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16 février 2013

World Press Photo 2013


Les prix du World Press Photo 2013 viennent de tomber, et l’on retrouve, comme chaque année, le lot des choses laides et violentes qui parsèment la planète, fruit du témoignage très souvent talentueux et courageux de ceux qui sont sur le terrain, à Gaza, à Alep et partout ailleurs «où ça chauffe».

Oui, il y a des photographes qui ont passé l’année à Alep… Certains considèrent ces démarches comme un voyeurisme discutable. 

Il n’est pourtant qu’à se pencher sur ce que fut le travail de Robert Capa au moment de la guerre d’Espagne pour vite se persuader du contraire. La découverte récente de la désormais fameuse «valise mexicaine» en est l’illustration incontestable.

Plus que de l’actualité, c’est de l’histoire de demain dont il s’agit de témoigner aujourd’hui. 

Parmi les multiples récipiendaires figurent : un Espagnol, Daniel Ochoa de Olza, dans la catégorie «Observed Portraits», pour une série consacrée au retour de Juan José Padilla après son accident (pas franchement enthousiasmant, voilà pour le côté taurin) ; mais aussi un photographe très apprécié ici, à Campos y Ruedos, l’Italien Paolo Pellegrin… toujours avec des noirs très denses, mais désormais en numérique ; et puis, enfin — on ne va pas non plus vous faire toute la liste —, un Portugais, Daniel Rodrigues, avec une photo primée dans la catégorie «Daily Life», laquelle illustre ce post.

Quelques heures après l’annonce des résultats, les réseaux sociaux portugais se félicitaient que la lumière ait été faite sur le travail de Daniel Rodrigues tout en se lamentant de sa situation actuelle. Daniel Rodrigues est aujourd’hui sans travail et a dû vendre la totalité de son matériel photographique… pour manger. Il se retrouve de fait dans l’incapacité de photographier. Une admiratrice portugaise lui a proposé un prêt de matériel pour pouvoir continuer. Vive la crise…

26 décembre 2009

Paolo Pellegrin


A Camposyruedos on ne fête pas le nouvel an mais, rendez-nous en grâce, nous vous offrons un petit cadeau de Noël. Un petit que dis-je ? Un énooorme cadeau de Noël, un truc, faut voir.
C’est notre chouchou du moment. Notre chouchou du moment et pour un bon moment je pense.
Pellegrin qu’il s’appelle, mais rien à voir avec Manon. Celui-là de Pellegrin il s’appelle Paolo, il est italien et membre très officiel de l’agence Magnum depuis 2001. 2001, l’année de naissance de ma fille tiens... mais ça n’a rien à voir.
Paolo Pellegrin j’y suis tombé dessus en 2008 à Arles pour les RIP. Et là, le choc fut énorme, mémorable.
Des tirages très grand format, un noir et blanc granuleux, profond, émouvant, puissant et visiblement argentique.
Un choc autant esthétique qu’émotionnel. Paolo Pellegrin, il photographie les guerres, la bande de Gaza, les types du Hezbollah mais aussi ceux d’en face. Les enturbannés de tous bords. Et puis les autres évidemment, qui n'y sont pour rien, ou pour pas grand-chose.
Alors bien sûr on peut se poser la question de la légitimité d’esthétiser ainsi (c’est français ça ?) la guerre et la violence.
Vous jugerez par vous-même. Nous trouvons tout cela d’une immense dignité, un peu à la manière d'un Stanley Greene, mais avec un regard peut-être un peu plus... Enfin vous verrez.
Paolo Pellegrin...