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24 septembre 2010
27 décembre 2009
21 juillet 2009
24 heures à Pampelune (II)
Suite de 24 heures à Pampelune (I).À Isabelle, Patricia, Laurent & El Batacazo.
Mercredi 8 & jeudi 9 juillet
Mon Clair de lune à Pampelune1
C’est ‘Amador’ avec lequel je vais trinquer plus d’une fois en secret au cours de cette soirée. Rentré chez moi, je me suis dit que j’avais quelque part bien fait de ne pas assister à la course de Dolores Aguirre, car si j’avais dû lever mon verre à tous les encastés... Ben, j’aurais pas pu. La soirée débute par un constat désagréable : en l’absence de passes, nous n’irons pas voir l’encierrillo des ventorrillos. Rhââ ! Pour ôter ce mauvais goût de la bouche, nous décidons d’aller nous faire plumer à l’Iruña. Première tournée et vingt et une plumes envolées... Cela dit, et pour être tout à fait honnête, les fauteuils en plastique de ce grand café sont plutôt accueillants, et ce n’est pas cette mère donnant le biberon à son bébé de deux mois (!) qui viendra nous soutenir le contraire. La tertulia de l’Iruña terminée, nous rallions le bastion des peñas via San Nicolás où nous trouvons à boire. Merci et au revoir. Après l’or et l’argent, le bronze. Récolté fort logiquement au 54 de la Calle Jarauta chez « Los de Bronce » : entre deux allers et retours aux WC — prendre à gauche en sortant —, des « métallos » au cœur gros comme ça vous remplissent des verres pour 8 « zeuros » ; des jeunes filles du cru s’amusent drôlement à se rouler par terre — une fausse bagarre dans la joie et la bière ; des copines, peu ou prou les mêmes, se mettent hors d’elles suite à la scandaleuse interruption de Billie Jean — on a frôlé l’émeute ! ; des « copines », les nôtres, dansent comme à la belle époque sur Europe (...) et Desireless (...) pendant que lui, grand prince, marchande à peine une magnifique, rouge et clignotante paire de cornes — il en rêvait tant ! Dans la bonne humeur, les vendeurs ambulants quadrillent la ville — noire de monde, Jarauta charrie tout un Monde. Les cornes s’invitent dans l’Iruña Rugby Club et... ¡Joder! On a perdu les cornes !!! Sous les yeux de Mister Testis, dans Chapitela et dans le dos, je pousse le despitonado. Estafeta fait sa fête et moi je dois avoir une tête à porter un Stetson rose à fanfreluches et des lunettes « de mouche » à pailettes. Eh, vous savez quoi ? On a retrouvé le 807.
En route pour Santo Domingo
Trois heures plus tôt, j’ai eu la force, outre de ne pas m’enquiller le verre de trop, d’enlever mes pompes... mais pas le bob ce qui, allez savoir, m’a peut-être empêché d’avoir le casque. Aux alentours de six heures, le portable sonne plusieurs fois : ceux de derrière finissent par émerger quand ceux de devant ne se souviennent même pas l’avoir entendu... Un Cacolac®, trois bâillements, une brioche et deux épaisseurs, direction le parvis du Museo de Navarra dans Santo Domingo. Il va faire beau, il ne fait pas froid. Calle Leyre, dans le hall du siège de la Cruz Roja, le personnel s’enquiert de son lieu d’affectation du jour. Les planches du vallado sont montées et les employés municipaux chargés du nettoyage ont du pain sur la leur. Il est sept heures moins le quart. Vu l’affluence dans Mercaderes, patente devient la sensation d’arriver trop tard. Gagné ! La main courante a été prise d’assaut. De là, naît puis germe un grand moment de solitude. Nous en profitons pour finir de nous réveiller. On pourrait rester poster debouts contre le mur afin de suivre l’encierro du haut de Santo Domingo jusqu’à la place de l’Ayuntamiento, mais nous craignons de simplement le voir alors que nous souhaiterions l’approcher, « être à son contact » ― si cela veut dire ici quelque chose ―, le sentir... Au 56 de la Calle Descalzos, un porche permet l’accès au Paseo de Ronda. La vue sur l’Arga, les Corrales del Gas, la Rochapea et la campagne environnante est saisissante ; à l’extrémité du Paseo, celle sur les Corralillos de Santo Domingo vaut assurément le coup d’œil. En compagnie des mansos, los d’El Ventorrillo attendent sagement l’heure de l’ouverture des portes fixée dans un peu plus d’une heure, à huit heures pétantes. Ça s’agite de toute part mais sans précipitation : tout semble parfaitement organisé et tout l’est effectivement. Les cameramen règlent, les pastores conversent, les spectateurs patientent, les policiers municipaux affluent et les bénévoles de la Protection Civile nous informent gentiment que nous ne pourrons rester là — ce dont nous ne doutions pas. Des coureurs « potentiels » sont présents sur le parcours. Potentiels car, l’heure fatidique approchant inéluctablement, un certain nombre d’entre eux vont, dans les minutes qui suivent et pour des raisons qui n’appartiennent qu’à eux, se raviser, décider en leur âme et conscience de ne pas courir. Il ne nous reste plus qu’à espérer pour eux, vraiment, que demain, après-demain, un autre jour, ça ira mieux. Nous quittons les lieux ― las murallas ―, traversons le parcours et contournons une administration2 pour atteindre la placette du marché couvert de Santo Domingo, derrière l’Ayuntamiento. C’est ici que nous prenons le parti de voir passer l’encierro. Notre emplacement, certainement pas idéal, d’autant plus que la palissade extérieure est occupée, a au moins le mérite d’exister ! À genoux sur une marche, nous serons certes à hauteur de chaussettes mais très proche de l’action, avec un champ de vision relativement dégagé. Derrière nous, l’échauffement de quelques coureurs3, physiques et que l’on devine expérimentés, constitué de petits sauts pieds joints dans un escalier, de courses aussi vives que brèves et d’étirements, fait grimper la tension d’un cran.
L’encierroÀ un quart d’heure du cohete4, l’excitation, bien que contenue, devient franchement palpable. Il y a désormais des gens derrière nous. Au-dessus, les balcons se remplissent. Devant, dans l’espace compris entre les deux palissades, et ce au moins depuis notre arrivée, les volontaires de la Cruz Roja et de la DYA5 se préparent en vérifiant soigneusement le contenu de leurs valises de secourisme. Les policiers municipaux surveillent à ce que personne, en dehors des secouristes et d’eux-mêmes, n’occupe l’intérieur du vallado. Une fois la manade libérée, tout coureur en difficulté devra pouvoir s’y réfugier ― une quarantaine de centimètres sépare le sol de la première planche, permettant à un homme de s’y glisser. Un jeune visiblement éméché joue avec les nerfs des policiers. Ces derniers lui ont à plusieurs reprises demandé de quitter le parcours. Sans succès. Ils insistent. Lui aussi. Le départ est imminent6 et les forces de l’ordre le saisissent sans ménagement par le bras, lui faisant franchir les palissades, au besoin avec les pieds ! Il peut toujours protester et chercher en vain le soutien des copains, ceux-ci ont bien compris qu’ils venaient (peut-être) de lui sauver la vie... Genou à terre, un coureur roule avec calme et application son Diario de Navarra ― une belle image pour un bel instant. Certains sautillent, d’autres ajustent leur ceinture, lacent leurs chaussures. On inspire plus profondément et on souffle plus fortement ― la concentration le disputant à l’excitation, désormais extériorisée. Nous surprenons quelques abrazos et tapes dans le dos. Se donner du courage. Parler de chance. Les poils des bras se dressent. Tchiiiiiiiii ! Poum !!! Les toros sont partis. Silence. Et puis des cris, des coureurs qui détalent, encore des cris, des chocs contre la barrière. Un tremblement de terre. Des bousculades, les cloches des cabestros, des hurlements. Le chaos. Des chutes et des plongeons, toujours des cris. Énormément de bruit. Des pattes, des sabots et une corne, aussi. Plaza Consistorial, les cornus négocient maintenant la descente dans Mercaderes. Silence. Tout s’est déroulé à une allure folle. Intense, l’émotion brouille tout et je reste sans réactions pendant quelques secondes. La commotion. Souffrant le martyre, un jeune homme au sol se tord de douleur. Il est rapidement pris en charge par des secouristes précautionneux qui paraissent craindre une blessure aux cervicales. Les policiers s’empressent de délimiter un cordon. Nous franchissons comme des zombies le vallado au moment où retentit la détonation signalant l’arrivée de tous les toros dans le corral de la plaza. Encierro rapide et probablement limpio. Sur le parcours, ça bouchonne. Place de l’Ayuntamiento, un coureur a l’air d’être sérieusement blessé. Je ne le vois pas mais la civière est conduite dans l’ambulance, sous les applaudissements. Dans Mercaderes, un autre grimace entouré d’infirmiers le pantalon lacéré. Taché de sang. Cosas de encierro... Déjà les carpinteros emportent les planches du vallado. La Curva. « Patricia, t’as vu l’épaisseur du bois ? » Dans Estafeta, la propreté et l’étroitesse de la chaussée sautent aux yeux tandis que sous un beau ciel bleu nous parviennent les premières clameurs de l’arène. « Et quand on pense qu’ils sont passés par là... »
Las vaquillas
Les tendidos affichant certainement complet, nous grimpons directement aux andanadas. C’est un fait, les tendidos sont combles et le ruedo surpeuplé. Dans ce contexte, la vache se décompose très vite. Encore une ou deux ruades, deux ou trois coups de frontal, trois ou quatre volteretas et les cabestros guidés par les pastores la ramènent au bercail. Suivante ! Des amateurs de porta gayola s’attroupent devant la porte du toril et voici la rebelle qui fonce telle une boule dans un jeu de quilles. ¡Ooollééé! La plaza est aux anges. Les tampons sont rudes, les chutes lourdes, les mauvais gestes légions et les « punitions » fréquentes. Les recortes rares. Mais qu’est-ce qu’on s’marre ! Cabestros et pastores en polo vert débarquent. Ces derniers sont gênés dans leur travail par la foule surexcitée et l’un deux, excédé, fait usage de sa perche qu’il casse en frappant un jeune habillé de noir. Chose impensable, celui-ci riposte en assénant un coup de pied de karatéka dans le dos du berger !!! Furieuse, l’arène se lève comme un seul homme, la bronca est énorme. Tandis que le berger poursuit sa tâche, l’agresseur harcelé chute et reçoit, sous les « hijo de puta » (sic) de l’arène entière, une ration de coups aussi sévère que digne d’une scène de lynchage. Réellement impressionnant. Le jeune, « invité » à quitter le ruedo contre son gré, entend des « fuera » retentissants dégringoler des andanadas. Le malaise finit heureusement par s’estomper. Tout le monde est fatigué...
L’apartadoEn partance pour la taquilla de l’apartado, nous — tous les 4 ! — sommes ravis de constater qu’El Batacazo a (presque) tout retrouvé : esprit, fraîcheur, sambista, moral mais pas la « carte à tirette ». Dans la longue file d’attente, des Américaines et des Américains en claquettes, bermuda, guide Lonely Planet® sous le bras et casquettes de « baisebowl » se font expliquer la corrida par un Pamplonais bien luné. Le billet coûte 8 € !? Tenez, voilà 8 euros. Offerte par la mairie aux petits d’Iruña, une capea avec du bétail faiblissime de Macua est censée donner envie... Nous préférons partir à la rencontre des Géants et des Grosses Têtes (Gigantes y Cabezudos) qui assurent avec mille fois plus de bonheur le spectacle dans Telefónica ! Comme des gamins, nous les regardons danser et sourions à les voir entourer la statue d’Ernest Hemingway pour une pause bien méritée. 11h30 : l’heure de rejoindre la porte d’entrée des corrales. La bêtise n’est pas de mise à San Fermín. Un exemple : sur le chemin, un festayre encore tout excité se laisse aller à frapper la croûpe d’un cheval. Unanime, la réprobation prend la forme d’une dizaine de paires d’yeux qui le fusille du regard. Son incroyable chignon porté tel un étendard, la Marquise de Seoane (la mère du ganadero Tomás Prieto de la Cal) fait son entrée dans le cortijo andalou gardé par un « béret vert » (!)... de la Casa de Misericordia. Midi : nous pénétrons à notre tour dans l’enceinte pour une nouvelle attente d’une heure. Il y a bientôt foule et gran ambiente. Excellemment placés, nous sommes en face du mayoral, à côté d’un Bordelais et d’une illuminée ! 6 ventorrillos surarmés et aux pelages variés défilent un par un dans le dédale de corrals avant d’atterrir dans la fosse. Comme à Bilbao, un micro au son nasillard mais au charme fou nous décline leur identité. De retour au « parking des Français », quelque chose nous dit de ne pas trop traîner. Après l’achat de nos derniers et affreux sandwichs, les comptes sont vite faits : 30 € et pas un de plus pour régler la « chambre » (1€20/heure). « Hola, 29 € 25. » ¡¡¡Gora San Fermín!!!
Ya falta menos...
1 Titre d’une musique de Pascal Comelade tirée de El Cabaret Galàctic, CD audio, Les Disques du Soleil et de l’Acier/Delabel, 1995.
2 Le Departamento de Educación y Cultura du Gobierno de Navarra.
3 Nombreux sont les coureurs en provenance de la région de Madrid et du Levant, notamment. Malgré tout, dans Santo Domingo, et contrairement à des tronçons tels que le bas d’Estafeta et Telefónica, les mozos sont principalement vêtus de blanc et de rouge.
4 Le lancement de la fusée ou la fusée elle-même.
5 DYA (Detente y ayuda) : association de secouristes volontaires typiquement navarraise.
6 Je ne me rappelle pas avoir entendu le chant des coureurs à San Fermín !
>>> Bis. Parce que des photos vaudront toujours mieux que... Retrouvez la galerie PAMPELUNE à la rubrique RUEDOS du site.
En plusJ’en profite pour rajouter une adresse à la sélection de liens sanfermineros du 29 juin dernier — sanfermines'09 — & signaler l’actualisation d’une autre : Encierro San Fermín 2009.
Images © Laurent Larrieu/Campos y Ruedos — à l’exception de la dernière « piquée » je ne sais où...
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San Fermín
20 juillet 2009
Aguirre ou la théorie du frigo vide
Laurent me l'avait dit. On s'était croisé deux jours avant dans le parking "français", je sortais de la douche salvatrice à 4,50 euros, et il me confirmait qu'au Gas, c'étaient bien eux les plus beaux. Philippe, « bobifié » jusqu'aux oreilles, ainsi que les louloutes respectives de ces messieurs, les yeux pétillants comme des vasos de txacoli fraîchement servis, acquiesçaient en choeur.Tu m'étonnes qu'ils étaient beaux ! Mais ça, tu pouvais t'en douter, bonhomme, car les toros de Dame "Douleurs" ne viennent jamais en Navarre en tenue des champs. La banquière non plus. Pomponnée comme un camion de pompier sur les Champs-Elysées un 14 juillet. La classe en plus. Le mot qui va bien, toujours. Elle accepte, Dame "Douleurs", les banderilles noires et les sourires en coin, ou franchement gras. Elle accepte tout, Dame "Douleurs"... mais que ses tontons ne soient les plus beaux du défilé, ça, JAMAIS !!!
Et puis, 11 juillet 2009, 18h35 : putain, mais que ça pète un dolores au milieu du ruedo pamplonais !!! Y'en a eu 6 pour rêver ! Splendides ! Le Tío en règle, avec marqué « respect » dans les yeux, et « gaffe à ta gueule, petitoun » sur le front. Au milieu, en-dessous, au-dessus, derrière, « ENFER ». Les pitones comme l'Ossau et des diamants glacés sur lesquels s'emplâtrent les satellites ruskoffs. Un dolores, c'est un défi à la Terre entière, une muraille de Chine de bois et de sanquette, un cuirassé « Potemkine » de barbaque, Gengis Khan aux portes de Rome, Sparte sur 4 pattes !
Moi, je te le dis, les 3 clampins du jour, fallait pas qu'il s'aiment beaucoup pour se coller au morceau, ce jour-là. Ou peut-être juste une question de frigo à remplir...
Mansos ? Que oui ! Tous ! Les canassons s'en sortiront avec quelques bleus sur les costiches, car je veux croire que même donné sans grande conviction, un coup de tronche de Dolores, ça fait trembler la bidoche. Ah oui, un dolores, c'est manso... c'est comme ça. C'est timide un dolores. Les rencontres fortuites, les bonnes manières de la Rotschild, très peu pour lui... en général. Le couteau à poisson et le grand cru classé, il s'en fout ! Par contre, viens pas poser ton godillot là où t'as pas été invité, mec ! Chacun chez soi et tout ira bien... sinon, malheur !
Alors, oui, il aura fallu être fou, pour penser à la portagayola, ce jour-là, ramasser 35 méga-tonnes de dynamite en colère à 3000 km/h avec les gencives, et revenir s'y planter pour éventer les gradas de la plus délicate brise du capote "suavísimo" de David Mora. Mais, Grand Dieu, lequel de nous aurait parié un real « brazileiro » que ces teignes monstrueuses, ces foudres de l'Olympe se glorifieraient dans les 946 naturelles et autres 1 000 372 derechazos du jour, jusqu'à en demander et en demander encore ! La tronche en bas comme des cochons qui reniflent les truffes, ou en haut comme un président français cherchant à fixer son homologue yankee dans les yeux, la traction arrière enclenchée qui propulse le tank en avant toujours et toujours ! Ça s'arrêtait jamais, ça revenait, ça tournait, trois tours et puis BLAM, BLIM, BLAM et PATAPAM ! Ça revenait encore, et encore, et encore et toujours ! Mon vieux, tu lâchais le guidon, tu partais entre les barres ! Garanti « tampon-sanction à tous les étages ». Il y eut bien ce 4ème, plus branleur que ses frangins, mais Serafín n'en avait que foutre. Peut-être moins la dalle que ses compañeros, va savoir... Alors, on a oublié.
Les autres, des tonnerres, des chiens de l'enfer, des mansos de rêve jusqu'à 'Cantinillo', 620 plombes de steak, et de la race, ... pardon... de la RRRRRACE plein les burnes ! Un « Inspecteur Harry » des ruedos, jamais là pour déconner, un flingue gros comme le bras dans chaque revers de pantalon ! Et je me demande bien qui, à part un affamé, un rêveur, un dingue, un désespéré aurait pu rester planté là, à attendre enfin le « pain dans la gueule » libérateur de la bête fumante, les talons dans le sable, le menton sur les poils du torse et le bras tendu à s'en péter le coude ! Le condamné du jour s'appelait Joselillo, pas très grand, pas très beau, pas très bon, pas très connu, et c'est sans doute un mal de bide peu commun que seul un frigo vide peut procurer parfois, qui l'a fait toréer 'Bilbatero', et surtout 'Cantinillo' de la façon la plus noble qui soit. Non, c'était pas Finito, non, ça fleurait pas le romarin, et non, on n'entendit pas Estrella Morente louer le temple et la torería sur fond de seguiriya... C'était juste Joselillo, humble parmi les humbles, petit, tout petit, qui s'est collé, ce jour-là, par défi ou par nécessité, à Dame "Douleurs" et ses tontons, à coups de taloches cinglantes, de baffes claquantes et de pets en travers.
Les baisouilleurs du mundillo et les troubadours de callejón vous diraient que oui, il s'employa de loin, que oui, il est mal fagotté, que non, il n'a pas de technique, que oui, il est basto et que oui, il a la gueule en biais et qu'il est bas du cul, et moi, je leur dirais que OUI et dix fois MERDE ! Joselillo ne sait toréer qu'avec ses couilles, mais fallait-il qu'il en ait, le gugus, pour rester accroché alors que ça tamponnait pire que dans un champs de la Somme en 14 ! Même les seaux de mauvais pif se figèrent en l'air quand les peñas du soleil se firent "apocalyptiquement" silencieuses... Oubliée la "Chica Yeye", Joselillo dégueulait toutes ses tripes quand il brandit 7 fois l'épée maladroitement et 'Cantinillo' allait mourir sans jamais signer d'armistice, car non, fallait-il le savoir, les toros de Dame "Douleurs" ne viennent pas au monde pour rendre les armes ! Mansos, à coup sûr ! Mais mansos con GRAN CASTA ! Que Santa María et San Cernin de Pamplona sonnent et claquent à pleine volée et que les monts se soulèvent d'Urbasa y Andia jusqu'aux Bardenas ! Amis, je vous le dis, les tontons de Dame "Douleurs" sont de retour !
17 juillet 2009
24 heures à Pampelune (I)
À Isabelle, Patricia & Laurent.Mercredi 8 juillet
Corrales del Gas
Avenida de Guipúzcoa, nous longeons l’Arga sans savoir s’il nous faut tourner à droite ou à gauche... Contraints de grimper jusqu'à La Taconera, nous y sommes accueillis par une ribambelle de poussettes et d’enfants de tous âges aux couleurs de la fête. Ce 8 juillet à Pampelune, c’est Día de los Peques. Le jour des enfants. Réjouissant. L’Arga traversé, nous ne tardons pas à apercevoir les Corrales del Gas. Sur le parking où, ô miracle !, nous trouvons à nous garer, nous ajustons foulards et fajas — avoir ou non le sentiment d’enfiler un quelconque uniforme ne nous effleure pas l’esprit une seconde. Quoi qu’il en soit, à Pampelune la prise de tête est proscrite ! Première surprise : pas de file d’attente. Deuxième surprise, découlant de la première : pas de cohue. L’entrée coûte 3 € ? Tenez, voilà 3 euros. On peut profiter des Sanfermines sans croiser un toro. Mais à se délecter de la beauté des lots, on se dit que ce serait tout de même un peu gros... Au « popularimètre », les miuras sortent vainqueurs sans discussion. Quand les ventorrillos impressionnent par leurs armures et les aguirres par leur présentation, los de "Zahariche" en imposent par leur seul nom. Pas de doute, Miura fait bel et bien partie du patrimoine culturel national. Pendant ce temps, les filles déjà se dissipent. Ça promet...
13 heures
Partis en oubliant à peu près tout, une escale au Simply Market® de Burlada s’impose : vin, tire-bouchon, sopalin, saucisson, pain, chorizo et même un couteau. Les emplettes terminées, l’ascension vers Pampelune commence. Au sommet, le parking à l’angle de Leyre et Media Luna a le bon goût de ne pas afficher complet. Et comme la calandre du 807 plaît au placier, celui-ci nous case opportunément sous le toit, tout au bout à droite sous le panneau de basket près de la poubelle. Nos sacs de victuailles sur les bras, nous filons poser nos fesses encore propres (sic) dans l’herbe du parc voisin. Pendant un instant, et alors même que San Fermín nous enveloppe doucement, nous nous demandons si pique-niquer là est permis1. Il aura suffit qu’une étrange naïade soucieuse de parfaire son bronzage s’allonge en bikini pour ôter tous nos doutes...
Les billets
Désirer assister à une course à Pamplona est une chose, réussir à dégoter des places en est une autre ! Biiip... Au téléphone, Solysombra en personne qui nous informe qu’un « revendeur » de luxe s’impatiente de se débarrasser de quatre billets. Les nôtres ! Nous accourons à l’entrée du callejón où, tout sourire, nous nous délestons illico presto de... 280 euros ! ¡¡¡Viva San Fermín!!! Et estimons-nous heureux — nous l’étions, soyez-en assurés — de payer le prix de la taquilla... En plus de faire un « revendeur » assez spécial, il parle un français parfait et se révèle d’une gentillesse exquise. Son fils l’accompagne. Le garçonnet gambade autour de nous entre Callejón et Telefónica, grimpant sur les planches du vallado2, dévalant la pente jusqu’à la porte des arènes poursuivi par un toro imaginaire... Après coup, beau et étrange à la fois, émouvant assurément, de revoir cet enfant jouer à l’endroit précis où, deux et quatre jours plus tard, ‘Capuchino’ de Jandilla et ‘Ermitaño’ de Miura sèmeront la terreur sur leur passage. Le premier tuant même d’un coup de corne dans le cou3...
La balade (des gens heureux)Avant le rendez-vous de la course, rien de tel pour prendre le pouls de San Fermín que de flâner dans le vieux Pampelune. Si la fête proprement dite prend ses quartiers dès la nuit tombée, elle se mitonne tel un ragoût toute la journée... Un poil excentré, Calle Aralar derrière La Meca, le Club Taurin de Pamplona sera la porte d’entrée de notre balade. À défaut de mettre la main sur le « fantôme » du CTP, nous surprenons Jérôme de CYR. El Batacazo quoi ! Visiblement pas au mieux de sa forme et c’est rien de le dire. Ennuyé par la perte de ses papiers et de sa « carte à tirette ». Plus inquiet d’avoir chopé une andanada sombra que de ne pas voir revenir sa chère et tendre sambista. Tout excusé en tout cas de l’entendre me poser deux fois les mêmes questions... Un abrazo amigo et direction le Casco Antiguo via la Plaza del Castillo. El centro del mundo quoi ! Sur et autour, des centaines et des centaines de satellites humains — dans quelques heures leur nombre aura été multiplié par 100 — qui mangent, dansent, boivent, chantent, se reposent et plaisantent. Surtout à l’intérieur, parfois dans la rue. San Nicolás, Jarauta, Mayor, et cetera. La chaleur nous oblige à raser les façades et à épier celles d’en face car, à Pampelune plus qu’ailleurs, a fortiori durant San Fermín, les murs ont la parole. On devine aisément la gravité des messages politiques en euskara, on sourit devant celui-ci, bilingue, affirmant que le local, fermé par arrêté municipal, est atteint de la grippe « Barcine » !4 Imparable. Parvis du Museo de Navarra. Demain matin, c’est certain, nous y serons tôt pour voir partir l’encierro. Mais demain, c’est loin, très loin. Plaza Consistorial, à l’ombre d’une taberna, un couple de trentenaires accompagne la musique de ses pas folkloriques. Elle avec élégance, lui avec virtuosité. Les deux avec joie. Une chance d’être passés par là... La Perla en face de moi, La Meca dans le dos et une aile du Palacio de Navarra pour fond de scène, un vieux Navarro au teint pâle — un chef indien — implore devinez quel saint au son des guitares un verre à la main... Pendant ce temps, les peñas convergent vers la plaza...
Le bruit et la fureur5
Quatre billets pour quatre places côté sombra aux quatre coins des tendidos 2 et 3. Lors de l’encierro matinal, un cebada gago s’est arraché une corne... 18h15. Le sorteo récupéré, l’interrogation est levée : ce sont bien 6 toros du fer andalou que nous verrons défiler sur le sable pamplonico. 6 toros astifinísimos qui n’auront réussi ni à sortir l’Ombre de sa torpeur ni à faire cesser l’arène de mastiquer — à partir du quatrième. Quant au Soleil, après l’inénarrable bronca aux alguazils, il se sera gondolé et aura rugi et chanté pendant plus de deux heures avec en point d’orgue les hymnes El Rey et La Chica Yeye. L’antre des peñas, le Soleil donc — la partie du chaudron en ébullition — rend possible toutes les extravagances sans surenchères ni complaisances : une perruque aux boucles dorées reluque les fleurs d’un tablier de boucher ; une barbe à l’accent basque postillonne dans une glacière Campingaz® et un sac poubelle de 100 litres crache sa sangría sur la tête d’un lapin australien vibrant au rythme d’un saxophone en kilt et d’un trombone à piston. Le tout dans un décor incomparable : La Meca de Pamplona. Inoubliable. De l’autre côté, imperturbable, l’Ombre suit la course. La course ?... En dehors du brave premier, du pundonor d'Aguilar et du sixième ‘Amador’...
‘Amador’Aussi vite englouties que gentiment offertes par mon voisin de tendido, je digère tranquillement ma moitié de pan y tomate et ma trufa de chocolate quand l’impeccable torilero libère ‘Amador’, un toro con trapío à la peau de tigre, cornalón et bizco. 565 kilos de muscles. Un cogneur con poder, un puncheur dur de pattes venu là non seulement pour faire échec et mat aux toreros dans tous les tiers avec fureur, mais également pour en découdre avec genio dans tous les « recoins » du ruedo. Mon voisin, qui serait un peu torero avant d’être aficionado et qui connaît les châteaux de la Loire, n’apprécie guère cet ‘Amador’ qui convoite la victoire par KO. « Muy malo » répète-t-il à l'envi. « Muy toro » je pense tout bas. Après avoir subi le combat avec style et vaillance, Sergio Aguilar se débarrasse de son adversaire de bien vilaine manière sous quelques quolibets, dont les miens. J’applaudis la dépouille du cebada qui s’en va par les mules emportée. ‘Amador’, le toro que j’aime.
1 Dans la capitale navarraise, les policiers appartiennent à pas moins de quatre entités différentes (Municipal, Foral, Nacional & Guardia). Vous rencontrerez surtout des agents de la Policía Municipal (bleu et jaune fluo avec une casquette) et de la Policía Foral (gris et rouge avec un béret rouge).
2 La double palissade en bois délimitant le parcours de l’encierro.
3 Originaire d’Alcalá de Henares (Madrid), Daniel Jimeno Romero avait 27 ans.
4 Jeu de mots réalisé avec le nom de la mairesse Yolanda Barcina : « Este local tiene gripe Barcina. »
5 Titre d’un roman de William Faulkner (Gallimard).
>>> Parce que des photos vaudront toujours mieux que tous ces mots, retrouvez la galerie PAMPELUNE à la rubrique RUEDOS du site.
Images © Laurent Larrieu/Campos y Ruedos
Libellés :
Laurent Larrieu,
Pamplona 2009,
Philippe Marchi,
San Fermín
11 juillet 2009
Pamplona - Corrales del Gas 2009
Avant de revenir sur notre plongée dans les Sanfermines 2009, vous pouvez retrouver les toros de la Feria del Toro dans la rubrique RUEDOS du site.Comme dirait l'autre, "y'a du bois"!
Photographie Un toro de Miura dans les Corrales del Gas à Pamplona © Camposyruedos
06 juillet 2009
Mon vieux
Dix années déjà... dix années de tous les combats, fidèles et robustes. Et ouais... on en a fait quelques-unes ensembles, hein ? Des bonnes et des très bonnes, et toi, t'as été solide et gaillard, toujours... et moi, moi, je me sentais bien et beau avec toi. Blanc qui pète, mal aux yeux, la classe aux premières heures, sale comme un peigne aux dernières... on rayonnait ! Tu sais, entre amis, faut pas trop tarder pour s'avouer les trucs... les trucs de copains, les trucs d'amitié, de coin de rade, les trucs qu'on se dit après le jaune de trop parce que celui d'avant ne t'a pas assez allumé pour que tu te livres aux sentiments, bras dessus, bras dessous, les yeux dans les yeux, le nez dans l'haleine... bref, entre nous, c'est à la vie à la mort, de tous les comptoirs, de toutes les rues, de tous les tendidos... et toujours en-dessous de la ceinture !Enfin, bon, voilà, tu te doutes que si je te parle comme ça, amigo, c'est que j'ai plus qu'une déclaration à te faire, un aveu en fait : ça me gêne de te le dire, mais regarde-toi, tu tiens plus debout, t'es plus blanc, t'es presque gris, tes coutures, c'est des échelles de corde, ça peut péter à tout moment et moi, je veux pas partir là-bas cette année avec un futal dégueulasse, alors que les vieilles « dueñas » nous ont toujours trouvé beaux, chaque 7 juillet au matin, en attendant la jota à San Fermín ! Alors non, mon vieux, on repartira pas ensemble cette année... et non !
On a fait notre temps, toi et moi. C'est ainsi... Je rentrais dix fois dans toi, t'étais plus à ma taille, même la ceinture ne savait plus comment te retenir et se désespérait d'autant de trous rajoutés année après année. T'es devenu moche comme un ministre de l'immigration et rêche comme un ministre de l'immigration. De toutes façons, je t'ai remplacé. Plus neuf, plus cintré, plus à ma taille et sans le pli, je préférais. Quoi qu'il en soit, fini le XL, je mets du L, maintenant.Voilà.
Tu sais, maman appréhendait beaucoup de te voir revenir de chacune des tes escapades. Elle savait combien tu te mettais comme un monstre, et savait le nombre d'heures qu'elle allait passer à te gratter le dos pour que tu ressembles enfin à quelque chose... elle t'aimait bien, mais elle finissait par trembler quand elle te voyait arriver. Et puis, dernièrement, le coeur dessiné sur la poche arrière qui partait pas, là, ça l'a achevé. Ne lui en veux pas, elle commence à vieillir aussi....
Du coup, papa veut bien s'occuper de toi. Tu vas adorer papa. Il t'emmènera prendre l'air, de temps en temps, sur sa belle tondeuse. Deux fois par semaine en été ! Pas pour rire ! Tu verras, vous allez bien vous entendre tous les deux. Il est cool, papa. L'important, c'est que tu restes pas comme un con dans ton placard "naphtalinisé". Et puis , je sais que je te verrai, de temps en temps, suspendu dans le cabanon, sans doute à coté du ciré, et pas très loin du taille-haie... Allez va, je sais la peine que ça te fait, mais si ça te chante, je te raconterai mes prochaines campagnes de Navarre, les retrouvailles avec Plech, le plus grand chasseur de palombes de la vallée d'Oloron qui a fini par débusquer une caille, Paski qui va peut-être enfin se calmer vu qu'il est papa maintenant, le vieux Lafitte, qui va encore pleurer en arrivant, et en partant, puis Maya, qui nous ramènera sans doute encore un improbable énième collègue marmiton qui doit passer ses 35heures à éplucher des patates et qui ira se coucher après un traitement de percheron au Martini Kas, et qu'on reverra jamais, plus jamais ; Iñaki, le petit cheval au milieu de ses cabezudos, et tous les autres, bien sûr, qu'on n'attendait pas, ou qu'on ne connait pas encore... Le bonheur du premier katxi entre frères de bringue sous le soleil rouge et blanc, scratchés au comptoir comme des gamins devant la vitrine du Père Noël, en attendant l'orgasme "txupinazesque", pour nouer enfin le pañuelo, Graal de chez Graal, à la terrasse du Txoco ! L'incontournable "Pamplonica" qui fait trembler les arènes dégueulantes de fous, alors que le soleil commence à peine à griller les mongolfières qui lui frôlent le cul. Cette petite jota qui te tourne dans le teston toute la nuit et qui dit vaguement ceci : « No te vayas de Navarra » (même pas en rêve, coño !!!...), la lumière si particulière dans Estafeta au petit matin quand les vapeurs « riojisées » s'échappent en volute des pavés qui commencent à sécher, puis l'attente devant la mairie, le grondement des tambours de guerre au fond du bide quand tu attends le "cohete" à l'angle de Mercaderes, l'enfer venu de Santo Domingo que les cloches pendues au coup des cabestros annoncent chaque matin sur le coup de 8 heures, les gros déguelasses « US » qui ronquent dans la fosse commune "Plaza del Castillo", ces fumiers de revendeurs qui te prennent pour un néo-Z à te vendre des andanadas sol à 3000 pour des Salvador Domecq (c'est dire s'ils nous prennent pour des faisans !...), les regards noirs et profonds des filles d'ici, et puis les aguirres, les miuras ou les gagos, les gradas sol-infierno, la "Chica Yeye" qui n'en finira jamais de baiser avec le "Rey" dans ce bordel divin, les « toupins » de rognons en sauce et les Katxis de rouge dégueu qui fusent dans le ciel comme les charters « made by Besson » remplis d'indésirables fusent dans le ciel « gris-Paris » de Roissy (c'est dire si ça fuse !... ), la sortie triomphale « con el TXUNTXUN de las peñas » où on se hache les pieds, le dos et tout ce qu'il est possible de se hacher, mais fous et heureux comme des drôles chez Mickey... Je te raconterai les galoches aux Australiennes rouge crado, et puis "l'Oberena", la "Unica" de mon Pouy único que j'aimais tant, ou les potxas de la "Jarana" où on se finissait pour une ultime bonne suée, avant de traverser une dernière fois, la "Jarauta" pour être sûr de ne rien rater, pour être sûr de s'en mettre un dernier et pour être bien bien sûr enfin qu'on est arrivé au bout de tout ce qu'on pouvait donner, ici, en Pamplona, IRUNA, le PONT G de tout un Monde !
Non, nous n'irons plus ensemble... mais je te raconterai encore la Navarre en rouge et blanc, la grande cité que tu aimais tant, celle des dolores, des miuras et des gagos, celle de notre amitié, celle des frangins de bringue, celle de quand on chantait Sabina et ses « 19 días y 500 noches », celle de tous nos excès, de tous nos bonheurs, de tous LES bonheurs. Mon vieux, je te raconterai encore la fiesta sin igual, définitivement sin igual. Merci pour tout, amigo, ne sois pas triste… moi, j'entends les gaitas... m'en veux pas, faut que j'y reparte... mais sans toi, cette fois, vu que je mets du L, maintenant.
02 juillet 2009
Eros en Pamplona
Cette année encore le site Internet http://www.sanfermin.com/, associé à Playboy, organise auprès des férus de photographies le concours de photos érotiques de la San Fermín 2009. ¡Viva San Fessemín! ¡Gora San Fessemín!>>> Retrouvez les modalités du concours sur le site.
Photographie Lauréat du concours 2008, Daniel Ochoa de Olza, cette photo est visible sur www.sanfermin.com.
29 juin 2009
Sólo faltan 6 días
En effet, plus que 6 jours et quelques heures avant l’ouverture des fêtes de la San Fermín... Pour les curieuses et les curieux, pour celles et ceux en quête d’informations de toutes sortes1, voici une sélection de liens sanfermineros2 plaisants à consulter, « vivants »3 et me paraissant dignes d’intérêt :● Ayuntamiento de Pamplona
Honneur à la mairie de Pampelune sans qui rien ne serait possible... Cela dit, toutes les nouvelles (au format PDF) qui tombent (au compte-gouttes) sont reprises ailleurs.
● Turismo de Navarra
C’est l’office du tourisme de Navarre... qui a le mérite d’offrir une présentation grand public dans un français bien tourné.
● Sanfermines.net
Tout en sobriété et plutôt épatant quand on découvre qu’il s’agit du site géré par les hôteliers de Pampelune ! Ne pas manquer les vues à 360° de la rubrique « El encierro ».
● Sanfermin.com
Beaucoup moins sobres los de Kukuxumusu... Agréable à visiter, hyper complet et de très bon conseil ; le guide (non traduit en français, hélas) ayant fait bien des petits ailleurs. Le must ? La galería.
● Feria del Toro/Feria de San Fermín
Laurent vous a déjà parlé du site de Mariano Pascal... Un incontournable.
● Diario de San Fermín
Animé et actualisé en permanence par Ignacio Murillo4, journaliste au Diario de Navarra, l’unique blog de cette sélection fait déjà parti de vos favoris.
● Fiestasdesanfermin.com
Le site du Diario de Navarra.
● Especial SF08
Le supplément internet (version 2008 en attendant celle de 2009 ?) du Diario de Noticias Navarra.
● RTVE/Sanfermines
Entre autres, vidéos des encierros 2007 (à droite) et 2008 (en bas) par la Radio Télévision Espagnole avec une qualité d’image plus que correcte.
● San Fermín 100%
Tous les encierros 2008 par la chaîne Cuatro... N’allez pas (plus) vous abîmer les yeux sur YouTube !
● Encierro de San Fermín/Ayuntamiento de Pamplona
On revient d’où l’on est parti : Plaza Consistorial. Regroupées sur une même page, les vidéos des encierros 2008 (TVE, Cuatro) et celles, depuis le balcon de la mairie, du Pobre de Mí (14.07.08 à minuit) et du Chupinazo (06.07.08 à midi).
Chères lectrices, chers lecteurs, si vous connaissez d’autres sites et/ou blogs sanfermineros plaisants à consulter, « vivants » et vous paraissant dignes d’intérêt, n’hésitez pas à les porter à notre connaissance. Par avance, merci.1 En espagnol ou en anglais, pratiquement jamais en français. Signalons tout de même la page Wikipédia.
2 En explorant à fond chacune de ces adresses, vous devriez avoir un panorama quasi complet de ce qui s’écrit sur la toile au sujet des Fêtes pampelonaises.
3 Le très élégant SanFerminEncierro.com n’est pas mort mais en phase de développement ; ce qui implique, outre des rubriques sans contenu, une navigation pas toujours évidente.
4 En compagnie de son collègue Jesús Rubio, il vient de publier Los Sanfermines de nuestra vida 1976-2008.
Images Gora San Fermín, viva San Fermín. Titre de l’affiche 2009 © Ángel Blanco Egoskozabal ● Pamplona, blog Desde la retaguardia de Mikel Urmeneta © Sanfermin.com
14 juin 2009
Dolores Aguirre Ybarra para Pamplona
Sur le site, rubrique CAMPOS, vous pouvez découvrir une galerie des astados de Doña Dolores Aguirre Ybarra (Atanasio Fernández/Conde de la Corte) qui sortiront le samedi 11 juillet 2009 dans la plaza de toros de Pamplona. De plus, selon les informations données par la Santa Casa de Misericordia de Pamplona et publiées sur le site Feriadeltoro, le lot de Peñajara qui devait être lidié le 7 juillet 2009 sera remplacé (pour des raisons de problèmes sanitaires dans l'élevage) par un encierro de Alcurrucén (Núñez).
¡Ya Falta menos!
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Dolores Aguirre Ybarra,
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San Fermín
17 mai 2009
La web no oficial de la feria taurina de Pamplona
Un temps, je l'ai cru mort. Un des seuls sites taurins consacré à la Feria de San Fermín, c'était un peu comme s'ils avaient collé un toit sur la plaza navarraise.Mais non, il y a quelques semaines, presque par hasard, je suis tombé sur ce blog richement entretenu par Mariano Pascal, blog qui n'est autre que la résurrection modernisée de l'ancien Feria del Toro.
C'est une bonne nouvelle, une très bonne même. Longue vie à Feria del Toro, Feria de San Fermín et ¡Viva san Fermín! comme ils disent.
Libellés :
Laurent Larrieu,
Mariano Pascal,
Pamplona 2009,
San Fermín
26 mars 2009
Feria del Toro par Rafael Moneo
À l’occasion du 50° anniversaire de la Feria del Toro, la Casa de Misericordia a demandé à l’architecte navarrais Rafael Moneo (Tudela 1937) de concevoir l’affiche. Ce qu’il a fait avec force élégance ; de celle qui semble émaner de sa personne et qui se dégage de ses bâtiments : Bankinter à Madrid, Kursaal à Saint-Sébastien, les Archives de Navarre dominant Santo Domingo à Pampelune, l’auditorium de Barcelone ou une toute récente bibliothèque universitaire à Bilbao.El pálpito vital del encierro ressemble à s’y méprendre à un cartel des San Fermín. Peut-être une manière de dire qu'en l'absence d'encierros il n’y aurait pas de corridas à Pamplona...
En plus Sur Flickr, il existe AUSSI un « pool » consacré à l’architecte espagnol...
Image Rafael Moneo dans « ses » arènes, agrandies par lui en 1967 © Sanfermin.com
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06 janvier 2009
Pamplona
Parce qu’en ce début d’année plein de promesses, il n’était pas possible, voire décent, de rester sur les récentes croûtes pascales d’Arles (un œuf pourri) et de Séville (un bœuf aux hormones)... Parce que l’humour n’est pas chose si fréquente dans l’exercice périlleux du cartel taurin... Parce que je petit-déjeune, déjeune, goûte, dîne en famille aux côtés de ces trois tíos depuis plus de deux ans, et que nous ne nous en lassons pas — eux non plus je crois... Parce qu’une fois n’est pas coutume, elle replace avec brio le toro de respect au centre des débats... Parce que 2009 sera probablement pour moi l’occasion de découvrir Pampelune en période de fêtes... Parce que j’avais envie, là, tout de suite, et cela ça ne s’explique pas...
En fait, plus sérieusement et pour être tout à fait juste, parce que cette affiche me donne l’occasion de transmettre une information tombée comme un cadeau le 24 décembre dernier, et certainement passée inaperçue en dehors des terres navarraises. Figurez-vous que le Gobierno de Navarra et l’Ayuntamiento de Pamplona ont fait leurs comptes, et qu’ils se seraient enfin entendus pour débloquer les fonds nécessaires à la réalisation d’un vieux serpent de mer : le Centro Temático de los Sanfermines1.
De la Rochapea, quartier initialement prévu pour la première version du projet joliment baptisée Fiesta entre las flores (2001), le « nouveau musée » aura, non sans détermination, emprunté le pont sur l’Arga à reculons après avoir laissé sur sa droite les Corrales del Gas, grimpé sur les mains la côte de Santo Domingo et salué les corralillos avec ses espadrilles avant d’atteindre péniblement, le moral dans les chaussettes2, la place de l’Ayuntamiento où, il aura attendu six ans, peut-être sept (huit !?), pour rencontrer l'âme sœur qui veuille bien s’occuper de lui ; en sera finalement reparti tout en joie par une glissade sur les fesses dans Mercaderes ; aura fait la tournée des bars d’Estafeta en état d’ivresse, négocié Telefónica frais comme un sanferminero, snobé le Callejón puis contourné la Plaza de Toros3 les yeux fermés pour venir sans vergogne s’incruster au cul du chaudron chez les pompiers qui, eux, déménageront ! Ouf ! il aura tout de même fallu une petite dizaine d’années au serpent pour réaliser ce parcours du combattant. Des années au cours desquelles il se sera délesté de quelques kilos — entendez par là des milliers d’euros, sinon des millions — et de quelques mètres carrés4 — conjoncture économique oblige...
Alors, pourquoi un tel musée me direz-vous ? Au-delà des éternels et incontournables arguments politico-économico-touristico-taurino-culturels, je vous répondrai tout simplement : « Et pourquoi pas ? »
On tâchera de vous tenir au courant. À suivre donc...
1 Nommons-le ainsi puisque son nom n’est pas arrêté : Museo de San Fermín, Museo de los Sanfermines, Museo de San Fermín y del Encierro, Centro Temático de los Sanfermines y del Encierro, etc. Remarquez bien qu’ils ont le temps de lui en trouver un, d’ici 2012...
2 Porter les espadrilles avec des chaussettes, assurément la grande classe...
3 Promise à être couverte (grrr !) il y a encore quinze mois de cela alors que, c’est officiel, le grand complexe Reyno de Navarra Arena verra le jour en 2011...
4 Et le cabinet d’architecture madrilène Mansilla+Tuñón Arquitectos, vainqueur du concours en 2001 avec « Fiesta entre las flores », sera forcément invité à revoir sa copie !
Images Affiche © César Oroz ● Capture d’écran de la page d’accueil du site, en sommeil depuis un bon bout de temps, créé à l’époque par l’Ayuntamiento pour présenter et promouvoir son Centro Temático de los Sanfermines. Visite recommandable même si, attention, certaines informations (emplacement, projet architectural...) ne sont plus d'actualité.
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Pamplona 2009,
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San Fermín
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