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13 août 2013

¡Mundotorobando!


Lu aujourd’hui sur le site de Signes du toro ce billet d’humeur de Joël Jacobi à propos d’une vidéo de Fandiño diffusée sur Mundotoro sans aucune autorisation ni demande d’autorisation ni quelconque politesse que ce soit.


Il va sans dire que nous soutenons les propos de Joël Jacobi, qui pointe là, au sujet d’un grand (par le nombre de ses lecteurs, mais non pas pour sa qualité) site internet taurin, des pratiques qui s’avèrent malheureusement de plus en plus courantes.


NOTA. — Depuis la publication de l’article de Joël Jacobi (et depuis peut-être un courrier adressé par lui à Mundotoro), la référence à Signes du toro est maintenant visible sous la vidéo (voir photo).

13 décembre 2012

Jingle Bells !




Pour comprendre ce post, il vous suffit de cliquer sur ce lien et de lire l’article consacré par Joël Jacobi aux photographies de Yannick Olivier, et un peu à Campos y Ruedos parce que le Yannick Olivier eh ben il est de Campos y Ruedos.

Sur nous, j’ai entendu autrefois que nous étions l’ETA, puis plus récemment les cousins d’Augusto Pinochet — rapport à la censure drastique et innommable qui sévit sur ce blog et peut-être aussi à la moustache d’un des nôtres. Après y’a eu la période « couilles molles », charentaises et macramé à laquelle nous avons préféré tourner le dos à la manière d’un Polnareff en 1972, parce qu’on s’est dit qu’au moins si le couillon est flasque la fesse restait roide et fière et que, de loin, après tout, avec de l’imagination, un cul pouvait ressembler à un doigt qui se lève ; un majeur s’entend !

Dernièrement, y’a eu l'affaire José Tomás. Grave, sérieux ! Très grave. C’est la faute du Batacazo, incapable d’aligner sur cinquante lignes autre chose qu’une onomatopée indigne et bouffonne. En plus, c’est presque pire, nous avons eu l’outrecuidance de ne pas publier de livre sur la course historique du 16 septembre 2012. On avait des photos en noir et blanc, en couleur, les deux mélangés, surexposées, floues, cramées ; on connaissait des mecs qui y étaient, des femmes aussi ! on a les interviews du boucher, des chevaux de picadors, de la dame pipi de l’hôtel et du genou gauche du peón de confiance ; on a l’enregistrement du rot de Simon Casas à la fin et il ne nous aurait pas été difficile de convaincre Francis Wolff (c’est un moustachu lui aussi !) de nous pondre un petit texte pour nous expliquer en cinquante points pourquoi cette corrida avait « complètement déstructuré nos schémas dramatiques », dixit un certain Santi Ortiz dont on peut douter qu’un jour tombât entre ses mains le récit du combat héroïque entre Achille et Hector. Bref, José Tomás, on n’a rien écrit dessus.

Ben v’là t’y pas qu’aujourd’hui monsieur Jacobi nous métaphore avec les Sex Pistols. Waouh ! Alors là on remonte le froc et on laisse fureter les anges et les angettes. Sex Pistols ! Monsieur Jacobi, merci ! Sincèrement, cordialement, musicalement et en noir et blanc façon Tri-X. Le seul truc qui m’épate dans cette histoire, mais faut connaître la bête, c’est que cette parabole — osons parabole — ait vu le jour grâce à notre Ban Ki-moon à nous : le sieur Olivier.

Yannick, félicitations cosmiques d’un ami que tes photos émeuvent et merci, thank you, danke, spassiba, gracias, obrigado, car grâce à toi maintenant je me sens punk, je suis punk et j’ai les cheveux qui poussent et le cuir trop petit et je veux, oui je veux (François Bruschet aussi je le sais) qu’on baise mes pieds qui trempent dans le vin !

19 octobre 2012

Corrida historique et relaxante


Joël Jacobi nous écrit pour nous dire qu’il serait honoré de voir la page du site de France 3 consacrée à la corrida du 16 septembre à Nîmes (et à l'émission qui s'en suit) référencée sur Campos y Ruedos. 
Franchement, c’est plutôt Campos qui se trouve honoré qu’un média d’audience nationale se préoccupe de se faire annoncer sur un site aussi intimiste que le nôtre.
Vous aurez compris qu’il s’agit d’une rétrospective de la corrida nîmoise de José Tomás, qui n’a pas fini de faire couler de l’encre et d'être, sans doute, l'objet d'un nombre incalculable de publications à venir, plus ou moins opportunistes — il n’y a pas que les restaurateurs et les hôteliers nîmois qui se frottent les mains…

Voici donc le lien de l'émission de Joël Jacobi sur France 3 Aquitaine.

Hasard de l’histoire. Toujours à propos de cette corrida, je suis tombé sur un truc totalement surréaliste. Un aficionado, qui n’a pu se rendre aux arènes, a écouté la retransmission sur France Bleu Gard Lozère. Il m’arrive de m’y amuser et je sais d'expérience que l’exercice est souvent cocasse. Écouter entre les ondes peut être une expérience parfois hilarante. 
Mais là on touche vraiment au sublime. Le blog qui rend compte de cette retransmission s’appelle La Montera qui pleure… En l’occurrence, il y a de quoi pleurer de rire. 
Je vous renvoie donc au post complet et ne peut m’empêcher de reprendre ici ce qui aurait été dit à la radio ce jour-là. J’emploie le conditionnel mais, en cas de doute trop insoutenable ou de contestation virulente de la part des auteurs des commentaires, il doit être possible de vérifier, car on n’imagine pas que ce moment d’histoire soit déjà passé à la moulinette des archives radiophoniques :

« Au 1er : “Deux oreilles c'est trop.” 
Au 2e : “C'est une faena à une oreille dans une arène de première catégorie, mais là c'est spécial, alors deux c'est normal.” 
Au 3e : “Même s'il n'y a eu aucun toro de triomphe…” (On en est déjà à six oreilles.)
Au 4e : “Qu'est-ce qu'ils demandent là, l'indulto ? Non, il ne faut pas.” “Il attend que le président indulte, [l'indulto tombe] mais il le voulait Tomás, il y a des gens qui vont rouspéter.” 
Au 5e : “Le toro est d'une race incertaine.” “Il se passe grand-chose et même quand le toro ne permet rien, José Tomás est là.” “Une oreille ça suffit, ça flotte les assesseurs, le président ne veut pas, deuxième oreille ça enlève tout.” 
Au 6e : “Il a manqué un grand toro pour cette matinée, si on veut chercher la petite bête.” “On a vécu un grand moment, mais pas un sommet, une corrida relaxante.” » 

Ouf ! Une corrida relaxante… Là, j’en reste sur le cul. Sauf à déplacer les arènes de Nîmes entre La Junquera et Figueras, j’avoue avoir du mal à saisir le concept. Mais pourquoi pas… ici tout est possible. Pour vraiment mourir de rire, il serait sans aucun doute pertinemment complémentaire de comparer les commentaires faits en direct avec ce qu’ils ont pu en dire ou en écrire le lendemain ou le surlendemain. Sûr que ce serait mortel. Mais là ce serait du vice.

02 mars 2007

Ah, malice quand tu nous tiens...


Qu'il me soit permis de publier ce commentaire reçu la semaine dernière sur ce même blog et d'y répondre...

Monsieur,
Merci de l’intérêt que vous portez à l’émission Face au toril et de l’attention avec laquelle vous avez regardé, dans le dernier numéro le reportage intitulé "La question de la grâce". Je suis moi-même un lecteur plutôt assidu de Campos y Ruedos dont j’apprécie la pertinence et l’impertinence. Et c’est un honneur de faire un programme regardé par des gens de qualité ! J’ai bien noté votre malicieux conseil, mais je n’ai pas l’intention pour l’instant de "courir" chez Juan Pedro Domecq. Du reste, c’est vous qui trouvez "géniales" les paroles de Fernando Domecq, pas moi. Nous nous sommes contentés de les recueillir et de les diffuser. Cela ne préjuge en rien de notre point de vue sur la question. En revanche, vous reconnaîtrez que c’est "grâce" à notre émission que les positions de cet éminent éleveur ont pu être connues du plus grand nombre (vous-même, peut-être ?). Vous relevez un passage du commentaire faisant état de l’unanimité du callejón à propos de la grâce obtenu par 'Desordenado', toréé par Ponce à Murcie. J’ai donné cette indication parce qu’elle est le reflet de la réalité, et aussi parce qu’elle vient tout de suite après ce commentaire, je me cite : "Desordenado, ça fait désordre, n’a subi qu’une petite pique et il est sorti tout seul de sa rencontre avec le cheval, comme un qui fuit la bagarre. En plus, il s’est cassé la figure tout seul au début de la faena, comme un quelconque mou du genou". C’est vous qui indiquez que le point de vue du callejón est "un gage de reconnaissance et de qualité", pas moi. Je ne regrette pas d’avoir intitulé le reportage "La question de la grâce". Il me semble que les réactions qu’il provoque (dont la vôtre !) justifient ce choix. Je reconnais volontiers que mon but n’est ni de "mettre en perspective les abus de l’indulto", ni même de conduire quelque "réflexion" que ce soit. Nous essayons simplement – objectif immodeste – de tenir la chronique du petit monde des toros comme il va. Je ne sais pas du tout si "l’afición" n’est plus intéressée que par les "records". Contrairement à vous sans doute, je ne dispose d’aucune étude me permettant de déterminer ce qui l’intéresse le plus. Et pour tout vous dire, je m’en fiche un peu. En outre, nous nous efforçons de nous adresser à tous les téléspectateurs, qu’ils soient ou non aficionados. Nous pensons qu’il n’est pas nécessaire d’être marin pour regarder (et apprécier Thalassa). Nous espérons qu’on peut regarder Face au toril sans être un aficionado chevronné. Ce qui nous guide dans les choix de nos reportages, c’est notre seule curiosité. Et nous essayons de faire en sorte que cette curiosité soit aussi libre que possible. Nous avons la chance, depuis maintenant 20 ans, de faire cette émission avec le soutien constant des directions successives de France 3 Sud. Nous n’avons à faire, au moment de choisir les sujets, qu’à des contraintes de budget et de planning. Je me répète : notre libre curiosité est notre seul guide. Voilà pourquoi nous ne courrons certainement pas chez Juan Pedro Domecq. Bien à vous.
Joël Jacobi

M. Jacobi,
J’ai coutume, lorsque des lecteurs postent des commentaires sur ce blog, d’employer le tutoiement, c’est peut-être l’anonymat de la toile qui veut ça. Ce soir, face à tant d’honneur du seul fait de votre présence en ce lieu (certes virtuel), j’agirai comme Espartaco usait de le faire avec Antoñete (du temps où Espartaco était numéro uno de l’escalafón !), j’emploierai donc le "usted". Voyez-y toute ma considération au moment de vous écrire tous les mots qui vont suivre.
Tout d'abord je tiens à vous écrire que vous avez tort !
Personnellement, je me rendrai chez Juan Pedro Domecq dans les, disons, deux mois à venir, más o menos. Pour quelle raison me direz-vous ? Mais parce que le Jean Pierre remet le couvert en mars à Morón de la Frontera et que ça fleure bon l’indulto tout ça, voire même une doublette lors du même spectacle (vous remarquerez que je ne nomme pas cela une corrida de toros), sait-on jamais ? Ça va concurrencer le Fernand à force ! Ainsi, peut-être serait-il envisageable que Face au toril élabore une série de reportages intitulée : "La guerre des frères" ou "Brother’s in arms" ou "Un Domecq peut en cacher un autre" ou même, oui osons, "Je vous salue Domecq pleins de grâce"… J’ai bien noté moi aussi que mon conseil était "malicieux" et sachez que je prends acte de vos remarques, elles aussi malicieuses, me semble-t-il. C’est de bonne guerre !
Je prends acte tout d’abord de cette phrase écrite et lue par vous dans le reportage "Desordenado, ça fait désordre, n’a subi qu’une petite pique et il est sorti seul de sa rencontre avec le cheval, comme un qui fuit la bagarre. En plus, il s’est cassé la figure tout seul au début de la faena, comme un quelconque mou du genou". Je l’avais relevée mais je ne l’ai pas citée car elle me semblait bien légère et bien seule dans l’intégralité du document. Elle m’a même paru tomber comme un cheveu sur la soupe, trop isolée, trop solitaire sans doute. Cependant, je vous accorde que j’ai mis le doigt sur ce qui m’avait agacé dans le reportage et c’est peut-être un peu facile. Je bats donc ma coulpe… pas trop longtemps quand même.
Ecrire que le point de vue du callejón est "un gage de reconnaissance et de qualité" était, je pense que vous l’aurez compris étant donné que vous êtes un lecteur "plutôt assidu" de Camposyruedos, une note d’humour ou de malice, comme il vous plaira. Ecrire également que le Fernando distille de "géniales" paroles sur l’indulto relève du même cheminement, dicté comme souvent sur ce blog, par la dérision.
Pour le reste, je vous accorde que "grâce" (j’ai bien aimé vos guillemets à cet endroit) à vous un certain nombre de téléspectateurs connaît mieux les "positions de cet éminent éleveur" sur l’indulto mais je vous avoue ne pas être entièrement convaincu par la démarche. Vous écrivez que vous ne faites pas Face au toril pour le seul public aficionado (de toute façon c’est aussi un public aux multiples facettes) et que vous espérez "qu’on peut regarder Face au toril sans être un aficionado chevronné". Bien, je ne peux que louer ce parti pris d’ouverture et de volonté d’étendre notre passion à d’autres cercles de personnes. Néanmoins, après ce reportage, que restera-t-il chez le téléspectateur lambda comme souvenir de l’émission ? Certainement pas votre phrase isolée et pourtant fort à propos mais plutôt l’idée qu’il y a un éleveur en Espagne qui est si balaise que les maestros ne veulent même plus porter le coup de grâce aux bestiaux qui naissent chez lui. Il leur restera l’idée que l’indulto s’octroie à des animaux qui courent sans fin après une muleta capable de faire des centaines de passes. Il conserveront l’idée que la "grâce" n’est pas quelque chose d’aussi "extra-ordinaire" que cela (ce que cela devrait être en définitive). Et puis, sobre todo, ils garderont en eux l’idée que l’indulto ne s’applique qu’à des animaux de troisième tiers et peut-être même que pour eux, la corrida se résumera à cela. C’est là que mon désaccord est le plus grand. Votre émission est une émission de télévision, de ce fait elle est fondée sur le pouvoir de l’image. Evidemment il y a votre voix, évidemment il y a vos textes mais finalement c’est l’image que viennent voir les téléspectateurs, vous en conviendrez j’imagine. Alors, pourquoi ne pas montrer les tercios de piques dans ce reportage ? Ils me paraissent pourtant fondamentaux, primordiaux, pour déclarer un indulto. Pourquoi ne pas montrer à ceux qui découvrent la corrida qu’un toro indulté peut être "mou du genou" et sortir "seul de sa rencontre" ? C’est aussi cela la triste réalité de ces indultos de pacotilles qui fleurissent aujourd’hui. Certes, je comprends que l’on ne puisse pas tout montrer. Faire des choix est difficile. Peut-être aussi que les droits télé des chaînes espagnoles coûtent chers (je ne connais pas bien le sujet je l'avoue) et qu’ils imposent de n’exposer que "l’essentiel" (donc la faena aux yeux de beaucoup) ? Peut-être mais tout de même.
Enfin, j’ai également conscience que votre émission ne soit en rien une émission à but éducatif ou plutôt pédagogique. Ainsi, je salue votre logique dictée par "la curiosité" "aussi libre que possible", c’est à peu de choses près cette même logique qui nous porte à Camposyruedos, mais je reste persuadé que la curiosité, flanquée d’un zeste de liberté, n’empêche pas de montrer les choses avec un peu de recul et d’analyse ; ne serait-ce que pour créer des interrogations chez vos téléspectateurs. Mais nous touchons là un débat plus large sur le rôle et la place de la télévision dans la société.
Voilà donc, rapidement, ce que je désirais vous répondre M. Jacobi. Je lisais il y a quelques jours une critique cinématographique concernant le dernier film de Clint Eastwood, Lettres d’Iwo Jima. A priori amateur de ce grand cinéaste, l’auteur de l’article concluait pourtant en ces termes : " …on aime et respecte Clint, mais pas au point de visiter pendant deux heures vingt-deux un monument aux morts". J’ai alors pensé à votre émission, avec qui j’ai eu la chance de grandir et qui mérite le plus grand respect mais vis-à-vis de laquelle j’ai été déçu quand elle m’a contraint à passer une dizaine de minutes à regarder un campo de miraculés absurdes. Mais Clint va se reprendre…
Sachez enfin que nous aussi sommes sous le couperet de "contraintes de budget et de planning" et c’est d’ailleurs ce qui me cause un grand regret. Celui de ne pouvoir offrir à nos lecteurs la possibilité d’enregistrer les commentaires vocalement car ça aurait eu de la gueule tout de même d’avoir la voix de Face au toril rien que pour nous... Cela aurait été "bat" comme disait Gabin !
Bien à vous et à bientôt sur Camposyruedos
Laurent Larrieu