
Aldea del Obispo, c’est à côté de Fuentes de Oñoro, là où Navalón avait ses toros, là où il faisait le zouave dans des tombes sans âge.
Pourtant, André m’a bien dit qu’il habitait à Aldea del Obispo… Portugal. Peut-être qu’il y en a deux, collés, un de chaque côté de la frontière. Un village à partager, comme pour Barrancos plus au sud. Je n’ai jamais fait vraiment attention.
Navalón habitait là, côté espagnol, juste après la grande route, juste après Ciudad Rodrigo. C'est à peu près tout ce que j'en sais.
Navalón habitait là, côté espagnol, juste après la grande route, juste après Ciudad Rodrigo. C'est à peu près tout ce que j'en sais.
Quelques kilomètres plus avant, il y a La Fuente de San Esteban et le restaurant El Cruce. Tous les types qui font le campo connaissent ça. Dans le coin habite Lucas, le mozo français de Juan del Álamo, et aussi Vicente Llorca, « el ganadero que no llegó a serlo »… Enfin, il l’a été, pas longtemps, et il ne l’est plus. Vicente a dû se pincer en me voyant au Cruce en plein mois d’août, direction Porto, Portugal.
À Porto, il n’y a aucun doute, rien à partager, rien à couper en deux, il y a juste l’océan à prendre en pleine poire.
À Porto, il n’y a aucun doute, rien à partager, rien à couper en deux, il y a juste l’océan à prendre en pleine poire.
À Aldea del Obispo, je ne sais pas. Ce qui est certain, c’est qu'à cet endroit vit André Amaro, côté portugais. Et c’est de là qu’il a pris la route début septembre, direction Arles, pour se la jouer, pour rien. André n’est pas un cas, ni une exception ; tous les recortadores se la jouent pour pas un rond.
À Arles, ce soir de septembre, entassé avec les autres dans le vestiaire des arènes, André était le seul à aligner de petites boîtes en plastique abritant ses vierges. Il en avait trois et se les passait autour du coup après les avoir embrassées longuement, leur avoir confié ses secrets et probablement son corps. Des vierges, portugaises sans doute, Fatima peut-être…