Vers 15-16 ans, c’est plutôt des histoires de centimètres qui rosissent les trougnes boutonneuses des garçons. Au moindre coup de vent, vas-y que ça sort le double décimètre du cours de maths ou mieux, si la tempête s’annonce, le mètre de bricolage de papa.Avec l’âge, les garçons s’énervent de moins en moins sur les questions de centimètres pour des raisons de pudeur, de résignation ou tout simplement parce que le temps manque. Mais comme ils restent des garçons, il faut bien que le sujet les titille encore un peu, autrement ils ne seraient plus des garçons. Alors, quand ça fait longtemps qu’ils n’ont plus 15 ou 16 ans, ils se mettent à causer de millimètres. Ca fait moins rêver mais ça fait bien rosir encore la trougne auto-satisfaite de certains.
A Camposyruedos, comme nous sommes tous des garçons, et comme ça fait longtemps que nous n’avons plus 15 ou 16 ans, ça nous avait fait plaisir de discutailler le bout de gras pendant l’année 2008 au sujet de quelques millimètres de trop ou de moins. Ca nous a fait plaisir jusqu’en juillet quand la placita de Beaucaire a voulu tester ce que l’on nomme aujourd’hui la puya andalouse. Pendant cette course de Victorino Martin, seuls deux toros ont été piqués avec cette pique annoncée comme l’incontournable outil de l’évolution et de la sauvegarde du tercio de piques. C’est vrai que depuis deux ou trois ans les tercios de piques sévillans ont bien plus de grandeur que ceux d’autrefois !
Au terme de la course de Victorino Martin donc, des vétérinaires ont procédé à des analyses sur les blessures des toros pour déterminer quelles avaient été les piques les plus profondes. Il s’avère en lisant leur compte-rendu que la blessure la plus profonde fut occasionnée sur le sixième exemplaire par une pique andalouse. Jusque-là, rien de bien grave sous le soleil des doubles décimètres, me direz-vous.
Le lendemain même de cette corrida, chaque aficionado pouvait pourtant lire sur son site internet les mots du président de l’OCT, "Quant aux blessures occasionnées par l'une et l'autre pique, elles furent mesurées et comparées par les vétérinaires mandatés à cet effet par l'UVTF. Et contrairement à ce que démontrent de savantes études théoriques qui nous sont proposées depuis quelques temps, le résultat de leurs constatations est fort probant : 11 centimètres pour les piques andalouses, de 14 à 15 pour les traditionnelles. Soit prés de trente pour cent... en moins. Ce qui est le but recherché".
Déjà à l’époque, tenus au courant des résultats de ces analyses vétérinaires, nous nous étions émus de découvrir ces mesures avancées comme vraies par le président de l’OCT (http://camposyruedos2.blogspot.com/2008/07/beaucaire-centimtres-et-vieux-rayas.html).
Cependant, nul n’ignore que se tromper est humain ou qu’un double décimètre est parfois difficile à lire. Et nous pensions la péripétie enterrée. Et nous avions tort. Et certains, qui n’ont plus, eux aussi, 15 ou 16 ans, continuent de ne pas arriver à lire leur double décimètre.
Ainsi, le président de l’OCT, qui persiste obstinément, ne s’avance plus à donner des chiffres que nous savons fantaisistes mais se laisse aller à écrire, cette fois dans le dernier opus de sa revue, ce qui suit : "En effet, des essais réalisés en France sur deux toros à l’occasion d’une utilisation expérimentale à Beaucaire lors d’une imposante corrida de Victorino Martin permettent de vérifier que les blessures occasionnées par la pique andalouse sont inférieures d’un tiers à celles de la pique normale".
Edifiant, n’est-il pas ?
Alors, au-delà des réflexions proprement dites sur la nécessité de réformer ou non le tercio de piques, il nous semble que deux éléments sont intéressants à relever dans cette façon peu sincère de s’arranger avec la réalité ou plutôt d’arranger la réalité à la convenance de sa démonstration :

1/ Peut-être faudrait-il conseiller au président de l’OCT un bon ophtalmo car il peine réellement à lire son double décimètre.
2/ Nous sommes dans ce cas présent très loin de la rigueur scientifique qu’invoque le président de l’OCT à longueur de pages de cet opus 19. Il est entendu également que sa volonté de "poser objectivement" les termes du débat sur le tercio de piques paraît bien entamée au regard des faciles arrangements qu’il entretient avec les résultats scientifiques de la course de Beaucaire. Enfin, il parait tout de même peu crédible d'appuyer une partie d'un raisonnement sur cette seule expérience (2 toros!) de Beaucaire. C'est d'ailleurs ce qu'exprime très bien Gérard Bourdeau, président de l'AVTF, dans son rapport fait à l'UVTF : "En conclusion, il fut très difficile, voire impossible de pouvoir établir une échelle de valeurs significatives, quant à l’utilisation des deux types de piques. D’abord, par le fait que nous ayons un échantillon trop petit statistiquement, 6 toros c’est vraiment peu. Ensuite, par le fait même que l’élevage de V.Martin ne soit pas des plus braves sous le fer, avec pour conséquence immédiate un délabrement musculaire moindre, et surtout un comportement pratiquement inchangé".
Comme nous en avons un peu assez de jouer avec le mètre de bricolage de papa, nous avons convoqué toutes les forces occultes de l’aficion "ultra" méchante pour vous livrer sur un plateau les documents officiels des résultats des analyses de piques effectuées à Beaucaire en juillet 2008. L’ANDA a ainsi eu la gentillesse de nous communiquer le rapport officiel du vétérinaire ayant procédé à ces mesures. Si tout fonctionne bien, vous pourrez en prendre connaissance en cliquant sur les photos qui accompagnent ce texte.
L’équipe de Camposymilimetros
17 commentaires:
Etant donné le caractère pathétique de la situation, j'hésite entre deux citations de circonstance:
"Dans son sein par trois fois le fer à repassé" (plus approprié à la pique)
ou "Et le désir s'accroît quand les faits se reculent" (plus approprié aux boutonneux).
Dernière interrogation: pourquoi se limiter au centimètre, le décamètre et bien aussi...
Xavier KLEIN
La métaphore est excellente.
bruno,le séminariste.
Como lo dice mi amiga:"Amigos mios que estais en la blogosphera,santificados sean vuestros nombres......y idejadme caer en la tentacion porque del mal ....no vas a librar à dios.
Merci Lautrnt pour ces informations qui sont édifiantes sur les manipulations de l'OCT. Mais à la réflexion, est ce une surprise? La rèponse est, bien sur, non?
Juste une question. J'ai une forte incapacité intellectuelle à comprendre beaucoup de choses, et surtout la mise en avant de paramètres qui ne sont mesurés que par la seule perception personnelle des choses. Comment un aficionado (qui n'était pas présent dans les arènes en questionns le jour de la corrida) peut-il prendre pour argent comptant des évaluations fondées par une appréciation toute personnelle de la mise en suerte, de la qualité et de la bravoure, comme il est fait dans le document annexé? Chacun à une perception différente, même si c'est minime, de ces critères.
Dans le post il est dit "les documents officiels". La je n'en lis qu'un seul qui comporte deux pages, où est le second (voire les autres)je ne les ai pas trouvé (mais je suis nul en informatique, j'ai peut être zappé un truc).
Je pinaille, mais quand j'étais boutonneux on m'a toujours apris à signer des lettres ou autres (à moins que depuis ça est évolué).
Effectivement....
Le document est signé par le vétérinaire BOURDEAU.
Ca apparait dans l'entête de son courrier... Faut etre plus attentif ;-)
Enfin !!!
On va arriver à une situation critique : celle d'un OCT qui va parler au nom de tous . L'union est sacré , nécessaire , pour la défense de la corrida , mais la médiatisation d'une pensée unique tend à la dictature intellectuelle .
Oui à la mise en valeur du tercio de pique . Mais pas forcément en le tirant par le bas à coups de millimétres ridiculement enlevés à la pique .
Continuer l'expérience en France . Non . Par principe .
Vouloir connaitre l'effet de cette pique . Pourquoi pas ? Par des échanges vétérinaires France / Andalousie . Par des demandes aux associations d'éleveurs ou à la mesa del toro .
On a une spécificité française pour le tercio de piques :
- invention du peto ,
- deux empresas de caballos actuelles qui ne lésinent pas sur le matériel , sur l'inovation , sur le respect du tercio . En un mot qui ne fournissent pas des bêtes et du matériel simplement parcequ'il en faut .
Constatons aussi que l'UVTF n'applique que peu la double rencontre (poussée ou pas) .
Constatons que lorsque le toro ne peut pas pousser sous la pique , la rencontre est symbolique et donc peu destructrice (qu'elle soit andalouse ou nationale) .
Et quand le toro pousse , qu'il soit d'un fer torista ou pas : tout le monde en piste préfére la pique nationale .
Et ne parlons pas des matadors qui s'envoient les costauds . Quelques uns interrogés (faites en l'expérience) , quand ils savent que l'expérience vient d'une empresa-torero disent : il ne se souvient pas du temps où il était torero ? Bien sûr que si il s'en souvient . Alors on pense que c'est don Victorino imself qui a imposé la chose à Beaucaire .
Rendons aux grandes empresas ou à quelques unes qui auraient pu entrer dans cette bréche (ouverte à Vic pour la concours avec la pique de tienta ; autre symbole néfaste pour le premier tiers) de ne pas l'avoir fait .
Personne ne demande rien en France . Pas plus qu'en Navarre , Castille ou autres provinces d'Espagne . Ne mettons donc pas des problémes là où il n'y en a pas .
Et puis s'il sort des toros nécessitant la pique nationale , que ferions nous ?
Tout ceci est du pipo .
Continuons à insister sur la nécessité de ce tiers . Continuons à montrer du doigt que la technique se perd et que l'on pique de plus en plus mal . Et que , généralement , ceux qui lidient au sol , antérieurement à la mise en suerte du toro face au picador , le font de plus en plus mal et sans soucis de précision . Ce qui rend encore plus compliqué la tache du picador .
Cette pique andalouse est un leurre de surface . La réalité est plus profonde . Il manque d'abord du toro pour ce tiers que tout le monde défend , mais que beaucoup (parfois les mêmes) sabordent (en fait ils ne s'en servent que dans les salons , car ils savent qu'il est le fondement même de la corrida et son rempart intellectuel contre les antis : le combat entre l'homme et la bête) ; et quand il est présent , c'est rare qu'il soit mis en valeur , faute de technique pour y parvenir .
Proposition millimétrique . Si l'on racoursissait aussi la dimension des muletas , peut être aurait on des faenas allant à l'essentiel , allégées en superficiel . Fulano
Bon passons sur l'individu qui ne mérite guère que l'on s'attarde sur lui, si ce n'est pour rigoler de ses géniales "inventions" et revenons au coeur de la question.
A quoi bon, prendre des mesures et instaurer des arènes tests en france, en mobilisant ces braves véto, bénévoles je suppose.
Il suffit de prendre sa voiture (ou son billet d'avion) et d'aller à la maestranza pour constater que le dernier raccourcissement en date de la puya n'a absolument rien amené au premiers tiers.
Ceux qui argumentent dans ce sens veulent au mieux un nivellement par le bas et au pire une évolution néfaste voire funeste de la fiesta brava.
CES VETERINAIRES ILS NE SE METTENT PAS UN PEU EN AVANT POUR ALLER AUX CORRIDAS GRATOS ?
bon ,alors , résumons. ou essayons du moins.
si on peut "constater que le dernier raccourcissement en date de la puya n'a absolument rien amené au premiers tiers" en allant à la source despeñaperros pa'bajo du pb, pourquoi nous farcit-on la tête avec tout cela ? en plus on découvre ,grâce à CYR , que ce n'est pas la pique andalouse (putain on dirait du desproges !)mais l'autre qui fait moins de dégâts. mais en lisant bien ,les vétos se plaignent , et çe à juste titre, du peu de cas pour une étude empirique. imaginons mendel avec trois petits pois ...
donc , ce qui importe ce n'est pas le sujet mais l'agitation autour du sujet. l'OCT veut imprimer sa marque, son sceau, son empreinte, autrement dit son opportunisme, son protagonisme à tout crin, au début de son histoire par un coup de maitre et d'éclat : remodeler le tercio de piques sans rien révolutionner (ça tombe bien, si rien ne bouge on ne pourra pas les accuser d'avoir dévoyé l'essence du bin's; ils diront juste : oui ,mais qui dit que si on n' avait pas changé la donne on n'aurait pas couru à la déliquescence peu à peu. c'est déliquescent quand même ? ah oui mais pas par notre faute, nous on a influé pour le futur radieux, si c'est nuages bas faut chercher ailleurs) fulano résume bien les problèmes liés au premier tercio. c'est plus global et aussi plus local. on pourrait même dire que la puya afeitée c'est cautère sur gregoriana.
en insistant sur les millimètres, en falsifiant les comptes-rendus de professionnels dépourvus de moyens, l'OCT s'empare d'un problème technique pour s'en faire un alibi politique. c'est aussi con que l'autre idée de l'égout du callejon (le descabello remplacé par un taser électrique qui occit le biou d'une décharge radicale. faut arrêter de regarder des feuilletons des potes à bush, iznogoud del callejon ) mais c'est plus consensuel et axé sur un moment crucial et très controversé de la tauromachie . ça a plus d'impact.
donc, rien . du vent. une micro affaire à beaucaire. mais on est obligé d'en parler parce que la vérité , même si elle ne dérange personne, est foulée au pied.
on dirait la crise.la vraie. enfin, la fausse.le père noël qui n'existe pas mais que tu croises un jour sur deux dans les rues de ton bled entre le 15 et le 25 décembre.
ludo
Ludo , il faut faire gaffe en ce moment avec le Taser Tueur . Ol.B ................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................ Non : Fulano
Entre l'histoire du mayoral de Moreno de Silva et celle ci, je trouve que le présudent de l'OCT est devenu le Jean Pierre Pernault de la tauromachie.
Je peux apporter un vigoureux témoignage, en réponse à la question que se pose un lecteur de ce blog, à savoir : est-ce que les vétérinaires taurins ne se poussent pas un peu en avant pour aller aux arènes gratos ?". Je connais un vétérinaire, membre éminent de l'AFVT et je peux affirmer que le temps qu'il consacre aux toros et à la défense du toro intégral, ainsi que l'argent que lui coûte cette activité purement bénévole, n'ont jamais eu pour but d'obtenir des tendidos gratuitement. Le désinteressement, l'intégrité, l'aficion de cet homme méritent le respect. Professionnellement : chapeau ! Humainement : un exemple.
Je crois que M. Renaud Maillard et les autres sont ses frères en aficion.
La Garrigue
A la lecture de la note du vétérinaire de service on constate que les toreros qui ont eu le choix , ont fait celui de la pique nationale ! Fulano
JE NE PARLE PAS DES TENDIDOS JE PARLE DU CALLEJON ET DES FACTURES POUR LES ANALYSES DE CORNES . DE LA PLACE POUR LE CONJOINT .
oui ... en gros ils demandent n'importe quoi... une boîte de paté, un jambon....un saucisson... pff ils font les intéressants...
Laurent
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