31 janvier 2008

Henri Guaino


Henri Guaino, vous l’avez sûrement vu à la télévision. Certains journalistes le considèrent même comme le véritable Premier ministre de l’actuel gouvernement Fillon. L’idée d’une union de la Méditerranée, c’est lui. L’écriture des discours du Président de la république, c’est lui. Tout cela est bien connu. Ce qui l’est peut-être moins c’est qu’Henri Guaino est Arlésien, de chez nous quoi, un Camarguais. Il vient de s’exprimer sur RMC au sujet de l’éventuelle interdiction aux mineurs qui nous a agités ces derniers temps. Sa position a été extrêmement claire. Il est, selon lui, hors de question d’interdire quoi que ce soit.

Vous avez évidemment suivi, sur ce site et sur d’autres, les péripéties, les courriers et les interventions des uns et des autres. Certains ont brassé énormément d’air mais d’autres ont été beaucoup plus discrets. Et mon petit doigt me dit qu’Henri Guaino a gardé quelques relations du côté du triangle d’or de la Camargue. Il est des leviers qui sont peut-être moins médiatiques que d’autres, mais il n’est pas interdit de penser qu’ils n’en sont pas moins efficaces.

Un visiteur nous signale que l'on peut écouter Monsieur Guaino via ce lien : http://taupelili.free.fr/toros/20080131_rmc_guaino.mp3.

30 janvier 2008

Campos y Ruedos, nouvelle formule


Campos y Ruedos
Un immense merci à Thomas, à
François... et à ceux-là...
"[A]llez CyR, vitement des Leopoldo Pomes, des récits de campo, des "Bonne année mon cul", des commentaires où on s'empoigne pour de vrai, des bagnoles à vendre, des albums de Murat... De l'eau à la bouche quoi" nous a récemment écrit Ludo, lecteur semble-t-il assidu.

Ça cause de quoi au juste Campos y Ruedos ? C’est vrai finalement... De quoi est-ce que l'on cause sans cesse, tous les jours, plus que tous les jours (près de 400 messages en 2007) même ? Y’a de quoi se poser la question des fois, non ?
Ben nous, à "CyR", ce qui est bien et agréable finalement, c’est que cette question, ben on ne se la pose jamais. C’est tout nous ça et un peu plus aussi, bien sûr.
Aucun objectif, aucune pression éditoriale ni jalousie ni concurrence, point de fantasme de reconnaissance ou d’excitation surdimensionnée à l’idée de serrer la paluche trop moite d’un taurino condescendant... Seulement une demie molle toute allégorique en poussant le portail rouillé d’une finca charra confiée aux crocs aigus de la solitude.
Campos y Ruedos c’est des mecs (6 ou 7) sans visage, sans voix, des silhouettes esquissées par la lumière agressive d’un écran de PC... Nous ne sommes personne et encore, ça n’a aucune importance de savoir qui nous sommes. Nous avons juste envie d’en parler, d’en écrire, de le comprendre, de le montrer... le TORO.
Ça s’arrête là les ambitions et c’est déjà beaucoup nous semble-t-il. Alors quoi ?

Alors ça va changer en 2008 ! Campos y Ruedos change, nouveau look et tout et tout... La mode est au noir avec pointes gris sombre éclairées de blanches paillettes. On est fashion ou on ne l’est pas. Campos y Ruedos se relooke pour être plus lisible, plus clair, plus recentré en somme sur le TORO. Campos y Ruedos change, oui, mais nous, nous ne changerons pas d’un cil, d’un sourcil ou d’un poil de... C’est promis, on change mais on ne change pas, on reste les mêmes, ceux-là qui ruinent leur caisse au campo pour entrapercevoir une corne sous un chêne, ceux-là qui ne saquent toujours pas l’afeitado et la pique trasera, ceux-là qui aiment voir toréer des toros dans le type et con trapío y poder, ceux-là qui montrent leur derrière à ceux qui les traitent d’ayatollahs, ceux-là qui photographient des dos nus parce que des fois la corrida c’est trop "relou", ceux-là qui pensent que Tomás est revenu pour sauver la crevette espagnole, ceux-là qui revendiquent Nîmes comme la reine du cosmos de la connerie, ceux-là qui pour ouvrir un blog taurin en 2005 n’ont rien trouvé de mieux que d’y coller la photo d’une midinette court vêtue... Ceux-là...

Oui, cher vous qui semblez vous inquiéter, "CyR" vous prépare encore des récits de campo, des Leopoldo Pomes, des albums de Murat et pleins d’autres trucs mais nous ne savons pas encore quoi... et c’est ça qui est chouette, finalement ! Mais par contre, ce dont nous sommes sûrs, c’est que notre observatoire à nous, nous, nous avons le cul posé dessus et il s'appelle... ... une place de tendido.

En ce qui concerne les modifications apportées au site, il convient d’éclaircir un tant soit peu votre lanterne. La grande nouveauté réside dans la création d’un moteur de recherche qui vous permettra de rechercher des galeries et des textes. Après de longues discussions internes, les collaborateurs de Campos y Ruedos ont choisi l’option de conserver prioritairement les galeries de la rubrique "Campos". Il nous a semblé que ces images de campo étaient la marque de fabrique du site et correspondaient totalement à notre philosophie axée avant tout sur le taureau de combat. Ainsi, en cliquant sur "Campos" dans la page d’accueil, vous retrouverez la quasi intégralité des galeries de campo de 2005 à aujourd’hui. En entrant le nom d’un élevage dans le moteur de recherche, vous pointerez directement sur la ganadería désirée. Pour que le tout soit complet, nous avons aussi décidé d’intégrer dans le site tous les textes parus sur le blog concernant ces élevages. Pour le campo, 2008 s’ouvre, vous le constaterez, avec trois nouvelles galeries consacrées à une ganadería espagnole peu connue, celle de Jesús Pérez Escudero encastée Saltillo/Santa Coloma et sur laquelle nous reviendrons au cours de l’année, et à l’une des ganaderías françaises les plus en vue actuellement, celle de Robert Margé. Yannick Olivier est allé photographier fin décembre les vaches et les nouveaux-nés, ainsi qu’une partie de la camada de saca dont une course devrait sortir à Vic-Fezensac en mai 2008. Nous espérons que ces clichés de début d’année vous donneront de l’appétit pour la temporada à venir.

Pour les photographies et les galeries de la rubrique "Ruedos", nous n’avons conservé que les cinq galeries des corridas qui, à nos yeux, ont marqué l’année 2007. Pour autant, en entrant le nom d’une ville taurine (française ou espagnole) dans le moteur de recherche de la page "Ruedos", vous aurez tout le loisir de redécouvrir une liste de textes parus également sur ce blog entre 2005 et 2008 ; textes qui le plus souvent content nos impressions sur les spectacles auxquels nous avons assisté.
Et puis, si vous n’avez pas de recherche précise à effectuer, il vous suffira de cliquer sur le bouton "Afficher tout" pour découvrir la liste complète des galeries et des textes de chaque rubrique. Evidemment, il nous a paru opportun de conserver la rubrique "Photographies" qui nous permet lentement mais sûrement de vous faire découvrir ou redécouvrir des faiseurs d’images taurines de talent. Vous retrouverez donc dans la rubrique "Photographes" les hallucinantes photographies de Michael Crouser, le portrait époustouflant de Rafael pris par Philippe Taris, le triptyque expressionniste de Frascuelo composé par Juan Pelegrín à Las Ventas et tous les autres que vous connaissez déjà. Mais dès aujourd’hui, vous pourrez également y admirer une série de clichés de Michel Volle qui a eu la gentillesse (comme tous les autres) d’accepter que nous lui consacrions une galerie.

Si vous traînez du côté de Mont-de-Marsan cet été lors des fêtes de la Madeleine (fin juillet), rendez-vous en soirée à la peña A Los Toros, passez la cour où s’agglutinent festayres, taurinos ou simples anonymes et pénétrez à l’intérieur. Là, votre regard sera littéralement happé par ce cliché époustouflant d’un taureau de combat dans toute sa lumière. Un Marqués de Albaserrada lidié à Céret, une estampe, une scène de poil hérissé. C’est cet instant où le toro de lidia prend tout son sens que Michel Volle a su capter, lui qui fit les beaux jours de la revue Tendido il y a déjà si longtemps, particulièrement pour la partie Sud-Est de la France. Pour nous, et c’est pour cette raison que nous avions le souhait de lui demander une contribution, Michel Volle fait partie des grands photographes de toros de notre époque. Nous sommes donc fiers et honorés de lancer la nouvelle formule du site Campos y Ruedos avec certains de ses clichés parmi lesquels vous retrouvez le fauve du Marqués en charpentier cérétan de fortune... Puisse le "Campos y Ruedos nouveau" vous présenter de nombreux autres Michel Volle dans les années à venir...

En cliquant sur les liens ci-dessous, vous pourrez parcourir deux notices explicatives vous permettant de naviguer aisément sur le nouveau Camposyruedos... Bonne visite à tous :Notice 1 & Notice 2 explicatives pour le nouveau site...


Hurler sans bruit


Ecrire c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit.

Marguerite Duras in Ecrire.

27 janvier 2008

Nimoîseries et afeitado


Chers lecteurs, vous le savez, en venant sur Camposyruedos, vous avez la garantie qu’en cas d’erreur nous n’hésitons pas à plaider coupable. C’est bien connu, faute avouée... Vous l’avez compris, c’est d’un mea culpa qu’il s’agit aujourd’hui. Nos excuses les plus plates sont donc adressées au ganadero qui a fourni le lot de toros pour José Tomás en septembre dernier, à Nîmes. Si je ne vous donne pas son nom, ce n’est pas que je boude, c’est simplement qu’au moment précis où j’écris ces lignes je l’ai complètement oublié. Ça va me revenir et je vous l’indiquerai, plus tard, avant de publier ce texte. Quoique pour être franc, ça m’étonnerait que ça me revienne. Mais on s’en moque, là n’est pas la question.
Il n’empêche qu’à l’époque je ne m’étais pas privé de quelques commentaires aigres-doux sur la présentation de ces bestioles. Eh bien j’avais tort ! Je le reconnais, bien humblement. Sans doute étais-je encore indisposé par le parfum bas de gamme et racoleur de ma voisine. Et surtout, je ne m'étais absolument pas remis de l’énorme cuite prise la veille. Faut dire que nous avions été horribles. Faire ça au Fonsalette, faut vraiment être c... Mais là n’est pas le sujet.
Je me suis donc laissé aller à quelques commentaires totalement déplacés sur la présentation de ces toros et je le regrette, sincèrement. Quitte à me répéter, je vous présente mes plus plates excuses. Faute avouée...
J’ai pris conscience de l’absurdité de mes commentaires lorsqu’un ami proche m’a conté cet épisode grandiose qui s’est déroulé il y a peu en CTEM nîmoise.
Depuis la tragédie des cornes des toros de Palha, j’ai totalement arrêté de lire, même d’un oeil, tout ce qui touche aux rapports entre les édiles nîmois et les histoires de cornes, sauf quand ça passe dans Midi Libre, parce que ça devient vite très amusant. Mais là, je dois dire que c’est grandissime.
Aux dernières nouvelles donc, ce sont toujours deux paires de cornes qui sont prélevées par corrida. Eh bien, le jour de José Tomás il ne fut possible que d’en prélever une seule, qui au demeurant ce serait avérée aussi joyeusement positive que ce que je l’aurais été après ma soirée au Fonsalette, si la maréchaussée avait eu la regrettable initiative de me faire souffler dans le truc que vous savez.
Et l’autre paire me direz vous ? Pourquoi ne fut-elle jamais prélevée ? Eh bien - vous êtes assis ? - José Tomás s’est gardé une tête pour la faire naturaliser et Simon Casas, lui, s’en serait gardé deux, tellement elles étaient belles ! Et les autres ? Je sais plus, peut-être un certificat d’arreglado. Je me renseigne et je vous balance l’info avec le nom du ganadero.

Herradero en direct du campo


Aujourd'hui, Quinquin et Charlotte Yonnet marquaient les veaux...





Rocío Molina


C’était ce soir, enfin hier, au Théâtre de Nîmes, "Amarío", de Rocío Molina. Disons que c’est plus que du flamenco, plus que de la danse contemporaine. C’est tout ça à la fois et bien plus encore : une esthétique, une émotion, une profondeur, une vérité.

Je ne vais pas vous faire une critique du spectacle, j'en serais bien incapable, simplement vous donner un conseil : courez ! Si vous en avez l’opportunité, courez voir, vous régaler, halluciner et vous émouvoir du somptueux spectacle de Rocío Molina.

Bien plus qu’une mise en bouche avant le début de la temporada et les voyages en Espagne.

26 janvier 2008

Les "zantis"


Un de nos lecteurs attire notre attention sur le traitement de l’info par un certain Morandini. C’est par là et voici ce qu'il en dit :
La Société Protectrice des Animaux (SPA), le Comité Radicalement Anti Corrida (CRAC) et la Fédération de Liaison Anti Corrida (FLAC), à l'issue de nombreux contacts avec l’Elysée, viennent de recevoir un courrier de Cédric Goubet, chef de cabinet de Monsieur le Président de la République, en date du 17 janvier, pour annoncer la constitution d’un groupe de travail sur la corrida et le projet de l'interdire aux mineurs de moins de 16 ans.
C’est après de nombreuses discussions avec la SPA que Nicolas Sarkozy a pris cette décision alors qu'un premier courrier, adressé à certains particuliers et aux pro-corridas, avait d'abord rejeté la démarche des associations anti-corridas.
[…] La SPA, le CRAC et la FLAC annonceront dans les semaines qui viennent de nombreuses actions contre la corrida."

25 janvier 2008

Premier tiers sur Terre de toros


Si ce n'est déjà fait, rendez-vous prestement sur le site Terre de toros pour y lire le dernier article d'opinion signé Thomas Thuriès. Evidemment, nous ne pouvons que suivre les réflexions et analyses de l'auteur au sujet du tercio de piques.

Nous aurons l'occasion d'y revenir et d'essayer d'entretenir un débat autour de ce fondement de la lidia d'un toro.

C'est par ici : Terre de toros.

24 janvier 2008

Prácticos en Granada

Gabriel Moreno Merino nous a adressé le note de presse ci-après ainsi qu'un PDF que je vous mettrai en ligne dès que je saurai comment faire :-) En attendant je peux envoyer le PDF à ceux qui nous en ferons la demande.
Contact : aulataurinadegranada@hotmail.com.

Nos dirigimos a Vd. para informarle que, desde el próximo jueves 17 de enero hasta las fiestas del Corpus 2008, se va a impartir el curso titulado “LOS TOROS DESDE LA BARRERA: Tauromaquia para espectadores”, con el patrocinio de CAJAGRANADA Obra Social y de la Consejería de Gobernación de la Junta de Andalucía.

La sesión de apertura tendrá lugar el citado día 17 a las 19,30 h. en el salón de actos de la Sede Central de CAJAGRANADA, en Avda. Fernando de los Ríos (antigua Ctra. de Armilla), nº 6.

Le adjuntamos el tríptico informativo en formato PDF y el detalle de cada una de las sesiones, esperando contar con su presencia. Igualmente, le rogamos la divulgación de esta información.

Reciba el testimonio de nuestra consideración.
Aula Taurina de Granada

23 janvier 2008

Ne jamais se réjouir trop vite (II)


On clique sur la lettre pour bien la lire...

Ne jamais se réjouir trop vite


C’est en substance ce que j’indiquais dans mon post Merci Monsieur le Président ! Eh bien voici ce que l’on peut lire dans
Libération, en date du 22 janvier 2008. Nous aurons bien évidemment l’occasion d’y revenir.

A la demande de la SPA, la présidence de la République annonce la création d'un groupe de travail sur l'interdiction éventuelle de la corrida aux moins de seize ans.
AFP /// LIBERATION.FR /// Mardi 22 janvier 2008
Un groupe de concertation sur le bien-être et la protection animale va se pencher sur l'interdiction éventuelle de la corrida aux mineurs, selon un courrier de la présidence de la République adressé le 17 janvier dernier à la Société protectrice des animaux (SPA).
Ce courrier rappelle d'abord que la corrida "est fortement ancrée dans l'identité de certains de nos territoires".
Toutefois, "le président de la République a convenu que votre proposition d'interdire la corrida aux mineurs, dans la mesure où elle existait dans d'autres pays, pourrait être étudiée en France, ce qui ne constitue pas un engagement à présenter un texte", poursuit la lettre adressée à la SPA.
L'association s'est aussitôt félicitée de l'annonce de la "constitution d'un groupe de travail sur la corrida et le projet de l'interdire aux mineurs de moins de 16 ans".
Selon le courrier de l'Elysée, le président de la République a demandé au ministre de l'Agriculture "de constituer un groupe de concertation avec l'ensemble des acteurs concernés sur les questions du bien-être et de la protection animale".
"Nous sommes heureux de voir que le Président de la République a pris en compte notre demande de débat [...] Nous espérons que ce groupe de travail parviendra dans les meilleurs délais à interdire les corridas aux mineurs de moins de 16 ans", a réagi Caroline Lanty, présidente nationale de la SPA, dans le communiqué de l'association.

22 janvier 2008

Arles 2008


Vendredi 21 mars
11h – Novillada non piquée du LAGET pour les novilleros Damián Castaño (Salamanca), Fran Gonzales (Valencia), Cayetano Ortiz (Béziers), Luis Miguel Casares (Valencia), Juanito (Arles) et Sofianito (Arles).

16h30 – Corrida de SAMUEL FLORES pour les matadors Enrique Ponce, El Cid et Joselito Adame.

Samedi 22 mars
11h – Novillada piquée de GALLON pour les novilleros Pepe Moral, Oliva SotoO et José Manuel Mas.

16h30 – Corrida de Domingo HERNÁNDEZ pour les matadors El Juli, Juan Bautista et José Mari Manzanares.

Dimanche 23 mars
11h - Novillada piquée d'ANTONIO PALLA pour les novilleros Rubén Pinar, Marco Leal et Román Pérez.

16h30 – Corrida d'ADELAIDA RODRÍGUEZ pour les matadors Uceda Leal, Antonio Ferrera et Mehdi Savalli.

Lundi 24 mars
11h – Corrida de rejón.

16h30 – Corrida de MIURA pour les matadors El Fundi, Rafaelillo et Sánchez Vara.

LOCATION : 0 891 70 03 70 – http://www.arenes-arles.com/.
Vente des abonnements à partir du 21 janvier – Vente des billets à partir du 4 février.

FERIA DU RIZ 12, 13 et 14 septembre
Vendredi 12 à 17h – Corrida (élevage à définir).
Samedi 13 à 17h – Corrida goyesque.
Dimanche 14 à 11h – Novillada de YONNET.
Dimanche 14 à 17h – Corrida concours : MIURA – LA QUINTA – PARTIDO DE RESINA – GUARDIOLA – CUADRI – DOLORES AGUIRRE.

Les carteles définitifs seront annoncés fin mai.

Paroles du Cid

Mardi 17 janvier dernier, le matador de toros Manuel Jesús Cid 'El Cid' était l'invité des tertulias taurinas de l'Asociación EL TORO de Madrid. Une journée très attendue par les aficionados madrilènes tant le diestro de Salteras a marqué les esprits au cours de cette saison, qu'il a finie en beauté, comme chacun sait, à l'occasion de son seul contre six toros de Victorino Martín à Bilbao.
Manuel Martínez Fraga nous fait le récit de cette rencontre dans le texte qu'il vient de publier sur le site Internet de l'association. C'est par ici : El Cid reçu à la Casa Patas par l'Asociación EL TORO de Madrid.

Une citation pour finir : "El enemigo casi siempre está dentro." Cela va sans dire, mais comme beaucoup tendent à l'oublier, cela va encore mieux en le disant.

Photographie El Cid, un homme seul à Bilbao, août 2007 © Laurent Larrieu/Campos y Ruedos

'Bastonito'


Et une dernière... Celle-là nous ne vous l’avions pas encore livrée. 'Bastonito'... Le jour le plus spécial de la vie de César Rincón...

Un toro de casta brava
JOAQUÍN VIDAL
ELPAIS.es > CULTURA - 08-06-1994 - h.
Salió un toro de casta brava a eso de las siete y media de la tarde, y eran las tantas de la madrugada cuando aún discutía la afición si mereció la vuelta al ruedo que le dieron las mulillas con todos los honores, bajo una cerrada ovación del público puesto en pie. A ese toro, César Rincón le había cortado una oreja, cuyos merecimientos asimismo se discutían de madrugada, aunque el toro le peg ó previamente un volteretón al torero en justa correspondencia, dejándolo herido, maltrecho y sin posibilidad de continuar la lidia. Un toro de casta brava: ¡menudo acontecimiento! Un toro de casta brava como el que saltó al ruedo venteño a eso de las siete y media de la tarde, es la sensación, el acabose, un valor del que apenas quedaba memoria, un tesoro recuperado de lo recóndito, un vendaval de sensaciones llegado de la noche de los tiempos.
Embestir el toro de casta brava tan pronto plantó su pezuña en el redondel, y ya vibraba la plaza entera, reviviendo aquel estremecimiento singular y aquella emoci ón intensa que conformaban el ambiente habitual de las corridas de toros en todas las épocas, creando una afición numerosa, fiel y apasionada por esta fiesta exclusiva llamada del arte y del valor.

El toro de casta necesitaba, naturalmente, un torero en plaza, y lo hubo en la corrida ferial. Fue César Rincón, que le present ó pelea con el ardor y la entrega propios de un novillero principiante. Tiene mérito: quien ha cimentado fama y fortuna y está catalogado figura indiscutible del toreo, peleando corajudo con el toro de casta indómita, afanándose en la cercanía de sus pitones, intentando embarcarlo en la muleta del arte con serio riesgo de cogida, trastabillando cuando la fiera codicia del toro desbordaba el arte, la muleta y hasta el artista muletero.

Tiene mérito la entrega novilleril del diestro maduro. Aunque cabía esperar también de su oficio, de su experiencia y de su condición de figura del toreo, que poseyera la serenidad y los recursos suficientes para ordenar, encauzar, dominar aquel torrente de embestidas. Y ahí es donde falló César Rincón pues, pese a su valent ía y pundonor, se vio superado por el toro en todas las series, en todos los pases y en todos los frentes. Sencillamente, no pudo con él. Sólo la suprema entrega en la estocada entrando a toma y daca, que le costó una voleteretón y luego un terrible menudeo de pitonazos, le redimió de sus anteriores limitaciones y fatigas, y validó el premio de la oreja, que le fue concedido a petición mayoritaria de un público conmocionado por los desgarradores lances que acababa de presenciar.
Al toro de casta se le dió la vuelta al ruedo en medio de un clamor. Ahora bien, ¿fue bravo en realidad? Nunca se podrá saber, desde luego, pues ya está muerto y seguramente comido en estofado. Pero la duda permanece y eso es lo que discutían acaloradamente los aficionados aún de madrugada, sin llegar a ningún acuerdo. Porque la bravura del toro se mide en el tercio de varas, y este se cerró incompleto. El picador tapó la salida del toro en el primer puyazo; el segundo consistió en una picotazo leve y el tercero ni existi ó, ya que el presidente se apresuró a cambiar el tercio, dejando en el aire la incógnita del toro y su bravura.

Reacción al castigo
Cierto que el toro estuvo recargando fijo sobre el peto varios minutos sin atender a los quites, mas el picador no picaba y el celo embestidor carecía de la medida que únicamente puede dar su reacción al castigo. Dos varas, adem ás, no bastan para probar la bravura. Muchos toros se han visto recargar entregados en los dos primeros puyazos y, en cambio, al sentir el tercero, cantaban la gallina, escapaban despavoridos a la querencia de chiqueros.
No se dice que el toro encastado de Ibán se hubiera comportado as í, ni mucho menos, e incluso su comportamiento posterior permite suponerle una bravura excepcional. Pero como no se le picó por derecho, ni recibió las varas en regla, ya todo pertenece al terreno de la hip ótesis.
O sea, la cuadratura del círculo. La afición pasó la noche en vela resolviendo problemas de trigonometría con este proceloso asunto de la bravura del segundo toro de Ibán y su trascendencia inmanente cabe la brumosa inmensidad del piélago que le valió el premio de la vuelta al ruedo, y más valdrá dejarlo para no sumirse en la discusión interminable y acabar cazando moscas. Da más gusto la vida cuando únicamente exige distinguir entre verano e invierno, sol y lluvia, noche y día, blanco y negro; dulce o amargo, bueno o malo, en definitiva.
Y así, otras facetas de la corrida, lo aficionados no necesitaron someterlas a discusión, ni nada. ¿Emilio Muñoz? No me hable.
¿Juan Mora? No me diga. Invierno, lluvia, noche, negro, amargo, malo, duelos y quebrantos, rayos y centellas, carros de demonios; pues habíendoles correspondido toros nobles (no el que abrió plaza, de condición incierto), el primero de los mencionados diestros los toreó crispado, el segundo relamido, y ninguno de los dos acert ó a construir una faenita somera, aunque fuese medianamente aparente.
Hubo suerte, de todos modos, porque si en lugar de tener delante aquellos toros nobletones les sale el de casta brava e indómita, ni se sabe lo que hubiera podido ocurrir allí. Sólo de pensarlo, a la afición se le abr ían las carnes. Y ya rompía el alba. Y las miserias del cuerpo no necesitaban a esa hora más quebraderos de cabeza, sino café calentito y buena cama.

Depuis le temps, il est enfin arrivé


Michael Crouser, Los Toros, Twin Palms Publishers, Santa Fe, 2007, 60 €.

Sous le titre "Los Toros", le photographe Michael Crouser a réuni à travers l'Espagne, le Mexique, l'Amérique du Sud et la France, le fruit de seize années de travail passées dans le monde de la tauromachie et qu'il présente en faisant le choix du noir & blanc. 135 photos de caractère et d'une qualité exceptionnelle rassemblées au cours de ces après-midis dans les arènes du monde et enrichi d'une préface attentive et minutieuse de l'auteur péruvien et aficionado Mario Vargas Llosa. Exceptionnel : le mot reste bien faible face au subtil mélange de force et de sensibilité qui se dégage d'une riche palette faite de gris intenses et de noirs profonds ! Langue : anglais, espagnol / Pays : USA / Commentaire : paru aux Etats-Unis chez un éditeur qui n'a pas prévu de vente vers l'Europe, cet ouvrage est uniquement disponible à la Boutique des Passionnés et en quantité limitée.

21 janvier 2008

Ojalá


En ce presque début de temporada nous arrivent les premiers bruits de couloir sur la future inauguration des arènes de Saint-Martin-de-Crau. Si la course du second jour semble bouclée avec trois toros de Hubert Yonnet et trois de la famille Jalabert, des bruits très appétissants courent sur la corrida de l’inauguration. Le nom de Victorino Martín aurait même été prononcé tout comme celui de Cebada Gago. Nous verrons bien.

A l’heure où l’ANDA se prépare à remettre sa récompense à ladite placita pour ses excellentissimes novillos de Sánchez-Fabrés de l’an passé, croisons les doigts pour que cette nouvelle enceinte permette de maintenir et même d'amplifier la politique torista menée jusqu’alors. A Camposyruedos, nous sommes finalement d’incorrigibles romantiques. Pourquoi pas un nouveau Céret ? Ojalá.

Nous nous sommes inquiétés pour rien


Tant mieux ! Nous rétorquerez-vous avec pertinence. Pour vous rassurer définitivement, il vous suffira d’aller voir ce qu'André Viard écrit dans son éditorial du jour sur l’excellent site Terres Taurines : « A en croire certains médias très complaisants à l’égard des mensonges véhiculés par les anti-taurins, la corrida serait en voie de disparition et un tsunami abolitionniste serait prêt à déferler sur la France. Il ne s’agit en fait que d’un minuscule clapot provoqué à grand renfort de gesticulations par quelques dizaines d’activistes à peine, lesquels ont bénéficié l’an passé d’une audience médiatique disproportionnée grâce au soutien de quelques « peoples » en manque de notoriété. »

Ici, et dans ce contexte ainsi redéfini, nous nous posons une simple question. Mais alors ? Pourquoi tout ce tapage ? Pourquoi être allé suggérer au Président de la République l’interdiction aux mineurs de moins de quinze ans non accompagnés ? Décidemment, à Camposyruedos, il nous reste encore beaucoup à apprendre pour atteindre le chemin de la sagesse et voir enfin la lumière. N’est-ce pas petit scarabée ?

20 janvier 2008

Bonnet blanc et blanc bonnet


Ne trouvez-vous pas que ce logo que certains qualifient comme celui de l'Afición ressemble à s'y méprendre à la page d'accueil d'un site Internet connu ? C'est étrange tout cela... Ils n'ont même pas pris la peine de différencier les deux entités... Ça commence fort.

Je viens de faire les soldes et je suis désolé de constater que les couleurs de ce logo ne se marient absolument pas avec les polos et autres tee-shirts que fabriquent nos amis les Chinois. Evidemment, cela m'attriste car je ne pourrai pas être un de ces "participant actif d’actions festives et conviviales" reconnaissable à cette cabeza d'aurochs. Je le regrette vraiment car je pense que ça va être super ces journées de scoutisme taurin avec Marcel Garzelli, le fringant retraité démissionnaire du Club Taurin Vicois, pour guide...

Bref, vraiment désolé mais je n'ai pas les moyens de changer ma garde-robe cette année ; par contre, j'ai dans l'idée que ce logo plaira aux jeunes filles prépubères voire adolescentes, le rose est encore fashion cette année. Faudrait voir éventuellement à mettre sur pied une tournée dans les collèges, il pourrait rencontrer un franc succès...

Merci Monsieur le Président !


A Camposyruedos nous ne nous occupons pas de politique, vous l’aurez remarqué. Les toros, les filles, la gastronomie, les toreros même, mais pas la politique. Nous n’en sommes que plus à l’aise aujourd’hui pour féliciter chaleureusement et sans aucune arrière pensée le Président de la République pour sa décision de laisser en l’état la situation actuelle et nous laisser libres de choisir de quelle manière élever nos enfants. Nous le remercions de bien avoir voulu renvoyer dos à dos les antis et les apprentis sorciers de chez nous : André Viard pour ne pas le nommer. Certains ont décidément la mémoire courte, nous y reviendrons. Dans l’hypothèse inverse, il aurait été le premier Président de la République à remettre en cause notre culture et nous n’aurions évidemment pas hésité à le prendre pour cible, et sortir l’artillerie lourde, sans pour autant que notre démarche ne soit marquée d’un quelconque engagement politique. Il semblerait désormais que nous soyons tranquilles pour au moins cinq ans. Je dis bien « il semblerait » car, dans le communiqué diffusé par plusieurs sites taurins, une phrase, peu commentée, reste pour nous très obscure : « Nous ne pourrons faire évoluer la corrida sans l'adhésion de tous ». Le Président Sarkozy aurait donc en tête de faire évoluer la Fiesta... et avec l’adhésion de tous... Mais de qui ? Et à quel propos ? A moins qu’il ne faille voir dans cette formule qu’un maniement de ce que l’on appelle généralement la langue de bois, dans le but unique et ultime de remater élégamment la question qui nous préoccupait jusqu’alors. C’est à souhaiter.

19 janvier 2008

Merci Céret !


Un grand et chaud rayon de soleil catalan vient d’illuminer une fin de semaine tristounette... Pour son Céret de Toros 2008 (du 12 au 14 juillet), l’ADAC annonce les courses suivantes :

Bucaré (nov.), Escolar Gil, Hernández Pla & Prieto de la Cal.

En deux mots comme en cent : "Merci Céret !" C’est sûr, j’me réabonne...

Image Un Bucaré © Yannick Olivier/Camposyruedos

Et maintenant Soustons


Merci à Dondiego pour ses informations.

Après Parentis-en-Born, dont nous nous sommes fait l'écho il y a peu, c'est au tour de la commune landaise de Soustons de se déclarer "Ville taurine de France" au terme d'un conseil municipal tenu le 19 décembre 2007. En substance, le conseil municipal de Soustons déclare qu'il :
"confirme la longue et légitime tradition taurine de la commune de Soustons, basée :
- Sur les valeurs morales, artistiques, historiques, littéraires et humaines qu'elle véhicule ;
- Sur l'importance des retombées économiques que génèrent directement et indirectement les spectacles taurins sur le village et ses alentours ;
- Sur l'appartenance de la commune a un large territoire où la tauromachie est un fait social, culturel et humain, aux profondes racines rurales, qui appartient au plus grand nombre dès le berceau ;
- Revendique donc pour Soustons la qualité évidente de « Ville taurine de France » ;
- Emet le voeu fort que l'accès aux arènes demeure, comme depuis des temps immémoriaux, totalement libre y compris aux mineurs, car la tauromachie est aussi une école de la vie."

De cette déclaration d'afición, saluons en particulier l'ultime passage sous forme d'un voeu permettant le libre accès des arènes aux mineurs.
Profitons d'ailleurs de ce sujet de l'accès libre (sans condition) des mineurs de moins de quinze ou de moins de seize ans aux arènes pour nous interroger sur l'honneteté intellectuelle de certains soi-disant meneurs de l'afición française. Du haut de notre fort modeste observatoire de Camposyruedos, il nous agace quand meme un "chouia" que ceux qui étaient prêts en octobre à tenter des compromis avec les revendications des antis (accompagnement des mineurs par les parents) se gargarisent aujourd'hui publiquement et par voie médiatique (site internet) de ce que le Président Sarkozy a rejeté dans les cordes cette demande des antis au sujet de l'accès des mineurs aux arènes. Que le statu quo soit une bonne nouvelle pour les passionnés de tauromachie n'est pas fait pour nous déplaire, évidemment ; qu'il réjouisse ceux qui ont dès le début affiché leur refus catégorique d'un tel compromis annonciateur de plus graves maux est également normal mais qu'il serve ceux-là memes qui écrivaient au Président pour "encadrer" l'accès des arènes aux moins de 15 ans, c'est, disons-le, "fort de café" et cela se nomme de la récupération, de la simple récupération. Un point c'est tout !
Ceci étant écrit (car nous avons quand même suivi l'affaire d'assez près à Camposyruedos), laissons maintenant chacun se regarder dans le fond du blanc des yeux et souhaitons à tout le monde une bonne temporada 2008...

En conclusion, saluons l'initiative de la "Ville Taurine de France" de Soustons, "una más..."

17 janvier 2008

PE


C’est l’ami Manon qui nous donne ce lien... superbe.

Daube de Toros de Lidia, en vente à Paris


En ces temps troublés – si, si, troublés – peut-être avez-vous tendance à penser qu’être aficionado est plus ou moins mal vu du reste de l’immense majorité de la population française. Un jour, peut-être, serons-nous mis à l’index, un peu comme les fumeurs. Il y a un quelque chose dans l’air, un quelque chose d’assez nauséabond à la vérité. Alors, même si ça reste totalement anecdotique, il n’en demeure pas moins étonnant, en feuilletant un magazine gastronomique national, de tomber sur une chronique vantant une daube de toros de lidia, photo à l’appui. Et donc, en ces temps troublés, je me suis surpris à m’étonner que ce magazine national, Régal pour ne pas le nommer, « promotionne » ainsi notre culture par le biais indirect de la gastronomie. Comme quoi... Il s’agit d’une préparation faite avec des toros combattus à Orthez, mijotés dans du madiran, avec des olives, des carottes et du jambon. C’est un certain Monsieur Bignalet qui a eu cette idée. La boîte de 800 g est vendue 15,90 euros à l’épicerie Beau & Bon à Paris (XVe) ou par correspondance au 01 43 06 06 53. Depuis Paris quoi...

16 janvier 2008

La toilette (intime) des toros : un sujet délicat...


À la rubrique "cornes"1 des "faits d’hiver", on re-parle des magouilles de l’une des plazas les plus cupides du cosmos taurin gérée par l’ineffable Bernard Domb dit "Mr Burns" (merci Javier), et de la peu ragoûtante tambouille de quelques "ganaduros" bricolos. Je vous invite à quitter de ce pas la cuisine et le garage pour nous rendre dans la salle de bains ; voici donc un petit extrait (pardon pour la traduction) du chapitre "Soins corporels" de Comportamiento del toro de lidia. En el campo, en el ruedo2 de l’universitaire navarrais Antonio Purroy Unanua :
« Les toros de lidia ont pour habitude de fouiller le sol avec les cornes et de les frotter contre l’écorce des arbres, des murs de clôture, des rochers, avec l’intention d’en éliminer les résidus épithéliaux cornés situés sur toute leur longueur, et plus spécialement à la base. Comme s’ils entendaient conserver leurs défenses propres, effilées et polies. [...]
Jusqu’à deux ou trois décennies en arrière, le phénomène de frottement des cornes n’était pas très fréquent, mais actuellement il constitue un grave problème ; ce sont des camadas entières qui se voient affectées par la réduction et le grossissement des cornes, conséquence de leur frottement contre une surface quelconque plus ou moins dure et rugueuse, sol compris. La consommation élevée de pienso a une incidence certaine dans l’apparition d’une flore microbienne dans les cornes, qui oblige l’animal à frotter celles-ci pour pallier aux démangeaisons ressenties [dans les cornes]. Ce picotement ou prurit des cornes survient surtout lors du passage d’utrero à cuatreño. »

Précisément le moment choisi pour encapuchonner les cornes des toros de certains élevages — évidemment soumis au régime pienso. Et il va faire comment l’animal pour se nettoyer et se soulager si l’homme en vient à contrarier sa toilette !? En voilà une question que n’aborde pas le vétérinaire Gérard Bourdeau dans son article encapuchonné à la conclusion personnelle aussi triste que légère. Bah ! et puisque l’on est toujours en période de vœux, pourquoi pas une petite clause de sauvegarde sur les capuchons espagnols en 2008 ?

Cela étant dit, j’ai volontairement écarté le passage faisant allusion à l’afeitado et à l’arreglado. Depuis des années et des années, qu’il s’agisse, parmi d’autres, de vétérinaires, de ganaderos ou d’empresarios (suivez mon regard), on entend et on lit à ces sujets tout, son contraire et souvent des trucs pas toujours croyables. "Auto-afeitado" (c'est fort quand même) et "auto-arreglado" (à toutes les sauces) des toros au campo, dans les camions ou dans les corrals, des certificats d’arreglado en veux-tu en voilà et j’en passe et des meilleurs ! Antonio Purroy, quant à lui, écrit que l’action d’arreglar (pour rappel, arranger en nettoyant...) comporterait un risque, celui d’entraîner un "contrôle anti-afeitado" positif ! Mouais, un risque ? Quel risque ? Faudrait pas charrier, à vouloir ménager les susceptibilités...

Bref, si parmi les lecteurs sexagénaires (au moins, si l’on en croît Mr Burns) de ce blog, certains ont déjà vu des toros ou des vaches munis d’un quelconque objet abrasif, voire d’une caisse à outils, qu’ils n’hésitent pas à se signaler. Si en plus ils possèdent des clichés, sûr que Campos y Ruedos se fera un plaisir de les publier en exclusivité mondiale ! Dans le mundillo plouc et ploutocrate, la finesse d’esprit et l’honnêteté intellectuelle ne sont pas les ressources humaines les plus exploitées...

1 ANDA.
2 Antonio Purroy Unanua, Comportamiento del toro de lidia. En el campo, en el ruedo, Universidad Pública de Navarra, Pamplona, 2003, pp. 78-79.

NB1 Ou quand le loup est dans la bergerie, pas futé le loup... Une fois n’est pas coutume, signalons que le CT de Béziers invitera Mr Burns* pour une conférence sur l’actualité taurine (hé ! hé ! excellent...), le vendredi 18 janvier ; et que le select CT de Paris aura « le grand honneur » de déplier le tapis rouge à Domecq (pas Jipé, Fernand le VRP de l’indulto) et Ponce (pas Pierre ! Henri) à l’École Militaire (?), le jeudi 24 janvier — de toute façon, je me suis toujours dit qu’il fallait s’méfier quand ça commençait par CT. Une dernière chose qui peut avoir son importance en ces temps de pouvoir d’achat en berne, et en admettant que vous fassiez partie des hôtes de passage des Parisiens (prout !), il vous en coûtera la modique somme de 85 € (argh !) la rencontre autour d’un buffet dînatoire (re-prout !). De quoi, j’en conviens, décourager tout éventuel trouble-fête ; à moins qu’une envie irrépressible de casser l’ambiance vous prenait ? Très fin d’esprit ça...
* Rien que le titre de son dernier bouquin, L’Envers de la cape, fait froid dans le dos !

NB2 À l’heure qu’il est, l’Observatoire des cultures taurines et son « réseau de veille médiatique », celui-ci censé « relayer dans les plus brefs délais tout article ou chronique défavorable à la culture taurine paru dans la presse de leur département », n’auraient toujours pas réagi à l’entrevue de Mr Burns publié dans la Gazette de Nîmes. Ce qui prouve bien du même coup, si besoin était, que Campos y Ruedos ne fait pas partie du réseau... Bon, pour être tout à fait juste, « les modalités de mise en place » du machin ne « seront dévoilées [que] le 19 janvier », alors patience... Encore une fois n’est pas coutume, je cite Terres taurines.

Image Toro d'Hubert Yonnet hozando en el suelo, photo limpia © Campos y Ruedos

14 janvier 2008

Simon Casas, Nîmes, afeitado...

Après la première lecture de ce monument du journalisme d’investigation, d’impertinence éditoriale, de journalisme d’opinion, j’ai longuement hésité quant à la manière de vous le présenter. Comment faire ? Le résumer ? Le condenser pour mieux le magnifier même, tout en sachant pertinemment la chose impossible ? Et puis je suis revenu à la raison, humblement, choisissant, évitant le piège de l’interventionisme. Il faut parfois savoir rester à sa place. Je vous livre donc ce joyaux tel quel, brut, pour que vous aussi, vous puissiez jouir de la puissance de ce papier.
Immédiatement ça débute très fort puisque la chronique s’intitule : « Sur le gril ». On se dit que ça va saigner… et le titre, violet, gros : « Les cornes des taureaux ne sont pas trafiquées ». Un dernier détail avant de vous livrer ce chef d’œuvre du journalisme : il est signé par Frédéric Delon et a été publié dans La Gazette de Nîmes, numéro 449 du 10 au 16 janvier 2008.

La ville de Nîmes a fait analyser les cornes des taureaux tués lors de la dernière féria des Vendanges. Il ressort de ces analyses que chacune des cornes des deux taureaux de la ganadería de Juan Pedro Domecq qui ont été combattus le dimanche matin ont été l’objet d’une « manipulation artificielle ». Ces cornes ont-elles été trafiquées, raccourcies ?
Je n’étais pas au courant des résultats de cette analyse. Ce que je peux dire, c’est que ce genre de constat est courant et cela ne veut pas dire que les cornes ont été manipulées frauduleusement. Le règlement taurin autorise les éleveurs à réappointer les cornes d’un taureau qui ont été abîmées accidentellement. C’est chose fréquente au campo (les prés) durant les quatre ans de vie d’un taureau. Je suis moi-même éleveur et je connais bien le problème.
Durant le transport, les cornes peuvent aussi être abîmées, on a d’ailleurs une assurance quand la corne est éclatée. S’il y a juste un petit éclat, on réappointe en toute transparence sous contrôle de la commission taurine. S’il fallait se passer de tous les taureaux qui ont eu une corne un peu touchée, ce serait impossible.

Selon vous, il ne s’agit pas d’un cas de fraude. On dit pourtant que certains toreros vedettes font pression pour avoir des taureaux un peu moins dangereux ?
Un élevage aussi prestigieux que celui de Juan Pedro Domecq n’a jamais cédé à ce style de pression. Si un éleveur s’est toujours opposé à ça, c’est bien lui. Il n’a pas besoin de manipuler ses taureaux pour que les vedettes les acceptent, bien au contraire, tout le monde veut combattre de tels adversaires. Et puis il faut savoir qu’une corne retouchée est plus pointue et donc plus dangereuse qu’une corne naturelle qui est plus arrondie.

Pouvez-vous affirmer qu’il n’y a pas de triche en ce qui concerne les cornes des taureaux ?
En tout cas pas avec des élevages aussi prestigieux et pas dans des arènes comme Nîmes. Ici, on ne triche pas. Les cornes de taureaux ne sont pas trafiquées. L’
afeitado a été un véritable problème dans les années 1960. Depuis la fin des années 1970 c’est un épiphénomène qui ne touche que de petites arènes et des élevages de bas étage. D’ailleurs, il n’y a pas de cas de fraude avérée ces dernières années, même si des analyses, comme celle des Domecq, ont montré une manipulation de la corne. Des taureaux de grands élevages, des gardiens du temple comme Miura, Victorino Martín, Palha, qui ne s’amuseraient jamais à tricher, ont eu les cornes réappointées.

Parentis-en-Born


Depuis le 12 décembre 2007, la petite commune landaise de Parentis-en-Born est déclarée "Ville Taurine" après ses consoeurs de Bellegarde, des Saintes-Maries-de-la-Mer et de Fourques. La nouvelle est intéressante et les justifications de cette décision municipale sont détaillées sur le site de la FSTF. Bonne lecture et bravo Parentis !

Photographie Raso de Portillo à Parentis en 2007 © Une lectrice de Camposyruedos... Merci à elle...

11 janvier 2008

Vic, 1981...

Photographie Toro de Justo Nieto (Vega-Villar/Encinas) lidié à Vic-Fezensac en 1981... © Jacques Cathalaa, Bernard Hiribarren, Callejón 2, édité par les auteurs.

10 janvier 2008

Et une nouvelle année de "Nouvelle Tauromachie", une !


En des temps où il faisait encore beau et chaud, après la lecture de l’ouvrage Afición je trouvai "El Tío Pepe" (1911-1992) un peu paternaliste, sûr de lui-même, parfois vieux jeu et un poil égocentrique quand il répond aux questions que lui pose... Jean-Pierre Darracq ! Rien que de très humain en somme. Quoi qu’il en soit, et ce n’est pas moi qui vous l’apprendrai, il possédait une culture tauromachique immense et savait sacrément bien la mettre au service de sa vision d'une Fiesta authentique, intègre et juste.
Au cours d’une nouvelle et récente plongée dans sa Genèse de la corrida moderne1, le "rabat-joie" que je suis a recueilli dans son filet ce passage où le "Tío Pepe" décrit2, en 1990, ce qu’est à ses yeux la Nouvelle Tauromachie. Et tauromachiquement parlant, 1990 c’est comme qui dirait aujourd’hui, demain, après-demain... :

« La période de laxisme qui allait déboucher de nos jours sur la Nouvelle Tauromachie* a commencé dans les années trente lorsque mes aînés ont eu la faiblesse de tolérer que les peones accueillent de moins en moins souvent le toro tout neuf au moyen de largas rectilignes à une main pour user de capotazos à deux mains sous l’œil indifférent ou complice de leurs matadors. Certes, les cris de protestation résonnaient-ils sur les tendidos, mais insuffisants. Dans les comptes rendus de corridas (et surtout dans Le Toril) les critiques de l’époque s’indignaient de cette pratique nouvelle, mais elle ne cessa de gagner du terrain. [...]
Donc, dans ces années d’avant-guerre, les matadors, par une sorte de lâche complaisance, semblent faire cause commune avec leurs subalternes en fermant les yeux sur les abus dont ces derniers se rendent coupables, le principal étant le toreo de cape à deux mains, dur, sec, meurtrier. Ce que nous appelons recortes. Cet abandon tacite d’autorité du matador sur son personnel trouvait sa compensation dans l’amoindrissement des forces du toro. Et comme nul, à aucun moment, n’entreprit de remettre les choses à leur place, plus jamais désormais on ne verra un matador renvoyer au burladero l’exécuteur des basses œuvres. [...]
Alors, qu’est-ce donc que la Nouvelle Tauromachie ? C’est un concept nouveau résultant de la connivence entre le matador et sa cuadrilla, concourant pratiquement à la suppression de la lidia*, devenue inutile grâce à l’interaction des peones, du picador et du matador, en présence d’un animal dont la bravoure originelle a subi des correctifs*. Dès son entrée en piste la bête est prise en charge par un peón, ou deux (merci pour les coups dans les planches), férocement "récortée", puis par le matador en cinq, six véroniques-torsion, plus une ou deux demi-véroniques (recortes). Le picador entre en scène ; des regards et des signes discrets* sont échangés ; curieusement la pique tombe très en arrière du morrillo, complétée par une bonne carioca ou par l’appui du cheval contre les planches assortis de pompage. Dur pour le bestiau, et, meilleur il est, plus c’est dur. Qui voit-on au quite ? Le matador, dont c’est le tour ? Pensez donc : un peón. Soucieux de sa dignité, le matador ne travaille pas : il regarde. Si le toro lui parait bon, il condescendra peut-être à nous servir trois véroniques ou les trois chicuelinas de routine. Et sinon, rien. Aux peones les basses besognes et la préparation en vue du deuxième tercio. Long ; trop long ; les coups de cape s’additionnent. Si vous avez compté depuis l’entrée du toro jusqu’à la première passe de muleta vous ne devriez pas être très loin de la quarantaine de capotazos. Vous voyez bien ! Plus la pique. Pour un toro moyen, commercial et soso, tout ça tient lieu de lidia. Un brindis et il ne reste plus à Manzanares qu’à s’étirer (joliment d’ailleurs) au long des séries profilées, compas ouvert mais pieds parallèles, de derechazos et de naturelles-bidon. Quand tout se passe bien, c’est vrai que c’est très agréable à voir. Le public est ravi ; les oreilles tombent. (Oui, mais l’estocade... Quoi, l’estocade ?... [...]) L’espèce des "gourmands d’oreilles" existe bel et bien comme produit d’une tauromachie devenue moins dramatique, précisément la Nouvelle Tauromachie. Elle a sécrété ses adeptes qui vont à la plaza comme vers un magasin. Donnant, donnant. Des oreilles contre mon fric. Le toro, l’éducation taurine, j’en ai rien à foutre ! [...]
La Nouvelle Tauromachie [...] est une violation permanente des règles et principes sur lesquels s’est fondée la Fiesta Brava depuis deux siècles, elle est porteuse d’illusions mais elle mène au désespoir [...] ces petits jeunes à qui on a inculqué une seule idée : baisser la main et templar [...] »

1 Jean-Pierre Darracq "El Tío Pepe", Genèse de la corrida moderne, Editions Cairn, Pau, 2000, pp. 91-96.
2 En des termes pas toujours amènes, car, malgré son éducation et ses quasi 80 printemps, Jean-Pierre Darracq pouvait être dur voire impitoyable. Et encore, j’ai coupé...
* Note CyR : en italique dans le texte.

Image Un toro con toda la barba pas franchement en phase avec le sujet, mais qu’importe. Illustrations de Genèse de la corrida moderne © Mathieu Sodore

05 janvier 2008

Juan Pedro Domecq = Afeitado...


... si nous en croyons le communiqué mis en ligne sur le site Burladero.com. Pour le reste, c'est l'ANDA qui pose les questions...

Ci-joint lu dans Burladero :
El Ayuntamiento de Nîmes ha comunicado que dos toros de la ganadería de Juan Pedro Domecq, lidiados el domingo 16 de septiembre en Nîmes en la corrida matinal, han sido "manipulados en sus pitones de manera artificial". El análisis de las astas de los toros que se han lidiado esta temporada en Nîmes ha corrido a cargo del profesor J. Sautet, de la Unidad de Anatomía Embriología de la Escuela Veterinaria de Toulouse, que ha sido quien ha detectado "manipulación" en los pitones de esos animales de Juan Pedro Domecq. Un año más, el Ayuntamiento de Nîmes mandó analizar los pitones de dos toros por cada corrida, extraídos bajo sorteo. En concreto, los dos toros sorteados para los análisis del domingo 16 de septiembre que han dado positivo por “manipulación”, son los números 128 y 142, lidiados por César Rincón y Javier Conde, respectivamente.

- Les presses locales "mettront-elles la jambe" en avant ou brosseront-elles dans le sens de Casas comme l'a fait Midi Libre vendredi 5 janvier ?
- La ville de Nîmes donnera-t-elle les résultats dans leur integralité ou s'enfermera-t-elle dans le mensonge, la contradiction puis le silence comme en 2007 ? (Nous n'avons toujours pas reçu les résultats complets des analyses des toros de 2006. Il nous manque 2 toros sur les 6 positifs, ainsi que les toros positifs sur une corne.)
- La ville de Nîmes prendra-t-elle enfin ses responsabilités en évinçant les éleveurs fautifs ?
- Y a-t-il une différence notable entre les manipulations des Juan Pedro Domecq 2007 et celles des Palha et Juan Pedro 2004 ? Si oui, quelles sont les nouvelles façon d'analyser trouvées par Mr Sautet ?
Laurent Giner
Président de l'ANDA

03 janvier 2008

Zaragoza 2008


C'est l'heure des premières combinaisons un tant soit peu officielles de cette temporada 2008 et des effets d'annonce. Au moment où le sauveur du chapeau espagnol s'émeut de ne pas avoir été "pensé" pour le Domingo de Resurección sévillan, des affiches se mettent en place dans une discrétion plus grande mais avec un intérêt plus savoureux pour les amateurs de toro.

Il en est ainsi des premiers jets de la saison 2008 de la capitale aragonaise. A lire les prévisions, il y aura tout intérêt à se rendre à Saragosse cette année et ce d'autant plus que la ville accueille l'Expo internationale 2008. D'après certains sites d'information taurine, une corrida concours ouvrira les débats avec des élevages tels que Concha y Sierra, Prieto de la Cal, Palha, Cuadri, Adolfo Martín et Fuente Ymbro. A partir du 27 avril, un cycle de novilladas intitulé "Aux origines de la bravoure" verra défiler dans le coso de Pignatelli des élevages d'encastes variés et parfois rares (Veragua, Contreras, Pedrajas...).

Enfin, la lointaine féria du Pilar recevrait cette année Miura, Dolores Aguirre et Adolfo Martín. Evidemment, ces "avances" ne sont qu'hypothétiques en ce début de mois de janvier 2008 mais ils donnent (et c'est devenu trop rare) envie que le futur les transforme en réalité. A ver...

02 janvier 2008

01 janvier 2008

"Bonne année mon cul"... Oui, encore !


En lisant un blog gastronomique qui avait copié l'an dernier notre idée de message de bonne année en publiant le texte de Pierre Desproges "Bonne année mon cul !", je me suis aperçu que ce blog avait rempilé cette année avec le même texte... Après tout, c'est tellement savoureux qu'on va s'en reprendre une larmichette... Alors, Bonne année mon cul ! Oui, encore une fois...
"Il était temps que janvier fît place à février. Janvier est de très loin le plus saumâtre, le plus grumeleux, le moins pétillant de l'année. Les plus sous-doués d'entre vous auront remarqué que janvier débute le premier. Je veux dire que ce n'est pas moi qui ai commencé. Et qu'est-ce que le premier janvier, sinon le jour honni entre tous où des brassées d'imbéciles joviaux se jettent sur leur téléphone pour vous rappeler l'inexorable progression de votre compte à rebours avant le départ vers le Père-Lachaise... Dieu Merci, cet hiver, afin de m'épargner au maximum les assauts grotesques de ces enthousiasmes hypocrites, j'ai modifié légèrement le message de mon répondeur téléphonique. Au lieu de « Bonjour à tous », j'ai mis « Bonne année mon cul ». C'est net, c'est sobre, et ça vole suffisamment bas pour que les grossiers trouvent ça vulgaire. Plus encore que les quarante-cinq précédents mois de janvier que j'ai eu le malheur de traverser par la faute de ma mère, celui-ci est à marquer d'une pierre noire. Je n'en retiens pour ma part que les glauques et mornes soubresauts de l'actualité dont il fut parsemé. C'est un avocat très mûr qui tombe, sa veuve qui descend de son petit cheval pour monter sur ses grands chevaux. La gauche est dans un cul-de-sac. Mme Villemin est dans l'impasse, tandis que, de bitume en bitume, les graphologues de l'affaire qui ne dessoûlent plus continuent à jouer à Pince-mi et Grégory sont dans un bateau. Côté bouillon de culture, Francis Huster attrape le Cid avec Jean Marais. Au Progrès de Lyon, le spécialiste des chiens écrasés et le responsable des chats noyés, apprenant qu'Hersant rachète le journal, se dominent pour ne pas faire grève. Le 15, premier coup dur, Balavoine est mort. Le 16, deuxième coup dur, Chantal Goya est toujours vivante. L'Espagne - fallait-il qu'elle fût myope - reconnait Israël. Le 19, on croit apercevoir mère Teresa chez Régine : c'était Bardot sous sa mantille en peau de phoque... Le 23, il fait 9° à Massy-Palaiseau. On n'avait pas vu ça, un 23 janvier, depuis 1936. Et je pose la question : qu'est-ce que ça peut foutre ? Le 26, sur TF1, le roi des Enfoirés dégouline de charité chrétienne dans une entreprise de restauration cardiaque pour nouveaux pauvres : heureusement, j'ai mon Alka-Seltzer. Le 27, l'un des trois légionnaires assassins du Paris-Vintimille essaie timidement de se suicider dans sa cellule. Ses jours ne sont pas en danger. Je n'en dirais pas autant de ses nuits. Le 29, feu d'artifice tragique à Cap-Kennedy. Bilan : 380 tonnes d'hydrogène et d'oxygène liquides bêtement gachées. Et le soir du 31, comme tous les soirs, Joëlle Kauffmann embrasse ses deux garçons. Et elle entre dans sa chambre. Elle est toute seule. Elle ne dort pas très bien. Enfin voici février. Sec comme un coup de trique et glacé comme un marron. Avec son Mardi gras qui nous court sur la crêpe. C'est le mois de saint Blaise, qui rit dans son ascèse, et de sainte Véronique, qui pleure dans les tuniques. C'est aussi le temps du carême, où les maigres chrétiens d'Ethiopie peuvent enfin jeûner la tête haute pour la seule gloire de Dieu. Les statistiques sont irréfutables : c'est en février que les hommes s'entre-tuent le moins dans le monde ; moins de tueries guerrières, moins de rixes crapuleuses, moins d'agressions nocturnes dans les rues sombres du XVIII°, où l'insécurité est telle habituellement que les Arabes n'osent même plus sortir le soir. Jusqu'au nombre des cambriolages qui diminue de 6% en février. Et tout ça, pourquoi ? Après les enquêtes scientifiques les plus poussées, les sociologues sont parvenus à cette incroyable conclusion : si les hommes font moins de conneries en février, c'est parce qu'ils n'ont que 28 jours. Quant au mois de mars, je le dis sans aucune arrière-pensée politique, ça m'étonnerait qu'il passe l'hiver."Pierre Desproges, février 1986.

Pour notre part, aucune bonne résolution si ce n'est la ferme intention d'être encore là au mois de mars qui aura peut-être passé l'hiver...