Il fallait être à Dax, ce dimanche 7 septembre. Non pas tant comme aficionado, que comme humain qui veut s’enrichir d’une expérience réellement extraordinaire. Car Dax a connu l’une de ces soirées de folie et d’hystérie collective dont elle a le secret et le monopole quant à l’intensité. C’est là son charme et sa magie. A Dax l’histoire est toujours plus affaire d’hormones que de neurones.
Connaissez-vous ce sentiment étrange du décalage, de l’isolement ? Quand vous vivez un événement à rebours de la foule qui vous entoure. Quand vous ne parvenez pas, bien au contraire, à vous accorder à la frénésie ambiante. Quand figé par l’excès, par la démesure, vous prenez imperturbablement conscience de l’insignifiance des choses, à vos yeux exagérées. Il y a là, quelque chose de vaguement inquiétant, chargé de la culpabilité de ne pas ressentir à l’unisson, de questionnement quant à la validité de son regard, de son analyse et de son vécu. Suis-je insensible ? Suis-je intelligent ? Suis-je orgueilleux ?
Cela me fait parfois penser à Daladier atterrissant au Bourget après la signature des accords de Munich, considérant la foule en liesse qui l’acclamait et murmurant « Les cons ! ». Ou bien à la froide mélancolie qui vous saisit en fin de noces quand vous sortez pour contempler les étoiles pendant que se déchaîne "la danse des canards" ou "la chenille qui redémarre".
L’après-midi aurait pu être des plus heureuses. Dax eut, comme Nîmes, le mérite de Morante. A moins qu’elle n’en ait eu seulement les moyens financiers. Qu’importe, il était là…
Tout se joua en deux toros, ou plus justement en deux toreos.
Morante prend des allures de Curro. Un empâtement précoce, un goût affiché pour les havanes de catégorie, jusqu’à l’élégance violacée du costume trahissent un hédonisme consommé, les prédispositions à la jouissance des prélats Renaissance qui rompent avec l’hygiénisme ambiant des présidents cyclistes.
Rarement le vit-on plus volontaire et empressé. Rompant avec les raffinements sévillans, il se prit d’une mâle détermination pour dérouler les muletazos les plus profonds, ce toreo en rond puissant et dominateur dont chaque passe constitue un joyau dont aveuglé par la beauté on ne prend pas assez la mesure de la redoutable efficacité. "Echangerais une passe de Morante contre toutes les autres disponibles de la temporada…" Une faena d’autant plus remarquable que marquée au sceau d’une impression d’inachevé et de fragilité. Il y avait ces intervalles où, revenu du gouffre dans lequel il se trouvait aspiré durant l’éternité et l’infinie profondeur d’un derechazo ou d’un pecho de cérémonie, le toro se reprenait et regimbait, contraignant l’artiste à la maladresse de l’Albatros. C’était grand parce que c’était sensible, spontané, humain et imparfait.
Peut-on espérer provoquer l’enthousiasme d’un public populaire en lui proposant "La Passion selon Saint Matthieu" de Pasolini ou les ultimes sonates pour piano de Beethoven ? Assurément non ! Pourtant une confuse prescience du beau et de quelque chose d’inhabituel fit se mouvoir quelques mouchoirs et Morante fit une vuelta, ô combien méritée, dans l’allégresse mesurée et polie des néophytes qui se doutent bien qu’il s’était passé quelque chose mais qui ne savaient pas trop quoi.
Dax voulait vibrer, connaître ces extases collectives si propices à la catharsis et à l’oubli oecuménique des embarras du quotidien. Cette plaza où l’on cultive l’anonymat de l’uniforme blanc et rouge, où il convient si mal de se différencier, où l’on aime la ferveur des grandes communions taurines, préparait l’aboutissement intensément désiré depuis sa fondation qui auto consacrerait sa renommée. Le rêve inabouti de générations de Dacquois, le Graal, la Terre promise, le label orange absolu et définitif de sa gloire taurine : l’indulto d’un toro. Et ce fut le hold-up du siècle (depuis 1913, date de création des arènes) ! 100 ans de désirs refoulés, d’ambitions déçues, d’opportunités manquées, soldées en 10 minutes chrono de délire absolu.
L’instrument, le corpus délicti n’en imposait pourtant guère. Pensez donc, un Victoriano del Río informe, le plus petit (486 kg) d’un lot par ailleurs décevant, parado, faible et terne. Un de ces lots de collaborateurs atoniques et fades dont le complexe taurino-industriel se repaît, comme l’administration austro-hongroise se satisfaisait des ronds de cuir insignifiants décrits par Roth, Kafka et Schnitzler.
Perera, en survêtement amélioré, lui infligea, dans son style, un faenón vraiment anthologique, une de ces productions qui marquent et symbolisent une époque, un peu comme Lalique durant les années folles ou le n°5 de Chanel des années 60. Une démonstration du « toreo total », comme il y eut jadis la guerre totale.
Tout le répertoire post-moderne y passa, en grande série et avec un réel brio, cambiadas à la pelle, redondos dans un sens et dans l’autre, montages et enchaînements millimétrés, passes longues et bien construites : une véritable encyclopédie des techniques taurines, grâce à la bienveillante et noblissime implication de 'Desgarbado'. Tout cela avec l’application sans âme des bons élèves qui récitent une leçon consciencieusement apprise ou des horlogers suisses, spécialistes du travail bien fait de haute précision. Dax a toujours consacré ces toreros bons faiseurs, laborieux mais sans génie et sans aspérités, ces gendres parfaits, propres sur eux, inoxydablement conformes. Elle a ainsi adulé, fidèlement et sans états d’âmes, Dominguín, Paquirri, Ortega Cano.
Dax portait comme un abcès l’indulto de 'Cariñoso' d’Atanasio Fernández demandé par Paquirri, et incompris par le public et la présidence en 1975. Toute proportion gardée, et compte tenu du contexte et de l’évolution du toreo, ce qui se passa ce jour-là, le style de toreo du regretté Francisco Rivera s’inscrivait dans la même logique, dans la même lignée que ce qui s’est déroulé hier avec Perera.
Signe des temps, hier, sur la pointe des pieds, s’en allait Enrique Ponce, un torero qu’on ne saurait placer dans la même catégorie que les précédents, un torero fin et subtil, un tenant d’un académisme néo-classique de buen gusto.
Les choses eussent pu en rester là. Effacement discret d’Enrique, génie « mécompris » de Morante, succès formidable et justifié de Perera (Adidas pour les intimes). C’était sans compter avec la meute, la fièvre, le tsunami irraisonné et ravageur de la passion. En France, Dax, seule connaît ces emportements subits, cette hybris débridée qui la conduit aux exubérances extrêmes comme aux broncas démesurées. C’est une tradition locale, amoureusement cultivée, dont tout Dacquois bien né se fait gloire, comme du signe de sa spécificité. La « Séville française » se targue d’une âme latine et passionnée, y compris quand elle s’exprime dans le mauvais goût, le kitch ou l’outrance, ce que Séville réussit imperturbablement à éviter.
La houle de fond des équinoxes océanes, le long travail de sape du mundillo et de la majorité de la presse taurine, l’inconsistance de la culture taurine, l’air du temps porté à la satisfaction du peu et à l’exaltation de la médiocrité se sont conjugués pour engendrer l’impensable, pour concevoir l’inconcevable.
Porté à ébullition par le toreo spectaculaire et techniquement virtuose de Perera, assuré de tenir la pierre philosophale, le summum taurin dont on le gave hebdomadairement dans les arènes et sur les écrans, convaincu de faire l’histoire, le public déchaîné se prit à requérir la grâce d’un toro certes noblissime mais dont la bravoure n’avait jamais été prouvée et éprouvée par un simulacre de pique.
Comme l’entendait déjà le Cardinal de Retz : « Le peuple peut tout quand il croit tout pouvoir.» Que pesaient les tentatives répétées et désespérées de la présidence pour imposer la mise à mort. 4 longues minutes de résistance à la pression insupportable de 95 % du public sous les vitupérations et les injonctions hystériques et la complaisance perverse du diestro mirent un terme aux fragiles velléités de la présidence. Il nous eût fallu des De Gaulle, nous avons eu des Gamelins. Pour être aficionados de verdad, on n’en est pas moins hommes (et femme)…
Les gardiens du dogme, les garde-fous de la raison face à la pulsion de jouissance sans entrave d’une arène ont malheureusement failli et capitulé. Pouvait-il en être autrement au risque du lynchage ? Il faut avoir subi la fureur incontrôlable du ruedo dacquois, l’expression d’une haine sans limite et sans raison pour pouvoir en disserter.
Voici donc l’illusion fâcheuse d’un siècle qui refuse désormais la soumission castratrice à la loi, qui se berce de la conviction que la participation et l’intérêt tiennent lieu de compétence, qui sacrifie la norme régulatrice et civilisatrice à la satisfaction de son désir.
Voilà donc le fruit vénéneux de la propagande intensive mené par la coterie des chronicards : vous avez raison puisque vous avez aimé, vous avez aimé parce que nous vous avons dit et répété que cela était bien et que nous avons orienté votre goût.
De fait, le dimanche 7 septembre est une date funeste, celle de l’enterrement somptueux et décadent du premier tercio et de la pique. Néron déclame à la cithare pendant que Rome brûle, on s’étourdit à Ravenne quand les barbares pillent l’Empire, l’orgie règne dans les palais quand la peste noire ravage les campagnes ! Mais le peuple est content donc César est content !
D’aucuns voudront mesurer les conséquences de cette incongruité, faut-il y voir une cause ou une conséquence ? A chacun de juger. Pour ma part, il s’agit d’un aboutissement logique qui pérennise et sanctionne un état de fait installé.
Tout n’est pas pour autant perdu, les graines d’espoir semées par Campos y Ruedos et d’autres maquisards, les pépinières des plazas de Parentis, Céret, Vic, etc., qui permettent la levée des jeunes plans, l’éclosion incongrue des corridas de respect dans les grandes plazas (Madrid, Séville, Pampelune, Bilbao) et le succès et la renommée qu’elles en tirent sont autant de motifs d’espérance et d’optimisme.
La corrida est à l’image de la vie, un combat. Sachons demeurer vigilants, joyeux, pugnaces et encastés.
Il y a plus grave que la perte d’une bataille : le déshonneur de s’y résoudre. "Passant va dire à Sparte que nous sommes tombés pour obéir à ses lois."
Xavier Klein
Photographie Les arènes de Dax @ Camposyruedos

44 commentaires:
Remarquable, remarquable et émouvant...
Merci.
Excellent. Vous avez songé postuler à Sud-Ouest ?
Non parceque ça nous changerait et pas en mal !
regardons cette temporada 2008 bien instructive :
- d'un coté des petites arènes (rien de péjoratif), de plue en plus nombreuses, qui font le plein d'aficionados en choisissant le toro de respet et la corrida de toujours,
- de l'autre, les grandes arènes qui pour remplir surenchèrissent dans le triopmhalisme programmé, une sorte de fuite en avant, toujours plus de tripmphes "majuscules", toujours poins d'aficionados de verdad, toujours de publics ignares, jusqu'à quand ? Déjà Nîmes, précurseur, malgré le "coup" JT n'a pas rempli comme avant (beaucoup de places vendues, moins d'occupés)
gardons l'espoir !
Bravo
Exit l'événement ,fuera la médiatision honteuse de "cet heureux evenement(?)" Dax a attendu 95 ans pour enfanter d'un indulto ,Monsieur vous avez un talent a faire palir le tenancier du Prix Hemingway et je vous encourage a vous y presenter et à nous delecter sur Campos y ruedos.
C'est aussi remarquablement écrit qu'argumenté !
A l'OCT ils doivent rêver d'avoir un type comme vous Monsieur Klein !!!
Surtout ne changez rien !
CHEZ LES GRANDS TOUT EST GRAND !!!
Rimao Esint
Cher Monsieur Klein et chers amis aficionados (a priori "toristas"?),
D'un côté (et par ordre strictement chronologique) Escolar Gil à Vic, Raso de Portillo à Parentis, Palha à Bayonne, Moreno de Silva à Madrid, et de l'autre Victoriano del Rio à Dax : la messe est presque dite de l'évident clivage entre les 2 tauromachies... Presque dite au point qu'on se prend à rêver de la coupure absolue qui manque encore (un peu) à la démonstration : à quand la première vraie CSP (pas au sens de Catégorie Socio Professionnelle fût-elle ++), la première Corrida Sans Picador - comme il y a dans notre jargon francisé des NSP (Novillada Sans Picador) ?... Et pourquoi pas à Dax en 2009 - les choses vont si vite dans notre post-modernité si "festive"!... Car oui, osons dire que la CSP mettrait ainsi fin à cette tartuferie qu'est la mono-pique de plus en plus délicatement dosée (façon "cachez cette pointe si blessante que nous ne saurions plus voir sans déroger à cet impératif - catégorique ? - de l'époque en matière d'art obligé et total et partout"...) Dès lors, plus rien de vulgaire (la pique, le sang) ne viendrait s'opposer aux 200 (300, 400, plus?) passes programmées et exécutées - et devant s'achever sinon se dissoudre toutes dans l'"indulto" : oui, le "mundillo" n'aura pas dérogé au monde comme il va, réussissant à inventer le toro "politiquement correct" (autre dénomination du toro "mou"...). Demeureront - discrets jusqu'au clandestin ? - d'étranges lieux (Céret, Vic, Parentis..) où l'on viendra pour communier à la "fête du courage et des gens de coeur" (ainsi que le chante Escamillo dans Carmen), et comme retremper son âme dans l'exemplarité de modestes "hommes debout" (ainsi que les nommait Bernanos) et faisant face (de face?), non pour jouer avec des "sardines" (sobriquet entendu en son temps de Richard Milian) mais pour combattre des "toros"...
Suerte - Bernard GRANDCHAMP
donc , il y a lieu de supprimer tous les spectacles taurins en dehors de Vic (on pourrait trouver à y redire...)Ceret , Parentis.
Uniquement sortir des Palha comme à Bayonne...
Ce qui veut dire que Morante , Ponce , Curro , Rafael , Curro Vasquez , Manzana père et fils,j'en oublie, sont à rayer des cadres.Comment Fundi pourra-t-il se produire chaque jour aux mêmes endroits bénis des dieux?
Je partage l'interrogation de tous et particulièrement des habitués de CYR.Sur le problème de la race du toro et des piques.
J'osedire aussi que l'on peut , même à mon grand âge,ressentir de l'EMOTION même et surtout dans les moments difficiles de la vie.
Ce soir , je pense très fort à Kim Jong Il. Il n'a pu vivre ça...pobrecito
Bernard Dussarrat
Personne n'a écrit ça Monsieur Dussarat...
Quantà Curro Vasquez dont vous parlez je me contenterai de citer le souvenir de deux oreilles qu'il avait coupé à Madrid... à un Victorino Martin ;-)
C'était l'époque ou le minimum pour un toro était de trois piques...
C'est bien de replacer cela dans le contexte de l'époque il me semble pour juger des merdes que l'on veut nous faire avaler aujourd'hui.
Exact en ce qui concerne Curro Vasquez.
Et c'était même pour ses dix ans d'alternative. Ce torero fin et délicat avait choisi des victorinos
Le juli pour ses dix ans lui il va tuer six Daniel Ruiz à Nimes;
Quel gâchis!!!
Alors t'étais à Dax?
Alors ils ont gracié un toro!!Le lot quotidien chaque matin en arrivant au boulot;mais allez donc sur CyR cela vous ouvrira l'esprit;
"Mais non, je ne vais que sur TT et j'ai lu dans S.O que c'était super...
Alors nous voilà bien, que faire, que dire nous sommes perdus.Il n'y a pas que la ronde des enterreurs en piste, le ver est dans le fruit et depuis un moment.;;
Je déprime...
Commentaire censuré ?
Oui effectivement.
Nous publions tout sauf ce qui nous semble pouvoir relever de poursuites judiciaires.
Nous n'avons ni l'envie ni l'ambition de devoir plaider pour des propos qui nous sont étrangers puisque postés par nos fidèles lecteurs :-))
Nous avons beau être entourés de quelques avocats à la pointe nous n'avons pas l'intention de les mettre à contribution pour ce genre de chose.
SyS
Oui, bon. Dax a indulté un grand noble inédit à la pique. La belle affaire..
Ce qui me désole c'est qu'il a été programmé deux fois des Victoriano sans qu'on n'ait aucun écho de la moindre protestation suite aux analyses de cornes positives de ceux de 2007.
Alors quand on accepte des toros 'certifiés' afeités, on va pas chipoter sur les piques ou leur quasi absence.
Mes deux pesetas...
Entre les Escolar de Vic et les Raso de Parentis, je placerais volontiers le magnifique lot de La Quinta, mort en brave le mardi 22 Juillet.
Une course dont on n'a pas assez parlé sur les blogs, même sur CyR ( si si promis).
Qui a pensé à la gràce de Frasquito ou de Presidiario, sortis en 1ère et dernière position??????Personne et c'est tant mieux.Pourtant, et ce même si je n'étais pas Dax dimanche, je pense qu'il n'y a pas photos avecDesgarbado. Dommage pour Dax!!!!
Adishats.
Xavier .
Chapeau bas !
Merci.
Peio
le texte de klein, parce qu'il dit d'un jet de lances excellement écrites que ça suffit, est salutaire.il permet de clarifier cette sensation de pertes des repères et d'y opposer non pas un front buté (on nous traiterait d'archaïque, de dépassés , de frileux ou d'intégristes )mais une invitation ferme et allurée envers certains à se retourner et à observer comment ils mystifient leur monde , comment ils le régressent, comment ils foulent aux pieds ce qu'il sont censés protéger. il leur dit : vous nous faites croire que vous êtes de votre temps, que vous avez compris comment ne pas mourir sous les coups de la modernité, du politiquement correct, de la pression médiatique, des défauts de la démocratie, en vous pliant devant tout cela, en acceptant d'en devenir les otages consentants. grand bien nous fasse, dites-vous soulagés en regardant partir desgarbado vers le cajon de curas. grand mal vous nous faites oppose klein d'un verbe tranchant et net, sans concession ni compromission, moraliste mais pas moralisateur.
que ce texte, chaque fois que vous le trouverez cité de manière tronqué, soit toujours présent in extenso dans nos mémoires et nos archives pour opposer aux dominants (tribuns de foules, n'avez-vos point honte !)sa vertu condensatrice de nos valeurs.
ludo
Ludo qui veut faire du KLEIN, c'est un peu présomptueux.
De plus tenter de nous décortiquer et nous expliquer ce que ce dernier a brillament exposé, c'est vraiment maladroit.
C'est d'autant plus dommage que ce texte était positionné en première lecture et qu'il aurait du y rester plusieurs jours.
Manolo
tout à fait d'accord, manolo.
ludo
[url]http://tf1.lci.fr/infos/france/societe/0,,4079916,00-quand-le-taureau-sauve-sa-peau-.html[/url]
J'ai voulu prendre un peu de recul et ai été volontairement absent des posts pendant 2 jours. Comme 99,99% des gens qui sont intervenus, je suis attéré et consterné par cet indulto dacquois. Objectivement, est ce une réelle surprise compte tenu du "passif" de cette plazza ? Mais à mes yeux, il y a encore plus grave, il s'agit de l'exploitatation de cet indulto, par les maitres à penser de la corrdida non piquée que vous connaissez tous et dont nous parlons tous les jours. A quoi avons nous assisté, si ce n'est le développement de la révision de la pique qui est indispensable pour renouveller de pareils indultos. Mes chers amis, hèlas, nous ne pouvons pas revenir et inverser cette funeste journée dacquoise du 7 septembre, je vous suggère de garder notre énergie et notre mobilisation pour le combat, contre la réforme de la pique, qui s'annonce des plus difficiles et qui va meubler notre hiver, car nos ennemis ne perdront aucune occasion de nous attaquer.
En réponse ou en complément des commentaires de Bernard Grandchamp et de Bernard Dussarat qui ont la courtoisie de signer, quelques précisions:
La proposition de CSP (corrida sans picador) reste timide. Il manque la corrida sans présidence. Dax, désormais à la pointe du progrès, pourrait, comme dans certains jeux télévisés éminemment novateurs, distribuer un boîtier pour que chaque gentil consommateur de tendido, ayant dûment payé sa gentille place, pour voir de gentils toros puisse voter sur les gentils changements de tercios, une oreille, deux oreilles, la queue, l'indulto, la vuelta. La gentille connerie pourrait ainsi librement et gentiment s'exprimer. Le gentil rêve éternel des gentils démagogues... Evidemment, il resterait un gentil petit hic avec le problème du changement des toros, auquel on ne pourrait évidemment accéder au risque de ne pas répondre à la gentille demande. On ne saurait être gentil démocrate pour tout, surtout quand cela devient affaire de gentils gros sous!
Affirmons le sans ambages: l'art doit être tyrannique et la science sans concessions.
Le beau ne saurait dépendre de la faveur publique sinon nous n'aurions jamais connu ni Michel-Ange, ni Le Greco, ni Manet, ni Picasso, ni Berlioz, ni Wagner, ni Hugo, ni..., ni... En fait la longue procession des révolutionnaires de l'intelligence, de la sensibilité, et de la créativité humaine, qui ont su et voulu s'opposer à la conformité du goût commun.
La science ne s'accommode pas non plus de la démocratie: la terre est ronde, tourne autour du soleil, qui lui même n'est pas au centre de l'univers. Ce n'est pas à l'opinion majoritaire d'en décider. Galilée a été humilié et Giorgano Bruno brûlé pour cela, avec l'assentiment de la populace, dont l'Inquisition n'était en l'occurrence que le truchement social.
La «loi» taurine dispose: un toro peut-être gracié s'il fait preuve de qualités exceptionnelles. Quelles sont-elles?
Des qualités physiques: présentation, intégrité, type, force.
Des qualités morales: bravoure, noblesse, caste (instinct combatif offensif et intelligent).
DESGARBADO
Physique quelconque, type indéfini, force limitée, quand aux cornes, au vu des expertises de l'année 2007, on peut s'interroger.
Bravoure invérifiable (¼ de pique), noblesse intense mais stupide sans piquant et sans ce soupçon de sentido indispensable qui fait du toro autre chose qu'un carreton sur pattes.
L'exceptionnalité de Desgarbado tient donc à un seul critère: une noblissime imbécillité, qui incarne ainsi les valeurs tutélaires du public dacquois du dimanche 7 septembre 2008.
Il n'est plus seulement question là de l'excès habituel «d'oreillisme», qui fait sourire ou hausser les épaules, mais qui n'a guère de conséquences.
Dax (et il ne s'agit pas là de responsabilités individuelles mais d'une responsabilité collective du groupe humain assemblé ce jour là) s'est permis de rompre un tabou, de déroger à la responsabilité de son statut de plaza de catégorie sacre et cautionne une conception du toro et du toreo extrêmement contestable et l'élève ainsi au rang de norme du souhaitable. Et Dax le fait à l'instigation d'une coterie mundillo-médiatique et en point d'orgue de plusieurs années de matraquage journalistique et de dénigrement d'autres valeurs taurines.
J'ai mal à l'arène de ma ville natale, qui a vu naître et grandir mon aficion.
L'existence de Desgarbado ne me dérange nullement. J'ai horreur des étiquettes et ne me pose nullement en tenant du torisme ou du torerisme. J'ai plaisir à me rendre à Parentis, Vic, mais aussi Jerez, Dax ou Bayonne, à voir toréer le Fundi, Espla, mais aussi Ponce, El Juli, Morante. Des plaisirs différents, comme la saveur d'un fin repas chez Guérard arrosé d'un Pétrus ne s'oppose en rien à la garbure partagée ad domicilio avec les copains, accompagnée d'un Montus.
JE VEUX AVOIR LE CHOIX ET LE CONSERVER, SANS QU'ON M'IMPOSE UNE NORME, ET QU'ON DEFINISSE ARBITRAIREMENT OU EST LA VERITE.
PS: 1°) En dépit des affirmations de la presse, seules deux oreilles ont été concédées (vérification auprès de François Capdeville, assesseur).
2°) Après vision (http://fr.youtube.com/watch?v=rMDjwP3t_r0&feature=related), on constate une faena de Perera construite presque exclusivement à droite (et au pico).
3°) Perera, est un compulsif de l'indulto «Es una tierra muy bonita, que me emociona mucho. Hace dos años indulté el toro en Bayona, el año pasado en Nîmes... ahora lo de Dax... tengo la espina de Mont de Marsan, que ha sido la plaza en la que aún no he podido sentirme ni estar como yo quiero, pero este año espero redondearlo en un par de semanas en Nîmes». Les montois ont eu chaud...
http://burladero.com/entrevistas/003488/no/paro/darle/vueltas/pasando/hoy/desbordado
Xavier KLEIN
fred,
lapsus revelateur plaza ou pizza
Comme j'y comprends rien informatiquement à votre blog, je suis mis en anonyme. Rassurez-vous, je signe : Philippe, métis alsaco-gardois et aficionado non-professionnel !
Eh ben, on m'avait dit que CYR était extrême, mais à ce point !
Je veux bien, au vu de la vidéo youtube, que le public se soit un peu enthousiasmé, mais de là à pondre un pareil article !
J'ai jamais rien vu d'aussi snob et prétentieux ! Dites-donc, avant de citer Daladier et d'évoquer De Gaulle, vous pourriez un peu réfléchir sur le sens profond du sacrifice des résistants... Quel manque de respect pour ces gars-là ! On parle de spectacle payant pour adultes consentants, on est loin de l'histoire avec un grand H !
Le côté "peine à jouir" de ce site me navre. Et oui, je l'affirme, je préfère les envolées "fin de banquet" Zocatesques à vos boursouflures dépressives !
Arrêtez de déconner les Ayatollahs, vous emmerdez tout le monde avec votre catastrophisme (la pique bientôt supprimée... et la corrida aussi, tant que vous y êtes. N'importe quoi ! Que ce soit au nombre de toros tués ou au nombre de faenas historiques, on bat chaque année les records de l'année précédente ! Faut arrêter un peu !)
Je veux bien, au vu de la vidéo youtube, que le public se soit un peu enthousiasmé....Le côté "peine à jouir" de ce site me navre....
jua ah ah ah ah ah !!!
.... pauvre type ;-)))
Putain,c'est dur de se lever à quatre du mat pour gagner sa pitance et dire qu'il y en a gagne leur croute grace a la corrida.
Bref,les statistiques non pas de l'insee mais de "viste de naz" prouvent que la France compte plus d'anonymes que de Dupont et c'est emmerdant pour leur rendre hommage car il faudrait les prénoms.
Rebref,a l'heure de l'almuerzo peut t on au nom de la liberte d'expression bijective se tartiner une biscotte maison ou doit on imperativement passer par les elucubrations choucroutes et cassoulets.
Perso ,la cuisine française étant la meilleure ,je pense qu'il y a de la place pour tout le monde à table car il est indubitable que nous aimons tout le plat principal:la corrida.
peine à jouir
Ayatollahs
....Richesse de l'argumentation de Philippe l'anonyme serai-je tenté de rajouter...
Comme ça a déjà été rappelé ici, les Ayathollahs ne sont effectivement pas toujours ceux que l'on croit...
Chers amis aficionados - et plus particulièrement Cher Philippe ("métis alsaco-gardois"),
Je verse au dossier sinon au débat (!) le texte suivant - tiré du blog "lafetesauvage.blogspot.com", extrait d'un article paru dans Le Figaro littéraire du 29 avril 1950 - signé de l'écrivain Joseph PEYRE : "La pitié, que l'on y prenne garde, augmente avec l'amoindrissement de la bête. Si une sélection habile arrivait à produire une espèce chétive, taurillons qu'on verrait foncer aussi droit, aussi innocemment, aussi longtemps qu'il le faudrait pour permettre à l'artiste de parfaire ses arabesques, puis mourir sans ouvrir la bouche, la pitié serait encore pire... Et je demanderais moi-même qu'on le rende à la paix de la marisma, aux oiseaux qui sont ses compagnons, aux eaux du fleuve d'où il est né"... Commnent mieux définir - à 58 ans de distance ! - le type de toro "indulté" à Dax! On l'appellera le "toro de pitié" (curieusement, combien a contrario, est parlant le nom de "toro de respect"...), et PEYRE dit bien que ce type de toro - à cause justement de la pitié qu'il suscite - est destiné nécessairement à être "rendu à la paix de la marisma"... La "sélection habile" crainte par PEYRE, nous y sommes; et elle ne va pas cesser de s'amplifier. Nous aurons donc bien 2 types de toros pour 2 types de "corridas": des toros "de pitié" destinés aux "arabesques des artistes" et - après 3 petits tours ou 300 passes - toujours "rendus à la paix de leur marsima" - "indultés par pitié"; et des toros "de respect" destinés à la "fête du courage et des gens de coeur", combattus (et non abattus comme l'a si bien écrit Francis WOLFF) - et parfois "indultés par respect"... Ces 2 types de corridas vont exister, mais cohabiter de plus en plus hermétiquement - clivées et donc clivant leurs aficionados respectifs...
Bien à vous tous - Bernard GRANDCHAMP
Jacques Durand y met les formes mais visiblement il reste lucide sur ce toro non piqué... Ouf !!!
Stakhanoviste. Avec Perera, d'abord rébarbatif face au rébarbatif Bravucón
on pense à Trotski : "L'homme socialiste maîtrisera la nature y compris les faisans et les esturgeons, au moyen de la machine. Il changera le cours des
rivières et emprisonnera les océans." In extremis, Perera change le cours
de la corrida et l'envoie vers les lendemains qui chantent avec l'esturgeon
Desgarbado. D'un petit toro sans relief particulier sous la seule pique, il
fait un toro bravissime, noble, inépuisable et qui accepte tout ce qu'au
> cours d'une démonstration supérieure de temple, de maîtrise, de quiétude et
enchaînée sur rien de terrain, le stakhanoviste Perera lui impose :les passes de la droite, de la gauche, en rond, en continu, les changements de main par devant, par derrière, la tauromachie de loin, de près, et trois plans quinquennaux. Le public, qui est debout, demande et obtient la grâce de Desgarbado. C'est contestable. L'ébouriffant Perera sort en triomphe et invite avec lui l'éleveur Pablo del Rio, qui est un gros sans vergogne de l'accepter.
Le propriétaire de Desgarbado a indiqué que son "toro" était né en juillet 2004! Ses trois premiers "toros" auraient vu le jour en août 2004 et le 5ème en juillet 2004. Alors que tous les bons auteurs, ganaderos compris, s'accordent pour dire que les toros naissent en hiver, comment expliquer cette prolifération d' agostinos ??? Il y a bien longtemps, à Dax, un ganadero (Bohorquez?) s'était déconsidéré en fournissant des novillos qu'il avait fait passer pour des "toros"! Pour ce faire, il avait surchargé le chiffre de l'année de naissance que ses novillos portaient sur la patte! Aujourd'hui il n'aurait plus besoin de se donner cette peine. Il lui suffirait d'indiquer que ses novillos sont nés en juillet ou en août!
Cher frédéric , garder nos forces pour d'autres combats comme la pique certes , mais n'exagérons rien . On ne va pas affronter Tison au sommet de sa force . On peut me semble-t-il se disperser entre le toro indulté d'une pique et le combat sur la pique elle même . Fulano .
J'en ai plein le cul ,un toro indulté certes à tord, ne vaut pas une guerre!!
De Philippe (le "métis"... euh, l'humour, c'est pas ce qui définit le mieux ce blog... mais bon, j'arrête, l'objectif n'est pas de se fâcher avec tout le monde... ceci étant, le vrai anonyme qui me traite de pauvre type, qu'il se rassure, j'en ai autant à son service ! J'avais aussi "je l'encule à sec avec une poignée de gravier", mais bon, un peu trivial...)
Bon, je réponds aux gens normaux et respectueux : c'est vrai que c'était pas trop argumenté. C'était une prose assez épidermique, j'admets... Mais bon, sur ce blog et à propos de cet indulto, l'épidermique est monnaie courante.
Ceci étant, ce qui m'a profondément choqué, c'est l'article, certes bien écrit et argumenté.
Mais quand même : faites un copier-coller de toute la partie qui concerne le fait de se sentir seul à être différent, normal, au milieu de la foule lamentable (déjà, quel prétention que de se considérer comme le seul mec à avoir compris parmi 8000 ....).
Et replacez ces mots entre une introduction du genre "Ma famille habite Nîmes et, tout petit déjà, on m'emmenait aux corridas...." et une conclusion comme suit ".... ce jour-là, je compris que ce spectacle n'était pas acceptable et que la foule nîmoise avait tort."
Eh oui, vous feriez un anti très acceptable, question d'angle d'attaque.
Je ne me considère pas comme spécialiste, mais pas non plus comme taré. Et je pose la question : dans les années 80, je n'ai jamais vu un redondo inversé (de pecho si vous préférez), ni un cambio, ni de faenas aussi abouties que celles de Perera, Castella (si ce n'est une d'Ojeda), ni la régularité d'un Ponce. Pourquoi ? Est-ce la technique qui s'est améliorée, des génies qui ont vu le jour ou bien, comme vous le suggérez à longueur de blog, les éleveurs qui trichent et présentent des chèvres sans danger ?
J'aimerais qu'on me réponde, pas qu'on m'insulte.
Philippe Aguillon, Colmar
(PS : le coût de la vie en général et de l'essence en particulier étant ce qu'il est, je ne peux pas me rendre aux Vendanges de Nîmes, voir tous ces tricheurs et autres stackhanovistes du muletazo... et rater les seuls contre 6 de Juli et Castella, rater Morante, Perera, ça me fait bien chier ! Certains aficionados feraient bien de ne pas oublier qu'ils sont sacrément privilégiés !)
Tout à fait d'accord avec Philippe ; reste le train ou le covoiturage (voir avec la direction des arenes) . Reste aussi qu'il faudra que les toros choisis pour nimes embistent . Reste aussi que sans nimes et dax , avec leurs exces , beaucoup sur ce blog n'auraient peut être pas connu l'aficion . Et puis s'il y a dans ces deux arenes des dérapages , il y en a ailleurs , et parfois , soyons objectifs , il y a de bonnes choses . Viva Morante !
Chers aficionados,
une simple remarque:nous qui sommes 35 à cette heure à commenter en toute liberte sur ce blog ,je vous defie d'en trouver un qui suscite autant d'interet et s'il faut rendre hommage aux Dacquois de nous donner l'occasion de s'exprimer ,il faut sans interet aucun dire chapeau à CyR car à ce jour la plupart des blogs Français et Espagnols sont suivis du chiffre 0 au niveau des commentaires.
Chez nous à DASS..
C'est plutot "OO"..
..LE chiffre béni des Dioos au niveau des commentaires !..
Que viva CyR , que viva OO y...MOORANTE !!
ps: este bloog es un pedazoo de bloog !! y XK alsoo !
peio.
Xavier à ton âge, déchainer de telles passions, c'était inespéré....
Cher Philippe Aguillon de Colmar,
Vos précédentes interventions m'avaient fait sourire et je n'étais pas convaincu de l'utilité d'y répondre. Comme vous êtes devenu non seulement courtois mais plus ouvert, je prendrai plaisir à le faire.
En général, en bon névrosé judéo-chrétien, quand on me qualifie de snob et prétentieux, j'ai tendance à réagir ainsi:
1°) Suis-je d'un naturel snob et prétentieux?
2°) M'arrive t-il parfois d'être snob et prétentieux?
3°) L'article incriminé serait-il réellement snob et prétentieux?
Etant peu assuré, et cultivant le doute, je me suis donc enquis sur les 2 premières questions fondamentales. Le résultat de la consultation a révélé que j'étais toujours chiant, souvent provocateur, parfois pénible, rarement prétentieux et jamais snob. Rassuré par ce diagnostic, je fus porté à penser que votre appréciation était quelque peu erronée.
En ce qui concerne la 3ème, j'ai fini par conclure, si vous me permettez la vulgarité, que je m'en tapais le coquillard. Une fois la faena terminée on s'en désintéresse et l'on passe à autre chose.
Mes origines étant, comme mon patronyme le suggère, aussi métissées que les vôtres, étant entendu que les «enfants métissés sont souvent les plus beaux», ce dernier critère n'entrant en rien dans le débat, j'ai subodoré toutefois que cette précision de votre part sous entendait une précaution, en l'occurrence que vous n'appréhendiez peut être pas, pour des raisons culturelles, la globalité du problème.
Monsieur Philippe Aguillon, toutes mes félicitations! Dans la douleur d'un accouchement aux forceps, vous semblez être sorti de la caverne platonicienne pour entrer, si vous désirez poursuivre, dans la clarté aveuglante et l'inconfort de la réalité crue.
C'est paraît-il comme la sodomie, ça surprend la première fois mais après on s'habitue... Pardonnez encore une fois la crudité du propos, mais son expressivité l'excuse. N'allez pas croire non plus que nous sommes pour autant des enc..., vous auriez tort, nous sommes pire!
Peine à jouir! C'est inexact. Plutôt adepte de ce raffinement suprême des sens qu'est le vāmācāra, école tantrique de la main gauche. C'est à dire 5 heures de copulation avec sublimation finale de la kundalini: extase sans égal et orgasme cosmique... Nous sommes donc effectivement loin des «fins de banquets» zocatesques.
En fait, des affreux, mais après tout personne n'est obligé de lire...
Pour répondre enfin à votre questionnement, il ne vous aura pas échappé, qu'en ce qui me concerne, hormis quelques taquineries, je ne remets nullement en cause le bonheur que m'a procuré Morante sur ses deux toros et l'intérêt suscité par Perera à son second. Pour ce dernier, je puis toutefois vous confier quelques noms de praticiens avertis qui font la même chose, sinon mieux, avec un carreton, ce qui présenterait l'avantage pour l'avenir non seulement de faire l'économie d'un toro, un indulto virtuel en quelque sorte, mais également de pleinement satisfaire nos amis anti-corrida.
A ce propos je soumets à l'attention générale l'article 84 du chapitre IV du titre VI du règlement de l'Union des Villes Taurines de France: «Lorsqu’un animal aura mérité d’être gracié en raison de son excellente présentation et son excellent comportement dans toutes les phases du combat sans exception, notamment en prenant les piques avec style et bravoure, le Président pourra dans les circonstances qui suivent, accorder cette grâce afin que l’animal puisse être utilisé comme «semental», après les soins nécessités par son état physique et ses blessures, et participer ainsi à la préservation et l’amélioration de la race et de la caste de l’espèce.»
A noter que le même article du règlement espagnol comporte une clause en §5, étonnement négligée par le règlement français: «Lorsqu'une bête sera graciée, l'éleveur devra restituer à l'entrepreneur, la totalité ou le pourcentage de la somme d'argent conclu entre eux». Ceci expliquant que l'honorable représentant de Victoriano del Rio préfère faire indulter ses bestioles en France. Il n'y a pas de petits profits.
J'ai le tort, sans doute snob et prétentieux, de penser qu'un règlement existe comme son nom l'indique, pour poser des règles élémentaires, et qu'une présidence se justifie par la nécessité de les faire appliquer.
A moins que vous n'arriviez à me démontrer, cher métis, ce qui sera difficile, que notre bon Desgarbado (traduction: dégingandé) a mérité d’être gracié en raison de son excellente présentation et son excellent comportement dans toutes les phases du combat sans exception, notamment en prenant les piques avec style et bravoure. je persiste à affirmer, quand bien même serai-je le seul, ce qui n'est pas le cas (2 membres de la présidence sont de mes amis et l'ont reconnu publiquement) que cet indulto n'était absolument pas justifié, au contraire du sentiment d'isolement ressenti et du juste courroux qui s'en est suivi.
Grand bien vous fasse, cher colmarienno-gardois de vous faire plaisir en suivant les exploits herculéens de toreros que je peux apprécier comme vous. Vous en tirez du plaisir, c'est heureux, légitime et respectable et il ne me viendrait pas à l'idée de vous qualifier d'«éjaculateur précoce» en réponse à votre «peine à jouir». Mais puisque vous évoquez les années 80, je porte toujours le regret, emporté alors par un enthousiasme similaire au vôtre, de ne pas avoir su mieux regarder et apprécier certains toreros comme El Viti ou Manolo Vazquez. Jeunesse doit se faire!
Pour répondre à votre ultime question, sans vous insulter, mon avis personnel, est que la corrida, à l'instar de tout phénomène humain, est en évolution constante. Les suertes que vous décrivez (redondo inversé) existent depuis très longtemps. La plupart des suertes existantes ont été élaborées durant la première moitié du XXème siècle. Les toreros actuels se contentent bien souvent de les remettre à l'ordre du jour. Les redondos ont été magnifiés par Damaso Gonzalez, maître du dominio. La différence de taille est qu'il les servait à des Miuras ou des Pablo Romeros encastés et dangereux ce qui change passablement les données du problème. De même, je me rappelle de 3 cartuchos de pescados, ou de leur variante de la escopeta, exécutés par Antonio Ordoñez en 1969 (j'avais 13 ans). La différence est qu'il les exécutait avec des Buendias sur une charge de 20 mètres et les déclenchait impavidement à 5. On voyait le toro changer de trajectoire, c'était magnifique. Avant lui, Pepe Luis Vazquez, et Litri employaient ces mêmes suertes.
La technique était la même, mais le risque différent, parce que les toro étaient différents.
Ce n'était pas le «bon temps», c'était autre chose. Les toros sortaient beaucoup plus légers (imprésentables selon les canons actuels), souvent afeités jusqu'au oreilles. Il n'était pas rare qu'ils sautent dans le callejon (ce qu'on ne voit plus guère), qu'ils sortent mansos perdidos ou con casta, ce qui a fait le succès des Atanasio Fernandez.
Les faenas, adaptées aux possibilités de ces toros, étaient le plus souvent très profilées. Les frères Campuzano ont remis à l'honneur le toreo de ¾.
Dans les années 80, Paco Ojeda, dans la lignée de Belmonte, de Manolete et du Cordobes a réintroduit le goût du tremendisme, dans la tradition duquel se placent actuellement Castella mais aussi José Tomas. Le problème, c'est que ce type de toreo suppose un certain type de toro: noblesse maximale, bravoure minimalisée, sauvagerie et sentido nuls. C'est donc un toro atrophié, diminué, en quelque sorte monstrueux que les éleveurs ont désormais fabriqué en série.
L'encaste le plus propice à cette production était le Domecq, ce qui explique que 80% des toros combattus aujourd'hui soient de ce sang. Des encastes entiers ont été sacrifiés à une mode, une perte irrémédiable, un appauvrissement irréparable de la diversité biologique.
Tout cela, parce qu'on a voulu, pour des raisons commerciales, formater un produit parfait et conforme, au service d'une tauromachie de la virtuosité et de l'esthétique à tout prix, parce qu'elle se vendait mieux. Mais où est passée la valeur combat et l'émotion qu'elle génère?
Quand j'étais gamin sur le marché on trouvait 20 espèces différentes de pommes, 20 tailles, couleurs et goûts différents. Maintenant entre la golden et la grany, vous seriez bien en peine d'en trouver 3 variétés. Je ne sais pas si les pommes d'antan étaient meilleures, il n'y a guère de mémoire des goûts, mais il y avait le choix...
Vous avez raison on a jamais tant toréé (vous le disiez, les spectacles se multiplient), ni si bien qu'aujourd'hui, mais devant quels toros? Partenaires et faire-valoirs ou adversaires?
Libre à vous de vous satisfaire du prêt à toréer en vogue, pour ma part, l'une de mes plus grandes émotions fût de voir Curro Vazquez, torero fin et fragile, relevant de blessure gravissime, et se battant contre sa peur, devant un Baltazar Iban de caste, pour obliger ses jambes à obéir à sa volonté, pour tirer, porté par le public dacquois, une à une, des passes valeureuses et profondes.
Cette antithèse de Perera n'avait rien de parfait, il n'y avait pas eu d'oreille, c'était seulement une tranche inoubliable d'humanité.
A vous de voir.
Xavier KLEIN
J'ai une question toute simple: pourquoi Xavier KLEIN , dacquois fondateur de la pena ALEGRIA puis animateur de sa tertulia, n'a-t-il rien dit publiquement à Dax durant toutes ces années ?
REPONSE
J’ai dit et je l’ai durement payé.
Au début des années 80, j’ai été envoyé 2 fois à la présidence: 2 broncas de catégorie puis interdiction définitive de séjour au palco.
Avec d’autres peñas et l’ANDA, au début de ces mêmes années, nous avons lancé des broncas et fait changer plusieurs toros pour présentation insuffisante ou afeitado. A ma connaissance Dax fut la seule plaza en France où l’on a changé un toro pour ce dernier motif.
J’ai été ostracisé, fiché, photographié, contrôlé et fouillé à l’entrée des arênes, agressé verbalement et physiquement, on a sucré le réservoir de ma voiture pour avoir simplement émis des critiques.
Je n’ai en outre jamais été pérennisé dans la Commission Taurine Dacquoise: trop de compromissions à accepter et échine trop rigide.
En outre, il est extrêmement difficile, surtout «chez nous à Dax» de concilier l’appartenance à une communauté de vie dacquoise très exclusive et «esprit de clocher», avec la liberté de pensée ou de parole. Si l’on critique on s’exclut de facto, on est le traître, le «mauvais dacquois». Or il faut bien vivre au quotidien, et la chose taurine ne saurait rester que périphérique de ce point de vue.
Par ailleurs, si vous suivez les tertulias de la peña Alegria, où j’interviens comme invité (bien que j’en sois président d’honneur en tant que fondateur), je ne pense pas y tenir la langue de bois.
Enfin, si vous avez l’impression du silence, c’est surtout par absence d’écho: on retombe là dans le problème de la presse locale et spécialisée qui ne présente qu’une version univoque des faits. Si les journalistes dacquois et le chroniqueur taurin avaient fait correctement leur travail d’information, ils auraient recherchés les avis discordants plutôt que d’organiser l’apothéose. On ne peut pas avoir partie liée avec le système et autoriser sa mise en cause…
Xavier KLEIN
snob pedant oser citiquer une decision demandee en premier par rincon lui meme.vous n'arrivez pas au doigt de pied de zocato
11mars 2009 ce trite sire " klein" recommence .rendez vous sur terres tarines......on ne devrait meme pas relever ses elucubrations.le mepris c'est tout ce que merite cet homme.en est il un.il est tellement obsede qu'on peut en douter
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