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29 novembre 2012

En peu de mots #15


Pays basque taurin

D’hier 
Avant l’arrivée, en 1998, de la soucoupe volante Illumbe — qui n’a jamais vraiment décollé, hein —, Saint-Sébastien accueillait les toros dans ses arènes néomudéjar d’El Chofre (1903 – 1973), d’où, au cours du «premier quart du XXe siècle», le photographe Gaston Bouzanquet rapporta ce précieux reportage

D’août prochain 
La nouvelle du retour des Cuadri à Bilbao m’a mis en joie ; je me vois déjà à l’apartado, vers midi autour de la fosse aux toros, puis à la course où, je l’espère, Vista Alegre aura troqué le sable «marron dégueu façon steak haché trop cuit» contre son gris cendré et retrouvé un président… à la hauteur de l’événement. À suivre.


Photographie Laurent Larrieu/Camposyruedos.com

04 août 2012

En peu de mots #14


Garlin, juillet 2012 — Laurent Larrieu

Le dire avec des fleurs

De ces ganaderías qui embarquent six (beaux) novillos Santa Coloma tous plus ou moins invalides et sans race, la corrida en crèvera. De ces novilleros qui se contrefichent du premier tercio comme de leur première chemise, demandent des changements de tiers, donnent des passes en veux-tu en voilà et tuent fort mal, la corrida en crèvera. De ces présidences qui sont là sans trop savoir pourquoi, la corrida en crèvera.

De ce public venu se divertir, il restera bien une ou deux personnes pour venir arroser les fleurs une fois que la corrida aura crevé.

12 juillet 2012

En peu de mots #13


Michonienne réflexion

À Sol y Moscas,

« Et j'ai envie de dire à ceux qui veulent pacifier la Bible, ce que Confucius répondait à une belle âme qui se plaignait de voir immoler les agneaux. Ce représentant de la SPA de l'époque s'indignait : “Mais pourquoi sacrifier encore un être vivant ?” Et Confucius lui avait fait cette réponse souriante : “Vous aimez les moutons, et moi, la cérémonie.” » Pierre Michon


Photographie de Ramón Masats (Caldes de Montbui, Barcelone 1931) issue de la série « Sanfermines » (1957-1960), actuellement exposée à Haro (La Rioja). Quarante-six ans après sa première édition (Espasa Calpe, 1963), « Sanfermines » a fait l'objet d'une seconde publication enrichie de cinquante clichés inédits choisis par Masats lui-même (La Fábrica, 2009).

24 juin 2012

En peu de mots #12


Il fait froid

Alpes italiennes (Trentin - Haut-Adige)
Des mains épaisses. Un bol de soupe. Des yeux bleus injectés de sang. Le silence. La caméra suit un homme au travail, un fardeau de paille jeté sur l'épaule. Il fait froid. Et gris. Cinquante ans à cultiver un lopin de terre ingrate, nourrir des poules, élever trois bêtes. Il est seul — sur la montagne, sous les sommets, face à lui-même. Il marque un temps d'arrêt, regarde la vallée. Il relève la casquette. Il va parler… Il parle : « Avant, il y avait trois familles. Là, là et là-bas. L'une après l'autre elles sont parties. Un jour, j'ai dit à mon père que j'allais partir moi aussi. Il m'a dit : “En voilà une manière de me remercier de t'avoir élevé ici.” Vous savez… la vie est dure par ici. » Les mots ricochent sur les rochers. Il fait froid. Il est le dernier.

Les photographies de Christophe Agou présentées au musée d'art Roger-Quilliot de Clermont-Ferrand1 ne montrent pas autre chose que cette séquence du film Alpi projeté lors du festival du cinéma de Brive : un monde oublié qui se meurt, « celui des petits paysans reclus sur leurs terres, guidés par le seul rythme de la nature2. » C'est triste, et beau. 

1 Exposition prolongée jusqu'au 19 août 2012.
2 Vidéo Arte.

03 juin 2012

En peu de mots #11


© Juan 'Manon' Pelegrín
Le colosse

« J'ai perdu contre le colosse
Pas assez de masse, pas assez d'os
Tout contre lui j'ai plié
Et je t'ai perdu en sus
Acculé que j'étais sous la marmule1
Sous son poids, sous sa masse
Sous le sirocco de son râle
[…]
J'ai perdu contre le colosse
Pas d'armes, pas d'armée
Pas de quoi étouffer sa démence
Pas de gouttes ni de danses
Suppliant que j'étais sur les rotules
Sur la fin, dans l'impasse
Sous le sirocco de son râle
[…] »

1 Le costaud.

Paroles de Bertrand Belin.

>>> Chanson « Le Colosse » in Bertrand Belin, Hypernuit, Cinq 7/Wagram Music, 2011.

20 mai 2012

En peu de mots #10


Madrid, 1996 © François Bruschet
Casas de mundillo

À la lecture des carteles des prochaines festivités nîmoises (Vendanges en septembre, piquette à Pentecôte), je me gausse a) des trois confirmations d'alternative annoncées puisque Diego Urdiales, le 8 juillet 2001 à Madrid, et Iván Fandiño, le 12 mai 2009 à Madrid, ont déjà confirmé — Jiménez Fortes attendra quant à lui de (re)passer par Las Ventas —, et b) de la présence de « Paquirri » (sic) comme chef de lidia de la coursiquette du 24 mai. C'est bien simple, en partant de l'affiche d'Albacete (20 juin 2010), où Francisco Rivera Ordóñez décide d'utiliser pour la première fois l'apodo Paquirri1, et en remontant jusqu'au programme de la Pentecôte nîmoise, seules les affiches des Fallas 2011 et 2012 des arènes de Valence, également tenues par M. Domb, indiquent : « Paquirri »2. Étonnant, non ? 

1 Francisco Rivera Ordóñez est le fils aîné de Francisco Rivera Pérez 'Paquirri' décédé le 26 septembre 1984, à 36 ans, des suites d'une cornada reçue le jour même à Pozoblanco (Cordoue). 
2 Sur les 28 autres affiches (moins celle de Munera du 17 avril 2011, introuvable) figurent les mentions « Francisco Rivera Ordóñez », « Rivera Ordóñez », « Rivera Ordóñez 'Paquirri' » ou « Francisco Rivera 'Paquirri' ».

18 mai 2012

En peu de mots #09


© César Palacios
Vainqueur par K.-O.

Ce mardi de San Isidro, je pose mon barda et salue l'ami qui avance la jambe devant la planche à repasser. À l'écran, Las Ventas sous le soleil et Curro Díaz qui secoue la tête pour chasser de ses oreilles les derniers échos de la bronca que vient d'essuyer Julio Aparicio. Un sartenazo plus tard, l'ami lâche le fer et m'enjoint de poser le derrière sur le canapé-lit — à Parmentier, le Franprix ferme à pas d'heure. 
Costaud castaño d'El Ventorrillo, 'Cervato' fait suer Eduardo Gallo à la cape et briller le Vénézuélien José Ney Zambrano le temps de deux piques ; lesquelles en appelaient au moins une troisième qui jamais ne vint : le voilà le vrai « scandale », M. Lorca ! Car, rendez-vous compte, 'Cervato', taureau de combat de son état, veut combattre. Il donne des coups lors de la faena. Bref, il se bat, mais les gens n'aiment plus ça.

26 avril 2012

En peu de mots #08


Il y a 75 ans

« C'est le 26 avril [1937] que, de 16 h 30 à 18 heures, la petite ville basque de Guernica fut la cible d'attaques aériennes menées par trois vagues d'appareils, dont des avions italiens et les bombardiers Heinkel 111 et Junker 52 de la Légion Condor. Puis les chasseurs Heinkel 51 prirent le relais, détruisant 71 % de la cité dont les maisons, souvent construites en bois, flambèrent. »

In Bartolomé Bennassar, La guerre d'Espagne et ses lendemains, Perrin, Coll. Tempus (n° 133), 2007, p. 207.


>>> Pablo Picasso (1881-1973) / Guernica, 1937 / Huile sur toile, 349,3 cm x 776,6 cm / Museo Reina Sofía, Madrid

Liens Expo dossier « Guernica Picasso » jusqu'au 1er juillet 2012 | Portfolio commenté (en castillan) du bombardement de Guernica | Fondation musée de la Paix de Guernica (en français) | « Guernica 3D »

Image Conception graphique atelier julian legendre

17 avril 2012

En peu de mots #07


Graciliano

« Quand tu [le] regardes, il faut que tu voies un señor toro, pas un gamin. Un athlète, avec le “cul serré”, les défenses bien armées, tout en muscles, la queue qui touche presque terre. Hasta el rabo, todo ha de ser toro. »

José Manuel Durán, vétérinaire


Photographie
'Jaquetón' de D. Juan Luis Fraile y Martín — Madrid, 2010 © Juan 'Manon' Pelegrín

02 avril 2012

En peu de mots #06


Question à cent balles

Le 25 août 2011 — à la vérité, Campos y Ruedos se fiche pas mal de l'actualité —, Vicente Sánchez López publiait cette photographie en demandant de qui pouvaient bien être ces toros.
Le jour même, un premier commentaire affirmait plein d'assurance qu'il s'agissait non seulement de Lisardo mais de Lisardo de D. Lisardo Sánchez — pfft, des Lisardo ça ?… L'auteur du commentaire suivant, « perdidito, perdidito », donnait prudemment sa langue au chat. J'ai quant à moi pensé d'emblée que ces deux-là étaient des Valverde du fameux curé, débarqués quelque part en Espagne, probablement à la fin des années 1980 — et ce malgré le rendu plus ancien du cliché.
Le 29, la réponse tombait : nous avions sous les yeux deux exemplaires… de D. Lisardo Sánchez, combattus… en France, dans les années… 1960 !

16 mars 2012

En peu de mots #05


Avec notamment Michel Subor © Le Pacte
Le dernier hiver

De retour du campo, il faut de nouveau se colleter avec le quotidien ; on a presque envie de rien. On reçoit les nouvelles, aussi tristes soient-elles, sans émotion particulière ; on subit.

Au milieu d'un chapelet de messages, j'ouvre machinalement, comme chaque semaine, la lettre d'informations des cinémas Rex — le nom du chien chez Infante da Câmara —, dans laquelle, une fois n'est pas coutume, le synopsis d'un film à voir retient mon attention : « Quelque part sur un plateau isolé. Johann a repris la ferme de son père. Il y consacre tout son temps et toute son énergie. Aux portes de l'hiver, l'équilibre fragile de son exploitation est menacé. Johann se replie sur lui-même, fuit les êtres qui l'entourent. Prisonnier de son héritage, il continue à accomplir les mêmes gestes et tente d'aimer comme il peut l'univers dans lequel il vit, au moment même où ce monde est sur le point de disparaître. »

03 mars 2012

En peu de mots #04


                                                          © Front de libération vicois
Avis de fête sur Vic

Délesté des billets estampillés CTV que je ne prendrai pas cette année, je garde mon slip kangourou, enfile bonnet de poloïste et lunettes de soudeur, gonfle crânement le torse et saute dans l'eau en me pinçant le nez avant de battre fort des pieds au cul du plus beau des pinardiers : celui du FLV. Pour les joyeux drilles du Front de libération vicois et leur chouette équipage : « Hip hip hip ! hourra ! »

11 février 2012

En peu de mots #03


Madrid, 2009 © François Bruschet
Patibulaire

En juillet prochain, à Orthez et en public, six toros de grand respect de D. António José da Veiga Teixeira vivront leurs derniers instants au centre des arènes du Pesqué. Avant que le couperet ne tombe, pas un seul de ces cornus aux gueules patibulaires n'aura… baissé la tête !
La commission taurine de la ville où seront mis à mort les six lascars1 a décidé de dévoiler l'identité et le portrait de chacun d'entre eux — à raison d'un par semaine. Deux sont déjà connus : le n° 334, 'Roserito', et le n° 332, 'Pintorito' ; j'en connais trois qui ne seront soulagés qu'une fois les six corps « arrastrés ».

1 Du portugais lascar.

07 février 2012

En peu de mots #02


© Vincent Munier (portfolio « Ovibos »)
Ovibos moschatus

L'hiver, la neige, le vent et le froid ; c'est le moment ou jamais de vous parler des bœufs musqués photographiés par Vincent Munier : « Tout est blanc. Les montagnes sont noyées dans la masse opaque des nuages. Vent glacial, brouillard givrant… L’hiver est rigoureux sur les plateaux de Dovrefjell, où vivent des hardes résiduelles de bœufs musqués, silhouettes massives qui semblent patienter loin de l’agitation du monde. Je suis venu les observer en plein hiver, car c’est au cœur des conditions les plus extrêmes qu’ils expriment leur grandeur… »

19 janvier 2012

En peu de mots #01


Julio de la Puerta © Albert de Juan
Rome 2011

Pour débuter l'année, je prends un malin plaisir à montrer un Domecq figurant en bonne place sur une « liste noire des élevages » (sic)…
Pour clore la précédente, je tenais à rappeler la disparition des « Géants » Cy Twombly (Lexington 1928 - Rome 2011) et Walter Bonatti (Bergame 1930 - Rome 2011), mais, une fois de plus, le temps m'a manqué.


Albert de Juan sur Internet