
Les lignes qui suivent sont particulièrement destinées à celles et ceux qui n’ont jamais assisté à un apartado à Vista Alegre et qui souhaiteraient s’y rendre.
Les plus curieux-ses et/ou les plus motivé-e-s consulteront les trois posts écrits l'an dernier : L’apartado à Bilbao (I), L’apartado à Bilbao (II) et L’apartado à Bilbao (III & fin).
Sur le parvis face à la "grande porte" — au-dessus de laquelle vous lirez "Plaza de Toros de Vista Alegre / Año 1962" —, vous rejoindrez sur votre droite les aficionados déjà en faction devant la taquilla de l’apartado, elle-même située à l’extrême gauche de l’alignement de guichets (voir image L’apartado à Bilbao (I)). La pancarte "Apartado", elle, ne sera accrochée que bien plus tard, peu avant 10h30, heure d’ouverture de la vente des places de corridas.
● 9h40-10h > 11h. L’attente...
- Le store bleu protègera d’éventuelles intempéries seulement les cinq, six ou sept personnes arrivées avant vous. Vous tâcherez donc de loger un parapluie dans votre sac — le vêtement "imperméable" s’avérant vite sinon inopérant disons inconfortable lorsqu’il faut patienter près d’une heure et quart sous une pluie parfois battante. En Biscaye, la météo change vite !
- Bien vous placer, dès votre arrivée, dans le couloir formé par les barrières tubulaires vertes vous évitera quelques menues tracasseries lors de l’ouverture de la taquilla ;
- Si une envie pressante venait à vous comprimer la vessie, vous tiendrez bon en pensant aux toilettes impeccables qui vous attendent sous les tendidos, à droite dès la "grande porte" franchie.
● 11h > 11h05. Ouverture de la taquilla. En 2007, le prix d’entrée était de 5 €. Votre billet en poche, si "la grande porte" en bois est fermée... Poussez-la !
● 11h05 > 11h15. Vous prendrez le temps de flâner, sans trop tarder quand même, dans le petit musée que constitue le hall de la puerta grande de Bilbao. De là, vous accéderez au callejón le plus naturellement du monde et vous viserez le toril. Libres d’aller où bon vous semble, vous pourrez fouler l’étonnant ruedo gris souris ou vous reposer dans un des sièges bleu délavé qui habillent confortablement les lieux. Non, non, vous ferez cela à un autre moment...
● 11h15 > 11h30. À droite de la porte du toril, il s’en trouve une petite bien curieuse, vraiment pas haute, vraiment pas large. Vous la passerez et arpenterez au frais un étroit couloir ainsi conçu qu'il permet de voir clairement, sur votre gauche, celui que fouleront les toros en provenance de leurs chiqueros... Au bout, un patio nimbé d’une lumière presque surnaturelle et sobrement fleuri vous accueillera. Hop ! hop ! vous gravirez quelques marches, obéirez à la flèche "Apartado" puis vous tournerez à droite, franchirez une arcade et vous vous rallierez, au pied d’un escalier et devant LA porte, aux quelques visiteurs déjà présents. Ce sera de nouveau l’attente, dans un silence relatif — les discussions reprenant — et dans une obscurité incomplète — la lumière naturelle de la fosse toute proche léchant les visages.

Vous vous installerez où vous voudrez, sauf sur le côté du carré "Junta Administrativa / Autoridades" réservé aux officiels. Accueillant les aficionados et décorés d’azulejos, les trois autres côtés1 sont équipés d’adorables petits gradins en bois peints en rouge (voir image L’apartado à Bilbao (II)). Les pieds posés sur la première planche — celle du bas —, vous vous assiérez naturellement sur la deuxième — celle du milieu — mais, attention ! celle-ci ne correspond nullement au premier rang ! En effet, vous risqueriez fort de voir des personnes venir sans crier gare se poster debout devant vous, les pieds entre la première planche et le muret, les coudes appuyés sur le rebord de la fosse ! Soyons clairs, les gradins offrent quatre rangs de spectateurs et aucune place assise vu l'affluence. Les planches et a fortiori le sol ne sont pas prévus pour les fesses mais pour les pieds.
● 11h50 > 12h. Ça remuera certainement derrière, sur les côtés, en face et au-dessus. En-dessous, sous l’autorité du président Matías González, le sorteo aura à peine commencé. Si comme moi vous ne lui trouvez guère d’intérêt, vous vous surprendrez sans doute à rêvasser — un coup de pompe ? — et à passer en revue quelques-uns des nombreux azulejos célébrant les élevages ayant obtenu le prix au lot le plus complet des Corridas Generales depuis près d’un demi siècle...
● Aux alentours de 12h, ce sera l’effervescence autour de la fosse et vous penserez impérativement à fermer votre portable. Non sans gravité, Matías González prendra le micro — dont le son métallique insolite participe grandement au charme terrible de cette cérémonie — en même temps que la parole : « Agun deneri. Buenos días a todos. Vamos a proceder al apartado y enchiqueramiento de la corrida que va a celebrarse esta tarde en Vista Alegre. Los toros pertenecen a la ganadería de ¿?, propriedad de ¿? que se encuentra con nosotros, y le damos la bienvenida. Serán lidiados por los siguientes matadores de toros : X, Y y Z »2.
Interviendront alors un membre de la Junta puis un aficionado, chargés respectivement de vous faire patienter encore quelques instants et de présenter l’élevage du jour. Drriiing !!! Aussi désuète que le microphone, l’inimitable sonnerie vous dressera les poils des bras et annoncera l’ouverture imminente des portes... Place aux toros... Que chacun gagne sans encombre son chiquero. Bon apartado. (cf. L’apartado à Bilbao (III & fin))

2 Discours rituel — seuls les noms propres changent — piqué dans Petit guide du pèlerin de l’apartado à Bilbao, de Thierry Vignal, TOROS n° ? — désolé mais je n’ai qu’une photocopie à ma disposition.
Images C’est une Marijaia* playmobil® sur fond de Teatro Arriaga qui annoncera les festivités 2008. De 0 a 100 años © José Antonio Arrieta ● Ça vaut le coup de faire le tour ; ici le potager... © Campos y Ruedos ● Un La Quinta dans la fosse en 2007 © Campos y Ruedos
* Icône locale des fêtes.