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14 novembre 2012

Bis repetita


Alain Montcouquiol, Nîmes, 1969.
Il fait gris, la nuit tombe vite, trop vite, beaucoup trop vite, et les toros ont déserté les ruedos. Le moment est venu de reprendre le chemin des arènes… blanches pour effeuiller une nouvelle saison tauromachique sur papier.

Vendredi 16 novembre à 18 heures, l'Arène blanche et la librairie Torcatis à Perpignan vous invitent à rencontrer Alain Montcouquiol. Il présentera son recueil de nouvelles, Le Fumeur de souvenirs, publié aux éditions Verdier. Un livre où de « grands noms de la tauromachie, artistes de cinéma, mais aussi et surtout héros anonymes cabossés de la vie, rêveurs brisés, perdants admirables, se croisent autour des arènes mais pas seulement, de Madrid à Lisbonne en passant par Nîmes et le Michoacán. » 

C'est aussi l'occasion de rappeler qu'il y a plus de quarante ans le premier des Nimeños parlait déjà comme un livre. C'est aussi l'occasion de souligner que cet homme n'a pas varié d'un iota. Qu'il a conservé intacte la même flamme. Qu'il a gardé un état d'esprit identique, une même conduite et une égale philosophie au long des années. Et c'est suffisamment rare pour que l'on insiste. Autant de constance et de fidélité. C'est rare et essentiel. Nous vous engageons, une nouvelle fois, à consacrer un quart d'heure de votre précieux temps pour visionner le reportage proposé par l'Ina : Français dans l'arène.

Regardez et écoutez, vous ne le regretterez pas.

05 novembre 2012

Film is not dead


« Ce qui manque à la photographie numérique est un sentiment de “gravité”. » Elliott Erwitt

 


Toujours en argentique, mercredi soir sur Arte : Le Siècle de Cartier-Bresson de Pierre Assouline.


19 octobre 2012

Corrida historique et relaxante


Joël Jacobi nous écrit pour nous dire qu’il serait honoré de voir la page du site de France 3 consacrée à la corrida du 16 septembre à Nîmes (et à l'émission qui s'en suit) référencée sur Campos y Ruedos. 
Franchement, c’est plutôt Campos qui se trouve honoré qu’un média d’audience nationale se préoccupe de se faire annoncer sur un site aussi intimiste que le nôtre.
Vous aurez compris qu’il s’agit d’une rétrospective de la corrida nîmoise de José Tomás, qui n’a pas fini de faire couler de l’encre et d'être, sans doute, l'objet d'un nombre incalculable de publications à venir, plus ou moins opportunistes — il n’y a pas que les restaurateurs et les hôteliers nîmois qui se frottent les mains…

Voici donc le lien de l'émission de Joël Jacobi sur France 3 Aquitaine.

Hasard de l’histoire. Toujours à propos de cette corrida, je suis tombé sur un truc totalement surréaliste. Un aficionado, qui n’a pu se rendre aux arènes, a écouté la retransmission sur France Bleu Gard Lozère. Il m’arrive de m’y amuser et je sais d'expérience que l’exercice est souvent cocasse. Écouter entre les ondes peut être une expérience parfois hilarante. 
Mais là on touche vraiment au sublime. Le blog qui rend compte de cette retransmission s’appelle La Montera qui pleure… En l’occurrence, il y a de quoi pleurer de rire. 
Je vous renvoie donc au post complet et ne peut m’empêcher de reprendre ici ce qui aurait été dit à la radio ce jour-là. J’emploie le conditionnel mais, en cas de doute trop insoutenable ou de contestation virulente de la part des auteurs des commentaires, il doit être possible de vérifier, car on n’imagine pas que ce moment d’histoire soit déjà passé à la moulinette des archives radiophoniques :

« Au 1er : “Deux oreilles c'est trop.” 
Au 2e : “C'est une faena à une oreille dans une arène de première catégorie, mais là c'est spécial, alors deux c'est normal.” 
Au 3e : “Même s'il n'y a eu aucun toro de triomphe…” (On en est déjà à six oreilles.)
Au 4e : “Qu'est-ce qu'ils demandent là, l'indulto ? Non, il ne faut pas.” “Il attend que le président indulte, [l'indulto tombe] mais il le voulait Tomás, il y a des gens qui vont rouspéter.” 
Au 5e : “Le toro est d'une race incertaine.” “Il se passe grand-chose et même quand le toro ne permet rien, José Tomás est là.” “Une oreille ça suffit, ça flotte les assesseurs, le président ne veut pas, deuxième oreille ça enlève tout.” 
Au 6e : “Il a manqué un grand toro pour cette matinée, si on veut chercher la petite bête.” “On a vécu un grand moment, mais pas un sommet, une corrida relaxante.” » 

Ouf ! Une corrida relaxante… Là, j’en reste sur le cul. Sauf à déplacer les arènes de Nîmes entre La Junquera et Figueras, j’avoue avoir du mal à saisir le concept. Mais pourquoi pas… ici tout est possible. Pour vraiment mourir de rire, il serait sans aucun doute pertinemment complémentaire de comparer les commentaires faits en direct avec ce qu’ils ont pu en dire ou en écrire le lendemain ou le surlendemain. Sûr que ce serait mortel. Mais là ce serait du vice.

28 septembre 2012

Essentiel


Français dans l'arène — Pathé cinéma, 1969 — Ina
Le site de l'Institut national de l'audiovisuel (Ina) recèle une multitude de trésors cachés, enfouis au fond de vieux boîtiers métalliques et poussiéreux, remplis de pellicules cinématographiques obsolètes.
Un stock immense, démesuré, vaste comme l'atelier du Père Noël et garni comme la caverne d'Ali Baba. Un filon pléthorique d'une richesse infinie que l'avènement du numérique rend facilement accessible.
D'un clic, le coffre aux merveilles s'ouvre et, avec un peu de chance, on y découvre de véritables bijoux comme ce reportage tourné à Nîmes pour l'ORTF par Max Sautet en 1969.
Un film rare, traversé d'une émotion intense que rehausse la patine du noir et blanc. Des images qui portent en écho les mots profonds d'une mémoire torera et racontent la vérité d'un monde qu'on a presque vécu, qu'on a presque touché, qui nous semble si proche et si loin à la fois, évanoui, presque oublié, déjà.

C'était un temps qui construisait l'histoire et révélait les hommes. Alain a 24 ans et Simon 22 ; ils rentrent d'un séjour en Espagne financé par le prix de la Vocation. Ils veulent devenir toreros, mais ils sont Français… Bientôt, d'autres suivront.


>>> Pour visionner le reportage, cliquer sur Français dans l'arène.

07 août 2012

Polac est mort


Polac mort c'est un morceau de notre jeunesse qui fout le camp. Enfin, surtout pour JotaC et moi-même, les autres devaient être au berceau. Je me souviens, entre mille autres choses, de ce samedi soir où Michel Polac s'était amusé de l'Église, qui venait d'autoriser la masturbation. En revanche, le Vatican ne reconnaîtra que bien plus tard la rotondité de la terre… mais notre tendre adolescence était sauvée ; nous pouvions nous branler en toute quiétude, sans crainte de l'au-delà. L'occasion d'un clin d'œil et d'un petit délire desprogien…

12 juillet 2012

J'éteins


Je mets le son au minimum. Je peux entendre le café couler. Je marche sur la pointe des pieds.
Les toros courent dans la foule, remontent Santo Domingo, traversent la Plaza Consistorial, jouent les funambules dans la Curva de Mercaderes et tracent groupés dans le faux plat de la Estafeta. La plaza s’ouvre d'un immense cri, les toros disparaissent. La cafetière ronronne, le café est  prêt. Je m’en sers une tasse. Le rideau roulant se lève sur un jardin en éveil imprégné des piaillements du lever du jour. Trois blessés par coup de corne. On fait le bilan du sang et de deux minutes de peur. Du fond de mon canapé, je regarde les ralentis de la télévision espagnole. L’encierro est ausculté comme un malade, sous toutes les coutures, dans toutes les sutures. Un IRM ne ferait pas plus. Les caméras sont partout, devant, derrière, dessous et maintenant au-dessus. Elles cherchent la chair trouée, l’Américain cloué, le Japonais éraflé, le sang sur les pavés et la corne énervée. La course n’existe plus. Ses codes, ses techniques, sa beauté ne peuvent rivaliser. L’image est choc comme un coup de croc et d’estoc. J’éteins.

Manolo Molés me fait penser à un guardia civil des années 1950 avec sa moustache bien noire. Je m’étonne que personne ne lui en ait fait la réflexion. Peut-être que si finalement. Il est souriant. Comme hier, il parle du « milagro » de San Fermín, de cette plaza pleine comme la rue Estafeta à 8 heures du matin, de ces 20 000 spectateurs qui sont là tous les jours. Finito de Córdoba acquiesce d’un « sí, estupendo » à ce point réjoui qu’on le croit à peine sorti de chez son chirurgien-dentiste.
Manolo Molés est content, ce qui jure avec sa tronche de guardia civil des années 1950. Les toros se sont « laissés faire » aujourd’hui. Finito a mal aux dents et renchérit d’un « sí, estupendo » post-épilation intégrale à la cire. Les caméras nous donnent du gros plan sur la corne qui a effleuré le bras du torero, sur le coup de patte à la sortie d’une passe, sur le mozo de espada qui voudrait un autre cœur, sur la brune qui gonfle les seins au passage du torero triomphateur. Les caméras sont partout et, au final, nulle part où il faudrait.
Manolo Molés est content. Il y a des grandes portes aujourd’hui. Il dit au revoir à Finito qui met du temps à comprendre le sens de ces mots. C’est peut-être pas les dents.
J’éteins.

07 juillet 2012

Arte


Dolores, JotaC 2012.
Une fois n'est pas coutume, la télévision nous propose un documentaire sur la tauromachie qui mérite absolument que l'on s'y attarde.   
Une équipe de reporters autrichiens s'est promenée entre l'Espagne, le Portugal, la France et la Colombie en suivant les premiers pas de quelques jeunes apprentis toreros.
À travers ce périple, style road movie on croise de grands maestros, des personnages célèbres ou d'illustres inconnus à l'allure de gueules cassées qui en disent plus sur les toros et l'afición que n'importe quel discours éculé sur l'art et la beauté, la beauté de l'art et combien d'oreilles coupées, s'il vous plaît, aujourd'hui ? 
À consommer d'urgence, sans aucune modération, car ce reportage n'est accessible gratuitement que jusqu'à lundi, sur Arte+7, après quoi, il s'autodétruira, ou presque — on ne pourra plus le visionner que moyennant finance.  
Ne ratez surtout pas les cinq dernières minutes et l'interview fugace, mais ô combien pertinente, de ce jeune Parisien venu acclamer José Tomás à Barcelone… Campos y Ruedos toujours au plus près de l'événement. 

¡Arte, es mucho arte! Et c'est par là.

08 mai 2012

Le Prado a fermé


À la lecture du titre, déjà vous tremblez… Votre virée à but exclusivement taurin de fin mai que vous avez habilement vendue comme taurino-culturelle à votre compagne pour la convaincre de vous accompagner (ce qui vaut toujours mieux que de ne pas vous laisser partir seul) a-t-elle perdu l'essentiel de sa composante artistique (vous allez voir les corridas « dures ») ? Je vous rassure, la crise, ogresse protéiforme n'a pas encore eu raison du patrimoine pictural espagnol, et les pinturas negras, pas plus que le Jardin des délices, n'ont mis le cap pour la Chine ou les Émirats…

Plus modestement, Le Prado était un lieu parisien éminemment sordide où s'entassait un gratin de curieux quand le rade diffusait les corridas télévisées par Canal +. Il faut l'avouer, l'Espagne voyage mal. Sitôt passés les Pyrénées, vous oubliez la bouteille de manzanilla pendant des lustres au frigo, l'ibérico est vraiment trop gras pour en consommer en semaine, et que dire des simili tapas que la plupart des bars osent vous servir par ici ? Il manque le cachet, l'atmosphère qui confit tout, l'oranger en fleur, la poussière castillane, l'inaccessible Sévillane, le vrai goût du football ou les stations Repsol : toutes ces choses qui font l'Espagne dans sa pléthorique diversité. 

Le constat ne vaut pas seulement pour les spécialités du terroir ibérique, mais ô combien pour les corridas : il faudrait interroger ces gens qui se collaient à ces mauvais téléviseurs pour subir la retransmission d'une course épouvantable de plus sans la possible rédemption d'une virée à travers la nuit de Séville pour tout oublier. Pour ma part, je crois avoir toujours assisté à une course télévisée que pour tromper l'insipide quotidien par une raison légitime de détester la vie, retrouver des copains autour d'une bière ou voir la course de expectación avec l'inconscient espoir que cela sera une désillusion de plus. À croire que j'ai vraiment mauvais fond…
Le constat vaut, en ce qui me concerne, autant pour la bouffe que pour les toros, mais aussi pour les bars… là où Larrieu arracherait des larmes à un sniper kosovar en évoquant un bar crasseux et un patron bourru dans un bled de La Mancha ; le décor similaire et l'accueil difficile du tenancier me donnaient à Paris l'envie systématique d'écraser une glaire sur le front limonadier ou l'inox douteux du zinc. Alliage. 

Il fallait voir l'assemblée de nostalgiques, de curieux, de figures inamovibles et volubiles commenter à contretemps le spectacle télévisuel, évaluer le toro aperçu en contre-plongée à la sortie du toril, ou siffler une pique un peu appuyée sous l'oeil torve du barman oscillant entre indifférence et incompréhension… Parfois, même, un membre du Club taurin de Paris venait risquer d'y salir une semelle.

Et puis les meilleures soirées étaient finalement celles où, ayant rameuté une clique d'amis pour se donner du courage et un prétexte, l'accueil sombrait franchement dans le mépris quand claquait la réponse sans appel : « Y a foot ce soir ! » Adieux veaux, vaches, Domecq. Finis les indultos… Le proprio reprenait l'initiative de profession de la vraie culture ibérique mais, pas rancuniers ni mauvais bougres nous finissions par consommer en terrasse. Le week-end dernier, alors que je passais devant par hasard, les panneaux « À louer » donnaient au troquet l'air délabré que prend toute affaire ayant périclité. Pour un peu, j'aurais presque « rématé » le tableau à l'aide d'un pavé pour « puntiller » la vitrine et consommer la scène. 
Le Prado a disparu, mais, via le Net, vautré dans le canapé beige jouant à la roulette russe un cône au chocolat à la main et armé de mes mauvaises intentions de fracas, me reste le sordide exotisme frelaté télédiffusé par Canal +. Pauvres de nous. 



Image Un autre bar improbable : la buvette du stade de Larnaca, à Chypre, après une défaite de l'Ermis contre l'Apoel Nicosie.

05 novembre 2010

'Remendón' n'a pas eu de chance


L'autre soir, je visionnais une vidéo de La Cabaña Brava montrant le combat de Domingo López Chaves face à 'Remendón' de Cuadri lors de la dernière Feria del Pilar de Saragosse, quand, une fois n'est pas coutume, l'émotion traversa l'écran pour me secouer. Un tremblement dû à la caste déversée à gros bouillons par un toro noir qui propagea la peur, agressant à tout-va et obligeant les toreros à ne jamais quitter ses cornes des yeux. La caste qui se passe d'épithète ; la caste qui vous grandit un homme — celle qui légitime la Fiesta.

Mais 'Remendón' n'eut pas la chance d'un 'Feudal' et s'en alla avec quelques-uns de ses secrets : 'Remendón' ne fut présenté que deux fois au cheval ! Comment est-il possible qu'un toro de la trempe de ce Cuadri n'ait pas, malgré la sempiternelle et affligeante première pique1, bénéficié d'une troisième rencontre ? Fallait-il que la présidence fût à ce point incompétente, voire irresponsable, pour laisser López Chaves — qui, ironie de la lidia, faillit se mettre en danger en voulant, à reculons, ôter sa montera pour réclamer le changement ! — en découdre avec un toro-toro maître du ruedo depuis l'ouverture du chiquero ?

Put... de bor... de m... ! est-ce que quelqu'un va enfin pouvoir me dire à quoi rime cette manie débile, cette logique absurde, ce principe à la con d'envoyer un toro, quelle que soit sa condition, à deux reprises au cheval avant d'en venir aux banderilles2 ? Je ne sais quelle aurait été ma réaction si j'avais été présent sur les tendidos du « Coso de Pignatelli », mais une chose est certaine : le palco aurait entendu parler du pays...

1 Ah ! si seulement le peón était venu au quite pour l'abréger comme il sut magnifiquement le faire pour la seconde.
2 Et si par un étrange hasard — une absence de la présidence ? un matador ne sachant pas compter sur ses doigts ? la demande du public ??? — un toro devait y aller trois fois ; qu'adviendrait-il au juste ? Les Pyrénées se soulèveraient-elles ?... Il est des moments où j'apprécie d'autant mieux le travail effectué par de « petites » plazas comme Céret, Orthez ou Parentis. Espagnoles ou françaises, par leur décadence, les arènes dites de première catégorie me font peine.

Image 'Remendón' était cinqueño © Campos y Ruedos

26 janvier 2010

Les asperges sont cuites !


Les compères du blog Diario de San Fermín viennent de publier la mauvaise nouvelle de ce début d'année concernant Pamplona et la San Fermín.

À partir de 2010, TVE ne diffusera plus que l'encierro, faisant disparaître du programme toutes les publicités qui précédaient ou qui suivaient la course. Finis les espárragos de Navarra, les sandales Mapfre ou le chorizo pamplonico ! Tout fout le camp !

Plus de renseignements ici et même une petite vidéo pour se souvenir...

Photographie Espárragos de Navarra © http://www.turismo.navarra.es/

20 octobre 2009

"Vous pouvez éteindre la télévision..."


Pour paraphraser la célèbre phrase de la marionette de PPDA aux "Guignols de l'info", samedi 24 octobre 2009, vous pourrez éteindre la télévision ou du moins ne pas regarder France3 Aquitaine qui propose le débat suivant à ses téléspectateurs : "La corrida a-t-elle un avenir ?" Déjà, ça fait rêver mais quand on découvre la liste des invités, le rêve se teinte de rose et de barbapapas : André Viard, oui oui l'inénarrable ; Jean-Michel Marriou, celui qui a arrêté d'écrire à Joël Jacobi et qui a pondu un jour que voir une corrida depuis le callejón c'était fatigant ; Julien Lescarret qui portera peut-être ce jour-là un nouveau chapeau et le pauvre Christian Laborde, pas celui de Dax qui doit en ce moment se demander ce que sont devenues ses croyances taurines de jeunesse, non, l'autre, le méchant anti qui vomit sur les aficionados.
¡Joder! Ça va être trop bien.

Messieurs, pour que la corrida ait un avenir : IL FAUT ELEVER DE VRAIS TOROS DE COMBAT ! DES MECHANTS, DES QUI CHARGENT, DES QUI VEULENT SE BATTRE !

Samedi 24 octobre 2009, changez de chaîne ou rentrez du bois... L'hiver sera long !

06 avril 2009

« Tuer c'est pas beau»


— Bon, tu fais un truc sur "L’objet du scandale"... Tu l’as vu, c’était énorme !
Devenu nègre officiel de Solysombra depuis que je lis Midi Libre presque quotidiennement, m’en vais donc vous raconter, sur commande du chef, comment s’est déroulée cette émission annoncée de longue date sur les gentils sites taurins de bon goût. Pas chez nous donc.
Déjà, je préviens, je n’ai pas vu le début. Il a fallu qu’on me force à coup d’incessantes relances téléphoniques et, finalement, je m’y suis collé à leur débat.
Conclusion : Simon Casas s’est laissé pousser des cheveux ainsi que des élans psychanalytico-philosophico-masturbatoires ; André Viard, lui, s’est fait couper les tifs pour l’occasion et la langue aussi, semble-t-il, tant son silence fut remarquable. Je me disais qu’il avait peut-être eu l’ordre de la fermer s’il désirait vraiment que le chèque de l’empresa nîmoise pour 100 abonnements* offerts par cette empresa aux "aficionados" fidèles de la première place du Cosmos lui soit vraiment versé. Sait-on jamais, même le journaliste le plus pétri de déontologie est prêt à de petits sacrifices quand il en va du beurre de ses épinards. Marie Sara a une nouvelle fois expliqué comment on élevait des toros (wharrrf !) et qu’un jour elle avait rencontré cette "vraie vie". Emotion ! Elle a aussi réussi à faire savoir qu’elle organisait les corridas à Mont-de-Marsan dans les Landes. Mont-de-Marsan dont les carteles ont été annoncés hier soir. Avant de continuer sur "L’Objet du scandale" (reseña écrite je vous le rappelle sous la menace de Solysombra), je tiens à informer les aficionados landais (et les autres) qu’ils pourront assister le 20 ou 21 juillet (l’empresa n’a pas encore pu arrêter la date) à une performance de l’artiste Loren (auteur de l’affiche corrida de la Madeleine 2009) qui fera danser le toro "indulté" lors de la corrida de l’après-midi (Victoriano del Río ou Zalduendo) sur "une immense toile au sol", pattes "trempées de peinture", créant ainsi une "torographie" dans l’esprit de ses désormais classiques "toreographies". Ça va être chouette !
Donc, Simon s’est laissé pousser les cheveux, André se les ai fait couper, ainsi que la langue, Marie connaît la vraie vie et Luis Miguel est devenu "Domingouine". Formidable débat en conclusion, plongeant toujours au cœur même du sujet (vous l’avez tous constaté) mais dont ressort quand même, au final, ce frustrant sentiment d’inachevé et de raté, car Francis Lalanne, cheveux toujours très longs et bottes en cuir de vache comme le souligna l’explosif Caubère, n’arriva pas à verser sa larme. Il essaya pourtant en répétant cette phrase comme un cri du fond de soi : « Tuer c’est pas beau, tuer c’est pas beau... ». ¡¡¡Emociónnnnn!!! Francis Lalanne is aware...
* Lire au sujet des cadeaux faits par l'empresa nîmoise à ses 100 abonnés fidèles (sur le site des arènes de Nîmes) : http://www.arenesdenimes.com/actualites.php.

Vidéo trouvée sur Youtube... Savourez mes chéri-e-s, et n'oubliez pas que "tuer c'est pas beau".

04 juin 2008

Soirée palliatif


Des choses très intéressantes de Morante, au capote notamment. Les manières de Cayetano, cette distance, cette muleta plancha, tenue par le milieu du palo, cette disposition. Et cette larga ! Il y a eu également deux mules pour notre cher Manzanita.

In situ ça devait le faire, je pense, pas tout le temps, mais quand même. Ensuite, vous donner un avis via la télé... Quand je serai gourou peut-être, et encore...

Heureusement, la manzanilla de La Venencia a été un palliatif très agréable.

18 octobre 2007

C'est quoi ce travail ?


Solysombra a, dans sa Mise au point, opportunément publié un extrait de la réponse que Ludo m’avait adressée à la rubrique "commentaires" de Pour au moins s'en faire un semblant d'idée... Quand je lui ai répondu, le message sus-cité était déjà archivé. N’étant pas certain qu’il ait lu ma réponse, je me permets de la reprendre, certes très tardivement, en la développant :

J’avais, jusque-là je crois, résisté à la tentation du commentaire à chaud désobligeant ; à l'avenir, je tâcherais de me contenir ! Cela étant dit, je souscris globalement aux réflexions sur l’utilisation abusive de l’outil vidéo (montages et autres tripatouillages). Pour autant, je persiste à croire que ce dernier peut être utile et éclairant. Pourquoi ne pourrions-nous pas nous fier aux images s’agissant de toreo ? Le torero n’utiliserait pas la vidéo pour analyser le sien et, éventuellement, lui apporter quelques corrections ? Je reste sceptique sur une exception taurine en la matière, même si je concède sans peine que ces images (vidéos et télévisuelles) ne sauraient nous transmettre toute la palette d’émotions ressenties autour du cercle, nous informer sur la foule de détails permettant d’apprécier une lidia.

C’est un fait, en ouverture d'une série, Juan Bautista s’efforce de donner de la distance au toro, de se positionner à peu près entre les cornes et d’avancer la jambe. Mais après ? Eh bien tout de suite après, je le vois reculer la jambe contraire, être hors cadre, céder finalement le terrain conquis valeureusement et commencer, tout en piétinant 2 m² de sable, à se mettre la bête sur le râble. Pardon, à lier, parce que ce serait cela le toreo, lier et lier encore de (trop) nombreuses passes profilées ; un travail qui émotionne, parce qu’il aurait la vertu d'être rythmé, artistique et/ou templé ? Mais toutes ces passes, qui seraient soi-disant profondes parce qu’étirées, sont superficielles car livrées sur le voyage ; le toro n’étant pour ainsi dire jamais provoqué sur la corne contraire, jamais "obligé", jamais inquiété sur son terrain. Alors qu'il me semble que c’est précisément au troisième tiers et non avant, au cœur de la passe et non à la toute fin*, qu’un toro devrait "dérailler" et être tordu ! In fine, de combat à proprement parlé, il n’y a guère, de domination guère plus ; le toro finissant « aussi fort pour sa dernière charge que pour la première » (cf. ici). Ainsi, cette faena con arte y temple aurait été sans effet sur le cornu ?

Deux oreilles qui tombent à Las Ventas, monsieur le Président ? Deux oreilles de troisième tiers ? Non ! Juan Bautista aurait, entre autres, brillamment rivalisé aux quites et la cuadrilla sous ses ordres correctement mené la lidia lors du premier tercio : des mises en suerte dignes de ce nom, des piques dosées dans le morrillo et non carioquées, des quites en temps voulu ? Vraiment, aucune voix venteña et discordante n’est venue effleurer les oreilles de ceux rangés sur les gradins ou restés à la maison ? Comme lassée depuis tout ce temps, l'afición aurait fini par accepter les canons dévalués de ce toreo kitsch et inefficace ?

Loin de moi l’idée de faire la leçon à qui que ce soit ou de remettre en cause la sincérité de l’émotion (plurielle comme on dit) vécue ce jour à Madrid. Par ces lignes, que d’aucuns jugeront chagrines, anachroniques, prétentieuses et/ou délirantes (que sais-je encore !), je souhaiterais seulement, tenez-vous bien, protester contre la manière avec laquelle les toreros instrumentent leur toreo et, par la même occasion, m’élever contre la logique artistico-commerciale avec laquelle le mundillo organise ses spectacles : des combats qui n’en sont pas, car arrangés, déloyaux et/ou inégaux.

* Sur ce point et à ce moment précis, la photographie (un instantané par définition), elle, peut tromper en laissant penser que le torero a "chargé la suerte".

Image Charlotte Yonnet au travail avec ses toros (fer des Héritiers de Christophe Yonnet) © Camposyruedos

10 octobre 2007

Mise au point


Rapidement après le triomphe de Juan Bautista à Madrid, un ami espagnol me donne le lien sur YouTube. Je mets en ligne, sans plus y penser. Et quoi ? Eh bien ça dérape. Oh, gentiment, ça ne va pas bien loin. Nous sommes entre gens civilisés. Mais tout de même, la machine s’emballe.
On ne le répètera jamais assez. Il est absolument impossible de se faire une idée sérieuse de ce qu’a été une faena, un toro, et encore moins une lidia que l’on aura vu uniquement par le biais de la télévision ou pire, par YouTube. Il y a bien évidemment des exceptions, comme 'Bastonito', ou Manili et ses Miura madrilènes, mais elles resteront des exceptions.
Pour le reste, j’ai eu à de nombreuses reprises la possibilité de confronter mon point de vue sur des courses vécues « pour de vrai » avec celui d’aficionados, très proches, qui en avaient été les témoins uniquement télévisuels. Le résultat est sans appel.
La vidéo ou la télévision écrasent totalement le volume d’une arène, occultent les terrains, l’occupation qui en est faite par le toro. La sauvagerie de sa caste, sa puissance, sa présence, et sont éventuelle fijeza, sont totalement minimisées, et par conséquence les mérites de celui qui s’y met devant également. Pour avoir recueilli les témoignages de ceux qui ont vu la faena de Juan Bautista je peux vous dire que l’animal, manso, allait, venait et n’avait rien d’un innocent. A mon humble avis, les seuls instants réellement mis en relief par la télévision sont les estocades et les poses des banderilles. Et encore, dans la mesure où ils sont filmés par Canal Plus ou Via Digital, avec des moyens techniques conséquents.

Cette situation est pour moi une évidence, et ce depuis très longtemps. C’est pourquoi je me suis toujours refusé à commenter une course par le biais du petit écran, exercice qui relève à mes yeux, au mieux de la plus pure fumisterie, au pire de la tromperie.
A ce propos, voici le commentaire d’un de nos lecteurs, Ludovic, posté dans le cadre de la polémique susvisée : « … J'ai écrit ce post suite à une autre intervention ailleurs où j'exprimais mon désappointement depuis quelque temps auprès des internautes d'outre-Pyrénées qui, en ce moment, sont à deux doigts de faire exploser une union jusque-là sereine autour d'un consensus tel que "por una Fiesta integra..." et ce à coups de vidéos vengeresses , laudatrices ou dénonciatrices, tournant autour du toreo ou du "destoreo" de José Tomás. Un vrai gâchis, un massacre dont doivent se régaler tous les truqueurs et vividores de la Fiesta. La découpe à la vidéo, la tertulia "youtubesque" semblent faire s'emballer certains en mettant en doute l'intégrité des opinions jusque-là respectées de chacun (je reprécise : des opinions d'aficionados toujours dans l'optique de ce canal éthique sur lequel nous sommes d'accord il me semble). La vidéo de JB sur Camposyruedos vient prouver que nous ne sommes pas non plus à l'abri de ce genre d'excitations. »

Je ne peux qu’acquiescer, et il est une évidence que la toute petite polémique née de la mise en ligne de la vidéo de Juan Bautista me fera envisager l’avenir avec beaucoup de prudence quant à la mise en avant de ce style… « d’information ».

Dans le même ordre d’idée, je reviendrai rapidement sur la question plus spécifique de la photographie taurine qui évoque plus qu’elle ne démontre.

27 juillet 2007

Muchas gracias y que Dios reparta suerte


Le monde taurin est d’une solidarité sans faille. Ce n’est pas une nouveauté. D’ailleurs, certains se rappelleront l’immense élan de générosité dont avaient fait preuve les taurinos professionnels lorsque quelques aficionados, voulant sauver l’encaste Pablo Romero, s’étaient mis en tête de créer une fondation. A titre personnel, je conserve le souvenir ému des déclarations enflammées d’un très médiatique imprésario sur cette question, à Arles, à l’occasion d’un débat public. Cela avait été très émouvant et nous en avons tous vu le résultat. Parfois, il vaut mieux avoir la mémoire courte. Donc, cette générosité, si spécifique au taurinisme, ne doit pas faire défaut, il faut nous serrer les coudes. Aussi, nous ne pouvons que vous transmettre la demande angoissée mais pleine d’espoir de Rosa, modèle photo qui concours à Top Verano 2007 de Telecinco, chaîne hautement culturelle et taurine s’il en est ! Bref cette charmante créature nous demande de la soutenir, ce que nous ne manquerons pas de faire et avec ferveur !!
Nous vous livrons son message angoissé… Bonne bourre !

El pasado martes 10 de julio, arrancó TOP VERANO, un concurso de simpatía y sensualidad que busca a la chica más popular de toda España. Para participar y ganar las chicas deben registrarse en el sitio de Internet http://www.topverano.telecinco.es/ y conseguir a toda costa votos con la familia, amigos, conocidos y con todos los fans de la comunidad.
De las chicas que tengan más de 100 votos se escogerán a las protagonistas de las cápsulas televisivas que se emitirán en los distintos programas de Telecinco "Aquí hay Tomate", "TNT" y "El Buscador".
Las votaciones se abrieron el 19 de julio, semanalmente se seleccionarán a dos semifinalistas (las más votadas), hasta que el 24 de agosto estén seleccionadas las 10 semifinalistas. Entre ellas se elegirá a la chica "Top Verano 2007", quien será la más votada por el público.
Para votar hay que enviar un Mensaje al 5559, con la palabra TOP + el número de registro de la concursante o llamar desde red fija al 905 445 459 y votar por la concursante seleccionada. Entre todos los que hayan votado al menos una vez se rifará un viaje.
Yo me he inscrito y como taurina que soy , y como no, para poner mi granito de arena apoyando a la fiesta de los toros ésta es una de las fotos con las que participo. Por eso me dirijo a ti, para si estás en España y quieres apoyarme envíes un mensaje al 5559 con la palabra TOP y mi número de referencia para el concurso 32259328. Me gustaría poder averiguar la reacción de estos programas antitaurinos.
¿Cuento con tu voto? Si quieres conocerme un poco más entra en
http://www.rosacruz-model.com/.
Muchas gracias y que Dios reparta suerte.

Rosa

19 juillet 2007

"Koh-Landa"...

Vous savez, cela ressemble à cette émission de télé-réalité dans laquelle des anonymes de la vie quotidienne vont se coller des frissons dans une soi-disant aventure sur une île déserte truffée de caméras. Ils subissent des épreuves de cour d’école et doivent surtout, c’est le principe fondamental, éliminer les plus faibles d’entre eux ou les plus gênants, c’est selon. Les idéaux de solidarité et d’entraide y sont sans cesse mis en exergue par un présentateur au charisme de moule anémique mais au final, c’est l’individualisme le plus bas qui s’affiche sous les cocotiers. On a beau être au loin du monde moderne, il nous rattrape partout malgré tout.
En février, au jour d’une novillada anodine de Palla dans un petit village des Landes, il fallait faire preuve d’unité face à la menace de ceux qui ne nous aiment pas, il fallait se serrer les coudes et faire corps face à ce visage anonyme et indéfini de la cause anti-taurine. Tout le monde était convié et tout le monde devait signer cet appel « universel » de la défense de nos « traditions ». Et tout le monde (ou presque) a suivi, a signé, a soutenu. « On ne pouvait pas faire autrement » disaient certains.
C’était le début du jeu, les équipes se formaient et étaient obligées de s’entraider si elles voulaient vaincre leur adversaire dans les épreuves de cour d’école. Pour manger des vers de terre ou des araignées poilues, il faut être solidaires !
Les mois ont passé, l’appel a eu moins d’écho et chacun s’est installé à sa manière sur cette île déserte. Face au meneur de l’équipe, celui qui avait prôné l’unité et le rassemblement face à l’adversité, des voix se sont levées, discrètement en pointant du doigt certaines manies comme celle de tirer la couverture à soi et de « s’y entendre pour faire parler de lui ». Vous l’imaginez, ça n’a pas plu au meneur de l’équipe. Loin de là même !
La vengeance, petite et fort mesquine, ne s’est pas faite attendre. Loin des idéaux affichés dans la profession de foi de l’appel de février, le meneur de l’équipe s’en est pris à certains qui avaient eu le tort de perdre un procès face à l’organisateur de spectacles de la première ville taurine du cosmos. Balaise la mauvaise foi ! Maintenant que chacun joue pour gagner sur ce bout de sable, le meneur de l’équipe n’a pas hésité, au cours de la séance d’élimination au coin du feu, à voter pour l’élimination de certains qui l’avaient soutenu quelque temps auparavant. C’est le jeu me direz-vous.
En ce qui concerne le procès précédemment cité, n’étant pas un spécialiste des labyrinthes juridiques, je me garderai de donner un avis même si l’impression qui ressort de cette affaire est qu’un organisateur de spectacles taurins et un éleveur ne s’en sortent pas trop mal voire même très bien. Quand on pense que ce même éleveur a nié être le ganadero d’un toro très suspect lidié à Aire en 2005 lors d’une conférence sur l’éthique taurine à Madrid... Edifiant !
Ils ont perdu leur procès et certains semblent s’en réjouir et s’ingénient à mettre de l’huile sur le feu par rancœur personnelle. La perte de ce procès devrait plutôt inquiéter une Afición qui ne peut pas ou plus se défendre face aux abus de l’afeitado. Qu’y a-t-il à reprocher à quatre membres de l’équipe qui ont tenté de confondre des pratiques frauduleuses qui vont à l’encontre des aficionados d’une part et qui, surtout, mettent en péril l’intégrité du toro brave ? Je me pose franchement la question.
Au-delà des résultats décevants de ce procès, il est une question que je ne me pose plus, c’est celle de l’unité de la soi-disant Afición. Elle n’existe pas et n’existera certainement jamais, malgré les conjoncturels appels à une union derrière un meneur qui n’accepte pas la remise en cause de ses opinions. Appeler à s’unir en février et dézinguer à tout va en juillet en réglant des comptes d’amour propre, ça ressemble définitivement à ce jeu télévisé dans lequel la solidarité s’arrête au moment de partager la couleuvre à manger...

28 juin 2007

Totalement hors sujet...


... mais... finalement... pas tant que ça...

ASI

05 juin 2007

Mano a mano


Cela a été annoncé à la télévision espagnole, hier, pas Manolo Molès. Pour l’instant, ça relève peut-être plus de la rumeur que de l’information. Mais ça fait tellement baver que nous l’annonçons ! Il est acquis depuis quelques mois déjà que le maestro César Rincón fera sa despedida des arènes de Las Ventas en octobre prochain. Eh bien, à cette occasion, le cartel proposé serait un mano a mano avec Jesús Manuel 'El Cid'... Si la chose se confirme, la revente risque de chauffer très fort.

!Vaya cartel!

21 mai 2007

Un écran de fumée... Feria de Abril 2007 (III)


A vous, qui avez vu l'œuvre de Talavante : Thomas, Yannick, Curro, Jean-Louis.
A toi, qui a frôlé de si près el "arte puro" : Gilles.

Il doit être Colombien. Il est tout petit. Très petit. Perdu en bas de nous. Ses yeux sont comme tirés par deux fils invisibles vers l’écran de télé, malgré les autres, malgré leurs épaules, malgré leurs tronches agitées, malgré leurs mots qui sortent forts, malgré leurs rires qui couvrent le son de la télé. Il n’en perdra pas une miette, lui, et Talavante torée. C’est le sixième toro de cette soirée pluvieuse sur Séville. C’est le sixième Torrealta qui va mourir. Castella a déjà joué son numéro dorénavant trop connu, presque usé (cambio au centre de la piste, séries à droite puis à gauche, circulaires inversées, manoletinas et épée) et Perera a fait le paseo. Ce n’est déjà pas si mal de faire le paseo à la Maestranza. Au sixième donc, celui que l’on voudrait ériger en clone du revenant du 17 juin torée... paraît-il de fort belle manière, avec la jambe avancée, la main gauche géniale et tout et tout. C’est vrai, tous ceux qui se trempaient sur les gradins ont confirmé, Talavante a été énorme.
« - Ah ? Ben on a certainement pas vu la même corrida !
- C’était bien celle de Séville qui était diffusée dans ce bar El Arenal ?
- Ben oui, évidemment ! »


Nous n’avions pas de billet pour la course et franchement nous n’avons pas trop fait les margoulins quand il a fallu débattre de cet engagement qui, à nous, au chaud dans la bicoque de Tío Ventura, nous a paru banal, na'más. Nous aurions été plus en veine de leur parler des conditions idéales de surf sur la côte Atlantique, des spots incontournables que celle-ci dévoile par vent d’est… Nous avions la liste, dressée vingt minutes durant, par un gars paumé de Santander qui ne goûtait les toros que de loin mais qui vouait, par contre, un culte sans borne à la glutte, aux vagues et aux types sympas, un brin fêlés, qui s’aimantaient pendant deux longues heures au zinc trop court d’un minuscule bar sévillan pour... voir mourir des toros de combat. Mais... nous ne pouvions dire tout cela à ceux qui ont vu, en live et sous les gouttes, l’œuvre du pseudo clone. Non, il était impossible de se cacher derrière une excuse aussi légère, de leur raconter aussi que nous venions de découvrir l’essence même del "arte puro" en la personne d’un bonhomme extra-terrestre, capable, en trois syllabes évidemment inaudibles, de déclarer son éternelle flamme à la virgen Macarena et à toutes celles qui ne veulent plus l’être et de vomir d’insultes la télé, en haut à gauche. "Arte puro" ! Auraient-ils compris ? Auraient-ils seulement pu s’en construire une image intérieure ? Le petit homme colombien est parti discrètement avec son ami espagnol. Il aurait pu témoigner lui, si concentré, de ce qu’avait été l’œuvre de Talavante et de la mesclagne verbale, géniale, de cet andalou branquignol. Il aurait pu... quoique.
Car, malgré ce salmigondis improbable d’êtres humains, malgré les digressions atlantiques et/ou vomitives, il n’en reste pas moins que suivre une corrida à la télévision relève de l’hérésie, parfois même du masochisme pour qui aime les toros.
Il est certain que la généralisation des diffusions par certaines chaînes (Digital Plus par exemple) des grandes férias permet à un grand nombre de personnes de pouvoir se faire une petite idée d’une course en temps réel, sans avoir à attendre les compte rendus plus ou moins objectifs de la critique taurine. Cette démocratisation (payante le plus souvent) est même soutenue par de forts taux d’audience qui ne peuvent que donner le sourire dans une période où la corrida est attaquée et critiquée. Pourtant, ce spectacle qui sent la mort n’a rien à faire sur un écran de télévision, esthétiquement et techniquement parlant. Esthétiquement, nous le savions déjà et cela fait un bail que tout le monde a pu se convaincre qu’une faena importantissime perdait de son pouvoir et de son génie dans le monde cathodique. A titre d’exemple, la désormais mythique corrida de Samuel Flores lidiée à Dax en 1999 et qui avait fait s’abattre sur la cité thermale (habituée à ces excès-là) pas moins de 11 oreilles et une queue (Ponce), ne passe que difficilement le cap de l’image. L’ensemble est sympathique, certes, mais se cantonne dans le classique et le commun. Même un derechazo pourtant hallucinant de Curro Romero à Madrid en 1985 (Garzón) éprouve la plus grand peine à mettre les poils au garde-à-vous. C’est dire. Mais tout cela, nous le savions déjà, la télé "descabelle" le sentiment, l'ambiance, l'atmosphère.
Techniquement, c’est pire !
La télévision est une formidable machine à détruire l’analyse et le jugement techniques. Nous conservons bien évidemment nos critères, comme dans l’arène mais ils sont pervertis par la manière de filmer, le montage en quelque sorte du film. Qu’il s’agisse de Digital Plus ou de TVE, les remarques sont les mêmes. La majorité des tercios sont filmés en gros plan dans une évidente recherche d’esthétisme plus proche de la photographie d’art que de la retransmission aussi fidèle que possible du combat qui se joue sur la piste. Le toro est le plus souvent filmé en plan serré dès sa sortie ce qui d’entrée de jeu empêche de se faire une idée des trajectoires qu’il opère dans le ruedo. C’est pourtant capital. Le tercio de piques est purement et simplement un attentat commis contre la compréhension de ce moment essentiel d’une corrida. Le plan serré persiste sur le toro qui observe le cheval, la distance donnée au bicho est impossible à évaluer correctement. Le moment de la rencontre se résume, dans bien des cas, à un gros plan sur l’endroit où la pique a pénétré voire purement à une photographie de l’œil révulsé de l’animal poussant (quand c’est le cas) sous le châtiment. J’exagère peut-être mais la réalité est parfois plus cruelle. Comment préjuger du caractère du toro dans ces conditions ?
La suite ? Des poses de banderilles durant lesquelles la caméra suit la course des hommes et non celle des toros, pendant lesquelles on vous colle des ralentis « somptueux » de cornes passées alors que c’est entre les poses que le tercio prend toute sa dimension. Replacer un toro, lui faire ou non trop de capotazos, analyser sa course et ses réactions... tout cela passe à la trappe pour donner l’illusion de la beauté théâtrale du drame. La faena est retranscrite à travers les visages des toreros si expressifs dans la douleur de la lutte. Souvent filmées dans l’axe du couple toro/torero, les préparations de passe donnent souvent le sentiment de l’engagement et du croisement. Effet d’optique. Les gros plans pleuvent sur les derechazos et les naturelles, on cherche le spectaculaire et les ralentis quasi langoureux cachent toujours l’entre-deux pourtant si important. Enfin, comme le reste, plus que le reste, la mort s’offre en méga zoom, sans recul ni perspective.
Alors, je suis certain que mes amis avaient raison et que Talavante a été très bon. Je les crois volontiers mais j’avoue que je ne l’ai pas vu. Je n’ai vu que la bosse de ses couilles et le bout d’une corne, je ne savais même pas où se jouait la partie dans l’arène. Il n’y a pas que la télé mais quand même...
Je me dis aujourd’hui que le seul avantage de ces retransmissions réside justement et pour partie dans les défauts précédemment énumérés. Des gros plans qui ne peuvent cacher les cornes escobillées voire limées, les cariocas, les pompages outranciers, les piques dans les reins, les épées mal placées, toutes ces métastases de la tauromachie. L’intérêt n’est que là, l’essence de la corrida, la distance, les terrains, les coulisses et surtout le toro, eux, n’y sont pas. La tauromachie n’est absolument pas un "magnifique produit télévisuel" et ne le sera jamais !
Passons enfin sur les commentaires consternants du trio de Digital Plus (Moles, Muñoz et Antoñete) qui, nous l’espérons, ne donneront pas lieu à la publication d’un livre de souvenirs.

Par contre, il est louable de s’interroger sur la pertinence de reseñas données depuis le petit écran. Elles deviennent monnaie courante et n’ont pas toujours la sincérité de dire qui elles sont. Donner à ses lecteurs un compte rendu d’une corrida est un labeur respectable à condition que les choses soient claires dès le début par l’annonce d’un spectacle vu par écran interposé. Cette idée n’engage que moi mais je crains qu’avec la généralisation de ces pratiques, nous en arrivions un jour à voir des prix octroyés alors même que les "journalistes" n’ont pas fréquenté les arènes... c’est possible.
Et puis, sincèrement, la télévision a-t-elle le pouvoir de retranscrire cette image étourdissante d’un Morante de la Puebla, visage de gisant, quittant le ruedo maestrante plus lentement qu’un convoi funéraire, soutenu par le rien de l’échec et le tout de l’espoir du demain ?
Non, elle n’en a pas le pouvoir car c’est déjà la pub !

>>> Retrouvez les galeries des corridas de la Feria de Abril 2007 sur le site, rubrique RUEDOS.