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22 juillet 2013

Noms d’oiseaux


C’était il y a un an, et après ‘Mirlito’ venait ‘Canario’. ‘Mirlito’ s’éloignait, emporté par les mulets lustrés de l’arrastre, pendant que Fernando Robleño entamait une vuelta bruyamment fêtée. Le torero songeait, avec regrets, au triomphe qui venait de lui échapper. Sa féria montoise était terminée. ‘Mirlito’ était son dernier adversaire, un dur à cuire qu’il avait su dominer, mais qu’il avait mal tué. C’était il y a un an, tout juste, le dimanche 22 juillet 2012. ‘Mirlito’, un drôle de petit merle âpre et rude, quittait la scène et laissait place à ‘Canario’, le cinquième toro de l’après-midi de l’élevage D. José Escolar Gil.

‘Canario’ s'envolait vers la postérité, gagnant en un instant les plus hauts sommets du panthéon des souvenirs aficionados. En quittant le toril, il s’était déployé d’un seul mouvement, comme un éventail qui s’ouvre, et avait rempli le ruedo tout entier, fondant sur ceux qui avaient l’outrecuidance de s’aventurer sous son mufle. Au premier appel, ‘Canario’ avait tapé violemment contre les planches, sans remords, avant de se jeter à corps perdu dans la cape de Javier Castaño, et, sans la moindre rancune, il avait envoyé valdinguer le diestro dans les airs comme un vulgaire fétu de paillettes.

‘Canario’ avait pris de vitesse le maestro. Il l’avait dépassé, terrassé et blessé en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Terrifiant !

La panique s’était alors emparée de l’arène. Le Moun tout entier retenait son souffle. Désormais, chacun retiendrait son souffle tant que ce toro n’aurait pas rendu le sien. Du simple spectateur du dernier rang au plus modeste des areneros du callejón, jusqu’à la fin, le Moun ne serait plus qu’un spasme. Et du simple spectateur du dernier rang au plus modeste des areneros, toute la plaza, sans exception, allait toréer à l’unisson. Tous toreros !

Fernando Robleño et Julien Lescarret étaient entrés ensemble en action, se chargeant d’assurer une brega commune pour le moins complexe. Ils tentaient de rassurer des cuadrillas en déroute et de remettre de l’ordre dans la lidia. On avait vu, à plusieurs reprises, des grappes de peones sauter simultanément dans le callejón pour se mettre à l’abri. Il fallait ramener le calme dans les esprits, et ce n’était pas une mince affaire, car le toro ne faiblissait pas. Il suivait et poursuivait le moindre de ses opposants sans rechigner. Cinq fois il s’était élancé au cheval. Cinq fois il avait poussé fort, venant de loin et revenant à la charge violemment. Il revenait chaque fois et chaque fois plus loin jusqu’à traverser le ruedo, complètement. L’arène s’était alors levée, droite comme un seul homme, dans un cri unique entre l’angoisse et l’admiration. 

Le toro ne faiblissait toujours pas, bouche close et dents serrées. Chaque banderillero était bousculé à son tour, pourchassé, traqué, repoussé, suivi jusqu’à la barrière. L’arène, parfois assise, souvent debout, puis à nouveau assise et encore debout, séchée, desséchée, saisie et scotchée était aussi lessivée que les toreros, pleine mais vidée. 

Lorsque le petit bonhomme s’était avancé, muleta en main, l’arène entière n’était qu’un souffle, mais l'arène entière n’attendait rien. Le Plumaçon n’y croyait pas. Ce toro n’a pas une passe, pensait-on. Il va tout emporter sur son passage, comme le tourbillon, l’ouragan, la tempête qu’il est.

Le toro ne faiblissait jamais, gardant toujours la bouche close, la rage au ventre et le cœur serré. Mais Robleño, lui non plus, ne renonçait pas. Il s’accrochait, luttant sans cesse, pliant la jambe, tendant le bras, se replaçant constamment, sans rompre d’un pas. Il était comme suspendu au bord d’un gouffre, un poignard plaqué sous la gorge, l’autre sur le cœur, mais il était toujours là. Lui aussi tenait tête et serrait les dents. Il résistait sans faiblir, et chaque passe était un combat. Il a fini par cadrer le toro et, enfin, lentement, il a levé le bras. Alors, sept mille poitrines se sont arrêtées. Sept mille paires d’yeux ont fixé la pointe de la lame, en même temps, puis son corps a basculé dans le vide et sept mille autres ont suivi, en même temps. Toute une arène a plongé derrière l’épée. Il y eut une explosion. L’estocade était à fendre la pierre. La lame s’était enfoncée, entièrement. ‘Canario’ n’avait pas bronché. Il retenait son souffle. Bouche close et dents serrées. Il a retenu son dernier souffle, jusqu’au bout. Jusqu’à un énième descabello. Bouche close et dents serrées.

Un frisson a parcouru les tendidos et, à fleur de peau, la caste s’est envolée.


>>> Escolar Gil 2013, c’était ça !

20 juillet 2013

Génétique


Toro de Fuente de Gnugne del Tajo, génétiquement modifié pour pouvoir participer à la féria de la Madeleine.

Vous pouvez suivre le déroulement des courses montoises sur le blog de la peña Escalier 6 de Mont-de-Marsan.

Parce que brailler dans une arène, ça ne suffit pas…

16 juillet 2013

Dans Gascon, il y a con, mais pas que


Entre le tournoi de pétanque patati-patata et le concours de pêche à la ligne tagada-tsoin-tsoin, j’apprends au détour de l’info po-po-poh Sud Ouets ts-ts-ts, que quatre toros de Núñez del Cuvillo « Aïe aïe aïe ! Ouille ! Aïe aïe aïe !* » sur six, se sont retrouvés par hasard, ce matin glin-glin, dans les corrals de la préfecture landaise, aux senteurs de féria la-la-la, sans y avoir été invités… « Crac boum huuuuuu* » ! 

On y dit que dame Guenièvre a, d’un coup, pour soulager son courroux, réexpédié sans attendre le convoi et les présents pas souhaités au marchand de bétail peu soigneux dans ses bons de commande, et l’on découvre au passage que deux ou trois noms glorieux et de grande lignée pourraient ainsi avoir convaincu le maquignon de procéder à quelques revirements anodins dans le menu, préférant, aux kilos et aux armes, des camarades plus festifs.

On devine un peu les termes de la rançon et de l’échange, et l’on imagine alors d’autant mieux aisément que dame Guenièvre n’ait que peu goûté au fameux sens de l’humour de nos trois ou quatre compères ibères et de leurs visions des choses plus « sociales », mais on soupire fort à l’idée que ces trois-là aient finalement dû abdiquer et admettre qu’ils auront donc bien à palabrer avec les invités initiaux sinon rien, leurs quatre remplaçants n’étant ni du goût de la baronne ni de celui de ses conseillers, encore moins de celui de ses sujets.

De cette anecdote, il fut entendu que la valeur d’un individu ne se mesure pas seulement aux broderies d’or cousues sur le revers de son veston et, bien que l’on sache déjà qu’il ne se fût agi là que d’un bête malentendu, d’une banale mégarde ou d’un inopportun moment d’inattention, nous nous associons vivement à la démarche des élus locaux et espérons d’ores et déjà que le peuple du fief en question aura pris acte de l’événement, et qu’il saura se souvenir de cette tentative de surpercherie au moment où les trois zozos défileront, de toute leur morgue et de toute leur fierté combattante, sur le sable du champ de bataille landais. 

Et tiens, tant que j’y suis, si cela peut aider ces quelques sagouins à se souvenir que, même si l’on est des couillons de Gascons, on ne l’est pas tant que ça non plus, NOUS VOUS PRENONS AU MOT DE LES ACCUEILLIR EN LEUR TOURNANT LE DOS, SUR L’AIR DE PAN Y TOROS, DEPUIS LES TENDIDOS, LE TEMPS D’UN PASEÍLLO !… Poil au dos !


* Extraits, respectivement, des chansons Les Cactus et Les Play-boys, de Jacques Dutronc. 

17 octobre 2011

Moun (suite)


Le « Collectif Madeleine 2012 » s’organise : une trentaine de sympathisants, joyeux mélange de jeunes et de vieux qui n’a pas l’intention de compter pour du beurre dans les mois qui viennent et qui suivent de près l’appel d’offres que lance la municipalité en direction de prestataires en charge de l’organisation à venir des férias de Mont-de-Marsan.
Ils étaient exactement trente-trois aficionadas et aficonados affiliés ou non aux peñas de la cité. Six clubs taurins représentés, rejoints par des bloggeurs, des abonnés, des aficionados divers et variés qui n’ont pas l’intention de se tenir à l’écart des choix qui les concernent. Ils sont impliqués dans cette ville et dans cette féria qui ne peut être seulement l’affaire d’un maire, d’un président de CTM et d’un prestataire.
Leur projet ?
RÉÉQUILIBRER LA FÉRIA : alterner les types de corridas, réinsérer la corrida concours et la novillada piquée. Il n’y a rien là de sulfureux, et l’élémentaire bon sens voudrait que soient entendus des gens qui ont vu défiler tant de paseos et qui sont la base stable et immuable qui remplit les gradins depuis tant d’années et pour tant d’années encore. Impossible de les éviter ou de les promener par le bout du nez, il faudra faire avec. Mieux, il faudra être avec.
Ils proposent une charte, bien raisonnable ma foi, qui les liera à leur maire et aux candidats prestataires à décrocher un pompon quelque peu délavé à force de tirer dessus.
Réunir des aficionadas et des aficionados autour d’un projet est toujours un challenge. Dégager une unanimité est un exploit. L’objectif étant raisonnable et le besoin impérieux, ils ont réalisé l’exploit. Ils ont dégagé une stratégie, choisi des représentants, élaboré un calendrier. Ils comptent sur votre soutien.
En moins de deux heures les aficionadas et aficionados du Moun se sont réinstallés au cœur de la féria, ce samedi à 12h15.
Mario Tisné

>>> collectif.madeleine2012@gmail.com | http://collectif-madeleine2012.blogspot.com

10 octobre 2011

Collectif Madeleine 2012


    
© Laurent Larrieu
Je lui dirai des « je t'aime » / Madeleine elle aime tant ça. Jacques Brel

La fin de l'été aura eu un goût amer pour le sémillant couple de « Nîchmois » qui a vu l'année de prolongation à la tête des arènes de Mont-de-Marsan lui filer d'entre ses mains molles et moites.
Après trois temporadas où les remugles d'une tauromachie en phase de dégénérescence active ont totalement chassé les dernières odeurs de toro qui émanaient encore du Plumaçon, un nouvel appel d'offres pour l'organisation des corridas de la Madeleine a été lancé le 23 septembre dernier (clôture le 27 octobre prochain à midi).

Cette décision n'aurait pu être qu'une banale info dans l'actualité taurine — un appel d'offres de plus, quoi — si la frange « pénible » de l'Afición montoise ne s'était pas invitée de manière ambitieuse et constructive en créant le Collectif Madeleine 20121, à savoir « une force de proposition et de soutien unique dont l'objectif clairement affiché est d'établir un partenariat avec le candidat le plus à même de comprendre les attentes de l'Afición de Mont-de-Marsan » (cf. Charte des signataires).
Est-il nécessaire de préciser que la mobilisation de simples aficionados pour la défense de la partie « toros » d'un bien commun aussi populaire que les fêtes de la ville fait chaud au cœur ? Oui, car les exemples ne sont pas légion, et l'implication militante rarement démentie ainsi que la vigilance soutenue de l'Afición montoise dans la vie taurine de sa cité forcent le respect.

Cela dit, le prestataire de services sortant désormais sorti — rien ne l'empêchant de participer au nouvel appel d'offres —, la beuchigue apparaît plus que jamais clairement dans le camp de la mairie, à qui reviendra la décision (en même temps que la lourde responsabilité) d'attribuer le marché, si elle souhaite voir à nouveau ses belles arènes du Plumaçon sentir le toro2... et beaucoup moins le parfum.
Une mairie d'ores et déjà sous pression — un des mérites de la création du collectif — qui va sans doute devoir apprendre l'humilité en arrêtant de se tartiner le corps de crème « autosatisfaisante » trop riche en foutage de gueule (cf. la réaction bien sentie — on a ri ! — de la Peña Los Pechos aux propos tenus par l'impayable président de la commission taurine montoise dans un article de Sud Ouest).

La lutte promettant d'être rude, aussi n'est-il pas vain, comme Campos y Ruedos et d'autres croient bon et utile de le faire, de soutenir la chouette et salutaire initiative « Collectif Madeleine 2012 ». ¡Suerte!

1 « Le Collectif Madeleine 2012 est un regroupement d’associations taurines de Mont-de-Marsan et des alentours, d’aficionados locaux et de personnalités diverses, créé dans le cadre de l’appel d’offres pour l’organisation des corridas de la Madeleine (octobre 2011) » (cf. lien « Charte » ci-dessus).

Pour tout savoir et suivre en temps et en heure l'évolution de la situation :

21 juillet 2011

Pattes blanches


 Patas blancas en negro y rojo © José 'JotaC' Angulo 2011

Quand on longeait la route, là-bas, entre Salamanque et Ciudad Rodrigo, elles attendaient posées sur l’herbe tendre, les vaches blanches et noires, comme les touches d'un vaste piano champêtre.
C’était une symphonie bicolore du Campo Charro qui valait le déplacement, qui régalait l'œil et relançait les rêveries taurines pour toute une temporada. Quand elles étaient suivies par un añojo, c’était une faena entière qui se déplaçait, un combat épique qui germait dans la tête du moindre observateur à peine aficionado. Désormais il ne reste que la prasine de l'herbe au milieu des chênes ancestraux. Les toros ont déserté les lieux comme ils désertent l’arène.
En novembre dernier, l’éleveur a dû se résoudre à conduire ses bêtes à l'abattoir. Il l'a fait pour des raisons diverses. Pour des problèmes sanitaires, bien sûr, mais aussi à cause du désintérêt total des organisateurs pour ce type de bétail que les toreros refusent d'affronter. On entrevoit encore, de loin en loin, la pointe d'une patte de patas blancas lors d’une course de rejón, guère plus.
Exit Los Majadales. Justo Nieto a rendu son tablier, Sánchez-Cobaleda vient de jeter l’éponge. Il ne reste, pour maintenir la lignée, que les Paco Galache, les Barcial ou les Monteviejo de chez Victorino. C’est bien peu. Les Vega-Villar vont disparaître du paysage. Seule subsistera leur légende centenaire, résultat du croisement mythique entre le sang des illustres Veragua et celui des fougueux Santa Coloma. Ces toros comptaient pourtant parmi les préférés des vedettes, Manolete les réclamaient et ils étaient incontournables lors des grandes férias... d'autrefois.
Aujourd'hui, on multiplie les programmations aseptisées, démagogiques et répétitives. On se complaît dans un faux-semblant de bon aloi. On tente de nous faire prendre des vessies plus ou moins "domecqstiquées" pour les lanternes magiques d'une tauromachie de pacotille. C'est consternant. Nous sommes entrés dans l'ère de l'artifice et du régime dissocié : du Vega-Villar, pourquoi pas, mais fragmenté en plusieurs courses, un indigeste carpaccio de pièces très détachées !
Dans ce registre, l'insipide Madeleine qui s’est achevée mardi par une soupe à la grimace est un modèle du genre. Elle proposait, pour commencer, des Garcigrande. Une sorte de gaspacho léger, relevé par quelques micro-gouttes de Veragua, diluées à dose homéopathique dans du jus de Juan PedrO. Un vague rappel des origines qui permettent encore à ces bestioles de tenir en piste sans s’avachir complètement. Pour conclure, un plat dit de résistance : La Quinta, fade, édulcoré, sans gras ni couenne, désossé. Du Santa Coloma ultra-light, des Buendía rachitiques, commodes de pied en cap, gentiment compréhensifs, ineptes collaborateurs.
De la camelote de bout en bout !
Les temps changent. Autres temps, autres mœurs, à vaincre avec peu de péril... on évite bien des dangers.
Heureusement, il reste çà et  des organisations fidèles à des valeurs d'indépendance qui défendent la diversité des encastes et qui offrent leur place aux élevages marginalisés ou minoritaires.
Les temps changent. Lentement, les noirs et blancs s'effacent du campo... Autres goûts, autres couleurs.

Puisque la mode est au réchauffé, permettez que je vous présente un plat encore tiède, un texte qui abordait la dernière course montoise dans Le Petit Journal du Plumaçon.


La Quinta, le goût des autres...
Non monsieur, non ! La Quinta n’a jamais été fabriquée à Aulnay-sous-Bois. Non ! La Quinta n’est pas l’épouse de Charles Quint. Non, non et non ! Rien à voir avec le loto sportif ibérique et les paris "fôteubollistiques". Perdu ! Ça, c’est la Quiniela. Non ! Monsieur, vous faites fausse route. Ne vous obstinez pas. En classe, c’est sûr, vous n’écoutiez déjà que d’une oreja. Distraite et sélective, l’oreja. Vous êtes convaincu depuis toujours que l’espagnol est une langue facile : au masculin, ça finit en "o", au féminin tout se termine par "a". Et voilà, un apprentissage rapide, vingt ans de lacunes : aujourd’hui, on contemple les dégâts.
Heureusement qu’il vous reste les souvenirs d’enfance et les vacances sur la Costa... ?
— Euh... Bravo ? Comme les toros...
— Non, Brava, comme la vaca !
— Brava, c’est ça... La Costa, féminin, Brava.
— Bravo !
Et surtout, la paella. Vous vous rappelez ? Le couple, au bas de l’avenue, la Casa Chopero (je crois)... C’est si loin tout ça... Un vieux bonhomme rabougri, fripé, tordu et sans âge, sec comme un coup de trique. Antonio, Pablo, Luis Mariano ? C’est si loin tout ça... Et sa femme ? Comment déjà ? María, Conchita, Carmencita ? Rosa, c’est ça ! Elle s’appelait Rosa.
C’est elle qui vous gardait le mercredi. Le mercredi, chez Rosa, c’était paella.
¡Hola, muy bonitas! 
Rosa souriait. Votre usage de la langue d'El Cordobés lui semblait surréaliste et poétique. Elle adorait.
Buenos días, répondait-elle en avançant le premier plat. ¿Quieres zumo? Elle attendait pour se délecter d’un double sourire. Ah ! la jota !
De narranrra por favor.
La paella, jusque-là, vous n’en aviez mâché qu’à la cantoche. Une sorte de pâté jaune et gluant avec des petits bouts de caoutchouc planqués à l’intérieur qui collaient aux dents et vous restaient sur l’estomac. Bizarre tout de même que ça s’appelle pareil !
Suculenta, "excelenta", enfin bref, super buena ta paella, Rosa !
Muchas gracias. Une fois vous en avez repris cinq fois. Rosa n’en revenait pas, elle a juste dit à Pablo : "Es la quinta."
Il y a peu, par nostalgie, vous êtes repassé par là. C’est devenu un restaurant branché, "La casa de Simón y Mari". Service impeccable, trois garçons très stylés : Curro, Julián et Thomas. La paella, c’est le mardi, une sorte de pâté jaune et gluant avec des petits bouts de caoutchouc planqués à l’intérieur qui collent aux dents et vous restent sur l’estomac. Parfois, pour le piquant, il y a une tranche de chorizo très très fine, mais c’est rare. Bizarre que ça s’appelle pareil !
La Quinta, m’étonnerait beaucoup que vous en repreniez cinq fois ! 

01 juillet 2011

Du beau monde au Moun


Mont-de-Marsan accueille depuis le 24 juin et jusqu'au 17 septembre prochain une quarantaine de toiles du peintre vicois Jean-Paul Chambas1. Cette exposition de grands formats est accompagnée d'une autre, itinérante celle-ci2, composée de « 70 dessins, croquis, études, petits formats et photos qui plongent dans l'univers de Chambas et de ses passions : portraits, poésie, littérature, tauromachie, théâtre, etc. ».

À évoquer Chambas et ses passions, on ne peut pas ne pas mentionner la musique et son talent d'affichiste. Auteur de nombreuses affiches (Théâtre Nanterre-Amandiers, Festival d'Avignon...), Jean-Paul Chambas réalisa à plusieurs reprises celle du festival de salsa Tempo Latino qui, chaque année en plein été, fait vibrer les arènes de Vic au son des cuivres et des congas... Dites, les gars, l'année prochaine, je le réserve pour mai ou pour juillet le gîte ?

À citer une des dates du programme estival de Mont-de-Marsan, on doit oublier la programmation taurine de la Madeleine (et se concentrer sur la fête), mais il serait plus que dommage de passer sous silence les expositions proposées dans le cadre d'Arte Flamenco (Les Mauvais garçons, l'exposition Balada Flamenca se poursuivent jusqu'au 29 juillet), ainsi que le concert-performance (nocturne & gratuit) donné par Agujetas et son guitariste sur les berges de la Midouze en clôture du festival...

1 Au Centre d'art contemporain Raymond Farbos (05 58 75 55 84).
2 À Uchacq-et-Parentis du 1er au 20 juillet (05 55 75 46 46), puis à Bougue du 22 juillet au 14 août (05 58 52 92 13).

Affiche © Jean-Paul Chambas

10 juin 2011

Peinture fraîche



Il y a quelques années de cela, la municipalité de Mont-de-Marsan entreprit de rafraîchir ses arènes du Plumaçon. Une odeur de peinture planait sur une bonne partie de la ville ; une étrange rumeur ne tarda pas à s'y répandre : l'escalier numéro 6 avait été “oublié” ! Tous auraient été grattés et peints, sauf lui, le “6”. Les ouvriers ne l'auraient même pas approché — il se disait que leurs jambes flageolaient, que leurs fronts suaient, leurs mains aussi —, et qu'ils seraient passés du “5” au “7” via le parvis. Personne ne savait, mais tout le Moun devisait ; jusqu'au jour où Madeleine arriva, et où l'on put constater de visu le piteux état de l'escalier banni. La rumeur devint polémique ; elle enfla et s'invita partout, pourrissant la vie politique de la douce préfecture landaise. Bien des années plus tard, usé de garder le secret, épuisé de ne pas oser s'en libérer, un des peintres craqua. Aux enquêteurs qui ne l'interrogèrent même pas, il évoqua la présence de petits paquets blancs et mousseux (“comme de la bave”), de sons brefs et clairs (“comme des sabots”), de certains plus sourds et profonds (“comme des mugissements”), et... d'odeurs... C'est alors qu'il baissa la tête ; ses épaules tressautèrent — un sanglot secouait sa poitrine. Le visage défait et les yeux rougis, comme effrayé par l'aveu à venir, il finit par laisser échapper entre ses lèvres violacées : “Ça sent le Toro !”

Lien Le tout nouveau tout beau site (et blog) de la Peña Escalier 6 de Mont-de-Marsan : http://www.escalier6.com/. Chapeau !

>>> Dimanche 12 juin à Vic, au pied de la statue près des arènes, retrouvez la bande (pas triste) de la Peña Escalier 6 pour le traditionnel PATME...

10 mai 2011

« Santa Coloma et sélection »


Le samedi 14 mai 2011, à partir de 21 heures et à l'invitation de la peña Los Pechos (entrée libre au 6, rue Claude Dépruneaux à Mont-de-Marsan), notre camarade Thomas Thuriès (terredetoros.com) animera une conférence* sur le thème « Santa Coloma et sélection » ; conférence au cours de laquelle il s'attachera « à présenter l’évolution de l’encaste Santa Coloma et à expliquer comment la sélection de l’homme en a fait aujourd’hui un encaste synonyme de diversité ».

Précision Le texte qui suit n'est qu'une plaisanterie en même temps qu'un (vilain) plagiat de l'incroyable présentation de l'opus 29 « Le roman de Vistahermosa » — l'ego de notre camarade étant d'une grosseur inversement proportionnelle à celle des chevilles de l'auteur dudit opus.

Ce samedi, donc, les chanceux qui assisteront à la conférence « Santa Coloma et sélection », ou « Le roman de Santa Coloma », découvriront les secrets de cet encaste florissant et de ses quatre progénitures encore en vie : (dans l'ordre alphabétique) Albaserrada, Buendía, Coquilla et Graciliano. Au sommaire : dans un contexte historique fondamental, la véritable histoire du Conde de Santa Coloma comme jamais elle ne fut racontée ; la vraie histoire de son gendre, de la mère de celui-ci et du fils de cette dernière ; celle des « veuves » du petit coquin que fut Félix S. (y a rien à faire, y a toujours des veuves dans ces contes ganaderos) ; la légende réelle des « toros gris » (on saura enfin d'où viennent les cárdenos) ; une évocation des derniers Vega-Villar (Santa Coloma x Vázquez), ainsi que, pour la première fois au monde, un reportage complet sur la famille Ibarra réalisé grâce aux descendants de ce bon vieux Edouard dans sa finca de « La Carscajera », « La Carsajera », non, « La Casajera » (pfff, j'y arriverai jamais) où étaient jadis les toros. Pour terminer, grâce (j'ai la grâce) à une foultitude de livres ganaderos consultés (liste fournie sur simple appel téléphonique, 3,50 €/min), une révélation extraordinaire qui remet en question — preuve à l'appui — la généalogie officielle de l'encaste Coquilla, c'est-à-dire celle de la plupart des ganaderías contemporaines... Il est prudent de réserver auprès de l'ambassade de France à Madrid.

* Accompagnée d'un vin d'honneur.

Image Chez Adolfo Rodríguez Montesinos © Laurent Larrieu

11 avril 2011

C'est la faute à Dax !


La Peña Escalier 6 nous a transmis ce communiqué au lendemain de l’annonce officielle des carteles 2011 de la féria de la Madeleine de Mont-de-Marsan :

« A propos des principales férias du Sud-Ouest, un illustre chroniqueur taurin annonçait récemment : "Outre les vedettes habituelles, tarifs mordicus maintenus, il sera fait appel à la cohorte de légionnaires de service, les Padilla, Rafaelillo [...], Aguilar, Urdiales, etc.* Bref, ceux qui maintiennent à leur façon l'honneur d'un VRAI TORO DE COMBAT et savent, souvent à leur dépens (NDLR : pour le coup, c'est le moins que l'on puisse dire), ne pas transformer la corrida en pantomime."
L'absence de ces toreros, outre Alberto Aguilar qui est managé par Simon Casas, est le révélateur indiscutable de ce que Mont-de-Marsan souhaite faire de la tauromachie : une PANTOMIME...
* Il faut rajouter Julien Lescarret, Fernando Robleño et quelques autres... »

Dans l’édition Internet du journal Sud Ouest du 9 avril 2011 sont évoquées ces critiques de la Peña Escalier 6 mais également exposées les réponses de Madame la Mairesse de Mont-de-Marsan, Geneviève Darrieussecq, et de Marie Sara. Face à l’absence de corridas dites « toristas », il n’y pas de réponse sauf que l’équilibre aurait été trouvé entre torisme et torérisme ! Par contre, concernant l’absence de certaines figuras du « G10, Vidi, Vici » (c’est ça qui intéresse vraiment tout le monde... sauf nous), les deux sont unanimes : c’est la faute des Dacquois et des salaires prohibitifs qu’ils accordent à ces dites figuras ! Et la mairesse de regretter qu’il n’y ait pas de politique concertée sur les salaires offerts aux toreros. LOL !
La Peña Escalier 6 semble être la seule peña locale à regretter la disparition des corridas mal intitulées de « dures » à Mont-de-Marsan. Joint par mail, le président de cette peña avoue que leur intention était de « seulement mettre en évidence l'abandon pur et simple des deux corridas "toristas" exigées par le cahier des charges pour l'organisation de la Madeleine. Pas de doute pour celle de La Quinta (du fait de la seule présence du Juli ; les exemples ne manquent pas) ; pas vraiment non plus pour celle de Margé (du fait de celle de Castella et Tejela). Ne parlons évidemment pas des 3 autres... et de la novillada de Ponce ! » Il est évident que nous ne pouvons qu’acquiescer. Les Samuel Flores sont sous perfusion depuis des lustres et la perfusion se nomme Enrique Ponce, ami intime du ganadero. Sans lui, les samueles qui traversent un bache n’existeraient plus ou si peu. Quant aux La Quinta, il en va de cet élevage comme de celui d'Ana Romero : on voudrait nous le faire passer actuellement pour du « torista » pour la seule raison qu’il est d’encaste Santa Coloma. Or, personne ne sera dupe, on imagine aisément que c’est le Juli qui a choisi le lot qui sera combattu à Mont-de-Marsan.
La Madeleine 2011 est mauvaise en effet sur le papier malgré ce qu’en écrivent deux ou trois scribouillards dont un voudrait faire croire que la Madeleine serait le pendant torerista de la féria torista de Céret et que chacune devrait attirer les mêmes aficionados. RE-LOL !
La Madeleine 2011 est mauvaise car elle a oublié tout simplement un élément essentiel de la Fiesta : le TORO.
Pour achever, on peut s’interroger avec inquiétude sur le silence étourdissant du président de la commission taurine (elle existe encore ?), M. François Guillaume. Notre petit doigt nous dit qu’il serait trop occupé à repenser le tercio de piques au sein de l’UVTF ! Ne doutons pas que le Moun 2011 testera la puya française et « révolutionnaire » de Bonijol. RE-RE-LOL !

Photographie La Peña Escalier 6 lors de l'annonce des carteles de la Madeleine 2011 © Laurent Larroque

17 juillet 2010

"Merci Chopera !"


En faisant la queue pour récupérer des places achetées une semaine auparavant, je jetais un coup d’œil sur le supplément spécial Madeleine du journal Sud Ouest que lisait mon compagnon d’attente (scandaleuse attente au guichet spécial des arènes : certaines personnes n’ont pu arriver dans l’arène que durant la lidia du premier toro !). Interview d’un des hermanos Miura à propos de la course qui sortirait dans 10 minutes : "Nous n’avons jamais amené au Plumaçon une corrida aussi imposante."
20h10. On remballe.
Les six Miura sont occis et le frère Miura aurait mieux fait de fermer son clapet à moustache. C’est la course la plus laide et la moins présentée de Miura vue ces dernières années dans le coin. Le matin, sur les ondes de la radio locale et dans une émission où le président de la commission taurine inutile de Mont-de-Marsan venait achever une campagne de pub digne du Tour de France, tout le monde déclarait que la course était belle et que les Miura allaient donner du spectacle. Wouarrrff ! Hormis le premier qui ressemblait à un taureau de combat, les autres ne pouvaient que susciter moqueries et mauvaises blagues. Des têtes de novillos, des corps loin des canons de Miura voire même de taureaux de combat (mention spéciale à la limande sortie en quatrième position), des cornes franchement abîmées et, pour certains, des armures indignes comme ce playero affreux sorti en troisième position bis. Une horreur !
On s’étonne qu’une telle empresa (Marie Sara/Simon Casas) ait commis cette immense erreur de casting (quoique non, on ne s’étonne pas). Dans les gradins, certains "perturbateurs"» ont hurlé à plusieurs reprises "Merci Chopera !" Ne soyez pas inquiets, l’équipe des pisse-froid qui se croient à la messe n’hésitèrent pas à leur répondre les traditionnels "Ta gueule !"» ou "Vous faites chier !". Avant, il fallait se taire pour ne pas leur gâcher le plaisir. Dorénavant, et c'est une nouveauté, il va falloir se taire pour ne pas leur gâcher leur contemplation passive et soumise de la médiocrité.
De comportement, la course fut... minable. Hormis le premier, donc, qui se comporta en toro et en Miura, le reste fut un défilé de bêtes plus faibles qu’une horde d’escargots anémiés. Le troisième fut donc changé par un sobrero de José Vázquez, plus minable encore que les nuls Miura. Un bœuf qui marchait en crabe, comme drogué ; qui s’effondrait toutes les 10 secondes comme en pèlerinage. Ne restent dans les souvenirs que les combats vrais de Rafaelillo, en particulier dans sa lutte avec le cinquième, sorte de long rectangle noir sans forme aucune.
A 20h10, en quittant ce rond de nullité où l’on fait jouer la banda pendant l’arrastre des toros (insupportable), les dames derrière moi faisaient ce constat accablant : "Il n’y a pas eu d’oreilles aujourd’hui, quel dommage." Ne vous inquiétez pas mesdames, il vous reste encore quatre chances au tirage.

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Retrouvez sur www.camposyruedos.com, rubrique RUEDOS, une galerie consacrée à cette pseudo miurada.

Photographie La mort d'un Miura © Laurent Larrieu/Camposyruedos.com

19 juin 2010

Trait flamenco


Malgré une chaleur étouffante, et parce que vous avez deux lettres à poster en urgence, vous décidez de faire prendre l'air à votre chère petite tête blonde qui n'en demandait pas tant. La poste centrale, en retrait du boulevard circulaire, offre un excellent point de départ pour une excursion dans l'hyper-centre ; vous abandonnez les joueurs de boules à l'ombre des platanes et du monument aux morts, visez le Café (branché) de la Poste et vous engouffrez rue Gambetta dont l'agitation piétonne et automobile vous ferait presque oublier que vous vivez dans une sous-préfecture. Arrivé à l'angle de la massive et romane collégiale Saint-Martin (appelé Martin l'Espagnol car né en Espagne et lapidé à Brive au Ve siècle), vous prenez la rue du Docteur-Massénat et ses trottoirs pavés où vous ne tardez pas à croiser une jeune fille au violoncelle et un jeune homme à la guitare. Vous poussez la porte du conservatoire qui met à votre disposition une salle d'attente fraîche, clinique et déserte que votre bambin s'empresse de réagencer à sa guise — attention, ça déménage ! Vous avez juste le temps de saisir un programme du Festival d'Avignon et un autre d'Arte Flamenco de Mont-de-Marsan, sans oublier le bras du « petit monstre », que vous rejoignez vite fait la poussette garée dans la cour et fuyez... De retour (au calme), tandis que le minot dévore sa compote pommes-bananes (une orgie), vous consultez votre maigre récolte. Vu l'épaisseur du programme de la cité des Papes, vous retardez sa lecture en soirée.

Mont-de-Marsan, donc, et « 3 sourires 3 » : un pour la qualité du visuel du festival 2010 que l'on doit à l'illustratrice Amélie Fontaine, élève de l'École nationale supérieure des arts décoratifs (Ensad), et qui devrait consoler ceux chagrinés par celui offert à cette pauvre Madeleine ; un autre pour la présence le jeudi 8 juillet du guitariste Moraíto Chico, fidèle d'entre les fidèles de notre cantaor préféré, j'ai nommé Agujetas1 — ce soir-là, c'est La Macanita de Jerez, comme Agujetas, et du quartier Santiago, comme Moraíto, qui fera gronder l'orage dans le ciel montois ; et un dernier pour la tenue d'une exposition2 réunissant pas moins de 150 photographies de plus de 70 photographes parmi lesquels Brassaï, Capa, Cartier-Bresson, et cetera.

Mon fiston aussi est tout sourire, il vient de balancer son reste de compote sur le parquet que je n'ai pas encore eu le temps de vitrifier. Pff...

1 S'il vous plaît, (re)lisez ce « Agujetas ».
2 Promise par le Ciego il y a déjà deux mois. À noter également la résidence de Christophe Dabitch et de Benjamin Flao — Mauvais Garçons, Solea 1 & Solea 2, Futuropolis, 2009 — avec lesquels rendez-vous est pris pour l'édition 2011 du festival.

Exposition Prohibido el cante. Flamenco y Fotografía au musée Despiau-Wlérick de Mont-de-Marsan, du 5 au 30 juillet 2010, de 10 h à 19 h du 5 au 9 juillet, de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h les autres jours.

Image Amélie Fontaine © Arte Flamenco

11 février 2010

Le cosmos n'est plus ce qu'il était


Il y a quelques jours, Monsieur Bernard Domb, alias Simon Casas s'est livré à un vrai-faux "chat" sur le site burladero punto com. J'écris "faux" car un "chat", un vrai, ce n'est pas cela, enfin pas vraiment. Je vais y revenir.
Il était assez croustillant le lendemain de lire l'inénarrable (oui j'avoue... désolé Caroline !), nouveau et officiel porte plume du plus grand organisateur du cosmos, s'auto-satisfaire de la haute tenue des questions posées par les internautes et se (ré)auto-féliciter de l'absence de trublions mal élevés et impertinents. En vérité, rien de très nouveau sous le soleil, car en fait de "chat", les questions étaient triées, puis, plus ou moins partiellement censurées, voire totalement censurées, on peut le supposer.
C'est Florent Moreau sur son blog qui nous a éclairés sur cette curieuse manière de pratiquer le "chat"...
Vous allez me dire... Oui je sais, tout le monde s'en fiche et tout le monde s'en doutait. C'est que ce n'est pas ça le plus croustillant. Le plus croustillant dans cet univers policé, de politesse, de bonnes manières et, n'ayons aucun doute, de totale hypocrisie, ce sont deux réponses données par le maître du cosmos. Deux réponses a priori anodines mais tellement révélatrices.
Commençons par la question de Florent qui portait sur la supposée première catégorie des arènes de Nîmes. Evidemment, oser prétendre que Nîmes se situe à la hauteur de Madrid ou Bilbao, pour ceux qui connaissent, ça ne peut que faire l'objet d'une franche partie de rigolade. Et ce n'est déjà pas si mal. Mais ça, vous savez.
Et le maître du cosmos nous fait cette réponse ahurissante quant à sa conception première, donc profonde, de la catégorie supposée des premières arènes du cosmos, je le cite : "Nîmes est une arène de première comme l'indique le règlement taurin, plus de quinze spectacles annuels dans une capitale de province."
Un arène de province. Mais la province de quelle galaxie alors ?
Revenons sur terre. Tout cela serait donc purement administratif. De là à penser qu'il ne s'agit que d'une affaire de fric. Non, je ne peux y croire...

Passons maintenant de Nîmes à Mont-de-Marsan.
Le maître du cosmos s'est ensuite fait une joie d'annoncer que José Tomás ferait le paseo dans toutes SES arènes, y compris Mont-de-Marsan.
Mont-de-Marsan, Mont-de-Marsan, Mont-de-Marsan... Mais mince, moi qui croyais naïvement que c'était Marie Sarah l'empresa de Mont-de-Marsan.
Vous vous souvenez ? Les photos avec madame le maire, la presse conviée, le grand tralala, Chopera dehors, une femme aux commandes... "Allons zenfaaants de la patrieeee !" Le jour de gloire féministe, national, taurin, tout était enfin arrivé. Il fallait bomber le torse !
Eh bien non. Marie Sarah et Simon Casas ne feraient donc qu'un. Tout cela n'était que batage médiatique superficiel pour enrober les petites affaires habituelles du mundillo. Du pur bling-bling très dans l'air du temps.
Je suis au quatorzième sous-sol là. Un univers s'effondre. Je suis effondré moi-même. Décidément, le cosmos n'est plus ce qu'il était.

PS Un petit message personnel à mes amis de Pablo Romero : je vous préviens, il est hors de question que je mange froid !

07 septembre 2009

Comment est mort ‘Desgarbado’


Une dizaine de jours avant « sa » Madeleine, la peña Escalier 6 me proposa de réfléchir à un court texte pour son Petit journal du Plumaçon du 18 juillet. Ce jour, certains d’entre vous l’ont peut-être eu entre leurs mains...

Il me fallait respecter deux contraintes : 1/ Causer de Victoriano del Río et de sa lubie pour le clonage ; 2/ Ne pas dépasser 2 000 caractères, espaces compris ! Sympas, les Montois…

Prisonnier de ma profonde vanité, j’ai pensé que ce petit papier pouvait être partagé avec d’autres… le jour même du premier anniversaire de l’indulto de ‘Desgarbado’.


L’élevage de Victoriano del Río est un laboratoire. L’objectif est clair : reproduire à l’infini le même toro. Deux piques et quatre-vingts passes. Une mentalité de becerro. Un cauchemar pour l’aficionado.

La menace Victoriano

Le plan était cousu de fil blanc. Emballé dans ce même tissu immaculé nécessaire à la confection des mouchoirs qu’on agite pour faire tomber les trophées, accéder à la gloire. Du jour où une incroyable ferveur populaire promit à ‘Desgarbado’ le repos éternel, Don Victoriano del Río, le proprio, se promit une fois encore et à grand renfort de billets verts de tout mettre en œuvre pour profiter de cette poule aux œufs d’or. Si trop belle fut l’occasion, irrépressible sera la folle tentation de cloner la bestiole1.

Cinq ans plus tard.

Dès sa sortie du
toril, ‘Desgarbado II’ impressionna l’assistance par son exceptionnelle présence — un frisson d’effroi parcourut les travées à la vue de cette forte tête finement armée. Sans jamais fléchir, il livra au cheval une fantastique bataille en cinq actes et fit mordre la poussière à une cuadrilla pourtant héroïque. Vendant chèrement sa peau tout au long du combat — quel manque de classe ! —, il s’appliqua sans relâche à casser autant le moral de son adversaire que l’ambiance avant de recevoir... une épée dans le cou.

Dépité, déshonoré par l’improbable prestation de son clone triste
2, c’est avec la queue entre les jambes et la nette sensation d’avoir été floué que Don Victoriano quitta précocement son tendido. Trahi par la Science, notre « Victorien de la Rivière » en voulait à la terre entière et plus particulièrement à quelques Amerloques et des milliers de Dacsois. Rien de moins qu’une tenace envie de meurtre lui chatouillait les doigts.

Sierra de Guadarrama (Madrid).

L’aube attendrait. On enfile bottes et veste en silence. On se saisit du canon et des munitions ainsi que de la casquette, sans quoi tout ne serait qu’opérette. Un grincement de porte. Les membres gourds, on sort comme dans un rêve. Pleine est la lune. Souffle court et fumée blanche, on s’avance lentement sur le sol gelé. Là, le 67. PAN !!!

Il allait sur ses dix ans.


1 En 2008, la société texane ViaGen assura le processus de clonage du semental ‘Alcalde’ de VDR.
2 © Laurent Larrieu.


Image tirée de la galerie consacrée au Marqués de Albaserrada, rubrique « Campos » du site. © Campos y Ruedos

24 juillet 2009

Concept


Donc, je n'y étais pas... alors j'ai lu, comme tout le monde, par souci de m'informer.
Ce 21 juillet, à Mont-de-Marsan, les toros étaient "sérieux mais inégalement présentés", "mansos", faisant même "n'importe quoi avant la pique", ils étaient aussi "sosos , fades et mous à la muleta", une corrida "douce de charge et molle d'allure" ; je retiens par ailleurs, que certains étaient même "noblones et faibles", "courts et vite arrêtés" ou encore "gazapones", voire "insipides"....

Bouducon ! Bien fait de pas m'en mêler, j'aurais pas supporté de voir des animaux souffrir autant !

Bref, ça avait fortement la tronche d'un épouvantable petardo ganadero...

Et puis j'ai appris plus loin que le Cid "n'y était pas" non plus... Ça m'a soulagé, de pas être le seul à ne pas y être. Sauf que lui, il a coupé une oreille mais une seule, parce qu'aux Montois, on la leur fait pas.

Tè ! Pardi !

Enrique Ponce, lui, visiblement, il y était ! Bien dans ses baskets, il est sorti a hombros, le type ! Une et deux !!! "Une leçon", qu'ils disaient, un "après-midi béni" ! Je comprends que c'était le Triomphe absolu, que le Valencien a été ENOOOOORME, que même ce bon "public montois le suivait incrédule". Ça parlait de "Maestria", d'épées de "mort de faim", et puis le sol s'est déchiré, la terre a tremblé, les cieux se sont ouverts, et ma biscotte a cassé ! Le verdict est tombé comme une bouse dans un pré : "ENRIQUE PONCE EST BIEN LE MAITRE DES SAMUEL FLORES."

C'est donc ça, un Samuel Flores ?

Quarante sept relectures perplexes et incrédules plus tard, je me résigne : non, défintivement non, j'ai toujours pas compris le concept de "Corrida moderne", de "Toro moderne", ni même de "public moderne"...

Je dois être un vieux con... ou un con tout court.

El Batacazo

22 juillet 2009

Lettre à Madeleine


Chère Mado,

Comme tu le sais, j'ai pas pu passer te voir cette année. J'aurais bien voulu mais la SNCF a décidé de se refaire une cerise post-crise en or massif sur le dos du juillettiste et il se trouve que San Fermín est toujours en froid avec mon banquier, depuis des années. Ceci dit, je ne t'ai pas oublié ! D'ici, le fond de mon placard glacial, j'ai regardé jours après jours où tu en étais de ta convalescence, et je me suis même soucié de ta bonne santé, tu vois. Aujourd'hui , je peux le dire : nom de Dieu de Bordel de Merde, tu pètes le feu, chère Mado, c'est admirable !
C'est fou, tout de même, tout le bien que les gens disent de toi ! C'est un Triomphe absolu, mieux... La GLOIRE, Madeleine !

Dire que j'ai pu douter un instant de ton nouveau généraliste, le beau docteur Simon, son jeune interne, avec sa cabine de premier de promo, et de sa blonde infirmière ! Là, je suis forcé de reconnaître qu'ils se sont bien occupés du bestiau. Quand on te voit, on devine un boulot de mineurs nord-coréens, là derrière ! "Une première historique dans le domaine de la chirurgie", y disent, les autres ! Rends-toi compte, l'an dernier, on te ramassait à la pelle, vieille bigote, bonne à jeter à la Midouze, et voilà qu'aujourd'hui, jolie pépète, tu rayonnes tel un enjoliveur neuf au soleil, un grille-pain chromé à 19 euros chez IKEA, une armoire pleine de casques de pompiers à toi toute seule... Tu serais presque bandante !!! Tu veux que je te dise ? Tes voisins d'en-face, les ridés en peignoirs « cul-pincés » du pavillon « Adour et fantaisie », ils ont pas fini de reluquer tes chicanes de fou ! Rien à redire, rien à jeter… C'est parfait ! Du cousu main, du travail d'orfèvre, clinquant comme il faut, un brin de « qui pète » comme on aime ! Rien à branler non plus des cicatrices et des coutures mal fignolées, tes voisins de chambrée sont très satisfaits, et se réjouissent de tant d'éclat ! Faut dire qu'à la vue du résultat, l'assistance était devenue bien enthousiaste, carrément explosive ! Tous en choeur ils se sont dressés, les types, car oui, Mado, faut bien avouer que t'es devenue « bonne », tout de même !...

Tu sais, tes gros nichons et tes lèvres en zodiaque « Bombard » ne te vont pas si mal, finalement. Tu me rappelles la « Ford Escort » du voisin, avant qu'il la casse. Disons que ça te change des bigoudis et de ta gitane « maïs » à laquelle on s'était habitués. On les aimait bien, mais là, quand même, oui ça te change ! Enfin, moi, en tous cas, j'adore ! Et puis, l'idée de remplacer ton col roulé « I love Bucarest» par des bouts de ficelle à paillettes « rose cagole » en guise de frusques, c'était plutôt astucieux, avec en plus le don inouï de jamais basculer dans le vulgos. Quelle chance ! De toutes façons, tu n'as rien à regretter, y'a pas ta taille chez "DAXON" et t'aurais à peine pu caler ton nouveau tour de poitrine au niveau de la taille de leurs tabliers à carreaux. Fallait y penser, c'était sans compter sur l'expérience du bon docteur Simon et de sa brillante équipe. Allez va, grâce à eux, cette année, la Reine du baloche, c'est toi, Mado, indétrônable !

Sois sûre que désormais, le client affolé par tant de générosité va se presser au portillon, et tu n'en as pas fini avec les prétendants de tous poils qui s'imagineraient que tu es devenue un peu fastoche... Gaffe tout de même aux mains au cul, jours de grande affluence... faudrait pas non plus qu'on te prenne pour une pute.

Chère Madeleine, je t'embrasse...

El Batacazo

19 juillet 2009

Le toro chauve


Nous n'étions pas à Mont-de-Marsan le 18 juillet 2009. Enfin, si nous y étions, par le biais d’une étrange procuration radiophonique. Dans certains médias quelques imposteurs commentent par le biais, pourtant trompeur, de la télévision, tout en se gardant bien de préciser les conditions de ce faux direct. Un peu comme une vraie fausse interview de Fidel Castro. A Camposyruedos nous allons dorénavant vous proposer mille fois plus puissant,: la reseña via la radio. Dans ces cas là il faut être capable d’écouter entre les ondes. Vous allez voir, ça n’a rien de sorcier. Morceaux choisis. Rien n'est inventé, tout est véridique. Nous sommes au 3ème toro, pour José María Manzanares – Elevage Victoriano del Río.

- Regardez, cher Pierre, comme le toro s'est économisé au cheval pour ensuite galoper avec classe dans la muleta du matador. C'est un toro moderne ! L’enthousiasme du speaker n’est pas feint.
- Oui André, ce toro a un galop joyeux. Dès que j’ai trois minutes je me penche sur la très taurine notion de galop joyeux. Mais rien ne vous empêche d’y réfléchir avant nous.
- Regardez, on dirait qu'il joue, on dirait qu'il joue à courir après la muleta.
Quelques instants plus tard, mais sur le ton de la contrariété :
- Le toro se retourne avec vivacité (NDLR : quelle idée de se retourner avec vivacité !) Manzanares n'est pas au top.
- Non, la mayonnaise ne prend pas.
- Manzanares hoche la tête et semble dire que la situation n'est pas claire. Il est un peu dubitatif. Un petit désaccord s'installe entre Manzanares et le toro
...
- C'est le toro moderne. Il ne faut pas le brusquer… Notez bien, Victoriano il possède aussi quelques sementales avec de la caste. Alors quand ça baisse trop, hop, on rajoute un peu de caste... C’est le toro à la carte. (NDRL : faut-il entendre par là que le toro moderne est decasté ?)

- Le toro trébuche. Aah !! Il trébuche car il y a eu un peu de brusquerie de la part de Manzanares... Le toro moderne, il faut l'accompagner, il ne faut pas le brusquer.
- C'est fini André.
- Oui, c'est fini Pierre, ils ne se sont pas entendus... Ah ben tu m'as fait tomber ! Et bien je ne joue plus...

Le toro ne joue plus... trop brusqué par "notre cher Manzanita" le toro.

Et le toro chauve ? Il se coiffe toujours de la même façon, toujours. C'est bien connu.

16 juillet 2009

« Tuer c'est pas beau », le concours (rappel)


Les festivités de la Madeleine approchant à grand pas, nous vous rappelons les modalités de notre grand jeu-concours "Tuer, c'est pas beau".
Le règlement de ce concours intitulé "TUER C'EST PAS BEAU, LE CONCOURS" (hommage à cette phrase définitive de Francis Lalanne) est simple :
Dans un e-mail (avec vos nom et prénom), vous établirez un pronostic pour savoir quel toro sera pseudo indulté lors de cette Féria de la Madeleine 2009.

"Toro pseudo indulté : de la ganadería de ... et lidié en 1, 2, 3, 4, 5 ou 6ème position par le matador Miguel Ángel Perera (ce n’est qu’un exemple)."

Le vainqueur de ce grand jeu-concours gagnera une formidable cape décorative pour pare-brise dont l’équipe de Camposyruedos a fait l'acquisition sur l’affriolante boutique taurine en ligne de "L’Echoducallejon" (grand défenseur du pseudo indulto de 'Desgarbado') et/ou une surprise (de taille…). Le lot est donc désormais entre nos mains, arrivé grâce aux bons soins de La Poste dans un superbe état (quel service, tout de même !).

Nous avions convenus que j'en ferais un cliché pour le montrer aux participants au concours, mais vraiment, je crains fort que mes maigres talents de photographe ne rendent pas suffisamment justice à la beauté de la... chose.

Jouez tous ! Et bonne Madeleine !