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16 décembre 2009

El presidente de la UCTL afeita sus toros


No lo decimos nosotros pues, por supuesto, no se nos permitiría. Lo dicen los resultados oficiales, positivos y muy serios, de los análisis de los pitones de dos toros de la corrida que se lidió en Arles en 2009. Estos resultados han sido comunicados por el veterinario Dr. Compan en el congreso anual de la UVTF (Unión de ciudades taurinas francesas) que se desarrolló en Mont-de-Marsan el domingo 13 de diciembre del 2009.
Como de costumbre se han analizado dos toros por corrida, y los dos de Arles resultaron posivitos, es decir, afeitados sin lugar a dudas.
Curiosamente estos resultados positivos han sido callados por el portal bodeguero, entre otros, pero en el fondo creo que lo han silenciado por un motivo muy sencillo: la Unión de ciudades taurinas francesas, a pesar de estos resultados, se ha negado a imponer las sanciones previstas por el reglamento de dicha asociación.
Esa es la gran ventaja francesa para los afeitadores. Un reglamento de una asociación no es una ley, y es muy fácil hacer con él lo que les dé la gana, sin que ello suponga algún problema con la justicia o las autoridades.
Además hay que decir que el señor Miura lidiará en Francia en 2010 por lo menos cuatro corridas... y eso, a pesar de afeitar sus toros descaradamente en 2009.
Pero sí... Me equivoco... Los socios de la UVTF han sancionado el señor Miura: en 2010 se van a analizar no dos, sino cuatro toros por festejo. ¿Y si dan positivos los cuatro? Pues en 2011 seguramente analizarán los 6... y así, ¿hasta dónde? ¡Vaya chulería!
Mientras tanto todos se dan la enhorabuena tratando de inscribir la fiesta como patrimonio inmaterial de la humanidad.
La verdad es que, cada día que pasa, en esta fiesta lo más inmaterial es el toro, sus defensas, su fiereza, su poder, sus encastes, su integridad. Y esto sí que es una gran pena.

21 septembre 2009

Arles, encre et lumière


Après la journée du patrimoine, retour sur une course pour l’histoire…

La lumière était blanche et dure comme la pierre. Le soleil cognait fort les casques des cohortes éparses des spectateurs. Une vengeance astrale pour faire oublier le grelottement de l’an passé. Les gradins se sont garnis. Une travée pleine, l’autre creuse, noircie par-ci, vide par-là... et là... et encore là... Une carte perforée de piano mécanique. Allez, musique et paseo !
Blanche l’arène, noires les lunettes.

Partido de ResinaGris le toro, un de Partido de Resina de 580 kg, rond comme un patapon, fond sous le cagnard en moins de temps qu’il ne faut pour tirer un trait sur les illustres pablorromeros. Il entre plein d’envie et mord la poussière avant la pique, à la sortie d’un capotazo. Les déplacements deviennent difficiles. Dès le second puyazo, la bouche s’ouvre largement, la langue pendouille à la recherche d’un second souffle. Volontaire, il retourne une troisième fois au cheval, ressort exsangue, saigné à blanc mais conserve une qualité de charge toute en douceur. Une noblesse dont López Chaves ne tire aucun avantage. Un bajonazo conclut le face à face. Déception !


PalcoAgitation soudaine sous le palco. Que se passe-t-il ? Conduit à l'infirmerie sans avoir toréé, Sánchez-Vara ne reviendra pas. Un problème médical l'empêche de poursuivre. Perplexité dans l'amphithéâtre. Quand on se sait diminué, pourquoi prendre le risque de mettre tout le monde devant un désagréable fait accompli, organisateurs, compagnons de cartel et spectateurs ? Surprenant interlude que cette fin sans début ! Sur les travées, les voix qui expriment leur étonnement déclencheront les foudres de la critique. Ce 11 septembre 2009 personne n’osera employer l’habituel qualificatif de taliban ou d’ayatollah. Juste quelques perfidies, de simples allégations frisant le ridicule. Elles sont où les hordes "toristas" ? Les bataillons de braillards qui réclament du toro-toro, où qu'ils sont ? Ah ! Ça pour beugler...

Des aficionados, sur les tendidos, il y en avait. Certes, pas autant qu’on aurait pu le souhaiter, un vendredi à 17h 30... Outre le fait qu’à pareille heure, un jour ouvré, certains... œuvrent, d’autres, pour arriver à temps, ont bien tenté la téléportation. Ils se sont heurtés à la vénalité du passeur, Monsieur Spock. Excédés par son intransigeance, ils lui ont taillé les oreilles en pointe. Et pour la féria des Vendanges ? Qui est libre un jeudi soir à 17h30 pour fêter dignement les 150 ans de la ganadería française la plus prestigieuse ? Et vendredi matin à 11h, qui assistera à la novillada de La Quinta ? Les "toristas" ? Comment ça pas dispos ? Vous le faites exprès ! Faudra pas venir se plaindre. Ça, pour beugler...

Conde de la CorteRendons à César ce qui appartient aux Consuls. Les empresas qui désirent se débarrasser de spectacles encombrants ne s'y prendraient pas autrement. Pourquoi blâmer une partie de l’afición en évitant d’égratigner ceux qui décident ? Le courage consiste-t-il à culpabiliser ceux qui subissent en épargnant ceux qui choisissent ? Que chacun assume ses responsabilités et les vaches braves seront bien gardées. Colère noire !

Noir aussi, le toro du Conde de la Corte qui bouscule l’ordre de préséance de la corrida concours. Au diable l’ancienneté à Madrid ! Adaptons-nous au mano a mano. The show must go on !
Un toro haut, allègrement charcuté le long de l’épine dorsale par une pique incertaine. Trois fois dans l’échine, trois ! Un traitement de faveur qui n’entame en rien sa vaillance face aux banderilleros. Un des subalternes vient saluer en piste. Fernando Cruz débute sa faena aux planches, en gagnant le centre, laissant entrevoir de bonnes dispositions. Il cherche à donner de la distance, ne trouve pas le rythme et perd pied devant un animal qui finit par accuser le coup en réduisant sa charge. Au second pinchazo, l'affaire est entendue. Dommage ! Il y avait mieux à faire sur les deux cornes.

Clavel BlancoLe panneau annonce 'Clavel Blanco' du fer de María Luisa Domínguez Pérez de Vargas. Attention, concentration ! On revient à l’ordre de sortie initial. 'Clavel Blanco', un grand échalas de 610 kg, noir de jais. Le guardiola se moque de son patronyme. Il hésite, part au centre, freine, observe, repart en traçant dans la poussière les brusques arabesques d'une calligraphie récalcitrante. López Chaves, entre pleins et déliés, compose à la cape une trajectoire zigzaguante qui s'arrête net devant la cavalerie, loin.
¡Dejálo! Crie-t-on dans les tribunes.

Clavel Blanco'Clavel Blanco', ni fleur ni blanc, cet œillet-là vient faire sa révolution. A la charge ! Il gicle droit sur Quince. ¡Batacazo! Juan Luis Rivas marque le sol de son empreinte. Dégommé le canasson, plié, couché, balayé. Le toro insiste, s’éloigne subitement direction le toril, se ravise, d’un coup sec se retourne, observe les dégâts et repart au combat. Surprenant, à ne juger ni sur le nom ni sur la mine. Une mine de plomb. Cinq assauts. Cinq traits vifs, directs, fougueux, rageurs, grandioses. Cinq zébrures, cinq déchirures. Du grand art !

Clavel BlancoDe la caste à revendre, constamment sur la brèche, poursuivant bouche close ceux qui passent sous son mufle. Il entre avec envie dans la muleta de López Chaves sans pardonner la moindre erreur. Le torero se cramponne ne parvenant pas à hisser sa tauromachie. Une estocade entière.
Le toro reste là, droit, bouche fermée, sans une plainte, à lutter jusqu’à la fin, jusqu’à ce qu’on retire la lame. Alors, lentement, pas à pas, il s’avance et vient mourir au centre. Un frisson parcourt l’arène. Mouchoir bleu et mouchoir blanc. Arles debout, s’incline devant un Señor Toro. Respect ! L’arrastre accélère, passe la porte dessinant l’ultime trace sur le sable de la mémoire... Les yeux brillent.

YonnetDifficile pour 'Blanquet' d’assurer la succession. Il trottine, indécis, smoking blanc et bottes noires. Quel poids pour un toro ! 150 ans. Toute l’histoire de l’élevage repose sur ses épaules. Plus qu’un fer, une famille, une institution. Chapeau Monsieur Yonnet !
'Blanquet' tente de tenir son rang. Un peu trop rude au goût des cuadrillas et du torero. Rien ne lui sera épargné. Massacré à la pique où il ne se montre pas très brave. La terrible correction déclenche trois broncas consécutives. Le lamentable tercio de banderilles provoque à son tour l’irritation sur les gradins. Et pour finir Fernando Cruz, échaudé par la vivacité encore intacte de l’animal, escamote la faena. Désolant ! Applaudissements pour ce toro qui aurait dû, normalement, boucler l’après-midi.

Prieto de la CalC’est le hasard qui donne tout son sens au dicton. Prieto de la Cal, no hay quinto malo. 'Aguardentero', 605 kg, un veragua clair comme une bulle de savon. Un jabonero de La Ruiza, la maison mère, là-bas, au fin fond de l'Andalousie. Lui aussi est venu faire parler la poudre. Si l’on en croit la poussière qu’il soulève, il tient promesse. Quatre puyas. En venant de loin, de très loin, en poussant, en mettant et les reins et le coeur. Quatre impacts, deux batacazos. Changement de tiers. Pour ceux qui ont vu son ainé, 'Farolero', traverser quatre fois le ruedo de Saragosse lors d’un tercio de piques mémorable, la décision de la présidence reste définitivement incompréhensible.

Prieto de la CalEn quittant les arènes, Tomás Prieto de la Cal ne cache pas sa frustration. Ce furent les plus belles piques de l’après-midi et de tant d’autres tardes. Nous ne devions plus voir grand-chose. López Chaves offre quelques séries latérales qui finissent par exaspérer l’assistance et conclut laborieusement après plusieurs tentatives calamiteuses et un descabello. Navrant !

Celestino CuadriLa malédiction plane actuellement sur l’élevage de Cuadri. Sombre présage pour le numéro 48. L’animal entre pourtant de la plus fracassante des maniéres, cognant les burladeros à chaque appel. Il prend les trois piques réglementaires, sans conviction. Décasté. Fernando Cruz rompt le combat et range la muleta rapidement. ¡Una pena! De la peine, oui ! Pour Cuadri et pour Cruz. Atones.

Une corrida concours pour se souvenir en refermant les yeux comme on garde les rêves. 'Clavel Blanco', un toro noir d’encre qui lançait des éclairs, "obscure clarté qui tombe des étoiles" (Corneille in Le Cid - l’autre, pas le torero...).

16 septembre 2009

Une corrida concours pour le souvenir


Laurent Giner, ex-président de l’ANDA, nous a transmis le texte suivant.

9 piques en 2 toros. 3 ou 4 batacazos vrais, explosifs. Des piques, nous aurions pu, nous aurions dû en voir 2 ou 3 de plus au prieto de la cal, mais le palco… Pour une fois que nous avions un concours de piques plutôt qu’un concours de muletazos…
Bref, au réveil le samedi nous étions quelques-uns à n’être toujours pas descendus de notre nuage. Nous nous sommes téléphonés afin de nous assurer de ne pas avoir rêvé, d’en parler et en reparler, comme pour retenir ces souvenirs et les faire revivre.

Le Tío Pepe disait : « Aussi, m’adressant plus particulièrement aux jeunes aficionados, je leur dis simplement : à toutes les époques, il y a eu des gens qui ont perdu l’afición, et toujours sous le même prétexte : qu’il n’y avait plus de toros ! Pour ma part, j’en ai connu dans ma jeunesse, et je pourrais en citer aujourd’hui. Je ne suis pas d’accord. Et c’est pourquoi je dis aux jeunes aficionados d’âges ou de vocation : « soyez toujours vigilants, mais gardez confiance. Il y a encore de beaux jours pour la fiesta brava ! Seulement, ne vous trompez pas : cela dépend en partie de vous ! » Conférence de 1976 « De l’aurochs à la corrida moderne ».

Ces deux toros ont sauvé la programmation de la corrida concours. Ce concours qui gêne la direction des arènes d’Arles depuis longtemps et dont l’enterrement était prévu vendredi dernier. Car pourquoi programmer un concours le vendredi après-midi sans aucune tête d’affiche avec 3 bouche-trous quasi inconnus aux arènes d’Arles ? Si ça n’est pas un homicide cela y ressemble fortement, j’en suis personnellement convaincu et beaucoup d’aficionados arlésiens aussi. Comme le soulignait le phare de Vieux-Boucau (attaché de presse informel) dans son édito de samedi : « Mais on retiendra aussi malheureusement, au vue de l'entrée, que l'aficion torista assure de moins en moins la recette dans les spectacles montés selon ses voeux. Faut-il en conclure que la saison a été trop longue - ce serait un moindre mal -, ou que ce public se réduit ? »
La mise en scène était donc préparée mais la caste, la force et la puissance ont tout chamboulé. La corrida concours reviendra certainement le dimanche, aux prochaines prémices du Riz.
Comme quoi le Tío Pepe savait voir loin. Vive les toros puissants, méchants, poderosos, intègres, farcis de caste et de bravoure. Que cessent les faenas de 100 passes. 20 bien rématées suffiront et comme disait Antoñete : « Il y a des faenas qui durent 4 minutes et trop qui en durent 10 ; mais dans aucune faena il y a plus de 20 muletazos parfaits. »
Laurent Giner

14 septembre 2009

Arles, 13 septembre 2009


>>> En rubrique RUEDOS du site, une galerie consacrée à la corrida du 13 septembre 2009 à Arles.

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12 septembre 2009

Adiós Maestro


Willy Ronis s’est éteint ce matin du samedi 12 septembre. Les RIP avaient eu le bon goût de lui consacrer cette année une rétrospective absolument époustouflante.
Sans transition et puisque nous en sommes à évoquer la photographie, voici le site de Steve McCurry qui nous a été déniché par JotaC. McCurry fait partie de la célébrissime agence Magnum dont le site est une véritable mine, mais où hélas les photographies ne sont pas franchement mises en valeur. A l’inverse, le site personnel de Steve McCurry est un véritable plaisir pour les yeux.

Sinon, et sans aucun rapport, en rubrique RUEDOS du site vous avez une galerie consacrée à Julio Aparicio.

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'Clavel Blanco'


Au fond de son corral, isolé des autres, il ne nous plaisait pas. Et puis 'Clavel Blanco', ce n’est pas un nom pour un toro ça. Et puis María Luisa, ça fait combien d’années ?
Panneau. Pérez de Vargas. Numéro 38. 610 kilos. Né en septembre 2004.
610 kilos. Tu es certain qu’elle fonctionne la balance ? Un maría luisa de 610 kilos. Ça existe ça ?
Et puis de tout façon les taurins te l’ont dit et répété. 610 kilos, c’est trop gros, bien trop lourd. Ça ne peut pas charger 610 kilos, impossible.

Il est sorti avec ses cinq ans et des idées très arrêtées, complètement arrêtées même. On s’est dit que c’était peut-être un manso perdu, plus certainement un corralero.
On s’est dit aussi que ce genre de vieux briscard risquait fort de dessouder la cavalerie au premier assaut, partir en ruant et s’éteindre doucement.
Nous avions presque raison, et encore, pour le début des pronostics. Pour la suite, je ne te raconte même pas.
Cinq piques et une vingtaine de minutes plus tard je me disais que dans cette temporada marquée par une médiocrité générale et sans frontières nous avons eu l’immense chance de croiser la route de 'Diano' à Carcassonne, puis celle de ce 'Clavel Blanco', tout noir, ici à Arles.
Il fallait les entendre les mayorales, agglutinés dans leur burladero.
- "¡Otra! ¡Otra! ¡Cláro que puede!"

Je me demande ce que ça aurait pu donner si López Chaves avait été à la hauteur, s’il lui avait laissé la possibilité de s’élancer de loin, au lieu de l’étouffer. Nous ne le saurons jamais. Nous nous contenterons de méditer sur la grandeur de ce 'Clavel Blanco', qui a dû se débrouiller tout seul pour nous la faire partager.
Hier soir avec JotaC on se disait que nous mettions 'Diano' devant 'Clavel Blanco'. Ceci dit, toutes proportions gardées évidemment, puisque 'Diano' n’était qu’un novillo. Débat inutile. Juste un prétexte pour mélanger nos souvenirs. 'Diano', 'Clavel Blanco'. Caviar y caviar.

'Diano' et 'Clavel Blanco', le genre de toros que l’on comptabilise à la fin d’une vie d’aficionado, alors dans une même saison... Si ça ne relève pas du miracle, en tout cas ça y ressemble.

>>> Retrouvez une galerie en rubrique RUEDOS du site.

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06 septembre 2009

Arles - Corrida concours 2009


Vous avez en page RUEDOS du site une galerie de photographies réalisées aujourd’hui aux corrales de la ville d’Arles. Vous y trouverez quelques clichés des six toros qui sortiront en piste vendredi prochain. Vous verrez qu’ils sont aisément reconnaissables à l’exception du yonnet eu égard au pelage arboré, rare chez Hubert. Mais le fer est très lisible. Les élevages participants à cette corrida sont : Partido de Resina « antes Pablo Romero », María Luisa Dominguez y Pérez de Vargas, Tomás Prieto de la Cal, Hubert Yonnet, Héritiers de Celestino Cuadri Vides et Conde de la Corte. Sur le papier de nos souvenirs, c’est évidemment alléchant.

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01 septembre 2009

Feria du Riz & Espace Toro en Arles


La direction des arènes d'Arles nous informe qu’en prélude à la prochain Féria du Riz, l’Espace Toro sera inauguré le samedi 5 septembre à 18h30.

Visite des toros, tientas, courses camarguaises > Entrée gratuite.

L’Espace Toro restera ouvert au public jusqu’au jeudi 10 septembre inclus de 11h à 19h.

Arènes d'Arles - BP 40042 - 13633 ARLES CEDEX
Tel. : 08 91 70 03 70
Fax : 04 90 96 64 31
contact@arenes-arles.com
http://www.arenes-arles.com

03 août 2009

Autoportrait d'un timide


Un cliché totalement hors sujet pour annoncer la dernière galerie de la féria d’Orthez en rubrique RUEDOS du site consacrée à la novillada d’Ángel Nieves.

Un cliché hors sujet pris samedi dernier à Arles, pour les RIP, qui fêtent leurs 40 ans, et où il est interdit de manquer l’époustouflante rétrospective consacrée à Willy Ronis. Chez les plus contemporains un travail entêtant et en noir et blanc de Tomasz Gudzowaty, ou encore celui de Giorgia Forio, sans doute les deux expos qui m’ont le plus ému en presque sept heures de visites au pas de charge, c’est-à-dire en effleurant très superficiellement la soixantaine d’expositions.

Me faut maintenant y retourner, plus tranquillement, et déguster.

Autoportrait d'un timide

15 juin 2009

Le docteur Lebre se porte bien...


... très bien même. Le docteur Lebre est un retraité heureux, qui profite du temps qui passe et de la douceur de notre midi.
Nous le croisons très régulièrement aux arènes, à Arles, ou à Nîmes, entouré de sa clique de jeunes architectes très contemporains, d’une humeur toujours égale, avec sa barbe à la Hemingway, toujours impeccable. Plus que sa barbe naissante et blanche, le docteur Lebre a carrément des airs d’Ernest Hemingway. Et sans risquer aujourd’hui de froisser personne on peut aussi dire qu’il a eu plus de chance que le notaire.
Le notaire je ne l’ai pas connu, ni aux arènes ni ailleurs, et j’ai oublié son nom. Mais l’histoire n’a pas oublié qu’un jour un notaire a fait signer un viager à Madame Jeanne Calment. Vous connaissez la suite.
Au moment de la signature du viager, Victor Lebre n’était pas encore le médecin de Madame Calment. Il l'est devenu par la suite, et se souvient de cette dame qui lui faisait lire les lettres pleines d'humour qu'elle ne manquait pas d'adresser au notaire pour s'inquiéter de sa santé. Jeanne Calment était aficionada. Elle a même connu l’époque où les chevaux de picador ne portaient pas de protection. Ça paraît anecdotique mais ça laisse rêveur lorsqu’on y pense. Le docteur Lebre lui aussi est aficionado, depuis toujours. Et à son palmarès professionnel, il y a bien plus intéressant pour nous que le cas de la dame Calment.
C’était il y a longtemps. Pierre Pouly, était au seuil de la mort, en prise aux affres d’une maladie exotique attrapée aux Amériques, une maladie autrement plus définitive que la très contemporaine grippe porcine.
- Il revenait des Amériques. Il était fichu. Je le voyais partir. Il n’y avait plus rien à faire. A l’époque nous utilisions en médecine courante des doses de cortisone de 1 à 10 mg. J’avais dans ma trousse une dose de 100 mg. Je me suis dit, perdu pour perdu… Alors, craaac…

Victor Lebre, doucement, pose son verre, écarquille les yeux, écarte deux doigts, lève un pouce, et fait mine d’appuyer sur le piston de la seringue, comme il a dû le faire un jour, il y a plus de quarante ans, pour sauver Pierre Pouly.

- Craaac… je lui ai injecté la dose complète. Perdu pour perdu... Et là, il s’est réveillé, quasi instantanément, comme ressuscité ! J’avais l’impression d’avoir ressuscité Pierre Pouly. Il m’en a été éternellement reconnaissant. A partir de ce jour, il a voulu m’offrir un abonnement permanent en barrera aux arènes d’Arles. Hubert Yonnet a ensuite tenu lui aussi à perpétuer ce signe de reconnaissance.

Au moment de nous raconter la résurrection de Pierre Pouly, le visage de Victor Lebre s’est éclairé, sa bouche s’est arrondie d’étonnement. Le docteur a inspiré un grand bol d’air, gonflé ses poumons. Il semblait aussi étonné de nous raconter aujourd’hui ce miracle qu’il le fut sans doute le jour où il le réalisa, il y a plus de quarante ans.

18 avril 2009

Juan del Álamo


Arles, 18 avril 2009.

Ce matin, en me réveillant, j’ignorais tout de Juan del Álamo, novillero salmantin. J’ignorais même jusqu’à son existence à la vérité. Ce soir, vous me dites que demain il torée dans le coin, je prends ma voiture et je vais le voir, et en courant.
Je dis dans le coin car Florent vient de m’indiquer que demain, Juan del Álamo torée à Garlin. Et Garlin, pour moi, ce n’est pas vraiment dans le coin. Mais si pour vous, Garlin est votre coin, surtout courez, courez voir toréer Juan del Álamo.
Cet après-midi, à Arles, malgré un temps encore humide et triste, il fallait voir les mines réjouies de l’Afición à la fin de la novillada. Il fallait également écouter les conversations.

— Tu le connaissais toi ce type ? Juan de Álamo...
— Juan Del Álamo, non, jamais vu.
— Et il est d’où ? De Madrid ?
— Non de Salamanca.
— Ah... En tout cas quelle maîtrise. Il y a longtemps qu’il tourne ?
— Eh ben non. Figure-toi qu’il devait débuter en novillada piquée à Arles pour la féria. Mais à cause de la pluie, il a débuté à Mugron en fait.
— Quoi ! Il débute !?
— Oui, oui. Il se dit même qu’il n’a pas d’agent et qu’il doit louer ses costumes.
— Eh ben, il ne va pas avoir à les louer longtemps s'il continue ainsi !

Je pourrais vous en faire une page comme ça.
En ce qui me concerne, il y a plusieurs choses qui m’ont plu chez ce gamin.
Tout d’abord, une grosse paire de couilles associée à une tête très froide. Pourtant la novillada de Margé avait ses complications et en particulier son second, sans options comme on dit, mais plein d’épines. Jamais la moindre hésitation, toujours calme, à réfléchir et à ne pas rompre. Rester devant.
Et puis cette façon de se comporter en piste, de marcher, de se tenir. Aucune concession n’est faite à la galerie, aux gogos, ou aux chalands. Juan del Álamo c’est du toreo sec et dépouillé, vrai, simplement relevé d’une planta torera dont on se régale. Je crois que les photos parlent d’elles-mêmes.
Une planta torera et une façon de casser sa ceinture, de courir la main, de s’étirer pour conduire la charge, qui donne toute leur profondeur à ses muletazos.
Ce n’est évidemment qu’un premier contact, une découverte, qui demandera à se confirmer, à évoluer, à mûrir. Mais quel bonheur de voir enfin toréer ainsi...

>>> Retrouvez une galerie en rubrique RUEDOS du site.

14 avril 2009

Savalli


Le propre d’une surprise est de ne pas être attendue. Sinon, évidemment, ce n’est plus une surprise. Bon d’accord, je ne sais pas franchement comment débuter ce post pour vous dire que Mehdi Savalli, personne ne l’attendait, et que ce fut la surprise de la féria, la bonne surprise. Enfin si, il était attendu, mais avec plus de crainte que d’espoir. Et qui ne pensait pas, avant, qu’une corrida de Victorino était un trop gros morceau pour lui ?
Essayons d’imaginer ce que doit représenter ce moment pour un gamin sans trop de contrats, dans une passe plutôt mauvaise et avec un moral que l’on imagine guère flamboyant. Un lundi de Pâques pour Savalli, des arènes quasiment pleines et une corrida de Victorino Martín. Sur le papier c’est un peu un quitte ou double, ou une roulette russe. Je suppose qu’il y a mieux pour les nerfs.
Avant la course, qui aurait parié un kopeck sur Savalli ? Probablement personne et peut-être même pas lui. Les deux oreilles sont certes excessives. Mais le problème n’est pas là. Car prétendre disserter sur les oreilles arlésiennes (où nîmoises bientôt) est totalement inutile tellement elles ne signifient plus rien que des publicités sur Mundomachin. Alors se risquer à philosopher sur la question, autant aller prendre directement une corde et se pendre, sans autre forme de préambule.
La question, ça n'est pas les oreilles. Les aficionados devraient d’ailleurs militer pour la suppression totale de ces trophées aujourd'hui sans autres fondements que ceux de campagnes publicitaires à venir. La question c’est l’étonnement qui a été le nôtre de voir un Savalli à ce point concentré, méticuleux, et calme, suivi comme son ombre par Denis Loré, en apoderado que l’on devine anxieux.
Cela fait maintenant plus de quinze ans que je photographie les férias d’Arles, depuis la même place. J’ai donc pu observer, à loisir, un grand nombre de toreros attendre leur tour. J’ai rarement ressenti pareille tension, pareil échange entre un matador de toros et son apoderado.
Savalli est plaqué contre son burladero dans l’attente de son premier adversaire. Loré est juste derrière, à quelques centimètres seulement. Il lui parle, lui tapote l’épaule. A cet instant le poids de la responsabilité est plus que perceptible et impose le silence.

La suite, vous l’avez vue aussi bien que moi. Bien sûr il lui reste du chemin. Evidemment qu’il y a des lacunes, un manque flagrant de métier, du déchet. Je ne sais pas si le travail effectué par ce nouvel apoderado va continuer à porter ses fruits. Ce qui est certain, c’est que la façon qu'a eu Savalli de templer certains muletazos à son second adversaire, ces manières réfléchies de poser le problème pour tenter d’y apporter une solution ; toutes ces choses font que ce garçon s’est ouvert une porte et s’est gagné le droit de toréer.
En ce qui concerne la « polémique » sur l’aspect effectivement défectueux de sa seconde estocade, la photo ci-contre confirme l’affalement du toro au moment où l’Arlésien y plonge son épée.
Pour ce qui est des Victorino, désolé mon cher Ludo, mais je suis là aussi en prise à des interrogations guère réjouissantes. De cette corrida bonsaï, bien faite mais vraiment fluette, je retiendrai essentiellement un manque d’allant et de puissance. Nous avons déjà pointé du doigt ici le glissement commercial des toros du sorcier, et ce malgré une caste indéniable. Chez Victorino c’est vraiment un minimum, car on attend logiquement autre chose et bien plus qu’un toro moderne de troisième tercio, fut-il encasté. Ojalá en sevilla y Madrid...

>>> Une galerie consacrée à la corrida de Miura est accessible depuis la rubrique RUEDOS du site.

Miura


La scène se passe un jour de 1914. La scène, c’est le mayoral de l’élevage qui doit raconter au père Miura qu’un type, un torero, s’était permis de toucher, et même de prendre dans sa main la corne d’un de ses toros. Le patriarche en a fait une maladie. Il en a chialé même. L’anecdote est demeurée et se raconte encore, de nos jours. Le torero, bien sûr, c’était Juan Belmonte.
Ce qu’on ne lui avait pas encore raconté au patriarche Miura, c’est qu’un jour, un matador de toros serait capable, face à son bétail, de débuter une faena à genoux, de la débuter aux planches, et d’aller ainsi jusqu’au centre en liant les muletazos, en prenant le toro devant, en le laissant derrière et en gagnant « tranquillement » du terrain, pour enfin se redresser, une fois les medios atteints.
Eh bien cet exploit, face à un Miura je veux dire, Padilla l’a fait, dimanche dernier, en Arles.
Je ne sais pas si l’ancêtre des Miura actuels s’est retourné dix fois dans sa tombe. Il n’est pas interdit de le penser. Les aficionados contemporains se contenteront de se remémorer l’époque où les Miura étaient affrontés par Nimeño II, Victor Mendes, El Fundi et Fernández Meca qui débutaient, et d’autres encore, sans même remonter jusqu’à Francisco Ruiz Miguel. Ça nous fait quoi ça ? Quinze ans, vingt ans... Un truc dans le genre.
A cette époque, pas si lointaine, les Miura étaient mus par une sauvagerie absolument diabolique, une mansedumbre, un sentido et un genio absolument effrayants qui rendaient absolument inenvisageable pareil scénario, sauf à vouloir provoquer une immédiate catastrophe.
Je me souviens d’ailleurs d’un matador sud-américain, El Quitos, nouveau dans cette plaza et débarquant dans notre vieille Europe. Un Quitos sans doute ignorant de ce qui l’attendait et qui osa une puerta gayola face à ces fauves, toujours en Arles. La sanction fut évidemment immédiate.

A l’époque, le Fundi, en fin de faena, s’autorisait des desplantes guerriers, frôlant la pointe des cornes du bout de ses doigts, histoire sans doute d'entretenir un peu la légende. Mais débuter une faena à genoux et lier les passes, ça non. Personne ne l’aurait imaginé ni même suggéré.
Padilla l’a fait. Ce fut certes méritoire, car Padilla, au-delà de son insondable vulgarité, est capable, parfois, de peser sur les toros, lorsqu’il le faut, ou lorsqu’il est en condition, ou préparé ou "mentalisé". Allez savoir. Dimanche en tout cas, il a pesé bien plus que le tirebouchonné et hurleur Ferrera du lendemain.
L’idée n’est donc pas de minimiser le début de faena de Padilla, totalement méritoire, mais bien de confirmer l’évolution et l’affadissement de ces Miura, de moins en moins mansos d’ailleurs et de moins en moins diaboliques. Des Miura qui, en outre, morphologiquement, ressemblent de moins en moins à des Miura. Certains aficionados supputent même un croisement récent. Une supputation que je trouve pour ma part pertinente mais dont nous n’aurons sans doute jamais confirmation. Evidemment, ça ne nous empêchera pas d’en parler, et de supputer, car l'évolution est incontestable.

13 avril 2009

Arles


De retour d’Arles. Une galerie sur la corrida de Victorino est disponible depuis la rubrique RUEDOS du site.

En coup de vent :
- Des Victorino décevants malgré leur pointe de caste ; corrida très peu piquée ; seul le sixième avait quelque chose ;
- Ferrera : absolument, totalement et irrémédiablement insupportable ;
- El Cid : inexistant avec le lot le moins commode ;
- Savalli : la bonne surprise de la journée ; une sérénité nouvelle et étonnante ; une prestation respectable avec le sixième malgré une épée basse.

Hier, une miurada variée. Une miurada dans la moyenne, sans plus, mais avec de vraies piques pour certains. Du faible au puissant, mais sans le terrible genio qui, il y a quelques années, les rendait inapprochables.

Galerie à venir.

11 avril 2009

Changement de cartel à Arles


Et moi j'en profite pour vous balancer mon dernier cliché de la série sur Sébastien Castella... Ah oui, évidemment, c'est mieux de les voir en grand...


Communiqué des arènes d'Arles

Les guichets sont ouverts à partir de 9h30. Places disponibles pour toutes les courses.

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Dans le cadre du
revivre, les deux novilladas annulées seront données les 18 & 19 avril à 17h.

Suite aux intempéries, la corrida du samedi 11 à 17h est reportée au dimanche 12 à 12h. En l'absence de Perera, engagé à Málaga, le cartel sera le suivant : 6 toros de Jandilla pour El Juli, Juan Bautista et Daniel Luque.

Juste la pluie


Aujourd’hui, rien, juste la pluie. La corrida de Jandilla a été reportée à demain midi. Les deux novilladas, celle d’aujourd’hui et celle de demain, seront données le week-end prochain. J’en profite pour vous remettre un petit coup de Castella. A ce rythme je finirai bien par vous fourguer la série complète.

5 daubes 5


Arles, 10 avril 2009. Mano a mano Juan Bautista Sébastien Castella avec du bétail de Domingo Hernández.

Des Domingo Hernández sosos, sans force, pas piqués et donc ne tombant pas. Le trop quotidien de trop de "toros" actuels.
Un public préparé pour le grandiose, et la blonde au-dessus de moi qui passe l’après-midi à hurler : "Ooooootra ! Oooootra ! Que vergüenza presidente ! Oooootra ! Oooootra !"
5 daubes 5, certaines applaudies à l’arrastre. 5 daubes et 1 toro, l’erreur génétique de la journée qui vous sauve d’un ennui total.
Un toro, un manso con casta, agressif et piquant, qui met la panique en piste, et justifie, au-delà de la mansedumbre, sa condition de taureau de combat. Il ne fallait pas le craindre, et Castella ne le craignit pas un instant. Pim, poum dans la muleta, avalé d’un coup.

Le seul toro de la journée, le seul qui fit preuve d’agressivité et de caste. Eh bien celui-là, figurez-vous, il fut sifflé à l’arrastre...

05 avril 2009

En Arles et en Avignon, des expos


Vous connaissez évidemment le travail de Michel Volle. Ceux qui se rendront à Arles pourront profiter de sa dernière exposition dans le cadre de l’espace Van Gogh du 8 au 13 avril.

J’en profite également pour vous rappeler que, non loin de là, Jaydie Putterman s'expose quant à lui en Avignon au restaurant le 75.

14 novembre 2008

Arles 2009


La direction des arènes d'Arles vient de transmettre le communiqué que voici :


La féria de Pâques 2009 se déroulera du 10 au 13 avril.
Premier grand événement de la
temporada française, elle proposera aux aficionados un programme de grande qualité comprenant notamment deux corridas au cours desquelles seront programmées les principales figuras actuelles, et deux corridas "toristas" prestigieuses grâce à la présence de deux ganaderías mythiques : Miura et Victorino Martín.
Un temps envisagée pour Pâques, la corrida-concours "
torista" sera maintenue en septembre.
Dans le souci de prendre en compte la réalité économique et de satisfaire sa fidèle clientèle, de nouvelles conditions tarifaires vont être proposées pour les abonnements.

L’occasion d’aller revoir la galerie arlésienne de la miurada 2008.