
Ceci étant précisé, nous commençons par la galerie consacrée au plat principal de la feria, soit la corrida de Victorino Martín, qui est sortie lourde et âgée, avec cinq ans bien sonnés. Côté moral nous avons eu une nouvelle démonstration de ce que peut être le Victorino moderne. Il va au cheval sans trop se faire prier mais ne s’y emploi quasiment jamais. L’ensemble a été très peu châtié. La plupart ont été assez mous, avec les complications typiques de la maison mais sans jamais que celles-ci ne soient portées et mises en exergue par la puissance et la sauvagerie que nous attendons d’un toro de combat ; qui plus est dans pareil élevage. Car même s’il nous en coûte de le souligner, chez le paleto la puissance est de moins en moins souvent au rendez-vous. Nous sommes très loin de l’émotion que nous ont procuré, par exemple, les deux importantes corridas d’Escolar Gil qui ont été lidiées cette année à Vic Fezensac et à Céret, sans parler de la surpuissante corrida de Palha de la San Isidro.
Côté façade, évidemment, il ne fallait pas s’attendre à un lot pour Madrid. Des Victorino à Beaucaire on pouvait craindre le pire. Eh bien ce fut plus que digne compte tenu de la catégorie des arènes et malgré quelques cornes visiblement abîmées. Pour une reprise en main des arènes cette première aura été positive et on ne peut que souhaiter que les choses aillent en s'améliorant pour 2009.
Ce sont les piétons qui, à mon sens, ont rendu cette après midi plus intéressante qu’ennuyeuse, ou la bouteille à moitié pleine plutôt qu’à moitié vide.
Alberto Aguilar tout d’abord, qui a laissé son premier quasiment cru pour ensuite se la jouer avec sincérité. Le garçon est visiblement vert mais avec une telle envie et de tels principes de toreo engagé nous le reverrons avec plaisir. Luis Bolivar, également avec son premier a impressionné par un calme olympien et une faculté à tirer des muletazos limpios et templés à un animal qui ne les lui a pas franchement apporté sur un plateau. Fernando Robleño aura été plus à la peine que ses compagnons.
La conclusion que nous pourrions finalement tirer de cette tarde est qu’une corrida d’Escolar peut se suffire à elle-même. C'est hélas de moins en moins le cas chez Victorino. Retrouvez la galerie de cette corrida dans la rubrique RUEDOS.
PS La vuelta du 6ème fut une aimable plaisanterie, mais ça...