
Ajoute les cyans, les rouges et les bruns, un glacis ici... en pâte par là... pour rehausser la froideur de ce fond aigu... Version déclinée... jusqu'à l'infini... anarchique... comme l'idée te vient... Il faut que tout vibre, il faut que tout vive... A nouveau, respire... Sur la toile, c'est la vie maintenant.
Désormais, laisse couler la trace du pinceau... et que vienne ainsi l'illusion d'un arbre tout près d'un buisson là-bas, d'une mare au loin... Mais l'illusion, toujours l'illusion... que rien ne s'enferme, et que tout chancelle ou bascule, fragile équilibre... Ne pense pas, et prends tout comme cela vient. Quand la vie s'impose en reine, écoute l'illusion d'un galop qui viendrait de là-bas tout au fond... car arrivent enfin la force brute et la mystique présence des masses sombres, noires et profondes pour creuser la douce sérénité. Ne ferme jamais tes noirs... non, jamais... Laisse-les se diffuser car le noir doit vivre en mystère, profond et sans fin... Le regard s'y perd, car le noir ne doit jamais l'être vraiment... Profond et sans fin, le noir. Infini... sans horizon, sans contour... D'ailleurs, en voici des juste bruns, des clairs, des presque blancs... Tu vois que le noir ne l'est jamais vraiment. C'est une illusion... qui n'existe que dans les esprits fermés... Le noir n'existe pas. Alors décline-le, et peinds-le comme il te convient... Il n'y a pas de règle, il n'y a que des illusions. L'envie de voir, qui amène à la création... et puis vient le moment de poser les lumières... claires ou sombres, illumine cette cime ou assombris ce tronc... Tout alors n'est qu'illusion de lumières, d'ombres, de collines fleuries et d'hirondelles, peut-être de toros aux pelages de bronze ou salpicados, aux longues cornes sifflantes comme des virgules, peut-être d'un campo andalou après la pluie de mars, à la forte saveur "Gamero Cívico", peut-être alors celui de Araúz de Robles... Peut-être.
Perdez-vous dans les hautes herbes avec les toros de Araúz de Robles, ici...