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20 juillet 2013

Tout bien réfléchi


Un texte de Laurent Giner nous parvient…

Céret 2013… La réussite tient à peu de choses. Après les férias de 2010, 2011 et 2012, nous pensions que l’avenir était assuré. Le niveau des courses cérétanes dépassait toutes nos espérances. Nous avions l’impression d’assister tous les jours à une corrida concours. Les maestros et les picadors jouaient le jeu. Hormis quelques varas mal placées, le niveau était largement au-dessus de la moyenne, beaucoup plus élevé que dans les autres plazas françaises ou espagnoles. Que s’est-il donc passé lors de l’édition 2013 ? Pourquoi des premiers tiers aussi mauvais alors que 50 % des picadors étaient présents en 2011 et 2012 ? Sont-ils tous devenus mauvais, subitement ?

Personne ne peut y croire, mais tout le monde l’a constaté. Pour preuve, nous observerons que la majorité des prix dévolus aux picadors sont restés desiertos. 

Pour comprendre ce qui va suivre, il faut savoir que l’Adac exige, depuis toujours, que ses toros soient piqués avec des piques espagnoles réglementaires, celles fabriquées par le puyero García. Ce qui oblige la cuadra de caballos engagée à Céret, à louer les caisses de piques au fabriquant espagnol.

Lors de la dernière tertulia, dimanche soir dans les arènes, c’est Bernard Raviglione, président de l’Adac, qui a ouvert la réflexion.

Pendant la discussion, nous avons appris que des picadors étaient montés au créneau, dès le matin, afin de pouvoir piquer avec la pique Bonijol. Après recherche et investigation rapides, il s’agirait notamment de Gabin Réhabi, le picador arlésien. Étonnant de la part de ce garçon réservé, presque timide, de vouloir imposer sa loi aux organisateurs cérétans. Ou alors peut-on imaginer que d’autres personnes l’aient poussé à se rebeller.

Mais, au fait, Gabin n’est-il pas le plus beau fruit de la cuadra Bonijol ? Et là tout s’enchaîne, tout s’explique. Les picadors ne sont-ils pas devenus les moyens de pression des fabricants de puyas, qui les utiliseraient pour conserver leurs parts de marché ? Céret en a été le meilleur exemple. Pression du puyero García via certains picadors face à la pression du puyero Bonijol et de ses amis proches. Résultat pour nous, aficionados, et pour l’Adac : une très mauvaise féria au regard du premier tiers.

L’Afición n’a pas à subir les problèmes des marchands du temple taurin, et les aficionados organisateurs méritent un plus grand respect.

L’ANDA, qui s’était réveillée en décembre dernier afin de faire réagir l’UVTF , ne s’était pas trompée. Qu’a fait cette dernière depuis ? Nada. Pourtant, il ne lui coûterait rien de mener une analyse comparative des différentes piques. Si ce n’est la volonté de le faire…

Après l’utilisation de la pique espagnole, de la pique andalouse, de la pique Bonijol ou de la pique Heyral, nous avons eu droit, ce week-end, à la « pique cérétane ». En effet, cerise sur le gâteau, afin de satisfaire son client, M. Bonijol a équipé ses propres piques du cordage dont elles sont habituellement dépourvues pour les rendre semblables aux piques officielles. En tant qu’assesseur au palco, dimanche après-midi, j’ai pu le constater moi-même en procédant à l’ouverture de la caisse des piques. En termes polis, on appelle cela « pousser le bouchon un peu trop loin ».

Ceci dit, Bonijol et García ont raison. N’étant pas des philanthropes, ils profitent d’un vide réglementaire. Celui qui effectue le meilleur lobbying décroche la timbale ! Pour l’instant, les empresas Bonijol et Heyral ont l’avantage, car elles fournissent aussi la cavalerie.

Le drame, c’est que personne ne met en place les analyses comparatives. Même l’ADA de Parentis, alors que son représentant à l’UVTF était contre, s’affiche maintenant pour la pique Bonijol. 

L’UVTF, grâce à son président convaincu, laissera pourrir la situation jusqu’à ce que soit validé un état de fait quasi généralisé.

Si les petites arènes comme Céret, Vic-Fezensac, Orthez, Parentis-en-Born, Roquefort, Saint-Martin-de-Crau, Alès… ne se mobilisent pas, il ne faudra rien attendre des grandes plazas.

Messieurs les organisateurs aficionados, prenez les choses en main. L’Afición compte sur vous. Nous voulons des analyses concrètes afin de pouvoir remettre à l’UVTF un rapport complet.

Laurent Giner


Photographie Gabin Réhabi, Céret de toros 2013 — JotaC

16 décembre 2011

L'instant d'avant


L'instant d'avant… © José 'JotaC' Angulo  2011
C'est l'instant de tous les possibles…
Un cillement fugace et le regard s'aiguise, le buste se redresse, le bras se relève, lentement.
C'est l'instant de tous les regards quand un œil noir observe, un autre œil noir le suit dans le miroir des sables.
C'est l'instant de tous les déserts, qui assèche les solitudes et affûte les larmes jusqu'à l'oubli.
C'est l'instant de tous les reflets, quand la danse devient macabre, quand la musique s'est tue, quand le vacarme du monde n'est plus qu’évaporé.

C'est l'instant de tous les silences, lorsque la gorge se noue, lorsque l'esprit se fige, lorsque le bras se lève et pointe lentement le fil du temps.
C'est l'instant de tous les instants, lorsqu'il est l'heure de trancher le souffle rouge de la vie qui oscille entre l'avant et l'après… entre l'après et l'avant, inexorablement.
Quand le soleil aveugle, c'est l'instant.
L’œil noir fait face au néant. Matador, il est temps.


À propos de mise à mort, voici un billet d'humeur de Laurent Giner qui complétera la réflexion.

De matador de toros à pegapase via Quito

La ville de Quito (Équateur) a pris une décision sans précédent en interdisant la mise à mort dans ses arènes. Le Portugal avait déjà pris les devants, il y a bien longtemps, mais avec la suppression des picadors.

La belle affaire politique ! Encore un groupe d’élus qui n’a pas le courage de trancher et qui fait dans la demi-mesure afin de satisfaire un peu tout le monde. Garder les toros (je n’ai pas écrit corrida) parce que sans eux, pas de férias, pas de rentrées d’argent, arrêt de l’économie taurine, mais en supprimant la mise à mort afin de faire plaisir à l’électorat protectard. J’adore !
L’Afición, depuis longtemps, a conscience que le premier danger de la corrida est le milieu taurin. Aucun salut n’est à attendre de ses acteurs. Leur vision est sur le court moyen terme. L’émotion et la sensation de danger ont déserté les plazas de toros depuis 15 ans. Les jeunes ne vont plus aux corridas mais au recorte et autres spectacles de rue.
95 % des corridas pourraient se dérouler sans picadors, tellement la faiblesse des toros frise l’invalidité. Comme l’écrit Robert Piles, dans Profession torero, la tauromachie a changé d’une lettre — le V pour le D. Avant, les toreros disaient aux picadors : « ¡Dale! » (donne-lui). Aujourd’hui, ils leur disent : « ¡Vale! » (arrête).
Le mundillo a-t-il analysé et pris conscience de tout cela ? Les taurinos ont laissé mourir la Catalogne, fermé des arènes une à une pour n’avoir en 2011 qu’une seule plaza en activité. Leur incompétence d’analyse sur le long terme et leur manque d’anticipation m’étonneront toujours.
L’histoire de la Catalogne nous aura prouvé que nous ne pouvons laisser la tauromachie être gouvernée et dirigée par le milieu taurin, même si, je ne suis pas dupe, la tauromachie est « un milieu ». L’Afición restera toujours au bord mais elle l’encercle et la finance en passant aux guichets.
Et Quito dans tout ça ?
Les taurinos nous ont montré leur manque d’Afición, et les toreros le peu de valeur qu’ils portent au costume et à la profession de matador de toros.
S’ils veulent être les porte-drapeaux de leur profession, comme ils ont su le faire pour défendre leurs intérêts en créant le G10, il leur faudra plus de pundonor. S’ils veulent retrouver une place dans notre estime, ils devront refuser ce genre de contrat qui bafoue la profession de matador de toros. Il leur faudra renoncer à quelques dollars de plus dans une saison déjà bien rentabilisée. Je m’adresse là à Castella, El Fandi, Ponce, Talavante (tous présents à Quito) parce qu’ils ont le pouvoir de dire non et d’entraîner les autres avec eux.
La défense, la survie de la corrida, son éthique doivent passer par cette intransigeance, à moins que leur penchant pour l’appât du gain ne soit trop fort !
J’espère juste qu’à leur retour sur le vieux continent et dans nos plazas, l’Afición saura se souvenir de leur geste. Il faudra leur rappeler que l’on ne transige pas avec l’honneur des braves et qu’un matador de toros n’est pas qu’un pegapase (celui qui donne des passes). Le troisième tiers est celui de la mort, pas de la muleta.

Laurent Giner

09 juillet 2011

Lettre ouverte


Par Laurent Giner, dernier président de la défunte ANDA.

Mais que fait l’UVTF ?
En décembre 2010, sur ce même blog, je proposais un compte rendu de la dernière assemblée générale de l’Union des villes taurines françaises (UVTF) . 
Le scoop de l’année était la présentation de la pique Bonijol. Toutes les réserves étaient alors émises y compris par les vétérinaires taurins qui, en sages, préféraient attendre que soient pratiquées des analyses post-mortem sur les carcasses des toros piqués avant de se prononcer.
L’UVTF, M. François Guillaume en tête, confirmait l’appui de l’association à Alain Bonijol. Cette décision confortait l’Union dans l’idée de faire évoluer, ou décliner, le premier tiers. L’UVTF accordait l’autorisation d’utiliser la pique Bonijol sous réserve qu’elle soit mise en comparaison avec la pique normale par un suivi de contrôles post-mortem.
Voyant que cette nouvelle pique était utilisée à Alès, j’en ai conclu que les essais avaient commencé. 
Comme le président des vétérinaires taurins était présent sur les gradins,  je me suis empressé de lui demander qui s’occupait d'effectuer les analyses du jour. Réponse : "Personne".
Alès a donc laissé organiser sa féria en toute impunité, hors réglementation taurine française, sans qu’aucune annonce ne soit faite. Et, comme toujours, tout se passe en catimini tels des voyous officiant dans l’ombre. Pour qui prend-on les aficionados ?
Le président de la course, M. Gilles, m’a confirmé que l’empresa, en accord avec les cuadrillas, avait bien demandé que la course soit piquée avec cette nouvelle pique.
L'empresa de caballos, désormais fournisseur de piques, ne fait rien pour inciter aux analyses. Elle prétexte que tout va trop vite et que la casa Chopera lui a demandé de poursuivre toute la saison dans ses arènes en employant cette même pique qui ferait "moins saigner" (sic). Je doute fort que les plazas de 1ère catégorie espagnole permettent l’utilisation de cette puya non réglementaire.
Une chose est sûre, pendant la féria de Vic on a utilisé cette pique.  J’espère juste que les comparatifs et les analyses ont été correctement accomplis afin que l’on puisse en tirer des conclusions concrètes et scientifiques.
Si tel n’était pas le cas, alors tout serait permis. Nous courons le risque de voir apparaitre rapidement des puyas différentes en fonction de la cuadra de caballos engagée. Les autonomies espagnoles ont un règlement distinct. Chaque cuadra finira pas avoir sa propre puya
Quand je pense que les Espagnols parlent d’"exemple  français"... S’ils savaient !

Qu'en est-il pour Céret de Toros ?  Je ne manquerai pas de poser la question.

Après enquête approfondie, nous sommes en mesure de vous confirmer que cette féria sera intégralement piquée avec la puya réglementaire, classique, officielle, tendance canal historique.

04 mai 2011

Indulto, la goutte d’eau...


L’Afición a los toros l’attendait, le guettait, le devinait derrière chaque cartel. Oh ! bien sûr, cette attente n’était pas empreinte d’impatience ! Ce moment était redouté comme la corde tenant le couperet lâché par la main du bourreau sur l’échafaud.
Séville est tombée. La faute à un mouchoir orange, tenu par un président sans critères, le 30 avril 2011. Que, du quatuor des plus importantes plazas d’Espagne, Séville tombe la première n’étonnera personne. Séville, la « torériste » de toujours, n’est plus que l’ombre d’elle-même depuis longtemps. Il y a de cela 10 ans (jusqu’en 2000), l’afición sévillane était encore capable de se retrouver entre elle, el día de resaca, pour applaudir les charges sur les picadors des toros de María Luisa Domínguez y Pérez de Vargas (le pur Pedrajas de Guardiola). L’Afición sévillane est devenue comme les autres publics d’Andalousie ou d’Espagne. Aguichante, facile, putassière et, surtout, infidèle à ses aux fondements du toro brave (je n’ai pas dit noble) : telle est la Maestranza.
Barcelone était tombée au combat en première ligne ; mais quel était le poids de la Monumental dans cette guerre ?
Aujourd’hui, il ne reste plus que Bilbao, Madrid et Pamplona pour faire de la résistance. Jusqu'à quand ?
Au vu des vueltas accordées ces dernières années dans ces plazas, on peut dire, sans jouer les devins, que le ver est dans le fruit. Les batailles ont commencé dans une guerre perdue d’avance. Directeurs d’arènes, apoderados, toreros, novilleros, éléveurs, présidents de course, tout le monde est dans le moule de la pensée unique du toro de troisième tiers. S’il ne met pas la tête, c’est un « hijo de puta ». Leur analyse peut facilement se résumer à cela. De quoi foutre la gerbe !
Le public qui remplit les arènes n’est pas aficionado. Il ne connaît rien du règlement, encore moins des toros, car personne ne les lui a enseignés. Il est juste là pour consommer, passer un bon moment, en avoir pour son argent et éventuellement raconter que la corrida était extraordinaire avec un nombre incroyable d’oreilles coupées, d’indultos...
C’est vrai en Espagne mais aussi en France, sauf que nous n’avons, chez nous, aucune arène de première catégorie, ni aucune arène d’importance sur l’échiquier taurin. Ce qui s’y est passé est donc moindre mal. Aucun des indultos distribués en France depuis 15 ans n’étaient réglementaires. Soit il s’agissait de novillo et, dans ce cas, il n’a pas lieu d’exister, ou de toros incomplets car TOUS banals dans les premier et second tiers. Je rappellerai juste que pour atteindre le graal de la grâce, le toro se doit d’être exceptionnel dans TOUS les tiers. Piquer 2 fois un toro est réglementaire mais pas exceptionnel. Messieurs les présidents, à vos règlements taurins !!!
Le grand chambardement du premier tiers que veut orchestrer la France est louable. Mettre des moyens pour sauver cette relique de premier tiers, dont la mort est chaque jour un peu plus annoncée : amis aficionados, standing ovation !
Mais attention, à trop regarder l’arbre qui cache la forêt, on en oublie la forêt.
Le fond du problème est que les toros n’ont pas suffisamment de force pour être piqués et qu’il peuvent, dans 90% des cas, être toréés sans passer par le picador.
Jean Pedro Domecq, il y a peu, renvoyait la balle dans le camp de l’Afición en disant : « Si les aficionados veulent sauver le tercio de varas, qu’ils se battent : il faut un cheval plus léger, une pique moins meurtrière et un peto plus souple... » Bien sûr, le journaliste de service, et au service, ne lui a pas soufflé qu’il manquerait malgré tout l’ingrédient majeur de la sauce : un toro avec de la force ; chose que M. Domecq s’était employé à retirer de son élevage depuis des années.
Pourquoi s’obstiner à sauver ce premier tiers alors même que fort rares sont les présidents ayant le courage de refuser aux toreros un changement de tiers lorsqu’un toro mérite une puya supplémentaire ?
Paradoxalement, lorsque l’on sort des arènes de Céret, Vic, Parentis, Carcassonne (jusqu’en 2010), Cenicientos, etc., les questions existentielles sur la pique et le premier tiers ne se posent pas de la même façon.
Les toros ont de la force et doivent être piqués. Dans ces arènes, la longueur des piques n’a jamais tué un toro sauf si le torero et sa cuadrilla, morts de trouille et animés d'intentions à tendance destruction massive, préméditent un « assassinat » en règle.

Pour revenir au sujet de départ, si la France doit servir d’exemple afin d’enrayer cette hémorragie d’indultite aiguë, trois points à changer s’imposent aujourd’hui dans le règlement :
— la faena de muleta à rallonge, où les toreros ne rentrent dans le vif du sujet qu’au bout de 20-30 passes, doit être réduite. Le premier avis pourrait être sonné à 7 minutes au lieu des 10 actuels ;
— les trophées pour sortir par les Grande porte devraient être au minimum de 3. Madrid avait durci sa politique en matière de trophées, donc de Grande porte, après la scandaleuse queue coupée, par Palomo Linares en 1972, à 'Cigarrón' d’Atanasio Fernández ;
— les trophées accordés sur un toro indulté ne rentreraient pas en compte pour la sortie par la Grande porte, et les trophées symboliques pourraient être supprimés (donc non comptabilisés dans les statistiques).
Les toreros qui veulent couper des oreilles devraient entrer a matar et écourter leur démonstration du nombre de passes. L’« effet Témesta » sur l’ire populaire des bobos en manque de sensationnel serait radical. Car, au fond, ce public s’intéresse bien plus au triomphalisme et au superflu qu’à la grâce du toro et à ses qualités de combattant.
Tout ceci conjugué limiterait les excès que nous vivons aujourd’hui ; excès qui ont pour seul effet de banaliser une chose magnifique, donc rare, lorsqu’elle est méritée : l’indulto.
Laurent Giner

04 mars 2011

Complainte des filles de joie


Laurent Giner, ancien président de l'ANDA, nous a transmis le texte qui suit... Crrrrrr...

Reprendre de volée, quotidiennement, les contresens, les inepties ou les mensonges du Phare de Vieux-Boucau serait ennuyeux et redondant.
Depuis un certain temps, j’ai opté pour une position de recul et une philosophie qui ne me ressemble pas. La goutte d’eau vient de faire déborder le vase.
« Chers amis de Campos y Ruedos... Je ne voudrais pas vous paraître vieux jeu, encore moins grossier. L'homme de la pampa, parfois rude, reste toujours courtois, mais la vérité m'oblige à vous le dire : le PEC de Vieux-Boucau commence à me les briser... MENUES ! » (Adaptation d’Audiard.)

Et les piques par-ci, et les chevaux par-là, Orthez encore et toujours...
Puisque l’on parle d’Orthez, j’y étais. Oui, il y avait un cheval sorti de nulle part. Enorme, grand, lourd qui a piqué les novillos et les toros.
Une corrida par an : c’est le nombre de spectacle qu’organise Orthez. Heureusement qu’ils n’en font pas autant qu’à Nîmes sinon Terres Taurines ne parlerait plus que de cette ville du Béarn.
Il est évident que parlant d’Orthez il ne parle pas du reste. Il ne se fâche pas avec ses amies empresas qui lui payent de la publicité. L’argent public des conseils régionaux de PACA et d'Aquitaine ne le dérange pas non plus lorsque c’est lui qui en profite.
Monsieur le donneur de leçon devrait faire attention.

Les grands discours sur la pique, le premier tiers, ne sont que des faux débats qui permettent de ne pas poser les bonnes questions aux amis éleveurs. Questions du genre : quand allez- vous élever des toros avec de la force et de la bravoure ? Sélectionner dans vos tentaderos des vaches qui dévorent par leur force et leur caste tout ce qui se présente devant elles ? La vraie bravoure pimentée de force et de caste. Celle décrite par Cossio, Popelin, El Tío Pepe, Dupuy, Bartolotti ; celle qui se juge au cheval. Je ne parle pas de celle « journalistiquement » moderne, inventée dans les années 1990, que l’on ne voit qu’à la muleta, faute de la voir ailleurs.
S'il posait les bonnes questions, irait-il faire des photos chez ses amis éleveurs ? A-t-il seulement envie de poser ces questions, lui l’ancien torero ?

Les chevaux et leurs poids sont un autre débat. Je suis très à l’aise pour en parler. J’ai souvenir d’une pétition que nous avions faite avec l’ANDA afin d’éliminer la cuadra Fontecha du Sud-Ouest responsable de nombreux petardos de premier tiers. L’ANDA faisait peur et n’était certes pas une bonne locomotive, mais l’histoire nous a donné raison. Lorsque j’entends aujourd’hui tous les bien-pensants, revue Toros en tête, ne jurer que par Bonijol et n’avoir jamais levé le petit doigt à l’époque... Je peux me permettre de rire et d’être critique. Autant de bruit pour un cheval qui a piqué 2 ou 3 toros... Il y a plus grave.
Le poids des chevaux, O.K. c’est important. Il y a un règlement et il faut le respecter. Le poids des toros-novillos d’Arles, Nîmes, Mont-de-Marsan est aussi important. Lorsque dans des férias dites de "première catégorie" sortent des animaux de 430-450 kg affichés à plus de 500-550 kg, qu’est-ce qu’il en pense le grand manitou ? Visiblement rien puisqu’il n’écrit rien sur ces mensonges. Car ce sont des mensonges, de la tromperie envers l’Afición et les spectateurs.
Personnellement, le poids du toro je m’en contrefiche, pourvu qu’il ressemble à un toro, avec le tamaño propre à son encaste et le trapío de ses années d’herbe. Heureusement, chez nous, les corrals d’Arles seront bientôt équipés d’une balance. La SA Jalabert l’a ECRIT dans son dossier de réponse à la Délégation de service public (DSP). Nous saurons le lui rappeler.
Le déballage des infos étant en route, je vous en sers deux dernières... pour la route. La DSP qui a eu lieu à Arles, en juillet 2010, a dû laisser les élus arlésiens rêveurs car voilà ci-dessous la liste des élevages et des toreros que proposait la SA Jalabert sur son dossier de candidature (sources officielles). Vic et Céret ont dû trembler... pas longtemps.

Elevages
Miura, Núñez del Cuvillo, El Pilar, Escolar Gil, Adolfo Martín, Partido de Resina, Yonnet, Tardieu, Piedras Rojas, Adelaida Rodríguez, Moreno de Silva, Prieto de la Cal, Coquilla de Sánchez-Arjona, Conde de la Corte, Baltasar Ibán, Rehuelga, El Ventorrillo, Las Ramblas, Torrealta, Victoriano del Río, San Mateo, Bohórquez, Felipe Bartolomé.
Toreros
José Tomás, Juan Bautista, Ponce, Castella, Talavante, Sergio Aguilar, Morante de la Puebla, El Juli, Manzanares, Tejela, El Fundi, Padilla, Savalli, Urdiales, Rafaelillo, Bolívar, Moreno, El Cid, Arturo Macías, El Zapata, El Zotoluco, Israel Téllez, El Fandi, Perera, Cayetano, Luque, Pina, Tendero.

Les principaux absents des carteles 2011 sont soulignés. En rouge, les élevages qui sortiront 1 exemplaire en concours. Ces propositions ont certainement influé sur la note du projet artistique. Comparez avec les carteles officiels de la saison. Comment peut-on remplir un dossier d’appel d’offre en juillet 2010 avec les propositions ci-dessus, et sortir des carteles aussi différents six mois après ?

Autre info : les arènes de Nîmes suppriment les frais de location mais rajoutent 3 € par billet ! De qui se moque-t-on ? (Amphithéâtre : 21 € en 2010 contre 18 en 2009.)
De tout cela personne n’en parle, et surtout pas le leader autoproclamé.
La tauromachie c’est comme la politique. Si vous ne voulez pas que l’on parle d’un dossier à scandale, il vous suffit d’en inventer un autre. Et plus le sujet scandaleux est gros, plus on parlera du dossier secondaire. Aujourd’hui, ce sont les piques, le poids des chevaux ou Orthez au lieu de la force des toros, du "décastage" du campo, de l’ennui sur les gradins. Demain...

« Les cons ça ose tout ! C'est même à ça qu'on les reconnaît. » Michel Audiard
Laurent Giner

01 décembre 2010

UVTF (2)


Notre ami Laurent Giner, ancien président de l’ANDA., était le dimanche 27 novembre dernier à Beaucaire, pour l’assemblée annuelle de l’UVTF. Récit.

Retrouver l’Union (voire la désunion, c’est selon) des villes taurines françaises une fois l’an, c’est un peu comme regarder l’École des fans ou les enfants jouer dans une cour d’école. Rien n’y est vraiment sérieux mais tout le laisse paraître. C’est certainement le seul moment de l’année où l’on peut oublier que toreros et apoderados sont les véritables chefs d’orchestre du milieu taurin.
Orthez reproche à Bayonne de prendre « ses dates ». Bayonne rejette la faute sur Mont-de-Marsan, qui argumente qu’Orthez doit retrouver ses dates originelles. Tout va pour le mieux dans le Sud-Ouest : heureusement qu’il y a une association d’organisateurs...
Que le Sud-Est se rassure, dans le même style, nous avons aussi Tarascon, St-Gilles et Maugio.
Personne à l’UCTL ne s’était déplacé pour défendre le cas Miura. Les ganaderos se sont donc fait excuser.
La FSTF a joué son rôle de trublion et les Ricard ont clairement spécifié qu’ils n’étaient en aucun cas solidaires des premiers. Il est vrai que pour donner un prix aux cinq piques et demie des Margé de Palavas, ils ne peuvent être solidaires que d’eux-mêmes.
L’AG a donc commencé en présence de tous les membres et des aficionados locaux.
Le maire de Beaucaire, aficionado de longue date, rappela à l’auditoire qu’un arrêté municipal avait été pris, il y a peu, afin d’interdire la prestation de Jean Servat antitaurin déclaré.
O.K. pour le coup de gueule. On a le sang chaud dans le sud, mais bon...
Si nous devons interdire tous ceux qui ne pensent pas comme nous question toros, nous pouvons l’étendre à la religion, la politique...
Heureusement, Madame de Fontenay (anti elle aussi déclarée) et ses Miss étaient passées en ces lieux juste avant... Là, pour le coup, je n’y comprends plus rien.
Je vous épargnerai les différents discours sans importance et autres votes à l’unanimité pour ne retenir que les résultats d’analyses de cornes et la présentation de la peut-être future nouvelle pique.
Les analyses de cornes version 2010 ne pouvaient être aussi ridicules que celle de 20091 :
— 6,06% des toros analysés s’avèrent positifs sur deux cornes (Domingo Hernández, Miura, Margé, Puerto de San Lorenzo) ;
— 7,58% sur une corne.
Comme aime le rappeler le Gérard Bourdeau2, la tolérance du 1/5 au lieu du 1/7 est énorme. Combien de pitones passeraient ce contrôle ?
Si l’on doit rajouter aux 4 toros positifs, les 26 certificats d’arreglado légaux, nous sommes loin des 6 petits % du départ.
Bref, grâce aux analyses et à l’UVTF, la situation s’améliore, c’est vrai. Mais des gradins, ce n’est pas aussi clair !
On me reprochera certainement de voir trop en noir. Une chose est sûre, tout n’est pas bleu. Loin de là.
La vraie nouvelle du week-end sera la "pique française" imaginée par Alain Bonijol. Ce gars est une mine d’idées novatrices. Même s’il ne fait pas l’unanimité (chez votre serviteur en premier), sa façon d’aborder les problèmes et d’y trouver une solution m’épatera toujours.
Sa pique (voir photo) est aussi longue qu’une pique andalouse mais plus fine, plus effilée, sans cordes.
Sa préoccupation première a été de comprendre les attentes des picadors et de solutionner leurs principales craintes. En les impliquant dans son projet, Bonijol a peut-être évité la levée de boucliers de cette corporation, par toujours facile à manoeuvrer.
Bonijol affirme qu’un picador qui rentre en piste, pense avant tout « à mettre les cordes » et faire saigner.
Sur une pique normale, la partie en corde est plus grosse en diamètre que la pyramide saillante. Elle freine la pénétration de la puya. En effilant sa pique et en supprimant les cordes, elle pénètre mieux.
Le picador peut alors se concentrer à l'« arte de bien picar », positionner correctement son cheval, lancer le palo, mettre la pique dans à la base du morrillo, faire pivoter son cheval et ouvrir la sortie.
De plus, je cite : « les toros monopiqués pourront être renvoyés plus facilement au cheval pour une seconde rencontre. »
J’interprète : « tout le monde pourra ainsi croire que les invalides qu’ils ont sous les yeux sont de vrais toros puisqu’ils vont deux fois au cheval. »
J’exagère vous croyez ? Si peu !
Lorsque sort du toril un vrai toro, avec de la force, plus personne ne se pose de questions existentielles sur la pique. Comme quoi, il y a bien deux tauromachies.
Avant cela, l’UVTF, par l’intermédiaire des vétérinaires, devrait analyser des corridas entières piquées pour moitié avec une pique classique (voir andalouse) et pour moitié avec cette vraie nouveauté.

Une fois passée la curiosité d’une nouveauté et la satisfaction de constater que certains réfléchissent, imaginent, inventent, des questions peuvent venir à l’esprit.
Si la pique pénètre plus facilement lorsqu’elle est bien placée, en sera-t-il de même si elle est mal placée ? À la vue du petit nombre de piques bien positionnées tout au long de la temporada, ne faudrait-il pas d’abord apprendre au picador à viser au bon endroit ? Et sans doute changer les mentalités...

Certains vétérinaires, amoureux du toro moderne, veulent comparer les résultats d’analyses post-mortem de cette pique avec ceux de Madrid 1998 (donc une pique normale). Ce serait, je pense, une grossière erreur. La pique madrilène est plus longue mais, surtout, les premiers tiers de Las Ventas sont loin d’être des références. La raison principale en est le toro. Ce sont, avec ceux de Bilbao et de Pamplona, les plus gros, les plus grands et les plus pourvus en cornes. Ceux sont ceux, qui reçoivent les plus gros châtiments avec les piques les plus en arrière, donc les plus destructrices. Aucun demi-toro de Nîmes, Dax, Arles, Mont-de-Marsan n’a reçu cette année un châtiment aussi appuyé que ceux que nous pouvons voir régulièrement à Madrid.
Comparons ce qui est comparable et faisons les analyses chez nous avec nos demi-toros et nos demi-picotazos. Nous verrons bien si les dégâts causés par les piques sont si importants que cela.

En ce qui concerne le marché français, si cette pique voyait sa légalisation, le monopole espagnol des puyas changerait de camp. Les appels d’offres concernant les cuadras de caballo n’auraient plus le même contenu. La tauromachie française s’impose petit à petit. Bien vu M. Bonijol.
Et en ce qui concerne l’intérêt de l’aficionado amoureux du vrai toro, il faudra attendre les résultats post-mortem avant de se réjouir. Pour ce qui est des novillos « pégapasés » par les vedettes, ce n’est pas cette pique ni une autre qui leur donnera la force qui leur manque. Elle aidera, dans le meilleur des cas, à cacher la misère actuelle du premier tiers.
Laurent Giner

1 Deux paires de cornes avaient été analysées positives mais Arles avait déjà fait ses emplettes à "Zahariche".
2 Président de l’Association française des vétérinaires taurins (AFVT).

Photographie La pique française (à gauche).

12 décembre 2009

Cabinet des curiosités


Suite et fin de « Juin 1933, Le Toril » et de « Des carcasses de poids ».

Par qui on commence ? Allez, par le plus ancien, j'ai nommé Claude Popelin. Dans son dictionnaire La Tauromachie (Seuil, 1994, p. 59), à l'entrée « Canal », il écrit1 : « Compte tenu des déchets de boucherie, il convient d'ajouter 40 % au poids en canal, pour estimer approximativement le poids en vif. » Ajouter 40 % de quoi ? Certainement 40 % du poids en canal puisque seul celui-ci est connu. Bien, alors prenons le poids « en canal » moyen du lot de novillos de Moreno de la Cova (Vic 1933) rectifié par Le Toril, soit 275 kilos, et ajoutons-y 40 % (275 x 0,4 = 110), soit 110 kilos. On obtient donc un poids vif moyen de 385 kilos… Ce chiffre ridiculement bas parle de lui-même et ne dit rien qui vaille.

Dans un autre dico2, un cadet de Popelin, Pierre Mialane, n'a pas dû trop se creuser les méninges pour pondre son article, un copier-coller étoffé de la définition sus-citée : « Au poids en canal, il convient d'ajouter environ 40 % pour avoir approximativement le poids en vif. Ce petit calcul mental permet parfois de constater que le poids annoncé en vif est pour le moins fantaisiste. […] Ainsi un toro pesant 350 kg en canal […] pesait 490 kg à son entrée en piste. » Ah bon ? Pour avoir à ma disposition les poids « en canal » des Palha lidiés à Azpeitia le 31 juillet 2007, inutile de vous prévenir que la fantaisie ne se niche pas toujours là où l'on croît, car si le lot marqué du P surmonté de sa croix affichait un poids moyen « en canal » de 288 kilos, j'ai peine à croire que la moyenne dudit lot en poids vif ne dépassait pas les 405 kilos !

Dans un tout autre genre, j’ai déjà eu l’occasion de lire ici même, sous la plume de Laurent Giner — si les preuves sont accablantes3, les chiffres, eux, sont têtus —, que « le poids en canal pour le toro de lidia était, il y a peu, de 50 % du poids vif »… L’argumentation reposant sur « l’évolution depuis 15 ans du physique du toro de combat » — poids « déporté sur l’arrière-train » de l’animal, celui-ci perdant ainsi « de sa superbe et de son port de tête altier afin de mieux pouvoir la baisser » —, est-ce à dire que le lot de Miura de 1983 (voir Des carcasses de poids) ait pu afficher un poids vif moyen de 684 kilos ? Ou que le plus léger des novillos de 1933, au poids « en canal » de 260 kg, ait pu en peser 520 ? Et que le plus lourd de ces novillos ait pu en accuser 80 de plus !? Devait pas faire bon être novillero en ce temps-là…

Enfin, le « meilleur » pour conclure : cet été, Isa du Moun, membre actif du forum La Bronca, divulgua gracieusement, via l'organisation vicoise, les « poids en canal » (sic) des novillos et toros lidiés lors de la dernière Pentecôte. Où j'appris, ébahi, que les carcasses des novillos de Flor de Jara allaient de 460 à 545 kg ; que celles des toros de la corrida-concours affichaient des poids compris entre 478 (Victorino Martín) et 642 kg (Miura)4… et tout le reste à l’avenant, avec, en prime, cette phrase finale tout bonnement hallucinante : « Le poids en canal représente 50 à 55 % du poids vif. » Bigre ! Et la calculette me tomba des mains.

Décidément, entre Vic et la bascule, c'est plus que jamais je t'aime… moi non plus.

1 À moins qu'il ne s'agisse d'un ajout de Yves Harté à l'édition originale de 1970 ? Ne la possédant pas…
2 Robert Bérard (sous la direction de), La Tauromachie, Histoire et dictionnaire, Éd. Robert Laffont (coll. Bouquins), 2003, p. 351.
3 Lesquelles ? Je suis prêt à tout entendre, mais force est de constater que, dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres, le fantasme le disputant à la fantaisie (encore elle), actuellement, seules des données chiffrées collectées à différentes époques nous permettent de comparer. Au fait, qui cela intéresse-t-il ?
4 Je me permets de préciser, après coup, que les Vicois ont bien évidemment estimé et communiqué le poids vif à partir du poids « en canal » fourni par l'abattoir. Ça va mieux en le disant.

Rectificatif Bien fait pour moi ! Isa du Moun n'est pas très contente et elle a raison. Elle pense avoir été prise pour une imbécile, mais elle a tort. Si tel fut son ressenti, qu'elle veuille bien accepter mes excuses. Le 9 juin 2009, sur le forum La Bronca, elle publie ceci : « Le service des abattoirs a communiqué au club taurin les poids en canal, c'est-à-dire la dépouille y compris la queue sans tête ni viscère. Voici les poids des novillos et toros combattus à Vic pour Pentecôte ; les toros sont donnés dans l'ordre de sortie avec leur numéro et leur nom. » Et, en effet, à la suite viennent les noms des novillos et des toros, etc., et puis c'est tout ! Mais, 9 messages plus loin, le surnommé Cabron précise : « Le poids en canal représente 50 à 55 % du poids vif. » Par erreur, j'ai intégré ce propos au message d'Isa du Moun, en pensant sincèrement qu'il en faisait partie — pourtant, une simple vérification suffisait ! Voilà, ça ira toujours mieux (et plus que jamais) en le disant. Je ne passerais pas pour un imbécile, là ?

Images Francis Bacon / Figure with Meat, 1954 © Art Institute of Chicago Chaïm Soutine / Pièce de bœuf, 1923 © Collection privée, en prêt à la National Gallery of Art, Washington, DC

16 septembre 2009

Une corrida concours pour le souvenir


Laurent Giner, ex-président de l’ANDA, nous a transmis le texte suivant.

9 piques en 2 toros. 3 ou 4 batacazos vrais, explosifs. Des piques, nous aurions pu, nous aurions dû en voir 2 ou 3 de plus au prieto de la cal, mais le palco… Pour une fois que nous avions un concours de piques plutôt qu’un concours de muletazos
Bref, au réveil le samedi nous étions quelques-uns à n’être toujours pas descendus de notre nuage. Nous nous sommes téléphonés afin de nous assurer de ne pas avoir rêvé, d’en parler et en reparler, comme pour retenir ces souvenirs et les faire revivre.

Le Tío Pepe disait : « Aussi, m’adressant plus particulièrement aux jeunes aficionados, je leur dis simplement : à toutes les époques, il y a eu des gens qui ont perdu l’afición, et toujours sous le même prétexte : qu’il n’y avait plus de toros ! Pour ma part, j’en ai connu dans ma jeunesse, et je pourrais en citer aujourd’hui. Je ne suis pas d’accord. Et c’est pourquoi je dis aux jeunes aficionados d’âges ou de vocation : « soyez toujours vigilants, mais gardez confiance. Il y a encore de beaux jours pour la fiesta brava ! Seulement, ne vous trompez pas : cela dépend en partie de vous ! » Conférence de 1976 « De l’aurochs à la corrida moderne ».

Ces deux toros ont sauvé la programmation de la corrida concours. Ce concours qui gêne la direction des arènes d’Arles depuis longtemps et dont l’enterrement était prévu vendredi dernier. Car pourquoi programmer un concours le vendredi après-midi sans aucune tête d’affiche avec 3 bouche-trous quasi inconnus aux arènes d’Arles ? Si ça n’est pas un homicide cela y ressemble fortement, j’en suis personnellement convaincu et beaucoup d’aficionados arlésiens aussi. Comme le soulignait le phare de Vieux-Boucau (attaché de presse informel) dans son édito de samedi : « Mais on retiendra aussi malheureusement, au vue de l'entrée, que l'aficion torista assure de moins en moins la recette dans les spectacles montés selon ses voeux. Faut-il en conclure que la saison a été trop longue - ce serait un moindre mal -, ou que ce public se réduit ? »
La mise en scène était donc préparée mais la caste, la force et la puissance ont tout chamboulé. La corrida concours reviendra certainement le dimanche, aux prochaines prémices du Riz.
Comme quoi le Tío Pepe savait voir loin. Vive les toros puissants, méchants, poderosos, intègres, farcis de caste et de bravoure. Que cessent les faenas de 100 passes. 20 bien rématées suffiront et comme disait Antoñete : « Il y a des faenas qui durent 4 minutes et trop qui en durent 10 ; mais dans aucune faena il y a plus de 20 muletazos parfaits. »
Laurent Giner

05 mars 2009

Yonnet, 150 ans


Vous le savez sans doute, en 2009 la famille Yonnet fête les 150 ans de l'élevage.

A cette occasion, Hubert et Françoise Yonnet ont décidé d’organiser une exposition retraçant l'historique de la manade. Une petite équipe d’aficionados les aide à rassembler et organiser la documentation.

Les personnes détentrices d’affiches ou de photos susceptibles d’intéresser Hubert et Françoise peuvent contacter laurent Giner par e-mail : lginer@wanadoo.fr ou même Camposyruedos. Nous ferons suivre.

04 août 2008

Pique andalouse : la suite


Pour faire suite à la féria de Beaucaire et à tout ce qui a été écrit et dit sur la pique andalouse Laurent Giner, président de l'ANDA nous a transmis le texte et les photos qui suivent.


Photo 1 : piques de toro
Evolution de la pique à cruceta
1- rondelle
2- première cruceta
3- seconde cruceta (pyramide à faces concaves)
4- pique réglementaire de nos jours (pyramide à faces plates)
5- pique de toro andalouse
6- pique utilisée de nos jours à Mexico

Photo 2
1- pique de novillo face concave
2- pique de novillo réglementaire
3- pique de toro andalouse

Pique, pique... les kilogrammes :
Les photos que j’ai réalisées avec l’aide d’un collectionneur anonyme sont suffisamment démonstratives. Peu d’aficionados ont eu le loisir ou la possibilité de comparer les piques officielles et andalouses de cette façon.
L’intention première de Beaucaire, vouloir valoriser le premier tiers, ne fait aucun doute et l’ANDA s’en réjouit. Je serai plus suspicieux concernant les organisateurs biterrois et bayonnais si, d’aventure, ils utilisaient cette pique andalouse si contreversée.

Le problème de cette puya doit s’analyser sous 2 aspects :
La question réglementaire
Cette pique ne s’inscrit pas dans le règlement de l’UVTF dont Beaucaire est membre du bureau. A ce jour, l’UVTF n’a donné son accord pour l’utilisation de cette puya qu’à titre d’essai et a demandé à ses membres voulant l’utiliser de formuler une demande à l’association.
Avait-elle le choix de dire non ? Je doute que l’Afición remercie les villes de Beaucaire, Béziers et Bayonne de jouer cavalier seul. L’UVTF affaiblie se relèvera-t-elle d’une telle carioca ?
Suite à un entretien téléphonique avec le responsable de l’UVTF d’Arles (M. Egidio), l’association doit demander un suivi par les vétérinaires (AVTF) avec notamment une analyse post-mortem sur carcasse. Exactement ce que nous avions demandé, lors de notre premier courrier, à la ville de Beaucaire.
Séville ne l’a pas fait, la France ira-t-elle jusqu’au bout ?

La question éthique
Nous le regrettons tarde après tarde, le premier tiers « part en sucette ». Les professionnels se foutent de l’expression de la bravoure du toro. Ils veulent juste qu’il soit piqué pour être toréable.
Les éleveurs ne sélectionnent plus sur la bravoure et encore moins la force ou plutôt si... cette force qui rend leurs bovins imbéciles et ennuyeux, à prendre 100 muletazos sans créer de sensation de danger ni d’émotion. Combien d’animaux (je n’ose pas écrire toros) se passeraient sans problème de 1er tiers ; ce n’est pas être anti-taurin que de le constater (heureusement qu’ils n’en sont pas capables).
Les picadors prennent des sueldos de 600 à 1000 € sans prendre de risque (95 fois sur 100) pour donner 1 ou 2 picotazos. Le système les pousse vers la sortie. Aujourd’hui, ils prennent de l’argent mais demain ? Existeront-ils encore longtemps ? Force est de constater que l’amour du castoreño et des toros a de très courtes limites financières.
Comment justifier de piquer même légèrement des animaux sans force ? Tout va dans le sens de la disparition du premier tiers ou de le réduire à une parade symbolique. Ce n’est pas la taille de la pique qui empêche le toro de s’exprimer mais le toro lui-même qui n’a pas le mental suffisant. La sélection des éleveurs pour faire plaisir aux toreros et apoderados en est directement la cause. Les études génétiques, commandées par Alvaro Domecq dans les années 1990, sur les relations entre la faiblesse et la noblesse l’ont amplement démontré.
Que l’on ne me parle surtout pas des goûts du public. Si le toro avait du poder et de la fijeza, ce qui n’est pas incompatible avec la noblesse, le public s’en contenterait comme il se contente des bédigues sans force du quotidien.
Je n’ai entendu personne à Madrid siffler l’extraordinaire (pour ceux qui étaient sur les gradins de Las Ventas et non devant le téléviseur) corridón de Palha de la San Isidro. Si elle avait été toréé par 3 des 10 premiers toreros de l’escalafón, elle aurait donné toute sa valeur au premier et au dernier tiers surtout. Mais les vedettes ne veulent pas transpirer et la noblesse agrémentée de force encastée les effraie. La densité des châtiments peut se doser (c’est déjà le cas avec les picotazos aux toros de vedettes) avec la puya réglementaire.
Voilà pourquoi la pique andalouse, demandée par les éleveurs (étonnant non ?) va dans le mauvais sens de la corrida, du premier tiers et accentuera le déclin de la bravoure du toro.
Laurent Giner
Président de l’ANDA

19 juin 2008

Beaucaire : l'ANDA écrit à Monsieur le Maire


Monsieur le Maire,
Comme vous l’a indiqué notre président Laurent Giner lors de votre entrevue, l’ANDA se félicite de la nouvelle politique taurine torista beaucairoise. L’idée d’inscrire une nouvelle date aux pèlerinages taurins annuels ne peut que nous réjouir et enfin donner à Beaucaire une véritable image.
La raison de ce courrier fait suite aux déclarations lues sur le site Terres Taurines le vendredi 13 juin (lire ci-contre).
Nous nous permettons de réagir à un problème de fond qui est, comme vous le savez, notre cheval de bataille depuis notre création.
Le premier tiers, puisque c’est de lui qu’il s’agit, ne saurait être galvaudé ni passé outre un règlement taurin municipal. Utiliser des piques plus petites comme celles de Séville 2008 est anti-réglementaire. La ville adhérente et membre du bureau de l’UVTF ne peut se soustraire à son règlement. L’ANDA avait d’ailleurs mis en garde l’UVTF contre le règlement andalou en vigueur début 2006. (Cf. Compte rendu de l’assemblée de l’UVTF du 26/11/2005.)
Quand bien même il y aurait accord avec l’UVTF le problème de fond reste inchangé.
La valorisation du premier tiers, et nous en sommes le premier demandeur, passe par d’autres critères que la diminution de la taille de la pique, la diminution de nombres de piques (passé de 3 à 2 en 1992) ou l’utilisation d’une pique de tienta.

· Le choix des toros reste primordial : les éleveurs sélectionnant des toros sans force ne pouvant supporter un premier tiers digne de ce nom, n’ont rien à faire dans un ruedo.

· Mettre en place des délégués aux piques afin de vérifier le montage et la bonne utilisation de ces dernières pendant la course

· Le choix des toreros ayant une approche professionnelle de la lidia est à privilégier. Il est le lien entre le toro et la présidence.

· Le ou les corps de présidence doivent être choisis pour leurs compétences et leur connaissance du toro. Leur capacité à dialoguer avec les toreros et leurs cuadrillas, afin d’imposer une lidia réglementaire, sera déterminante pour imposer un règlement trop souvent bafoué.

Nous demandons à la ville de Beaucaire de réétudier ou de retirer ce projet de pique andalouse sur le simple principe du respect du règlement taurin.
Il serait mal venu que Beaucaire ville « d’avenir taurin » mette la France taurine sur les rails qui mènent au terminus de la corrida sans picador. Ce n’est pas dans les objectifs de la ville, nous en sommes persuadés, c’est donc pour cette raison que Beaucaire doit redresser son cap.

Veuillez, Monsieur le maire, accepter nos sincères salutations aficionadas.

Précision Je voudrais rajouter que si des essais de ces piques doivent être faits sur Beaucaire ou ailleurs, qu'ils le soient à titre d'essai avec un vrai protocole d'essai :
- Demande officielle à l'UVTF ;
- 3 toros piqués avec des piques réglementaires ;
- 3 avec des piques andalouses ;
- Analyses des tiers de piques toro par toro, depuis les gradins (notation sur la durée de la pique, son emplacement...) et
- Analyses des impacts des piques aux abattoirs.
Qu'au moins cette marche arrière (une de plus sur les fondamentaux) serve à quelque chose...
Laurent Giner

18 juin 2007

Des preuves accablantes !


Des vieux cons passéistes et rétrogrades. C’est ce que je me dis lorsque je me remets en question sur ma vision de la tauromachie, ou lorsque j’écoute mes amis aficionados. J’ai écrit aficionados, pas simples spectateurs de féria. La différence entre les deux est largement perceptible et n’est pas aficionado qui veut.
Cette image doit forcement ressortir dans la tête des néophytes qui nous écoutent parler de toros. La question est : comment aujourd’hui leur montrer ce que doit être un toro de combat ?
Qui serait capable aujourd’hui de lire et comprendre Tío Pepe lorsqu’il écrivait sur la lidia, la pique et la bravoure ? Il nous a quittés voici quinze ans et ses derniers écrits ont un décalage d’un siècle avec ce que l’on voit aujourd’hui.
Sans idéaliser les années 80-90 qui nous ont offert leurs lots de déceptions et de scandales, les empresas avaient à cœur d’essayer de présenter des toros de catégorie.
Pour ceux qui, comme moi, ont connu des toros pleins de force, capables de supporter des châtiments immenses à la pique, sans fléchir, tout en gardant suffisamment de force jusqu'à la mort, ceux-là doivent regretter ces temps pas si lointains. Ces toros suscitaient l’admiration, de leur débarquement aux corrales jusqu’au jour de leur sortie en piste. L’impatience et l’attente de voir sortir ces toros étaient fréquentes chez les aficionados.
Comment ne pas penser à ces toros lorsque sorti des corrales d’Arles à Pâques, il était impossible de faire la différence entre les toros du vendredi et les novillos du lendemain matin ?
Que font les membres de la CTEM ? Les callejones et autres invitations les empêchent-ils de s’exprimer ? Que leurs voisins Nîmois, Biterrois, Dacquois et autres ne sourient pas, ils sont sur la même mauvaise direction.

Le premier tiers
Son évolution dans les années 90 a tracé le chemin de sa perte.
La loi Corcuera de 92 : elle a diminué de 2 à 3 piques le châtiment en arène de 1ère catégorie et n’a fait qu’officialiser une pratique courante dans les autres arènes.
Le peto en kevlar : si léger mais sans prise rendait plus difficiles les assauts sur la forteresse montée.
Le dressage des chevaux : il les a aidés à mieux se défendre lorsqu’ils sont sur la tête des toros.
André Viard, qui n’est pas en manque d’idées pour faire parler de lui, a depuis quelques semaines lancé l’idée sur son site de remplacer les piques de toros par celle de novillos et d’utiliser plus fréquemment la pique de tienta.
La revalorisation du 1er tiers est nécessaire mais pourquoi vouloir niveler par le bas ?
Les immondices de bovins que l’on nous propose en corrida et novillada ne méritent, en général, pas le nom de toro bravo. Les résultats d’analyse post-mortem de tous les animaux de la dernière féria d’Arles (Pilar non compris car brûlés) donnent des blessures de pique très superficielles voire nulles. Seul un toro d’Antonio Palla a reçu un châtiment, donc des blessures dignes d’une vraie pique.
Leur faiblesse ou manque de force n’est donc pas dû aux picadors ni aux blessures.
André Viard va certainement me rétorquer que ces mêmes analyses effectuées à Madrid et Bilbao donnent des résultats catastrophiquement opposés.
Ce qu’il oublie de dire, c’est que se sont dans les arènes de première catégorie où l’on pique le plus mal. C’est aussi dans ces plazas que l’on trouve les plus grands, les plus beaux et plus cornus toros d’Espagne. Relation de cause à effet….
Comment comprendre les picadors qui cautionnent et se complaisent dans cette corrida light du quotidien de la temporada ? Voient-ils que leur fin est proche et qu’ils sont certainement les derniers, encore un peu utiles, centaures au castoreño ?
Après tout, combien de toros aujourd’hui, pourraient être toréés sans être piqués ?
Ce ne sont en tout cas pas les blessures constatées en post-mortem ou l’intensité du premier tiers vu des gradins qui me contrediront.

Les toros
Les picadors ne sont pas toujours très bons, certes, mais nos responsables et grands penseurs taurins devraient s’en prendre un peu plus aux éleveurs. Bien-sûr, mettre à l’index les ganaderos sans parler des pressions des apoderados, toreros, empresas serait réducteur et injuste en ce qui concerne l’afeitado.
Pour le physique et le moral du toro, les ganaderos peuvent encore rester maîtres dans leur fincas.
L’évolution depuis 15 ans du physique du toro de combat ne fait à ce jour plus de doute. Une fois encore, les carcasses des toros en disent long sur le sujet.
Le poids en canal, ou poids en carcasse en bon français, a toujours servi de référence pour contrôler les poids vifs de chaque toro.
Ce poids en canal pour le toro de lidia était, il y a peu, de 50% du poids vif.
Chez les bovins domestiques (viande), ce rapport est de 65 %. La sélection poussant à l’optimisation du volume de viande, les animaux domestiques augmentent le pourcentage du poids en canal.
L’équilibre du toro a été inversé. Le poids s’est déporté sur l’arrière train. Le toro a perdu de sa superbe, de son port de tête altier afin de mieux pouvoir la baisser, afin d’humilier comme « ils disent ». Seulement, la force, le toro l’a toujours eue sur les épaules, pas sur les cuisses. La conséquence directe de cette métamorphose est le manque de force du toro et son incapacité à s’exprimer au cheval. La transformation est telle que lorsque sort un vrai toro (yonnet de la concours d’Arles 2004 ou les 3 Sánchez-Fabrés de Saint-Martin 2007), les spectateurs s’étonnent du gabarit de tels animaux.
Le toro de combat d’aujourd’hui se rapproche à grand pas du ratio des bovins domestiques (58 à 62 %). Tout ce qui faisait la beauté du toro de lidia a été réduit : le cou, les cornes, la tête, les pattes, le poitrail...
Si l’on rajoute à cela le peu de combativité et de force à prendre les piques... il n’y pas loin du raccourci à maltraitance à animaux domestiques.
L’ANDA se bat pour la défense du taureau de combat depuis toujours mais aujourd’hui défendre ça, ne comptez pas sur elle.
Au contraire des grands penseurs de la mouvance actuelle, qui voient la fin de la corrida se pointer avec les gros sabots des antis, nous pensons que le danger vient de chez nous.
Les taurinos sont plus habiles, mercantiles et forcement peu intègres pour défendre notre patrimoine.

La disparition de la corrida, telle qu’elle existe, est annoncée pour demain. Son déclin a déjà commencé sournoisement. Les vérités contrôlables et quantifiables citées ci-dessus, ne sont que des preuves accablantes.
Laurent Giner
Président de l'ANDA

Photographies des novillos de Sánchez-Fabrés (Coquilla) lidiés à Saint-Martin-de-Crau en 2007.

>>> Voir aussi la galerie Hros. de Alfonso Sánchez-Fabrés sur le site.

11 décembre 2005

UVTF (II)


L'ANDA, par la voix de son Président, Laurent Giner, n'a pas tardé à réagir aux évènements du week-end. Voici le communiqué de l'Association Nationale des Aficionados :

Nîmes : ville d'afeitado légalisée
Ces Nîmois nous font rire parfois lorsqu'ils essayent de nous persuader que leur ville est la deuxième cité taurine du monde ou la troisième pour certains moins prétentieux. En revanche ils deviennent très énervants, lorsqu'ils agissent en franc-tireur dans l'affaire PALHA-UVTF.

ACTE 1 : l'analyse de cornes
Les arènes et la ville de Nîmes se sont soumises aux analyses de cornes, avec un protocole établi depuis 4 ans, comme toutes les villes de l'UVTF. Lorsque des élevage ont été interdits, Nîmes a toujours suivi les consignes (sauf pour les Victoriano del Río de février lidiés 15 jours après l'AG de l'UVTF). Jusque-là, personne ne s'est plaint des protocoles, ni des façons d'analyser. Comment la commission taurine et ses satellites peuvent-ils à ce jour remettre tout cela en cause ?
Depuis quand M. Fournier s'occupe t-il de tauromachie à Nîmes ?
Même lorsque l'AG de l'UVTF se tient à St-Gilles ou Béziers, il n'assiste aux débats et encore moins aux votes.
Comment le président de la CTEM ose déclarer sur Radio France « ne pas comprendre la décision de l'UVTF car Nîmes n'a jamais porté plainte » ou remettre en cause les résultats d'analyses des cornes ? C'est un peu fort de café ! Il y a incontestablement eu fraude. Les analyses faites par l'Association des Vétérinaires Taurins et la contre expertise accablante du Docteur Sautet l'attestent. Personne ne peut aller à l'encontre de ces résultats scientifiques, pas plus le maire, la commission taurine que son président ou n'importe quel aficionado. En ce qui concerne le protocole de prélèvement, rien ne pourra changer tant que le frontal ne pourra pas être récupéré entièrement (pour cause d'ESB) Quoi qu'il en soit, Nîmes n'a pas à remettre ce protocole en cause, puisque même les ganaderos incriminés ne le contestent pas.

ACTE II : ganaderías et langue bleue
Annoncer que l'on ne peut pas se passer de PALHA en ces périodes de disette ganadera, c'est avoir une vision du campo bien étroite. Les gradins se remplissent, quoi que l'on affiche, les dimanche et lundi de pentecôte. Il suffit de chercher un petit peu ailleurs. Nous pouvons vivre une saison taurine différente des autres (à Nîmes comme ailleurs). Le problème d'épizootie devrait décupler l'imagination de nos directeurs d'arènes et de leurs représentants au campo. Imaginons-les arpentant le campo de Salamanca pour trouver la perle rare, dans les 350 élevages à disposition, UCTL (1er groupe) et ANGL (2ème groupe) confondus. Nîmes peut très bien se passer des PALHA une année. Arles s'est bien passé des MIURA en 2005. La corrida du dimanche n'est pas non plus la clé de voûte de la féria. Même si nous aimons et soutenons le comportement de cette ganadería, les sanctions doivent s'appliquer à tous y compris a ceux que nous aimons (je parle des toros).

ACTE III : aficionados, réagissons !
Nous avons donc été trompés (vous allez me dire que ce n'est pas la première fois) et pris pour des c... par le ganadero. Si en plus la ville de Nîmes s'y met... Concernant le vote en AG de l'UVTF, elle aurait pu au moins, avoir le courage de ses opinions en votant contre l'interdiction. Verdict sans appel : sin vergüenza.
Nous allons donc jouer notre rôle de con... sommateur aficionado reboussié. Par respect pour tous ceux qui n'ont jamais réussi à obtenir d'analyses de cornes ; pour tous ceux qui se sont empêtrés dans des méandres juridiques avec des avocats ou des huissiers à la solde des villes et organisateurs, nous n'avons pas le droit de laisser cette affaire en l'état et clore ce dossier. Dommage qu'une de nos ganaderías préférées soit au coeur de la tourmente. Jamais plus, nous n'aurons une telle situation à notre avantage (analyse et contre expertise accablante). Accompagnés d'amis aficionados détenteurs du billet, nous allons déposer une plainte. Quel que soit l'objectif judicaire que nous choisirons, les organisateurs qui présenteront des toros de PALHA en 2006, auront droit a des distributions de tracts et des banderoles non officielles* déployées sur les gradins. A très bientôt, bon hiver à tous.
Laurent Giner
Président de l'ANDA

* Nous avons demandé à l'UVTF de supprimer l'article 31a interdisant l'entrée aux arènes de banderoles non officielles avec l'en-tête des clubs taurins (suite aux problèmes montois). Ils nous ont répondu par la négative. En clair, nous pouvons payer, applaudir mais pas manifester.

05 décembre 2005

Les maux bleus


Le mot du président de l'ANDA joint au palmarès de ladite association est passé quelque peu inaperçu dans leur site pourtant minimaliste... Nous vous le proposons donc ici.

Les maux bleus
Notre assemblée générale vient de clôturer la saison taurine 2005. La tauromachie vit encore, tout au moins celle que nous concevons. Cette tauromachie c’est celle où le toro est roi, où l’on a gardé ou essayé de garder intacte son intégrité. Merci donc à ces placitas citées dans le palmarès mais aussi aux locomotives que sont Vic et Céret, perdues au milieu de la ronde des grandes férias. La saison a été très moyenne voire mauvaise, aux dires de l’afición, notre palmarès en est malheureusement le reflet. Le toro, élément fondamental de la corrida, n’est que trop souvent l’ombre de lui-même. Peu de force, peu de race, beaucoup de noblesse imbécile et les résultats sont là. « Mais où sont les batacazos d’antan ? » chanterait le poète. D’un problème récurant depuis plus de 10 ans, ajoutons cette temporada la langue bleue. Un temps abattue par cette nouvelle, l’afición y a trouvé une certaine réjouissance. Nous allions enfin vivre une saison taurine différente des autres. Le problème d’épizootie décuplerait l’imagination de nos directeurs d’arènes et de leurs représentants au campo. Nous les imaginions déjà arpentant le campo salmantin pour trouver la perle rare, dans les 350 élevages à disposition, UCTL et ANGL confondues. Les vedettes qui voudraient venir se remplir abondamment les poches dans nos arènes, devraient se plier aux nouvelles contraintes du marché. Rêve utopique haut de gamme, pour aficionado lunaire. Nos directeurs d’arènes se sont jetés ensemble sur les mêmes élevages, qui font le malheur de l’afición depuis quelques années (Montalvo, Puerto de San Lorenzo, Domingo Hernández…). L’ANDA et d’autres initiés, connaissaient par avance les résultats à 98% (voir Taquill’ANDA). Les organisateurs professionnels seraient-ils moins bien informés que les amateurs que nous sommes ? Ou peut-être le choix des toros ne les intéresse pas ? Une fois encore nous les avons surestimés, mais le pire reste à venir. La fièvre catarrhale a gagné du terrain et le nombre d’élevages à disposition se réduit à vue d’œil. Peut-être, verra-t-on les férias marathon (2 spectacles par jour) se réduirent et les corridas ou novilladas de 3ème zone, aux montages douteux, disparaîtrent. Pour en terminer concernant le toro, l’afeitado se légalise, se professionnalise. Les corridas scandaleusement « tronçonnées » ont disparu. (Certains esprits fins me rétorqueront que c’est grâce à l’absence de MIURA). Plaisanterie mise à part, l’afeitado est devenu plus fin, mieux soigné afin de rester dans la norme tolérée. Pour preuve, les analyses de cornes effectuées par l’UVTF donnent une augmentation des résultats positifs sur une corne. Peut-on imaginer les barbiers ne travaillant que sur une corne ? Quant au certificat d’arreglado : il en pleut, il en pleut, il en pleut… L’effet de l’affrontement Palha-UVTF se fait sentir. Notre trait d’humour à ce sujet, dénonce bien le manque de tenue de ce "ganaduro". Il n’est nullement question de remettre en cause le comportement intéressant des toros marqués du P mais celui de leur propriétaire. João Folque se devait, cette temporada plus que toute autre, de redorer son « blason royal » terni par la dernière saison. Il s’est enlisé lamentablement avec pour couronnement une contre-expertise plus accablante que la première. La sanction mériterait d’être doublée. Pour finir cet état des lieux de la maison corrida, le livre Otros d’Emmanuel BLANC, primé en plume d’aigle ouvrira les yeux de certains réfractaires nous traitant de « pisse vinaigre ». Des produits illicites sont utilisés sur des taureaux de combat. Luis Fernández SALCEDO s’en plaignait au début des années 70. Les produits ont évolué, leur utilisation aussi. Contrairement aux chevaux de course, la viande de toro se consomme, des problèmes de santé publique sur la viande de toro ne seraient pas les bienvenus. Messieurs les organisateurs, prudence.
Laurent Giner
Président de l’ANDA