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08 juin 2013

17 novembre 2012

Combinaison gagnante


Ça n'avait pas commencé très fort en ce tant attendu samedi de septembre. En fin de soirée, les mines étaient longues et grises comme le ciel qui avait accompagné la journée. Les toros ont gâché la fête, et boudé l'anniversaire : 50 piges. Un demi-siècle à lâcher des toros dans les rues. C'est pas rien, c'est d'ailleurs la peña la plus ancienne de Massamagrell. Imaginez un peu des toros galoper dans la rue cinquante ans en arrière. Imaginez-vous l'Espagne de 1962, Valence, Massamagrell, un village entouré d'orangers et de champs. En 2012, tout paraît si simple ; en 1962, c'était une aventure, un défi au pouvoir en place, un vrai risque que de lâcher un toro dans une rue.

La Peña taurina de Massamagrell fête donc ses 50 ans. Trente-deux peñistas qui ont à cœur de marquer le coup, pour l'honneur et pour la fierté, dans un village qui compte une bonne douzaine d'autres peñas taurines. Alors on met les petits plats dans les grands et on se saigne aux quatre veines une longue année durant afin que le traditionnel jour de la peña se transforme en deux grandes journées de toros.

Pour l'occasion, ils ont choisi huit toros : deux Juan Pedro Domecq, l'élevage emblématique de cette peña, deux Conde de Mayalde et quatre Baltasar Ibán. Pour que le toro soit le roi, et lui donner l'avantage, ils ont réparti quatorze camions de sable sur l'immense parcours — saveur du passé, quand les rues du village étaient probablement en terre battue.

Le samedi, à 17 heures, tout était prêt. Et puis, rien, le champagne s'était éventé. Si le juanpedro avait un problème de vue, si le condeso manquait de jus, si son frère était neuneu et si l'ibán s'est éteint trop vite, qu'importe, le résultat fut le même, et l'analyser ne fait que jeter un peu plus d'huile sur le feu. Ça râle, ça jase, ça chambre comme de coutume ; le malheur des uns faisant le bonheur des autres dans un village où la concurrence taurine est de bonne guerre.

Aux moqueries et aux piques, les trente-deux peñistas n'ont qu'une réponse : il reste un jour et quatre toros. Et lorsque, très tard dans la nuit ou très tôt le matin, ils sont allés chercher quelques heures de sommeil, je suis sûr qu'ils ont fermé les yeux en pensant à ‘Fariseo’, ‘Rabosillo’, ‘Perdulario’ et ‘Lastimoso’. 

Dimanche 30 septembre, le soleil est revenu et divise le Camí la Mar en un sol y sombra de circonstance. Sur les coups de midi, les balcons sont garnis et la rue respire l'ambiance des grands jours. Le juanpedro et l'ibán font honneur à cette rue légendaire et les sourires reviennent. Les peñistas soufflent, sourient et retrouvent un peu d'espoir. Il reste encore l'après-midi ; il faut bien que le cadeau arrive. Le bous al carrer c'est un ensemble de facteurs, de paramètres, qui, mis bout à bout, peuvent assurer la réussite de la journée ou son échec. Les données de ce week-end me font penser à une combinaison de loterie : 50-32-14-30-2-8. Il me manque encore le numéro complémentaire pour peut-être toucher le gros lot. 

Le numéro manquant, je l'aurai à 17 heures. ‘Lastimoso’, de Baltasar Ibán, est le cadeau d'anniversaire de la peña, et le numéro 18 qu'il porte sur son flanc gauche est le chiffre qui me manque pour que la combinaison soit gagnante. Lorsque le cajón s'ouvre et libère ‘Lastimoso’, la caste et la bravoure inondent la grande rue de Massamagrell. ‘Lastimoso’ sort comme un obus, répond à tous les cites avec fougue, se retourne et poursuit sa proie. Rapidement le tri se fait parmi les recortadores. La seconde ligne des piétons recule de quinze mètres, alors qu'une poignée d'intrépides s'aventure sur le terrain de ‘Lastimoso’. Pendant une grosse demi-heure, le toro offre le spectacle de la bravoure aux yeux de tous, puis on décide de le changer de terrain, de l'emmener dans les ruelles du village et sur la place de l'église afin de voir s'il est capable d'y déployer le même allant. Pendant près d'une heure, ‘Lastimoso’ sera de tous les combats, la bouche fermée, chargeant avec vérité et générosité. Un grand toro. Un véritable cadeau comme on a peu de fois l'occasion d'en profiter. La peña jubile, ‘Lastimoso’ a justifié tous les sacrifices d'une année et à lui seul garantit le succès de ce grand week-end.

50-32-14-30-2-8… 18 : c'était la combinaison gagnante de ce dimanche, et le gros lot est tombé dans l'escarcelle de la Peña taurina de Massamagrell. ¡Enhorabuena a todos!

22 juin 2010

Demain, l'été...


18h. José Ignacio Uceda Leal est vêtu sans or, violet rance et argent. La faute de mauvais goût traverse le ruedo portée par une nonchalance où se cherchent les genoux qui rendent fragile l'édifice, aussi fragile que le sera dans quelques minutes sa tauromachie.
18h18. José Ignacio Uceda Leal est décoiffé. Le boucher entame son oeuvre, le toro est saigné dans le patio.
18h23. Sort 'Peluquito'. Noir, légèrement bizco. L'extrémité de sa corne droite est blanche à l'extérieur, noire à l'intérieur. De la difficulté d'ôter les fundas ?
18h43. Javier Valverde a la gorge sèche. Les hurlements initiés par chaque mouvement de son bras (le droit le plus souvent) y sont pour quelque chose. Les toros ont les oreilles sales mais ils ne sont pas sourds.
18h45. Javier Valverde est réhydraté. Il se mouche.
18h46. Un cheval hennit dans le patio. Chez les chevaux, l'ennui pousse à hennir.
18h50. Chouette ! Mehdi vient de couper une oreille à... Istres ! Notre voisine vient de recevoir la bonne nouvelle sur son "mobil". Elle s'empresse de le hulluler à des amis quelques rangs plus haut. La mine béate, la voisine.
19h05. Julien Miletto est affûté. Son jeu de jambes ne trompe pas. Le toro d'Ibán n'arrive plus à le suivre dans ses redondos de secours. L'entraînement paye.
19h08. José Ignacio Uceda Leal souffle, recoiffé. Il doit tuer un autre toro.
19h25. José Ignacio Uceda Leal est décoiffé. Un ballon gonflable monte dans le ciel lourd au rythme des sons de la fête foraine. Javier Valverde grimace, certainement inquiet du devenir de ses cordes vocales.
19h30. 'Clavillero' ne saque pas les chevaux. Valverde ne saque pas le tercio de varas. Les peones ne saquent pas 'Clavillero'. Les chevaux ne saquent pas les batacazos. La boucle est bouclée mais au jeu du bluff, un cheval perd toujours le premier. Tapis, impair et passe ! 'Clavillero' l'a vraiment amère et relance fixement un second coup, tout seul, abandonné par une cuadrilla qui ne veut plus jouer.
19h32. Un nuage plus brun que les autres joue des coudes et fait sa place. En signe de dialogue, comme un geste diplomatique, le président, un Vicois, sort un mouchoir blanc. Peine perdue. Le nuage ne veut rien entendre mais le tiers est changé alors que Gallito ne demandait qu'à remiser, juste pour voir.
19h37. Pas de nouvelles de Mehdi. Portable muet.
19h40. Javier Valverde. Quoi ? Qu'est-ce que tu dis ? Parle plus fort !
19h50. Fort marri d'avoir échoué lors de sa première tentative de dissipation des tensions météorologiques, le président, un Vicois, ressort le mouchoir blanc. Changement de tiers. Deux tiers de banderilles.

19h55. Julien Miletto pète la forme. Il a envie, le montre et porte sur le public d'autant plus que le toro ('Santanero') a de la caste. Le jeu de jambes est parfaitement réglé, heureusement.
19h58. Après une troisième entrée a matar, le président, un Vicois, décidement tenace dans sa démarche de héraut du temps clément, fait tomber une dernière fois le mouchoir blanc. La pluie, elle, ne tombera pas, l'oreille, oui (?).
20h00. Sans nouvelles de Mehdi.

La météo s'annonce meilleure pour la semaine. Demain, l'été...

>>> Retrouvez une galerie de la corrida de Baltasar Ibán d'Aire-sur-l'Adour dans la rubrique RUEDOS, sur le site www.camposyruedos.com.

Photographies Arrastre et 'Clavillero' au cheval © Laurent Larrieu / Camposyruedos.com

23 juin 2009

Domingo's blues


Après la visite de la camada, ceux de Madrid ne lui plaisaient pas (trop tout), Domingo, comme guidé par une excitation à peine retenue, a bafouillé qu’il avait quelque chose à me montrer dans son bureau. Il y a deux heures, il avait mis quinze minutes a lâcher un premier mot mais désormais, il voulait causer et raconter ce quelque chose qu’il conservait, rempli d’affection, dans son bureau mal éclairé. Un bureau qui n’en était pas un. Un sanctuaire de gosse, donc un lieu très sérieux, que Domingo se refusait certainement à ouvrir trop souvent de peur que ne s’échappe à la lumière ce trésor et qu’il ne disparaisse à jamais. Car ce qu’il emprisonnait ainsi dans les ombres poussiéreuses de ce réduit d’enfant n’était autre qu’un toro de combat, marqué flanc gauche. Un toro qui s’appelait 'Bastonito'. Une nouvelle fois encore, je n’avais pas vu 'Bastonito'. Il me l’a présenté dans le calme ému de son phrasé si castillan. Il n’y avait que lui, contre nous, seulement lui qui risquait de s’enfuir si la porte restait ouverte. 'Bastonito'.
Domingo n’a pas changé. L’accompagnent toujours une timidité que n’altèrent pas les tapes sur l’épaule et ce pétillement mélancolique qui luit dans son regard. Tous veulent l’embrasser en cette fin (triomphaliste) de corrida aturine. Il sourit quand même parce qu’il faut être poli, parce que c’est comme ça. Il sourit gentiment, brinqueballé pourtant dans un défilé de mains grassement moites, d’espagnolades abjectes et de satisfaction lowcost. Il sourit, déjà loin de ces 6 toros aturins, tous bien présentés, en pointes (quoique hétérogènes de format), parfaitement au goût du temps, monopiqués (voire pour deux "monopicotazés"), certains faiblards, préservés pour des tercios de banderilles vulgaires (surtout Ferrera), assez mobiles et francs pour laisser s’accomplir des faenas à leur faire tomber les oreilles (une faena esthétique de Jiménez – le plus torero des trois et de loin – et deux faenas moins stylées, plus pompières et parfois à distance de Savalli). Il sourit, déjà rentré dans son réduit poussiéreux auquel le pétillement de ses yeux peine un peu plus chaque jour à donner de la vie.

Retrouvez une galerie de cette corrida d'Aire dans la rubrique
RUEDOS sur www.camposyruedos.com.

Photographie Domingo González, mayoral de Baltasar Ibán © Camposyruedos

NB Une anecdote pour achever et pour témoigner du respect que certains plumitifs portent à l’égard de l’aficionado lambda.
17h10 – Guichet des arènes d’Aire (billets réservés non payés et accréditations)
A peu près vingt personnes font calmement la queue pour récupérer places et accréditations. Pas d’impatience, il fait beau et bon. Soudain, alors que c’était le tour de la personne devant moi (un trentenaire en polo rouge), un grand bonhomme aux cheveux blancs, posté depuis quelques minutes hors de la file d’attente (à droite), passe devant tout le monde et s’adresse à la dame du guichet pour demander son accréditation.
Emotion retenue dans la file d’attente, agacement certain. Sincèrement courroucé par ces manières, j’interpelle ce monsieur en lui expliquant que derrière lui attend une vingtaine de personnes et que ces personnes (dont moi) ne sont peut-être pas très réjouies de se voir ainsi passer devant, sans un regard, sans un mot d’excuse ou de justification. En lui disant cela, je pensais en mon for intérieur qu’il se sentirait quand même un peu gêné de son comportement et du fait que quelqu’un lui en fasse la remarque. Que nenni mes amis, que nenni !
Se retournant à peine, postillonnant à outrance, ce monsieur me répond, plein de morgue et de mépris : « J’travaille moi, je filme ici. »
Décontenancé, je ne m’entends lui répondre qu’un bien faible et timide : « Et alors, cela justifie-t-il de passer devant tous ces gens ? »
Convaincu de sa supériorité, monsieur renchérit pour bien faire comprendre à toute la file qui il est.
- « J’travaille moi, je filme ici. Non ! Je ne fais pas la queue, moi ! »
Sur ce, muni de son passe pour le callejón, il quitte le guichet sous les quolibets discrets de cette vingtaine de personnes qui ne travaillent pas, elles, mais qui savent rester polies. Ce monsieur se nomme Colemont et a commis un truc sur Internet dont le titre est L’Echoducallejon. Je tiens donc ici à présenter mes sincères excuses à mes compères de Camposyruedos. Nous nous étions promis un jour de ne jamais citer ce bidule chez nous pour ne pas, involontairement, inciter d’éventuels lecteurs à aller faire suer leurs yeux sur ce machin. Au moins, son comportement à Aire est-il fidèle à l’image de ses écrits et de son respect des aficionados...

12 juin 2009

Aire, Baltasar Ibán


L'empresa Caltoros et le comité des fêtes d'Aire-sur-l'Adour informent les aficionados que les toros de Baltasar Ibán qui seront lidiés le dimanche 21 juin à 18 heures seront visibles gratuitement du haut des corrales des arènes les vendredi 19 et samedi 20 juin de 18 à 20 heures.

De même, une conférence taurine gratuite sur le thème de l’élevage de toros de combat est organisée dans la ville voisine d'Eugénie-les-Bains ce mardi 16 juin à 18h 30 dans la salle d'animation. C’est Marie-Pierre Callet, ganadera, réjoneadora et empresa des arènes d’Aire-sur-l’Adour, qui animera cette conférence et évoquera sa passion pour le toro bravo ainsi que son quotidien de ganadera.

Renseignements 05 58 71 64 70

18 mars 2009

Le mauvais œil


Le mauvais œil. Certaines femmes n’ont pas de chances avec les hommes chantait Barbara, certains hommes n’ont pas de chance avec les femmes lui rétorquerait-on et Aire-sur-l’Adour n’a pas de chances avec les toros.
Vendredi 13 mars 2009. Le mauvais œil. Annonce des carteles aturins. Manque de bol, de chance, malédiction, patte de castor et queue de rat musqué, Vic annonce les siens le lendemain. Le même week-end, il se murmure que le Juli se la jouerait solo en septembre à Bayonne.
Lundi 16 mars 2009. Rue Gambetta. On susurre sans trop oser y croire qu’un camion de pattes de lapin a été commandé en Garenne et que le haras de La Roche-sur-Yon aurait été contacté pour fournir un stock important de fers à cheval. Un mauvais œil peut se crever.
Aire-sur-l’Adour, donc, organise chaque année une novillada piquée pour la fête des Arsouillos le 1er mai et une corrida pour ses fêtes patronales vers la mi-juin. Il fait souvent beau en ce mois de juin à Aire-sur-l’Adour. L’été pointe son nez, le "Coq hardi" existe encore, les "33" sont toujours bloqués au feu place du commerce, le corso fleuri d’enfants est passé tout à l’heure et... les arènes sont vides.
Une malédiction de su puta madre !

Décembre 2005. "Cortijo Wellington", Madrid. Domingo González passe une tête ensommeillée par le peu de jour d’une fenêtre embuée. Il a presque neigé hier. La sierra se tait parfaitement, seuls les toros fanfaronnent dans le froid pour montrer qu’ils sont bien des toros.
Domingo n’aime pas du tout le lot réservé a priori pour Madrid en mai. "Demasiado" y "fuera de tipo". Domingo parle peu. Il fume des clopes deux cancers en un et regarde longuement ses toros. Domingo aime évoquer 'Bastonito'. Il en devient affable, presque causeur. Le souvenir des belles choses.
En quittant la finca, un panneau indique la direction de la "Valle de los Caídos", cette vérue odieuse dont le poil en forme de croix observe le campo alentour. Un mauvais œil pour sûr.
En juin 2009, à Aire-sur-l’Adour, il y aura des toros des héritiers de Don Baltasar Ibán Valdes. C’est un nouvelle sympathique pour les aficionados. Deux mauvais « œils », des pattes de lapin croisées de fers à chevaux pour un retour en France annoncé un vendredi 13...

Pour plus de renseignements sur l'ensemble des carteles aturins (tout ne fait pas rêver) : voir le site du Comité des fêtes.

Photographie Toros de Baltasar Ibán au campo en décembre 2005 © Camposyruedos

24 février 2008

César Rincón, Maestro


Je n’étais pas à Las Ventas en 1994. Je n’ai pas vu 'Bastonito'. Je n’ai pas vu César Rincón.

De ces immenses vingt minutes, je n’ai que cette image de deux cornes comme des fils baignés de la lumière du matin et qui lisent leur propre rubrique nécrologique sur un grand panneau couvert de grosses lettres noires : "Emilio Muñoz, César Rincón, Juan Mora..." Et ce toro est 'Bastonito', un point c’est tout ! Il y en a qui disent que non, ils ont tort, un point c’est tout. Ce toro noir couché dans une attente vaine est 'Bastonito', punto y na' más. C’est ça aussi une photo, un mensonge auquel on donne sa vérité, un bout de vrai que l’on peint d’un joli mentir bien à soi. Ça fixe l’imaginaire, ça invente la mémoire.

François Bruschet a vu 'Bastonito' et aimait photographier César Rincón, son toreo, son sourire et son regard cinémascope. Il y a pire comme défauts. Aujourd’hui que César Rincón rejoint certainement la mythologie du monde des toros, aujourd’hui qu’il quitte hier et les glorieuses lumières de la nuit venteña des années 1990, aujourd’hui que demain ne sera plus pareil, nous avions l’envie toute simple de lui rendre ce court hommage : 13 clichés, un point c’est tout...

Et ce toro sur ce monstre de photographie est 'Bastonito' ; personne ne peut me dire le contraire.

>>> Retrouvez la galerie que consacre François Bruschet à César Rincón sur Camposyruedos.

22 janvier 2008

'Bastonito'


Et une dernière... Celle-là nous ne vous l’avions pas encore livrée. 'Bastonito'... Le jour le plus spécial de la vie de César Rincón...

Un toro de casta brava
JOAQUÍN VIDAL
ELPAIS.es > CULTURA - 08-06-1994 - h.
Salió un toro de casta brava a eso de las siete y media de la tarde, y eran las tantas de la madrugada cuando aún discutía la afición si mereció la vuelta al ruedo que le dieron las mulillas con todos los honores, bajo una cerrada ovación del público puesto en pie. A ese toro, César Rincón le había cortado una oreja, cuyos merecimientos asimismo se discutían de madrugada, aunque el toro le peg ó previamente un volteretón al torero en justa correspondencia, dejándolo herido, maltrecho y sin posibilidad de continuar la lidia. Un toro de casta brava: ¡menudo acontecimiento! Un toro de casta brava como el que saltó al ruedo venteño a eso de las siete y media de la tarde, es la sensación, el acabose, un valor del que apenas quedaba memoria, un tesoro recuperado de lo recóndito, un vendaval de sensaciones llegado de la noche de los tiempos.
Embestir el toro de casta brava tan pronto plantó su pezuña en el redondel, y ya vibraba la plaza entera, reviviendo aquel estremecimiento singular y aquella emoci ón intensa que conformaban el ambiente habitual de las corridas de toros en todas las épocas, creando una afición numerosa, fiel y apasionada por esta fiesta exclusiva llamada del arte y del valor.

El toro de casta necesitaba, naturalmente, un torero en plaza, y lo hubo en la corrida ferial. Fue César Rincón, que le present ó pelea con el ardor y la entrega propios de un novillero principiante. Tiene mérito: quien ha cimentado fama y fortuna y está catalogado figura indiscutible del toreo, peleando corajudo con el toro de casta indómita, afanándose en la cercanía de sus pitones, intentando embarcarlo en la muleta del arte con serio riesgo de cogida, trastabillando cuando la fiera codicia del toro desbordaba el arte, la muleta y hasta el artista muletero.

Tiene mérito la entrega novilleril del diestro maduro. Aunque cabía esperar también de su oficio, de su experiencia y de su condición de figura del toreo, que poseyera la serenidad y los recursos suficientes para ordenar, encauzar, dominar aquel torrente de embestidas. Y ahí es donde falló César Rincón pues, pese a su valent ía y pundonor, se vio superado por el toro en todas las series, en todos los pases y en todos los frentes. Sencillamente, no pudo con él. Sólo la suprema entrega en la estocada entrando a toma y daca, que le costó una voleteretón y luego un terrible menudeo de pitonazos, le redimió de sus anteriores limitaciones y fatigas, y validó el premio de la oreja, que le fue concedido a petición mayoritaria de un público conmocionado por los desgarradores lances que acababa de presenciar.
Al toro de casta se le dió la vuelta al ruedo en medio de un clamor. Ahora bien, ¿fue bravo en realidad? Nunca se podrá saber, desde luego, pues ya está muerto y seguramente comido en estofado. Pero la duda permanece y eso es lo que discutían acaloradamente los aficionados aún de madrugada, sin llegar a ningún acuerdo. Porque la bravura del toro se mide en el tercio de varas, y este se cerró incompleto. El picador tapó la salida del toro en el primer puyazo; el segundo consistió en una picotazo leve y el tercero ni existi ó, ya que el presidente se apresuró a cambiar el tercio, dejando en el aire la incógnita del toro y su bravura.

Reacción al castigo
Cierto que el toro estuvo recargando fijo sobre el peto varios minutos sin atender a los quites, mas el picador no picaba y el celo embestidor carecía de la medida que únicamente puede dar su reacción al castigo. Dos varas, adem ás, no bastan para probar la bravura. Muchos toros se han visto recargar entregados en los dos primeros puyazos y, en cambio, al sentir el tercero, cantaban la gallina, escapaban despavoridos a la querencia de chiqueros.
No se dice que el toro encastado de Ibán se hubiera comportado as í, ni mucho menos, e incluso su comportamiento posterior permite suponerle una bravura excepcional. Pero como no se le picó por derecho, ni recibió las varas en regla, ya todo pertenece al terreno de la hip ótesis.
O sea, la cuadratura del círculo. La afición pasó la noche en vela resolviendo problemas de trigonometría con este proceloso asunto de la bravura del segundo toro de Ibán y su trascendencia inmanente cabe la brumosa inmensidad del piélago que le valió el premio de la vuelta al ruedo, y más valdrá dejarlo para no sumirse en la discusión interminable y acabar cazando moscas. Da más gusto la vida cuando únicamente exige distinguir entre verano e invierno, sol y lluvia, noche y día, blanco y negro; dulce o amargo, bueno o malo, en definitiva.
Y así, otras facetas de la corrida, lo aficionados no necesitaron someterlas a discusión, ni nada. ¿Emilio Muñoz? No me hable.
¿Juan Mora? No me diga. Invierno, lluvia, noche, negro, amargo, malo, duelos y quebrantos, rayos y centellas, carros de demonios; pues habíendoles correspondido toros nobles (no el que abrió plaza, de condición incierto), el primero de los mencionados diestros los toreó crispado, el segundo relamido, y ninguno de los dos acert ó a construir una faenita somera, aunque fuese medianamente aparente.
Hubo suerte, de todos modos, porque si en lugar de tener delante aquellos toros nobletones les sale el de casta brava e indómita, ni se sabe lo que hubiera podido ocurrir allí. Sólo de pensarlo, a la afición se le abr ían las carnes. Y ya rompía el alba. Y las miserias del cuerpo no necesitaban a esa hora más quebraderos de cabeza, sino café calentito y buena cama.

31 août 2007

Il nous reste nos souvenirs...


Le maestro Rincón n’aura donc pas droit à une despedida madrilène... Pfff... Trop dur, trop déçu. Bien sur qu’il est fatigué, au bout du rouleau, et qu’on ne peut lui en vouloir après tout ce qu’il nous a donné. Mais la déception est grande tout de même. Il nous reste nos souvenirs. Tiens, jamais publiée celle là. C’était avec 'Bastonito'...

29 mars 2006

Baltasar Ibán pour Madrid


Le site, nouvellement modifié, El Toro de Madrid vient de publier les photos des toros de Baltasar Ibán qui seront combattus lors de la prochaine féria de la San Isidro de Madrid. Le lot paraît sérieux mais un peu trop lourd selon certains aficionados. Alors, pour mieux se rendre compte de la manière dont évolue la physionomie d'un toro de lidia avant de sortir dans une grande féria, voilà les photos des mêmes toros prises en décembre, il y a à peine trois mois. A vous de juger.