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10 septembre 2009

09.09.2009


Il y a des dates à la con comme ça. Des dates qui ne correspondent à rien, juste des prétextes. Le 09.09.2009 China Moses au Bar le 9, et aux platines, juste pour le fun. Happy Birthday le 9.
Le 09.09.2009, Leica a aussi présenté à la terre entière son nouveau M, le M9, forcément. Drôle de prétexte, et de prix, bluuuurp. Tu vois Laurent, tous les "bluuuurp" ne se valent pas, surtout chez Leica. Le 09.09.2009, nous sommes allé écouter China, nous avons croisé Raphaël à la porte du 9, sous la lumière atrocement blafarde d’un vieux lampadaire. C’est décidé, je ne fais plus rien jusqu’au 13.13.2013.

raphael9

28 octobre 2008

Monty Alexander


Ce qu’il y a de bien avec les concerts de jazz c’est que rien n’est improbable. Tenez, prenez le cas de Monty Alexander. Ce type ne parle peut-être pas à l’oreille des chevaux, encore moins à celle des toros, mais il semble parler à son piano. Et le plus curieux, c’est ce sentiment d’écouter son piano lui répondre. Etonnant.
Du coup, lorsque le trio s’est mis à revisiter cette musique devenue célèbre grâce à une panthère rose, je suis persuadé que personne ne se serait étonné de voir débarquer une panthère.
Un soir d’automne, en pleine semaine, un piano en guise de cheval, un pianiste jamaïcain avec des santiags qui nous joue la panthère rose, un concert à guichets fermés, dans un hangar agricole, en pleine Camargue, ou pas loin. Sur le programme il y avait marqué : Jazz and wine…
Je conçois que ça puisse paraître surprenant comme soirée. Et pourtant, le hangar agricole, plein comme un œuf, était bien là, et le pianiste jamaïcain également, avec son piano. Quand Stéphane Kochoyan est monté sur scène pour annoncer qu’on allait écouter un monstre de pianiste, il y avait quelque chose dans l’air, quelque chose de pas ordinaire. Alors, lorsque Monty Alexander s’est mis à parler à son piano, et que son piano lui a répondu, alors là oui, tout ça est devenu complètement improbable.
http://www.jazzysud.book.fr/

25 octobre 2008

Trois morceaux de jazz à New York City


«
Messieurs, vous n’avez que trois morceaux... ensuite, terminé !»
C’est chaque fois pareil, dès que nous avons en ligne de mire une pointure, un gros poisson, le temps imparti aux photographes est limité, très limité.
Personne à ce jour n’a été capable de m’expliquer réellement pourquoi, si ce n’est que c’est clairement et méticuleusement imposé par les managers, imprimé noir sur blanc dans les contrats.
C’est curieux je dois dire. Je comprendrais plus aisément que l’on nous interdise carrément, mais pourquoi trois morceaux, ou deux, ou cinq minutes ? Mystère.
J’imagine le service d’ordre des grandes arènes françaises nous faire le coup : « Messieurs ! Aujourd’hui toréé… José Tomás ! Alors vous n’avez que trois toros… ensuite, terminé ! »
Malaise et frustration. A la réflexion je me dis qu’il est même étonnant que le monde taurin n’ait pas encore songé faire quelques misères aux photographes. Il est fort probable que la faible manne financière qu’est susceptible de générer cette activité en soit l’explication la plus plausible.
Dans le cadre des concerts de jazz, les choses sont ainsi réglées, il n’y a pas a discuter : "Messieurs, vous n’avez que trois morceaux..."
Alors c’est le stress, et la frustration à venir. Il y a le problème du choix de l’angle, un choix primordial qu’il sera difficile d’améliorer, et qui peut s’avérer fatal comme ça a été le cas pour moi, vendredi soir, pour le concert d’un monstre de batteur : Roy Haynes. Alors on a fait ce qu’on a pu.
Roy Haynes un p’tit gars de quatre-vingt-deux balais qui a débuté sa carrière dans les années 40, qui a joué avec Luis Russell, Luis Armstrong, Billie Holiday, Miles Davis, Charlie Parker, John Coltrane, et cetera, et cetera. Roy Haynes, quatre-vingt-deux balais et un charisme qui n’a d’égal que son énergie, qui semble inépuisable. Deux heures de concert. Le type t’annonce que tu n’as que trois morceaux, et dès que ça commence tu comprends que tu as choisi la pire place pour shooter, et que tu ne pourras plus bouger… On a fait ce qu’on a pu. Roy Haynes qui entre deux morceaux discute avec le public, s'amuse avec lui, et s’en prend au type qui a imprimé le programme et lui reproche les fautes d’orthographe concernant les noms de ses jeunes musiciens : « Ces gars-là arrivent de New York city ! Alors ça aurait été bien que leurs noms aient été correctement écrits !... bon… alors... What you want to listen to now ?… Any other question ? »
Je me demande s’il est possible de photographier dans les clubs de jazz de New York City, juste trois morceaux.

20 octobre 2008

5 mois


Cette fois c’est vraiment la fin. Il n’y aura plus rien à se mettre sous la dent avant le mois de mars, probablement. Mars, pour vérifier à nouveau son sac, s’assurer que rien ne manque, et reprendre la route pour aller photographier le prochain paseo. Cinq mois tout de même, ça n’est pas rien. Le côté positif de cette attente est que ça laisse plus de temps pour d’autres choses. Le campo bien évidemment, mais pas uniquement. Et puis le campo ça n’est pas non plus à côté. A Madrid, Manon s’est trouvé une équipe de basquet à photographier. Je dois avouer que la chose sportive ne m’attire guère, sauf lorsqu’elle est aquatique. Le jazz est autrement plus intéressant, il me semble. Question de goût sans doute. Le jazz c’est un peu comme les toros. Pour en jouir pleinement, il faut le vivre, physiquement, en live, et non par le biais trop réducteur d’un enregistrement, souvent trop froid et presque trompeur. J’adore ça, notamment lorsque j’ai la possibilité de le vivre dans de petites salles, où je peux me coller discrètement à la scène, à quelques tous petits mètres des musiciens. Un petit ruedo en quelque sorte pour beaucoup de caste, ou plutôt pour beaucoup de musique. L'émotion y est assez incomparable. La photo qui illustre ce post a été prise le week-end dernier à Garons, un petit village à côté de Nîmes. Il n’y a pas grand-chose à Garons, un très intéressant deux étoiles Michelin, un aéroport minuscule, que l'on dit à la dérive, et une salle des fêtes. Enfin, la salle des fêtes je viens de la découvrir. Samedi dernier nous avons pu nous y émouvoir d'une superbe voix, celle de Robin McKelle qui vient de signer chez Blue Note. Pour Blue Note, Yannick Olivier vous expliquerait bien mieux que moi que c’est THE label des musiciens de Jazz. Ca me fait penser qu’à la Casa Patas s’est déjà produit un groupe qui fusionne avec bonheur le jazz et le flamenco. Je vous en parlerai un de ces jours. Pour l’instant je vous laisse avec la voix de Robin McKelle. Lien utile : robinmckelle.com.

31 juillet 2008

Un soir de juillet, Marion Rampal


C’est Jaydie Putterman qui m’a embarqué dans cette histoire. Il faut dire qu’il n’a pas besoin de beaucoup insister Jaydie pour m’entraîner sur les chemins de découvertes plus ou moins improbables. Sur le moment je n’avais pas tout compris de ses intentions. Je pensais que nous allions simplement passer un moment tranquille à photographier un concert de jazz, pas plus. Juste une agréable soirée estivale.
J’ai d’ailleurs été très étonné que ce soit la chanteuse elle-même qui me contacte pour me prévenir de mon accréditation à son concert. Mais il est vrai qu’avec Jaydie il ne faut s’étonner de rien. En fait, Jaydie connaît très bien Marion Rampal. Jusque-là, il n’y a rien de très étonnant puisque Jaydie connaît quasiment tout le monde dans un rayon d’environ 6 691 kilomètres autour d’Avignon.
Marion n’est pas d’Avignon, pas de New York non plus. Marion, elle est juste de Marseille… Non... Poum poum… Je recommence. Marion n’est pas d’Avignon, pas de New York non plus. Marion c’est simplement une putain de bonne chanteuse de jazz, comme Jaydie est un putain de bon photographe new-yorkais, si vous voyez ce que je veux dire. Enfin, quand je dis « voir » ce n’est pas vraiment le mot. Dans le cas de Marion ça serait plutôt entendre, écouter et s’émouvoir.
Son timbre de voix ? Disons que ça combine la douceur de la muleta de mon cher Manzanita avec la puissance et la fermeté de celle de César. Et si ça ne vous évoque rien, le mieux est de vous rendre dans un premier temps sur le Myspace de Marion et ensuite, surtout, courir la voir sur scène, pour un vrai concert. Le jazz finalement c’est comme les toros. C’est tellement mieux en vrai. C’est même exclusivement mieux en vrai.
A la fin du concert, Marion a remercié quelques personnes. Et lorsque nous pensions que les remerciements étaient terminés, après un blanc, un brindis tout particulier, plus émouvant que les autres, plus fort, un brindis spécial pour M. Jaydie Putterman a raisonné, à Avignon, dans l’enceinte du cloître des Carmes. Je balance un discret coup de coude à Jaydie qui est ému. C’est à cet instant que la vieille dame, juste derrière nous, lance à sa copine : « Ça fait toujours bien de rajouter un américain dans la liste… » Ça ne s’invente pas un truc pareil et nous nous en sommes amusés.

Je ne pouvais évidemment pas passer à côté de cette opportunité de vous présenter notre première galerie totalement hors sujet. Encore que le hors sujet est ici tout relatif. J’en parlais il y a peu avec Michel Volle qui m'a confié là-dessus un truc très intéressant que je vais me garder pour plus tard. En attendant, il me fallait bien lui trouver un petit coin à cette galerie. La rubrique RUEDOS m’est apparut toute indiquée, eu égard le parallèle évident entre la piste et la scène. Par contre, pas la moindre trace d’Avignon dans la liste de nos villes. J’ai donc choisi ce que j’y ai trouvé de moins taurin… Nîmes ! Nîmes, oui, et pourquoi pas Nîmes d’ailleurs ?
La première partie de la galerie présente des photographies réalisées lors de la balance. La seconde partie, c’est le concert lui-même. C’était à Avignon, au cloître des Carmes, un soir de juillet 2008.

>>> Retrouvez Jaydie & Marion dans la rubrique RUEDOS du site et sur son MySpace.

NDLR Pour des questions bassement techniques, c'est désormais dans la rubrique PHOTOGRAPHES du site que vous trouverez la galerie consacrée à cette soirée.

05 juillet 2008

Jazz de verano



Je ne saurai vous dire pourquoi mais, définitivement, je prend un grand plaisir à photographier les contrebassistes. Sans doute le fait qu’ils virevoltent moins que leurs camarades y est pour quelque chose. Ce ne doit pas être l’unique raison non plus. Ils n'en sont pas pour autant inactifs ou inexpressifs. Il me faudra y réfléchir un de ces jours. Peut-être la façon qu'ils ont de faire corps avec leur instrument...



Dans le style virevoltant, Didier Lockwood est souvent difficile à suivre ; l’AF patine, perd le nord et parfois jette l'éponge. Mais Didier Lockwood finit toujours par se calmer un peu et il faut en profiter.



Ah oui, une chose. Je sous-expose de quasiment deux diaf, sinon... C’est, quoi qu’il en soit, très agréable d’avoir, à sa porte, un concert de jazz en plein été et en plein air. C’était hier soir, dans les arènes de Vauvert.

19 octobre 2007