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17 mai 2012

Más daño que una hipoteca


Cette saloperie de différentiel de taux d'intérêts entre les obligations d'État allemandes et espagnoles a encore pris une énorme gifle aujourd'hui… L'investisseur apeuré par les Grecs, l'incertitude, l'investiture de Hollande et la perte de pouvoir de Merkel se chie tellement dessus qu'il ne jure plus que par la bouée de marbre que constitue le Bund1. Moralité, on vend tout ce qui n'est pas allemand et les Espagnols, les Italiens et tous les autres s'endettent toujours plus cher sur les marchés. À un moment donné, cette crise qui fait tomber les banques, les illusions et les toros (si, si) finit par quitter les écrans Bloomberg pour alourdir le quotidien du quidam castillan, et fait irruption sur les tendidos des arènes les plus reculées. Au moins, on rigole deux minutes. Cenicientos, août 2011 : un quelconque Peñajara ou Alcurrucén se fait assaisonner à la pique à plusieurs reprises, un voisin s'écrit : « ¡Haces más daño que una hipoteca! »2. Le jour où un Espagnol, de la vingtaine sur cent qui ne bosse pas, voudra gagner des sous, il pourra toujours faire un best-seller avec les brèves de tendidos. On en parlera ici. 

Cette crise est partout ; on l'entend, la lit, la voit ou la constate dans les gradins, les reseñas, les rues de Séville ou le regard des toros… Certains imaginent, les soirs d'ennui à Las Ventas, qu'une fois le frigo vide, les jeunes toreros se donneront un peu plus de mal en piste ; d'autres se perdent en statistiques. Les régions agonisent de leur aspirations à la splendeur passée, le nombre de spectacles taurins s'effondre(rait). Et l'on ne parle même pas de l'intérêt des courses…

¡Cenicientos! ¡Cenicientos! El Dorado de poussière… J'ai ce soir une inexplicable nostalgie. 

1 Le Bund est le petit nom de l'obligation d'État allemande, référence absolue dans la zone euro.
2 Tu fais plus de mal qu'un crédit immobilier !


>>> Une succinte galerie de photos argentiques vous attend sur le site en page « Photographies ».

26 août 2011

« Voyage, voyage »


Pour ceux que cela  intéresse, la "traditionnelle" corrida d’Alcurrucén de Cenicientos a donné ceci : 6 toros 6 très bien présentés.
Les toros sortis en premier, second et sixième étaient (à mon sens) trop chargés en poids. Tous très armés et endurants, trois colorados, deux negros mulatos et un negro bragado. Désordonné, court et violent le premier. Brave mais court et s’avisant le second. Très brave le troisième assassiné. Manso et arrêté le quatrième. Mansote puis avisé le cinquième. Soso le dernier.
Chez les toreros : Joselillo mal et très mal ; Castaño sur la réserve sans trop de moyens et Javier Herrero s’en sort bien malgré le massacre du premier et une débâcle à l’épée à son second.
Suffisamment solides pour recevoir 9 gros puyazos, parfois interminables, 4 puyas et 3 refilones.  Le public a beau protester, et Dieu sait s’il manifeste, rien n’y fait... La consigne est claire : "¡¡¡Dale!!!" , et donc le picador franchit les lignes d’un pas lourd et c’est le carnage. Mais les gens gueulent, et depuis 1997 je les ai toujours entendus gueuler !!! Impossible de s’ennuyer même avec cette chaleur.
Le troisième toro, numéro 45, 'Amoroso', negro mulato, de novembre 2006, bouffe une grosse carioca d’entrée. Comme il est brave... il pousse... direction les planches... il pousse toujours le cheval... contre les planches bien sûr... Le public s’énerve, les monosabios s’emploient au cheval depuis le burladero, Javier Herrero (de turno) attend. 'Amoroso' est brave... Deuxième pique, ça pousse, on se retrouve au centre, 'Amoroso' prend le cheval au poitrail et le fait reculer sur cinq mètres, puyas traseras bien sûr.
Le système est le plus fort. Cette saloperie de système qui impose le massacre au cours de ces tercios de piques absurdes, absurdes dans les arènes où l’on ne pique plus, comme dans les arènes où l’on pique mal. Absurdes de Béziers à Bilbao. Absurdes, tout le monde est d’accord là-dessus mais les décideurs ne décidant rien ni à Béziers ni à Bilbao... on est dans la merde du nord au sud et d’est en ouest, à quelques exceptions près.
Et si, dans cette absurdité officiellement admise par les décideurs responsables qui ne veulent rien décider, je dois faire un choix... je choisirai alors le lieu où les toros qui font encore peur se font massacrer au milieu de l’indignation populaire plutôt que d’assister aux six demi-piques données à des saucisses qu’il faut rafraîchir toutes les trois passes dans l’indifférence générale. Triste choix.

De nuages en marécages
De vent d'Espagne en pluie d'Equateur
Voyage, voyage
Vole dans les hauteurs
(Desireless)

Mario Tisné

>>> Retrouvez une galerie consacrée à cette corrida d'Alcurrucén sur le site www.camposyruedos.com, rubrique RUEDOS.

23 août 2010

Loin du kitsch, près du cœur ?


Cenicientos, 15 août 2010. 6 toros de Hubert Yonnet pour Iván García, Luis González et David Mora.

N’en doutons plus, l’Afición française, quand il le faut, peut se mobiliser aux moments importants. Nous étions des centaines... peut-être plus... peut-être même vingt réunis dans une même ferveur autour de Françoise et Hubert Yonnet, et fêter ainsi les 150 et UN ans d’existence d'un des plus anciens élevages de toros de la planète. Ce n’était ni à Arles ni à Nîmes ni à Vic ni à Céret. Vive la France nom de Dieu !
Apartado religieux dès qu’un responsable annonça que le vénérable ganadero montait l’escalier pour un dernier salut à ses toros. Apartado somptueux, apartado émouvant. Et puis ce petit colloque avec l’Afición locale qui avait travaillé la déco et l’accueil.
Tous très armés et luxueux, les Yonnet, entre quatre ans et demi et cinq ans et neuf mois, ont raconté la Camargue et le Rhône en 10 puyas absurdes, les puyas de Cenicientos, des puyas d’amateurs frileux ; un toro remplacé par un survivant des Alcurrucén de la veille (mansada encastée) et un toro qui se déglingue la patte en poussant "l’impoussable" sur une piste qui part en croûtes et cratères.
Ajoutez à cela Iván García qui attend la dernière série de muletazos pour comprendre que 'Arlaten' est brave mais pas tendre, et que 'Carabin' est brave mais malin ; ajoutez que Luis González s’est fait bouffer tout cru par l’important cinquième après avoir manqué mourir dix fois lors de la pelea avec le brave, sauvage et bronco second ; ajoutez à cela que David Mora, le plus capable, n’a pas été servi par le sorteo. Ajoutez des cuadrillas prédisposées à réduire les risques et les toros comme on réduit un fond de sauce, et ajoutez enfin que, si cette course était sortie à Vic, elle eût fait a minima égalité avec les Fidel San Román... Vous comprenez maintenant le désappointement de la colonie tricolore à la sortie...

Les gradins vidés, Hubert et Françoise, circonspects, ont vécu le coucher de soleil sur les Gredos avec cette poignée française en exil, nul sachant s’il fallait rire ou pleurer.
En dehors de tout affect, j’ai dit et le redis, j’ai vu pour ma part deux bons et un très bon... toros de La Bélugue.
Le lendemain, sur la route, par là, soirée à El Burgo de Osma, en compagnie de six Palha, de moins de cinq cents kilos, aféités souvent, tous braves et encastés, mal respectés en huit rencontres, négligés par un public approximatif et des toreros limités (José Ignacio Ramos, Sánchez Vara et José María Lázaro). Heureusement, l’endroit est beau, la fête paisible, les espaces infinis, et les embouteillages inexistants dans le Duero.
Mario Tisné

Photographies Les Yonnet chez Pablo Mayoral et dans le ruedo de Cenicientos © JotaC/Camposyruedos.com & Mario Tisné

22 août 2010

Comme le vent sur la pierre


Entrée de CenicientosSamedi 14 août, dans la lumière brûlante, Cenicientos attend.

L'hiver fut rigoureux, bien plus qu'à l'ordinaire. La roche s'est fendue mille fois sous le gel. Le souffle de la sierra a balayé la crête, pétrifié le soleil et glacé les mémoires. Le village, resserré pour endurer les froids, s'est longtemps assoupi dans les rêves fébriles où naissent les légendes. Les vieux ont raconté. Ils ont dit le passé, entretenu la flamme et réveillé les monstres qui peuplent le Tiétar. Ils ont tous invoqué le granit de Guisando, les monolithes sacrés, immuables et puissants, les combats des anciens, la lune et puis le sang. C'est tout leur héritage, le culte de l'aurochs, de la pierre et du vent. C'est aussi leur présent.
Des hommes sont partis. Leurs semelles ont brisé les dernières fleurs de givre. Ils se sont avancés portés par l'illusion d'un printemps vigoureux aux pointes astifinas. Ils ont marché devant, perpétuant le cycle et poursuivant la quête, inexorablement. Ils ont quitté le pueblo pour chercher des toros dignes de leurs ancêtres.
Aujourd'hui comme hier, Cenicientos attend.

Dans la lumière d'août et la cacophonie des foules bigarrées, Cenicientos attend qu'on ouvre enfin les portes. Agglutinés, juchés sur les corrales, accrochés aux rambardes, les paupières mi-closes guettant dans la pénombre, suspendus à l'espoir d'entrevoir un instant cette masse de cuir taillée dans de la chair et forgée dans le feu, les Coruchos attendent. Ils aiment leurs toros, ils les veulent sauvages, farouches, indomptés et patientent une vie pour les apercevoir. C'est seulement après qu'ils lèvent les yeux au ciel en demandant justice pour le pauvre animal. Ils savent la rengaine. Ils la savent par coeur. Aquí hay mucho toro y muy poco torero. Ils lèvent les yeux au ciel pour implorer la Vierge — la leur, pas celle des autres —, la patronne des lieux qui sait ôter les doutes et conjurer les sorts des montagnes de Gredos. Ils lèvent les yeux au ciel vers la Virgen del Roble, se rangent lentement, en rejoignant leurs femmes, les uns derrière les autres, les pieds dans la poussière, écoutant les aînés qui racontent des fables, de belles fariboles qui parlent de batailles, de luttes mémorables, de faenas d'un jour livrées par des belluaires que l'on n'a plus revus. Aquí hay mucho toro y muy poco torero. Parce qu'ils ont la foi, ou par résignation, les Coruchos se rangent en longue procession, entonnent des cantiques et déposent des cierges en priant pour les toros.
Ils prient pour qu'une fois, une fois seulement, la bête ne soit pas offerte en sacrifice, immolée au cheval, coincée contre le peto, terrassée par la pique. Ils prient par lassitude ou par fatalité pour qu'une fois peut-être, une fois seulement, un vaillant cojonudo ose planter son âme au centre de l'arène, un frêle illuminé qui n'aurait que sa peau et viendrait la jouer pour quelques clopinettes dans un patelin paumé des confins madrilènes. Les cuadrillas le savent, à chacun sa rengaine. Mucho toro y muy poco dinero. Il n'y a rien à gagner qu'une gloire éphémère, un mauvais coup de corne et un trou dans le ventre. ¡Pica, picador, pica!

Torerito en CenicientosDans la lumière d'août, Cenicientos attend qu'un gamin d'infortune, une fois seulement, dessine des volutes avec un bout d'étoffe en tournant sur le sable comme le vent sur les pierres...

Il n'y eut que le sable, les toros et le vent.
Cenicientos attend.

Cenicientos, samedi 14 août 2010. 6 toros d'Alcurrucén — 3 Alcurrucén et 3 El Cortijillo pour être précis, le même encaste Núñez extrait du troisième fer de la maison — pour José Ignacio Ramos, José Pacheco 'El Califa' et Fernando Tendero qui prenait l'alternative.

>>> Retrouvez la galerie de cette corrida à la rubrique RUEDOS du site.

Autres liens Le site de Cenicientos & les Toros de Guisando.

07 août 2010

Yonnet en Cenicientos (II)


C’est parti !

Mercredi matin, de très bonne heure, le camion corrucho de Luis Vedia s’est présenté à La Belugo pour y embarquer les 6 pavos qui le 15 août prochain seront passés au fil de l’épée, à Cenicientos, Valle del Tiétar.

Pour ceux qui comptent faire le voyage, notez bien que la corrida a finalement été programmée le 15 août et non le 14 comme initialement annoncée.

Les matadores de toros chargés de combattre les Yonnet sont Iván García, Luis González et David Mora.

>>> Vous trouverez une galerie de cet embarquement en rubrique RUEDOS du site www.camposyruedos.com.

22 juillet 2010

En vrac


Ce dimanche, en terre béarnaise et à l'occasion d'une journée taurine sin fundas (tout le monde ne peut pas en dire autant !), les températures n'atteindront vraisemblablement pas les sommets de l'année dernière, ce dont nous ne nous plaindrons pas — cette nouvelle ne constituant pas non plus pour moi une raison suffisante pour me départir du fidèle couvre-chef.
Source : Météo-France.

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C'est un fait avéré, ma boîte à e-mails ne déborde pas de lettres d'information et autres newsletters ; la seule que j'aie jamais reçue : celle de la ganadería Murteira Grave. Ces derniers jours elle arrive de plus en plus fréquemment avec, parfois, des remarques sur les toros à lidier apportant leur dose d'amertume et de frustration bien compréhensibles : « Uma estampa! Pena ter que levar bolas... » Sans commentaires. Enfin, si... Est-ce que quelqu'un aurait l'amabilité de dire à don Joaquim que je n'y suis pour rien, moi, si les « plazas de première », tant espagnoles que françaises, s'évertuent à présenter des lots « à chier » d'élevages — toujours les mêmes — qui le sont tout autant ?

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Les carteles complets et amaigris de la prochaine Feria de la Virgen del Roble 2010 de Cenicientos (Madrid) sont désormais connus — y lire les noms de Yonnet et de José Ignacio Ramos me fait grand plaisir :
Samedi 14 août Toros d'ALCURRUCÉN pour José Ignacio Ramos, José Pacheco 'El Califa' et Fernando Tendero (alternative).
Dimanche 15 août Toros d'HUBERT YONNET pour Iván García, Luis González et David Mora.

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The Festival of San Fermin, 2010
Laurent, notre sanferminero de choc (quelle paire ils font El Batacazo et lui !), nous l'avait glissé dans un récent e-mail ce lien du Boston Globe.
On restera bouche bée devant la plupart des clichés*, on s'étonnera de devoir cliquer sur certains, cachés... et puis, si l'on en a le courage et que l'on maîtrise un tant soit peu la langue, on jettera un œil à quelques-uns des 634 commentaires (insulte, haine, ignorance et sentimentalisme exacerbé à quasiment tous les étages) dont l'un, pépite à l'ironie mordante, que je ne retrouve plus, s'étonnait que les Etats-Unis n'aient pas encore déclaré la guerre à l'Espagne... ¡Je, je, je!
Mais au fond, c'est vrai, qu'est-ce qu'ils attendent les Ricains ?
* Superbe la vue plongeante sur les Géants, épatante l'enfilade de balcons...

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Pour finir, deux concours de photographie taurine sont organisés en Espagne :
— l'un par l'empresa Taurodelta (¡fuera!) /// Remise des œuvres une semaine avant le terme de la temporada madrilène, fin octobre 2010 (source : Cope) ;
— l'autre dans le cadre du congrès Fundamentos y Renovación de la Fiesta (tout un programme...) de Séville /// Remise des œuvres avant le 16 septembre 2010.

Voilà, ce sera tout pour aujourd'hui...

Image Yonnet n° 561 prévu pour Cenicientos © François Bruschet

18 juillet 2010

Yonnet en Cenicientos (I)


Cette fois-ci c’est officiel, six toros d’Hubert Yonnet prendront la route de Cenicientos pour y être combattus le 14 août prochain en ouverture de la féria. Suivront une corrida d’Alcurrucén et une autre de Samuel Flores. Ce numéro 577 (on clique sur la photo) fera partie du voyage.
L’histoire de cette corrida, cinqueña dans sa majorité, est rocambolesque. Elle a débuté en juillet 2008 lorsqu'un groupe d’aficionados madrilènes en visite à "La Bélugue" prit l’initiative de proposer très officiellement à la direction des arènes de Madrid de la faire combattre dans la capitale à l’occasion du cent cinquantenaire de l’élevage.
Ce qui s’est passé entre ce mois de juillet 2008 et la temporada 2009, période au cours de la quelle la course ne fut, évidemment, jamais embarquée, était quasi kafkaïen...
— Oui, oui, aucun souci, nous allons venir la voir, les choses vont se faire... Aucune inquiétude à avoir.
Les jours passèrent, les semaines même, et certains en Camargue s’étonnaient de ne toujours pas voir débarquer Florito, veedor de l’époque pour le compte de Taurodelta.
Des coups de téléphone se donnaient, des choses se disaient, des bouches parlaient beaucoup, mais toujours pas de veedor jusqu’au jour où l’on apprit que Florito avait peur de l’avion et-que-donc il ne pouvait pas venir en Camargue. Hallucinant...
Je vous la fais courte mais des épisodes tragi-comiques comme celui-ci il y en eut assez pour écrire un livre.
Et puis Cenicientos, l’amitié de quelques aficionados catalans avec ceux de là-bas, des coups de téléphone, des vrais, des langues qui parlent mais pas pour ne rien dire, le coup de pouce final de Stéphane Fernández Meca et les choses se font, pour de bon.
Le samedi 14 août 2010 donc, à Cenicientos, épicentre de la vallée du Tiétar, "coursasse" d’Hubert Yonnet comme dirait l’ami Angulo.

Rappel Retrouvez sur le site, rubrique CAMPOS, une galerie consacrée aux tíos de "La Belugo".

08 juillet 2010

Yonnet 2010


Une galerie consacrée aux toros souvent cinqueños d'Hubert Yonnet est disponible en galerie CAMPOS du site www.camposyruedos.com.
La plupart de ces toros sont destinés à être combattus à Cenicientos. Vous y verrez également le très spectaculaire sardo (?), numéro 574, destiné à la corrida concours de Vic-Fezensac.

yonnet

03 juillet 2010

¿Cómo son?


La rue principale qui sort du village n’était pas goudronnée lorsque nous découvrîmes Cenicientos. Au bout de la rue en terre, tout en haut, se dressait l’arène portative adossée à une structure en dur faisant tant bien que mal office de corrals.
Les jours de corrida, vers midi, mais toujours en retard, sur les corrals, les hommes et les enfants du village, et très peu de femmes, s’agglutinaient par grappes au mépris des règles de sécurité les plus élémentaires. Vue de loin, la chose ressemblait à un essaim monstrueux. Le village attendait ainsi l’arrivée du camion qui annonçait l’apparition des toros de l’après-midi.
A l’intérieur, un gamin haut comme trois pommes et plus habile qu’un singe bondissait de cours en couloirs, fermant une porte, ouvrant l’autre, sautant pour débloquer une corde.
Dans un coin, à l’ombre, les deux vétérinaires chargés de reconnaître les toros étaient littéralement harcelés par les deux vieux les plus teigneux du village.
Deux vieux style Muppet Show qui n’en finissaient pas de se répandre et prendre les vétérinaires à témoin. Trop petit, encore trop petit, toujours trop petit, jamais assez gros et jamais assez de cornes, pas assez de cul, trop de ceci, et pas assez de cela, jamais contents.
Pendant ce temps, le gamin haut comme trois pommes n’en finissait pas de sauter, bondir, grimper, ouvrir des portes, en fermer d’autres et attraper des cordes.
C’était Cenicientos, il y a une quinzaine d’années.
En redescendant au village, par la rue en terre, nous saluions des vieilles habillées de noir qui attendaient sur le pas de leur porte.
A notre salut elles répondaient : "¿Cómo son?"
"Comment sont les toros ?" : les vieilles voulaient savoir.
Pour nous, ils étaient souvent terrifiants, pour les deux petits vieux style Muppet Show, jamais assez gros, jamais assez armés.
C’était Cenicientos du temps de sa portative et de sa rue en terre battue.

Aujourd'hui, samedi 3 juillet 2010, une délégation d’aficionados coruchos a débarqué en Camargue chez Hubert Yonnet, pour voir « cómo son » les toros cinqueños qui les attendaient là.
A en croire les conversations et les exclamations, il semble qu’ils soient biens, qu’ils aient assez de cornes et de prestance.
Depuis que je ne suis pas allé à Cenicientos, je soupçonne que les deux petits vieux style Muppet Show ne sont plus de ce monde. Le gamin haut comme trois pommes doit être un homme aujourd’hui.
Mais après l’apartado des Yonnet, il y aura bien quelques vieilles pour demander aux aficionados qui redescendront au village depuis les arènes désormais en dur et la rue maintenant goudronnée : "¿Cómo son?"

NDLR La présence de la corrida d'Hubert Yonnet à Cenicientos est une information confirmée à... disons 98 %...

18 août 2009

Je ne vous salue pas Marie


Quand il fait chaud en Espagne, il se trouve un moment entre 14h et 16h où l’ombre n’existe que dans les cathédrales. Il fait alors si chaud que vous pouvez bien aller vous réfugier dans le village d’à côté, c’est pareil.
J’ai laissé mes copains à l’ombre des géraniums et filé vers le sud voir les Conde de la Corte (corrida mansa), Cortijoliva (une vuelta al toro) et Alcurrucén (supérieurs).

Ce matin du 16 août 2009, il doit bien faire 60 degrés à onze heures sur un trottoir à l’ombre à San Martín de Valdeiglesias. J’ai repéré un cyber bistrot en face, je veux des infos et rassurer ma famille.
Je traverse la rue en courant pour ne pas me faire attraper par le soleil.
Le cyber machin est tenu par une gitane avec laquelle je connecte immédiatement pour faire le tour de ma messagerie, les infos…
Sans sommation, je suis intercepté par cette image du Fundi au sol, les yeux grands ouverts, immobile, durant deux secondes je le crois mort, lui, le Fundi, mon icône. Le seul Torero de l’escalafón qui soit cramé de soleil, de campo, de cheval et de Toros. Le recordman des prix Popelin, l’aigle impérial de la Sierra de Gredos.
Et je clique sur la petite flèche à l’écran qui m’envoie la vidéo : Padilla qui prend un brin, et le Fundi d’abord « aux abris » dans le cou du Toro, la chute verticale, l’immobilité tragique.
Je ferme la connexion, règle 54 centimes à la caisse où je remarque un petit panier rempli de gros sel sur lequel sont posées des gousses d’ail.
- C’est quoi ça Madame ?
- Contre le mauvais œil.
Authentique…
Me revoici sur le trottoir, il fait au moins 80 degrés… Je m’en moque, je l’ai mauvaise. Hier, quinze août, jour de l’Assomption, la Vierge est partie prendre le frais et fêter son anniversaire avec des copains à St Sébastien et elle a préféré le Stade d’Anoeta et le but de Kaka au Tuperware d’Illumbe et elle n’a rien fait pour le Fundi. Marie, il faudra que nous ayons une discussion...
Cenicientos, il est Alcurrucén moins 130 minutes, à la terrasse d’un micro hôtel taurin, je tombe sur un apoderado qui vient de Roquefort et qui repart à Dax dans les bagages de Javier Cortés. On parle du Fundi.
Alcurrucén moins 80 minutes, à la peña Fuerte Movida, ils préparent leur concours annuel du plus gros mangeurs de yoghourts (!). On parle du Fundi.
Alcurrucén moins 35 minutes, je retrouve les Catalans de Céret, on parle du Fundi.
Alcurrucén : depuis trois ans ici, un élevage qui fait peur. Toujours encastés, parfois braves, deux Toros de vuelta ce soir-là. Les piqueros anticipent, partent vers le Toro, franchissent les 2 lignes pour réduire la distance et s’éviter un batacazo. Des toros de cinq ans souvent, un de presque six ans. Le tamaño est très sérieux. Deux Toros de vuelta, des piques assassines, de la bravoure et une solidité à toute épreuve. Trois années consécutives… troublante régularité.
A 19h, il ne fait plus que 70 degrés, on respire. J’ai une voisine de barrera, une mamie, son sac est rempli de latas de Kas naranja, Coca et Sprite. Les cuadrillas n’hésitent pas à faire le tour complet pour s’approvisionner et pour la saluer. Quand elle n’a plus de munitions elle en achète au distributeur itinérant. En bas c’est la guerre, surtout aux banderilles. La mamie logisticienne redouble d’efficacité, je n’ose pas lui demander si elle vient de Nazareth.

García Gimenez moins 22 heures, départ vers Bilbao en écoutant les noticias dans la nuit sur l'"août-ovia". On n’y parle pas du Fundi mais du Fandi qui va « susti-touiller » Morante de la Puebla. Trop tard, nos billets sont réservés. A Bilbao il fait si chaud qu'ils ont sorti le Txirimiri, sorte d’immense brumisateur dans le ciel capable de fonctionner même quand il ne fait pas chaud. Il est facile d’avoir des infos de qualité à la Federación Taurina de Bizkaia : le Fundi est rentré chez lui (ouf !) et les débuts de Bonijol sont salués ici comme un progrès attendu. L’empresa française est venue avec huit chevaux dont Kings, Icono, Pacha, Moise…
Autre innovation, un prix à la meilleure pique de la Féria sera décerné par un jury d’aficionados (un peu comme à Orthez !).
Les garcía jiménez n’ont pas mis en valeur les chevaux français, manque de poder malgré un batacazo davantage à charge du cavalier. Corrida encastée, parfois brave mais toujours à la limite de l’acceptable en terme de solidité. Impeccable función du Juli. On reviendra en fin de semaine.
Alain Bonijol, ici, à Bilbao, presque une satisfaction personnelle, on a bouffé du Fontecha si longtemps qu'on pourrait bien chanter la Marseillaise dans les gradins.
Mario 'El Ubano' Tisné

19 mai 2009

Chamón Ortega, Cenicientos


Ce n’est pas une photographie sans paroles, sans nom, ou anonyme.

C’est à l’inverse un émouvant souvenir. Chamón Ortega, Cenicientos, une novillada terrible, un vieux négatif argentique remonté du fond de mes archives.

Chamón Ortega n’a pas percé, n’est pas devenu une figure du toreo. Mais le souvenir de cette course, et ce vieux négatif, hantent souvent mes rêves d’aficionado.

Je me demande ce qu’est devenu Chamón Ortega.

20 janvier 2009

Histoires oubliées


Demain, Pepina vient dîner... C'est un événement ! Il est même possible que l'on ait Yannick Olivier ce qui vaut l'apparition de José Tomás dans un cartel d'arène française : pas impossible, mais pas vraiment probable. Pour Benjamin et El Batacazo, c'est plus classique. En montant les oeufs en neige pour le tiramisu, je me disais qu'après une année de célibat, l'obtention d'une mousse ferme et onctueuse à l'aide d'un simple fouet, tiendrait du jeu d'enfant. Pour le résultat, nous verrons demain. L'avantage du célibat ne réside pas seulement dans la dextérité retrouvée pour monter des oeufs en neige, cela permet également de faire plein de rencontres, d'héberger des copains pendant 6 mois, de tienter la camada entière du Pablo Romero à Nîmes et surtout de partir pour les toros quand cela vous chante. ¡Menuda ventaja !

Tout a commencé autour d'un banquet aux alentours de Vic, un soir d'Adelaida Rodríguez face à quelques carcasses de canard et diverses bouteilles du Sud-Est, SyS et Mario Tisné alternaient en mano a mano sur les souvenirs de Cenicientos et tout y passait : les portatives qui reculaient quand les toros remataient au burladero, la "Fuerte Movida", les feux d'artifices tirés à l'horizontale dans les rues, les toros abattus à l'arme automatique, les rues non goudronnées et ces histoires de juments attachées à la barrière... En quelques minutes de souvenirs agités sous nos yeux ébahis, nous venions tous de décider de partir voir ces bizarreries de plus près dès le mois d'août.

L'inconvénient du célibat quand l'âge avance réside dans la corrélation négative de sa situation maritale avec celles de ses amis... Autour du 15 août, me voici donc en route depuis Biarritz et San Sebastián pour Cenicientos, avec pour seule compagnie la promesse de retrouver Benjamin à Bilbao le lundi suivant et quelques Cérétans à Cadalso de los Vidrios.

Vitoria... Burgos... Aranda... Madrid... Villaviciosa de Odón... Fuenlabrada... direction Talavera... 500 kilomètres qui me parlent de toros.
A la sortie d'Almorox, il faut oser se jeter à gauche dans le ravin où plonge la petite route serpentant à travers un paysage de pierres qui mousse généreusement de pins parasols. Au loin, voici un coche de cuadrilla, celui de Vilches. Et l'impression à travers les lacets où je le poursuis, de revoir le début de "Shining" : la voiture de Nicholson avalant le bitume au milieu de nulle part et déjà l'angoisse en train de poindre.
A Cadalso de los Vidrios, l'hôtel vieillot est un repère de Français en quête de drôles de toros et ma chambre mêle des senteurs de renfermé et de moisi. C'est un régal, c'est bien ici... Enfin j'y suis !
J'ai raté les Alcurrucén de la veille, Cenicientos m'accueille avec tout le bois de ses Osborne parmi lesquels nul ensabanado n'a le bon goût de venir rappeler quelque souvenir d'emprunt. Le cartel est aussi cauchemardesque sur le papier qu'en piste : Hernán Ruiz 'El Gino' de Colombie, Luis Vilches, Paul Abadia 'Serranito' face à un lot n'ayant qu'un peu de présentation à offrir : 'Campeón' et 'Esplendido' se chargeant de la partie imposture patronymique. Les cornes astifinas de 'Vistoso', le 5, envoient Vilches finir sa saison sur un lit d'hôpital de la banlieue madrilène. Deuxième corrida, deuxième blessé. 7 puyas, lidia chaotique... Rideau.

Je retrouve Mario, Bill, Richard. Je rencontre Luigi de Milano et un groupe hétéroclite et picaresque de Zaragozanos de La Cabaña Brava au beau milieu du pueblo corucho... Même avec sa nouvelle plaza en dur, le bled garde son cachet encasté. Le ron con limón vient prouver que quelques pans de civilisation ont dérivé jusqu'ici.

L'alguazil de la plaza a des airs accablés de cavalier rassasié de poussière des chemins de Castille sur quelque Rossinante harassée. Il semble tenir en selle par habitude autant que par lassitude. Les toros de Corbacho Grande montrent un brin de présence en piste, un brin. La lidia est au diapason de celle de la veille : catastrophique, chaque bicho allant prendre refilones successivement au titulaire et au réserve. On vient voir des toros, pas des piques. López Chaves, Iván García et José María Lazaro étalent toutes les insuffisances de leur tauromachie. 'Diacono' vient sauver la fadeur de la tarde en sixième position : il ne veut pas voir un capote, prend deux puyazos, permet au banderillero de saluer et après de bons doblones de Lazaro, se met à charger et répéter des deux côtés sans relâche. Emotion dans l'alegría du toro et dans l'aguante inquiet du jeune valiente s'employant à ne pas rompre. Passes longues, rythme rapide, quelques adornos par le bas pour en finir et estocade caidita en se mouillant les doigts. Corrida sauvée par un grand toro et le pundonor d'un garçon venu "se la jouer" ici-loin.

Pour trouver une plaza portative comme jadis, il faut aller à Almorox, où l'encierro des novillos le matin permet aux vieilles de leur donner des coups de canne à travers les barrières et aux toros de gambader des dizaines de minutes durant dans la rue puis la plaza, pleine comme un oeuf dès 8h30.

Avant le départ pour Bilbao, Cenicientos finit cumbre : 6 José Escolar Gil pour Rafaelillo, Robleño et Sergio Aguilar. Les 3, 4 et 6 étalent leur caste face aux moyens impuissants des diestros. Rafaelillo fait assassiner le 1 en une puya, le 4 en deux rencontres cauchemardesques. 'Cedido', santacolomeño encasté aurait supporté 5 piques normales, il s'emploiera à faire l'avion dans la muleta coupable d'un Rafaelillo dépassé par tant de bravoure. ¡Lástima!
En sixième position paraît 'Chumbero'... incarnation de fiereza et de caste : querencioso, il se déchaînera lors d'un premier tiers apocalyptique, terrorisera la cuadrilla au deuxième puis promènera son port de tête altier et son matador déconfit dans tous les secteurs du ruedo au mépris des meutrissures préméditées endurées par sa carcasse. José Escolar avoua que face à tant de caste, même son gendre aurait certainement éprouvé d'immenses difficultés. De Aguilar ? Ni hablar... De leur rencontre avec 'Chumbero', Pepe Carlos et Facundo sont encore bouche bée. Quant à moi, je reprenais le chemin de Biarritz pour chercher Benjamin en pensant que pareil Albaserrada valait toutes ces centaines de kilomètres et justifiait une nuit recroquevillé et frigorifié sur la banquette arrière de la voiture au bord improbable d'une autoroute de Castille.

A quelques kilomètres de Cenicientos, quasi morts et quasi pierre, paissent los Toros de Guisando, "hartos de pisar la tierra".

25 août 2008

Prendre un toro par la main


T'as voulu voir Vierzon et on a vu Vierzon
T'as voulu voir Vesoul et on a vu Vesoul
T'as voulu voir Honfleur et on a vu Honfleur
J'ai voulu voir Tomás et on a vu Ponce... Comme toujours !

La vie d'un coche de cuadrilla doit ressembler à celle d'une Merco de chanteur de province en tournée... Je n'avais pas pris Brel pour animer la route des vacances taurines, j'avais à peine moins taurin : Leo Cohen et Bob Dylan entre autres, mais "Vesoul" avec son accordéon ironique aurait pu faire l'affaire.

J'y suis allé crescendo : San Sebastián pour Tomás puis 3 jours à Cenicientos et enfin 3 jours à Bilbao pour finir en apothéose avec les figuras face aux La Quinta. Sur le papier, ça avait une bonne gueule.
Je reviendrai sur (et probablement à) Cenicientos un de ces jours. J'en arrive directement au mâchefer photogénique de Vista Alegre : mardi 19 août, Ponce ne remplaçait personne et alternait avec Juli et Manzanares face à l'un des élevages en vogue : El Ventorrillo. Le toro de Bilbao c'est quelque chose : ça n'est pas pour rien que l'on se presse au bord du Nervión pour voir les vedettes du moment face à des toros de respect, faut dire que ce n'est pas tous les jours le cas ! Nous y voici.

Passons sur la première partie de la course dont je retiendrai l'empaque classieux de Manzanares "inventant" (selon l'expression consacrée) son premier adversaire, dont l'aspect récalcitrant et contrariant s'incarnait surtout dans sa charge courte. Les instruments basques de Vista Alegre venaient de jouer "Bring Back My Bonnie to Me" lors du tercio de banderilles du 3, comme en hommage à la cuadrilla du Cid qui salua deux fois la veille. Rien donc... (3 piques, 3 picotazos).

Sort le 4, 'Histrión' (n°6 - 561 kg - né en septembre 2003), d'un point de vue patronymique, ça commençait mal. Pas si mal que ça, il faut en convenir car du bois il y en avait : des flèches à faire pâlir d'envie les cathédrales des plaines de Picardie (des pointes au milieu de rien) : veleto tendance cornivuelto, astifino pour sûr. Un trapío tout à fait acceptable, en rapport avec la réputation du lieu. Benjamin me souffla "y'a du bois ! c'est le bois qui cache la forêt !" (s'il ne lisait CyR, je me la serais attribuée, celle-là). En effet, de présence en piste, nada : l'ingénieux capote du Maître de Chiva le reçut avec toute la douceur et le sucre d'un accueil oriental. L'animal n'était pas une bédigue, ça n'était pas un foudre de guerre non plus, qu'on se le dise. Un "pavo" : du plumage sans ramage, faible des antérieures, fiereza nada, de caste "moderne", à la sauvagerie de soie dont on fait des pacheminas. Il prit une première pique de jolie manière et une seconde par politesse comme qui se ressert quand, invité, on craint d'offenser la maîtresse de maison même si le rôti est cramé.

Ponce vit tout de suite le miel qu'il pourrait tirer du sucre qu'il venait d'investir et "brinda" à tous. Le maestro du Levant leva donc sa muleta, tendit la main à son opposant et lui sussurra doucement : "Allez, viens ! je vais te montrer un truc, on va faire des jolies choses toi et moi !"

Prendre un toro par la main
Pour l'emmener vers demain
Pour lui donner confiance en son pas

Ponce étala alors toute la magie de sa main, de son poignet, de sa science et décupla les capacités de son opposant (?) plus sûrement qu'un médecin d'équipe cycliste espagnole. Sans ces avis vulgaires de règlement de caserne, 'Histrión' serait certainement encore en train de prendre des pases de pecho au sommet du Tourmalet ou de l'Aubisque. A côté de pareil déploiement de douceur et de persuasion, d'invention - puisque c'est le terme "ad hoc" - le Manzanita du troisième Ventorrillo prenait des airs d'honnête praticien de tours de passe-passe, de rebouteux médiéval vendant des amulettes à côté d'un centre de cancérologie à Villejuif (je parle ici de savoir-faire, pas de torería, notez bien).

Le baume Ponce fit à nouveau merveille, le secret déposé dans les oreilles de 'Histrión' produisait son effet : en bon psychologue Ponce savait que l'histrionisme se caractérise par une soif inextinguible d'attention excessive. En d'autres mains, 'Histrión' n'aurait pas eu le moindre écho public et serait passé de vie à trépas sans son quart d'heure de gloire Wahrolien : seul, il n'en possédait pas les moyens.

Enrique poursuivait son travail de réhabilitation, mieux qu'un centre de rééducation pour handicapés, plus magique que Lourdes, il jouait les Soubirou et tirait des muletazos suaves, utilisant à des fins d'infirmier l'abanico entier des recours de torero : fuera de cacho, pico, toreo en ligne droite de la main gauche, les gradins de Biscaye bruissaient du miracle ambiant : "Lève-toi et marche !" semblait-il ordonner à 'Histrión', à qui il dessinait une voie ferrée dans un terrain réduit. "Lève-toi et marche !", Vista Alegre était rebaptisée Gare St Lazare.

Le miracle jaillissait par tous les pores de la peau de 'Histrión', devenait torrent, inondait le Nervión, colorait l'austère Bilbao : les frigides dégoulinaient, le port industrieux se rêvait plage, station balnéaire, Costa del Sol : Enrique ratifiait le changement de statut par une suerte rare : présentant son postérieur à 'Histrión', il ployait un genou comme pour un doblón, puis changeait de genou sous le regard médusé de l'assistance : le roi dandinait du croupion sous le mufle immobile de surprise de 'Histrión' le dindon (pavo) et finissait par donner des doblones en redondos. N'allez pas croire à quelconque farce ! Bilbao était rendue, debout, Vista Alegre était le nid d'oiseau pékinois en pleine cérémonie d'ouverture, un feu d'artifices ! Bilbao était Benidorm !

Mais les quarts d'heure de gloire ne doivent pas dépasser 15 minutes et personne n'avait pensé à arrêter l'horloge : le tic-tac du pendule "culero" de Ponce était bel et bien une métaphore du temps qui passait. Enrique se profila, mis en joue son 'Histrión' énamouré et basculant les cornes gigantesques plaça un estoconazo en toda ley qui fit rouler le partenaire sur le sable gris multicolore. 'Histrión' mourut l'oeil humide de reconnaissance, pas même contrarié par le premier avis qui sonnait en sourdine dans la clameur basque. Enrique recueillit alors les deux oreilles dans lesquelles il avait murmuré de belles paroles à 'Histrión'. Une fois encore... il gardait son secret pour lui.

Nous avons, pour plaire à la brute,
Digne vassale des Démons,
Insulté ce que nous aimons,
Et flatté ce qui nous rebute ;
Contristé, servile bourreau,
Le faible qu’à tort on méprise ;
Salué l’énorme Bêtise,
La Bêtise au front de taureau ;
Baisé la stupide Matière
Avec grande dévotion,
Et de la putréfaction
Béni la blafarde lumière.

Enfin, nous avons, pour noyer
Le vertige dans le délire,
(...)
Bu sans soif et mangé sans faim !…
— Vite soufflons la lampe, afin
De nous cacher dans les ténèbres
!

Citations un rien adaptées de "Vesoul" (Jacques Brel) et de "Prendre un enfant par la main" (Yves Duteil).
Morceaux choisis et fidèles de "L'examen de minuit" de Charles Baudelaire.

17 août 2008

Cenicientos : mythe ou réalité ?

Comme l’année dernière, les toros d’Alcurrucén ouvrent Cenicientos 2008. Comme l’année dernière, les toros de José Escolar Gil clôtureront la féria. En attendant le reportage de CyR, chronique oubliée de la féria 2007.

Attention toroQu’est ce qu’on fait là ! Au milieu de nulle part, en pleine pampa, au bout du bout des virages de la Sierra de Gredos, entre Madrid, Ávila et Tolède, le triangle des Bermudes de la Tauromachie, la vallée du Río Tiétar. Le pays des chimères, du "torogarrou" terrorisant les novilleros et hantant les nuits des matadors les plus confirmés. Affabulations fantasmagoriques d’aficionados en mal de légende.
Le programme de la féria 2007, une fois encore, est alléchant.
Hier, c’était le jour des Alcurrucén, nous n’y étions pas. Ricardo, raconte-nous.
Trop de toro, pas de torero. Habituelle litanie. Présentation excepti
onnelle, digne d’une grande arène. Eugenio de Mora, Javier Valverde et Serafín Marín optent pour une élégante stratégie : le pilonnage intensif. 25 missiles plus tard, l’objectif est atteint, l’adversaire réduit à néant. À vaincre sans péril… on évite bien des dangers. Contrat suivant !

Toro de Prieto de la CalQu’est ce qu’on fait là, le 15 août !
On vient contempler les derniers vestiges des prestigieux Veragua, l’antique beauté des Prieto de la Cal aux robes surannées. 'Marismeño' et 'Vinatero', jaboneros astifinos échappés d’une toile de Goya, irréels comme des spectres, cisaillés et achevés sans égards. Les toreros, insensibles, ne goûtent guère cette esthétique.
C’est toujours le même refrain dans ce pueblo, trop de toro...
Les Prieto ont fléchi avant ou après la quinzaine de piques assassines, dispensées sans mise en suerte, méchantes à l’excès. Toreros et cuadrillas rudement éprouvés ne feront preuve d’aucune mansuétude.
El Renco abdique et abrège instantanément. Méprisant et provocateur, il veut dédier au public 'Pajarraco' dont la corne s’est brisée. Il invective les spectateurs, simule, termine par une indigne estocade. Infect ! Bronca et broncasse. Inexcusable, malgré les bourrasques.
"Qu’est-ce que l’honneur ?
Un mot.
Qu’y a-t-il dans ce mot honneur ?
Qu’est-ce que cet honneur ?
Du vent "
William Shakespeare
Jesús Millán : Insipide. Un léger effort au début.
Álvaro Ortega : Intégralement dépassé.
Les gens d’ici vous l’assènent comme une fatalité, trop de toro, pas de torero.

Toro de Arauz de RoblesQu’est ce qu’on fait encore là !
Jeudi 16 août, on devait rester à Tolède. C’est toujours le même refrain. Marre des manœuvres de la cavalerie. Marre des fantassins bigarrés, contemplant le massacre, planqués derrière les barricades.
Sonnez clarines ! C’est un vent de révolte qui gronde.
Quatre Araúz de Robles et deux El Pizarral, rien de révolutionnaire !
Synthétisons : bonne présentation, trois toros invalides, 'Lobazo', superbe Araúz (cárdeno clarísimo, botinero, astifinísimo), éphémère comme les autres. Copieuse ration de piques à l’emporte-pièce. Les ordres sont clairs : il faut que ça saigne ! Le cavalier est le roi de l’arène. Échec et mat.
Luis Vilches use et abuse du pico. Décomposé.
Fernando Cruz : ah bon, il était là ! Déception.
Andrés Palacios porte un bien joli costume.
Les cuadrillas au diapason de la médiocrité : nullissimes.
Désespérant et soporifique ! Qu’est ce qu’on fait là, en plein mois d’août, dans le vent maintenant froid, à supporter stoïquement le pire.

Toro de Adolfo MartínVendredi 17 août, on est toujours là, pour les Adolfo. On aime les Albaserrada comme des proches. On ne dit pas les Martín. On dit les Victorino, les Adolfo. « ¡Sí Señor! » Ce sont de vieux complices, presque des intimes. Demain ce sera le tour des Escolar. On ne dit pas les José, mais on le pense…
Pour les Adolfo, même le vent retient son souffle.
Au menu, comme à l’accoutumée, des bichos de cinq ans. D’évidence il ne s’agit pas d’un premier choix. À défaut de grande cuisine, nous nous contenterions d’un bon plat, moins subtil, plus roboratif. Mais le service laisse à désirer : présentation irrégulière, quelques demi-portions, un soupçon de cornes vilainement astigordas. Le festin manque de consistance et de saveur. Rien d’indigeste, on reste sur notre faim.
11 piques seulement. Le second toro de José Ignacio Ramos reçoit l’unique puya réglementaire de la féria. Le diestro de Burgos, particulièrement professionnel, laisse curieusement échapper 'Curioso', certainement le plus intéressant, un adversaire qui humilie, tout en restant avisé. Ramos approximatif à gauche, butte sur son point fort, l’épée. Dommage.
Fernando Robleño compose avec deux antagonistes à la faiblesse latente. Appliquées, ses naturelles manquent de profondeur, ses derechazos de liant. Rarement dans le sitio, sa muleta profite du passage. Il sauve les apparences et coupe la première oreille (généreuse) malgré une lame quelconque.
Iván Fandiño, égocentrique gominé, surpris en flagrant délit de narcissisme, dessinant de merveilleuses passes… de salon. En cas de danger, inutile de compter sur lui ! Convaincant dans l’estocade.
Les Adolfo dont nous attendions tant, ont déçu. Les toreros que nous n’attendions plus, sont de retour. Moins de toro, plus de torero ? Et demain ? T’emballes pas, ici quand il y a des toros… On peut rêver, ¡coño!

Toro de EscolarSamedi 18 août. Dernier jour. On est là, tenaces et obstinés, avec Télé Madrid. Gros plan sur les Escolar : des cornes et du trapío, costauds mais sans surcharge, prometteurs. On y croit, on est là pour y croire.
Du toril surgit alors 'Cuidadoso'. Un cite et il se plante comme un dard au burladero, poursuit tout ce qui bouge avant d’être durement harponné à trois reprises. Aux banderilles, El Fundi contraint à la vigilance, ajuste, sans possible relâchement. À la muleta, de brusques coups de cornes rendent la lidia périlleuse. Sec à droite, le combat devient aride à gauche. Secoué dès la première naturelle, le matador change de main et ne tarde pas à conclure. C’est tonique comme entame !
'Señorón II' ne se singularise pas, écorche les planches, se jette sur les leurres, le mufle au ras du sol, accuse le coup après un terrible puyazo, bascule cul par-dessus tête et revient au cheval. Panique à bord, l’équipage cherche son capitaine. Sergio Martínez débordé devient la risée de l’assistance. Le toro est applaudi à l’arrastre. Ça tangue !
'Meloso I' suit avec un identique enthousiasme, fendille sa corne gauche lors d’un remate, s’enveloppe vivement dans les véroniques pieds joints de Sergio Aguilar, encaisse deux épouvantables piques, longtemps repoussées sans céder malgré le manége de cariocas, raccompagne les banderilleros, désarme le peón de brega, bouscule El Fundi venu à la rescousse. Sergio Aguilar, jambe fléchie, gagne los medios en quatre passes, coupe net l’élan de l’animal d’un ferme trincherazo. Le toro hésite, se rebiffe. Le torero insiste, laisse du temps et donne de la distance, accepte un combat décousu, enchaîne les passes une à une, perd un pas, se replace et sans rompre, impose ses naturelles. Une série, deux séries, douces et soyeuses, main basse. Un somptueux derechazo agrémenté de quelques manoletinas. Un pinchazo, une belle épée et un descabello. 'Meloso I' meurt au centre, bouche fermée. Acclamations ! Sergio Aguilar, volontaire et émouvant. Oreille. Ça remue !
'Catalán I' percute violemment les burladeros, fouille sur les côtés, cherche derrière, galope sans cesse, accourt aux capes. Le picador lui réserve le sort coutumier, deux piques dures, sans retenue, fermant la sortie. Le toro charge vaillamment sans reculer. Constamment sollicité, El Fundi redouble d’efforts pour rassurer les cuadrillas en déroute. Il livre un excellent tercio de banderilles, poursuit par une série de trincheras jusqu’au centre et allonge sur la droite. Une, deux, trois séries… Superbe ! 'Catalán I', inlassable, bouche cousue, maintient le rythme cadencé d’un danseur de sardanes. Les naturelles sont moins fluides mais plus méritoires. Pour finir en maestro, quelques trincheritas ornementales finement ciselées, un pinchazo instantanément repris et estoconazo. Énorme ovation ! Deux oreilles pour l’un, vuelta posthume pour l’autre.
On est venu pour ça, comme chaque fois… Et puis ça arrive… Epoustouflant !
'Campanillero' reçoit un accueil contrasté, ardant dans l’assistance, sans écho au callejón. Cornes, allure et prestance. Beau de beau ! Sergio Martínez déserte, abandonnant ses troupes en plein naufrage. Trop de toro pour ce torero à la dérive, asphyxié. El Fundi, omniprésent, assume l’intégralité de la brega. Un zélé picador, arc-bouté sur sa perche, vacille au milieu de l’arène, indemne grâce au quite opportun de Sergio Aguilar. SOS et sauve-qui-peut aux banderilles. Faena ? Pâle comme une figure du Greco, Sergio Martínez, disparaît dans sa blanche serviette. Bronca. Magistrale vuelta pour 'Campanillero'. Du tonnerre !
'Campanito II', le dernier, un moral sans faille, le plus noble, le plus faible aussi. Sergio Aguilar insiste pour que les piques soient brèves. El Fundi ajoute un quite sobre, par véroniques. Simple et concis. L’animal se requinque aux banderilles. Aussitôt les peones se recroquevillent. Le jeune torero, au centre, engage sereinement la faena, tout en finesse. Des naturelles senties, comme des caresses. Un final enchanteur composé de suaves trincheritas et de délicats doblones. Frissons garantis. Un pinchazo, une entière et les gradins exultent. Deux oreilles, vuelta pour 'Campanito II'.

Sergio AguilarEl Fundi, Sergio Aguilar, le mayoral et l’éleveur portés en triomphe.
C’est fini. On est là, benoîts, heureux comme des papes.
On est là avec les gens d’ici, los Coruchos, simples et accueillants, fiers de partager leur nouvelle plaza.
On est là, comme chaque fois, comme toujours, comme partout, à espérer l’improbable alchimie : un toro, un vrai, et un torero.
L’un face à l’autre…

Suerte para Cenicientos 2008
Jeudi 14 août /// Toros de Alcurrucén /// Luis Miguel Encabo, Fernando Cruz et Joselillo.
Vendredi 15 août /// Toros de Osborne /// Luis Vilches, El Gino et Serranito.
Samedi 16 août /// Toros de Corbacho Grande /// Domingo López-Chaves, Iván Garcia et J. M. Lázaro.
Dimanche 17 août (course télévisée sur TeleMadrid) /// Toros de José Escolar Gil /// Rafaelillo, Fernando Robleño et Sergio Aguilar.

Pour en savoir + et voir les photos des toros : cliquer ici.

23 mars 2008

Cenicientos 2008


La plaza de Cenicientos, dans la vallée du Tiétar, a divulgué les ganaderías qui seront lidiées cet été. Pour l'instant, et d'après les informations avancées par La Cabaña Brava de Saragosse, trois élevages paraisssent sûrs. Il s'agit d'Alcurrucén, de José Escolar Gil et d'Adolfo Martín. La continuité avec la saison 2007 a semble-t-il prévalu. Le quatrième élevage serait celui de Fernando Pereira Palha, c'est-à-dire l'élevage connu en France comme celui des Hros. de Maria Do Carmo Palha Blanco, découvert par l'afición cérétane et que nombre d'aficionados avaient coutume de nommer "Quinta da Foz". Dans tous les cas, le cartel ganadero de Cenicientos 2008 est des plus intéressant mais il est vrai qu'une corrida de toros de Fernando Palha serait la cerise sur le gâteau. Camposyruedos vous prépare d'ailleurs un reportage photographique sur l'élevage majoritairement vazqueño de Fernando Pereira Palha... Bientôt... Bientôt...

Photographie Cinqueño de Fernando Pereira Palha au campo, mars 2008 © Camposyruedos

24 août 2007

Cenicientos 2007


Remercions ici Mario de nous faire partager ses impressions ramenées directement de Cenicientos où il a assisté aux courses d'Adolfo Martín et de José Escolar Gil. Les photos qui accompagnent ce texte ont gentiment été prêtées par l'auteur. Merci...

Retour là-bas pour renouer avec les bons souvenirs et chose curieuse ma voisine d’il y a... onze ans est à la même place et on se reconnaît au bout de cinq minutes ! Elle a un peu empâté mais ce sont les mêmes yeux... Bon, vous vous en moquez.
Une douzaine de Français aux tronches sympathiques sont venus en cure et donc s’asseoir sur des gradins désormais en dur.
A mon avis, Cenicientos n’est pas à mettre entre toutes les mains mais entre dans bien des bourses. La tauromachie, si elle n’y est pas rigoureuse, a le mérite de la spontanéité. Difficile d’établir une comparaison avec une autre plaza mais c’est le genre d’endroit qui me réconcilie avec moi-même.
L’Afición y est bruyante, inexacte, enthousiaste et on est loin des snobismes français.
Ils veulent une pique, râlent quand il en faut deux, gueulent à la troisième. En même temps, ils se marrent, bouffent assez peu et sont fiers de voir débarquer la télé et des aficionados inconnus. Ils sentent les toros très naturellement comme dans tous les pueblos d’Espagne où le bétail fait partie du paysage. Ils ont commencé la semaine avec un lot d’Alcurrucén (bien), un autre de Prieto de la Cal (mal) et un d’Araúz de Robles (?).
Et à Lanzahíta, à trente minutes de route champêtre, vivent et s’épanouissent les toros de José Escolar Gil que vous connaissez .
Le 18 août 2007 donc, onze ans après la très sulfureuse mais passionnante novillada de Sánchez y Sánchez , est sorti un lot de cárdenos gratinés.
La veille déjà, les cuadrillas n’avaient pas goûté les joies du toro de cinq ans avec les Adolfo Martín, peu racés, parfois flacos et avec des problèmes de pattes, mais qui ont fait peur et donc furent mal piqués, très mal banderillés et tués souvent de louche manière.
Le 18 août à 10h, au sorteo, les Escolar Gil me sont passés sous les pieds et je les ai trouvés « Buendía bonitos » d’allure si vous permettez l’audace. L’altitude écrase, on le savait.
A 21 h, je venais de passer deux heures avec six toros très sérieux voire impressionnants.
Quatre toros de novembre et décembre 2002 et deux toros de février et mars 2003. C’est rassurant de savoir que chez ce ganadero les toros ne se compliquent pas la vie à naître en été.
Les toros les plus difficiles n’ont pas été les plus vieux et les cuadrillas étaient trop conditionnées par le trapío et l’âge des toros au point de ne vouloir les banderiller qu’en se cachant dans leur cul et en jetant souvent les palos. Aussi, les picadors, mêmement animés, ont piqué souvent méchamment au cours des treize rencontres qui, à Vic, auraient été vingt. Les deuxième, quatrième, cinquième et sixième étaient braves et très solides. Parfois nobles les cinq et six, armés à très armés et pourtant « touchés » de manière visible les 1, 2 et 6. Trois toros feront la vuelta.
Je prends le risque d’affirmer qu’ils étaient touchés et que ce fut une grande course et je ne sais pas ce que vous en penserez et moi non plus. Aussi n’ai-je pas bloqué sur cette difficulté.
Un de mes voisins du village et très mordu de toros partageait ce sentiment, nous étions en barrera ombre et la visibilité était bonne.
Le Fundi a été constamment présent et juste dans ses interventions. Pris par son premier, excellent aux banderilles et offrant un quite à la cape au dernier pour remercier le public.
Il a fait la brega au cinquième et coupe deux oreilles au quatrième. Une grosse estocade à son actif après une faena casera de qualité.
Sergio Martínez a écouté une bronca retentissant dans tout le Tiétar pour avoir laisser filer le formidable cinquième.
Sergio Aguilar, regular, coupe deux oreilles à son second et sort a hombros avec le Fundi, le ganadero et le mayoral.
Il aurait fallu tertulier avec les copains mais il fallait aussi partir et donc je n’ai pu confronter mes impressions qu’avec un vieil aficionado gersois de Mirande, chauve et moustachu, qui paraissait fort content le lendemain au sorteo à Las Ventas, de cette tarde de toros.
Mario Tisné

24 juillet 2007

Carteles de Cenicientos 2007


C'est Bastonito qui nous les communique :

Martes, 14 de agosto: Toros de Alcurrucén para Eugenio de Mora, Javier Valverde y Serafín Marín.
Miércoles, 15 de agosto: Toros de Prieto de la Cal para El Renco, Jesús Millán y Álvaro Ortega.
Jueves, 16 de agosto: Toros de Araúz de Robles para Luis Vilches, Fernando Cruz y Andrés Palacios.
Viernes, 17 de agosto: Toros de Adolfo Martín para José Ignacio Ramos, Fernando Robleño e Iván Fandiño.
Sábado, 18 de agosto: Toros de José Escolar Gil para El Fundi, Sergio Martínez y Sergio Aguilar.

Fuente Emilio Pérez, de la Asociación Cultural La Cabaña Brava.


Un Adolfo