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20 septembre 2012
18 septembre 2012
Pour Mario
Que s’est-il réellement passé à Nîmes ce dimanche matin 16 septembre ? C’est
curieux, tu vois, cette question quasi existentielle que se posent ceux qui
n’y étaient pas.
On sent bien que personne n’y croit. Ceux qui
n’y étaient pas, je veux dire. Ben ouais, c’est logique, Nîchmes est tellement
habituée à se vautrer dans le triomphe facile et pornographique depuis déjà si
longtemps que lorsqu’il en arrive un, pour de vrai, ceux qui n’y étaient pas ne
le croient pas.
Que s’est-il donc passé à Nîmes ce matin-là ?
J’y étais, moi. Le problème c’est que je ne suis pas Joaquín Vidal et qu’en
dehors de lui je ne vois absolument aucune plume susceptible de se hisser au
niveau, rendre compte de ce matin-là de manière concise et pertinente, sauf évidemment à
tomber dans les poncifs et dégouliner de superlatifs. Et comme nous n’allons pas ressusciter le
Maître, c’est sans issue.
Je ne comptais donc pas en faire un compte
rendu, ni écrire quoi que ce soit de particulier là-dessus, mais tes
interrogations sont là.
Je vais donc faire bref, tomber dans la
facilité, en te renvoyant à notre nouvel ami commun, André Viard : « … on peut comprendre ce qui s'est passé
à Nîmes, grâce à un José Tomás plus solennel et éthique que jamais, ce qui
permit au public de mesurer la différence existant entre le toreo pur et ses
succédanés aujourd'hui à la mode… Ce que fit José Tomás à Nîmes fut ni plus ni
moins que de montrer une nouvelle fois ce qu'est le toreo le plus pur,
construit sur des muletazos respectant la règle de trois — enganchar, llevar,
rematar — et liés entre eux de manière naturelle, avec beaucoup de verticalité
et de mesure, sans jamais abuser des distances courtes. Le toreo éternel, posé
de manière naturelle et à base de courage, mais sans en faire état. »
C’est ça, c’est exactement ça. Je suis
d’accord ! D’ailleurs, je suis tellement d’accord avec Viard ces temps-ci
que ça m’inquièterait presque… Nous
parlons là de conception du toreo, ce qui n’est pas une nouveauté concernant Tomás
pour ceux qui le suivent depuis si longtemps. À ce concept très classique il faut ajouter
une exécution parfaite, sans la moindre scorie ; ça peut te donner une idée.
Donc Tomás a été Tomás, pur comme on l’aime,
mais aussi varié, très varié, pas le Tomás suicidaire, l’autre, celui du toreo profond
et véritable, si loin, à des années-lumière de tous ses contemporains. Tout s’est
enchaîné, sans anicroche, sans le moindre doute, comme dans un rêve. Ça
glissait tout seul — du velours. Ah, j’allais oublier : cinq estocades cinq, dans les
règles, corto y derecho.
Ça c’est pour Tomás. Et le bétail me diras-tu. Je recite notre nouvel ami commun dans son édito de la veille : « Jusqu'où
peut-on aller dans la recherche du confort maximum pour les figuras, sans
passer en dessous de la ligne de flottaison à partir de laquelle le spectacle
perd toute éthique ? »
Eh bien, mon cher Mario, disons que ce fut le minimum
du minimum. Nous avons eu droit à une présentation de seconde
catégorie, tendance troisième pour les trois premiers de la course, brochitos, et à des animaux sans l’étincelle de la caste, le piquant ou la charge vive — l’émotion du toro quoi, même
commercial, comme la veille avec le troisième de Manzanares. Ils se déplaçaient, c'est tout.
L’émotion du toro, il n’y en a pas eu, jamais,
et l’émotion c’est le seul Tomás qui la porta, certes très haut, mais sans
toros.
L’ensemble reçut grosso modo une pique et un
picotazo, et aucun ne s’affala ni ne tomba. La belle affaire. Tout le monde se
félicite donc. Les toros ne sont pas… tombés…
Celui gracié, dont personne ne se souviendra du nom, fut à peine piqué, ce qui explique, peut-être,
pourquoi il garda plus d’allant que les autres. Mais de cela tout le monde se
moquait bien.
Donc, question bétail, c’était très bien
puisque aucun toro n'est tombé. C’est ce qu’il faut dire aujourd’hui lorsqu’on est bien
élevé. Aucun n’est tombé. Tout va bien.
Tu vois, Mario, tout dépend du niveau où l'on met la ligne de flottaison. Pour le
toreo elle était haute très haute, pour le bétail…
16 septembre 2012
L'interview exclusive de Simon pour CyR
Simon Casas réagit à chaud spécialement pour nous après l’époustouflant et cosmique triomphe de José ‘Dios’ Tomás : « Ceux qui ont voulu critiquer ce solo vont s’en mordre les doigts, je vous le dis, moi ! Aujourd’hui, José Tomás a eu des doigts de fée. Il savait le toreo sur le bout des doigts. Je crois que le public a même été à deux doigts de s’évanouir comme un seul être, car c’est ça la tauromachie, une poésie qui t’évanouit (je le sais, je suis moi-même écrivain et poète), c’est se brûler les doigts avec la vérité de la mort qui te regarde dans le fond de tes yeux. Je suis fier, Moi Simon Casas, d’avoir organisé ça, et ceux qui ne sont pas contents sont ceux qui ne font rien de leurs dix doigts et qui ne savent que mettre le doigt sur des détails — pensez donc ! la présentation et les piques… — dont tous les autres se moquent. Ils peuvent bien me montrer du doigt, de toute façon, de là où je suis je ne les vois plus. Ils sont petits, petits, et moi je suis le majeur, grand, tendu, en route vers le ciel. »
Libellés :
José Tomás,
Laurent Larrieu,
Nîmes 2012,
Photo avec l'iPhone,
Simon Casas
14 septembre 2012
JT par SF
José Tomás par Sylvain Fraysse, d'après une photo de ma pomme… Forcément nous y reviendrons, et pas qu'un peu, dès que j'en aurai fait une photo potable et que j'aurai eu le temps de discuter tranquillement avec Sylvain…
Libellés :
José Tomás,
Nîmes 2012,
Peinture,
Photo avec l'iPhone,
Sylvain Fraysse
18 mars 2012
Trace
Sans autre intention que de me grappiller quelques souvenirs du très bel hommage à Nimeño II, j’ai profité d’un dimanche gris et triste pour marcher un peu dans les rues désertes de la ville.
J’ai bien ramené quelques photographies mais très peu, de nombreux collages ayant été… nettoyés.
Du coup, je vous ai pris cette trace avec l’iPhone…
>>> Vous pourrez vous régaler de la série entière de ces réalisations sur la page Facebook du Toril d’artistes.
13 janvier 2012
Et ta sœur, combien elle vaut ?
L'artiste, qui voudrait rester anonyme, n'a certes rien inventé mais la démarche est à mes yeux très sympathique. Ceci étant, si l'on en croit un canard local, il semblerait que ceci pose plusieurs problèmes. Vous noterez l'emploi du conditionnel car j'éprouve naturellement une très grande méfiance à l'égard des canards locaux.
Il faut dire que le Sud-Est n'est pas à franchement parler le pays du canard.
Donc, il semblerait que cette démarche ne soit pas du tout du goût de la famille Montcouquiol à laquelle aucune autorisation n'aurait été demandée. Je ne suis pas totalement certain qu'il en faille une.
Ensuite, les photographies auraient été utilisées sans l'accord des photographes, parmi lesquels Lucien Clergue et Michel Pradel si je ne m'abuse. Là, c'est sûr qu'avec Clergue l'artiste il vaut mieux qu'il reste anonyme et se dispense de postérité.
Car il y a faute, et faute lourde. Si tel est le cas, c'est du vol pur et simple.
La photographie a décidément du mal à se faire considérer, réellement considérer.
Pas plus tard qu'avant-hier une personne pourtant très cultivée m'expliquait le plus naturellement du monde qu'une photographie ça ne peut pas valoir cher, puisqu'une photographie c'est juste clic-clac. J'en suis resté sans voix, ou presque.
Clic-clac, ça ne vaut rien ça, clic-clac. Et ta sœur, combien elle vaut ?
29 décembre 2011
Toujours vivante ?
Nîmes ville taurine. Parfois on peut douter. Parfois je doute. Parfois je ne doute même plus. Il faut dire qu'ici il n'y a que la courbe des prix qui grimpe régulièrement, un peu à l'inverse de la présentation des toros. Je dis ça, je n'y vais plus guère, voire plus du tout. Et je suppose que vous vous en foutez autant que moi. Tout à l'heure, en revenant de me faire aféiter, j'ai croisé ce mur. Je ne sais pas qui est l'auteur de ça mais j'ai bien aimé. C'est collé, c'est du papier, une photo curieusement post-traitée. Ça donne à Nîmes un petit côté Rencontres de la photographie arlésienne. C'est bien, très bien. Et ce serait bien que Nîmes bouge un peu là-dessus. Sur la photographie je veux dire, pour les toros je crois que c'est mort. Et puis il y a cet étrange « N° 2 / TOUJOURS VIVANT » — il doit y avoir un n° 1 quelque part, je suppose.
Ça m'a rappelé que Nîmes peut être une ville taurine…
NDLR Et donc c’est Marc, le pote à Google, qui nous donne une partie de la réponse…
Libellés :
François 'Solysombra' Bruschet,
Nimeño II,
Nîmes 2011,
Photo avec l'iPhone
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