11 juillet 2009

Pamplona - Corrales del Gas 2009

Avant de revenir sur notre
plongée dans les Sanfermines 2009, vous pouvez retrouver les toros de la Feriadeltoro dans la rubrique RUEDOS du site. Comme dirait l'autre, "y'a du bois"!
Photographie: un toro de Miura dans les Corrales del Gas à Pamplona © camposyruedos.

08 juillet 2009

José Tomás, Barcelone 5 juillet 2009 (II)

Avant un départ imminent pour Céret, une seconde galerie Barcelonaise est accessible depuis la rubrique RUEDOS du site. Barcelone, Céret... et dire qu'on veut nous faire passer la Catalogne pour anti taurine...
José Tomás

07 juillet 2009

José Tomás, Barcelone 5 juillet 2009

Barcelone, 5 juillet 2009, 18 heures 30. La porte du patio de cuadrillas s’ouvre, découvrant les premiers subalternes. Quelques secondes s’écoulent avant que n’apparaisse José Tomás. Une démarche de mort-vivant qui n’appartient qu’à lui, Tomás se découvre pour répondre à la tonitruante ovation qui salue son apparition. Il faut dire que cette manière de se présenter a sur les groupies un effet immédiat et spectaculaire. Et pas uniquement sur les groupies. Le regard est quelque peu hagard, la démarche lente, la pression sans doute très forte. On en éprouve presque un sentiment de malaise.
On se dit que ça va être tout ou rien. Ce ne sera ni l’un ni l’autre. La course ne fut pas une réussite totale d’un point de vue strictement taurin, pas plus qu’un évènement historique malgré les oreilles. Mais à ce stade de comportement délirant d’une partie du public, les oreilles coupées ne signifient plus grand-chose. Il faut bien satisfaire les groupies.
Ça commence pourtant fort mal, avec une limace de Nuñez del Cuvillo. Si les suivants sont du même tonneau, nous courrons droit à la catastrophe. Quelques indélicats osent les palmas de tango.
Regard noir des groupies. Les groupies se moquent bien que le cuvillo soit invalide, car il est noble. «Regarde comme il met la tête ! Et eux là-haut, ils font rien qu’à nous gâcher le plaisir avec leurs protestations, pfffffff… allez… Bieeeeeeeeen !! » Même pas le Olé, non, mais un "bieeen", muy amariconado.
Le Nuñez del Cuvillo est pourtant vraiment invalide. Pendant que les groupies font mine de ne pas voir, l’afición fait la moue. Mauvais début.
Ça enchaîne en revanche fort bien avec un toro d’El Pilar, cornicorto mais dangereux, puissant, sauvage et teigneux, qui veut en découdre. Un toro avec de la mansedumbre et de la caste, qui renverse la cavalerie. On le sent vouloir étriper l’équidé, tente de sauter par-dessus le cheval au sol. La deuxième rencontre ne sera pas appuyée, insuffisante. Le toro est cru. Un sashimi de toro, de caste et de problèmes. Panique en piste, le «peonage» est en difficulté.
Les groupies sont désespérées, les aficionados aux anges. Car si les groupies se moquent bien que l’adversaire soit invalide, pourvu qu’il soit noble, elles ne supportent pas que l’adversaire fasse étalage d’une sauvagerie désordonnée et problématique.
Ce fut pourtant l’occasion de voir toréer «Monsieur» José Tomás, impressionnant de tout, d’aguante, de vérité, de mando.
Le toro est loin d’être innocent. Ça débute par des doblones un genou en terre, secs, puissants. Ça enchaîne immédiatement par le toreo fondamental, sans fioriture, sans rien d’ostentatoire. José Tomás se plante, lie les muletazos, «aguante», encaisse et impose. Le toreo, rien que le toreo.
Ce n’était pas mignon mais c’était profond, puissant, et authentique, une émotion immense, Tomás dans toute sa vérité. Une faena réellement importante avec un opposant qui exigeait énormément.
En troisième position, un Victoriano del Rio, noble, sans aspérités. Le toro exige moins. Tomás s’expose, lui donne de l’air, muleta devant pour quelques naturelles profondes. Première voltereta. Cette cogida sans conséquence mais violente a peut-être quelque peu déstabilisé Tomás, sinon moralement du moins physiquement, car six toros à la suite ça n’est pas rien, et nous en étions déjà au troisième.
A partir de cet instant les choses ont évolué différemment. La suite fut à mon goût entre deux eaux, jamais ennuyeuse, mais jamais totalement convaincante malgré la distance donnée aux toros, malgré un répertoire riche et varié qui a maintenu un intérêt constant et malgré le fait que Tomás ne se soit jamais économisé, sur aucun toro.
Le point négatif, peut être imposé par les conditions des toros, c’est que j’ai vu Tomás remater ses muletazos plus à l’extérieur que de coutume, plus loin, sans toujours se ramener le toro pour ensuite lier. Et c’est cette ligazón à partir de là plus rare qui a fait défaut pour que les choses prennent une autre dimension.
Les solos se soldent souvent pas des échecs ou des instants d’ennui. Ce ne fut pas le cas dimanche, loin de là. Il aura simplement manqué un moment réellement cumbre, réellement triomphal pour marquer cette journée d’une pierre blanche et ne pas laisser ce petit goût d’inachevé. Mais n'en doutez pas, Tomás est grand !
Une galerie est accessible depuis la rubrique RUEDOS du site.

José Tomás

06 juillet 2009

MON VIEUX

Dix années déjà … dix années de tous les combats, fidèles et robustes. Et ouais... on en a fait quelques unes ensembles, hein? Des bonnes et des très bonnes, et toi, t'as été solide et gaillard, toujours... et moi, moi, je me sentais bien et beau avec toi. Blanc qui pète, mal aux yeux, la classe aux premières heures, sale comme un peigne aux dernières... on rayonnait! Tu sais, entre amis, faut pas trop tarder pour s'avouer les trucs... les trucs de copains, les trucs d'amitié, de coin de rade, les trucs qu'on se dit après le jaune de trop parce que celui d'avant ne t'a pas assez allumé pour que tu te livres aux sentiments, bras dessus, bras dessous, les yeux dans les yeux , le nez dans l'haleine... bref, entre nous, c'est à la vie à la mort, de tous les comptoirs, de toutes les rues, de tous les tendidos... et toujours en dessous de la ceinture!
Enfin, bon, voilà, tu te doutes que si je te parle comme ça, amigo, c'est que j'ai plus qu'une déclaration à te faire, un aveux en fait: ça me gêne de te le dire, mais regarde toi, tu tiens plus debout, t'es plus blanc, t'es presque gris, tes coutures, c'est des échelles de corde, ça peut péter à tout moment et moi , je veux pas partir là bas cette année avec un futal dégueulasse, alors que les vieilles « duenas » nous ont toujours trouvé beaux, chaque 7 juillet au matin, en attendant la Jota à San Fermin! Alors non, mon vieux, on repartira pas ensembles cette année...et non!
On a fait notre temps, toi et moi. C'est ainsi... Je rentrais dix fois dans toi, t'étais plus à ma taille, même la ceinture ne savait plus comment te retenir et se désespérait d'autant de trous rajoutés année après année. T'es devenu moche comme un ministre de l'immigration et rêche comme un ministre de l'immigration. De toutes façons, je t'ai remplacé. Plus neuf, plus cintré, plus à ma taille et sans le pli, je préférais. Quoi qu'il en soit, fini le XL, je mets du L, maintenant.Voilà.

Tu sais, maman appréhendait beaucoup de te voir revenir de chacune des tes escapades. Elle savait combien tu te mettais comme un monstre, et savait le nombre d'heures qu'elle allait passer à te gratter le dos pour que tu ressembles enfin à quelque chose... elle t'aimait bien, mais elle finissait par trembler quand elle te voyait arriver. Et puis, dernièrement, le coeur dessiné sur la poche arrière qui partait pas, là, ça l'a achevé. Ne lui en veux pas, elle commence à vieillir aussi....
Du coup, papa veut bien s'occuper de toi. Tu vas adorer papa. Il t'emmènera prendre l'air, de temps en temps, sur sa belle tondeuse. Deux fois par semaine en été! Pas pour rire! Tu verras, vous allez bien vous entendre tous les deux. Il est cool, papa. L'important, c'est que tu restes pas comme un con dans ton placard "naphtalinisé". Et puis , je sais que je te verrai, de temps en temps, suspendu dans le cabanon, sans doute à coté du ciré, et pas très loin du taille-haie... Allez va, je sais la peine que ça te fait, mais si ça te chante, je te raconterai mes prochaines campagnes de Navarre, les retrouvailles avec Plech, le plus grand chasseur de palombes de la vallée d'Oloron qui a fini par débusquer une caille, Paski , qui va peut etre enfin se calmer vu qu'il est papa maintenant, le vieux Lafitte, qui va encore pleurer en arrivant, et en partant, puis Maya , qui nous ramènera sans doute encore un improbable énième collègue marmiton qui doit passer ses 35heures à éplucher des patates et qui ira se coucher après un traitement de percheron au martini Kas, et qu'on reverra jamais, plus jamais; Inaki, le petit cheval au milieu de ses cabezudos, et tous les autres, bien sur, qu'on n'attendait pas, ou qu'on ne connait pas encore... le bonheur du premier katxi entre frères de bringue sous le soleil rouge et blanc, scratchés au comptoir comme des gamins devant la vitrine du père Noël, en attendant l'orgasme "txupinazesque", pour nouer enfin le panuelo, graal de chez graal, à la terrasse du Txoco! L'incontournable "Pamplonica" qui fait trembler les arènes dégueulantes de fous, alors que le soleil commence à peine à griller les mongolfières qui lui frôlent le cul. Cette petite jota qui te tourne dans le teston toute la nuit et qui dit vaguement ceci: « no te vayas de Navarra »( même pas en rêve, cono!!!...), la lumière si particulière dans Estafeta au petit matin quand les vapeurs « riojisées » s'échappent en volute des pavés qui commencent à sécher, puis l'attente devant la mairie, le grondement des tambours de guerre au fond du bide quand tu attends le "cohete" à l'angle de Mercaderes, l'enfer venu de Santo Domingo que les cloches pendues au coup des cabestros annoncent chaque matin sur le coup de 8 heures, les gros déguelasses « US » qui ronquent dans la fosse commune "Plaza del Castillo", ces fumiers de revendeurs qui te prennent pour un néo-Z à te vendre des andanadas sol à 3000 pour des Salvador Domecq ( c'est dire s'ils nous prennent pour des faisans!...), les regards noirs et profonds des filles d'ici, et puis les Aguirre, les Miuras ou les Gagos, les gradas sol-infierno, la "chica yéyé" qui n'en finira jamais de baiser avec le "rey" dans ce bordel divin, les « toupins » de rognons en sauce et les Katxis de rouge dégueu qui fusent dans le ciel comme les charters « made by Besson » remplis d'indésirables fusent dans le ciel « gris-Paris » de Roissy ( c'est dire si ça fuse!... ), la sortie triomphale « con el TXUNTXUN de las penas » où on se hache les pieds, le dos et tout ce qu'il est possible de se hacher, mais fous et heureux comme des drôles chez Mickey ... je te raconterai les galoches aux australiennes rouge crado, et puis "l'Oberena", la "Unica" de mon Pouy unico que j'aimais tant, ou les potxas de la "Jarana" où on se finissait pour une ultime bonne suée, avant de traverser une dernière fois, la "Jarauta" pour être sur de ne rien rater, pour etre sur de s'en mettre un dernier et pour etre bien bien sur enfin qu'on est arrivé au bout de tout ce qu'on pouvait donner, ici, en Pamplona, IRUNA, le PONT G de tout un Monde!
Non, nous n'irons plus ensembles... mais je te raconterai encore la Navarre en rouge et blanc, la grande cité que tu aimais tant, celle des Dolores, des Miuras et des gagos, celle de notre amitié, celle des frangins de bringue, celle de quand on chantait Sabina et ses « 19 dias y 500 noches », celle de tous nos excès, de tous nos bonheurs, de tous LES bonheurs. Mon vieux, je te raconterai encore la fiesta sin igual, définitivement sin igual. Merci pour tout, amigo, ne sois pas triste… moi, j'entends les gaitas... m'en veux pas, faut que j'y reparte... mais sans toi, cette fois, vu que je mets du L, maintenant.
El Batacazo
photo:blueindustries

05 juillet 2009

Sánchez Fabrés

Las Veguillas (Salamanque), octobre 2008. Nous sommes presque arrivés au terme de notre voyage campero, la mémoire pleine d'images inédites et le bonheur diffus, en même temps que traversés par ce vague-à-l'âme qui nous saisit chaque fois que nous venons de découvrir, ou redécouvrir, ces élevages dont on a fini par savoir qu'ils demeureront confinés dans les territoires du rêve, de l'imagination et du fantasme.
Alors, pour renouer en douceur avec une réalité pas trop brutale, nous décidons de clore nos pérégrinations en empruntant des chemins que des organisateurs originaux ont empruntés aussi. C'est ainsi que nos pas nous guident vers la finca "Pedro-Llen", où Juan Sanchez-Fabrés élève ses coquillas.
Le vent souffle en rafale et semble rendre folles les bêtes enfermées dans leur enclos, que de nombreuses manoeuvres ne parviendront pas à réduire à l'immobilité nécessaire pour les croquer. Ils sont encore jeunes, ces novillos qui viendront vendre leur peau noire sur le sable cérétan. Mais déjà la caste et la fureur de leurs origines est bien palpable.
Il faut souhaiter de tout coeur que le choix de cet élevage par l'Association des Aficionados Cérétans (ADAC) sera apprécié par le grand public à sa juste valeur, c'est-à-dire comme l'un des événements les plus intéressants de la saison. Nous nous interrogions récemment sur ce qui fait, sur ce qui selon nous doit faire la spécificité de cette arène. L'ADAC apporte par ce choix une réponse d'une clarté aveuglante, et c'est une bonne nouvelle. Bien sûr, ceux qui viennent en Vallespir chercher uniquement de gros taureaux et de longues cornes en seront sans doute pour leurs frais. Puisse la caste des Sanchez-Fabrés leur démontrer qu'il y a autre chose à y trouver ; autre chose d'à la fois original et authentique.

La fiche consacrée à l'élevage sur Terre de Toros, ici.
La galerie sur Campos y Ruedos, .