ayant déjà bien avancé le processus de clonage de 'Zalamero', taureau élevé au Mexique et gracié en 1994.

Photographie Semental de Victoriano del Río © Laurent Larrieu/Campos y Ruedos

06 février 2008

Campo ! (II)


Malgré l'agaçante constatation de la généralisation des fundas, jusque et y compris au sein des élevages que nous chérissons, les pérégrinations camperas constituent encore la meilleure source de régénérescence de notre afición.

Comme Laurent l'annonçait dans son message ci-dessous, nous tenterons bientôt de vous faire partager nos joies et nos peines, nos coups de coeur et nos coups de gueule ; bref, nos sentiments et nos émotions.

En attendant, et pour rebondir sur le commentaire d'un lecteur, deux clichés sous la pluie de Castille : El Fundi et une magnifique cabeza... protégée. Les deux photographies ont été prises au même endroit.

La suite, très bientôt.

05 février 2008

¡Campo!


Une partie de la joyeuse équipe de Camposyruedos rentre d'un séjour au campo. Bientôt les premières images, les premières impressions, les émotions, les coups de gueule et l'agaçante généralisation de l'utilisation de fundas sur les cornes des toros... Bientôt...

01 février 2008

Herradero chez Yonnet


Solysombra a déjà évoqué cet herradero il y a de cela quelques jours ; vous pouvez désormais retrouver l'intégralité de ses clichés pris chez les Yonnet en janvier 2008 sur le site.

C'est par là : Camposyruedos.

Bonne visite.