09 février 2010

Meca chez Pablo


Le club taurin nîmois "Les Amis de Pablo Romero" communique :

VENDREDI 12 FEVRIER, RINCON TAURIN chez Les Amis de Pablo Romero.

Suite à la Délégation de Service Public des arènes de Nîmes, nous désirions recevoir séparément les deux candidats afin qu'ils nous présentent leurs dossiers.
Seul M. Stéphane MECA ayant répondu à notre invitation, nous aurons donc l'honneur de le recevoir dans nos murs au 12 rue Emile Jamais à Nîmes le vendredi 12 février.

Nous essaierons d'expliquer :
- ce qu'est une Délégation de Service Public ;
- comment se construit un dossier de réponse et
- quel était le projet taurin du candidat.

Entrée libre et gratuite - RDV 19h30-20h.

05 février 2010

'Numismático' par Salva


Ce jour d'octobre 2003 à Madrid, à l'ombre des briques neomudéjar de Las Ventas, mon cœur a cogné fort — j'en suis certain — lorsque je découvrais dans les bacs d'un bouquiniste ces photographies signées Salva. Mes yeux se mirent à briller de mille feux et un étrange silence enveloppa tout mon être qui se retrouva — je m'y revois — seul au monde à contempler les tirages : des estampes issues d'élevages prestigieux et saisies dans leur campo par un photographe aficionado... a los toros.
Je caressais du regard des prietos, des murteiras, des condesos, de la Maza ou de la Corte, des palhas, des valverdes, des cuadris ou des tulios — j'en oublie. Emerveillé je l'étais mais indécis je puis vous assurer que je l'étais plus encore, car lequel prendre ? Devant cette magnifique galerie de toros-toros, il me fallait en choisir un ou les emporter tous... Les cornus une nouvelle fois passés en revue, je décidais finalement d'acquérir celui que j'avais reconnu : 'Numismático', un tulio armé long et fin vu en photo quelques mois plus tôt de l'autre côté de ce mur de briques, dans le ruedo.
D'après Salva, 'Numismático' et ses frères, outre le fait qu'ils accusèrent la chaleur caniculaire jusqu'au point de perdre chacun un nombre conséquent de kilos, « seguramente por el viaje »1, composèrent une « corrida vareada y musculada, muy ofensiva y astifina, sobre todo el cuarto. » Le quatrième c'était lui, 'Numismático', numéro 9. Et Salva de conclure sa reseña2, Trapío, par ces mots qui se passent autant de traduction que de commentaires : « Hubo en la plaza casta e integridad. Los dos pilares fundamentales de la Fiesta. »

1 Le lot affichait des poids compris entre 464 et 485 kilos.
2 Voir le lien. A noter que Salva vit en 'Isleño' un grand tulio malgré la négligence du président Lamarca : « Les aficionados protestèrent suite à la décision du président de ne pas proposer au toro une troisième pique qu'il aurait sûrement prise avec la même bravoure que les précédentes. »

Image Sorti de son cadre... 'Numismático' de Isaías y Tulio Vázquez lidié le 3 août 2003 à Madrid par Manolo Sánchez © Salvador 'Salva' Valverde

04 février 2010

Salva


Acaba de morir Salva. A las 07.00 horas.
C'est un ami commun qui m'a annoncé la nouvelle, par mail, quelques instants seulement après que Salvador Valverde a définitivement fermé les yeux... Un mail court et sec comme un coup de trique.
Salva est mort...
Merde...
Y'a rien à dire. Encore moins à faire. Juste se souvenir. Arrêter de faire ce que l'on était en train de faire et y songer quelques instants, les yeux humides, la gorge nouée. Les souvenirs affluent, immédiatement. Des souvenirs de campo, des souvenirs du "7" lorsque le Cid avec les victorinos... Les trajets en 4x4, Madrid – Salamanca, Salamanca – Madrid, pluie sur l'Escorial, comme toujours.
Bien sûr, nous le savions très malade, mais tout de même, saloperie...
Il y a quelques années c'était Salva qui m'avait annoncé par SMS la disparition d'Alfonso Navalón. Ça disait plus ou moins : Alfonso Navalón, le dernier critique taurin vient de mourir. Vidal était déjà parti, enfin je crois. C'était en pleine féria de Bilbao...
Aujourd'hui c'est Salvador qui est parti, en plein milieu de rien du tout.
Il y a des semaines comme ça...
Descanse en paz Salva.

Photographie : 'Comilón', novillo de Salvador Valverde lidié à Madrid le 17 août 2008 © Juan 'Manon' Pelegrín

03 février 2010

Temporadas malgaches


Une grande clarté de fin de saison 1960-1970, les sixties fantasmées au son de ballades anglo-saxonnes forcément ensoleillées. Un air de bonheur se répand de ces campus américains qu'on voit au ciné. Ambiance baba cool technicolor en mondovision : depuis nos tropiques opposées, on a tout le loisir de picorer le meilleur de ces effluves enjouées, et de garder son quant-à-soi devant les amis des parents. En subsistent de nombreux sourires photographiques. La temporada malgache bat son plein : les coches de cuadrillas sillonnent les hauts-plateaux rouges de la Grande-Ile. On écoute Simon & Garfunkel, même si ça n'a pas grand-chose à voir avec les rizières et les arbres du voyageur. L'indépendance a tout juste l'âge de raison. La competencia reste molle, comme adoucie par les moeurs locales : Mora-Mora Vazaha. Anstirabé, Tananarive ne sont pas Madrid, Tulear et Tamatave, Fianarantsoa, les pousse-pousse et les pirogues à balanciers n'ont rien des ports espagnols de l'été taurin. Dans les ruedos de terre ocre, les Zébus sont généreusement afeités et balancent mollement leurs morrillos disproportionnés. La foule autochtone, drapée dans ses lamba, ne compte pas ses applaudissements ni ne feint son admiration. Il arrive que l'on danse et chante. Sous les lambris coloniaux de l'hôtel des Thermes qui se tient encore, la fête bat son plein : fauteuils club et terre battue, les femmes d'expat' tapent la balle et laissent voler leurs jupes plissées. Soûleries et petites pépées, une ambiance de Venezuela francophone étonné par ces espagnolades. Les toreros d'alors portent beau et affichent glamour.

Sur le plongeoir de la piscine d'un hôtel de la côte, une petite sauterelle déploit ses jambes, amusée quoiqu'un peu inquiète des regards alentours. De ces matadores en tournée qui l'envisagent. Cet été austral, la gamine de l'an dernier s'est muée en jeune fille, le simple coton qui l'habille a pris une tournure d'atours. Son rire très franc paraît aujourd'hui un peu niais sur les clichés. Une sauterelle blanche de là-bas née ici, et déjà en sursis pour l'Europe. Bientôt. On imagine des étés interminables et des plages infinies, des plongées et des sorties en voilier, un désert paradisiaque, mouillé d'orages tropicaux et ennuyeux à mourir. On imagine des banderilleros échoués et hallucinés se rêvant matador de sauterelles, moissonneurs de jeunesse. On subodore même qu'ils y parviennent et qu'en partant pour l'Europe et ses études, la sauterelle a troqué un peu d'innocence pour un brin d'assurance.

20 ans plus tard et il n'y a toujours pas eu de corrida à Madagascar. 1989 et suivantes, c'est moi qui reviens, seul, en écoutant Cat Stevens et des groupes d'un temps déjà passé. Sur la route qui descend de Tana à Antsirabé, le Toyota file et je m'enivre de quelques accords orientalisants. Evocations de routes indiennes chamarrées par des hippies occidentaux à guitares, une pointe de nostalgie, un nœud dans l'estomac. Et mon oncle, ce héros ! Madagascar, bagage indien oublié en dérive continentale : Antsirabé, mon Katmandou de gamin, et la Croix du Sud... Je n'ai pas bonne mine bien sûr, il faut me remplumer, ah ! voici quelques présents de France ! Chaque été, c'est un peu le même cirque avec les grands-parents. Les bonnes notes et les voyages, la vie avec son père, le foot et les corridas : vous êtes allés à Arles pour Pâques ? Oui. Tu as vu ton frère cette année ? Non, gêné. On se dit tout ou presque, on se rassure en multipliant les détails, pourtant jamais on ne parle d'elle, pas directement en tout cas. La Toyota 4x4 ferait un tabac au campo, on va tirer des canards parfois le week-end, et la ferme : il y a un taureau là-bas dans le pré. Les lettres de France racontent l'été au soleil des toros, on m'a photocopié les Sanfermines dans "Toros". Au moment de Bilbao, déjà je compte les jours en espérant les ralentir pour ne pas partir, je commence à battre parfois Babé au scrabble.
- Demain tu sais, Frédéric, pour l'anniversaire, on ira déposer des fleurs, tu voudras venir ?
- Non... pas cette année encore... l'année prochaine peut-être.

Le docteur Lebre nous a quittés


Camposyruedos vient de perdre un de ses plus fidèles lecteurs, le docteur Lebre, celui qui fut le médecin de Jeanne Calment, l'ami de Pierre Pouly, d'Hubert Yonnet et d'autres encore, bien sûr...

Tous les matins, au réveil, Victor Lebre allumait son Mac (eh oui, il était sur Mac le bon docteur Lebre !) et se connectait à Camposyruedos, une de ses premières lectures de la journée.

Les statistiques de connexion sur CyR vont baisser... Mais on s’en fout des statistiques ici... Descanse en paz doctor.

Lien utile sur le docteur Lebre.

02 février 2010

Indésirable Victorino


Comme chaque année l'association El Toro de Madrid publie sa liste d'élevages jugés indésirables dans l'immense piste de la capitale.
Cette liste change d'une année sur l'autre, se modifie. Nous ne vous en parlons habituellement pas car elle se "contente" de refléter l'état général d'un campo bravo que vous connaissez aussi bien que nous. Cette année, néanmoins, l'apparition du nom de Victorino Martín dans cette liste ne peu laisser indifférent.
Très peu nombreux sont les aficionados qui ont osé jusqu'alors ouvrir les yeux pour constater l'évolution réelle d'un élevage absolument mythique. Car c'est un fait, Victorino change, et pas dans le bon sens. Lui aussi, et bien qu'il nous en coûte de l'admettre, semble prendre le train du toro moderne, non piqué, et de troisième tercio.
Et comment occulter en outre une présentation de plus en plus discutable, même à Madrid ?
Qu'un nom aussi prestigieux que celui de Victorino vienne se retrouver dans la liste noire des élevages indésirables à Madrid est, hélas, un signe de plus de la confirmation d'une décadence que pour le bien de la Fiesta nous ne pouvons que souhaiter passagère...

Voici l'annonce des responsables de l'association madrilène :
Victorino: es la gran novedad de nuestra lista. El ganadero más importante de los últimos años estaba últimamente jugando con fuego y se ha quemado. Antes le salvaba algún toro, ahora es que ni cuida la presentación. La corrida de la Feria de Otoño fue la puntilla. Esta temporada por su propia decisión no viene a Madrid ¿Nos creemos sus razones? Allá cada uno. Esperamos que vuelvan las grandes tardes en las que sus “albaserradas” iban camino del desolladero entre ovaciones, pero de momento debe estar en la nevera un tiempo.

Dessin © El Batacazo

Aire-sur-l'Adour... Aire-sur-l'Apique !

01 février 2010

« Caminando »


— Tiens, encore une carte de vœux.
— Elle vient d'où ?
— Des Landes. Va falloir que tu leur signales ta nouvelle adresse sinon t'en verras pas la couleur d'une l'année prochaine.
— Tu crois ça ? Elle figure pas sur les chèques notre adresse ?
— Si.
— Alors ils me retrouveront.
— Tu me la montres ? (Elle la prend.)
— Verdict...
— Rien de fameux.
— Mouais, comme tu dis. De toute façon, en dehors des photos, tu peux passer ton chemin. Sans parler du graphisme et de la qualité d'impression... (Long silence.) Tu te souviens de cette aquarelle de Baylac sur ce beau papier ?

En plus de quatre ans d'existence, ce blog n'avait pas été fichu de présenter une œuvre de Jean-Jacques Baylac... Omission coupable aujourd'hui heureusement réparée.

Retrouvez le travail de l'aquarelliste vicois dans Carnet de campo (Editions Cairn, 2006, 25 €).

Image Caminando de © Jean-Jacques Baylac illustrant la classieuse carte de vœux 2001 du Club Taurin Vicois.