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07 juin 2012

Prévenir ou guérir ?


Mesdames et Messieurs de la FSTF et du CTV,

Suite à la réponse apportée à notre article concernant cette curieuse annonce de fin de course vicoise d'appellation  « Toros de France » contrôlée du dimanche 27 mai, révélant des piques montées à l'envers, sachez que si je vous accorde le crédit d'avoir dénoncé la supercherie, je dois vous avouer que je reste toutefois perplexe sur bien des points. La réception de votre courrier, qui, je le regrette, ne m'a pas convaincu une seconde, me donne donc l'opportunité de vous faire part de mes sentiments de client  « pas bêtement consommateur »  que je fus ce jour-là, et qui, espérons-le, pourrait vous faire voir les choses comme on les a ressenties depuis le tendido ; sentiments qui, vous le savez, sont et resteront la base des succès prochains de votre généreuse idée de corrida à la française, soucieuse, si j'en crois l'intitulé et la démarche, de se démarquer de ce qui se fait généralement avec le toro espagnol…

1. D'abord, vous avez manqué l'occasion de faire prendre conscience à la foule présente du véritable et sérieux concept de corrida à la française. En ayant assimilé tout cela — peut-être n'ai-je pas bien perçu l'ampleur d'une communication particulièrement ciblée à destination de l'évènement ? —, l'opportunité vous était donnée de mieux éduquer les gens sur cette épreuve. Tout le monde ne sachant pas ce qu'est une pique montée à l'envers, certains ont cru que des toros avaient été piqués al regatón (si, si…) ! Allez donc leur expliquer où se situe la faute, quand, au moment choisi d'annoncer les faits, une bonne partie de la foule, n'ayant pas compris qu'il s'agissait d'un concours de tercio de varas, se trouvait déjà sous les platanes rafraîchissants de la buvette.

2. Ensuite, imaginez que le grand Tito Sandoval  nous ait gratifiés d'un tercio de piques d'anthologie avec une puya montée à l'envers ?… Quelle aurait été la morale de l'histoire ? D'où, peut-être, l'annonce délibérément faite à la fin du spectacle, sans prise de risque de perte de crédit, mais avec l'honneur sauf… Me trompe-je ? C'est ainsi que j'affirme et confirme que le délégué aux piques m'a semblé bien inutile ce jour-là, et que votre annonce faite en fin de spectacle, en plus d'avoir totalement désavoué le pauvre bougre, a définitivement révélé l'incapacité des organisateurs à imposer leur point de vue sur la question, y compris, et c'est fâcheux, lors d'un concours de piques.
De deux choses l'une, soit il y a eu fraude et vous n'avez rien vu, ce à quoi je réponds : « Comment cela se fait-il que vous n'ayez rien vu alors qu'il s'agit là du point essentiel du concept que vous vendez ? » Soit il y a eu fraude mais vous n'avez rien pu faire, ce à quoi je réponds : « Alors, à quoi bon toute cette mise en scène ? »

3. Enfin, depuis le temps que l'on s'offusque de la présence d'un deuxième picador dans cette enceinte définitivement trop petite pour accueillir tout ce beau monde, et que le CTV persiste et signe dans son idée de maintenir cette étouffante présence qui, avouons-le, fausse totalement le vrai bon déroulement du premier tiers, comment se fait-il que le seul concept de  « Toros de France »  parvienne, lui, à convaincre les organisateurs gersois — le temps d'un concept, donc, le temps de deux heures à peine — sans que cela ne modifie radicalement leur vision des choses quant à cette désormais évidente ineptie, pourtant remise en selle dès le lendemain matin ?

Bref, rien n'est jamais parfait pour l'aficionado, vous le savez, mais si je vous assure que mon objectif n'est pas d'attaquer tête baissée votre démarche, comprenez tout de même qu'aux yeux des spectateurs avertis, elle souffre encore de quelques ajustements qui mériteraient d'être débattus. Je vous laisse libre de penser que tout cela est bas, facile, gratuit et sans fondement, mais il me semble que quand on a retiré le caillou de la chaussure, on avance mieux.

23 octobre 2010

Comme ils disent


Aller au campo le matin et voir les toros avec des fundas, ça donne envie de rentrer à la maison et de se consacrer à autre chose. Fernando Cuadri

L'origine de l'utilisation des fundas est un problème juridique : les ganaderos ont dû se défendre de la permanente présomption de culpabilité de manipuler les cornes. L'inénarrable Borja Domecq (Jandilla) lors du dernier Congrès mondial des éleveurs de taureaux de combat, organisé aux Açores (Portugal) du 21 au 23 octobre 2010.

. . . . . . . . .

Vous pouvez aller lire, accessible en page d'accueil du site de la FSTF depuis au moins trois semaines, le rapport d'activité sur les travaux de recherche INRA - AFVT1 : « La faiblesse musculaire et les chutes des taureaux de combat pendant la corrida, nutrition des taureaux et stress oxydant. » Prenez le temps car sa lecture est non seulement intéressante mais aisée. Et pour vous remercier d'avoir atteint la dernière des quinze pages de leur « rapport », nos scientifiques à la pointe de la recherche et du progrès vous offrent in fine ce morceau de bravoure (parenthèses maison) : « La préparation alimentaire des taureaux de combat telle que nous l’avons définie doit s’intégrer dans les techniques modernes (...) d’élevage au même titre que les rations mélangées « unefeed » (bon appétit), la mise en place des « fundas » (boouuuh !!!), l’application rigoureuse des programmes sanitaires (un casse-tête), l’entraînement (!?), l’amélioration du confort (sic) durant le transport et le séjour (re-sic) dans les corrals, pour que le taureau sorte dans l’arène avec toute son intégrité physique (ben voyons !). »2

Moi... qui pensais qu'à vouloir s'occuper du toro comme ils préconisent de s'en occuper n'était pas la meilleure des garanties de le voir sortir « dans l’arène avec toute son intégrité physique »...
Toi... qui viens d'avoir la furtive et désagréable impression de lire un de ces propos lénifiants sur la notion de « bien-être animal » dont on te rebat les oreilles depuis deux ou trois ans...
Vous... qui vous imaginiez l'élevage du toro comme le dernier refuge où les « innovations » profitant à des marchands au service d'une logique productiviste ne passeraient jamais...

Moi, toi, vous... nous quoi, en naïfs invétérés, en indécrottables romantiques, en éternels ignorants, en affreux réactionnaires, nous pouvons aller nous rhabiller !

1 Institut national de la recherche agronomique – Association française des vétérinaires taurins. Cette dernière a récemment octroyé son prix 2010 (le premier) à l'ADAC — des mauvaises langues (mais lesquelles ?) prétendent que l'association cérétane l'aurait reçu pour avoir réussi la performance de présenter trois ganaderías con fundas sur quatre courses...
2 Messieurs, quand on s'adresse à des aficionados, le choix des mots, ça compte.

Image Des Tulio pas « modernes » © Laurent Larrieu/Campos y Ruedos

03 novembre 2008

Premier tiers, la révolution en marche (II)


Dans un communiqué daté du 27 octobre 2008, la Fédération des Sociétés Taurines de France (FSTF) rend compte de son 92ème congrès annuel, dont le thème était : « le tercio des piques ». C’est ainsi que la Fédération nous informe que le colloque réuni à cette occasion « a mis en lumière un laisser-aller quasi généralisé sur le respect des principes de la lidia lors du tercio des piques et donc un besoin urgent de réagir de la part de toutes les parties prenantes. Les Maires, les Présidences, les CTEM se doivent de faire respecter le règlement. Les ganaderos, les maestros et les piqueros doivent être prévenus de la volonté des villes qui veulent encore maintenir leur sérieux lors du déroulement des corridas. Ceci pour le plaisir des aficionados de toutes sensibilités. » Elle note également que « des propositions d’amélioration de l’organisation et du règlement taurin seront présentées à l’Union des Villes Taurines. »
Ces propositions sont résumées dans un compte rendu mis en ligne récemment. S’il y a au moins une chose dont l’on peut se féliciter, c’est de cette prise de conscience semble-t-il généralisée de l’état de déliquescence avancée dans lequel a peu à peu sombré le premier tiers. Il convient également de signaler, toujours au rang des bonnes surprises, le regret exprimé clairement du manque de valorisation médiatique dont souffrent « les corridas et les novilladas pour lesquelles le toro est l’élément principal ».
Il est sans doute utile de rappeler avec force, en s’inscrivant dans la ligne des propos tenus par Laurent Giner, qu’un règlement existe, certes dépourvu de toute force coercitive, mais qui présente néanmoins le mérite d’édicter les principes sur la base desquels les courses doivent être menées par les toreros et contrôlées par les présidents, et que sa simple application aurait sans nul doute pour effet de modifier la perception que nous avons des problèmes qui nous occupent.
Les deux novilladas programmées cette année à Parentis-en-Born ont ici valeur d’exemple pour peu que l’on se montre un tantinet attentif. Retour sur ces deux courses.

Premier acte, Pablo Mayoral : « Dévoilant une mansedumbre conséquente, ils prirent treize piques en allant à la rencontre de bon cœur mais sans s’employer vraiment, donnant de nombreux à-coups et se défendant de la tête. Allant a menos, trois d’entre eux sortirent seuls du cheval. A ce défaut de bravoure, il faut ajouter une media caste d’ensemble et de gros problèmes de force, le second étant invalide. »

Deuxième acte, Raso de Portillo : Il serait trop long ici de retranscrire l’analyse de Thomas. Contentons-nous de rappeler des novillos « qui grâce à leur bravoure et leur caste sauvage ont permis aux spectateurs de passer une excellente après-midi d’émotions. Une émotion qui dépassa les aficionados entendus puisque l’ensemble du public put profiter des frissons émis par le toro de lidia et ovationner à la fin du spectacle les six piqueros, véritables héros de la tarde. » En d’autres termes, « 2 heures 37 de grand spectacle sans un instant d’ennui ».

Au-delà de la démonstration éclatante qu’il n’est pas besoin d’être agrégé en tauromachie, ni d’appartenir à cette branche « ultra » dont on serait bien en peine de définir les contours tant ceux qui les ont tracés s’échinent à en entretenir le flou, pour prendre un immense plaisir à assister à une course telle que celle du Raso de Portillo, qu’y a-t-il à retenir de cette féria ? A première vue, on pourrait se demander ce qui peut bien rassembler ces deux novilladas au résultat comptable et artistique si dissemblable. Et pourtant, en sortant des arènes le premier jour, nous étions certes tous déçus, l’esprit déjà tourné vers l’espoir que suscitait en nous l’affiche du lendemain, mais cependant conscients d’avoir assisté, et donc d’une certaine façon participé, à un spectacle sérieux, digne et respectueux des principes et des fondements de notre passion. A aucun moment il ne fut permis d’avoir le sentiment de légitimer une mise en scène dégradante et grotesque, un succédané de course de taureaux, un enterrement programmé de la corrida. C’est donc le cœur léger et l’esprit clair que nous avons pu digérer cette tarde d’ennui en attendant des jours meilleurs.

Or le secret de cette réussite, dans son principe – car je ne doute pas un seul instant qu’il soit prodigieusement compliqué et laborieux à mettre en œuvre –, est pourtant simple : il réside dans le scrupuleux respect du règlement et des principes fondamentaux de la corrida. Rien n’a été inventé. Pas de grigri, pas de gadget, pas de recette miracle, pas de règles fantaisistes ou novatrices. Non. Le simple (et néanmoins si difficile à faire respecter) règlement, les simples (et pourtant quasi-systématiquement bafoués) principes fondamentaux.
Et s’il suffisait de s’en tenir là pour régénérer le premier tiers ? S’il suffisait d’adopter une attitude volontariste en faveur du respect du règlement, du toro et des principes de sa lidia (ce qui, en réalité, revient exactement au même) ? Il n’en est malheureusement rien, compte tenu du second problème, à côté de celui de sa calamiteuse exécution, qui mine aujourd’hui le tercio de varas, à savoir la faiblesse plus que préoccupante dont souffrent un nombre grandissant d’élevages de taureaux de combat. Et ce problème-là n’est pas près d’être résolu, dans la mesure où ce n’est ni d’un coup de baguette magique, ni même avec la mobilisation et la bonne volonté – oh ! combien chimériques – de tous les acteurs de la tauromachie, que nous y parviendrons.
Mais enfin, ce serait déjà un bon début. Car ce que l’on peut constater et déplorer aujourd’hui, c’est la différence de traitement qui est appliqué aux toros en fonction, précisément, de leur force : on assiste aujourd’hui, écœurés mais résignés, d’une part au massacre en règle des toros les plus forts (les procédés sont connus, et nous nous en sommes fait l’écho plus qu’à notre tour), le plus souvent à l’occasion d’une seule et unique rencontre assassine, et, d’autre part, à un simulacre de pique donné à des toros faibles et sans race. Nous continuerions donc d’assister impuissants à ce type de succédanés indignes, auxquels il nous serait toutefois loisible de renoncer, mais nous pourrions ainsi éprouver, en quelque occasion, le plaisir et l’émotion que procure le combat d’un toro fort, puissant et encasté lorsque celui-ci est réalisé correctement et en respectant les règles que nous connaissons tous, acteurs et organisateurs comme aficionados.

Il paraît aujourd’hui bien illusoire de croire que nous pourrons un jour voir le premier tiers exécuté avec conscience et bonne volonté en présence des figuras et des élevages à la mode. Cette résignation n’est pas dictée par une nonchalance coupable, ou un quelconque manque de combativité, mais par le cruel constat de notre impuissance. Il est tout aussi utopique de croire que la source de la régénérescence du premier tiers réside dans celle des grandes maisons toristas d'antan aux camadas pléthoriques, susceptibles de faire lidier de nombreux lots d’excellente qualité dans un grand nombre d’arènes. Il est à craindre qu’elles ne serviront plus, à de rares exceptions près, qu’à alimenter la chronique de nos pieux souvenirs. Est-ce pour autant que nous devons dire que tout, absolument tout, est perdu ? Dans un dernier élan d’optimisme, je serais tenté de répondre par la négative, et quelques exemples accréditent cet état d’esprit. Cependant, le danger guette et pointe son museau à la porte des derniers bastions du toro, où il serait irresponsable de croire que nous pouvons nous abriter en attendant tranquillement la fin. Car ceux qui, à la faveur des discussions actuelles sur le malaise du premier tercio et des remèdes à y apporter, tentent de porter le dernier coup à ce toro que nous aimons, sont les mêmes, il est important de le souligner, que ceux qui s’en prennent avec autant d’ardeur à un autre principe fondamental de la corrida – la mise à mort – en légitimant des indultos ridicules, voire, ce qui est finalement pire, sans les légitimer, mais en hurlant à cor et à cri qu’on s’en fout, que seule compte l’émotion de l’instant (ne nous y trompons pas, cette convocation de l’émotion n’a pour finalité que de légitimer par avance cette corrida édulcorée qu’ils appellent de leurs vœux les plus chers).

Et c’est là que ceux entre les mains desquels réside une once de pouvoir, quelle que soit la nature ou l’étendue de ce dernier, se doivent d’agir sans plus attendre. Force est de constater que cette action s’impose, de façon positive pour proposer des pistes, mais pas seulement ; cette action est de surcroît rendue nécessaire pour tenter de contrer les propositions faussement naïves avancées par les industriels de la corrida, et relayées par leurs valets, si tant est qu’il soit encore possible d’enrayer un mouvement de fond enclenché depuis longtemps déjà. L’enjeu, ici, n’est pas le statu quo, le but visé n’étant autre que de précipiter ce mouvement, que d’aucuns jugent sans doute à raison comme étant inéluctable, dans un dernier assaut dont la plupart des aficionados ne semblent pas même s’émouvoir.
C’est donc pour ces raisons multiples qu’il est à mon sens aujourd’hui nécessaire de faire des propositions, celle formulée par Thomas étant sans nul doute la plus constructive que j’aie pu lire, en raison de sa simplicité même, et surtout en ce qu’elle ne se trompe ni d’objectif ni de moyens : le but ultime est de donner au tercio de varas le prestige et l’émotion dont il est porteur, ainsi que l’utilité qui est la sienne, et non de masquer les déficiences d’un bétail chaque jour plus insignifiant et plus éloigné de ce que doit être, de ce qu’est fondamentalement un taureau de combat ; et pour y parvenir, il s’agit de trouver les moyens non pas d’amender, d’édulcorer, de diminuer ce tiers, mais au contraire d’inciter les acteurs de celui-ci à le respecter et à le faire briller.
Les petits villages d’irréductibles, il n’y a que dans les aventures d’Astérix qu’ils parviennent à résister. Et puisque même là, les fossoyeurs du toro bravo sont à l’œuvre, sans que la bonne voire farouche volonté des organisateurs n’y puisse rien, nous n’avons d’autre choix que celui d’inciter les acteurs de la corrida à adopter une attitude plus conforme à nos souhaits, et ce pour le bien de tous. Pas seulement celui de soi-disant extrémistes mal identifiés. Il faut certes se méfier de toute volonté de « révolution », car sous le « rêve » se cache une « évolution » dont nous ne maîtrisons pas le sens en raison du déséquilibre des forces en présence. Mais celle-ci est en marche. Avec ou sans nous.

23 juillet 2008

Roger Merlin écrit à la CTEM de Mont-de-Marsan


Madame le Maire,
Messieurs les membres de la CTEM,
C’est avec surprise et tristesse que nous constatons la dégradation du sérieux du déroulement des corridas dans vos arènes. Les aficionados considéraient Mont-de-Marsan comme une arène de première catégorie française, ce qui est d’ailleurs son classement dans le règlement actuel de l’UVTF, ils constatent aujourd’hui que les fondamentaux de ce règlement ne sont plus pris en compte dans votre ville !
Le public de la féria montoise est meurtri de voir sa plaza sombrer au plus bas, en abandonnant le contrôle du déroulement des corridas, alors que l’an dernier un effort important et méritoire avait été réalisé pour, au contraire, compter parmi les meilleures. Pourquoi prenez-vous exemple aujourd’hui sur les dernières des plazas de 3ème catégorie espagnole ?
Le « laisser-aller », c’est bien les mots qui conviennent, a provoqué dès la première corrida (la miurada) un tercio des piques catastrophique, avec des toros trop et très mal piqués.
En encourageant la première pique longue et assassine, ce fiasco était prévisible.
De plus, cinq toros ont été piqués avec une puya montée à l’envers ! Un délégué aux piques devrait pourtant les faire monter correctement !
Il faut ajouter à cela : des piques dans le dos, des cariocas, des piques « marteau-piqueur » dont l’une jusqu’au centre de l’arène ! La présidence et les alguacílillos ont bien participé au laisser-aller…
Dans ces circonstances, il a été impossible de « voir » les toros, ce qui est pourtant l’un des souhaits majeurs des spectateurs qui payent leur place (surtout pour une corrida de Miura).
Quant aux faenas de muleta, elles ne pouvaient être que tronquées (sauf pour le 6ème).
Tout cela ne pourra s’améliorer que s’il y a une volonté commune de faire le maximum pour élever la catégorie de la plaza. Les toros, les toreros et le public en seront alors tous gagnants.
Sur le sujet du tercio des piques, vous trouverez ci-joint le dernier communiqué de la Fédération des Sociétés Taurines de France.
En souhaitant que le public puisse rapidement retrouver à Mont-de-Marsan une arène de référence, veuillez agréer, Madame le Maire, Messieurs les membres de la CTEM, l’expression de nos meilleurs sentiments.
Roger Merlin
Président de la FSTF

Le tercio des piques à la dérive !


La Fédération des Sociétés Taurines de France vient de nous communiquer le texte qui suit concernant la dérive du tercio des piques.

Le tercio des piques est aujourd’hui à la dérive, c’est ce que l’on constate dans la plupart des arènes. Il s’agit pourtant, même si la façon de toréer évolue, d’une phase essentielle de la lidia du toro. Le public sait apprécier, et il le prouve, un bon tercio des piques avec un toro de respect brave et fort...
Cette situation est due au laisser-aller des organisations, des CTEM, des présidences, mais aussi bien sûr aux maestros et aux picadors. Il est pourtant possible de revenir à un minimum de sérieux si chacun le veut véritablement.
Aujourd’hui, il est question d’utiliser la puya du règlement andalou dans certaines arènes françaises, alors qu’elle n’est pas conforme au règlement de l’UVTF en vigueur ! Et que ce n’est vraiment pas la panacée, mais plutôt l’arbre qui cache la forêt...
En effet, il faudrait d’abord et d’urgence, que dans TOUTES les arènes, quelle que soit leur catégorie, ces différents points soient respectés (ce qui est déjà le cas dans quelques arènes qui respectent l’éthique et le règlement de l’UVTF) :
- Un délégué aux piques (membre de la CTEM) doit faire respecter le sens de montage correct de toutes les puyas sur les palos. Il doit vérifier également l’utilisation dans le bon sens au moment de la réalisation de la pique depuis le callejón et, dans ce cas, faire savoir au contrevenant éventuel que l’infraction a été relevée. Une puya utilisée à l’envers (avec une arête de la pyramide vers le haut) fait « ouvre-boîte », donc beaucoup plus de dégâts... Si aucune vérification n’est effectuée, les puyas sont quasi systématiquement montées à l’envers ! Lors d’une récente corrida concours les puyas étaient montées à l’envers avant d’utiliser les piques de tienta ! ;
- Les lignes concentriques doivent être tracées à 7 et 10 mètres de la barrière. Si le ruedo est petit, il vaut mieux tracer des arcs de cercle seulement à l’endroit où se déroule le tercio des piques, c’est-à-dire le plus loin possible de la porte du toril. Un trait perpendiculaire permet au picador de mieux situer son positionnement. Si les lignes sont plus proches de la barrière, le cheval se retrouve trop souvent poussé contre la barrière, ce qui va épuiser ou « décourager » le toro ! ;
- Le président doit toujours rencontrer les maestros avant le paseo pour les informer du sérieux de la plaza et de sa volonté de diriger la course dans ce sens. Il devra les prévenir également qu’il fera effectivement donner deux piques minimum et plus si nécessaire comme le prévoit le règlement. Les piques ne devront pas être longues et assassines mais plutôt permettre une rencontre supplémentaire. Une seule pique est une aberration, la réelle bravoure ne s’exprime qu’à partir de la deuxième rencontre. Il est courant de voir une première pique longue et forte qui en vaut deux, voir trois normales... ;
- Il faut aussi bien sûr que les maestros soient encouragés à remettre ce premier tiers en valeur (par l’organisation, par le public et... par les reseñas !) A ce sujet, lors de la dernière féria de Vic-Fezensac, le public a été exemplaire en faisant savoir à Antonio Ferrera qu’il n’appréciait pas son attitude durant le tercio des piques... Combien de cariocas, de piques « marteau-piqueur » qui durent une éternité, dans le dos du toro, avec des dégâts énormes : plaies très profondes, les vertèbres et les épaules détériorées... Oui, il y a aussi les effleurements sur les toritos des corridettes commerciales !

Mais alors, la puya andalouse ? :
- 1 cm de moins de la pointe de la pyramide au croisillon de garde ;
- Une pyramide légèrement plus petite : moins 3 mm de longueur d’arête ;
- Un tope (la corde ou le butoir (!) sur la puya utilisée aujourd’hui) plus fin de 4 mm en haut et 5 mm à la base, il a une forme plus triangulaire et il est en bois ou en PVC, ce qui veut dire une puya qui rentre plus facilement jusqu'à la garde qui, théoriquement, entre moins profondément mais qui, par sa forme quasi triangulaire et sa matière, agrandit plus facilement la plaie, surtout si elle est montée à l’envers !...

07 février 2008

Inquiétude malgré tout


Je ne sais pas vous, mais ici, nous ne sommes pas franchement tranquilles au regard de la situation actuelle. C’est sur le site de la Fédération des Sociétés Taurines de France qu’il vous faut aller lire, voir et écouter ceci.



RDV au Secrétariat d'Etat à l'Ecologie envoyé par SPA75.

14 janvier 2008

Parentis-en-Born


Depuis le 12 décembre 2007, la petite commune landaise de Parentis-en-Born est déclarée "Ville Taurine" après ses consoeurs de Bellegarde, des Saintes-Maries-de-la-Mer et de Fourques. La nouvelle est intéressante et les justifications de cette décision municipale sont détaillées sur le site de la FSTF. Bonne lecture et bravo Parentis !

Photographie Raso de Portillo à Parentis en 2007 © Une lectrice de Camposyruedos... Merci à elle...

23 novembre 2007

Villes Taurines de France


Les communes des Saintes-Maries-de-la-Mer et de Fourques, par délibérations en date respectivement du 7 et du 15 novembre 2007, ont emboité le pas à celle de Bellegarde, et ce en des termes très proches, dont vous pourrez prendre connaissance en consultant le site Internet de la FSTF.

Il est important de souligner que chacune des deux municipalités, d'une part, appelle fortement de ses voeux le maintien d'un accès aux arènes totalement libre et, d'autre part, prend bien le soin d'inscrire leur tradition tauromachique (aussi bien camargaise qu'espagnole) dans "un large territoire où [elle] est un fait social, culturel et humain, aux profondes racines rurales, qui appartient au plus grand nombre dès le berceau".

Ce qui va sans dire va encore mieux en le disant.

11 novembre 2007

Moins de 16 : la FSTF enfonce le clou


Voici le dernier communiqué de la Fédération des Sociétés Taurines de France sur le thème : "La corrida : une culture vivante indéracinable, un attachement inébranlabe, une liberté pour des millions de femmes, d'hommes et d'enfants". Nous espérons que l'élan constaté lors de la signature de l'Appel de Samadet, subsistera dans une période où il vaut mieux être unis pour défendre notre culture.
Ce communiqué doit connaître la plus large diffusion possible.
Nous l'adessons ce jour :
- A M. le Président de la République, M. le Premier Ministre, M. Jean-Louis Borloo, Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, Mme Roselyne Bachelot-Narquin.
- Aux présidents des quatre régions taurines, Mrs Michel Vauzelle, Georges Frêche, Martin Malvy et Alain Rousset.
- Aux 46 maires adhérents de l'Union des Villes Taurines de France.
- Aux 55 membres du groupe parlementaire d'études sur la tauromachie.
- Aux autres entités taurines.
- Aux agences de presse et de télévision.
- Aux journaux quotidiens nationaux et régionaux et aux principaux hebdomadaires.
- Aux journaux, sites et journalistes taurins.

Aficionados, transmettez-le à vos élus locaux et autour de vous !

Vous pouvez lire le communiqué de la FSTF par là.

31 octobre 2007

La FSTF pour la liberté d'accès de nos enfants


La Fédération des Sociétés Taurines de France vient, à son tour, de mettre en ligne sur son site le communiqué établi suite à son 91ème congrès. Et c’est sans ambiguité que la FSTF se prononce, elle aussi, pour un libre accès des arènes par nos enfants.
"La F.S.T.F. qui enregistre une demande croissante d'adhésions continuera plus que jamais à défendre le public attaché à cette culture taurine qui est un fait de civilisation et elle s'opposera avec détermination à toute mesure qui serait irrespectueuse envers ces citoyens et leurs enfants. Sur ce dernier point, les jeunes de nos régions du Sud ont toujours eu la liberté d'assister sans aucune restriction (le plus souvent gratuitement) aux spectacles taurins qui sont, l'histoire le prouve, un exemple d'éducation. Ne fait-il pas bon vivre dans nos régions ? "

Lisez l’intégralité du communiqué de la FSTF.

06 août 2007

Ça surchauffe aussi du côté de la Fédé…


Après l’ANDA, c’est du côté de la Fédération des Sociétés Taurines de France que ça surchauffe et que nous avons trouvé ces quelques lignes ultrapertinentes et percutantes. Par certains aspects, ça en est hallucinant de « naïveté », mais certainement pas glorieux pour une certaine critique taurine. Allez donc lire, c’est par là...

04 avril 2007

Manifeste d'aficionados


Vous avez sans doute pu prendre connaissance ici ou là du "Manifiesto de Aficionados por une Fiesta Integra, Auténtica y Justa", même si, on se demande bien pourquoi, les sites d'information taurine n'ont pas beaucoup relayé l'information.

Peu adepte des grandes déclarations de principe souvent dépourvues de conséquences concrètes, je me reconnais cependant pleinement dans celle-ci, et dans les inquiétudes dont elle se fait le porte-voix.

Grâce aux bons soins de la FSTF, une traduction française de ce texte est désormais disponible, que je copie ci-dessous :

"La Tauromachie est, depuis des temps immémoriaux, la fête favorite d'un grand nombre de citoyens européens ; elle constitue actuellement un précieux patrimoine artistique et culturel dont nous sommes tous, à différents degrés, responsables directs de sa survie. En tant que spectacle vivant, et donc sujet à des variations temporelles, la Tauromachie mérite une attention particulière de la part de toutes les personnes, collectifs et institutions dont les actes influencent son avenir.
Nous, aficionados à la Tauromachie, dans tous nos modes d'expressions, nous représentons le soutien humain, intellectuel et économique dont le spectacle a besoin pour son déroulement normal. Actuellement, l'opinion des aficionados n'est pas écoutée - très souvent même pas entendue - dans les domaines divers qui influencent la bonne tenue de ce spectacle. Et pourtant, encore aujourd'hui, l'afición taurine, organisée ou non, constitue un pilier fondamental dans la défense, la conservation et la promotion du spectacle taurin, fête ancrée dans la culture patrimoniale et historique d'une partie de l'Europe.
En cette période où l'existence de la Tauromachie est remise en question par différentes attaques, l'unité des aficionados apparait comme une impérieuse nécessité, afin de revendiquer avec la plus grande force possible, la vitalité de la Tauromachie dans la société du 21ème siècle. Cet engagement collectif exige également, de manière irrévocable, une réponse des pouvoirs publics et des professionnels taurins en faveur d'une régénération profonde du spectacle taurin dans le sens d'une Tauromachie plus intègre, plus authentique et plus juste.
Dans ce but :
1) Nous affirmons notre engagement radical pour la défense de la validité de la Tauromachie dans la société européenne du 21ème Siècle. Pour cela, nous nous engageons à travailler à la promotion de l'afición taurine pour que, par une connaissance profonde de tous les aspects de la Tauromachie, nous puissions atteindre l'objectif d'une Corrida intègre et juste ;
2) Nous exprimons également la nécessité de déclarer comme élément fondamental de la Tauromachie, le toro de combat dans sa pleine intégrité et diversité. De même, nous revendiquons la nécessité d'une régénération du spectacle taurin, en particulier de la suerte des piques en tant que mesure de la bravoure du toro ;
3) Nous affirmons notre engagement ferme pour la défense des droits des aficionados tauromaches, ainsi que notre intention de rencontrer toutes les institutions publiques qui ont une responsabilité sur le spectacle taurin ;
4) Nous assurons de notre soutien et appui toutes les initiatives de gestion publique des arènes existantes en Europe, quelque en soit les modalités ;
5) Nous affirmons notre reconnaissance à tous les modes d'expression des Tauromachies populaires existant actuellement dans l'Union Européenne ;
6) Devant les incertitudes diverses auxquelles la Tauromachie est actuellement soumise, nous lançons un appel à la responsabilité des différents secteurs publics et professionnels (organisateurs, matadors, membres des cuadrillas, éleveurs, medias; …) pour qu'ils fassent leur métier dans la plus grande rigueur possible, ce qui ne peut que bénéficier à la Tauromachie.

Collectif d'aficionados signataires de ce Manifeste :
Asociación "El Toro de Madrid" - Asociación Cultural "La Cabaña Brava" - Asociación "El Toreo en Red-Hondo" - Portal Taurino "El Chofre.com" - Unión Taurina de Abonados de España - Unión de Abonados de Madrid - Comisión Taurina de Eibar - Peña Taurina "El 7 " de Madrid - Casa de Córdoba de Madrid - Club Taurino de Madrid - Peña Taurina de Burgohondo (Ávila) - Peña Taurina "El Barranco" de Arganda del Rey (Madrid) - Asociación "Cerro de San Albín" (Mérida) - Peña Taurina Tarazona de la Mancha (Albacete) - Tertulia de Tauromaquia "Martincho" del Ateneo de Zaragoza.
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