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18 septembre 2013

Comptine du pitón


Pundonor et point de suture sont dans un ruedo. 
Pundonor tombe devant le toro.
Qu’est-ce qu’il reste ?
Adalid.

David Adalid blessé par un Miura, à Nîmes. — JotaC 2013

16 septembre 2013

Théorème


Oui, c’est sûr, les mathématiques c’est un peu compliqué, mais faites un effort sinon vous ne comprendrez rien à toute cette alchimie qui préside à la beauté taurine.

Théorème d’Archimiura : « Tout toro qui décolle de quelques centimètres au-dessus de la piste ensablée de l’arène subit, de la part de l’atmosphère, une poussée exercée du bas vers le haut, et égale, en intensité, au poids du vide intersidéral de la caste qu’il vient de déplacer, qui le conduit inexorablement à s’écraser au sol comme une bouse molle, jusqu’à ce que l’on sorte enfin un cinquième sur six… et encore. »


Photographie Premier « miurasse » de la course de Nîchmes du dimanche 15 septembre 2013. — JotaC

07 juin 2013

Saint-Vincent-de-Tyrosse et Hagetmau cet été


Comme nous l’écrivions il y a quelques semaines, l’été taurin s’annonce vraiment intéressant dans le Sud-Ouest de la France, et particulièrement dans les Landes. Ces derniers jours, les plazas de Saint-Vincent-de-Tyrosse et d’Hagetmau ont dévoilé leurs carteles. La première propose une corrida de Dolores Aguirre Ybarra quand la seconde, traditionnellement pourrait-on écrire, annonce les Miura et les Cebada Gago.

Saint-Vincent-de-Tyrosse | Dimanche 21 juillet 2013 | Corrida de Dolores Aguirre Ybarra
Manuel Escribano – Alberto Aguilar – Thomas Dufau

Hagetmau | Dimanche 4 août 2013 | Novillada de Miura
Imanol Sánchez – Cayetano Ortiz – César Valencia

Hagetmau | Lundi 5 août 2013 | Novillada de Cebada Gago
Manuel Dias Gomes – Rafael Cerro – Fernando Rey


Photographie Un toro de Dolores Aguirre Ybarra qui, en juillet, fera peut-être le voyage à Saint-Vincent-de-Tyrosse © Laurent Larrieu/Camposyruedos.com

16 décembre 2012

Trilogies


Le 12 octobre 1990, à Bilbao, Tomás Campuzano, Pepe Luis Martín et Juan Cuéllar combattaient six toros de Cuadri ; les derniers tués à ce jour dans les arènes de Vista Alegre. J’ai eu beau chercher, je n’ai pas trouvé sur Internet de compte rendu de cette course dans le quotidien El País.
En revanche, j’en ai découvert trois, signées Joaquín Vidal, où figurait chacun des toreros de la corrida du 12 octobre 1990. Je n’y ai pas lu le Vidal que certains considéraient sans vergogne comme un aficionado néfaste pour la Fiesta — probablement le prix à payer de l’indépendance journalistique —, car, oui, la plume taurine d’El País savait apprécier tout ce qui, dans l’arène, rendait sa grandeur à l’art de combattre les toros, et justifiait qu’il existât*.

«Tomás Campuzano sabe de miuras todo, todo, todo. Tomás Campuzano ve un Miura y nadie tiene que decirle cómo ha de citar, por dónde lo debe torear. […] Lo primero que debía hacerse con el Miura era templarle, y eso lo cumplió Tomás Campuzano con cabal ejecución de las reglas del arte. Los ayudados con que inició la faena, más que castigar sirvieron para mecer al toro en la franelilla, de la que se hizo amiga, y ya faena adelante siguió los recorridos que dictaba el maestro miurista, sin rebelión ni protesta alguna.» 

«Algunos cuestionaron su inclusión en los carteles. ¿Por qué ha de venir Pepe Luis Martín a la importante feria de Bilbao? se preguntaban. Y el propio torero les dio respuesta ejecutando un toreo hondo, interpretado con estricta sujeción al clasicismo y a la pureza. […] Pepe Luis Martín muleteó al Palha que abrió plaza presentándole la muleta para luego traérselo toreado cargando la suerte. Y entre las rectificaciones y destemplanzas que forzaban las acometidas broncas sacó pases de impecable factura. Así se torea, sí señor.» 

«En el toro anterior (le troisième, ndr) la fiesta brava hizo manifestación jubilosa de la grandeza que llegó a alcanzar en sus mejores tiempos. El toro, poderoso y encastado, […] tomó cinco varas sin perder su empuje, y llegó a los siguientes tercios con una embestida agresiva que sólo podía dominar un torero a carta cabal. Lo maravilloso del caso es que el torero a carta cabal estaba en la plaza, se trataba de Juan Cuéllar, y asumió el compromiso de dominar la embestida agresiva sin la menor vacilación, precisamente en el centro del redondel.» 

* Nous sommes dimanche, «et le dimanche maintenant, dans Campos y Ruedos, on va vous balancer un imparfait du subjonctif, comme ça, gratos, juste pour le style». 

NOTA. — Pour voir ma pauvre traduction, cliquer sur «commentaire». Pour profiter pleinement, en français, de la prose de Joaquín Vidal, se procurer, ou se faire offrir, Chroniques taurines (Les Fondeurs de briques, 2010). 


Image Joaquín Vidal, El Toreo es grandeza, Turner, 1987 via La Razón incorpórea.

27 novembre 2012

M – 678141




Ferruccio Lamborghini (1916 – 1993) et Eduardo Miura (1914 – 1996) étaient faits pour se rencontrer…


>>> Joe Sackey, Lamborghini Miura. Un beau monstre, ETAI, 2010.

Photographie Laurent Larrieu/Camposyruedos.com

27 juillet 2012

Charlie


Charlie (23 juillet 1936 - 23 juillet 2012),

Je te tenais la main au milieu de cette foule calme qui attend les toros. Nous déambulions lentement dans les allées toutes vertes qui courent à la plaza de toros de Dax. J’étais minot, bien habillé par maman ; tu lui avais dit qu’il fallait toujours être bien habillé pour une corrida. Nous devions penser aux mêmes choses, j’en suis certain, et elles se résumaient en quatre lettres : t, o, r, o.
Devant les arènes, il y avait des étalages de bouquins, de revues, d’affiches. Tu t’arrêtais bien devant et tu cherchais, tu fouillais. Tu savais ce que tu voulais. Je savais ce que tu voulais. Nous voulions la même chose. Des toros ! Des toros en couverture, des toros en photos à l’intérieur, des toros au campo. Des toros ! Notre revue préférée, c’était Aplausos, avec cette cabeza en haut à droite et ses clichés pris dans le violet du printemps andalou et… Miura. Les premiers que j’ai vus, c’était là, dans Aplausos avec ma main dans ta main. Tu me montrais comment ils étaient faits, tu m’expliquais que leur morrillo il était foutu comme ça, pas comme chez les autres, et que la papada, ben il n’y en avait pas. J’étais à la messe, j’en avais plein les yeux des miuras.
Après, on devient grand. 
Après, on ne tient plus la main de personne quand on va aux toros. 

Après, je vous ai regardés me rejoindre à Vic, à Bayonne, à Bilbao, à Pamplona. Tous les deux, toujours, ensemble. Quelqu’un m’a dit il y a peu que votre présence était rassurante, ou comme une évidence. Je n’aurais pas dit mieux et c’était plus pour moi : deux mains qui ont fait de moi un homme, à votre image, à lui et à toi — je le souhaite de tout mon cœur peiné.

Aujourd’hui, San Fermín console sainte Madeleine et, chez Miura, à « Zahariche », j’entends que les toros hurlent au vent, aux pierres et aux lézards qu’ils sont un peu plus orphelins.

Adichat’s Charlie…


17 février 2012

Triste tournante


Nous mentirions si nous affirmions que Castellón constituait un rendez-vous important de notre temporada 2012. Le programme replet des années passées va s'étiolant au gré des redites et des rediffusions des mêmes corridas, sans surprise, ni competencia, « G-je-sais-plus-combien-isées » dont on finit par ne plus attendre grand chose. D'années en années, nous biffons, rayons, effaçons bon nombre de dates de notre calendrier et prenons le temps de faire d'autres photos ou de trouver d'autres raisons de déprimer. D'indultos en Domingo Hernández, les programmes standardisés s'ajoutant à une certaine lassitude, les temporadas finiront peut-être par se faire tout à fait sans nous. Ce n'est pas une menace, tout juste un constat et ça ne changera rien.

Pour commencer la saison, nos pensées inclinaient du côté du Levant et de la promesse d'un lot de Cuadri à Castellón en mars. Quoi de mieux, a priori, que de retrouver les pensionnaires de « Comeuñas » pour rouvrir le dossier avec le même bétail que celui de la clôture de 2011 du côté de Zaragoza ? Les Cuadri sortiront bien à Castellón, et même six, semble-t-il, mais répartis sur deux jours puisque la féria propose ce que nous nommerons une tournante sur trois jours avec des carteles composites : 3 Cuadri + 3 Victorino, 3 Cuadri + 3 Miura, 3 Miura + 3 Victorino. Déjà l'an dernier, le génialissime sérénissime désormais nouveau directeur artistique (ou je ne sais quoi) de Madrid avait proposé un « mano a mano » Miura - Victorino à Valencia et Nîmes.

Castellón fait donc plus fort encore ; Castellón garde le concept mais le décline en une suite de rimes embrassées et répétitives tenant à la fois du slogan entêtant, de l'exercice de prononciation et du pantoum1, sans nous convaincre toutefois de la vocation poétique de la chose. Foin de poésie, disons les choses tout net : cela constitue ni plus ni moins qu'un énorme « foutage de gueule » et une fausse bonne idée pour tenter d'ajouter un intérêt commercial superflu à un genre en décrépitude : la corrida torista. J'ai la faiblesse de penser que la résignation et le soupir qui ont accueilli la nouvelle dans nos demeures auraient explosé en indignation sincère quelques années plus tôt. Mais peut-être en avons-nous déjà tellement vu… C'est avec l'énergie d'un octogénaire que je suis le conseil de notre Batacazo m'enjoignant de m'indigner gaiement, et persiste dans ma molle dénonciation d'un manque de respect flagrant pour le public et les ganaderos dont l'intérêt est bel et bien de lidier des corridas entières et de présenter des « lots », avec toute la difficulté et l'exigence que ce terme implique pour eux.

Nous attendons désormais fébrilement les prochains avatars de la course à l'échalote qui semble démarrer, le concours des rejetons de toros indultés : 'Idílico Segundo' vs 'Desgarbado Jr' à la Maestranza ou bien le combat de mangouste et de cobra en « lever de rideau » de la corrida de la Presse à Las Ventas. On va se régaler ! 

¡Vaya mierda!

1
Juste pour le plaisir de vous servir un mot compliqué et exotique avant le week-end, le pantoum est une forme de poème d'origine malaise où les 2nd et 4e vers d'un quatrain sont repris comme 1er et 3e vers, respectivement, du quatrain suivant. L'article de Wikipédia non seulement dénonce Harmonie du soir — que vous et moi prenions pour un pantoum — comme un faux pantoum mais vous en dit également beaucoup plus sur le genre. 

03 février 2012

Photographie sans paroles (LXXXII)


Un Miura à la pique à Bilbao en 2011 © Laurent Larrieu / www.camposyruedos.com

18 août 2011

Autorovia (IV)


Lundi
Je quitte "Zahariche". J’ai regardé Antonio Miura raccompagner le petit roquet dans la cour du cortijo. C’est plein de chiens à "Zahariche", la plupart sont petits, tous aboient et se chamaillent ma présence. Les cercados du bord de route sont vides et brûlés par l’été annoncé dans le Diario hier. L’horizon n’est qu’un bleu sans nuance, implacable. Miura doit faire partie de mes obsessions. Je suis certain que je pourrais trouver une explication à ça dans ma jeunesse, dans ces années où l’afición ressemblait plus à un rêve lointain et souvent imprimé qu’à cette route que je prends aujourd’hui. Eduardo Miura est arrivé avec 10 minutes de retard. Son père était obsédé par l’heure juste et précise. Nous avons parlé de lui justement (son père) et de sa passion pour la photographie. Eduardo est sorti de son petit 4x4 en me montrant du doigt. Je me suis senti une cible facile, allez savoir pourquoi.
— ¿Campo y Ruedo?
Va pour "Campo y Ruedo". C’est moi, une partie en tout cas.
Au milieu des toros destinés à Bilbao, il m’a demandé si j’avais des questions à poser comme les autres journalistes qui venaient ici. J’ai pensé en moi-même que je n’étais pas journaliste. J’ai soupesé l’intérêt de lui poser ces questions et je me suis dit : "Bof." J’ai répondu que non, que je voulais seulement tirer le portrait de ses toros et causer des photos de son père. Peut-être ai-je été impoli — j’y ai pensé tout de suite — et avait-il réellement envie de répondre à des questions sur l’élevage. En cadrant un negro très Miura, j’imaginais ces questions auxquelles il devait être confronté toute l’année : "Ils sont méchants vos toros ? Pourquoi marquez-vous en haut ou en bas de la cuisse ? Le chiffre 13 est-il vraiment interdit ici ? Ils ont une quatorzième vertèbre vos toros ? Une deuxième queue, six cornes et dix-huit yeux ?... Vous aféitez vos toros ?" Oups, celle-là, non.






Eduardo Miura m’a fait forte impression. Il ressemble à son père. Physiquement. De tête. Eduardo Miura parle peu et ça tombait bien. Ça donne une chance au silence. Eduardo Miura ne prend aucun risque au milieu de ses toros. Tout indique qu’après une vie dévouée à créer les Miura, Eduardo Miura continue d’éprouver de la crainte à l’égard de ses toros. Ça m’a rassuré, non pas pour ma sécurité personnelle mais parce que j’ai pris conscience que pour certains ganaderos les taureaux de combat n’étaient pas anodins. Ça se perd, il suffit de lire Aplausos en se goinfrant de chips Lays. Il m’a dit que son père était un grand photographe et il a dit ça avec fierté, d’une voix qui ne laissait pas de place à l’hésitation. En entrant dans la maison, il a tendu le doigt vers un noir et blanc en contre-jour et m’a indiqué que c’était son père qui avait fait cette photographie. On y voyait le vieux mayoral assis avec à ses pieds un petit chien et à sa droite, en arrière-plan, la tête d’un cheval. Eduardo Miura a pris du temps pour m’expliquer que cette photo était vraiment bonne, son doigt a glissé sur l’encolure tendue du cheval, sur le détail du petit chien qui se percevait à peine en bas à droite, sur la maîtrise du contre-jour. J’ai acquiescé sans tricher. Je l’ai trouvée belle cette photo campera. J’ai acquiescé aussi parce que de toute façon j’aurais acquiescé à ce qu’il me disait. J’ai toujours acquiescé aux paroles des ganaderos que j’ai croisés depuis quelques années. Je me suis toujours senti gêné ou au mauvais endroit quand l’un ou l’autre de ces éleveurs affirmaient d’un ton souverain et péremptoire des idées ou des théories que je ne partageais pas en tant qu’aficionado. Mais j’acquiesçais tout de même, par politesse me suis-je toujours dit. Avec l’âge, pourtant, je sais que ce refus de contredire témoigne d’un manque évident de goût du débat oral, la lâcheté en embuscade. Ce n’est pas moi qui vais expliquer à celui-là qui est né au milieu des toros, et qui doit les vendre, que les fundas sont à la ganadería brave ce que les knacks sont à l'art culinaire, que trop de toros tue le toro, que sa femme cuisine mal et que les clébards hargneux faudrait penser à les occire vite fait bien fait. Je préfère m’écarter quand j’en ai l’occasion, penser que je suis bien, là, au milieu des toros, au long d’une route que je ne cesse d’attendre. Avec Eduardo Miura, j’ai acquiescé sans tricher. Il a voulu me présenter son frère Antonio qui paradait au loin avec une manade de cabestros. Pour le prix d’un frère, j’a eu droit à toute la famille ou presque. Comme si le portail d’entrée me tombait sur le râble d’un coup. La femme d’Eduardo rentrait des courses avec le fiston, l’héritier, le suivant, l’espoir, la route qui continue. Il s’appelle Eduardo. J’ai acquiescé, là aussi, tout en pensant en mon for intérieur que l’originalité n’était pas à la fête dans ces familles de traditions et d’héritage. Eduardo est jeune mais il m’a semblé porter le poids de tout ce qui va venir — les épaules lui tombent un peu déjà. Antonio a pénétré dans le salon d’un pas alerte et frais, bien qu'il fît déjà très chaud. J’avais devant moi la famille Miura, et autour, sur les murs, le "Grand conseil des sages". J’ai pris une photo merdique comme un touriste qui veut garder un souvenir de la Tour Eiffel ou de l’Arc de triomphe. J’ai juste cadré, mais mal. Ils ont voulu prendre une pose natural, le torse bombé, le regard droit, le chapeau bien vissé. On a causé un peu de moi parce qu’ils voulaient savoir ce que je faisais là, finalement, à Séville, en août quoi. Antonio aime Séville au mois d’août pour y boire una cervecita au frais d’une de ces terrasses où les rideaux roulants vous balancent gentiment de l’eau en crachin brumeux, Eduardo a évoqué la crise actuelle. J’ai acquiescé aux deux dans un sourire sans tricherie. Je n’aime pas la bière. Eduardo roule en Jaguar.

>>> Retrouvez une galerie consacrée à la ganadería de Miura (corridas de Bilbao et Nîmes) sur le site www.camposyruedos.com, rubrique CAMPOS.

Photographies Un Miura pour Bilbao 2011 et le "Grand conseil des sages" à "Zahariche" © Laurent Larrieu / Camposyruedos.com

12 juillet 2011

SF 2011


¡Viva San Fermín!

À la rubrique RUEDOS du site, retrouvez une galerie consacrée à San Fermín 2011 et à la corrida de Miura.

05 août 2010

Retour vers le futur


Carcassonne, samedi 5 juin 2010.

Les membres de Carcassonne Toros fêtent leur alguazil, Christian Baile, qui frôla la mort, littéralement étripé par un novillo de Miura le dimanche 23 août 2009. A cette occasion, ils lui remettent la peau de la bête qui a bien failli lui ôter la vie.
J’en profite pour étrenner un vieil appareil argentique, manuel, mécanique. Une sorte de retour vers le futur, une immersion dans le monde d’hier.
Je suis accroupi. Dans mon viseur j’ai la peau grise du Miura, largement étalée. On distingue clairement le fer. Au milieu de la peau, quelques trous, le travail du picador.
En haut du cadre, dans le tiers gauche, Marc Teulié, président du club, et Christian Baile.
Nous sommes dans une ruelle très animée, à l’ombre, la lumière est parfaite pour un joli noir et blanc. 36 pauses au compteur, comme au bon vieux temps. 400 asa, j’ouvre à 5.6 et je suis au 5OOème...

Dans mon viseur, la peau grise, le fer de Miura et, en haut, Marc Teulié et Christian Baile. J'ai tout mon temps pour cadrer.

Le président Teulié prend la parole visiblement ému.

— Christian...

A ce stade il faut imaginer une voix qui porte et un accent carcassonnais très prononcé. Les « r » roulent, roulent. Je reprends.

— Christian, nous nous souvenons tous de cette sale bête qui a voulu de tuer. Tu t’en es sorti. Alors aujourd’hui nous sommes très heureux de t’offrir sa peau. Et désormais, le matin, quand tu te réveilleras, c’est TOI qui lui marcheras dessus !

Clic, clac, je déclenche, fais avancer mon film, sensations vite retrouvées. Je double, je triple les clichés.
Ces instants ont quelque chose d’irréel, inattendu et hors du temps. Je me dis que ça va bien pour de l’argentique.

Quelques semaines plus tard, développement. Cuve, chambre noire, révélateur, fixateur, rinçage.
Film vierge, non exposé, pas une photo. Le type qui m'a cédé la vieille machine à faire des photographies a juste mal accroché le film.
Resteront le souvenir de ce moment et la rage d’avoir déclenché pour rien. Ce n’est pas donné à tout le monde de retourner dans le futur.

NDLR Forcément, la photographie montre une vieille machine, argentique et mécanique.

17 juillet 2010

"Merci Chopera !"


En faisant la queue pour récupérer des places achetées une semaine auparavant, je jetais un coup d’œil sur le supplément spécial Madeleine du journal Sud Ouest que lisait mon compagnon d’attente (scandaleuse attente au guichet spécial des arènes : certaines personnes n’ont pu arriver dans l’arène que durant la lidia du premier toro !). Interview d’un des hermanos Miura à propos de la course qui sortirait dans 10 minutes : "Nous n’avons jamais amené au Plumaçon une corrida aussi imposante."
20h10. On remballe.
Les six Miura sont occis et le frère Miura aurait mieux fait de fermer son clapet à moustache. C’est la course la plus laide et la moins présentée de Miura vue ces dernières années dans le coin. Le matin, sur les ondes de la radio locale et dans une émission où le président de la commission taurine inutile de Mont-de-Marsan venait achever une campagne de pub digne du Tour de France, tout le monde déclarait que la course était belle et que les Miura allaient donner du spectacle. Wouarrrff ! Hormis le premier qui ressemblait à un taureau de combat, les autres ne pouvaient que susciter moqueries et mauvaises blagues. Des têtes de novillos, des corps loin des canons de Miura voire même de taureaux de combat (mention spéciale à la limande sortie en quatrième position), des cornes franchement abîmées et, pour certains, des armures indignes comme ce playero affreux sorti en troisième position bis. Une horreur !
On s’étonne qu’une telle empresa (Marie Sara/Simon Casas) ait commis cette immense erreur de casting (quoique non, on ne s’étonne pas). Dans les gradins, certains "perturbateurs"» ont hurlé à plusieurs reprises "Merci Chopera !" Ne soyez pas inquiets, l’équipe des pisse-froid qui se croient à la messe n’hésitèrent pas à leur répondre les traditionnels "Ta gueule !"» ou "Vous faites chier !". Avant, il fallait se taire pour ne pas leur gâcher le plaisir. Dorénavant, et c'est une nouveauté, il va falloir se taire pour ne pas leur gâcher leur contemplation passive et soumise de la médiocrité.
De comportement, la course fut... minable. Hormis le premier, donc, qui se comporta en toro et en Miura, le reste fut un défilé de bêtes plus faibles qu’une horde d’escargots anémiés. Le troisième fut donc changé par un sobrero de José Vázquez, plus minable encore que les nuls Miura. Un bœuf qui marchait en crabe, comme drogué ; qui s’effondrait toutes les 10 secondes comme en pèlerinage. Ne restent dans les souvenirs que les combats vrais de Rafaelillo, en particulier dans sa lutte avec le cinquième, sorte de long rectangle noir sans forme aucune.
A 20h10, en quittant ce rond de nullité où l’on fait jouer la banda pendant l’arrastre des toros (insupportable), les dames derrière moi faisaient ce constat accablant : "Il n’y a pas eu d’oreilles aujourd’hui, quel dommage." Ne vous inquiétez pas mesdames, il vous reste encore quatre chances au tirage.

>>>
Retrouvez sur www.camposyruedos.com, rubrique RUEDOS, une galerie consacrée à cette pseudo miurada.

Photographie La mort d'un Miura © Laurent Larrieu/Camposyruedos.com

08 juillet 2010

M.I.U.R.A.


Voilà, l'affaire est désormais entendue, je ne pourrai assister à la miurada de Pamplona. Quand l'espoir d'y être vivait encore en moi, des souvenirs remontèrent, certains vécus, d'autres pas ; des images qui me raccrochent à la mythique ganadería...


Maestranza, Real Maestranza de Caballería, última de la feria. Sous les feux des flashs et des projecteurs, deux brutes épaisses en forme de cathédrales prises en flagrant délit, l'une d'embrocher de si peu l'homme par le cou, l'autre de sauter à la gueule du cheval.
Imposant et intimidant le portail fait de bois, de crânes et de cornes — deux bucranes dans un décor de Far West au bord du Guadalquivir. Un trésor à l'écart du monde ; un monde où vivre consisterait à préserver les secrets de famille et élever des toros.
Un jour d'août, dans l'arrière-salle enfumée d'un café de Capestang, un adolescent fixe une télé renvoyant l'image d'un petit homme débraillé au visage ensanglanté en train de se battre contre un diable assassin. C'était Richard Milian. C'était ma première rencontre avec la tauromachie.
Río Arga, Corrales del Gas, Pampelune. Los de « Zahariche » sont ici chez eux plus sûrement que nulle part ailleurs. Pour le bonheur des petits et des grands, la fine fleur du fer aux origines basques se plaît tant en Navarre qu'elle y revient chaque année en juillet.
Arles, le 10 septembre 1989. 'Pañolero' renverse Christian Montcouquiol 'Nimeño II'...

Image © Laurent Larrieu

09 mai 2010

Baile de corrales


Ou Vrac d'un dimanche soir ordinaire (II)

« En mai fais ce qu'il te plaît » claironne généreusement le dicton que les vétérinaires de Madrid semblent avoir pris au pied de la lettre. En effet, depuis le début du mois, il a l'air de s'en passer de belles dans les corrals madrilènes. Non, Camposyruedos n'a pas de taupe à Las Ventas — Manon n'est pas une taupe — et donc aucun scoop à publier sur ce remue-ménage corralero (salutaire ?) :
— le 1er mai, la course d'Adelaida Rodríguez fut intégralement remplacée par un encierro de Guardiola Fantoni ;
— la corrida goyesque du lendemain fut complétée pour moitié par trois Conde de Mayalde ;
— deux José Luis Osborne s'invitèrent chez les Bañuelos le 8 et
— aujourd'hui sur le coup de midi, un Fernando Peña Catalán en fit de même chez... les Dolores Aguirre !

Eh oui, événement suffisamment rare chez Dolores Aguirre pour que l'on ne s'y attarde pas un instant. Doña Dolores que l'on imagine toujours vexée à l'heure qu'il est, voire furibarde — les oreilles des vétos vont leur siffler pendant encore un moment. Une ganadera qui risque bien d'avoir toutes les peines du monde à justifier ce qui ressemble fort à un camouflet... sinon à une espèce de traquenard monté par l'empresa Taurodelta, via ses veedores, et dans lequel elle serait lamentablement tombée ? On n'ose y croire.
« Où est le Toro de Madrid ? » demandent en chœur les compères Arse&Azpi — eux qui arpentent le campo en long en large et en travers — avant de répondre de la manière la plus juste et concise qui soit : « AU CAMPO » !

« Voilà, c'était juste comme ça, histoire de... Bref, Dolores Aguirre. » (voir ci-dessous)

Image En 2005, pelea de Miura dans les corrals de Las Ventas. Une miurada qui sortit incomplète © Juan 'Manon' Pelegrín

06 avril 2010

Arles, Miura...


C'est souvent ainsi, pour ne pas dire toujours. Expectación rime avec dececpción, c'est aussi vieux que le monde. Et pourtant nous nous y laissons prendre, presque à chaque fois.
Il était illusoire de rêver que cet œillet rose puisse être la copie conforme ou simplement s'approcher de l'immense 'Clavel Blanco' de septembre dernier. Pourtant ils étaient tous venus, les aficionados, nourris de rêves et d'espoir. La chute n'en fut que plus brutale, car assister à cette concours 2010 avec en tête celle de septembre 2009, six mois plus tôt, ne fit qu'ajouter au calvaire. On pouvait s'y attendre, mais tout de même...
Glissons pudiquement sur l'échec de cette concours 2010. Glissons également sur la grande déception que fut pour nous Juan del Álamo. Nous l'avions découvert l'an passé plein de promesses, avec sa verdeur de novillero, certes, mais avec aussi d'immenses talents. Glissons donc et attendons la prochaine pour le revoir et continuer d'entretenir l'espoir, vibrer à nouveau.

De l'espoir, à l'inverse, il n'y en avait guère avant la corrida de Miura. En tête, les analyses de cornes positives des vétérinaires taurins français, même si l'affaire fut vite étouffée par les taurinos, les politiques et leurs thuriféraires dans un grand élan œcuménique d'idiosyncrasie salvatrice.
Et puis, surtout, ne nous voilons pas la face, les résultats des dernières sorties souvent catastrophiques et tellement loin de la légende étaient à nous faire désespérer de revoir un jour une "vraie" miurada.
Dimanche, en Arles, ce fut pourtant le cas. Et on a pu penser que la famille Miura avait voulu laver l'affront des analyses vétérinaires passées. Les Miura ressemblaient enfin à des Miura. Et le moral a également suivi, conforme à ce que nous connaissons de la légende. De là à écrire que nous avons retrouvé la fureur et la terreur de leurs frères d'il y a quinze ou vingt ans, lorsque les Nimeño, Fundi, Meca, Mendes se les coltinaient, bien sûr que non. Nous en sommes même loin. Mais la surprise fut positive, la course d'une très bonne tenue. Des complications, du genio, du sentido, du danger, de la variété, sans toutefois la terreur d'une époque finalement pas si lointaine, que nous avons tous connue, mais qui a sans doute disparue à jamais. Il n'empêche qu'il fallait s'y mettre et se les envoyer. Et c'est ce que fit notamment Rafaelillo avec son second, héroïque par naturelles, mettant sa jambe et sa virilité en jeu. Un grand coup de chapeau à Rafaelillo, même si au bout du compte le public ne l'a pas franchement vu et fêté comme il se doit.
Un autre coup de chapeau à Mehdi Savalli, plus que digne et posé dans le contexte. Un Savalli qui s'affirme une fois encore comme capable de faire face, rester calme, ne pas perdre les papiers dans la tourmente. Et puis Padilla... bon... Padilla... Et puis là, on regrette le Fundi.

>>> Une galerie de la course de Miura est accessible sur le site, rubrique RUEDOS...

16 décembre 2009

El presidente de la UCTL afeita sus toros


No lo decimos nosotros pues, por supuesto, no se nos permitiría. Lo dicen los resultados oficiales, positivos y muy serios, de los análisis de los pitones de dos toros de la corrida que se lidió en Arles en 2009. Estos resultados han sido comunicados por el veterinario Dr. Compan en el congreso anual de la UVTF (Unión de ciudades taurinas francesas) que se desarrolló en Mont-de-Marsan el domingo 13 de diciembre del 2009.
Como de costumbre se han analizado dos toros por corrida, y los dos de Arles resultaron posivitos, es decir, afeitados sin lugar a dudas.
Curiosamente estos resultados positivos han sido callados por el portal bodeguero, entre otros, pero en el fondo creo que lo han silenciado por un motivo muy sencillo: la Unión de ciudades taurinas francesas, a pesar de estos resultados, se ha negado a imponer las sanciones previstas por el reglamento de dicha asociación.
Esa es la gran ventaja francesa para los afeitadores. Un reglamento de una asociación no es una ley, y es muy fácil hacer con él lo que les dé la gana, sin que ello suponga algún problema con la justicia o las autoridades.
Además hay que decir que el señor Miura lidiará en Francia en 2010 por lo menos cuatro corridas... y eso, a pesar de afeitar sus toros descaradamente en 2009.
Pero sí... Me equivoco... Los socios de la UVTF han sancionado el señor Miura: en 2010 se van a analizar no dos, sino cuatro toros por festejo. ¿Y si dan positivos los cuatro? Pues en 2011 seguramente analizarán los 6... y así, ¿hasta dónde? ¡Vaya chulería!
Mientras tanto todos se dan la enhorabuena tratando de inscribir la fiesta como patrimonio inmaterial de la humanidad.
La verdad es que, cada día que pasa, en esta fiesta lo más inmaterial es el toro, sus defensas, su fiereza, su poder, sus encastes, su integridad. Y esto sí que es una gran pena.

14 décembre 2009

UVTF, AG 2009...


... par Mario Tisné, mais sans photo... Il a oublié... Pour le coup, je vous propose une photographie prise pendant que les congressistes évoquaient les cornes des miuras. Ça se trouve en Camargue, un toro invendu en 2009, pas comme les miuras, mais en pointe, lui, pas comme les miuras... Allez, je laisse la plume à notre ami Mario...

Tentative de compte rendu AG congrès UVTF à Mont-de-Marsan, le 13 décembre 2009.

Madame DARRIEUSSECQ, sérieuse et distinguée, maire de Mont-de-Marsan, plante élégamment le décor à 10h07 par une introduction consensuelle et synthétique qui contient : anti-taurins, union, patrimoine, identité, valeurs de base et spectacle accessible à tous.
La parole revient aussitôt à la ville d’Arles, présidente de l’UVTF, pour un rapport moral comme on les aime, en particulier quand le texte est dit, sans emphase, par Jean-Marie EGIDIO. Et tout aficionado bien né se souviendra que le rapport financier présente un solde positif de 18 348,45 euros pour l’année en cours.
La voix de l’UVTF désignant le meilleur lidiador 2009 ira à... Sébastien CASTELLA ! C’est le fameux prix Mary Poppelins. Les candidats cités furent EL FUNDI et Enrique PONCE.

À 10H35, la parole est à un jeune gars de Vieux-Boucau, président de l’OCT : problèmes internes de la SPA, mais aussi OBAMA/PETA et le problème catalan où quelques politiques se serviraient de la corrida pour se séparer de l’Espagne, mais aussi le projet-pare-feu-UNESCO et le méchant mais pas nouveau souci de la disparition des encastes, sans parler de la réglementation sanitaire... La carte verte...
Le thème UNESCO est repris par François ZUMBIELH, enthousiaste, argumenté et convaincant.
L’idée : « inscrire la corrida au patrimoine immatériel de l’humanité ». L’OCT proposerait de rédiger la fiche d’inscription à l’inventaire qui serait alors proposée au Ministère de la Culture... Donc début d’un long processus qui bétonnerait pour longtemps les positions de la corrida. (Je rappelle accessoirement que le Traité d’Amsterdam garantit « l'épanouissement des cultures des états membres dans le respect de leur diversité régionale », mais abondance de biens ne nuit pas.)
Puis est avancée l’idée que l’élevage participe au maintien des écosystèmes et au développement durable. (Soyons prudents quand même avec ces affirmations pseudo scientifiques... La ruminante pète.)
Revenant sur l’UNESCO, un délégué arlésien en profita pour rappeler que cette démarche devait embrasser l’ensemble des tauromachies et ne pas se limiter à la... corrida. Évident.
À 10h48, un représentant de Parentis (40) propose d’installer aux entrées des villes taurines un panneau de signalisation qui indiquerait, voire revendiquerait, cette appartenance aux cultures taurines. (Et ça permet en plus de cibler quelques fusils de chasse.)
À ce moment de la matinée, il y eut mouvement accompagné d’une escarmouche sur mon flanc droit, suivie d’une charge du 4ème régiment de chevau–légers d’Orthez. Le Béarnais eut le souci de rappeler que l’engouement taurin se trouvait parfois inégalement partagé et que le prosélytisme présentait des inconvénients aux frontières des régions taurines. (Floirac en son temps fit les mêmes remarques et ça ne posait pas problème.)
Enfin, le représentant de la ville d’Arles demanda à l’assistance de soutenir l’élevage de Sánchez-Fabrés par des messages adressables avant le 2 décembre via le site de... CAMPOS Y RUEDOS !!!
Donc ne tardez pas davantage.

Il est 11h10, déjà, quand M. COMPAN re-présente le projet INRA et les relations métabolisme/alimentation chez le toro de lidia. Il est aussi question d’un projet scientifique américain qui est formidable mais que c’est les étudiants qui vont se taper le boulot parce que c’est pas cher à Clermont-Ferrand, et je me suis embrouillé dans mon calepin de notes.
L’heure est grave, 11h28, expertises de cornes, le président des frenchs doctors taurins au sujet des 2 miuras (40 et 66) analysés pour Arles. Je cite Gérard BOURDEAU et ce qui suivit avec scrupule :
- Premier toro : « Arreglé, manipulé frauduleusement à Arles, on peut dire que ce toro était afeité. » ;
- Deuxième toro : « Huit à dix centimètres avaient volé en éclat, ses cornes étaient despitonnées. »
- « Le 40 et le 66, pertes anormales de substances... Il y a trop longtemps que cette ganadería est douteuse... Ça pose des problèmes vis-à-vis des autres élevages. »
Réponse du représentant de la ville de Arles : « Suite aux analyses, nous (bureau de l’UVTF) avons pris une sanction ; la prochaine fois, 4 toros seront analysés au lieu de 2. » (Et là, moi je dis bravo, et s’il comprend pas, le coup d’après faudra en saisir et analyser 6... puis huit... etc., jusqu’à ce que mort s’ensuive.)
Intervention du représentant de Fréjus qui saute dans la flaque en dénonçant une décision non démocratique, qui « fera rire FOURNIER et CASAS ». S’ensuit une sorte d’espèce de débat que le président des vétos enrichira considérablement par un « Miura aurait un problème de fragilité de cornes » (et là... Olé !). Fort heureusement pour le corps prestigieux des vétérinaires, M. COMPAN estima opportun d’affirmer que ces analyses n’auraient plus de raison d’être si elles n’étaient pas suivies de sanctions.
Le président de la commission taurine montoise tranchera dans le vif en concluant que Miura ne serait pas sanctionné, car une paire seulement était négative. Et si comme moi vous êtes positifs, retenez que 87 % des toros analysés en France en 2009 furent déclarés négatifs.

Le clocher de la Madeleine indique presque midi et on nous informe que la veille, en séance confidentielle, la FSTF a dénoncé « le triomphalisme ambiant, les tercios de piques et l’augmentation du prix des places », ET que les Paul Ricard ont vigoureusement pointé le « vieillissement du public », MAIS que les chirurgiens taurins sont enchantés des dispositions et aménagements concernant leur activité dans bien des arènes.
Midi. On assiste aux premières émeutes de la faim dans la salle car cela fait bien deux heures que personne n’a rien pris, quand le Président de la Commission taurine montoise nous fait part d’une réflexion menée en commission de réflexion (!) à Arles à propos d’un projet de piques françaises et même d’un projet de premier tiers français qu’entérinerait l’UVTF. Cette expérimentation sera longue et menée par Alain BONIJOL. Elle serait réalisée d’abord lors de spectacles non réglementés de type festival (Béziers ?). « Ce sera long et ce devra être consensuel, il faut appliquer le règlement » devait affirmer François GUILLAUME en conclusion.
« Just’une info » : la prochaine AG de l’UVTF se tiendra à Moquère... ou Mouquère... Boquère peut-être ? Il reste quelques chambres en demi-pension au 04 66 xx xx xx chez Mme et M. GINER.

Beau temps, deux tiers de salle. Il y eut du meilleur et du pire.
Mario Tisné

22 octobre 2009

¡Afeitado!


Certains vont rétorquer que le procédé est facile et qu'une photographie peut faire écrire tout et son contraire. Et cela sera vrai, comme il est vrai que je partage souvent cette opinion. Cette photographie là a été prise à Saragosse, samedi 17 octobre 2009. Il s'agit d'un astado de Miura de 515 kg et de pelage cárdeno oscuro. Pour le reste l'image parle d'elle-même et il est bon de préciser que l'ensemble de la course fut, malheureusement, de cette teneur. Peut-on parler ici d'afeitado ? Les plus virulents me répondront que non car point d'analyse, point de conclusion ! Et cela sera vrai comme il sera vrai que je partage parfois cette position. Cependant, je prends sur moi de l'écrire : cette course était honteusement et affreusement afeitée et mal aféitée !
¡Afeitado! Ce mot fait maintenant partie d'une liste de mots qui s'allonge toujours un peu plus, des mots simples qui s'oublient parce qu'on ne les entend plus dans une arène et qu'il est inconvenant de prononcer : afeitado, lidia, tercio de varas, 3 piques, passes de châtiments, estocade en place, croisement, mettre la jambe... j'en passe.
¡AFEITADO!