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15 octobre 2013

Falta de trapío


Après les Cebada Gago de Pampelune refusés pour « manque de poids » (?) en juillet, ce sont les toros d’Ana Romero qui ont subi l’ire des vétérinaires de la plaza de toros de Saragosse. Nous n’avons pas vu les toros, ni au campo ni dans les corrals de la Calle Pignatelli ; il nous est donc impossible de donner un avis sur la question — avis dont on se moque d’ailleurs. 

De ce fait nous vous conseillons de vous rendre sur le blog El Secreto de la bravura pour découvrir, au campo et dans les corrals, les photographies de ce lot d’Ana Romero — ce ne sont certes que des photographies, et l’on peut souvent faire dire tout et son contraire à une photographie —, officiellement écarté du ruedo aragonais pour « falta de trapío »… Un seul toro a été accepté ; il pesait 629 kg !

13 octobre 2013

Le mode de vie de l’escargot


À la question que personne ne se posait sur le fait que Campos y Ruedos ne décernait jamais son palmarès annuel (ni prix ni autre chose), il nous a semblé nécessaire d’apporter ce semblant de réponse.


Une année, nous avions pensé remettre les prix de fin de saison avec douze mois d’avance. On s’était lancé l’idée au téléphone ; de mon côté, je devais fumer une Marlboro light et boire un café en observant les feuilles roussies de mon chêne prendre leur temps pour vivre l’immanquable voyage final qui attend chaque feuille de chêne en ce bas monde — quoique tout dépende de la hauteur du chêne. L’automne était donc là, comme aujourd’hui, et avec lui tombaient, bien plus rapidement que les feuilles de mon chêne, les prix de fin de saison. « Connerie ! », s’était-on dit en pouffant de rire à la lecture de ces palmarès qui annonçaient, dans le pire des cas, des soirées costumées au cours desquelles il serait question de discours roudoudous et de remises d’objets confectionnés avec le bon goût d’un pied bot arthritique par un sculpteur admiré au seul bar du village pour sa capacité à ne rien foutre de ses journées. 

On s’était dit : « Tiens, nous, on ne connaît pas de sculpteur avec un pied bot, mais on pourrait décerner des prix pour l’an prochain… avant que les courses n’aient lieu ! » Putain, l’idée était géniale et, de toute façon, on avait prévu de ne remettre de prix qu’à la seule arène de Nîmes, pour soutenir sa non-présence — courageuse ! — à l’UVTF depuis quelques années ; UVTF au sujet de laquelle nous ne pensions plus rien — si tant est que nous ayons un jour émis un semblant de réflexion à son sujet. Bref, Nîmes, un doigt c’est tout !

On avait même réfléchi au nom de nos récompenses : les Cyr’ose (trop Hot d’or) ; les Cyr’concis (trop marqué dans un état laïc) ; les Cyr’taki (trop crise)…
[Cette année, on s’est juste dit que le seul prix à remettre devrait revenir au phare de Vieux-Boucau, car il le mérite : non content d’avoir changé radicalement son fusil d’épaule en ce qui concerne les toros, il continue nonobstant d’étaler sur son média les plus viles manières. À l’heure où Toros annonce sa mort (un millier d’abonnés à récupérer), il nous sert la complainte du danger « anti », qui ferait pression auprès des libraires pour interdire la vente de ses opus et en profite pour nous expliquer que s’abonner à son machin en couleur et en mosaïque serait donc un acte aficionado. Prix de la récup’ : le phare de Vieux-Boucau !]

Après dix bonnes minutes à observer un escargot traverser l’angle de ma terrasse, j’en arrivai à la conclusion que pouvoir trimballer sa bicoque à l’envi devait parfois donner des ailes pour foutre le camp, pour un oui, pour un non, ou tout simplement parce que le chien du voisin commençait à nous les briser menu en déféquant quotidiennement dans ce jardin qui se colorait depuis quelques jours des feuilles roussies de mon chêne. Mais j’étais là, sur ma terrasse, et je fumais des Marlboro light au-dessus d’un escargot que je jalousais.

La temporada était achevée et, dans son agonie, elle emportait cette furie d’informations toutes plus inutiles les unes que les autres que délivrent les médias taurins d’avril à septembre. Après, ils font les comptes et tous remettent des prix, des récompenses, des accessits : les sites, les blogs, les forums, les peñas, les clubs taurins, les commissions taurines, tous. J’ai pensé que c’était un moyen pour eux de se donner des repères, de figer le temps en quelque sorte, de tirer un petit trait sur une ligne sans fin et de dire : « C’était là, on y était, on a vu… Quand on sera mort, il restera ce trait sur une ligne qui ne s’arrête pas. » Dérisoire et pathétique.

Ces prix, ces discours roudoudous, ces costumes trois pièces, ces bilans de fin d’année et ces listes noires de ganaderías, que reprennent certains blogs de la manière la plus béate et stupide qu’il soit, devraient être imprimés en fin de saison sur des rouleaux de papier rose qui manquent cruellement dans les chiottes publiques pendant les férias. L’évolution de la corrida inquiète et, logiquement, l’évolution de ceux qui en parlent, de ceux qui écrivent à son sujet, de ceux qui voudraient « débattre » (oh, le grand mot !) suit le même cours fangeux. Les blogs se multiplient, plus mauvais les uns que les autres, défendant pour certains la vertu souillée (soi-disant) de purs aficionados plus cons que les verrues sur leurs pieds : « Je paye, moi, Môssieur » qu’ils avancent sans cesse et comme unique argument. Les sites naissent et beaucoup meurent — et c’est tant mieux —, même si les pires subsistent trop longtemps sans rien écrire vraiment, tristes copistes, enfants Wikipédia(trie).

Et tous ces gens remettent des prix, décernent, classent, hiérarchisent, ordonnent le vide. Certains font même des œuvres caritatives pour des enfants, d’autres pour des vieux ; vas-y que je socialise mon chou avec la cape de Manzanita ou la coleta de Ponce un jour où il avait beaucoup transpiré.

Ici, bêtes et méchants, pas de prix, pas de bilan, pas de social. Les toros meurent, mal souvent, et la caravane passe.

L’escargot est arrivé. J’ai fini mon café. Il a pris son temps — c’est un escargot. Il ne regarde jamais derrière lui, l’escargot ; il trimballe sa cahute sur son dos baveux et il avance. Il trace sa route. Il goûte le temps. J’aime bien les escargots.

25 septembre 2013

Si t’es pas content, va à Béziers !


Tous les grands penseurs actuels de la tauromachie s’accordent sur un point : ces dernières années, la corrida a beaucoup changé. Certains voient dans cette évolution un mal devenu incurable, d’autres se raccrochent aux branches et, au gré du vent qui souffle sur le phare, dénoncent ceux-là mêmes qu’ils défendaient encore hier, et le reste n’a de toute façon aucune idée sur la question tout occupés qu’ils sont à recopier Mundotoro sur leur site internet, ou à pleurer face aux inconséquences des antis en vadrouille dans les Landes cet été. Bref ! La corrida a changé, et ces dernières années ont vu l’apparition et/ou l’affirmation de certains phénomènes et pratiques tels que les fundas, les arreglados, qui ont réglé leur compte à l’afeitado, les toreros qui communiquent sur leur capacité à choisir eux-mêmes les élevages qu’ils seront amenés à combattre, les empresas qui placardent une affiche sur laquelle, moins d’un mois avant l’événement, la mention « ganadería à désigner » tient lieu et place d’un nom d’élevage, les empresas, encore (la même que la précédente, en l’occurrence), qui, dans un livre, sont capables de balancer qu’elles ne touchèrent aucun bénéfice de la Très Sainte Corrida du 16 septembre 2012 (pas celle de Céret !). La liste est longue, malheureusement, et vient même de s’agrandir… Ainsi, tout le monde a pu constater, ces derniers lustres, la place grandissante qu’occupait l’indulto dans le cœur du public de corrida. On « indulte » pour un oui, pour un non ; sur les gradins, plus personne ne voit rouge, mais bien plus sûrement orange. Dans cette mode de la vie rendue, il convient aujourd’hui de rendre hommage aux arènes de Béziers, qui ont, cet été, poussé la pratique jusque dans ses derniers retranchements, si l’on ose écrire.

Août 2013 : Sébastien Castella est annoncé en solo à Béziers (original, ces derniers temps, les solos et mano a mano !) devant six toros de six ganaderías différentes. Parmi celles-ci, ressort le nom de Victorino Martín, que le public n’a pas coutume de voir combattre par le héros local. Ceux qui recopient Mundotoro parlent de « geste », les autres ne pipent mot, car il faut du courage pour assister à la féria de Béziers, et ils savent déjà qu’ils n’iront pas. Début août (la corrida étant prévue le 16), dans un communiqué de presse, le matador déclarait : « J’avais choisi un toro de Victorino Martín, magnifique, dont l’éleveur m’avait montré les notes, lesquelles offraient beaucoup de garantie. Malheureusement, il est mort au campo. »

Mince alors ! Et comme il est de notoriété publique que Victorino possède une camada très courte, il fut impossible de choisir un autre toro chez lui, et le matador, soutenu par l’empresa, on imagine, s’en alla chez Zalduendo trouver la perle rare.

En vérité, ô lecteur, en vérité… le toro de Victorino Martín prévu pour ce jour-là n’est pas mort et il gambade aujourd’hui même dans son campo de « Las Tiesas » ! Béziers a donc franchi le stade ultime de l’indulto : gracier un toro sans même l’avoir fait sortir en piste, sans même l’avoir embarqué ! Trop forts, à Béziers !

Vous comprendrez aisément que nous ne pouvons dévoiler l’identité de nos informateurs et que, n’étant pas journalistes, comme ceux qui recopient Mundotoro, nous n’avons pas fait le voyage en Estrémadure pour aller caresser le ressuscité, que l’on tient, paraît-il, très loin des appareils photo. Manquerait plus qu’on érige une cathédrale !

07 septembre 2013

Je préfère les antipasti


Anti-anti ! Ça devient grave.

Déjà que je refusais d’être un anti tout court, un tout petit anti, un minuscule et monoanti, faudrait que je devienne anti-anti ! Pourtant, les tentations étaient nombreuses d’être un anti tout court : j’aurais pu devenir anticonsommateur de lasagnes au bourrin rom, ou antitouriste japonais qui n’en finit jamais de sourire à l’Occidental velu, qui l’accueillerait volontiers à coups de pied au cul son sourire à la con. Un chien aurait pissé dans mon jardin qu’il ne m’aurait pas fallu longtemps, si je m’écoutais, pour créer ma page Facebook anticlébard du voisin et de sa salope de femme qui lui lèche le groin (au chien), mais ça fait un bail que je me méfie de ce que je me raconte ; je serais même devenu antitaurins ! Ouaaais, c’est vrai ! Pas antichose taurine, faut pas pousser, j’ai la passion façon limace ; elle s’accroche, elle bave, elle laisse des traces depuis trop longtemps, et je crèverai avec, ça c’est sûr, y a pas d’autre solution. Antitaurins avec un « s », le « s » de la servitude offerte à la nullité, le « s » de suiveurs, de tous ces inutiles qui copient, commentent, gaspillent des lettres et des mots trop rares aujourd’hui à vouloir nous causer tous les jours de leurs corridas faisandées, ici sur le Net et ailleurs dans les bouquins, les revues, la radio. Oui, j’aurais dû devenir antitaurins, mais il ne tient finalement qu’à moi de ne pas les fréquenter, et la loi fait qu’ils ont le droit d’exister — comme Dieu, l’État de droit exagère tout de même !

J’aurais pu devenir tout ça et j’avais mes raisons, et j’avais raison ! mais je suis resté moi, pas anti pour deux sous ; c’est fatigant d’être anti, c’est con, surtout ! Alors imaginez qu’en n’étant déjà pas anti je sois devenu d’un coup, d’un seul, comme ça, sans préparation, sans entraînement et sans dopage, anti-anti ! Un coup à me coller un infarct à la première manif, et crever d’un infarct pour arriver à être un con au carré, très peu pour moi, au final.

Si Rion-des-Landes a connu cette année un éclairage médiatique plus large que le derrière de la fantasque Maïté, la faute n’en revient pas entièrement aux anticorrida, qui ont profité de la situation que les forces de l’ordre ont laissé s’installer en permettant à quelques mangeurs de courgettes à l’eau — tout en sachant qui ils étaient et d’où ils venaient — de pénétrer dans l’enceinte de ce « cordon sanitaire » de 500 mètres autour des arènes mis en place par nombre de municipalités de villes taurines. Le reste — les agissements des anticorrida — relève de la justice, et point. Que les forces de l’ordre n’aient pas fait correctement leur travail à Rion-des-Landes est plus inquiétant pour la pérennité du calme de l’aficionado que les gesticulations très visuelles de personnes dont la capacité intellectuelle le dispute quotidiennement à leur talent littéraire et orthographique.

La corrida n’est pas du monde qui se construit. Elle ne tient à rien face à l’évolution sociétale actuelle, sclérosée par les grandes théories écologistes. La corrida devrait fermer sa gueule et rester discrète pour vivre mieux et plus longtemps, au lieu de croire se défendre sur des concepts moisis de traditions et d’ériger le triomphalisme comme une norme susceptible de faire d’elle un spectacle acceptable par tous duquel le public sortirait toujours satisfait. La corrida n’est en rien consensuelle et n’a rien à faire au patrimoine immatériel de l’humanité. Mais la connerie n’a pas de camp, et les antitaurins sont obligés de la partager avec nombre d’aficionados qui sont prêts en un clic à s’inscrire sur une page Facebook des anti-antitaurins, nouvellement créée par on ne sait qui pour « montrer au grand jour les pratiques des anticorrida ». Et montrer au grand jour les pratiques du monde taurin, non ? C’est comme l’ONCT, surtout ne pas regarder les affaires internes, ne s’occuper que du crépi ; laissons les fondations au mundillo espagnol, le bâtiment va bien, là-bas !

01 septembre 2013

Le prix Con tout court


Exception française, la rentrée littéraire est un phénomène qui donne l’occasion à une foultitude de journaux, revues, fanzines et autres de nous conseiller quoi lire dans les mois d’automne qui se profilent. Chaque année ou presque on nous vend du Nothomb, du Angot et autre littérature industrielle sans aucun intérêt, si ce n’est celui — et ce n’est tout de même pas le moindre — de focaliser un temps l’attention des Français sur les livres, parmi lesquels, peut-être, ils dénicheront une pépite… rare, faut-il en convenir. 

Aujourd’hui, appliquons cet exercice à l’envers en ce qui concerne la « critique » taurine, qui n’a plus rien de critique et encore moins de littéraire. À l’envers, c’est-à-dire qu’au lieu de conseiller nous allons déconseiller la lecture de certains compte rendus de la très gentillette corrida de Cebada Gago « lidiée » samedi 31 août dans les arènes bleu ciel et blanc de la basco-gasconne Bayonne.

À éviter absolument, donc :
— La chronique pitoyable de Maurice Berho (Mundotoro.com), qui ne comprend pas un public qui conspue David Mora et qui prend fait et cause pour le ganado de Cebada Gago. Berho fréquente de trop près les toreros et tout ce qui tourne autour pour être un minimum critique, audible et crédible. Au final, il est à l’unisson du niveau du site Internet pour lequel il « travaille ».
— La reseña espagnolesque de ce cher Patrick Beuglot (Toros2000.com), qui faisait la moue en callejón parce que, chez lui, le public ne comprend jamais rien alors que lui « sabe »
— Le compte rendu de Pierre Vidal (Corridasi.com)… Oups, lui n’était pas là, toujours à Mimizan. Donc, l’éphéméride de Pierre Vidal a été pompée sur Opinionytoros.com, qui n’avait a priori personne pour « reseñer » la course et qui a dû recopier l’entête de la reseña de Jean-Louis Haurat pour Aplausos.es. Là, on y apprend que Mora ne s’est pas entendu avec le cinquième. Point. Euphémisme, merci Jean-Louis, l’information est intéressante.
— Sur Burladero.com, Roger Martin témoigne d’un talent certain pour le résumé et pour ne froisser personne, en particulier David Mora, qui a juste agacé le public en ne voulant pas trop voir le cinquième. Ah bon ?
— Ce matin, dans Sud Ouest, Zocato est le seul à critiquer un tant soit peu l’attitude minable de Mora à son cinquième, tout en omettant d’écrire un seul mot sur le tercio de piques responsable de la colère du public.

Vous avez donc la possibilité de ne pas lire tous ces textes sur cette gentillette et très desigual corrida de Cebada Gago, à la sortie de laquelle nous étions deux ou trois « brameurs » avec le sourire aux lèvres d’avoir assisté à une belle bronca à l’encontre de ce grand tricheur qu’est David Mora, qui, non content d’avoir sciemment laissé assassiner le cinquième sous une pique trasera et interminable, a pris la mouche et a refusé de voir le toro au troisième tiers. La bronca du public a débuté aux piques pour ne s’achever qu’au moment où les areneros nettoyaient la piste. Pour passer définitivement pour un morveux, le gominé David Mora ne trouva rien de mieux que de faire des gestes déplacés à l’endroit de la colère du public pour la provoquer encore plus. Souhaitons maintenant ne plus revoir ce torero profilé, abuseur de pico et de tricheries en tout genre, dans les ruedos l’année prochaine.

Vous pouvez éteindre votre ordinateur.


Dernière minute. — Évitez aussi la chronique de Jean-Michel Dussol dans Torobravo.fr… Non, vraiment, n’y allez pas !
Dernière minute bis. — Selon certaines sources (à confirmer évidemment), le troisième toro de Cebada Gago, annoncé 462 kg, ne passait pas, paraît-il, la barre des 400 kg… Nous savons tous que trapío et poids sont deux choses différentes, mais tout de même !
Dernière minute ter. — Fuera la cuadra éléphantesque et immobile de monsieur Heyral qui nous gâche tous les tiers de piques partout où elle passe !


>>> Retrouvez, sous la rubrique « Ruedos » du site, une petite galerie consacrée à la corrida de Cebada Gago combattue à Bayonne.

13 août 2013

¡Mundotorobando!


Lu aujourd’hui sur le site de Signes du toro ce billet d’humeur de Joël Jacobi à propos d’une vidéo de Fandiño diffusée sur Mundotoro sans aucune autorisation ni demande d’autorisation ni quelconque politesse que ce soit.


Il va sans dire que nous soutenons les propos de Joël Jacobi, qui pointe là, au sujet d’un grand (par le nombre de ses lecteurs, mais non pas pour sa qualité) site internet taurin, des pratiques qui s’avèrent malheureusement de plus en plus courantes.


NOTA. — Depuis la publication de l’article de Joël Jacobi (et depuis peut-être un courrier adressé par lui à Mundotoro), la référence à Signes du toro est maintenant visible sous la vidéo (voir photo).

08 août 2013

Tercio I


Alors, to be fluctuat or nec mergitur ? That is the pregunta… Capitto !


20 juillet 2013

Génétique


Toro de Fuente de Gnugne del Tajo, génétiquement modifié pour pouvoir participer à la féria de la Madeleine.

Vous pouvez suivre le déroulement des courses montoises sur le blog de la peña Escalier 6 de Mont-de-Marsan.

Parce que brailler dans une arène, ça ne suffit pas…

16 juillet 2013

Après eux, personne, et après personne, sans doute personne


La critique taurine est morte. Ce n’est pas une nouvelle. Ça n’existe plus, et ça fait déjà un moment.
Aujourd’hui, pour savoir ce qui s’est passé, ou plutôt combien il s’est coupé d’oreilles, tout le monde, moi le premier, va sur Mundomachin pour avoir l’info.

La critique taurine, telle que nous l’avons connue, a disparu, totalement, avec Joaquín Vidal et Alfonso Navalón. Les deux derniers.
Le père Zabala les avait précédés quelque temps avant dans un tragique accident d’avion. 
Il y a bien la Lirio, sans domicile fixe, qui se morfond dans son coin de blog, mais c’est tellement de mauvaise foi que cela en est pathétique, et depuis longtemps. 

Aujourd’hui rien, rien de critique, rien en opposition. On avale tout, on lustre et on fait briller. 
Pas besoin non plus de remonter au déluge. Qui s’indigne encore qu’un toro, normalement piqué, simplement normal, soit gracié ? 

Quand j’évoque la normalité d’un toro, c’est aux piques que je fais allusion. Car un toro simplement normal devrait en recevoir trois. Alors pour être gracié…
La normalité, finalement, c’est la médiocrité, une sorte de douce décadence, à peine visible mais bien réelle. 

Ah si… il y a une chose qui, parfois, peut être source de violente polémique. C’est lorsqu’un président de course refuse de distribuer les oreilles aux vedettes. Ça peut sembler étonnant, mais c’est le seul cas. En même temps, ça donne une idée du niveau actuel de la « critique ».

La « tauromafia », ainsi que la nommait Navalón, est aux commandes, et on n’imagine pas un retour en arrière.
Heureusement, il y a Internet, quelques blogs ou sites, noyés dans un fatras hétérogène. Ce sont désormais les seuls endroits où l’on peut lire à rebrousse-poil de l’opinion formatée et largement diffusée.

À ce stade de ces quatre lignes d’humeur, j’ouvre une parenthèse. Il n’est pas une semaine sans que l’on s’entende dire qu’à Campos y Ruedos nous ne polémiquons plus, nous non plus… avec Viard s’entend. Ben c’est normal, il a piqué nos idées ! Nous pourrions même sérieusement lui proposer d'écrire ici.
La question que se posent beaucoup est de savoir si ce retournement de veste est conjoncturel ? sincère ? opportuniste ? Très franchement, comme dirait l’autre, ça m’en bouge une sans faire remuer l’autre. Mais, évidemment, je le lis, parfois, le sourire aux lèvres.
Putain ! et si Dédé était le dernier critique taurin ? Trop tard diront certains. Sans doute. Peut-être le dernier train ? Résistant de la dernière heure ? Allez savoir. Il faut au moins lui reconnaître d’avoir fait disjoncter El Juli.

J’en reviens à mes moutons, ou plutôt à mes Domecq. Ouais, j’aime pas Domecq… et alors ? Enfin, ce qu’ils ont fait des Domecq, pas ce qu’ils furent ou le sang qu’ils portent, ni l’histoire qu’ils peuvent représenter. Mais là on entre dans les subtilités. Et je n’ai pas sous la main la photo de la pique de Jerez à côté de la bouteille de fino… Et Navalón, dans sa tombe, un jour d’octobre d’il y a longtemps, ça a de la gueule, je trouve, pour parler de la mort de la critique taurine. 

Pour finir, un peu d’air frais, respiré sur le Net à propos des figuras actuelles et de ce qu’elles ont fait à Pamplona. C’est de saison : « Eux… les figuras qui imposent cette misère et l’éleveur qui l’élève pour la vendre à prix d’or sont les coupables de l’état de cette fête moribonde. Ils sont les coupables, oui, mais la Casa de Misericordia est responsable du spectacle lamentable auquel l’on assiste à Pamplona. Pamplona n’a pas besoin de cela. Et vous savez pourquoi ? Parce qu’à Pamplona on aime le toro, le matin et l’après-midi. Parce que les abonnements sont vendus quel que soit le programme. Parce que le prestige de cette arène est très supérieur aux caprices de ce genre d’individus. »

Ces quelques lignes, signées Eneko Andueza, sont tirées du site El Chofre, et font suite à la corrida de Victoriano del Río tuée par El Juli, Morante de la Puebla et je ne sais plus qui. Le site Toro, torero y afición, qui a attiré notre attention là-dessus, précise que l’éleveur a déclaré : « Nuestra corrida es muy torera. » 

Voilà, la boucle est bouclée.


Photographie Gilles Gal

30 juin 2013

Ras du fronton


Ce soir, j’ai passé ma soirée avec des pédés parce que c’était la Gay Pride, et avant tout parce que ce sont des copains. Oui, j’ai des amis pédés, je les aime, ils m’aiment, j’entends ce qu’ils vivent, ce qu’ils sont et je suis à l’écoute de comment toute leur existence s’organise au sein d’une société volatile vis-à-vis de l’« autre », et que c’est comme ça, et qu’il faut faire avec… J’ai plein d’amis hétéros aussi, plein d’amis arabes, juifs, noirs, jaunes, colorés, frisés, bridés, gros ou petits, différents… Voilà, pédés, hétéros, ou autre chose, je m’en fous… Ils ne me tripotent pas le zguègue, et je n’ai que foutre du leur… Moi, je n’aime que ma femme, belle, forte, fière, pleine de nichons et de cuisses, pleine de hauteur et d’arrogance… Une parfaite connasse que j’aime pour ce qu’est elle, et je défie le monde de lui imposer d’être différente, de se fondre dans le moule, là, tout de suite, celui de la société mignonne, bien pensante, bien rangée, catho ou je ne sais quoi, polie, blonde avec la raie sur le côté, le col remonté jusqu’au menton et le bas de la jupe sous les genoux… juste pour voir. Allez…

Personne ? C’est mieux pour vous, je vous l’affirme. Venez maintenant me dire que le bouffon d’Arcangues, ce couillon des îles, ce Rantanplan basquignous jusqu’au ras du front, juste entre le béret et le foulard rouge, dont le droit de se représenter comme tel se situe entre un mur à gauche de village et la kermesse de l’école, n’ayant peut-être jamais foutu l’orteil au-delà du pas de porte, au-delà de la vue de la Rhune, au-delà d’une couenne de jambon de salaison bayonnaise, se permette aux yeux de la populace d’afficher son intolérance vis-à-vis du monde tel qu’il est, comme un dogme, une loi, une vérité de vie, une permission d’être… c’est le fond du puits, le fond du seau, le fond de la marre qui vous crache à la face, amis de partout et républicains de tous bords, le fond du toupin de fayots, le fond de la gamelle qui se rebelle contre une décision votée démocratiquement dans le berceau des droits de l’homme. Visiblement, seul contre le reste du monde, le maire d’Arcangues sait ce qui est bon pour vous et pour la République, et vous prouve sans plus attendre que si vous décidez de vous promener à poil dans votre salon ou votre jardin avec une plume dans le fion, il se portera garant de la feuille de vigne, devant Dieu ! Frère Beuglot amènera les hosties, ou les outils du châtiment… c’est selon. 

Tandis que moi, moi qui ne suis rien de rien, pour qui personne n’a jamais eu l’occasion de voter, je vous le dis, tout bête que je suis : que les pédés se galochent goulûment, se roulent des pelles baveuses, se collent des doigts fougueux, et qu’ils le fassent ouvertement de la rue Pannecau jusqu’aux portes de la cathédrale… et que celui qui s’en offusque rentre à la maison et s’y enferme en n’oubliant pas de se poser des questions sur le bien-fondé de son existence, à lui… Qui suis-je, moi, pour juger de ce qui est bon pour les autres… Qui suis-je, moi, pour juger des droits auxquels les autres peuvent aspirer… Qui suis-je, moi, pour décider, bien au-delà du bien-fondé de l’existence de l’humanité, de ce qui est bon pour elle… Tu parles, Charles ! Hé, monsieur le maire d’Arcangues ! Moi, j’ai mal à ma République rien que de savoir qu’elle ait pu vous faire maire… en dépit de ce que la majorité a voté, le moment venu…

Voilà pourquoi je dis, là tout de suite, Beuglot, tu es grand couillonnasssssse… non pas de beugler ta gêne que les autres aient des droits, les mêmes que toi, mais de l’afficher sur ton site taurin, comme une fierté barbare, comme une petite vérité de semaine, entre trois bouffonneries sur des bêtes à cornes dont la majorité de l’humanité se branle copieusement, quand d’autres, ceux qui sont vraiment concernés, font d’une loi le combat d’une vie… Facile pour toi de te poser en inquisiteur du droit des autres quand t’es pas concerné, quand t’as peut-être jamais eu à regarder ton fils dans les yeux pour lui dire que tu l’aimeras quand même, quoi qu’il fasse, quoi qu’il arrive, qui qu’il soit… Trop facile… C’est quoi ta vie, à toi, c’est quoi qui arrangerait ton quotidien, c’est quoi qui te faciliterait l’existence et celle des tiens sans piétiner la petite vie tranquille des autres ? Rien ? Un callejón ? Une entrée au patio de caballos ? Alors, accepte au moins que tous, dans cette société, n’aient pas la même chance que toi dans leur petit quotidien minable et aspirent à une légère amélioration, voire à quelque opportunité… car je crois comprendre que l’acquis de droits pour une catégorie qui n’en avaient pas nuit à la tolérance de ceux qui en jouissaient… Ton édito, Patrick Beuglot, en est la preuve. 

En attendant, monsieur le maire d’Arcangues, pour un bled qui vend sa bidoche sur le cul de Luis Mariano, le plus grand pédé d’opérette jamais recensé, vous faites bien rigoler ou pleurer la planète entière… Honte à vous ! Et honte à toi, Patrick Beuglot, de saisir l’occasion pour lécher l’infamie jusqu’aux couilles…

Petit bonhomme d’Arcangues, dont on dit que tu es le digne représentant républicain, à cause de toi, j’ai mal à ma démocratie au point que je finis par me dire que Flambi c’est toujours mieux que ça… Quant à ceux qui rampent derrière, je les plains de toute mon âme d’hétéro qui a eu le droit de pouvoir se marier, car un droit, c’est une chance, une opportunité sociale que seule la solution républicaine, — Liberté, Égalité, Fraternité —, vous octroie sans discernements moraux. Par chance, Dieu, le pape et ses prophètes n’ont rien à voir dans tout ça. 


Nota. — Je n’ai malheureusement pas de crédit pour la photo. Que son auteur m’en excuse, ou se fasse connaître sans attendre.

18 juin 2013

Prix au rabais


Dimanche 16 juin 2013, la commission taurine d’Aire-sur-l’Adour (à ne pas confondre avec l’empresa Biondi) a remis un prix à la meilleure pique de l’après-midi. C’est Tito Sandoval qui a raflé la mise, une fois de plus serait-on tenté d’écrire tant ce picador est devenu la coqueluche de l’Afición franco-espagnole. Jusque-là, rien de très nouveau sous le soleil (rare ces derniers temps) de la temporada. Il convient de saluer la démarche de cette commission qui, en se dirigeant bon an mal an vers des ganaderías dignes d’intéresser les aficionados a los toros (Baltasar Ibán, Prieto de la Cal), essaye depuis quelques années de redonner du lustre à la corrida en ces lieux. L’entreprise est énorme pour qui connaît un tant soit peu l’état et l’histoire de la tauromachie à Aire (succession d’empresas, changements de cap incessants, etc.), et nous ne pouvons qu’espérer que le dynamisme de certains l’emportera au final.

Donc, Tito Sandoval a raflé le prix. Oui, mais ! Mais, car tout d’abord Sandoval a la mauvaise manie de piquer avec la puya montée à l’envers — l’arête de la pique vers le ciel. Il suffit de regarder la vidéo de la corrida de Cuadri à Madrid (celle de la vuelta avec la cuadrilla) pour en prendre conscience. Ce fut le même numéro à Aire. 

Ensuite, les deux photographies qui accompagnent ce texte sont là pour illustrer la mauvaise pique qui fut récompensée. Loin de nous l’idée de tomber dans la facilité de croire que des photographies permettent de tirer des conclusions définitives sur un moment précis de la lidia, et loin de nous l’idée de généraliser cette pratique devenue habituelle sur certains blogs espagnols, qui n’en finissent pas de décortiquer le toreo de quelques-uns (souvent des figuras) à travers des images qui peuvent être sujettes à caution, en fonction de l’angle, du moment du déclenchement et d’autres aléas inhérents à cette pratique. Néanmoins, ces deux photographies permettent de juger de l’emplacement de la puya dans le toro.

Elles ont été prises lors de la première rencontre du toro n° 69, sorti en sobrero. Sur la première photographie, Sandoval plante clairement la puya dans l’épaule gauche, très en arrière de l’endroit auquel plus personne ne jette un œil : la base arrière du morrillo. À cet instant de la rencontre, Sandoval est excusable : le toro est venu de loin (comme Castaño et lui ont coutume de le faire dans un numéro certes bien rôdé, mais qui va à l’encontre de la logique de la lidia), et l’impact assez fort peut expliquer qu’il soit difficile de placer la pique au bon endroit. C’est la seconde photographie qui agace le plus : le toro a poussé et Sandoval a changé l’emplacement de la puya. En soi, et malgré les hurlements du public dans ces cas-là, il n’y a rien de scandaleux à ce qu’un picador corrige le tir, au contraire même, si ce tir est corrigé pour être amélioré… ce qui n’est que très rarement le cas ! Ici, Sandoval a simplement replacé sa puya dans l’autre épaule du toro, exactement au même niveau que le premier trou.

Tito Sandoval est un grand picador, et cela personne ne peut le contester. Cependant, il y a un monde entre reconnaître les qualités d’un torero et l’acclamer dès qu’il monte sur un cheval face à un toro parce que c’est lui. Les peñas aturines, torses nus et chariots bien remplis (serait-ce une nouvelle tradition en train de naître sur les bords de l’Adour ?), qui ont scandé son nom lors de sa sortie de l’arène, ont certainement confondu monter à cheval et piquer un toro.

16 juin 2013

Touche pas à mon vigneron


C’est d’un rapport dont il est question, d’un qui inquiète et agace ; un rapport remis récemment au gouvernement par un psychiatre et addictologue, Michel Reynaud. Ce rapport, s’il est suivi, interdira à nos vignerons de pratiquer toute forme de communication sur Internet, y compris les réseaux sociaux. Le nombre de blogs et de forum qu’il va falloir censurer ! On croit rêver. Eh bien, non ! On ne rêve pas…

Pour en savoir plus, le mieux est d’aller lire le blog Quilles de filles.

Et, ensuite, de signer la pétition

Enfin, je me contenterai de citer l’ineffable Vincent Pousson : « Ce “paradis” totalitaire géré par la police de la pensée, ce “meilleur des mondes” que nous promettent tous ces gens qui ne veulent que notre bonheur et qui nous parlent comme des instits à des gamins de maternelle, je les emmerde, je les conchie. D’autant que je sais où ils finissent, en général : dans la dépression et les molécules pharmaceutiques qui la “soignent”. Mais, c'est bien joli d'en parler, encore faut-il agir. Une des premières choses à faire consiste à signer la pétition qui se trouve au bout de ce lien et qui s’adresse au ministre de l’Agriculture. Parce qu’il serait temps que la fonctionnocratie comprenne que l’avenir d’un pays se construit davantage en créant qu’en réfrénant, et surtout pas en cultivant l’art de se tirer des balles dans le pied. »

06 mai 2013

Tous toreros



Mardi 30 avril 2013

Les toros de Dolores Aguirre Ybarra dégagent une impression de grand calme au campo. Ils vont et viennent, rejoignent leur querencia naturelle, clopin-clopant, dodelinant de la tête, grattant parfois le sol et chassant quelques mouches, qui reviennent inlassablement. L’air est frais et le soleil perce maintenant à travers les milliers d’encinas de la finca. Ils sont regroupés par lot, et, plus ou moins, chacun s’est déjà vu assigner une destination : Pamplona, Bayonne, Saint-Vincent-de-Tyrosse, Tafalla et, semble-t-il, un « pueblo de aquí », mais lequel ? 

Seule attend une grosse demi-douzaine de cuatreños initialement « réséñés » pour la San Isidro de Madrid. Las, ceux-ci ne fouleront jamais le ruedo venteño, car remplacés par six cornalones — on imagine — de Samuel Flores. Le mayoral n’est pas inquiet : Valencia en julio ou Logroño à la fin de la saison. C’est la tête de camada de l’élevage cette année, una tía con toda su barba.

Les voir là, sereins, l’air de rien, la tête au vent, le mufle au sol, les reins au soleil, on se dit que nous n’aimerions pas être torero. Ni matador, ni peón de brega, ni banderillero, ni picador, ni aucune fonction qui nous obligerait à mettre le bout du petit orteil sur le sable d’une arène.


Dimanche 28 avril 2013

Les novillos de Núñez del Cuvillo dégagent une impression de grand calme dans le ruedo. Ils vont et viennent, chassant sans trop y croire la muleta qu’on leur présente, de profil ou de trois quarts, et qui revient inlassablement. L’air est frais — glacial, selon les Sévillans — et le soleil perce parfois au-dessus de la Puerta del Príncipe. Les présents trouvent les deux premiers intéressants, les autres ennuyeux et faibles. Les novillos s’ennuient eux aussi. 

Les voir ainsi, l’air de rien, l’air de ne pas être venus pour combattre, mais seulement pour suivre gentiment un leurre qui répète le même geste sans fin, on se dit — mais c’est très présomptueux, évidemment — que nous pourrions nous aussi être torero. On accepterait sans trop d’inquiétude toute fonction qui nous obligerait à mettre le bout du petit orteil sur le sable des arènes de Séville. 


Lundi 6 mai 2013

C’est par là qu’elle disparaît, dans cet instant où les taureaux de combat qui n’en sont plus vraiment font croire que nous pourrions être tous toreros.


Photographie Un novillo de Núñez del Cuvillo, à Séville, le dimanche 28 avril 2013.

07 avril 2013

Les pieds dans le bac à sable


« Tiempo de tienta », a lâché quelqu’un au passage.

Cela voulait sans doute dire « froid devant ! », ou peut-être « l’hiver se rebiffe ! », ou encore « malgré l’heure qui s’avance et la lueur qui monte, on va sévèrement se cailler les miches, car le fond de l’air est frais, ce matin. N’est-il pas ? » Machinalement, les cols se sont relevés et les têtes ont suivi la course des nuages dans un ciel tourmenté. 

Debout pognes en poches, l’assistance s’est vite regroupée autour de la petite arène. Momentanément réchauffés par cet élan grégaire, tous se sont rangés à l’abri du vent, certes, mais à l’ombre. Seul, le vieux ganadero occupait son siège habituel au soleil. Le cavalier était en piste, les subalternes derrière les planches, le parterre de pingouins aficionados derrière le muret et les vaches derrière la porte. Tous derrière, tous derrière et personne devant. Au-dessus du toril, l’éleveur sur son trône tonnait. Il triturait un carnet de notes défraîchi, mâchouillait convulsivement un trognon de stylo, grognant à intervalles réguliers : « Mais qu’est-ce qu’ils font ?… Ils n’ont pas bientôt fini de se pomponner ! » Décidément, le vieil homme ne comprenait rien aux manières de la nouvelle génération. De tempérament paisible, cette attente interminable dans la froidure l’exaspérait. « Mes bêtes n’ont pas besoin de chichiteux malpolis et attardés. » Il est vrai que, d’ordinaire, son bétail était réservé à de rudes titis, pas aux gominés. Ils ont fini par se montrer…

« ¡Puerta! » Deux apprentis « torerrasses », deux novices parés pour le chic, pas pour les chocs. Verts comme l’espérance d’un printemps tauromachique que l’on nous vante constamment mais qui n’est pas prêt d’arriver. J’ai songé à tous les Fuente Ymbro que ces deux-là ne manqueraient pas d’« indulter »… Fatalement. Le froid est devenu mordant, la pluie pénétrante, la nostalgie insidieuse. J’ai pensé aux toros, au soleil, à Navalón, qui aurait eu quatre-vingts ans ces jours-ci. Et, je suis parti. 

« “Écrire et toréer”
Hier soir, en quittant l’arène de tienta de “Terrones”, j’ai senti le froid qui me saisissait par la plante des pieds en s’engouffrant directement depuis la terre. Mes bottes de baroudeur venaient de rendre l’âme, crevées d’avoir longtemps buté sous les chênes, d’avoir parcouru tant d’enclos, d’avoir surtout autant piétiné pendant les bregas et les tentaderos quand les pieds atteignent cette incroyable mobilité qui naît de la peur, de l’impatience ou de l’ardeur d’un combat obstiné avec une vache accrocheuse. Ce fut hier la première belle journée de campos. Le sol de la piste commençait à sécher et un soleil quasi printanier nous laissait toréer en bras de chemise. Jusque-là, nous avions connu vingt jours de vents porteurs de pluies et même une matinée neigeuse. Le froid engourdissait nos doigts qui agrippaient la muleta lors des faenas, et nous les réchauffions en soufflant dans nos mains pour éviter qu’ils ne gèlent. » Extrait de Viaje a los toros del sol, Alfonso Navalón, Alianza Editorial, Madrid, 2005, p. 19.

À quoi bon ressasser le passé quand l’avenir tapote le baromètre. Il est grand temps que le sable séchauffe.

30 mars 2013

T’as vu toréer José Tomás ? Moi aussi !


Chapitre sur Séville
• Pages 50-51. « Guide épicurien ».
« Visite ganaderías :
— Ranccío. Les frères Ángel et Rafael Peralta… C’est ici que Léa Vicens, rejoneadora,  a transformé sa passion en carrière.
— Ganadería Santa Ana. Menée par Maurice Berho… »
La zone étant chiche en élevages dignes de ce nom, je comprends mieux les choix de la rédaction.

Chapitre « Coups de cœur »
Loren (qui prend une belle pose pour la photo parce qu’il le vaut bien) : « Léa Vicens est belle et elle torée bien à cheval. […] Son histoire ma rappelle un peu la mienne… »
Il a tenu deux lignes avant de causer de lui.

• Page 69. Titre : « J’ai vu toréer José Tomás ». Moi aussi, pourquoi ?

• Page 85. Julien Lescarret aime les fêtes de Bayonne.

• Page 94. Chapitre sur Béziers. Robert Margé : « On a toujours dit de Béziers que c’était la Séville française. »
Autrefois, à l’école, le maître nous enseignait que « on » est un couillon.

• Page 21. Denis Podalydès : « Avec les auteurs de la tauromachie, les Zocato, Durand, Albaladejo… »
No comment.

• Page 9. « Ainsi soit José Tomás », par Zocato.
Amen.

• Page 35. Pub pour Ecolocup, le gobelet écologique des férias, le machin bonne conscience pour se bourrer la gueule sans (trop) pourrir la planète et en perdant des euros.

• Page 30. Pub pour la temporada dacquoise. Quatrième de couverture, idem.

À moins d’avoir mal épluché le truc, André Viard n’a pas participé à la rédaction ; c’est une des rares bonnes nouvelles de cette publication.

20 mars 2013

Ça se sent que c’est toi


J’y vais rarement, mais j’y vais… non, pas aux chiottes, sur Mundocojones. En ce moment j’y vais beaucoup because ils vont bientôt annoncer les carteles de Madrid. Déjà que je vois de moins en moins de courses, je n’ai pas l’intention de rater la fin de la féria, normalement torista, dont on espère qu’elle sera moins triste que celle pré-annoncée plus ou moins officiellement.


Faut dire que Samuel Flores a sur mon moral des effets pas franchement euphorisants. Ça me rappelle l’époque où Zabala père… le père… réclamait pour les samueles moins de cornes et plus de caste. C’était pas faux. Rapport aux annonces plus ou moins officielles, s’ils pouvaient nous remplacer la corrida de Samuel par celle d’Escolar, par exemple, ça m’irait bien. Si d’ici vendredi quelqu’un peut faire quelque chose à ce sujet, je lui en serai reconnaissant — et pas que moi. 

Donc je vais à la pêche aux informations sur Mundocojones pour ne pas payer trop cher mon billet Ryanair, et là, par le plus grand des hasards, je tombe sur une interview du directeur des arènes de Valence, qui fait le bilan de sa féria. Génial. De la vraie info. Du journalisme d’investigation. Du lourd.

Certains diront que je le fais exprès, mais pas du tout. Le hasard, rien que le hasard. D’un point de vue purement journalistique, on note immédiatement la pertinence de l’investigation, le risque du terrain… miné ? Immersion totale, journalisme au sens le plus noble du terme, démarche osée, assumée, pertinente… Micros cachés ? Mon palpitant s’emballe. 

Oui, j’avoue… comme il peut m’arriver de regarder un épisode d’une série de merde sur TF1 (j’exagère mais c’est exprès), je me laisse aller… je m’installe confortablement… je balance la page Mundocojones en plein écran sur mon 27 pouces tout neuf et je déguste. Allez, c’est parti… La féria des figuras.

SC. — Artísticamente le doy un diez sobre diez. 

Le producteur d’art se donne un dix sur dix… La perfection est bien de ce monde. On le savait déjà, vous me direz, mais ça fait sacrément du bien de se le rappeler. Faudrait vraiment que d’autres en prennent de la graine. Je sais pas moi… L’Adac, l’ADA, le CTV… Bezouce, aussi, et puis Hoyo de Manzanares… Ça leur ferait pas de mal. 

Par ces temps de crise, autant de perfection ne peut que nous émoustiller, nous alléger, nous conforter dans notre afición, vraiment… C’est ça qu’il faut, du positif pour la Fiesta ! De la perfection ! De la bonne humeur ! Aimons-nous les uns les autres ! C’est comme ça que nous irons de l’avant, pas autrement. Sus aux grincheux et aux pisse-froids !

Je vous passe les détails sur le nombre d’oreilles réellement coupées, virtuelles, non coupées par la faute des aciers… de ce qui fut, de ce qui aurait pu être mais qui ne fut pas… et de ce qui fut sans vraiment l’avoir été… Mais qu’est-ce qu’on s’en braaanle !

Révélation. Le producteur d’art évoque ensuite la future vedette de demain, Daniel Luque. 

SC. — Estoy seguro que estamos ante la inminente próxima figura del toreo porque tiene todas las condiciones para serlo y sólo tiene 23 años, y además tiene la madurez necesaria para lograrlo. 

Contrairement à SC, je ne suis pas très honnête. Je l’avoue, je suis un peu filou. Lui, contrairement à moi, il a pris la précaution délicieusement éthique de préciser qu’il voit en Luque la future grande vedette de demain, mais que ça n’a rien à voir avec le fait d’être son représentant commercial… C’est quand même bien l’honnêteté intellectuelle… Ça soulage. 

Donc il a vraiment de la chance d’être le manager de la vedette imminente de demain, même si le fait de penser que Luque est une imminente future vedette n’a rien à voir avec le fait d’être aussi son très actuel représentant commercial… ni avec le fait d’avoir un truc à vendre, là, maintenant et tout de suite… et… et c’est bien, c’est de l’art et c’est tout. Mais ça suffit. C’est juste imminent… Je sens que ça vient.
 

Vous suivez pas ? Pas grave, on s’en fout. Je passe sur les novilladas. Ça n’intéresse personne les novilladas, même pas ma femme de ménage du travail. Et pourtant ma femme de ménage du boulot elle est espagnole, de Lorca, figurez-vous ; et pourtant elle s’en moque des novilladas. Monde cruel…

Après, le producteur d’art se plaint du fric, du manque de public et de je ne sais plus quoi. Mais, là aussi, on s’en tamponne. C’est la crise, quoi ! Merde, on va quand même pas taper Chypre pour renflouer les taurins. Non… Venons-en au sublime, car il y a toujours du sublime chez SC. 

SC. — Voy a descansar, sólo un día, pero voy a tomarme ese respiro, y luego voy a soñar, porque soñando es como surgen ideas… 

Traduction approximative (oui, la perfection n’est pas de ce monde… du monde de Campos y Ruedos, je veux dire) : « Je vais me reposer, seulement une journée, mais je vais m’accorder ce temps de respiration, et ensuite je vais rêver, car c’est en rêvant que les idées surgissent… » et qu’il les applique ensuite à ses férias.

Il se reposa un jour et pondit une féria… géniaaale, évidemment. Putain mais c’est Dieu ! Encore heureux qu’il ne concocte pas ses carteles quand il va aux chiottes, quoique… parfois… Faudrait pas qu’il nous fasse le coup de la tarte Ikea… 

Enfin, pour rester dans la perfection, il est annoncé ailleurs que SC va bientôt publier un livre. Ça sent le sublime… Si, si, je le sens… Sinon, à part ça, il paraît que le prochain Almodóvar, qui sort la semaine prochaine en France mais qui est déjà dans les salles en Espagne, est un gros navet. Mais j’en sais rien, je ne l’ai pas encore vu. Et puis ça n’a aucun rapport.


Photographie Laurent Larrieu — quel taaalent !

19 mars 2013

Liquidado


La pluie des jours précédents a offert au campo l’occasion de souffler un peu, mais c’est tout. La métaphore liquide aurait plutôt tendance à lui promettre de sombres heures tant le mot « liquidado » fait son chemin, implacable de brutalité en ces prémices de printemps, comme eût pu le faire une épidémie.

Longtemps la complainte campera se bornait à dire l’incompréhension des exigences sanitaires nationales ou européennes (saneamientos à répétition, crotales, vaccinations…), à révéler l’absurdité de décisions en totale incohérence avec les exigences d’élevage d’un taureau de combat.

Aujourd’hui que les bottes sont bien enfoncées dans la fange boueuse, le temps n’est plus aux pleurs. On sacrifie, on élimine, on « matadère ». On ne fait même plus les comptes ; ils sont mauvais.

Les machos sont vendus à deux ans maximum, quand on arrive à les vendre à quelque ayuntamiento qui s’aventure encore à organiser des spectacles taurins dits mineurs — en Espagne, les subventions municipales accordées aux toros fondent comme neige au soleil. Les lots de toros, según nos han dicho, peuvent se négocier autour de six mille euros ! quand dix-huit mille seraient nécessaires pour rentrer dans les frais d’élevage — sans gagner quoi que ce soit, cela va de soi. Dans cet underground ganadero, celui des petites ganaderías, personne n’en veut aux grosses usines d’Andalousie ou de Castille. On ne joue pas dans la même catégorie. Pour autant, on leur prédit bien du plaisir pour les années à venir, à eux et aux empresas d’arènes d’importance. À force de réduire le nombre de vaches, il faudra du talent pour vendre des lots homogènes et complets dans les plazas qui l’exigent. Les aficionados pourront gueuler et sortir banderoles et liste noire, pour eux aussi l’heure ne sera plus aux pleurs et au chagrin. À cette date, les petits élevages seront morts parce que pour eux tout est pire : le sacrifice de vaches signifie l’annonce d’une mort à court terme, et la réduction obligatoire des tientas et de l’impérieuse sélection — réduire les camadas de machos — sous-entend ne plus « lidier », et donc disparaître, baisser les prix… C’est déjà fait, mais tous savent bien que la solution n’est pas là. Certains même, bien implantés dans les affaires d’apoderamiento et d’organisation de corridas, en viendraient à penser qu’il ne serait pas vain de réduire les honoraires de membres des cuadrillas qui, selon eux, gagnent trop : des picadors payés cinq cents euros la journée dans un pueblo, au regard de ce qu’ils font face aux toros, mériteraient qu’on ferme le robinet. Pan sur la castoreño !

Chez Flores Albarrán, les vaches sont couvertes par des mansos ; chez Eugenio Frías, on conserve les vaches — superbes ! —, mais voir des mâles est devenu mission impossible ; chez Javier Gallego, la camada de Veragua sort dans les rues du Levante et l’affaire cérétane de l’afeitado de ‘Colibrí’ — totalement nié par le ganadero dépité — n’a pas arrangé la situation, obligeant à la pose de fundas — que le ganadero déteste sincèrement — sur les toros de saca. Dans la zone de Villamanrique (Ciudad Real), il n’est plus besoin de téléphoner aux petites ganaderías : « Liquidado. » Les vieux fers périclitent, et avec eux certains vieux sangs qui, de toute façon, n’intéressaient pas les organisateurs, parce que ces élevages n’avaient pas de « garantie », de « référence » ou le trapío exigé çà et là — certains élevages d’origine Santa Coloma de la zone de Tolède seraient trop petits, paraît-il, pour une arène du Sud-Ouest ; vieille antienne bien connue et qui, au final, fait doucement sourire quand on constate le niveau général des ganaderías qui, elles, ont montré pattes blanches et lourdes couilles.

Le panorama ainsi dressé fait froid dans le dos, mais il est réel. La crise qui touche l’Espagne est en train de mettre une énorme gifle à la corrida et à sa matière première, le toro. Les annonces de l’hiver sur une inversion des tendances dans l’organisation des corridas, qui iraient vers plus de torista, dissimulent une réalité bien plus complexe : la tendance vers le torista — que ce mot est stupide, à la fin — ne va se réaliser qu’autour d’une dizaine de ganaderías — en comptant large —, faisant encore plus oublier l’existence de dizaines d’autres, moins renommées, moins connues, moins grandes et à qui il ne reste que quelques années, voire quelques mois, à vivre. Cela a toujours existé, mais les choses s’accélèrent aujourd’hui parce que le monde taurin est resté figé dans un immobilisme crasse et dans un manque de curiosité abyssal.

Les vieux sangs, les encastes minoritaires, n’ont pas à être sauvés parce qu’ils sont vieux ou minoritaires mais parce qu’ils sont LA diversité, qu’elle soit physique ou comportementale. Aujourd’hui, malheureusement, l’immense majorité de notre Aficíon s’en tamponne et accepte le standard — pourquoi pas, après tout — des plus toristas, ceux-là cons comme des délégués cégétistes un jour de manif sous la pluie, aux plus sensibles et érectiles quand José Tomás marche dans la rue en se grattant le nez.

¡Vaya mierda!

01 mars 2013

Gélatineux


Il y a quelque chose de photographique dans nombre des peintures de Sylvain Fraysse, quelque chose de gélatineux, d’argentique, des nuances de gris, du charbon, et du noir, beaucoup de noir, noir comme on aime. Ça rappelle souvent les premières impressions gélatineuses, en plus puissant, avec plus d’âme — quelque chose de différent, forcément —, avec de l’humain. 

Sylvain Fraysse signe l’affiche de la saison taurine nîmoise 2013 avec un très classique portrait du Tato, pas celui de Saragosse, l’autre, celui de Madrid, celui de la jambe dans le formol. 

Sur sa page Facebook, Sylvain Fraysse a également présenté deux de ses œuvres refusées par les plasticiens en plastique de la municipalité nîmoise. Je rêve… 

Comment ne pas trouver ahurissant de prétention et d’immodestie qu’une municipalité décide de confier la réalisation de l’affiche de sa féria à un artiste sans le laisser libre jusqu’au bout, libre d’assumer ses choix et sa peinture. 

Voici donc les deux affiches refusées par la mairie de Nîmes et ses plasticiens en plastique…


24 janvier 2013

Bilbo’quet (II)


Autant nous sommes habitués ici à mettre en avant les programmations d’arènes modestes, non pas tant portés par les liens qui nous unissent avec certaines d’entre elles que par l’intérêt taurin qu’elles suscitent — Parentis, Céret, Orthez, Azpeitia, pour ne citer qu’elles —, autant il convient de saluer cette année l’annonce des ganaderías qui seront combattues à Bayonne, arène de première catégorie (même si la notion de 1re catégorie en France peut prêter à sourire, en particulier quand il s’agit de la présentation des astados).

Cela fait plusieurs années que la plaza basco-gasconne cherche sa voie dans un calendrier qu’il est juste de considérer comme complexe ; car Bayonne n’a pas de féria à proprement parler comme peuvent en avoir, par exemple, les voisines de Mont-de-Marsan, Dax ou Saint-Sébastien. De plus, les arènes sont excentrées et la concurrence aoûtienne est, on le sait, très rude : Dax, Saint-Sébastien, Parentis…

Bayonne est-elle torerista ou torista ? Voici la grande question bien absurde qui fait encore couler l’encre médiocre d’un certain chroniqueur taurin du lieu. Elle n’a pas à être l’une ou l’autre, elle se doit seulement, au regard de son histoire et de sa position dans un département où la corrida est réduite à la portion congrue, de présenter des corridas dignes de ce nom.

Après avoir réduit le nombre de courses ces dernières années, Bayonne a plus ou moins réussi à mettre en place des carteles assez équilibrés dans lesquels les figuras ne bouffent pas tous les postes, et où une attention particulière est portée au choix des toros. Cette dernière partie de l’équation sera encore plus vraie en 2013 : Fuente Ymbro, Joselito/La Reina, Cebada Gago et Dolores Aguirre Ybarra. Bayonne réussit à monter un plateau dans lequel on recherche autre chose que les Miura ou les Victorino, pour sauver la face des corridas dites «dures», et l’on évite les éternels Daniel Ruiz, Núñez del Cuvillo, Victoriano del Río et autres, pour le côté «vie en rose». Le bémol vient de la novillada d’Antonio Bañuelos qui fait regretter que l’empresa n’aille pas chercher des élevages plus originaux ou moins vus.

Le retour des Dolores Aguirre Ybarra est une nouvelle particulièrement réjouissante après une année 2012 incompréhensiblement blanche (une corrida à Pampelune) pour la ganadera basque.

Le meilleur de tout cela, pour en terminer avec les atermoiements concernant la plaza de Bilbao (ceci expliquant le titre de ce texte), est que ce lot de Dolores Aguirre était, paraît-il, initialement prévu pour Bilbao. Si l’on fait le compte, la plaza biscayenne a laissé passer les Dolores et les Cuadri, alors même que c’est la photo d’un superbe Cuadri (‘Ribete’) qui ouvre l’entête du site Chopera Toros (la famille Chopera étant gestionnaire des arènes de Bilbao), photo piquée sans demande préalable aucune à Campos y Ruedos.

Bref, ne reste plus à la plaza bayonnaise qu’à confirmer la bonne tenue de cet elenco ganadero en concoctant des carteles attractifs et en arrêtant aussi les fouilles systématiques à l’entrée des gradins — les bouchons en plastique sont interdits ici.