Affichage des articles dont le libellé est UVTF. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est UVTF. Afficher tous les articles

20 juillet 2013

Tout bien réfléchi


Un texte de Laurent Giner nous parvient…

Céret 2013… La réussite tient à peu de choses. Après les férias de 2010, 2011 et 2012, nous pensions que l’avenir était assuré. Le niveau des courses cérétanes dépassait toutes nos espérances. Nous avions l’impression d’assister tous les jours à une corrida concours. Les maestros et les picadors jouaient le jeu. Hormis quelques varas mal placées, le niveau était largement au-dessus de la moyenne, beaucoup plus élevé que dans les autres plazas françaises ou espagnoles. Que s’est-il donc passé lors de l’édition 2013 ? Pourquoi des premiers tiers aussi mauvais alors que 50 % des picadors étaient présents en 2011 et 2012 ? Sont-ils tous devenus mauvais, subitement ?

Personne ne peut y croire, mais tout le monde l’a constaté. Pour preuve, nous observerons que la majorité des prix dévolus aux picadors sont restés desiertos. 

Pour comprendre ce qui va suivre, il faut savoir que l’Adac exige, depuis toujours, que ses toros soient piqués avec des piques espagnoles réglementaires, celles fabriquées par le puyero García. Ce qui oblige la cuadra de caballos engagée à Céret, à louer les caisses de piques au fabriquant espagnol.

Lors de la dernière tertulia, dimanche soir dans les arènes, c’est Bernard Raviglione, président de l’Adac, qui a ouvert la réflexion.

Pendant la discussion, nous avons appris que des picadors étaient montés au créneau, dès le matin, afin de pouvoir piquer avec la pique Bonijol. Après recherche et investigation rapides, il s’agirait notamment de Gabin Réhabi, le picador arlésien. Étonnant de la part de ce garçon réservé, presque timide, de vouloir imposer sa loi aux organisateurs cérétans. Ou alors peut-on imaginer que d’autres personnes l’aient poussé à se rebeller.

Mais, au fait, Gabin n’est-il pas le plus beau fruit de la cuadra Bonijol ? Et là tout s’enchaîne, tout s’explique. Les picadors ne sont-ils pas devenus les moyens de pression des fabricants de puyas, qui les utiliseraient pour conserver leurs parts de marché ? Céret en a été le meilleur exemple. Pression du puyero García via certains picadors face à la pression du puyero Bonijol et de ses amis proches. Résultat pour nous, aficionados, et pour l’Adac : une très mauvaise féria au regard du premier tiers.

L’Afición n’a pas à subir les problèmes des marchands du temple taurin, et les aficionados organisateurs méritent un plus grand respect.

L’ANDA, qui s’était réveillée en décembre dernier afin de faire réagir l’UVTF , ne s’était pas trompée. Qu’a fait cette dernière depuis ? Nada. Pourtant, il ne lui coûterait rien de mener une analyse comparative des différentes piques. Si ce n’est la volonté de le faire…

Après l’utilisation de la pique espagnole, de la pique andalouse, de la pique Bonijol ou de la pique Heyral, nous avons eu droit, ce week-end, à la « pique cérétane ». En effet, cerise sur le gâteau, afin de satisfaire son client, M. Bonijol a équipé ses propres piques du cordage dont elles sont habituellement dépourvues pour les rendre semblables aux piques officielles. En tant qu’assesseur au palco, dimanche après-midi, j’ai pu le constater moi-même en procédant à l’ouverture de la caisse des piques. En termes polis, on appelle cela « pousser le bouchon un peu trop loin ».

Ceci dit, Bonijol et García ont raison. N’étant pas des philanthropes, ils profitent d’un vide réglementaire. Celui qui effectue le meilleur lobbying décroche la timbale ! Pour l’instant, les empresas Bonijol et Heyral ont l’avantage, car elles fournissent aussi la cavalerie.

Le drame, c’est que personne ne met en place les analyses comparatives. Même l’ADA de Parentis, alors que son représentant à l’UVTF était contre, s’affiche maintenant pour la pique Bonijol. 

L’UVTF, grâce à son président convaincu, laissera pourrir la situation jusqu’à ce que soit validé un état de fait quasi généralisé.

Si les petites arènes comme Céret, Vic-Fezensac, Orthez, Parentis-en-Born, Roquefort, Saint-Martin-de-Crau, Alès… ne se mobilisent pas, il ne faudra rien attendre des grandes plazas.

Messieurs les organisateurs aficionados, prenez les choses en main. L’Afición compte sur vous. Nous voulons des analyses concrètes afin de pouvoir remettre à l’UVTF un rapport complet.

Laurent Giner


Photographie Gabin Réhabi, Céret de toros 2013 — JotaC

16 décembre 2012

Pas contents… on comprend


L’Adac nous fait parvenir ce billet dans lequel elle témoigne de son étonnement et de son agacement à l’annonce de la diffusion, ce dimanche 16 décembre, en marge du congrès de l’UVTF, de deux films ayant pour sujet les deux encerronas nîmoises de l’année.
À juste titre, l’Adac rappelle aux aficionados, si besoin était, qu’elle organisa au mois de juillet 2012 l’encerrona triomphale de Fernando Robleño face à six astados de D. José Escolar Gil.
Provocation ? Manque de discernement ? Bêtise ? 


Le communiqué de l’Adac

« À 19 heures, à la salle du conseil municipal de la commune de Céret, en marge de l’assemblée générale de l’Union des villes taurines françaises, sera projeté un film sur les deux encerronas de la temporada nîmoise 2012.
Cette manifestation étonne l’Association des aficionados cérétans à deux égards :
— Tout d’abord, la ville de Nîmes est en dehors de l’UVTF depuis plusieurs années et ne saurait être au centre des manifestations organisées ce week-end à Céret.
— Ensuite, la ville de Céret est une ville taurine où l’Adac organise dans les arènes des corridas depuis vingt-cinq ans. Il est choquant de constater que pour accueillir les aficionados et institutionnels de la France entière l'on utilise des images totalement hors contexte.
En réaction à cette initiative douteuse et maladroite, le site mettra prochainement à disposition de l’Afición la vidéo de l’encerrona de Fernando Robleño face aux toros de D. José Escolar Gil. »

26 octobre 2012

Xavier Klein répond à l'ANDA


Il y a quelques jours, Xavier Klein nous a envoyé ce courrier en réponse à la lettre de l'ANDA que nous avions publiée ici même.


« Chers amis ANDAristes,

Je n’évoquerai pas l’heureuse surprise de votre intervention quand, à l’heure des bouleversements et des mutations, la voix de l’ANDA serait plus que jamais indispensable pour faire pièce aux dérives, pour dénoncer la décadence d’un art où l’éthique cède sans cesse aux intérêts à court terme.

Je ne me prononcerai pas non plus sur le fond de votre épître : nous partageons la même préoccupation, la même volonté de soutenir et de valoriser un premier tercio en déshérence, la même conviction que la pique constitue la pierre de touche de la conservation d’un toro de lidia digne de ce nom, que ce n’est pas l’outil qui est en cause mais l’objectif et la manière de s’en servir.

En revanche, ce qui me questionne c’est que vous puissiez encore vous illusionner sur le rôle et la fonction de l’UVTF, qui ne représente plus de facto qu’un vulgaire syndicat d’intérêts.

Comment pourrait-il en être autrement lorsque sa structure même et ses modalités de fonctionnement favorisent outrageusement une sur-représentation des grandes plazas qui, toutes, de droit, siègent dans ses instances dirigeantes et veillent attentivement à la défense de leurs intérêts bien compris ?

Comment ne pas s’aviser que l’objectif de ces “majors” est de faire des bénéfices, quand celui de la majorité des humbles est de ne pas créer de déficits trop criants, que la problématique des premières est celle des dépenses, alors que pour les secondes c’est celle des recettes ?

Comment ne pas prendre acte du retrait de Nîmes, de la création d’un “G7” qui vient entériner la vacuité et l’impuissance structurelles de la maison mère ?

Comment attendre d’élus, peu ou pas concernés, peu ou pas informés, peu ou pas impliqués, qu’ils s’investissent, y compris en s’aventurant sur des terrains minés ? Car ces élus des villes taurines sont soit majoritairement découplés de réalités gérées sur le terrain par des associations (Céret, Vic-Fezensac, Parentis, etc.), soit ils se trouvent confrontés dans leurs instances politiques municipales à des oppositions, à des compromis paralysants qui ne cesseront de s’accroître.

Comment ne pas s’indigner de la place croissante qu’ont pris dans les débats de ces dernières années des officines, des lobbies, au point qu’on y déroule le tapis rouge devant telle cuadra, tel représentant de l’ONCT (dont l’UVTF est elle-même membre…), telle instance socio-professionnelle qui viennent y parader ou y défendre leur bout de gras ?

Comment ne pas admettre que la seule action significative de l’UVTF depuis belle lurette n’a été que de défendre la cause taurine au Conseil constitutionnel ?

Par circonspection excessive, par passivité, par veulerie, par impéritie, pour ménager la chèvre aficionada et le chou financier, l’UVTF, qui n’a jamais été à la pointe de la témérité, de l’innovation ou de l’efficience, en est parvenue à l’état de “grand cadavre qui respire”.

Si l’électro-encéphalogramme n’est pas complètement plat, peu s’en faut.

Et voilà l’objet principal de mon propos : faut-il s’en navrer ?

Car une UVTF opérante serait peut-être aussi une UVTF qui, par un rapport de forces défavorable, consacrerait des évolutions qui ne seraient nullement souhaitables. Ce qui obligerait les membres qui ne s’y soumettraient pas à s’en exclure. Quid d’une pique Bonijol imposée à la majorité ?

L’anarchie actuelle, si elle n’est pas satisfaisante, non seulement n’empêche rien, y compris le pire, mais autorise tout, y compris le meilleur !

D’ailleurs, cette disparité n’est-elle pas déjà le lot de la “mère-patrie” où désormais les réglementations sont décidées par des collectivités territoriales (d’où la pique andalouse !) ?

En fin d’analyses, que peut vous importer que dans tel ruedo de “tauromachie champagne” — que d’ailleurs vous ne fréquentez guère — on utilisât la pique Bonijol, la pique andalouse ou la guatémaltèque ? Surtout pour l’usage virtuel qu’on en fait ?

Il m’apparaît, au contraire, que les progrès intéressants qui sont enregistrés çà et là procèdent d’arènes militantes, soutenues activement par l’Afición, et qu’ils font tache d’huile. Dans le Sud-Ouest, on a vu des cosos comme Dax, Bayonne ou Mont-de-Marsan se mettrent ponctuellement au diapason avec certains lots de toros. C’est là, il faut s’en convaincre, la voie à suivre d’une évolution par le bas et la base et non par le haut et des instances qui, de tous temps, se sont adaptées aux mutations mais ne les ont que rarement initiées.

D’une certaine manière, le dur combat que vous avez mené de longue date est déjà remporté.

D’un point de vue éthique, bon an, mal an, la tauromachie en France se porte globalement mieux, se montre plus vigoureuse, dynamique et inventive qu’elle ne l’était il y a dix ou quinze ans. Hormis les “G7istes” (à l’exclusion de Vic, dont on se demande ce qu’elle fait dans cette galère !), considérons le nombre réjouissant de plazas petites et moyennes qui se centrent sur des ganaderías encastées et se préoccupent de la présentation et de l’intégrité du bétail : c’est sans commune mesure avec le passé.

Enfin, il ne faudrait pas que votre légitime préoccupation efface des motifs d’inquiétude autrement plus prioritaires pour les empresas qui se vouent à la tauromachie que nous défendons : la raréfaction de la ressource par la disparition de ganaderías d’encastes rares ; la difficulté croissante de trouver des lidiadores aptes à les affronter — notamment dans le cercle des novilleros —, le vieillissement de l’Afición et l’abandon des arènes par les classes populaires.

Par delà, ne faut-il pas prendre acte et conscience de la fracture profonde — qui devient un abîme — entre deux conceptions de la tauromachies qui, si elles pouvaient coexister quand demeuraient des exigences minimales, deviennent maintenant inconciliables voire antagonistes.

Votre légitime intervention me semble venir trop tard ou tomber à côté du sujet. Les enjeux ne sont plus là, pas plus que les moyens d’action.

Peut-on demander à un grabataire de monter au créneau ?

Avec mes amitiés et ma considération. »

Xavier Klein
Maire adjoint & représentant de la ville d'Orthez à l’UVTF


Photographie Toro de Veiga Teixeira, Orthez 2012 © Laurent Larrieu/Campos y Ruedos

13 octobre 2012

L'ANDA écrit à l'UVTF


Mesdames et messieurs les membres de l’Union des villes taurines françaises,

Non, ce n’est pas un canular et encore moins le phénix qui renaît de ses cendres. L’ANDA est en sommeil depuis 2008, vous le saviez. Que nous nous réservions le droit d’intervenir sur des sujets sensibles ou scandaleux, peut-être l’apprenez-vous ?
Oui, nous sommes toujours là, l’œil aiguisé et l’afición intègre chevillée au corps.
La pique n’est pas un sujet nouveau dans notre relation. Les dernières élections municipales et l’inévitable valse des fauteuils ont, comme toujours, été suivies par un désir de marquer votre passage à l’UVTF.
Tout a commencé lors de l’assemblée générale de Beaucaire ; Alain Bonijol, accompagné des représentants du syndicat des picadors, a présenté sa nouvelle pique avec pour objectif de la faire valider par l’UVTF. Vous aviez décidé de mettre cette pique à l'essai lors de la temporada suivante.

Ci-dessous notre compte rendu de l'assemblée générale de l’UVTF 2010 à Beaucaire :
« La vraie nouvelle du week-end sera la présentation de la pique imaginée par Alain Bonijol. Ce chef d’entreprise est une mine d’idées novatrices ; sa façon d’aborder les problèmes et d’y trouver une solution nous épatera toujours.
Sa pique est aussi longue qu’une pique andalouse, mais plus fine, plus effilée, sans cordes. Sa préoccupation première a été de comprendre les attentes des picadors et d
apporter une réponse à leurs principales craintes. En les impliquant dans son projet, Alain Bonijol a peut-être évité la levée de boucliers de cette corporation, pas toujours facile à manœuvrer.
Il affirme qu’un picador qui entre en piste pense avant tout “à mettre les cordes” et à faire saigner. Sur une pique normale, la partie en corde est plus grosse en diamètre que la pyramide saillante. Elle freine la pénétration de la puya. En effilant sa pique et en supprimant les cordes, il considère qu’elle pénètre mieux. Le picador peut alors se concentrer sur “el arte de bien picar”, positionner correctement son cheval, lancer le palo, mettre la pique à la base du morrillo, faire pivoter son cheval et ouvrir la sortie... De plus, je cite : “Les toros, au lieu d’être monopiqués, pourront être renvoyés plus facilement au cheval pour une seconde rencontre.”
Interprétation : “Tout le monde pourra ainsi croire que les invalides qu’ils ont sous les yeux sont de vrais toros puisqu’ils vont deux fois au cheval.” Nous exagérons, croyez-vous ? Si peu !
Lorsque sort du
toril un vrai toro, avec de la force, plus personne ne se pose de questions existentielles sur la pique. Comme quoi, il y a bien deux tauromachies.
Avant cela, l’UVTF, par l’intermédiaire des vétérinaires, devrait analyser des corridas entières piquées pour moitié avec une pique classique (voire andalouse) et pour moitié avec cette vraie nouveauté. Une fois passées la curiosité d’une nouveauté et la satisfaction de constater que certains réfléchissent, imaginent, inventent, des questions peuvent venir à l’esprit.
Si la pique pénètre plus facilement lorsqu’elle est bien en place, il en sera de même si elle est mal placée. Au vu du petit nombre de piques bien positionnées tout au long de la
temporada, nous pensons qu’il faudra d’abord apprendre aux picadors à viser au bon endroit et, sans doute, à changer les mentalités. Certains vétérinaires, amoureux du toro moderne, veulent comparer les résultats d’analyses post mortem de cette pique avec ceux de Madrid 1998 (donc d’une pique normale). Ce serait une grossière erreur. La pique madrilène est plus longue, mais, surtout, les premiers tiers de Las Ventas sont loin d’être des références. La raison principale en est le toro. Ce sont, avec ceux de Bilbao et de Pamplona, les plus gros, les plus grands et les plus pourvus en cornes. Ce sont ceux qui reçoivent les plus gros châtiments avec les piques les plus en arrière, donc les plus destructrices. Aucun “demi-toro” de Nîmes, Dax, Arles ou Mont-de-Marsan n’a reçu cette année un châtiment aussi appuyé que ceux que nous pouvons voir régulièrement à Madrid.
Comparons ce qui est comparable et faisons les analyses chez nous avec nos “demi-
toros” et nos “demi- picotazos”. Nous verrons bien si les dégâts causés par les piques sont si importants que cela.
En ce qui concerne le marché français, si cette pique voyait sa légalisation le monopole espagnol des
puyas changerait de camp. Les appels d’offres concernant les cuadras de caballos n’auraient plus le même contenu.
La tauromachie française s’impose petit à petit. Bien vu, monsieur Bonijol.
Et en ce qui concerne l’intérêt de l’aficionado amoureux du vrai
toro, il devra attendre les résultats post mortem avant de se réjouir. Pour ce qui est des novillos “pégapasés” par les vedettes, ce n’est pas cette pique ni une autre qui leur donnera la force qui leur manque. Elle aidera, dans le meilleur des cas, à cacher la misère actuelle du premier tiers. »

Deux temporadas plus tard, qu’en est-il de ce dossier, des analyses, des démarches à suivre pour les membres de l’UVTF ?
Nous savons, par la voix des vétérinaires, qu’aucune analyse officielle n’a été effectuée pour le compte de l’UVTF.
Nous nous sommes permis de faire des analyses afin de nous rendre compte des blessures. Les toros étaient les Garcigrande et les Victorino Martín d’Istres. Nous avons eu le regret de constater que les dégâts internes ne sont pas en relation avec la vision externe de la pique. Lorsque l’on est en présence de toros braves et qui « mettent les reins », ce qui a été le cas de certains Victorino, les effets n’en sont que plus accentués.
Nous ne donnerons pas ici de résultats chiffrés, car ils ne sont en rien officiels.
En revanche, nous demandons expressément à l’UVTF de commanditer ces analyses (corridas piquées pour moitié avec la pique espagnole et pour moitié avec la pique Bonijol et d’autres) afin de donner un résultat chiffré et d’autoriser une pique pour la zone France. Un tel vide réglementaire est inadmissible.
Depuis cent ans, trop d’aficionados se sont battus pour légiférer la corrida en France. L’UVTF doit rester le garant de l’unité et le maître du règlement.
À ce jour, circulent dans les arènes françaises quatre piques différentes : l’espagnole, l’andalouse, la Bonijol et celle de Philippe Heyral. Les organisateurs et les aficionados y ont perdu leur latin. À quoi servent les délégués aux piques et sur quelle(s) base(s) doivent- ils travailler ?

Mesdames et messieurs de l’UVTF, un peu de sérieux s’impose, au moins sur ce point.

Le bureau de l’ANDA
Laurent Giner, Mario Tisné, Bernard Desvignes et Olivier Barbier

04 octobre 2012

UVTF : à boire et à manger


Lettre de l'ANDA

Dans le jeu qui suit, il faut trouver l’intrus : Observatoire national des cultures taurines (ONCT), Association des parlementaires taurins français, G7, Toros de France, Union des villes taurines françaises (UVTF)… Bravo ! c’est UVTF.

Pour comprendre, vous pouvez commencer par vous rendre sur le site de l’UVTF. On y apprend peu, très peu ; quarante-cinq villes taurines dont Boujan-sur-Libron (insuffisamment pratiquée à mon sens), absence de Nîmes, mais le secrétariat s’y trouve d’après l’onglet « Contact ». Cliquez maintenant sur « L'actualité UVTF » : rien en 2011 et 2012, puis descendez jusqu'à « Communiqués » : un en 2011 et trois en 2010. Cliquez maintenant sur « Agenda » : queutch, nada, oualou.
Il vous reste à lire « Règlement taurin », un simple copier-coller, et « Expertise des cornes », des expertises réalisées et rédigées par l’Association française des vétérinaires taurins (AFVT), mais absoutes depuis longtemps quand elles sont positives. Bref, le webmaster se la coule pépère.

Vous avez compris que l’UVTF est en voie d’obsolescence ; des sous-groupes se sont constitués en marge pour mener des actions : ONCT, Association des parlementaires taurins français, G7, Toros de France, soit autant d’entités qui ont éprouvé, à tort ou à raison, le besoin de se substituer à l’UVTF défaillante.
D'abord association de grandes arènes françaises (individualistes et bien décidées à défendre leur morceau de steak), l’UVTF a perdu de vue l’objectif premier affiché : « Elle a pour but d’assurer la défense et la sauvegarde des courses de taureaux avec mise à mort et d'en permettre la célébration correcte, en conservant à ce spectacle son caractère de noblesse et d'équilibre et notamment en empêchant que des abus ne soient commis dans la présentation des taureaux de combat. Elle est plus particulièrement chargée de veiller à l'application du règlement taurin municipal. » Oui, certes, on se réunit encore une fois par an, et après ?

Revenu chez soi, chacun vaque à ses occupations et bidouille dans sa cuisine vu qu'à l’UVTF la situation est bloquée. Ici l'on met les lignes à 1,80 m, là à 2,50 m ou, mieux, on les supprime. Mais depuis longtemps on admet sans rougir la ronde des « enterreurs » (la carioca)… probablement pour « conserver à ce spectacle son caractère de noblesse et d’équilibre »
Tel jour un picador, tel autre (le lendemain) deux, sans parler des toros monopiqués sur des férias complètes. Expérimentation de la pique Bonijol : où en est-on ? Quel protocole ? Qui fait quoi ? On voit bien que ça saigne méchamment et, quand on s’approche, que constate-t-on ? Des trous profonds… très profonds, comme ceux observés à Istres. À ce jour, quatre piques différentes circulent dans les arènes françaises : l’espagnole, l’andalouse, la Bonijol et l’Heyral. L’anarchie a un avantage immédiat, elle permet d'éviter l'immobilisme ou les lenteurs de l’UVTF.

Mais, connaissant le milieu taurin et la pusillanimité des organisateurs envers les professionnels, on peut craindre aussi que le système trouve un certain confort à des innovations incongrues : abandon des trois avis et de la troisième paire de banderilles, entre autres. N’oublions pas avec quelle facilité nous sommes passés à un seul sobrero ou, bien avant encore, à l’épée factice qui a permis d’allonger les faenas avec les conséquences que l’on sait sur la sélection des toros.

Des réformes ? Sûrement. De la concertation, aussi.


Boujan-sur-Libron, le 11 septembre 2012
Le bureau de l'ANDA
Laurent Giner, Mario Tisné, Bernard Desvignes et Olivier Barbier

11 juin 2012

Soyez sympas, rendez les cornes !




Drame à l’UVTF !
Les cornes des toros lidiés en 2011 ont été perdues ! (C’est à croire en tout cas.)
Toutes les cornes, pas seulement celles de Mont-de-Marsan, non, toutes ! de Nîmes à Bayonne en passant par Arles. De mauvais esprits, il y en a toujours dans ces moments-là, objectent déjà qu’il ne s’agit nullement d’une perte, mais plutôt d’un vol caractérisé. Permettez-nous, chers lecteurs, de ne pas prêter le flanc à cette thèse du complot dont on se repaît trop facilement en période électorale.
Néanmoins, l’affaire est grave.
La présidente de l’UVTF, Madame Darrieussecq, ne décolère pas. Monsieur Guillaume, le cartable de madame la mairesse, ne compte pas ses heures pour remettre la main sur ce stock disparu. À sa décharge, gageons que les cornes prélevées à Nîmes ou à Dax ne doivent pas prendre trop de place, et peuvent donc être facilement dissimulées.
Convenons-en, il y a de quoi être inquiet, car si l’UVTF ne peut même plus communiquer sur l’intégrité parfaite de toutes les cornes analysées en 2011, que lui reste-t-il pour exister ?
Il convient de dresser la liste des actions menées par la digne institution pour prendre l’insondable mesure de sa totale et parfaite inutilité en 2012.

« Assainir le monde taurin
Il faut étendre les possibilités de prélèvements de cornes ; aléatoire dans un nombre limité d’arènes de seconde catégorie annuellement tirées au sort, et maintien du caractère obligatoire et systématique dans les arènes de première catégorie. Les sanctions règlementaires doivent être réformées pour être justes, dissuasives, tout en favorisant le spectacle. » = cornes perdues, question assainissement on ne pouvait pas imaginer mieux !

« La grande réflexion lancée il y a plus d’un an sur les modifications éventuelles à apporter au 1er tercio doit aboutir, dans un large consensus, pour arriver à une spécificité française de ce tercio primordial. » = premier enseignement : les membres de l’UVTF sont de grands penseurs ! Pas des petits cerveaux de caniveau, non bougresse d’ânesse, les gars ils poussent de « grandes réflexions », ça chauffe, ça fume, ça consume du neurone ! Résultat de la partouze mentale : le premier tercio est toujours aussi nul mais, en revanche, ça y est, on a réussi à instituer une spécificité française en organisant une sorte de concours d’élevages français tout au long duquel la FSTF décernera des prix aux meilleurs picadors de l'après-midi, si ceux-ci piquent avec des puyas montées à l’endroit (intégrité quand tu nous tiens !) Grâce à cela, Vic a enfin organisé une corrida formelle (et non concours) pendant laquelle il n’y eut qu’un picador en piste. Les toros français sont donc choyés, même les mansos les plus couards. Les autres arènes n’ont qu’à organiser français après tout, c’est la crise nom d’une grecque, faut bouffer français, boire français, conduire français, s’habiller français et se cogner des toros français dont l’immense majorité a été achetée dans des succursales Domecq ou Núñez au fin fond de l’Andalousie. Con, c’est français ?
On se demande aussi ce qu’il advient aujourd’hui de l’autre « grande réflexion » lancée — a priori, elle n’a toujours pas atterri — par l’UVTF concernant l’utilisation de la révolutionnaire pique à ressorts de maître Bonijol himself, l’autre star internationale de la tauromachie française. On devait faire des tests, des mesures, on devait comparer, on devait essayer, expérimenter, chercher et trouver finalement que c’était la meilleure pique du monde, ce qui était une évidence étant donné qu’elle avait été élaborée par maître Bonijol himself, autoproclamé best of le monde par himself lui-même. Le dossier était en charge d’un certain M. Guillaume François, ou François Guillaume, et, à l’heure où s’écrivent ces lignes, il semblerait qu’on pompe encore chez le Shadocks.

« Financer les écoles taurines, qui sont le berceau des futurs toreros professionnels mais qui doivent aussi être un centre de formation de bons aficionados. » = chaque année, l’ACOSO (organisateurs du Sud-Ouest) essaye de faire obtenir une subvention à l’école taurine d’un ancien matador de toros âpres et dangereux établi dans les Landes, et qui mène une école de tauromachie. Chaque année, ce monsieur refuse des contrats pour certains de ses élèves car le bétail, trop dangereux, n’est pas à son goût. Il est merveilleux de s’imaginer que ce genre de lieu pourrait en outre servir à la formation des aficionados.

« En ces temps de crise financière, de crise institutionnelle que connaît le monde taurin et d’attaques violentes des lobbys animalistes, le temps est plutôt à l’union sacrée en cherchant une transversalité contenue dans notre culture, qui doit être plus que jamais commune pour offrir une image soudée de tous les acteurs. » : évidemment, si on nous prend par les sentiments ! Nous sommes pour l’union sacrée et, à bien y réfléchir, nous pouvons affirmer que dans nos différences existe un point commun qui pourrait souder la communauté : nous avons tous un jour fait un énooorme doigt à quelqu’un, dans le respect, évidemment, de la « transversalité » culturelle qui nous anime. Un whisky ? Merci, juste un doigt ! Non mais vous ne voulez pas un whisky, avant ?

« Moderniser
Création d’un service communication afin de rendre lisible et diffuser les informations sur les actions concrètes de l’UVTF auprès de la presse spécialisée taurine, mais aussi des médias généralistes en général. Le site Internet doit être modernisé et vivant. » = en ce domaine, la réussite est indéniable ! Le site de l’UVTF respire la mise à jour, tout y est : l’expertise des cornes 2011 ? Non. Un bilan de l’année 2011 ? Non. Les premiers résultats, voire les premières pistes de réflexion au sujet des tests sur la pique de maître Bonijol himself lui-même ? Rien, que dalle !

Quelle conclusion tirer de tout cela ?
L’UVTF ne sert à rien ! Oh bonne mère, la nouvelle ! Elle sodomise les diptères, enfile les perles, réunit des représentants qui ne sont même pas ceux qui organisent ou participent à l'organisation, lance de « grandes réflexions » qui traversent le Pacifique en ce moment même, bouffe des cocardes bleu blanc rouge en astiquant le jonc fierot de groupements d’aficionados qui feraient mieux de faire un pot commun digne de ce nom pour remettre des prix qui aient du sens à la fin d’une saison (remarquez, chers lecteurs, que les prix on s'en balance), plutôt que de se faire remuer la puya par une institution politique moribonde et ridicule.

Il est 22 h 02. Quiconque croise un convoi de cornes 2011 serait fort aimable de joindre d’urgence le cartable de Mme Darrieussecq, mairesse de Mont-de-Marsan. Elle cherche, aidez-la !


Vidéo Chanson pour le soldat Moralès par Didier Benureau.

26 juillet 2011

Mes biens chers frères et sœurs,


En ce quatrième dimanche d’avant la rouge et blanche Assomption, nous étions réunis, de-ci de-là, dans les cosos divers et variés qui peuplent nos taurines campagnes. Comme souvent, circulent la dernière idée à la mode, le dernier commérage ou la dernière outrance qui nous font jacasser comme des pies en rut, et je n’y échappe pas tant la chair est faible.
Ce dimanche était dédié à un édito en 2 volumes où Fœtus et Toros se partagent la vedette, édito qui nous invitait une fois de plus à une réflexion salutaire et ô combien rafraîchissante.
Or donc, en ce dimanche de l’Indignation d’avant l’Assomption, les yeux se tournaient vers les professionnels de la contestation : retraités de l’ANDA, activistes de CyR et autres militants patentés toujours utiles à exercer les besognes où le notable  taurin évite de se commettre.
En ce dimanche de marquises effarouchées... on vous interrogeait du regard... « Eh ! déconnez pas ! Vous allez dire quelque chose ?! »

Les instances de l’OCT (dont la FSTF et les Paul Ricard), celles de l’UVTF, les commissions taurines qui délivreront  les « pass » et les accréditations, les décideurs responsables et autres penseurs généreux vont, j'en suis certain s’accommoder de cette douloureuse situation. Un moment de honte toute bue est vite oublié... Et donc je leur dis  ex cathedra qu’il n’est pas utile de nous rappeler leurs bons sentiments alors même que leur  silence est une approbation de fait.  

Et maintenant, mes biens chers frères et sœurs, je vous invite à vous lever et nous allons prendre le cantique page 69 : « Se canto, que canto... »
Mario Tisné, chanoine.

05 mai 2011

Analyse des prélèvements 2010


L'Union des villes taurines de France (UVTF) a publié sur son site, le 14 février 2011, le rapport de la mission d'expertise confiée par l'UVT. à l'Association française des vétérinaires taurins (AFVT) portant sur les armures prélevées durant la saison taurine 2010.

Ledit rapport d'expertise, disponible in extenso ici, conclut que sur cinquante-huit paires de cornes analysées, les résultats suivants ont été obtenus :

— 86,36 % de résultats favorables, et
— 13,64 % de résultats non conformes se répartissant comme suit : 7,58 % de résultats avec perte de substance sur une corne et 6,06 % de résultats avec perte de substance sur les deux cornes d'un même taureau.

Il ne s'agit pas ici d'en tirer quelque bilan ou éclairage que ce soit ; comme vous pourrez le constater par vous-mêmes, rien de bien nouveau sous le soleil des arènes.

On constate notamment toujours un grand nombre d'élevages utilisant un certificat d'arreglado pour justifier une perte de substance ; il est toutefois intéressant de noter, avec Velonero qui en a fait la remarque sur son blog bien avant nous, que sur les douze ganaderías déclarant utiliser les fameuses et funestes fundas, neuf ont eu recours au "justificatif" dudit certificat. Oui, neuf sur douze. Ceci tend singulièrement à relativiser la prétendue efficacité du procédé, ou, ce vers quoi j'aurais fâcheusement tendance à pencher, son bien-fondé et surtout le but recherché par ceux qui l'utilisent.

Si je ne replonge pas dans ma léthargie taurine d'ici là, je ferai part de mon étonnement aux personnes concernées si j'en ai l'occasion. Sait-on jamais, cela peut être instructif. Quoi que cela suppose de se rendre dans les élevages qui procèdent à cette manipulation (avec tout ce que recouvre ce terme), ce qui n'est pas ce qu'il y a de plus enthousiasmant dans le paysage campero...
On notera également, en lisant en détail le rapport, que l'AFVT est extrêmement précautionneuse dans certaines de ses conclusions, sans qu'il soit question de le lui reprocher.

Photographie Là-bas aussi ? Ganadería Moreno de Silva, Palma del Río, avril 2007 © Yannick Olivier / Camposyruedos

06 décembre 2010

On se sent pas bien ?


Les bravos que l'on conduit par centaines dans quelque abattoir (série en cours) vous donnent des aigreurs d'estomac ? Les taurins qui prétendent (sans rire) «rénover» le tercio de varas en y associant les picadors vous provoquent des reflux gastriques ? Les politiques qui s'engagent à moderniser (sic) une corrida qui finira par en crever vous rendent nauséeux ? Consultez votre médecin généraliste, il saura quoi vous prescrire...

Voilà ce qui arrive quand, sur la pointe des pieds et du bout des doigts, vous pensez attraper une boîte de Doliprane...

Image © Takeda

01 décembre 2010

UVTF (2)


Notre ami Laurent Giner, ancien président de l’ANDA., était le dimanche 27 novembre dernier à Beaucaire, pour l’assemblée annuelle de l’UVTF. Récit.

Retrouver l’Union (voire la désunion, c’est selon) des villes taurines françaises une fois l’an, c’est un peu comme regarder l’École des fans ou les enfants jouer dans une cour d’école. Rien n’y est vraiment sérieux mais tout le laisse paraître. C’est certainement le seul moment de l’année où l’on peut oublier que toreros et apoderados sont les véritables chefs d’orchestre du milieu taurin.
Orthez reproche à Bayonne de prendre « ses dates ». Bayonne rejette la faute sur Mont-de-Marsan, qui argumente qu’Orthez doit retrouver ses dates originelles. Tout va pour le mieux dans le Sud-Ouest : heureusement qu’il y a une association d’organisateurs...
Que le Sud-Est se rassure, dans le même style, nous avons aussi Tarascon, St-Gilles et Maugio.
Personne à l’UCTL ne s’était déplacé pour défendre le cas Miura. Les ganaderos se sont donc fait excuser.
La FSTF a joué son rôle de trublion et les Ricard ont clairement spécifié qu’ils n’étaient en aucun cas solidaires des premiers. Il est vrai que pour donner un prix aux cinq piques et demie des Margé de Palavas, ils ne peuvent être solidaires que d’eux-mêmes.
L’AG a donc commencé en présence de tous les membres et des aficionados locaux.
Le maire de Beaucaire, aficionado de longue date, rappela à l’auditoire qu’un arrêté municipal avait été pris, il y a peu, afin d’interdire la prestation de Jean Servat antitaurin déclaré.
O.K. pour le coup de gueule. On a le sang chaud dans le sud, mais bon...
Si nous devons interdire tous ceux qui ne pensent pas comme nous question toros, nous pouvons l’étendre à la religion, la politique...
Heureusement, Madame de Fontenay (anti elle aussi déclarée) et ses Miss étaient passées en ces lieux juste avant... Là, pour le coup, je n’y comprends plus rien.
Je vous épargnerai les différents discours sans importance et autres votes à l’unanimité pour ne retenir que les résultats d’analyses de cornes et la présentation de la peut-être future nouvelle pique.
Les analyses de cornes version 2010 ne pouvaient être aussi ridicules que celle de 20091 :
— 6,06% des toros analysés s’avèrent positifs sur deux cornes (Domingo Hernández, Miura, Margé, Puerto de San Lorenzo) ;
— 7,58% sur une corne.
Comme aime le rappeler le Gérard Bourdeau2, la tolérance du 1/5 au lieu du 1/7 est énorme. Combien de pitones passeraient ce contrôle ?
Si l’on doit rajouter aux 4 toros positifs, les 26 certificats d’arreglado légaux, nous sommes loin des 6 petits % du départ.
Bref, grâce aux analyses et à l’UVTF, la situation s’améliore, c’est vrai. Mais des gradins, ce n’est pas aussi clair !
On me reprochera certainement de voir trop en noir. Une chose est sûre, tout n’est pas bleu. Loin de là.
La vraie nouvelle du week-end sera la "pique française" imaginée par Alain Bonijol. Ce gars est une mine d’idées novatrices. Même s’il ne fait pas l’unanimité (chez votre serviteur en premier), sa façon d’aborder les problèmes et d’y trouver une solution m’épatera toujours.
Sa pique (voir photo) est aussi longue qu’une pique andalouse mais plus fine, plus effilée, sans cordes.
Sa préoccupation première a été de comprendre les attentes des picadors et de solutionner leurs principales craintes. En les impliquant dans son projet, Bonijol a peut-être évité la levée de boucliers de cette corporation, par toujours facile à manoeuvrer.
Bonijol affirme qu’un picador qui rentre en piste, pense avant tout « à mettre les cordes » et faire saigner.
Sur une pique normale, la partie en corde est plus grosse en diamètre que la pyramide saillante. Elle freine la pénétration de la puya. En effilant sa pique et en supprimant les cordes, elle pénètre mieux.
Le picador peut alors se concentrer à l'« arte de bien picar », positionner correctement son cheval, lancer le palo, mettre la pique dans à la base du morrillo, faire pivoter son cheval et ouvrir la sortie.
De plus, je cite : « les toros monopiqués pourront être renvoyés plus facilement au cheval pour une seconde rencontre. »
J’interprète : « tout le monde pourra ainsi croire que les invalides qu’ils ont sous les yeux sont de vrais toros puisqu’ils vont deux fois au cheval. »
J’exagère vous croyez ? Si peu !
Lorsque sort du toril un vrai toro, avec de la force, plus personne ne se pose de questions existentielles sur la pique. Comme quoi, il y a bien deux tauromachies.
Avant cela, l’UVTF, par l’intermédiaire des vétérinaires, devrait analyser des corridas entières piquées pour moitié avec une pique classique (voir andalouse) et pour moitié avec cette vraie nouveauté.

Une fois passée la curiosité d’une nouveauté et la satisfaction de constater que certains réfléchissent, imaginent, inventent, des questions peuvent venir à l’esprit.
Si la pique pénètre plus facilement lorsqu’elle est bien placée, en sera-t-il de même si elle est mal placée ? À la vue du petit nombre de piques bien positionnées tout au long de la temporada, ne faudrait-il pas d’abord apprendre au picador à viser au bon endroit ? Et sans doute changer les mentalités...

Certains vétérinaires, amoureux du toro moderne, veulent comparer les résultats d’analyses post-mortem de cette pique avec ceux de Madrid 1998 (donc une pique normale). Ce serait, je pense, une grossière erreur. La pique madrilène est plus longue mais, surtout, les premiers tiers de Las Ventas sont loin d’être des références. La raison principale en est le toro. Ce sont, avec ceux de Bilbao et de Pamplona, les plus gros, les plus grands et les plus pourvus en cornes. Ceux sont ceux, qui reçoivent les plus gros châtiments avec les piques les plus en arrière, donc les plus destructrices. Aucun demi-toro de Nîmes, Dax, Arles, Mont-de-Marsan n’a reçu cette année un châtiment aussi appuyé que ceux que nous pouvons voir régulièrement à Madrid.
Comparons ce qui est comparable et faisons les analyses chez nous avec nos demi-toros et nos demi-picotazos. Nous verrons bien si les dégâts causés par les piques sont si importants que cela.

En ce qui concerne le marché français, si cette pique voyait sa légalisation, le monopole espagnol des puyas changerait de camp. Les appels d’offres concernant les cuadras de caballo n’auraient plus le même contenu. La tauromachie française s’impose petit à petit. Bien vu M. Bonijol.
Et en ce qui concerne l’intérêt de l’aficionado amoureux du vrai toro, il faudra attendre les résultats post-mortem avant de se réjouir. Pour ce qui est des novillos « pégapasés » par les vedettes, ce n’est pas cette pique ni une autre qui leur donnera la force qui leur manque. Elle aidera, dans le meilleur des cas, à cacher la misère actuelle du premier tiers.
Laurent Giner

1 Deux paires de cornes avaient été analysées positives mais Arles avait déjà fait ses emplettes à "Zahariche".
2 Président de l’Association française des vétérinaires taurins (AFVT).

Photographie La pique française (à gauche).

30 novembre 2010

UVTF


Dimanche dernier s’est tenue à Beaucaire la réunion annuelle de l’UVTF. Vous ne le saviez pas !?
Il y a des lustres que cette risible association d’organisateurs — qui pour la plupart n’organisent absolument rien — ne sert plus à grand-chose et même à rien du tout à la vérité, sauf justement à nous faire rire, plus ou moins jaune selon les cas.
Elle permet à certains de s’encanailler, à d’autres de se monter du col et s’imaginer importants, le temps d’un mandat, ou deux, avant de replonger dans l’oubli. Terrible. La dernière présidente en date, oui c’est une dame, à l’air particulièrement croustillante de prépotence. Ça promet. Enfin, c’est ce que nous avons cru comprendre entre les lignes de l’inénarrable qui refait surface, sans les "zantis" et à distance, mais avec une histoire de pique française sur laquelle nous reviendrons, évidemment. Le compte rendu de la journée de l’ami Klein est tellement excellent que nous le reprenons ici intégralement. Une sorte de WikiLeaks à petite échelle, en quelque sorte.

De la « grotesquitude »

Récemment, sur le site très connu d’un intermittent taurin du spectacle, on évoquait déjà dans la semaine une candidature Coluche à la présidence de l’UVTF, ce qui laissait supposer une certaine collu(che)sion entre le-dit intermittent et certains membres du bureau de l’UVTF qui se feraient une joie et un devoir de l’informer.
Bonjour le devoir de réserve ! Et surtout bonjour le respect dû à une ville taurine, fût-elle de petite taille et fût-elle "contestataire" !
Nous vivons dans une époque moderne où certains, nonobstant la multiplicité de leurs talents leur rajoutent sans vergogne le don mirifique d’ubiquité, puisqu’ils peuvent dans le même temps parader à Rion-des-Landes et assister à l’Assemblée générale de l’Union des villes taurines de France qui se tenait à Beaucaire.
Question ubiquité, pourquoi pas ? Question sérieux, on trouverait à redire : que le grand Mamamouchi du Machin préfère se gaudrioler que d’exercer ses fonction auprès de l’UVTF donne à se questionner sur le sens des responsabilités de l'énergumène...

Cela aurait pu au moins lui éviter d’écrire des sottises ou des vacheries gratuites, quoique !
Car si errare humanum est, n’oublions pas que perseverare diabolicum. Et l’Oracle boucalais, sans doute épuisé par sa virée rionnaise, grisé peut-être, nous a pondu l’un de ces chefs-d’œuvres de désinformation, de vile « tignouserie » et de bêtise qui n’ont pas peu contribué à sa sulfureuse réputation.

Reprenons toutefois l’affaire depuis le début.
Une partie du bureau et la présidence de l’UVTF étaient à renouveler.
Deux candidatures s’étaient faites jour pour la présidence qui, à tour de rôle, s’exerce par le Sud-Ouest et le Sud-Est : Mont-de-Marsan et Vic-Fezensac.
Inutile de dire que Vic portait sans aucun doute les voeux de moult grandes et surtout petites cités, tant par sa ligne taurine que par son statut de village, où beaucoup pouvaient se reconnaître.
Parlons clair et vrai. D’aucuns, en outre, ne se sentaient nullement enclins ni à soutenir Mont-de-Marsan après l’affaire des changements de date des fêtes, ni à consacrer le jumelage de facto nîmo-montois : Nîmes s’étant exclue de l’UVTF, y reprenait pied par Mont-de-Marsan (ou son/sa prestataire) interposé, intention que l'on nous confirme à Vieux-Boucau (« agir de manière concrète […] en oeuvrant au retour de Nîmes dans le giron de l'UVTF. »).
Quatre jours avant l’élection, on apprend, par la bande, que Vic-Fezensac s’est désisté. Bizarre ! Bizarre !
Le combat cessait donc faute de combattant et Mont-de-Marsan ramassait la couronne, abandonnée par forfait.

Sans aucune illusion, les statuts ne le permettant pas, avec l’approbation pleine et entière du maire d’Orthez, j’ai toutefois présenté la candidature de sa ville, pour l’honneur, en expliquant le pourquoi de celle-ci. Non sans relever que toute cette affaire ne me semblait aucunement démocratique, d'autant plus qu'il n'y eût aucun vote.
Il est des situations où il convient d'avancer la jambe et d'accorder ses actes à ses idées.
Evidemment, il s'avère difficile d'expliquer au Grand Inquisiteur la portée des mots "honneur", "cohérence", "honnêteté intellectuelle", toutes valeurs qu'il ignore totalement.
Certes la sémantique tend à tomber en désuétude, mais quelques esprits taquins — dont votre serviteur— veulent continuer, contre vents et marées, à croire que les mots ont un sens qu’il convient de maîtriser avant de les utiliser.

À Vieux-Boucau, il semble qu’on connaisse Coluche, et qu’on "cause" de candidature « grotesque ». Je ne fréquente guère Coluche, mais je lis souvent le dictionnaire Littré, surtout son appendice étymologique.
Que voulez-vous, à Orthez on n’a pas la science infuse comme à Vieux-Boucau. En conséquence de quoi on s’essaie à remédier à l’ignorance.
Le mot « grotesque » provient au XVIème siècle de l’italien « grottesco » (de la même famille que « grotta » : grottes) qui s’appliquait durant la Renaissance au mouvement artistique de redécouverte des antiquités et aux fresques, aux dessins pleins de fantaisie qu’on découvrait alors dans les ruines et les fouilles. Si vous allez à Florence ou même à l’Alcazar de Séville vous découvrirez dans les palais de cette époque de ces grottes reconstituées « à l’antique ».
Le plus bel exemple, littéralement, de « grotesque » en France s'observe dans les charmants griffonnages que l’on trouve sous terre à Lascaux.
La peinture pariétale d’aurochs, reprise par on ne sait quel observatoire, dont on ne sait qui le préside, est le plus magnifique exemple de « grotesque ».
Amusant, n’est-ce pas, surtout peint en rose ?

Je n’entends pas grand-chose au « grotesque », mais il me semble qu’une élection où ne figure qu’un seul candidat pourrait par contre assez bien répondre au qualificatif de « charlotade ». Et qu’il y a plus d’honneur et de dignité à s’en émouvoir qu’à la plébisciter. Affaire de valeurs...
Mais le plus beau n’est pas là.
La lecture attentive de l’Inénarrable sous l'intitulé très éloquent de « L’UVTF en ordre de marche » (tout un programme !) nous apprend (je cite) : « Comme prévu, Geneviève Darrieussecq, maire de Mont-de-Marsan, a été élue présidente, malgré la candidature grotesque et mal venue du représentant orthézien auquel la nouvelle présidente a recommandé de "s'aimer un peu plus pour pouvoir aimer les autres afin d'avancer dans la même direction." »
« Comme prévu » : le magnifique aveu ! Ainsi tout était déjà « prévu » ! Vous m’en direz tant ! « Élue » ? Sans vote ?
On sait, à travers ses prises de positions, la tendresse et l’accointance très marquées que le Caudillo de l’Afición française entretient pour le Partido Popular (où s’est recyclé toute la vieille garde franquiste). On ne s’étonnera donc pas qu’il cautionne et applaudisse des deux mains ce qui ressemble plus à un Pronunciamiento taurin qu’à l’exercice serein de la démocratie, qui suppose la confrontation des idées et des choix et surtout la présence d'une opposition.
On ne s’étonnera pas plus de l’attaque ad personam de Madame le Maire, qui se permet de substituer l’allusion personnelle venimeuse, pour le coup "mal venue", à une argumentation rationnelle.
Que Madame le Maire s’occupe de ses amours, je m’occupe des miens ! Mais si elle aime comme elle parle...

Enfin si toute remarque, tout désaccord, toute objection sont vécus comme des crimes de lèse-Darrieussecq, on n’a pas fini de rigoler, et Madame le Maire de s'ulcérer...
Qu’on se le dise, l’ordre désormais régnera.
Il y a tout de même quelques soucis à se faire devant un tel programme de mise au pas, surtout quand la plaza qui nous parle de tauromachie-champagne et veut réintroduire le Casastan dans le concert taurin se préoccupe de « dépoussiérer le règlement ». Après l'ordre serré, le ménage.
Je ne voudrais pas clore cet article, sans donner au lecteur une petite idée du fonctionnement éminemment démocratique de l’UVTF. Cette vénérable institution est constituée, sauf erreur de ma part, et selon son site Internet, de 46 membres :
— 6 plazas de 1ère catégorie qui toutes siègent en son bureau ;
— 1 plaza de 2ème catégorie (Céret) qui siège également et
— 39 plazas de 3ème catégorie qui élisent 3 représentants pour le Sud-Est et 3 pour le Sud-Ouest soit 6 en tout.
Cela me fait furieusement penser aux États Généraux de 1789, où l’on VOTAIT PAR ORDRE et à l’acte fondateur de notre démocratie fondé sur le VOTE PAR TÊTE.

6 plazas de 1ère sont représentées par... 6 représentants. 39 plazas de 3ème sont représentées par... 6 représentants.

Cherchez l'erreur. Surtout quand l'on vous affirme ensuite sans sourire qu'il n'y a pas de préséance, pas de petites ni de grandes arènes, seulement... des arènes.

Cela ne dérange personne ?
Moi si ! Mais ce doit être une manifestation démocratique de « grotesquitude », bien entendu mal venue...
Il ne faudrait tout de même pas que certains se voient parvenus à l'Olympe, alors qu'ils viennent juste de franchir les portes de l'Hadès.

Si l'UVTF pouvait influencer les choses cela se saurait.
Certains s'en passent d'ailleurs très bien (cf. Nîmes), et l'on ne compte plus les oukhases ou les voeux pieux qui sont restés lettres mortes. Le "dépoussiérage" du réglement, par exemple, devra être admis et accepté par TOUS pour avoir quelque légitimité et être appliqué. Surtout lorsque l'on voit le respect que l'on prête au texte actuel.
Il devra surtout être voté par chaque commune.
Etant donné que ceux qui prétendent "dépoussiérer" semblent surtout vouloir nous faire passer la pilule du "toreo moderne", avec des délicatesses de cuirassé sur le pied de guerre, il faut craindre que nous n'allions vers le conflit plutôt que vers l'union et la concorde.
Entamer son mandat avec autant de morgue et des paroles aussi offensantes ne le place guère d'emblée sous les meilleurs auspices.
Surtout si l'on a le malheur d'être "épaulé" par le gourou, ce qui représente plus une malédiction qu'un avantage !
Xavier Klein

30 janvier 2010

Taisez-vous !


"1. Les assistants s'engagent en faveur de la Fiesta dans le cadre de leurs légitimes compétences conformément au droit des aficionados d'assister à des spectacles taurins = RIEN !
2. Les assistants ont manifesté à l'unanimité leur engagement à travailler en vue d'aboutir à une réglementation basique commune de la Fiesta en tenant compte des spécificités de chaque Comunidad autonome = QUE DALLE !
3. Ils expriment également leur volonté de voir l'évolution de la Fiesta s'inscrire dans le cadre de son universalité comme patrimoine culturel, en vue de son harmonisation = NADA !
4. Ils s'engagent à ce que chaque Comunidad autonome étudie la possibilité d'initier le processus de déclaration de la Fiesta comme bien immatériel des Comunidades respectives en vue d'une déclaration universelle postérieure par l'UNESCO = VIDE !
5. Enfin, au regard de ce qui précède, les Comunidades autonomes présentes et le Ministère de l'Intérieur considèrent nécessaire, afin d'atteindre les objectifs fixés lors de la présente journée, que soit convoquée au plus vite la Commission Nationale des Affaires Taurines en y incluant les représentants du secteur = MDR (mort de rire) !"

Dans le langage "primaire" qui nous anime, on pourrait qualifier les mots qui précèdent par l’expression "sodomiser les diptères". En langage d’homme politique espagnol, qui plus est sénateur, ces cinq points se traduisent par "nous avons bien mangé et bien bu ce jour-là".
Cette réunion du Sénat espagnol a accouché d’un mulot auquel on ferait bien ingérer une palette de mort au rat. Ils vont "s’engager" (faut-il traduire le mot en langage commun ?) à défendre la corrida, à réfléchir à un règlement commun tout en prenant en compte que les aficionados boufferont de la paella dans la communauté valencienne au moment de l’almuerzo alors qu’ils s’empiffreront de chorizo pamplonico et d’espárragos à Pamplona en juillet. Ils vont "étudier la possibilité d’initier..." et peut-être aussi que "dans les milieux autorisés, ils vont s’autoriser à penser que..." ! Et ils vont remettre ça et convoquer une "Commission Nationale des Affaires Taurines" en invitant... des représentants du secteur taurin ! Mort de rire, je me répète. Quand l’huître va mal, demandez pourquoi aux apiculteurs !
Derrière les mots, c’est l’édifice nauséabond d’une tauromachie confisquée par un petit groupe bien décidé à la rendre "acceptable" aux yeux de tous, réglée et uniformisée sur un même moule qui rapporte du fric qui montre son nez.

Et Monsieur Viard fait partie de ce groupe, lui qui a trouvé dans la tauromachie un moyen de faire parler de lui, de montrer à tous qu’il a encore des cheveux à son âge. Chaque année, quand s’annoncent les cartels de la féria pascale de la ville d’Arles, M. Viard est encore plus omniprésent et encore mieux coiffé. C’est normal, en plus d’un titre auto-décrété de journaliste taurin, d’un statut abusif de photographe (spécialiste du mode rafale) du monde taurin, M. Viard est le chargé de communication de l’empresa des arènes d’Arles, la casa Jalabert. Las but not least, il est également président de l’Observatoire National des Cultures Taurines. A ce titre, M. Viard s’est donné pour mission de défendre la corrida sans interférer dans les affaires internes de celle-ci. Or dans son discours devant les édiles espagnols, au nom de l’ONCT, M. Viard y est allé de son couplet sur la mise en scène nécessaire du tercio de piques, "[...] Doit-il être une phase de châtiment, ou plutôt une démonstration de la bravoure qu'il faut mettre en scène" et sur les failles du ou des règlements taurins car selon lui "la réglementation doit se mettre au service du spectacle que nous voulons pour le XXIème siècle". Pour assurer ses arrières, M. Viard avait annoncé que l’ONCT serait secondé dans sa démarche par une représentation de l’UVTF, "l'Observatoire n'ayant pas vocation à s'immiscer dans les affaires internes de ses membres, un représentant de l'UVTF m'accompagnera - Guillaume François de Mont-de-Marsan a été délégué par la présidence arlésienne - et l'Observatoire proposera que l'UVTF intègre le groupe de travail qui va dans les prochains mois essayer de reconstituer le puzzle d'une réglementation aujourd'hui éclatée". Tout aficionado le sait, l’UVTF a évidemment les moyens de donner des leçons de règlement taurin aux Espagnols, elle qui n’est même pas capable (ou qui n’en a aucune envie) de faire appliquer les semblants de règles qui sont censées encadrer le déroulement d’une corrida en France (minimum de deux piques, présidence sans pression, toros limpios...). Et pour couronner le tout, c’est M. Guillaume François, président de la commission taurine de Mont-de-Marsan où depuis 2 ans les peñas locales ont le droit de... se taire et où ledit M. François passe le plus clair de son temps à courir dans le callejón derrière la figura du moment, qui est désigné comme représentant de l’UVTF. Il semblerait que depuis quelques années certains soient en train, doucement mais sûrement, de mettre la main sur la tauromachie et de lui donner une direction inquiétante sous couvert d’une défense existentielle face à la menace des antis (Ah ! Catalogne chérie !). De cette manière, plus personne, sauf quelques-uns dont nous pensons faire partie à notre humble niveau (c’est-à-dire le piètre niveau de la blogosphère que M. Viard et d’autres suiveurs béats aimeraient faire taire), ne traite de ce qui va tuer un jour la corrida : l’oubli de ce qui doit être au centre de l’affaire, le toro, son comportement, son intégrité et sa place première dans ce spectacle.
Alors M. Viard, causez autant que vous le voudrez, jacassez ou mettez à l’index mais surtout, sachez-le, vous n’avez aucun droit ni aucune quelconque légitimité pour vous présenter comme le représentant de l’Afición française ! Votre afición n’est pas la nôtre et tant que des personnages controversés comme vous, par mégalomanie ou intérêts divers, se targueront de nous représenter tous, l’Union que vous implorez à longueur d’édito ne sera jamais possible ni d’ailleurs souhaitable. M. Viard, ayez l'obligeance de vous taire enfin et faites donc seulement votre boulot de scribe d'une partie du taurinisme français !

20 décembre 2009

Sofa's Knock Out (II)


Il neige sur la France. La nouvelle est tombée hier, lentement et délicatement comme on aime que la neige tombe quand on la regarde avec des yeux d’enfant, les joues rosies et caressées par la douceur de flocons éphémères. J’ai beau regarder par derrière la fenêtre, je n’arrive pas à me revoir enfant, à retrouver cette sensation de bien-être. Le blanc va devenir gris, marron, terre sale et il faudra passer la serpillère et nettoyer la bagnole et gueuler après les gosses. Et comme les mauvaises nouvelles n’arrivent jamais seules, l’air comprimé chinois (voir Sofa's knock out) a vécu et mon jouet fétiche gît sur un coin de meuble, en sursis, plongé dans un coma silencieux qui m’inquiète. Au début, je l’ai observé de longues minutes dans l’espoir fou d’un surgissement inopiné, d’un retour de flammes mais rien n’est venu. Depuis j’angoisse et je continue de le scruter du coin de l’œil depuis le creux du canapé.
— Allo ?
— Oui...
— T’as lu le compte rendu de l’UVTF ? C’était hier leur congrès, à Mont-de-Marsan.
— Huuuummm, ouais ai vu ça... doit te laisser, à plus.

Je ne pouvais pas lui dire toute la vérité. De plus, je ne m’en sentais ni la force ni le courage et je n’avais pas envie de devoir m’expliquer. Je ne pouvais pas lui dire que oui j’avais lu le communiqué alléluiesque de l’UVTF, je ne pouvais pas non plus lui avouer que les oignons de la pizza d’hier m’avaient plombé toute la journée (c’est le genre de choses que l’on garde pour soi) et surtout, je ne me voyais pas lui avouer comme ça, au téléphone, que mon jouet était malade, très malade, si vite, sans symptôme annoncé ni préavis déposé. J’étais mal, je devais faire face, c’est vrai, mais seul.

L’UVTF, on dirait un nom de médicament générique. Quand ils l’ont créée en 1966, il ont dû faire exprès de l’appeler comme ça, UVTF, pour faire chier les Espagnols qui sont proprement incapables de prononcer le nom d’un médicament français. En tirant sur moi la couverture, entre deux pubs trop chics de parfums pour femme, je me disais que ça faisait un bail que ça existait ce truc, l’UVTF... 1966 ! 43 ans que ça se réunit chaque fin d’année chez les uns chez les autres, ça congresse, ça réfléchit à ce qu’il faudrait changer dans la tauromachie en France et ailleurs, ça râle parfois, ça sanctionnait à une époque, ça se divise et ça se sépare finalement après un grand banquet au terme duquel on annonce au micro que tout va bien et qu’on est assez content de cette belle saison en retenant un pet parce qu’il y avait de la confiture d’oignons avec le foie gras. Putasserie d’oignon et toi qui ne marche plus.

Les "Experts Manhattan" vont commencer. Je te regarde encore une fois, tu es sans vie, sans "tatatatata". Les "Experts Manhattan" commencent mais j'ai du mal à rester concentré.

Ils ont proposé, en collaboration avec le machin truc qui observe et que les Espagnols sont également incapables de prononcer correctement, d’inscrire la culture taurine (ils l’ont écrit avec des majuscules) au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Ils ont dû aussi proposer un Armagnac à la fin du repas et également des chocolats parce que c’est bientôt Noël. Et le jour où la corrida sera inscrite, le toro sera immatériel depuis longtemps à force de l’avoir oublié !

Miura a afeité ses toros, mais ça, c’est pas écrit dans leur compte rendu et puis faut pas le dire qu’il a afeité Miura, c’est pas bien de le dire. C’est l’inénarrable (imprononçable ça en espagnol) qui écrit qu’il ne faut pas le dire et toi tu gîs sans force sur un meuble de salon. On a besoin de toi merde ! Il écrit qu’il faut pas le dire parce qu’autrement son ami Carlos Aragón Cancela, un enrichi du BTP propriétaire des bucarés, va être obligé de leur mettre des fundas à ses toros pour éviter d’être accusé d’afeitado par ces aficionados brise burnes qui s’intéressent encore à l’état des cornes. Le 14 janvier 2009, j’avais lu ça : "En modifiant la réglementation et en admettant qu'il peut y avoir des toros naturellement moins astifinos qui n'en sont pas pour autant manipulés. Ce qui ôterait aux ganaderos l'excuse de la sanction possible pour se livrer à une pratique qui leur permet avant tout de vendre tout ce qui naît, dans la mesure où avec les cornes emmaillotées, même quand ils se battent les toros ne se blessent plus et que les accidents étant considérablement moins nombreux les profits sont largement optimisés" (in le site de l’inénarrable).

Merde, réveille-toi ! Debout ! Garde à vous ! A l’attaque ! Je veux des "tatatatatata" par dizaines, par milliers, balance la sauce !
— T’es mort hein ?
Ça fait une semaine que je te passe devant, tu n’as pas réagi.
Pourquoi est-ce que je te dis tu ?
Il me manque. Je me sens seul, incapable de lutter. Et maintenant, il neige. Rien ne va et j’ai encore plus froid sous la couverture orange. Je scrute le plafond qui couine dans l’espoir d’une réponse, d’un signe, mais rien ne vient et il neige dehors et il doit être mort.
Une idée hier matin ! Peut-être que lui...
— Bonjour, excusez-moi de vous déranger.
— Pas de mal ! J’peux faire quoi pour vous ?
— Vous allez trouver ça étrange voire presque malsain mais j’ai là un objet que je voudrais sauver s’il en est encore temps et je ne vois plus que vous pour cela.
En le disant, rouge et tremblotant, je l’ai lentement sorti de ma manche en faisant tout mon possible pour ne pas rencontrer le regard, que j’imaginais moqueur, de mon sauveur, mon armurier.
— Nom de dieu le beau modèle ! En parfait état en plus ! Vous avez bien fait de me l’amener !
Je n’en revenais pas. Il allait peut-être pouvoir faire quelque chose. Il ne savait pas précisément quoi car, m’avoua-t-il, il était difficile de trouver de l’air comprimé chinois par ici mais il avait des réseaux et il allait se renseigner. Il ajouta qu’on ne pouvait pas jeter un si bel objet aux oubliettes. C’était péché selon lui !

En quittant son étal, soulagé et déjà impatient, je me suis assis sur un banc sans neige face à des dizaines de voitures garées là. À deux bancs de moi était en train de baver une femme qui n'avait pas l'air d'avoir mis tous les fagots à l'abri, mais qui donnait le sentiment d'apprécier réellement ce qu'elle voyait (des voitures blanchies), simplement heureuse. Je me suis dis que c'était simple quand même et qu'il devait y avoir d'autres personnes dans ce monde immatériel pour contempler un paysage, un visage ou un rêve. J'ai même été jusqu'à penser qu'il était possible qu'à cette heure précise, dans l'angoisse du devenir de mon jouet fétiche laissé entre les mains expertes de l'armurier de la rue d'à côté, des gens qui s'aiment se marient sur les bords de l'Amazone. C'était possible et ici il neigeait.

Photographie
La neige © Camposyruedos

14 décembre 2009

UVTF, AG 2009...


... par Mario Tisné, mais sans photo... Il a oublié... Pour le coup, je vous propose une photographie prise pendant que les congressistes évoquaient les cornes des miuras. Ça se trouve en Camargue, un toro invendu en 2009, pas comme les miuras, mais en pointe, lui, pas comme les miuras... Allez, je laisse la plume à notre ami Mario...

Tentative de compte rendu AG congrès UVTF à Mont-de-Marsan, le 13 décembre 2009.

Madame DARRIEUSSECQ, sérieuse et distinguée, maire de Mont-de-Marsan, plante élégamment le décor à 10h07 par une introduction consensuelle et synthétique qui contient : anti-taurins, union, patrimoine, identité, valeurs de base et spectacle accessible à tous.
La parole revient aussitôt à la ville d’Arles, présidente de l’UVTF, pour un rapport moral comme on les aime, en particulier quand le texte est dit, sans emphase, par Jean-Marie EGIDIO. Et tout aficionado bien né se souviendra que le rapport financier présente un solde positif de 18 348,45 euros pour l’année en cours.
La voix de l’UVTF désignant le meilleur lidiador 2009 ira à... Sébastien CASTELLA ! C’est le fameux prix Mary Poppelins. Les candidats cités furent EL FUNDI et Enrique PONCE.

À 10H35, la parole est à un jeune gars de Vieux-Boucau, président de l’OCT : problèmes internes de la SPA, mais aussi OBAMA/PETA et le problème catalan où quelques politiques se serviraient de la corrida pour se séparer de l’Espagne, mais aussi le projet-pare-feu-UNESCO et le méchant mais pas nouveau souci de la disparition des encastes, sans parler de la réglementation sanitaire... La carte verte...
Le thème UNESCO est repris par François ZUMBIELH, enthousiaste, argumenté et convaincant.
L’idée : « inscrire la corrida au patrimoine immatériel de l’humanité ». L’OCT proposerait de rédiger la fiche d’inscription à l’inventaire qui serait alors proposée au Ministère de la Culture... Donc début d’un long processus qui bétonnerait pour longtemps les positions de la corrida. (Je rappelle accessoirement que le Traité d’Amsterdam garantit « l'épanouissement des cultures des états membres dans le respect de leur diversité régionale », mais abondance de biens ne nuit pas.)
Puis est avancée l’idée que l’élevage participe au maintien des écosystèmes et au développement durable. (Soyons prudents quand même avec ces affirmations pseudo scientifiques... La ruminante pète.)
Revenant sur l’UNESCO, un délégué arlésien en profita pour rappeler que cette démarche devait embrasser l’ensemble des tauromachies et ne pas se limiter à la... corrida. Évident.
À 10h48, un représentant de Parentis (40) propose d’installer aux entrées des villes taurines un panneau de signalisation qui indiquerait, voire revendiquerait, cette appartenance aux cultures taurines. (Et ça permet en plus de cibler quelques fusils de chasse.)
À ce moment de la matinée, il y eut mouvement accompagné d’une escarmouche sur mon flanc droit, suivie d’une charge du 4ème régiment de chevau–légers d’Orthez. Le Béarnais eut le souci de rappeler que l’engouement taurin se trouvait parfois inégalement partagé et que le prosélytisme présentait des inconvénients aux frontières des régions taurines. (Floirac en son temps fit les mêmes remarques et ça ne posait pas problème.)
Enfin, le représentant de la ville d’Arles demanda à l’assistance de soutenir l’élevage de Sánchez-Fabrés par des messages adressables avant le 2 décembre via le site de... CAMPOS Y RUEDOS !!!
Donc ne tardez pas davantage.

Il est 11h10, déjà, quand M. COMPAN re-présente le projet INRA et les relations métabolisme/alimentation chez le toro de lidia. Il est aussi question d’un projet scientifique américain qui est formidable mais que c’est les étudiants qui vont se taper le boulot parce que c’est pas cher à Clermont-Ferrand, et je me suis embrouillé dans mon calepin de notes.
L’heure est grave, 11h28, expertises de cornes, le président des frenchs doctors taurins au sujet des 2 miuras (40 et 66) analysés pour Arles. Je cite Gérard BOURDEAU et ce qui suivit avec scrupule :
- Premier toro : « Arreglé, manipulé frauduleusement à Arles, on peut dire que ce toro était afeité. » ;
- Deuxième toro : « Huit à dix centimètres avaient volé en éclat, ses cornes étaient despitonnées. »
- « Le 40 et le 66, pertes anormales de substances... Il y a trop longtemps que cette ganadería est douteuse... Ça pose des problèmes vis-à-vis des autres élevages. »
Réponse du représentant de la ville de Arles : « Suite aux analyses, nous (bureau de l’UVTF) avons pris une sanction ; la prochaine fois, 4 toros seront analysés au lieu de 2. » (Et là, moi je dis bravo, et s’il comprend pas, le coup d’après faudra en saisir et analyser 6... puis huit... etc., jusqu’à ce que mort s’ensuive.)
Intervention du représentant de Fréjus qui saute dans la flaque en dénonçant une décision non démocratique, qui « fera rire FOURNIER et CASAS ». S’ensuit une sorte d’espèce de débat que le président des vétos enrichira considérablement par un « Miura aurait un problème de fragilité de cornes » (et là... Olé !). Fort heureusement pour le corps prestigieux des vétérinaires, M. COMPAN estima opportun d’affirmer que ces analyses n’auraient plus de raison d’être si elles n’étaient pas suivies de sanctions.
Le président de la commission taurine montoise tranchera dans le vif en concluant que Miura ne serait pas sanctionné, car une paire seulement était négative. Et si comme moi vous êtes positifs, retenez que 87 % des toros analysés en France en 2009 furent déclarés négatifs.

Le clocher de la Madeleine indique presque midi et on nous informe que la veille, en séance confidentielle, la FSTF a dénoncé « le triomphalisme ambiant, les tercios de piques et l’augmentation du prix des places », ET que les Paul Ricard ont vigoureusement pointé le « vieillissement du public », MAIS que les chirurgiens taurins sont enchantés des dispositions et aménagements concernant leur activité dans bien des arènes.
Midi. On assiste aux premières émeutes de la faim dans la salle car cela fait bien deux heures que personne n’a rien pris, quand le Président de la Commission taurine montoise nous fait part d’une réflexion menée en commission de réflexion (!) à Arles à propos d’un projet de piques françaises et même d’un projet de premier tiers français qu’entérinerait l’UVTF. Cette expérimentation sera longue et menée par Alain BONIJOL. Elle serait réalisée d’abord lors de spectacles non réglementés de type festival (Béziers ?). « Ce sera long et ce devra être consensuel, il faut appliquer le règlement » devait affirmer François GUILLAUME en conclusion.
« Just’une info » : la prochaine AG de l’UVTF se tiendra à Moquère... ou Mouquère... Boquère peut-être ? Il reste quelques chambres en demi-pension au 04 66 xx xx xx chez Mme et M. GINER.

Beau temps, deux tiers de salle. Il y eut du meilleur et du pire.
Mario Tisné

26 juillet 2008

A l'insu de leur plein gré


C’est presque en catimini que l'UVTF a mis en ligne les résultats des analyses de cornes de la temporada 2007, soit probablement très longtemps après que les vétérinaires leur ont communiqué les noms des fautifs. Sauf si cela nous a échappé...
And the winer is : Victoriano del Río ! Quatre toros analysés à Dax et Béziers pour 3 positifs : 2 à Dax et 1 à Béziers.
Il y a Puerto de San Lorenzo également qui n’est pas mal placé du tout. Allez courage ! Encore un effort ! Mais bon, ça c’est tellement décasté qu’on ne va pas en plus leur en mettre une couche sur les cornes. Ce serait un peu tirer sur l’ambulance, non ? Et puis ici on n’est pas sur le Tour de France. La mise hors course des tricheurs n’est même pas encore le début d’une utopie.
Non, ici on nous explique que c’est la faute aux arbres trop durs et aux vétérinaires trop cons. C’est à l’insu de leur plein gré finalement. Et ça arrange bien tout le monde.
On en vient même à regretter les gesticulations amusantes, maladroites et déplacées de Folque de Mendoça. Ça avait au moins le mérite de nous faire rire, entretenir le suspense et donner l’illusion d’un minimum d’ordre ou de police dans l’univers impitoyable des « cajones de curas ».
Dorénavant, tout le monde ferme pudiquement les yeux, plus personne n’en parle. Bref, tout le monde s’en fout, tous trop occupés à compter le nombre de rangs de cordelette de la pique andalouse.
Et vous, pauvres aficionados utopiques, vous pouvez compter sur qui vous savez pour ne probablement rien faire. Les choses sont finalement moins hypocrites à Nîmes qui, elle, ne fait officiellement plus rien. Simplement se donner l'illusion de la propreté, s'autoproclamer. C'est tellement plus simple. Pourquoi se compliquer la vie ? Bon, Dax ;-)

PS J'y pense. Et si, pour s'éviter tout ces maux de tête, on les sortait directement en piste avec les fundas ? Dans ces conditions, de nouvelles perspectives se profilent, de nouveaux horizons s'ouvrent à nous. Nous pourrons imaginer de nouveaux principes, de nouveaux slogans : sortez couverts, protégez-vous... Assurément un nouveau thème de recherche pour l'OCT...

19 juin 2008

Beaucaire : l'ANDA écrit à Monsieur le Maire


Monsieur le Maire,
Comme vous l’a indiqué notre président Laurent Giner lors de votre entrevue, l’ANDA se félicite de la nouvelle politique taurine torista beaucairoise. L’idée d’inscrire une nouvelle date aux pèlerinages taurins annuels ne peut que nous réjouir et enfin donner à Beaucaire une véritable image.
La raison de ce courrier fait suite aux déclarations lues sur le site Terres Taurines le vendredi 13 juin (lire ci-contre).
Nous nous permettons de réagir à un problème de fond qui est, comme vous le savez, notre cheval de bataille depuis notre création.
Le premier tiers, puisque c’est de lui qu’il s’agit, ne saurait être galvaudé ni passé outre un règlement taurin municipal. Utiliser des piques plus petites comme celles de Séville 2008 est anti-réglementaire. La ville adhérente et membre du bureau de l’UVTF ne peut se soustraire à son règlement. L’ANDA avait d’ailleurs mis en garde l’UVTF contre le règlement andalou en vigueur début 2006. (Cf. Compte rendu de l’assemblée de l’UVTF du 26/11/2005.)
Quand bien même il y aurait accord avec l’UVTF le problème de fond reste inchangé.
La valorisation du premier tiers, et nous en sommes le premier demandeur, passe par d’autres critères que la diminution de la taille de la pique, la diminution de nombres de piques (passé de 3 à 2 en 1992) ou l’utilisation d’une pique de tienta.

· Le choix des toros reste primordial : les éleveurs sélectionnant des toros sans force ne pouvant supporter un premier tiers digne de ce nom, n’ont rien à faire dans un ruedo.

· Mettre en place des délégués aux piques afin de vérifier le montage et la bonne utilisation de ces dernières pendant la course

· Le choix des toreros ayant une approche professionnelle de la lidia est à privilégier. Il est le lien entre le toro et la présidence.

· Le ou les corps de présidence doivent être choisis pour leurs compétences et leur connaissance du toro. Leur capacité à dialoguer avec les toreros et leurs cuadrillas, afin d’imposer une lidia réglementaire, sera déterminante pour imposer un règlement trop souvent bafoué.

Nous demandons à la ville de Beaucaire de réétudier ou de retirer ce projet de pique andalouse sur le simple principe du respect du règlement taurin.
Il serait mal venu que Beaucaire ville « d’avenir taurin » mette la France taurine sur les rails qui mènent au terminus de la corrida sans picador. Ce n’est pas dans les objectifs de la ville, nous en sommes persuadés, c’est donc pour cette raison que Beaucaire doit redresser son cap.

Veuillez, Monsieur le maire, accepter nos sincères salutations aficionadas.

Précision Je voudrais rajouter que si des essais de ces piques doivent être faits sur Beaucaire ou ailleurs, qu'ils le soient à titre d'essai avec un vrai protocole d'essai :
- Demande officielle à l'UVTF ;
- 3 toros piqués avec des piques réglementaires ;
- 3 avec des piques andalouses ;
- Analyses des tiers de piques toro par toro, depuis les gradins (notation sur la durée de la pique, son emplacement...) et
- Analyses des impacts des piques aux abattoirs.
Qu'au moins cette marche arrière (une de plus sur les fondamentaux) serve à quelque chose...
Laurent Giner